BRICH59

lundi 16 janvier

Connaissance totale et cité mondiale. La double utopie de Paul Otlet

 

ghilsConnaissance totale et cité mondiale. La double utopie de Paul Otlet
Paul Ghils (dir.)
Louvain-la-Neuve : Academia-L’Harmattan, 2016. - 312 p. – (Intellection)
ISBN 978-2-8061-0278-2 (version PDF, EAN Ebook 978-2-8061-0831-9)

« Novam evolvere humanitatem - Meliorem exaltare civilisationem - Altiores cum rebus jungere ideas - Opus maximum instruere mundaneum »[1]. C'est sur ces quatre impératifs que se referme le Traité de la documentation. Le livre sur le livre (1934).

Mais le Traité n'est pas près de se refermer vraiment. Tout d'abord, énonçant méticuleusement les ambitions qui sont encore les nôtres aujourd'hui, son texte travaille encore, nous travaille, nous les professionnels de l'information et de la documentation. Il nous porte et nous interroge à la fois, plus de quatre-vingt ans après sa publication aux Éditions Mundaneum, sises au Palais Mondial, à Bruxelles. Ensuite, le Traité n'est que l'une des pièces du puzzle, une pièce importante certes, mais en laquelle on ne saurait résumer l'œuvre de Paul Otlet. Le « grand œuvre », ce n'est ni le Traité de la documentation ni l'Essai d'universalisme intitulé tout simplement Monde (1935). Ce sont les deux à la fois, et encore davantage. Ces deux grands traités et tous les « petits » écrits d'Otlet[2] pointent ensemble vers un espoir fou mais tenace, une sorte d'utopie régulatrice. L'utopie, écrit Paul Otlet, « est comme une hypothèse au sujet des rapports mutuels existant entre les choses, une hypothèse scientifique à vérifier expérimentalement et qui, vraie ou fausse, impose une direction et un programme aux recherches qui resteraient autrement fragmentaires [...]. Quand nous aurons des laboratoires consacrés à l'invention sociale, comme nous en avons pour l'invention technique, nous progresserons à pas de géants. »[3]

Pour schématiser, disons que l'utopie d'Otlet est comme fondée sur deux axiomes : 1.les hommes doivent pouvoir s'entendre entre eux et vivre en paix au-delà des nations ; 2.la connaissance totale est possible qui aidera les hommes à dépasser l'émiettement du savoir. De là à faire de Paul Otlet un platonisant prônant le rôle fondamental de la connaissance universelle partagée dans l'élaboration et le maintien de la paix entre les hommes, il n'y a qu'un pas - qu'on aurait tort de ne pas franchir. Reste qu'il n'est pas si aisé de repérer les sources où Otlet s'est abreuvé tout au long de sa vie. On saura gré à Paul Ghils de jeter quelques lueurs et de proposer quelques pistes dans sa propre contribution à l'ouvrage qu'il dirige[4].

Ceci dit, la force de Paul Otlet tient semble-t-il non seulement dans cette ténacité utopiste mais aussi dans un syncrétisme riche et puissant qui, précisément, rend difficile l'identification des sources philosophiques. Paul Otlet a su mettre au service de son utopie la somme de la réflexion humaine disponible au début du XXe siècle. Il porte en lui comme l'air du temps intellectuel et scientifique, de la plus Haute antiquité à ses contemporains immédiats.

Nul ne saurait, sans forfanterie, prétendre embrasser l'œuvre de Paul Otlet, tant le spectre de son activité fut large. La plus grande part de cette activité renvoie à des événements et à des situations de sa jeunesse. On peut en effet légitimement se demander si, par exemple, les propriétés familiales de l'île du Levant puis, surtout, de Westende n'ont pas déclenché le regard architectural et urbanistique de Paul Otlet. On pourrait évoquer aussi ses heures de bibliothèque en tant qu'élève, ou encore son appartenance à une famille industrielle d'une grande puissance coloniale. Plus globalement, Paul Otlet porte sur le monde un regard élargi : rien ne semble lui échapper, qu'il s'agisse de l'industrie, des bureaux, des associations, de la technologie, de l'éducation, des bibliothèques, de la presse, de la photographie et de l'image en général, de l'urbanisme, etc. Toute la littérature produite depuis quelques décennies invite à approcher quelques pans de l'activité de Paul Otlet. L'ouvrage dirigé par Paul Ghils présente le grand intérêt de laisser voir les articulations dynamiques entre deux de ces pans, constitutifs de cette « double utopie » qu'évoque le sous-titre : la « connaissance totale » et la « cité mondiale ».

 

Les professionnels de l'information et de la documentation connaissent a priori la première, ou du moins les éléments qui devaient en constituer les conditions de possibilités : le RBU, répertoire bibliographique qu'un langage classificatoire (la CDU) et une série de normes pouvaient rendre universel. Les agents actifs pour concrétiser ce projet sont disséminés dans le monde, chaque nation contribuant à l'alimentation dudit répertoire... Otlet était un organisateur, un normalisateur, mais pour laisser le champ au déploiement de l'utopie internationaliste, c'est-à-dire pacifiste - à la différence de certaines institutions technico-politiques qui, aujourd'hui, imposent la normativité comme principe contraignant du politique.

Certes l'« utopie documentaire » d'Otlet court toujours le risque d'être considérée comme ce qui pourrait outiller voire générer, bien malgré elle, jusqu'à ces contre-utopies, ces « dystopies de l'indexation des personnes »[5]. Mais l'homme qui voulait tout classer[6] n'est-il pas avant tout cet « entrepreneur des outils de la connaissance au service de la paix » dont parlent Stéphanie Manfroid et Jacques Gillen[7] ? Il en va de la connaissance comme de la documentation, sa vertu est ancillaire. Elle est « au service de », en l'occurrence au service de la paix, de la paix entre les hommes, de la paix mondiale. Certes, il y eut d'autres voies pour œuvrer à cette paix. Très tôt, Paul Otlet a eu l'intuition pacifiste, dès L'Afrique aux noirs (1888)[8] et jusqu'au soir de sa vie, notamment aux côtés d'Henri La Fontaine, avec le projet de la Société des Nations.

L'autre branche de la « double utopie » vise le confort, ou plutôt l'épanouissement tout à la fois intellectuel, artistique et sportif des hommes pacifiés et propose d'organiser leur vie quotidienne. L'architecture et l'urbanisme ont de tout temps intéressé Paul Otlet qui y trouvait l'un des moyens de réaliser ses utopies, l'un des moyens de « concrétiser les idées les plus hautes ». Plusieurs des contributions de cet ouvrage exposent les conceptions architecturales et urbanistiques d'Otlet, leurs soubassements autant que leurs développements. Ce qu'on peut en retenir, c'est bien la place centrale de la communication scientifique. Et c'est peut-être ce qui unit les deux branches de l'utopie de Paul Otlet : l'encyclopédie, comme forme possible de l'achèvement jamais réalisé du travail intellectuel, où le savoir construit trouve, grâce aux techniques documentaires, à se réunifier, à se rassembler dans la cohérence totale[9].

L'utopie selon Otlet n'est-elle pas comme une finalisation du syncrétisme qui récapitule par le désir d'un autre monde que celui où nous vivons, d'un monde vraiment - c'est-à-dire humainement - mondial ? « La Cité mondiale que les nations ensemble se seront construite et où habitera en esprit l'Humanité : la Beata Pacis Civitas, la Bienheureuse Cité de la Paix »[10]. La fusion entre « paix » et « cité » est totale et absolue[11]. Elle est pensée mais réalisable[12]. C'est l'Humanité qui la justifie.

Mille fois hélas ! À ce jour, l'Humanité n'a pas dépassé « son stade actuel d'antinomie, d'antipathie et d'antagonisme »[13].

Note de lecture publiée sur le site de l'ADBS
et disponible au format pdf.

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1 « Faire éclore une humanité nouvelle - Améliorer la civilisation - Unir les idées les plus hautes et les choses [Concrétiser les idées les plus hautes (?)] - Outiller ce grand œuvre qu'est le Mundaneum ».

2 De l'âge de quatorze ans jusqu'à ses derniers jours, Paul Otlet ne cessa d'écrire et de dessiner. Cf. la bibliographie proposée par W. Boyd Rayward, http://people.ischool.illinois.edu/~wrayward/otlet/otbib.htm.

3 Monde. Essai d'universalisme, p. 202

4 Cet ouvrage, dont on lit ici une présentation critique, est une version élargie d'une livraison récente de Cosmopolis (2014/3-4) dont Paul Ghils est le rédacteur en chef, livraison qui, pour une part, reprenait, avec de légères adaptations, des articles parus dans Associations transnationales (2003/1-2). La contribution de Paul Ghils, « Fonder le monde, fonder le savoir du monde ou la double utopie de Paul Otlet » (p.197-225), fait partie de ces derniers.

5 Olivier Le Deuff. « Utopies documentaires : de l'indexation des connaissances à l'indexation des existences ». Communication et organisation, 2015, n°48, p.93-106. Voir aussi, par exemple, « Le cauchemar de Paul Otlet » dont parle Isabelle Barbéris (Cités, 2009, n° 37, p. 9-11)

6 Cf. Françoise Levie. L'homme qui voulait classer le monde. Paul Otlet et le Mundaneum. Les Impressions nouvelles, 2006

7 « Les papiers personnels de Paul Otlet », p.175 sqq., in : Jacques Gillen (dir.). Paul Otlet, fondateur du Mundaneum (1868-1944). Architecte du savoir, artisan de paix. Les Impressions nouvelles, 2010

8 Le titre est très explicite, malgré quelques relents colonialistes mettant en avant une hiérarchie des civilisations. En effet, le jeune Otlet n'utilise le terme « civilisation » que pour ce que l'Europe peut apporter à l'Afrique et ce à quoi cette dernière peut aspirer, par opposition à ce qu'il appelle la « barbarie africaine » (p.14), les Noirs Américains apparaissant dans un entre-deux... Faut-il y voir juste l'air du temps ?

9De ce point de vue, l'entreprise de Wikipédia (à la différence de Google) apparaît éminemment conforme au projet d'Otlet, comme un lointain prolongement, une actualisation des travaux des sessions de l'Université internationale des années 20.

10 Monde. Essai d'universalisme, p. 455 sq.

11 Cette équation n'est pas sans rappeler ce terme russe mir qui signifie tout à la fois « monde »et « paix ».

12 Hendrik Andersen n'avait-il pas réalisé des plans présentant « magnifiquement la Cité en soi », alors que Charles-Édouard Jeanneret-Gris (Le Corbusier) et Pierre Jeanneret avaient réalisé des plans pour Genève et Anvers ? (op. cit note 10, p. 456, n.1).

13 Op. cit. note 10, p.457 sq.



 

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Les 500 mots métiers. Bibliothèques, archives, documentation, musées

Couv_KLOG_500MotsMetiers_140x210_m.jpgLes 500 mots métiers - Bibliothèques, archives, documentation, musées.

Jean-Philippe ACCART & Clotilde VAISSAIRE-AGARD

KLOG éditions, 2016
ISBN : 979-10-92272-11-6

 

Le premier mérite de ce lexique est de couvrir les quatre écosystèmes du document, ceux que Suzanne Briet par exemple avait déjà regroupés en marquant la convergence du trio “A, B, M : Archives, Bibliothèques, Musées” vers la documentation. Quant au Palais Mondial de Paul Otlet, ce “fondateur” qui pointa si finement les ambitions des métiers de la documentation (qui sont toujours aujourd’hui les nôtres), n’était-il pas tout à la fois centre d’archives, bibliothèque et musée ? Aux temps d’Otlet et de Briet, la question se posait en termes dynamiques (convergence chez Briet, évolution en synthèse chez Otlet). Aujourd’hui, on peut légitimement faire l’hypothèse que les quatre métiers forment bel et bien un vaste chantier cohérent - quand bien même une telle cohérence se dissimule sous un plus ou moins joyeux fatras d’innovations métiers, de secousses technologiques et de révolutions managériales. Nos professions ne se retrouvent-elles pas régulièrement depuis des décennies pour se questionner mutuellement sur ce qui les distingue et/ou les réunit, employant pour ce faire un langage commun ? Bref, mêler, comme font Jean-Philippe Accart et Clotilde Vaissaire-Agard, les quatre métiers pour en dresser l’inventaire lexical est du meilleur aloi, dans la mesure précisément où il permettra au professionnel de l’archive de se familiariser avec le langage du professionnel de la bibliothèque par exemple, participant ainsi concrètement au tissage de la cohérence dont nous parlions.

 

Le second mérite de l’ouvrage est précisément d’être un lexique, c’est-à-dire un recueil de termes mais un lexique à jour, proposant pour les termes utiles à nos métiers des définitions précises et contextualisées. La sociologie des professions a toujours mis en avant, à juste titre, le rôle structurant de la terminologie professionnelle. Notre ouvrage constitue ainsi une porte d’entrée lexicale dont les futurs professionnels tireront grand profit, leur permettant de se familiariser avec la terminologie de la profession où ils entrent. C’est seulement ensuite que, spécialisant et affûtant leurs pratiques, ils iront chercher les lexiques plus pointus. De tels outils existent. Ce qui manquait, c’est ce socle lexical que constitue Les 500 mots métiers.

 

Le troisième mérite de ce recueil de mots-métiers est son traitement du multilinguisme. Les auteurs ne sont pas tombés dans le piège grossier de l’anglicisation globalisante aussi stupide que violente que nous connaissons hélas depuis quelques années voire quelques décennies dans nos métiers. Les lemmes sont français et les auteurs proposent systématiquement les équivalents extralinguistiques après le lemme (en l’occurrence anglais, allemand). Les entrées en langue étrangère sont par ailleurs regroupées par ordre alphabétique en annexes - ce qui permettra à nos cousins germanophones ou anglophones de se frayer un chemin dans ce dédale linguistique fort riche d’où émergera peut-être une certaine idée francophone de nos métiers mais où le respect linguistique laissera de toute façon le champ libre à la fructifiante activité qui consiste à “penser entre les langues”.

Note de lecture publiée sur le site de l'ADBS
et disponible au format pdf.


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mercredi 21 décembre

Notes sur le Requiem de Gabriel Fauré

De nombreux ensemble vocaux, de nombreuses chorales engagent un travail sur le Requiem de Gabriel Fauré, ce Requiem que ce dernier disait avoir composé sans raison, “pour rien… pour le plaisir”, bien qu’il en bouclât la première version - ce qu’il appelait son “petit requiem” - à l’époque du décès de ses parents.

Source: Externe

Fauré a composé une Messe des morts ni morbide ni violente. Quelque chose de plutôt confiant dans la vie comme dans la mort, quelque chose de serein. Je suis convaincu qu’il faut penser cette pièce à partir de sa fin, cet In Paradisum d’où émane une “paix lumineuse” comme disait son fils Philippe, voire une “mélodieuse suavité” comme dira le philosophe musicien Vladimir Jankélévitch (Fauré et l’inexprimable, 1974). Tout le Requiem va vers cette suavité, cette paix, cette lumière. Les passages tendus, dramatiques sont rares et il convient de les faire sonner comme il se doit. Mais pour le reste, il faut imaginer un paradis paisible et plein de voix harmonieuses...

La grande difficulté du Requiem réside en fait dans la nécessité de respecter scrupuleusement à la fois les tempi et les dynamiques indiqués par le compositeur* - d’autant plus scrupuleusement lorsque l'ensemble vocal est accompagné non à l’orchestre mais à l’orgue, instrument qui ne peut donner de nuances qu’en basculant brutalement d’un plan sonore à l’autre (surtout quand l'instrument ne dispose pas de pédale d'expression). L’orgue ne soutenant l'ensemble vocal que très très partiellement dans le respect des dynamiques, celui-ci incombera intégralement aux voix.

Le Requiem s’ouvre sur un pp aux voix et se ferme sur un ppp aux voix et aux instruments. Les ff pour les voix sont rares, avec trois passages, d’ailleurs plutôt brefs : le “Exaudi orationem meam” aux mesures 50-57 et le “Christe” des mesures 71 sqq. de la première section, et le “Dies illa, dies irae…” du Libera me. L’ensemble est donc globalement sous le signe d’une quiétude post-romantique, avec très peu d’affect et beaucoup de douceur.

* Même si l'établissement de l'édition n'est pas sans quelques incertitudes...

À suivre


 

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dimanche 20 novembre

Droitier ? Mais non !

Dans un quotidien hier, Mr Sarkozy se plaint qu'on le traite de "très droitier". C'est le 'très' qui le gène. 

Deux remarques  :

  1. Sarkozy est de droite. Je remarque ça au cas où il s'appuyerait encore sur Jaurès ;-)
  2. Son argument est qu'il n'est pas "très droitier" parce que le Front National en fait sa "cible prioritaire" (?)

De deux choses l'une. Soit le roi d'Maubeuge prend ses futurs sujets pour des cons, soit il ne sait pas réfléchir. 

C'est parce qu'ils sont sur les mêmes thèmes et avec les mêmes termes que Marine Le Pen veut marquer sa différence avec le "très  droitier" Sarkozy. Logique, non ?


 

mercredi 09 novembre

Rester debout !


JEUDI 17 NOVEMBRE 2016 à 20H30
au cinéma Kino-Ciné à Villeneuve d'Ascq
projection suivie d'une rencontre avec la réalisatrice
Silvia Munt & Ludovic Lamant (journaliste à Mediapart)
 
BANDE-ANNONCE
https://youtu.be/7JcpFP9JNPk
SYNOPSIS
Frappée de plein fouet par la crise économique de 2008, l’Espagne a vu son taux de chômage frôler les 27% en 2012. Des centaines de milliers de personnes se sont alors retrouvées dans l’incapacité de rembourser leur crédit immobilier puis expulsées de leur logement, tout en restant endettées auprès de leur banque. A Barcelone, un collectif citoyen s’est mis en place spontanément pour proposer un cadre d'écoute et d'entraide à ces victimes de prêts toxiques – des hommes et des femmes de tous âges et de tous horizons qui n’auraient jamais pensé qu’ils pourraient un jour se retrouver sans emploi et sans toit. Et qui n’auraient peut-être jamais osé parler de leurs difficultés ni demander de l’aide, meurtris par la honte et l’incompréhension. A travers cette expérience de solidarité et d'engagement, ils vont reprendre espoir et surtout voir la vie et le monde qui les entoure sous un nouveau jour.

SITE DU FILM (distribué par Dissidenz)

Affiche-Afectados-web

PARTENAIRES MÉDIAS
MEDIAPART - ALTERNATIVE ÉCONOMIQUE - VOCABLE- RCF

AVEC LE SOUTIEN DES ASSOCIATIONS
LES AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE - ATTAC - LDH - DAL - FIDH -  ATD QUART-MONDE - APHG - RÉSEAU ÉDUCATION POPULAIRE

 


 

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