vendredi 28 août

Impressions de lecture estivale - 3

Quel bonheur que de lire en clair ce que l'on ruminait au tréfonds de soi !
Encore que, quand je dis 'tréfonds', je pousse un peu : ce blog a déjà fait résonner ce que je pensais de toute cette rhétorique qui tient lieu de politique...
Encore que, quand je dis 'bonheur', j'exagère carrément : cette clarté qui vient après la rumination n'exhibe rien de très gai !

Meheust2009Il s'agit du dernier ouvrage de Bertrand Méheust, La politique de l’oxymore, publié cette année chez La Découverte (Les empêcheurs de penser en rond).

Déjà le titre ! Je ne pouvais pas ne pas y accrocher mon attention, moi qui, depuis la campagne électorale pour la dernière élection présidentielle, ne cesse d'être interloqué par le culot rhétorique de celui qui allait devenir le roi d'Maubeuge, notamment par sa capacité à manier l'oxymore et à brouiller les repères que la raison commune se doit de respecter. Je ne suis bien sûr pas le seul à pointer cette pratique : l'équation 'sarkozy oxymore' proposée à un moteur de recherche est fructueuse. Par exemple avec Exalead ou avec Google. La cour de ce roi fourmille de faiseurs d'oxymores... car l'oxymore est la figure rhétorique en vogue à la cour. Ou plutôt elle est la figure rhétorique imposée lorsque la cour et son roi s'adressent à la population, les médias s'empressant, tels de vils courtisans, de répéter à l'envi tous ces si beaux discours, tous ces si bons mots.

Bref, Bertrand Méheust, avec sa La politique de l’oxymore, nous offre l'occasion de réfléchir à tout cela et bien plus encore : il reconstruit sous nos yeux la mécanique qui produit cette rhétorique fallacieuse. Le cas de figure auquel s'attache l'auteur est celui de la politique écologique, ou plutôt celui du discours sur les préoccupations de l'écologie. Je ne vais pas présenter ici plus avant l'ouvrage. Il suffit de le lire. Ce qui n'est que plaisir tant il est d'une belle écriture rigoureuse et coulée cependant...

En poésie, plus globalement en littérature, l'oxymore consiste en une dissonance sémantique. La poésie est contrainte de pratiquer l'oxymore pour  échapper à la logique aristotélicienne du "discours raisonnable" qui bannit la contradiction et interdit l'indicible. Ne pourrait-on prétendre que, sans l'oxymore, les peintres italiens de la Renaissance n'auraient jamais pratiquer le clair-obscur ? L'écriture de Rimbaud est pleine d'oxymores, et c'est  ce qui fait sa puissance. Etc.
En poésie, l'oxymore permet la nuance. En politique il permet l'entourloupe et la manipulation des consciences. Il s'agit alors, comme disait François Brune, de "tromper les bonnes âmes en affectant de concilier l’inconciliable"...


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dimanche 26 juillet

Tyrannie, où sera ta victoire ?

Décidément, le pouvoir ultra-libéral du roi d'Maubeuge tisse patiemment la toile où il veut enserrer ses sujets !

  • Je lis dans Le Monde (daté du 25 juillet) qu'un projet de loi permettrait aux enquêteurs d'accéder secrètement à des ordinateurs de particuliers - ce qui inquiète au plus haut point la CNIL, instance pourtant dirigée par un libéral. L'édito du journal du soir n'y va pas par quatre chemins, parlant de Cyber Brother pour rappeler le Big Brother d'Orwell. Ainsi la force politique pourrait faire intrusion dans l'intimité de nos ordinateurs...

  • Je lis dans Libération qu'Alain Refalo, l'un des initiateurs du "Mouvement des enseignants en résistance pédagogique" a été lourdement sanctionné pour désobéissance au pouvoir. Cet enseignant, excellemment noté par ses inspecteurs par ailleurs, a osé,  en conscience, défier l'autorité ministérielle. Voyez le blog Résistance pédagogique pour l’avenir de  l’école.. Ainsi la force politique pourrait bâillonner ceux qui contestent le bien-fondé de ses décisions...

Intrusion, immixtion d'un côté ; répression, censure de l'autre. Une exécrable tyrannie s'installe doucement et sûrement au  pays de Voltaire, où viendra bientôt le temps de la servitude volontaire, comme disait le bon ami de Montaigne...


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mercredi 15 juillet

Police politique & Journalisme politique

Le Monde a mis en ligne hier, en ce jour de Fête nationale où la France  des Droits de l'homme est unie dans la célébration de sa démocratie - ou plutôt de sa démocratisation (non achevée) -, une drôle d'histoire :

LeMonde13juillet09

AI2009
Le jeune journaliste raconte.... On dirait vraiment que nous sommes partis dans un engrenage où les forces de l'ordre du  roi d'Maubeuge ont eu pour consigne d'avérer le triste bilan dressé par Amnesty International il n'y a pas si longtemps, alors même que les autorités avaient à l'époque dénoncé un rapport quasi mensonger...

Dans le récit du jeune journaliste, on entend les policiers traiter les jeunes de "sales gauchos". À part ça, la police de Sarkozy-Hortefeux n'est pas une "police politique" ...

La police politique se porte donc bien.
Le journalisme politique également.

TVMagSur ce registre, on appréciera la tonalité quasi hagiographi­que, comme dit si bien Benoît Hamon, de l'émission À visa­ge découvert diffusée lundi soir et consacrée à notre bon roi d'Maubeuge. Pour le moins, on jugera que les journalistes ne risquaient pas de se retrouver en garde-à-vue, eux... Christian Malard, l'un des deux journalistes interviewers, s'est offert un sauf-conduit à vie, si on lit bien l'entretien qu'il accorde à TV-Mag ! À moins que TV-Mag ne fasse partie du groupe Figaro-Dassault... Non ! Je dis n'importe quoi : ce doit être de la pédagogie politique ! Nuance !

Par contre, il y en a qui ne donnent pas dans la nuance ! Je veux parler de Libé et du Monde, par exemple, lorsqu'ils rendent compte des festivités démocratiques. Quand ce dernier titre Deux entretiens du 14-Juillet valent mieux qu’un pour Nicolas Sarkozy, je trouve qu'Arnaud Leparmentier est pour le moins virulent de sarcasmes ... qui me plaisent bien. Il est vrai que, si Le Monde n'est pas vraiment "gaucho" (pour reprendre la terminologie raffinée des policiers), c'est un fait qu'il n'appartient pas au maire déchu de Corbeil-Essonnes, par ailleurs propriétaire du Figaro, TV Mag, etc. De là à mettre les journalistes stagiaires (= jeunes) du Monde en garde à vue...


samedi 11 juillet

Dossier à charge et chien de garde

censur_C'est incroyable, cette histoire relatée par le NouvelObs après Libération (10 juillet). Je reprends le châpo du NouvelObs : La titularisation d'une trentaine de professeurs des écoles de Toulouse, qui viennent de finir une année de stage, serait compromise. La raison : ces stagiaires ont écrit un document critiquant la réforme Darcos sur la formation des maîtres.
Ledit document s'est retrouvé comme par hasard dans leur dossier de titularisation, alors qu'il n'avait rien à y faire, ni théoriquement ni pratiquement. Outre l'énormité de cet acte de basse censure sous couvert d'imposition du devoir de réserve des fonctionnaires, on doit noter la pratique du dossier à charge de la part de la hiérarchie, ici académique.

Cette affaire me rappelle un événement de mon histoire professionnelle.
DossierIl y a très longtemps, mon couple battait de l'aile et le divorce était inévitable. Cela se passait très mal : mon ex qui était activement à l'initiative du malaise cherchait à me nuire afin de me discréditer dans l'espoir que ne me soit pas confiée la "garde" de mes enfants. Bref, sale temps ! Un jour il vint à mes oreilles que mon directeur s'en allait raconter que j'étais volage et fricotais à qui mieux mieux - ce qui était intégralement faux. On appelle ça un ragot de bas étage, juste de quoi amuser les pékins qui n'ont rien d'autre à faire que de colporter pour se rendre intéressants.
Mais la justice matrimoniale étant ce qu'elle était (a-t-elle changé ? je n'en sais rien !), je décidais de couper court à ce ragot, fût-il directorial. Aussi adressai-je une lettre recommandée avec accusé de réception à mon directeur, non en tant que directeur, mais à son adresse personnelle, où je lui demandais de cesser ses persiflages, qui m'étaient préjudiciables. Je l'avais envoyée à son adresse personnelle, à lui en tant que citoyen du même rang que moi, parce que ce n'était pas sa qualité de directeur qui l'avait poussé à proférer ces ragots, mais bien sa qualité d'homme à ragots. En tous cas, sa qualité de directeur ne le contraignait-il pas à tenir ces propos diffamatoires.
Le temps passe.
Un jour où je devais régler un problème de gestion de carrière, j'eus accès à mon dossier, au dossier que ma hiérarchie alimente avec l'ensemble des documents administratifs me concernant en tant que salarié. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis, au milieu des arrêtés de nomination et autres pièces concernant mon évolution de carrière, ma lettre recommandée avec accusé de réception ! J'en fus abasourdi. J'hésitais à en parler à mon copain représentant syndical. Mais je n'en fit rien, estimant que le lièvre était à la fois trop petit (mon petit cas sans conséquence) et trop gros (mise en cause de pratique institutionnelle digne du renseignement policier)... Peut-être aurais-je dû... Ce document ne concernait que l'homme qui était par ailleurs directeur et moi, en aucun cas et d'aucune façon l'institution. Cet homme, plutôt sympathique par ailleurs, avait cru bon d'en faire un document à charge contre moi, au cas où j'irais au procès en diffamation. À moins que ce ne fût son chien de garde, véritable propriétaire dudit dossier, qui se construisait ainsi, avec une patience tenace toute administrative, un faisceau de pièces à conviction contre moi au cas où...
Le pire est que je pense, bien évidemment, ne pas être le seul salarié dans ce cas.
Nous sommes décidément bien "managé". 


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mardi 16 juin

Institution de la maltraitance

hubert_montagnerIl est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation Nationale alors que,  par  votre  décision  intelligente et responsable, vous n’avez pas voulu être complice de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le temps de soutien après la classe, dit aide personnalisée, qui doit être consacré obligatoirement aux apprentissages dits fondamentaux (français, calcul, mathématique).

C'est ainsi que commence le courriel qu'adresse aux professeurs des écoles "punis" par le Ministre Darcos le grand chercheur Hubert Montagner, professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM et surtout ancien Directeur de l’Unité de recherche Enfance Inadaptée de l’INSERM.
Les arguments du professeur sont nombreux et convaincants... Après avoir salué les "désobéisseurs" qui sauvegardent la "dignité de l'école" et doivent en être remerciés, le savant indique que son courriel peut être diffusé largement.
BRICH59
veut être dans cette largeur largesse citoyenne.


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vendredi 12 juin

Politique du savoir

3132_ricoeur
Si un homme ou un groupe d'hommes
[...] s'arroge le monopole du savoir de la pratique, il s'arrogera aussi le droit de faire le bien des hommes malgré eux.

C'est ainsi qu'un savoir de l'Esprit objectif engendre la tyrannie.

Paul Ricœur


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mercredi 10 juin

HADOPI , internet et les libertés individuelles

Les Amis du Monde Diplomatique organisent une rencontre mercredi 17 juin 2009 à 20h30 à la MRES de LILLE (23 rue Gosselet) sur le thème :

HADOPI , internet et les libertés individuelles.

Chtinux sera là !


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mardi 24 février

Ste Marie, mère de Dieu, priez pour elles !

Extraordinaire, ce site de l'Union des familles !
Je reçois dans ma boîte aux lettres un message m'invitant à exprimer mon désaccord avec le projet de la droite française de réduire le congé parental de 3 à 1 ans. Fort bien, me dis-je ! Que dois-je faire ? Je clique donc sur le lien que me propose ledit message et tombe sur un site qui prétend se battre pour la reconnaissance des droits des familles. Je creuse à peine pour finir par me rendre compte très vite que, pour les responsables de ce site, l'équation parent => mère = femme est indiscutable, au point de n'être pas même posée comme telle.

www_uniondesfamilles_org_conge_parental_htm

Le pdf cliquable correspondant à cette si belle image est .

Je me demande comment mon copain, jeune père qui vient de passer trois années en congé parental, va vivre ça ! Je crois que je ne vais même pas lui montrer la belle image !


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jeudi 29 janvier

infopollution mercantile

Mais quand donc le commerce et la recherche du profit (= spoliation d'autrui) cessera de justifier tout et n'importe quoi !
Ça faisait un bout de temps que les agences immobilières laissaient ma boîte aux lettres en paix.
Mais c'est reparti.
siglaSIGLA Immobilier nous promet "les vrais solutions face à la crise !". On croirait entendre le Roi d'Maubeuge et son major d'homme... Vente,  location, gestion, copropriété, programmes neufs, assurances : ils  font tout chez SIGLA ! À quand le rachat de dettes ? Les responsables du Groupe Pascal Boulanger devraient y songer ! Ceci dit, je trouve que pour une entreprise qui se donne en appellation l'expression Immobilier Propreté, souiller les boîtes aux lettres des gens, ça frise la publicité mensongère ;-)
arcadimEt puis il y a l'éternel et omniprésent ARCADIM, qu'on ne présente plus. Hélas !

Bref, les infopollueurs sont de retour. Ils sont à la manœuvre, pour se faire toujours plus de fric sur le dos des autres. Les agences immobilières, sangsues, vampirisent le monde en lui vendant du vent, de la promesse, profitant du rêve des gens pour leur piquer le maximum de thune...

Et en plus, je crois qu'ils ne savent pas lire, les agents immobiliers : sur ma boîte aux lettres, il y a une étiquette émanant du ministère de l'écologie, et où il est inscrit en toutes lettres très lisibles que je ne souhaite pas de publicité... C'est vrai que, pour voler, il suffit de savoir compter. Non ?

l_abus_de_prospectus


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