Ainsi donc le  roi d'Maubeuge aurait parlé de l'affaire du referendum suisse. L'AFP rapporte les propos de quelques parlementaires UMP devant lesquels le Chef Suprême a mis cette affaire était dans le même sac que le débat sarkobessonnesque sur l'identité nationale et du "travail" actuel sur la question de la burqa.

Je cite : Il nous a dit que c'était l'illustration que les gens, en Suisse comme en France, ne veulent pas que leur pays change, qu'il soit dénaturé. Ils veulent garder leur identité. Selon l'analyse du Président, les Français ne veulent pas voir des femmes en burqa dans la rue. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont hostiles à la pratique de l'islam.

On notera d'abord le "en Suisse comme en France". Assimilation. Bon ! Je n'ai personnellement rien contre les Suisses, à part leur décision scandaleuse et ridicule à la fois d'interdire la construction de minarets sur leur territoire. Peut-être tout de même une raison de ne pas vouloir être pris pour un Suisse, non ? Ceci dit ça bouge en Suisse : la minorité qui n'a pas voté l'interdiction de la construction de minarets se fait entendre dans la rue ! Je veux bien être Suisse, tous comptes faits !

On notera ensuite l'idée que la construction de minarets "dénature" le "pays".
Quand on dresse, grâce au génial CNRTL, la liste des synonymes de 'dénaturer', cela donne (par ordre décroissant de proximité sémantique : altérer > déformer > corrompre > fausser > frelater > gâter > défigurer > dégrader > falsifier > dépraver > forcer > vicier > déguiser > pervertir > travestir > torturer > maquiller > changer > contrefaire > gangrener > violenter > tourmenter > tordre > mutiler > détourner > avilir > adultérer > tronquer > transformer > sophistiquer > estropier > empoisonner > corroder > avarier > ruiner > polluer > gauchir > faire violence > empoissonner > dénaturaliser > contorsionner > calomnier > affadir > abâtardir > trahir. Cela va donc d'altérer (rendre autre) à trahir (là je n'explique pas, le roi d'Maubeuge et sa cour le feront bien mieux que quiconque !).

La question est de savoir si les minarets dénaturent le pays ou le paysage... S'il s'agit de la défiguration du paysage, on remarquera qu'un minaret peut être très joli, comme certains clochers d'églises catholiques, et, en tous cas, bien plus joli que ces constructions élevées au siècle dernier à la gloire du capitalisme triomphant et qui ont dégradé nos villes.
S'il s'agit de la dénaturation du pays, alors il faut être clair sur ce dont on parle : le pays, c'est ici la division territoriale habitée par une collectivité, et constituant une entité géographique et humaine (toujours le CNRTL), avec son histoire et ses "us et coutume" comme disait l'autre jour un cador bien connu de la Cour du roi d'Maubeuge. Jusque là pas de problème. C'est quand il faut assigner des bornes à tout ça que ça devient problématique : les fameuses "racines judéotruc" sont-elles si fondamentales que ça ? Certains diront qu'historiquement elles sont premières. La question se pose alors de savoir quand commence l'histoire de France. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle ce que me disait un jour un copain algérien : à l'école, à Oran, on faisait réciter aux bambins (dont il était) "nos ancêtres les Gaulois"... La colonisation fait bouger les limites ! Et dépasser les bornes, non ? Bref, aujourd'hui la question est de savoir quand commence l'histoire de France, car la France, pays de langue romane mais de superstrat germanique, occupe la plus grande partie des anciennes Gaules celtiques, conquises par Jules César, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique, dont le nom signifie « hommes libres », qui se forma tardivement et s’installa sur une partie des terres de l’Empire romain (Wikipedia). Aïe ! Aïe ! Aïe ! Die Französe sind germanisch ! Wir sind germanisch ! Damned !
Drôle, non ?

Je ne sais pas pourquoi, mais me viennent en tête les paroles d'une chanson de ce bon Hugues Auffray, une chanson de quand j'étais petit, une chanson des années soixante donc qui finissait sur l'idée que Dieu, en fait, était une femme et ... qu'elle était noire !