dimanche 29 octobre

Vérité et certitude

Jeudi, je glosais sur quelques discours tenus par un ancien deux fois ministre lors d'un journal télévisé. Mon billet s'intitulait pompeusement "La vérité en politique".

Je dis pompeusement, mais ce n'est pas moi qui suis pompeux. C'est la rhétorique politique telle que je l'ai entendue se déployer devant je ne sais combien de milliers de spectateurs.
Ça a trotté dans ma tête et je crois avoir compris que le peuple désabusé devant tant d'impuissance du politique (face au pouvoir du capital, notamment) ne souhaite pas de vérité, mais autre chose de plus fort, de plus existentiellement fondamental.

La vérité, le peuple s'en fout. Il suffit de se souvenir comment l'honnêté intellectuelle, celle qui cherche, celle qui hésite, celle qui doute, en un mot celle qui réfléchit, il suffit de se souvenir comment elle est reçue par le peuple quand un dirigeant politique en fait montre. Je pense bien sûr à Lionnel Jospin en 2002...

Non, ce qui intéresse le peuple, c'est la certitude ; celui que le peuple est tenté de suivre les yeux fermés, c'est le leader sûr de lui avançant un discours ferme, sans nuance et surtout sans hésitation. La plupart des grands tyrans de l'histoire mondiale ont joué ce rôle de la certitude. Et comme écrivait André Gide dans son Journal (à la page du 21 octobre 1929), "l'amour de la vérité n'est pas le besoin de certitude et il est bien imprudent de confondre l'un avec l'autre". Mais, comme faisait remarquer Gustave Le Bon une quinzaine d'années auparavant, "le besoin de certitude a toujours été plus fort que le besoin de vérité" (Aphorismes du temps présent, 1913). Hélas !

La force d'un Sarkozy est sûrement là, dans ce masque de certitude. Quand je dis "masque de certitude", je veux seulement remarquer que cette certitude-là, celle qui assène des yakas et des "faut qu'on" d'un ton péremptoire qui leur donne un air de vérité, cette certitude-là n'est que l'instrument rhétorique d'une autre certitude plus intime, inavouée, je veux dire la certitude tout enfouie dans la subjectivité du désir de celui qui en même temps la produit et en jouit : la certitude d'être un jour "Premier des Français"...

LeMonde061029p9Parce que vous ne me ferez pas croire qu'il est plus intelligent que les autres, et surtout que son discours est davantage empreint de vérité que celui des autres. Regardez dans Le Monde de ce week-end : "M. Sarkozy veut qu'on puisse fumer au café-tabac du village", peut-on lire en bas de la page 9 ! On remarquera d'abord, et très formellement, le coup du village, de la France profonde, de l'ancrage territorial quasi universel du candidat autoproclamé à la prochaine élection présidentielle... Parce que ce ne peut être ici le ministre, n°2 du gouvernement, qui parle : le gouvernement a décidé que l'interdiction de fumer dans les lieux publics serait elle universelle, sans dérogation aucune... Le problème avec Nicolas c'est qu'il concentre de forces contraires, du moins en apparence ! Mais c'est une autre question... que j'ai déjà soulevée.

Là le problème est autre, dans la recherche du discours vrai, fondé en vérité, etc. Regardez l'argument de Nicolas pour contrer l'argument de santé public avancé par ses collègues du gouvernement : "Interdire de fumer dans les endroits où on vend du tabac, c'est quand même curieux". Surprenant, non ?

Tiens, moi, je propose que tous les épiciers soient contraints d'accepter que leurs clients s'installent dans leur boutique pour déguster ce qu'ils viennent d'acheter ! Je suis sûr que Monsieur Sarkozy en fera un projet projet de décret !


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jeudi 26 octobre

La vérité en politique...

Un des problèmes majeurs de la classe politique, c'est le maitien de l'équilibre entre mensonge et vérité, entre réel et simulé ...
logo_f2Cette idée idiote mais trop juste s'est renforcée ce soir au alentour de vingt heures trente après le JT de France2, avec l'entretien de François Fillon, lieutenant de Nicolas, c'est-à-dire n°2 de l'UMP.
Au début, j'ai écouté sans trop faire attention, me disant que je savais ce qu'il allait dire... Puis quelques mots, quelques expressions, quelques phrases ont heurté mes synapses endolories :

  • sur le débat au sein du PS, François Number2 ironise, prétendant que ça ne rime à rien et que ça n'apporte rien au débat que lui François, comme Nicolas, porte haut dans la panoplie de la démocratie la vraie, sous-entendant sans discrétion qu'à l'UMP il y aura débat s'il doit y avoir débat ; à l'UMP dont l'appareil est monopolisé par l'équipe de "Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio"... on attend avec délectation de voir ça...

  • vers 20h35 (j'ai même noté l'heure avec exactitude car je n'en croyais pas mes oreilles !), François Number2 assène cette grande vérité : le "système éducatif [...] génère l'exclusion" ; il sait de quoi il parle, lui qui a été minsitre de l'éducation et ministre des affaires sociales ; comme si l'école était responsable du chômage, comme si l'école était responsable du capitalisme financier de l'ultralibéralisme, comme si l'école était responsable des licenciements boursiers, etc. ; je crois que monsieur le double ministre se moque de la population...

  • vers 20h38, il nous fait le coup de la majorité silencieuse dont la voix serait étouffée par les politiques et le milieu associatif, tous politiques prônant la démocratie participative mais la réalisant dans une consanguinité scandaleuse etc. ; monsieur le sénateur parle du fonctionnement de la démocratie en région Poitou Charente, là où la principale concurrente de Nicolas a la main... du grand art, ce débat... on espère seulement qu'au sein de l'UMP si le débat réussit à s'instaurer, il sera d'un niveau plus élevé...

  • juste après (20h39), c'est comme si notre François Number2 souhaitait des "syndicats puissants avec qui on puisse négocier" ; là aussi j'ai regardé l'heure ; puis je me suis pincé... aïe !

  • enfin François Number2 se dit farouche partisan de la "démocratie sociale", laissant entendre qu'il y a des démocraties antisociales (ah bon ! où ça ?) puis donnant un exemple de fonctionnement social-démocratique qui revient à dire qu'il faut que tout le monde fasse ce qu'il veut et que l'État ne peut que fixer des limites, mais très très larges... ce qui ressemble au libéralisme le plus pur...

FranceV_rit_FillonBref du bon Fillon, du Fillon qui pense que La France peut supporter la vérité, qu'il faut savoir la lui dire et que le courage de la rupture, c'est ça : dire la vérité !
Ouah !
Du grand art ! La machinerie rhétorique est en marche.
Et comme disait Octave Mirbeau, "en art, l'exactitude est la déformation et la vérité est le mensonge."
Bravo Mirbeau !


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mardi 24 octobre

Far West à droite !

visuel_ceÀ peine le Conseil d'État, échelon suprême de la juridiction administrative, a-t-il rendu sa décision concernant la durée légale du travail dans le secteur des hôtels, cafés et restaurants, à peine l'instance suprême de la justice administrative a-t-elle fait son travail que les députés UMP tire à vue, avec la grosse artillerie : les hors la loi ne peuvent vivre en paix ? Qu'à cela ne tienne, changeons la loi, avec violence s'il le faut !
Rien d'autre à dire !


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lundi 23 octobre

Tard bourrichon ?

Bourrichon
[substantif masculin,  XIXe siècle, premières occurrences chez Gustave Flaubert dans les années 1860]
Dérivé de bourriche. Populaire : tête. Surtout dans les locutions Monter le bourrichon à quelqu'un (l'exciter, lui donner des illusions) et Se monter le bourrichonau sens de "se faire des idées", "se bercer d'illusions", ce que je traduirais bien quant à moi par "vivre en utopie". Mais aussi seul, au figuré, comme lorsque Flaubert se plaint de n'avoir pas le moral : Mon pauvre bourrichon est à bas (Correspondance, 1872, p. 377).
bourrichon_emball_Le Bourrichon, c'est aussi un fromage franc-comtois, rond, de lait de vache, pasteurisé, à croûte lavée, de onze centimètres de diamètre et de trois centimètres d'épaisseur, d'un poids moyen de 250 grammes et à quarante-cinq pour cent de matière grasse. Pour être tout à fait franc, je n'en ai jamais goûté de ce fromage ! Mais comme j'adore le fromage en général, de la cancoillote au comté en passant par le camenbert au lait cru, et que mes parents, grands-parents, etc. sont francs-comtois comme le bourrichon... Le bourrichon, c'était aussi, paraît-il, un panier grossier employé à la campagne - du moins dans le pays natais, si l'on en croit Paul Eudel (Les Locutions nantaises, 1884). Peut-être pour y transporter le fromage : fromage franc-comtois dans un panier nantais !
Mais le Bourrichon est également présent dans l'histoire de l'art : Le Voyage de la famille Bourrichon que Georges Méliès fit voir en 1913 - sans aucun succès d'ailleurs - reprenait l'argument d'une farce qu'Eugène Labiche et Édouard Martin avaient intitulée Le Voyage de M. Perrichon (1860), une de ces farces où la bourgeoisie se moque d'elle-même... Plus près de nous, Le Bourrichon, est une comédie écrite, mise en scène et interprétée par Joël Jouanneau (Actes Sud-Papiers, 1989),  une comédie "rurale" - ce qui peut-être nous ramène au fromage dans le panier...

Bon ! Bourrichon, d'accord ! Mais pas jeune bourrichon : à cinquante ans passés, je n'ai plus l'âge, je ne suis plus "de la bourre" ! Je serais plutôt "à la bourre", disons alors tard bourrichon !
Tard,

  • parce que mieux vaut tard que jamais,

  • parce que j'ai récemment décidé de prendre le temps de faire ce qui me plaît,

  • parce que vient un âge où l'on s'autorise à penser et à parler par soi-même, après qu'on a écouté et lu les pensées des autres, des "autorités" des années durant,

  • parce que le désir me prend de vouloir exprimer, de vouloir sortir de mon fors intérieur ces pensées, ces images, ces musiques qui trop souvent me prennent le bourrichon,

  • parce que me hante l'impassible rythme de L'Horloge de Baudelaire - que Julie Potvin avait illustrée d'un superbe flash sur www.perte-de-temps... et qu'il me reste à mettre en musique.

Horloge! Dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi!
Les vibrantes douleurs dans ton cœur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

PertedetempsLe Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
À chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, maintenant dit: je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

baudelaire_par_nadarRemember! Souviens-toi! Prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! C'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; Souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! La dernière auberge!),
Où tout te dira: Meurs, vieux lâche! Il est trop tard!
"

Je me suis mis à la communication toilesque il n'y a pas si longtemps (mai 2004), en ouvrant ce blog (grand merci à Canalblog !).
Je n'abandonne pas le blog pour lui substituer un site en bonne et due forme.

Je voudrais seulement adosser le premier, énergie fluide enserrée dans le couloir du temps, au second, énergie solide ancrée dans le terreau sédimenté de ma propre vie. Comme un journal appuyé contre un livre, pour y puiser de sa force, de son sens profond. Comme un courant d'air dans un paysage stable et mouvant à la fois...

Fatalement les thématiques, d'un support à l'autre, sont les mêmes :

musique
information-documentation
éducation permanente et formation continue
droits de l'humain.

Je sais bien qu'une telle répétition thématique, ce n'est pas très beau et que ça pourrait ressembler à du spamdexing... Je sais bien aussi qu'un site (c'est vrai aussi pour le blog) qui accoste à des rivages thématiques si dissemblables, ayant si peu de concepts en commun, je sais bien qu'un tel site n'est pas facilement indexable et qu'il en va de son référencement toilesque, de sa visibilité pour les araignées, de sa "publicité". Tant pis ! Je n'ai vraiment pas envie de créer quatre sites, pas envie d'imposer quatre Tard-Bourrichons à la collectivité !

La répartition thématique et, partant, le "menu" s'étalent tout au long du cadre gauche du site Tard-Bourrichon - encore partiellement en construction.

Et puis quand j'aurai dit que Tard Bourrichon
est l'anagramme de mes nom-prénom...!


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samedi 21 octobre

Un nouvel enregistrement JOSQUIN !

<p><p><p><p><p><p><p><p><p><p>ENREGISTREMENT D’UN NOUVEAU DISQUE</p></p></p></p></p></p></p></p></p></p>

 

ENREGISTREMENT D’UN NOUVEAU DISQUE

par

METAMORPHOSES

 

« Josquin & Venise »

Messes ‘Mater Patris’ et ‘Di dadi’

de Josquin Desprez (1450-1521)

 

Le premier volet d’une aventure monumentale inédite :

 L’intégrale des messes de Josquin Desprez,

le grand maître de la polyphonie franco-flamande,

par Métamorphoses, ensemble de chanteurs solistes internationaux

sous la direction de Maurice Bourbon.

 

SORTIE PREVUE : DEBUT 2007

 

Enregistrer demande des moyens qu’aucune maison de disques à l’heure actuelle n’est prête à prendre en charge intégralement. Souscrire, c’est aussi participer activement à la création et à la diffusion artistiques.

 



Vous pouvez retourner le bulletin de souscription (format pdf) accompagné de votre chèque à

 La Chapelle des Flandres, 23 Grand Place 59100 ROUBAIX

Contact : 03 20 73 18 94 / chapelleflandres@nordnet.fr

 

TARIFS : 1 CD (20 €*) – 2 CD (38 €*) – 3 CD (55 €*) – 4 CD (70 €*)

Au-delà, nous contacter pour toute négociation et tout renseignement

* Franco de port


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vendredi 20 octobre

Marketing politique

J'ai beau faire : je ne m'y ferai jamais !
cnilJe ne m'habituerai jamais à la mercantilisation du politique. Les fils de pub me gonflent royalement et j'aurais plutôt tendance à ignorer toute démarche marketing de la gente politique - quelle qu'elle soit ! Souviens-toi cher lecteur de ma réaction au sarkospam... Justement, pour nous protéger de telles intrusions dans la vie privée et professionnelle des citoyens, la CNIL vient d'édicter une recomandation qui réglemente ces pratiques mercantiles des hommes et partis politiques (c'était avant-hier). Soit ! Ça devrait nous éviter pas mal de désagréments ! Et puis, pour une fois, l'état de fait honteux qu'on ne veut plus connaître est publiquement identifié et localisé chez Nicolas...
Reste que cette recommandation de la CNIL enterrine la mercantilisation du politique : l'e-mailing politique doit répondre aux mêmes obligations que l'e-mailing commercial ! On notera que la CNIL a d'abord consulté les partis politiques, avant de publier sa recommandation sur la prospection politique en ligne (celle-ci n’était pas encadrée jusqu’alors, la LCEN ne traitant que de la prospection commerciale, justement). Bref, les partis politiques sont OK là-dessus...

Quant à moi, mon idée de la politique en sort KO !
Moi qui ai affiché sur la porte de ma maison que je ne souhaitais pas être inondé de publicités commerciales et autres journeaux gratuits, vais-je devoir boucher mes oreilles aux sirènes politicardes qui vont bientôt polluer mon espace sonore et visuel vital ?


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mercredi 18 octobre

DéZastrenouvoh-Théâtre et Alain Ruysschaert

One-man show patoisant (avec chat) de l'auteur-interprète Alain Ruysschaert les samedi 11, dimanche 12, mardi 14, samedi 18 et mardi 21 novembre 2006 à LAMBERSART, très exactement à la salle du Pré fleuri (141 rue de la Carnoy), à 20h (sauf le dimanche : 17h).

A_L_AFFICHE

Alain Ruysschaert utilise la musicalité et la truculence du patois du Nord pour nous emmener dans l'univers de son personnage, observateur lucide et railleur du monde, petit et grand qui l'entoure...
DéZastrenouvoh-Théâtre reversera une partie de la recette à l'association AMNESTY INTERNATIONAL.
Le verre de l'amitié, agrémenté d'un petit grigontage 100% terroir sera offert chaque soir en fin de spectacle.
Entrée : 7€, 5€ (moins de 25ans).
Tous renseignements au
03.20.51.55.18


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lundi 16 octobre

Sarkozy ? Il faut tourner la page !

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.

Je suis tombé l'autre jour
sur une publication en ligne
émanant de l'UMP, c'est-à-dire
de l'atelier non clandestin
des "nègres" inavoués de Nicolas.

Il s'agit d'un huit pages
sur la délinquance.

Ça commence, en une première page qui ressemble à une avant-première de pub (un peu comme une pub dans un journal style TV Magazine), par ces mots :

Plus de sévérité pour les jeunes délinquants
Soutenez
Nicolas Sarkozy
dans son action contre
la délinquance

  • Si vous pensez que la Justice n'est pas assez sévère avec les jeunes délinquants
  • Si vous pensez que les délinquants multirécidivistes devraient se voir infliger une peine plancher automatique

Avec l'UMP, soutenez l'action
de Nicolas Sarkozy

_____________________________________

Bon !
Déjà là, ça fait froid dans le dos !
Regardez donc les affirmations implicites de cette page (affirmation implicite = ce qu'il faut gober bouche bée pour lire cette prose) :

  • la délinquance est le fait des "jeunes délinquants"

    ça, c'est ce que la télé montrait en novembre dernier, alors même que la délinquance en col blanc, voire la délinquance des hommes politiques fussent-ils très très haut placés reste publiquement impunie quand même elle est avérée (je ne vous dis pas quand tout ça se passe hors caméras)  !

  • les juges ne font pas leur boulot

    l'UMP dit ici "la Justice" avec un grand J, mais on comprend très bien ce qu'il pense des juges, le Nicolas, au mépris des règles basiques de la République !

  • il y a assimilation tacite et superficielle entre jeunesse délinquante et délinquance multirécidiviste

    alors qu'on sait pertinemment que l'incarcération en milieu pénitencier est productrice de récidive - surtout lorsqu'il s'agit de jeunes, de jeunes à l'identité fragile ; alors qu'on sait que mettre un jeune en prison, c'est en faire un récidiviste...

Bref !
Mais ce n'est encore rien !
Après cette rhétorique abusive, on peut lire qu'il faut soutenir l'action de Nicolas ! Comme si 1) ledit Nicolas allait régler tout ça et 2) comme si Nicolas, c'était l'UMP...
Je ne reviens pas sur le premier point.
Mais sur le second, Nicolas, excuse-moi, mais il y en a des qui, à l'UMP, ne sont pas prêts à se faire engloutir comme ça ! Ça sent le coup d'État interne UMP ça ! Non ? Enfin, ce que j'en dis, c'est fonction de ce que j'ai entendu de la bouche de Jean-Louis, Dominique, Michèle et des autres... J'ai en effet la vague impression que, quand Nicolas dit "L'UMP, c'est moi !", les autres de l'UMP ne sont pas complètement d'accord...
Et puis, moi qui ne suis pas sympathisant UMP, ce que je vois poindre en ligne de mire de ce comportement (celui de Nicolas), c'est qu'un jour, si les Français sont jamais assez bêtes pour voter pour le roi du Kärcher, il nous dise, sans que personne n'ose ni ne puisse moufter (de toute façon, il sera trop tard) : "L'État, c'est moi !", comme disait l'autre dictateur de droit divin de l'autre régime (je ne dis pas ancien comme j'ai appris avec mes profs d'histoire car c'est hélas plus contemporainement possible qu'on ne pense) - ce qui est l'expression absolue de la dictature...

Magazine_union_d_linquance_Page_2_343x512_Bref ! Passons à la deuxième page du document. La voici, à droite ->

J'aime bien cette page parce que Nicolas s'y prend les pieds dans le tapis.

Que lit-on sur cette magnifique page ?
Le sourire de Nicolas ? Certes. Sauf qu'il ressemble au sourire que ferait à un cadre le DRH d'une entreprise ou d'un service public, alors même qu'il est en train d'instruire le dossier de son licenciement. J'ai un collègue à mon boulot qui sourit comme ça... Je connais la profondeur sémantique d'une telle grimace...

Ce qu'on lit, c'est, explicitement, que les Français approuvent Nicolas, quand il franchit les bornes tracées par les principes basiques de la démocratie la plus formelle, c'est-à-dire quand le bras armé de l'exécutif empiète sur le territoire du judiciaire, après avoir mis une bonne part du législatif à sa bote (cf. plus haut).
Magazine_union_d_linquance_Page_3__extrait_Bon ! S'il sont assez couillons pour gober ce populisme-là (l'extrait à gauche, c'est p.3 ; il faut cliquer dessus pour lire : ça vaut son pesant de cacahuètes), si les Français sont convaincus que les groupies de Nicolas sont bien le Peuple de France... Tu remarqueras, lecteur fidèle et inconnu, que "N.T., Internet" - un anonyme qui n'assume pas son discours, à croire qu'il n'existe pas !- dit de Nicolas ce qui se disait de Jean-Marie Le Pen il y a dix-vingt ans... "N.T., Internet" est sans doute trop jeune. S'il existe...

Mais regardons mieux cette page : on y voit un coin retourné en bas à droite, comme pour montrer que, quand nous "imaginons la France d'après", c'est comme une page qui se tourne, comme une page qu'il faut tourner.

Ouha !
Enfin !
On va tourner la page !
La page où il y a Sarkozy dessus !


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mardi 10 octobre

Refuser la misère à Lille

oct172Ce mardi 10 Octobre 2006 à 11 h 30 dans le Salon d'honneur de la Ville de Lille, mon amie Latifa Kechemir, adjointe au Maire déléguée à la lutte contre les exclusions, expliquera comment la bonne ville de Lille prend part à la journée du 17 octobre, i.e. la
Journée mondiale de refus contre la misère.

À Lille, cette grande journée commencera avec son « lancement symbolique » depuis l'hôtel de Ville, en présence des associations impliquées et des citoyens de la Ville. Durant la semaine, de nombreuses initiatives seront développées dans chaque quartier de la ville : repas solidaires dans les Mairies de quartier, découvertes des associations qui agissent au quotidien pour combattre les exclusions, rencontres des habitants pour échanger sur des thèmes liés à la solidarité... Un village associatif se tiendra également Place Rihour le Samedi 21 octobre de 10h à 16h, village dans lequel de nombreuses associations présenteront leurs actions quotidiennes pour combattre les exclusions, apporter aide et soutien aux personnes dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle.


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samedi 07 octobre

Collusion et détournement. À propos d'une enquête sur une "affaire d'État"

TVmagCouvLu sur TV MAG.COM :
« affaire d'État » secoue notre pays !

Ça fait la couverture et c'est à la Une. Je cite :

Béatrice Schönberg : pour ou contre son départ ?
Enquête sur une « affaire d'État »

C'est officiel. Le 25 février prochain, Béatrice Schönberg présentera son dernier JT sur France 2. Logiquement, la journaliste devrait retrouver son poste après le second tour de l'élection présidentielle, mais l'annonce de son départ a provoqué un coup de tonnerre. Syndicats et parlementaires s'affrontent. Gros plan sur une tempête.

On appréciera la dramatisation forcée et déplacée de l'événement : on commence par dire que Béatrice Schönberg présentera son dernier JT sur France 2 le 25 février, pour ajouter aussitôt que ce ne sera pas son dernier JT... Le style journalistique n'est plus ce qu'il était ! Mais ce n'est pas de cela que je voulais parler. Ce qui me semble remarquable, c'est qu'en exhibant l'"événement", on le cache, on en cache la réalité profonde.

L'autre jour je vous disais ma satisfaction de voir évité un cas trop flagrant de collusion façon UMP. Je ne croyais pas si bien dire : la Socpresse [=groupe Dassault qui détient 100% du capital de la Socpresse, =Le Figaro, =TV Magazine, =...] s'empare de l'affaire et en fait donc une affaire d'État.
C'est sûrement justifié, puisque Serge Dassault, président et directeur de la Socpresse, a expliqué que les journaux devaient diffuser des "idées saines" (France Inter le vendredi 10 décembre 2004, et Le Monde daté du 13 décembre). Et Dieu sait si c'est malsain de pratiquer la collusion comme le fait l'UMP depuis trop longtemps ! On saluera d'autant la décision de TV Magazine quand on saura que  Serge Dassault est sénateur UMP. Donc, chapeau !

Lisons TV Magazine.

D'abord, on apprend que Béatrice Schönberg n'est pas virée. Ouf ! Seulement, elle fera autre chose, moins en prise avec le débat politique, histoire, pour elle, de ne pas mélanger boulot et vie de famille. Fort bien et respectable.
Puis c'est le gouvernement, par la bouche de Jean-François Copé, qui souhaite mettre fin à la "petite confusion des genres", pratiquée par les parlementaires UMP, sur les rapports entre les politiques et les journalistes.

Cop_Fort bien ! Sauf qu'on a du mal a croire qu'un groupe de 66 députés UMP (+1 UDF qui passait par là) ait pu commettre cela sans que le gouvernement ou quelque ministre soit au courant... Mais on doit croire Monsieur Copé : n'est-ce pas lui qui a promis de toujours parler vrai ? Il est vrai qu'il a écrit sa promesse dans un ouvrage paru dans une collection dénommée "littératures" !

Bon, ça encore, la langue de bois et le mensonge politique, on est quasiment blasé et blindé ! Non, ce qui mérite une remarque dans le dossier de TV Magazine, ce sont les réactions de Christine Ockrent ou encore de Laurence Ferrari, deux journalistes de l'audiovisuel. La première "récuse absolument [...] l'idée qu'une femme doive soumettre son parcours professionnel à sa vie sentimentale. Le jour où l'on demandera la même chose à un homme, on en reparlera... En attendant, on verra si François Hollande se retirera au profit de Ségolène Royal." La seconde, elle, a "envie de renverser la situation et de poser la question à l'envers : n'était-il pas envisageable que Jean-Louis Borloo se retire de la campagne et se mette en disponibilité de la République ? C'est là toute la question de la parité dans notre société et je trouve bien dommage que ce soit à la femme de se mettre en retrait de son métier, même temporairement." Ainsi donc voilà le problème, voilà LA question !

No comment !

Juste pour constater qu'encore une fois, hélas, le "féminisme" a pour fonction de passer au second plan, voire d'occulter simplement les véritables problèmes. Le féminisme comme "divertissement" - au sens pascalien du terme... Bref, la "belle montagne" aura accouché d'un lièvre, un lièvre un tantinet usé mais toujours actif !
Tiens, lisez ma chute : Les journaux doivent diffuser des "idées saines", disait ce bon Monsieur Dassault, car, expliquait-il en suivant et sans rire, "nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche". Alors, c'est pas beau la presse UMP ?


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