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BRICH59
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24 janvier 2007

Lutter contre la contrefaçon !

contrefa_onLa contrefaçon est nulle part.
La contrefaçon est partout.

C'est bien connu :
la contrefaçon est partout,
mais elle ne se donne pas comme contrefaçon
- sinon elle ne serait pas contrefaçon !

Sauf qu'il y a des fois où ça devient d'un grotesque !
Des fois où c'est gros comme un chou-fleur dans un ramequin !
Des fois où ça se voit comme le nez au milieu du visage !

abbepierre1Tiens ! Regardez tous ces hommages à l'abbé Pierre !

Pas un qui ne se confonde en larmoyant hommage (Monsieur le candidat unique de l'Union pour Me Présidentialiser a été parfait dans ce rôle convenu !), pas un y compris ceux qui objectivement ne peuvent qu'être opposés à l'action de l'abbé mais qui objectivement ne peuvent se passer d'être au micro et à la caméra d'une société du spectacle plus pernicieuse que jamais...

Les prélats de la sainte église catholique y sont allés de ces louanges posthumes mais qu'ils ne pouvaient objectivement pas prononcer de son vivant, tant l'abbé les faisait tourner en bourrique, avec ses prises de position pour le préservatif, pour la dédiabolisation de l'homosexualité, etc. ! Pourtant, ces temps-ci la communauté catholique avait mieux à faire : défiler contre l'avortement, avec les intégristes de tous poils...

Les potentats de la politique française y sont allés de leurs louanges posthumes, alors qu'ils n'ont rien fait ou presque pour que les rêves de dignité humaine universelle de l'abbé ne soient plus des chimères. Le cri de l'abbé, nous l'entendons depuis plus de cinquante ans ! Et qu'a fait la classe politique française pour qu'il se taise, pour que son cri soit inutile ?

Bref, nous voici en pleine contrefaçon, n'est-ce pas ?

Regardez l'oxymore : il n'est plus dans la tension entre des mots, il est entre les mots et celui qui les prononce. Ce n'est plus seulement la fameuse (?) "rupture tranquille", c'est surtout maintenant le leader maximus de la droite néolibéral la plus dure qui cite Jean Jaurès, Guy Moquet ou Léon Blum comme ses maitres à penser, c'est le même qui s'exhibe prêt à verser une larme sur la dépouille encore chaude d'une grande gueule qui ne se priva pas de cogner médiatiquement sur lui et sa bande francopatronale...

Regardez le système de santé qui est en train de discriminer plus que jamais en fonction des conditions de vies : plus ça va et moins les pauvres pourront se soigner. Les petits-moyens bourgeois d'aujourd'hui vous diront qu'il faut que les gens soient responsables et prennent en charge leur santé, etc. Sauf que primo la responsabilisation / culpabilisation (avec des cercles vicieux du style "si tu es en mauvaise santé, c'est que tu ne te soignes pas comme il faut, donc débrouille toi" - les cathos finiront avec un "aide-toi le ciel t'aideras" - etc.) est une façon trop commode pour les ultralibéraux de se défausser de leurs responsabilités politiques, et que, deuxio, pour se soigner, il faut d'abord satisfaire les besoins vitaux immédiats comme manger, dormir, etc. Bon ! En voulant convaincre les petits-moyens bourgeois, j'ai vraiment le sentiment de vouloir faire entrer du jus dans un pavé... Mais c'est plus fort que moi !

Ceci dit, les faits sont là. Par exemple une étude très très sérieuses vient de montrer comment les femmes les moins aisées ont plus de risques de faire naître un bébé trisomique que les femmes des milieux supérieurs. Et ce n'est pas L'humanité qui le dit, c'est Le Fiçarko, euh pardon ! Le Figaro d'hier (article de Martine Perez)...


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29 avril 2006

3. Élaboration de thésaurus

ATTENTION : à partir de janvier 2013, la séquence pédagogique est sous Passeport, plate-forme du CUEEP.

  • Hudon2009_4_Après un rapide retour sur les langages documentaires en général et les thésaurus en particulier (article de Danièle Degez, par exemple), un petit jeu de "mise en thésaurus" à partir de ce lexique-ci ou de ce lexique-là. On profitera de cet exercice pour prendre en main TheW32 et TemaTres (cf. plus bas).

  • Les étapes de l'élaboration d'un thésaurus font l'objet d'un mini-guide [Etapes.zip].

  • En complément du petit lexique des langages documentaires (219 termes) présenté à la page 2. Pratique de l'indexation, une reprise pédagogique du document sur lequel s'appuyait ledit lexique [Lexique.zip]. Mise en thésaurus de l'ouvrage de D.Dégez & D.Menillet (présentation alphabétique, présentation arborescente, liste permutée et module de recherche pour lequel l'interrogation ne porte que sur les descripteurs et les non-descripteurs, pas sur les équivalents anglais ni sur le contenu des notes).

  • Quand on s'intéresse de près à l'élaboration de langages documentaires, on ne saurait passer sous silence la personnalité de Shiyali Ramamrita Ranganathan - dont Marie-France Blanquet nous propose une biographie.
    ...

  • Dans le cadre du travail sur un corpus à partir duquel un thésaurus devra être élaboré, on peut être amené à utiliser quelques outils logiciels, présentés ailleurs...
    Deux logiciels gratuits pour confectionner un thésaurus (mettre les termes déjà choisis en relations, etc.). TheW32 - qui se trouve (install) ou ici (zip à déballer pour appli prêt à l'emploi) - permet d'éditer le thésaurus en html ou en rtf dans sa présentation alphabétique et en forme d'arborescence. Application quelque peu rustique mais efficace. TemaTres nécessite quant à lui une installation php mysql, mais peut fonctionner sur une clé usb ;-) si on y décompresse ce dossier zip [attention, presque 50 méga-octets pour le zip ; et quatre fois plus déployé sur la clé !]. À partir du thésaurus confectionné sous TemaTres, on peut exporter un fichier SKOS (rdf) que Mondeca - quand son SkosReader est accessible en ligne - nous permettra d'éditer en html sous les trois formes classiques de présentation d'un thésaurus...
    Les petits thésaurus réalisés par les étudiant(e)s sont sur une autre page.

  • Pour189__dossier_En 2008, nous avons travaillé (comme en 2007) sur un corpus qui est . L'idée est de commencer le travail d'élaboration d'un thésaurus autour des problématiques de Bertrand Schwartz. Ce corpus, en effet, a fini par être publié dans un dossier paru dans la revue Pour (n°189 de mars 2006, p.55-201). Bien sûr ce n'est pas tout à fait le même texte, mais rien n'est modifié thématiquement. Les quelques pages préliminaires de ce dossier donnent bien les informations importantes, contextualisant tout à la fois le personnage (beau texte de Louise L. Lambrichs, limite hagiographique!) et le projet éditorial, tout en balisant déjà le paysage thématique...

  • Un atelier héberge les travaux d'étudiants les plus intéressants. Ceux-ci sont présentés dans le thésauro-annuaire.


mise à jour : 20 avril 2012
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21 juillet 2009

Forum régional 2008 du réseau Lire

Lire1Ça y est ! Les actes du forum régional du réseau Lire qui s'est tenu le 4 décembre 2008  à Bouvines sont disponibles au C2RP. Pas encore en téléchargement sur le site. Espérons que ce sera pour bientôt ;-)

La journée avait été riche. Voyez le programme :

Lire2

Voici le sommaire des actes :

sommaire

J'y avais participé en tant que "rapporteur" de l'atelier animé par ma collègue Véronique Chabot qui avait introduit le travail en ces termes :

Il s’agira à partir de quatre expériences de terrain de s’interroger sur la problématique suivante.
Aujourd’hui, l’introduction d’actions culturelles dans les offres de formation s’appuyant sur des objectifs et des contenus de formation, est acquise. Quasiment tous les organismes de formation de la Région (notamment du réseau Lire) agissent dans ce sens. Ces activités sont reconnus par tous, notamment les institutions (État, Région) comme étant des leviers facilitant (l'accès) à la formation, comme étant sources d’apprentissages notamment sur la lecture et l’écriture ainsi que dans le domaine de la citoyenneté, tout en permettant le développement de certaines des compétences-clés prônées par l’Europe (sensibilisation culturelle et citoyenneté).
Mais, il semble que des différences, des écarts existent dans l’organisation et la qualité de ces actions selon les territoires, notamment autour des questions de la professionnalisation des intervenants, mais pas seulement...
Les questions que nous tenterons d’aborder dans cet atelier viseront à essayer de répondre aux points suivants :

  • Comment améliorer la professionnalisation des intervenants des actions culturelles de formation ?
  • Comment favoriser leur ancrage local sur les territoires ?
  • Comment permettre des transferts d’expériences d’un territoire à l’autre ?

Il s’agira aussi de souligner les éléments pertinents concernant l’impact de telles actions sur les publics et les territoires (sur la lisibilité, valorisation, maillage), de relever les freins et leviers à la conception, la mise en place, l’animation et l’évaluation de ces actions.
Nous espérons qu’à la suite de cet atelier et du forum, des échanges de pratique pourront émerger, de la curiosité, des transferts d’expériences ainsi que des projets de formation de formateurs.

Les échanges avaient été passionnants et j'avais tenté d'en rendre compte "à chaud" sur ce blog. La publication du C2RP vient clore ce travail, souhaitant que les paroles qui s'y sont échangées sèment des projets de développement d'actions culturelles pour des publics en formations de base sur nos territoires...
En attendant que ces actes soient téléchargeables, voici le scan (pdf en N&B) des pages de compte-rendu de l'atelier dont je fus le rapporteur.


24 avril 2006

11.Approche historienne de la documentation et des techniques documentaires. Éléments

Pour les ateliers de lecture historienne, c'est ici !
Attention : document sous mot de passe ;-)

Dans le cadre d'une unité d'enseignement consacrée à l'approche historique de la documentation et des bibliothèques, mon intervention tente de marquer les spécificités de la "documentologie" par rapport à la bibliothéconomie d’où elle est, en quelque sorte, issue. Pour ce faire, quelques temps forts sont évoqués, de l’œuvre de Paul Otlet aux pratiques actuelles de la veille stratégique.

 

 


Quatre coups de projecteurs seront ainsi portés sur des points topiques du développement de la pratique documentaliste :

  1. Paul Otlet et les débuts de la documentation

    La personnalité d'Otlet et surtout son œuvre maîtresse - il s'agit bien sûr de son Traité de Documentation [OTLET P. [1989]. Traité de documentation. Le livre sur le livre. Théorie et pratique. Liège, CLPCF, XVII, 431 p.] publié en 1934 - seront évoquées lors d'une première séance. Pour aider à la lecture de cette somme dont la fréquentation est toujours très recommandable, je propose une table synthétique des matières dynamique (ou sous la forme du petit fichier Otlet.chm à télécharger) qui permettra d'entrer dans l'ouvrage d'OTLET.
    Par ailleurs, il est intéressant de comprendre ce que Paul Otlet appelle LE Problème de la Documentation : petite animation dont l'ouverture nécessite un mot de passe.
    Bibliographie partielle.

    Paul_OTLET_en_son_réseau

  2. La question des langages documentaires
    Les langages documentaires, de leur préhistoire (états pré-documentaires) à l'émergence des thésaurus : une montée en puissance de l'information (cf. par exemple le rapport Weinberg1963) ; tout ceci en passant bien sûr par la CDD et la CDU.
    Bibliographie partielle. Voyez également la grande bibliographie de l'IUT2 de Grenoble sur l'organisation des connaissances en France du point de vue des sciences de l'information.

  3. Professeur-Documentaliste, un vieux nouveau métier
    Des velléités de Dewey à la mise en place du CAPES de Documentation et au "référentiel métier" de la Fadben, en passant par Célestin Freinet (Pour tout classer) : convictions et hésitations. Plus récemment, PACIFI, Repères pour la mise en œuvre du parcours de formation à la culture de l’information.
    Bibliographie partielle.
    Trouvé sur le blog des DEUST2 2006/2007, une intéressante page concernant la pédagogie Freinet (Martine Fournier), "Enquête sur les pédagogies alternatives" - dont je me suis autorisé à produire une édition pdf pour celles et ceux qui ne sauraient lire les '.doc'.

  4. Les métiers de l'information-documentation
    De la revendication de Suzanne Briet (Qu'est-ce que la documentation, 1951, période où se crée l'INTD) à l'Euroréférentiel I&D diffusé par l'ADBS, association des professionnels de l'information et de la documentation : des chemins empruntés.
    Bibliographie partielle. Les deux volumes de l'Euroréférentiel I&D ne sont plus en ligne [!!!]. On pourra, en échange, utiliser le schéma que j'ai concocté un jour pour les besoins d'un atelier de symposium [pdf ou html].

Structure des quatre temps 

 

Et comme, chez les formateurs, tout finit par des schémas, en voici un qui veut servir d'outil de première analyse des institutions d'information / documentation au sens très large du terme... Ce schéma s'est construit au fur et à mesure des lectures engagées pour préparer ce cours sur l'histoire des techniques documentaires, afin de proposer un cadre de réflexion commun ("basique") aux événements qui peuplent l'histoire bien fournie de l'IDIST (Information Documentation / Information Scientifique et Technique) - ce qui à mon sens recouvre aussi les bibliothèques et les musées...

Un tel schéma fonctionne bien sûr depuis Paul Otlet, au sujet duquel je parodierais bien ce contemporain britannique de Paul Otlet que fut Alfred North Whitehead et qui, en 1929 (Process and Reality) disait de la tradition philosophique européenne qu'elle n'avait jamais qu'ajouté des notes au bas des pages du texte platonicien ["The safest general characterisation of the European philosophical tradition is that it consists of a series of footnotes to Plato."]. Depuis 1934, la communauté de l'IDIST ne fait-elle autre chose que de parcourir, aménager et prolonger les rails tracés par le Mondanéen ?


Petit ajout pour celles et ceux qui veulent s'initier rapidement à l'histoire qui conduit de la classification des choses et des savoirs aux classifications documentaires... Cette petite animation s'ouvre avec un mot de passe spécifique.


mise à jour : 2 juillet 2010
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27 décembre 2011

JOSQUIN, 4ème volume de l'intégrale des messes

J&Rome2Le 4ème volume de l'intégrale des messes de Josquin Desprez, engagée par Maurice Bourbon, sort le 10 janvier 2012 !

Deux nouvelles messes, la La Sol Fa Re Mi et la Gaudeamus, interprétées par l'ensemble professionnel Métamorphoses et par de jeunes chanteuses et chanteurs qui se destinent à une carrière musicale...

Vous pouvez lire le communiqué de presse "officiel" - sachant que toute l'information est sur le site de La Chapelle des Flandres, rubrique Discographie., notamment cette conversation entre Maurice Bourbon et ... Josquin Desprez.

Bonne écoute ! Et bonne lecture !



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28 janvier 2009

Le religieux, le militaire et le poète

Trouvé en nombre, au moment de l'acharnement militaire sur Gaza et dans un lieu de rassemblement religieux français (communauté israélite de Strasbourg), à côté d'informations religieuses, ce tract (info lue sur le site Libertés & Internets) :

tsahal_recrute_1

Le contenu informationnel de ce tract est depuis novembre sur quelques sites israélites voire sionistes, comme Connec'Sion, le site des "Informaticiens Juifs de France" ou le blog de Gad.

Pourquoi donc faut-il toujours et toujours que
la religion instituée et la violence armée se mêlent ?

Depuis les Croisades, on sait que la religion fait le lit de la violence économique. Ou qu'elle en est la justification avancée.
Depuis l'Inquisition, depuis la révocation de l'Édit de Nantes, on sait que la religion fait le lit de la violence politique. Ou qu'elle en est la justification avancée.
Depuis la création de l'État d'Israël, on sait que la religion fait le lit du nationalisme. Ou qu'elle en est la justification avancée (cf. mes notes du 17 juin 2008 et du 31 août 2008).
Depuis le 11 septembre 2001, on sait que la religion fait le lit du terrorisme. Ou qu'elle en est la justification avancée.
Combien de victimes ? Combien de sacrifices ? Combien de martyres ? Que de haine produite par la haine !

Comme si le religieux menait fatalement à la haine. Ou en était la nécessaire justification avancée. Comme si le mécanisme du racisme (stigmatisation haineuse de l'autre) était de la même trempe que celui du religieux... Consubstantialité des haines. Et ce n'est pas le pape Benoît qui m'expliquera que j'ai tort de penser cela, lui qui vient, semble-t-il, de réhabiliter le négationnisme le plus absurde à l'endroit de la Shoah.

On dirait d'ailleurs que cet amalgame de la haine est propre aux monothéismes. Les grecs d'il y a vingt à trente siècles, dans leur grande sagesse, non seulement croyaient en plusieurs dieux, mais accueillaient à loisir les dieux des autres peuples, les dieux des immigrés nouvellement arrivés, les intégrant sans complexe à leur Panthéon. Et puis, quand ils faisaient la guerre, ils ne se cachaient pas derrière de fallacieux et spirituels prétextes ! Il n'y avait que le poète l'aède pour nous chanter que la guerre était causée par une histoire d'amour...



9 octobre 2009

Égalité des citoyens ?

IlreformistaLu dans la news de Courrier International cette semaine :

Par 9 voix contre 6, les magistrats italiens de la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, ont invalidé la loi Alfano votée en 2008. Celle-ci garantissait l'immunité aux quatre plus hautes personnalités de l'Etat le temps de leur mandat. La Cour a estimé qu'elle était contraire au principe d'égalité des citoyens. Désormais, le président du Conseil Silvio Berlusconi pourra être jugé comme un citoyen lambda, et les procédures lancées contre lui, notamment pour faits de corruption, pourront être rouvertes. Furieux, Berlusconi a réagi en accusant les magistrats d'être de gauche. Il s'en est pris en particulier au chef de l'Etat, Giorgio Napolitano, et a répété qu'il irait jusqu'au bout de son mandat.

Comme quoi l'Italie est - malgré l'ami de notre roi d'Maubeuge - une démocratie, une vraie, où l'affairisme ne permet pas d'échapper au principe de l'égalité citoyenne.

Peut-être la France pourrait-elle y réfléchir pour elle-même... Ça nous permettrait de régler le problème que pose l'énorme dissymétrie franchouillarde qui veut que le Président de la République soit un citoyen comme les autres quand ça l'arrange (pour porter plainte par exemple) mais un intouchable quand ça le dérange d'être comme tout le monde (pour être mis en examen). Vive la justice italienne qui sait respecter la devise de la République ... française !

En tout cas, on remarquera, par ailleurs, que l'"anathème gauchiste" n'est pas le propre de la droite française... Souviens-toi, lecteur fidèle, de ce que disait (aboyait, bavait ?) le parti unique de la droite française il n'y a pas si longtemps, en réaction à un engagement collectif citoyen...


30 août 2009

double traçage

Selon les termes d'Alex Türk (entretien in Hermès, 53, 2009, p.153sqq.), nous avons aujourd'hui affaire à un double traçage :

  • Hermes_53un traçage dans l'espace (carte bancaire, GSM, etc.) qui met à mal la LIBERTÉ DE CIRCULATION,

  • un traçage dans le temps (moteurs de recherche, réseaux, etc.), ce qui revient à la privation du droit à l'oubli (ce qui est différent du droit à l'irresponsabilité, mais se rapprocherait plutôt d'un droit à l'erreur, droit à l'évolution, droit à l'auto-contradiction...), qui met à mal la  LIBERTÉ D'EXPRESSION.

Les techniques de l'information et de la communication
comme facteurs de déperdition,
de perte lente,
de diminution progressive
de(s) liberté(s)
?


29 mars 2020

Quand Louis Couturat scrutait les mythes platoniciens...

 À propos du mythe d'Er, 3
(épisode précédent)

 

Louis-CouturatC'était au temps où l'on proposait l'une de ses thèses dans la langue de Cicéron. C'était il y a plus de cent-vingt ans. Louis Couturat, qui échangea beaucoup avec Bertrand Russell, partageant avec lui le courant "logiciste", soutint ses thèses en 1894 (il a 26 ans). La grande thèse était consacrée à l'infini mathématique, la petite aux mythes platoniciens. Les deux thèses donneront deux années plus tard lieu à publication chez Felix Alcan, éditeur spécialisé en sciences et en philosophie. La thèse de philosophie des mathématiques est aujourd'hui disponible sur Archive.org, le De Platonicis mythis : thesim Facultati litterarum Parisiensi proponebat Ludovicus Couturat... l'est sur Gallica. C'est donc en latin, mais un de ses latins de cuisine auxquels l'apprentissage de la langue de Cicéron ne nous a jamais préparés ! Tentons l'aventure tout de même.

C'était au temps où l'on opérait une distinction entre le Platon philosophe et le Platon poète (p.56), où l'on ne parvenait pas à comprendre l'unité organique de la pensée platonicienne, forçant Platon à une schizophrénie intellectuelle. Notre "mythe d'Er", notamment "la description du fuseau de Nécessité, les paroles de Lachésis et le tirage au sort des vies que les âmes doivent choisir", y est compris comme "mythico et poetico colore" ainsi que comme une remobilisation ludique habile des personnages de la tradition poétique (p.26). Ceci dit, tout cela n'est pas philosophiquement très sérieux : "La recension de ces mythes [les mythes eschatologiques] confirmait donc notre interprétation, et en fait montrait que Platon n'avait produit aucune doctrine sérieuse ni constante au sujet de la vie future" (p.111). Mieux, "aucun de ces quatre mythes ne s'accordent avec les autres, et cela prouve que ces présentations ne sont pas trop sérieuses de la part de Platon [Itaque ex his quatuor mythis nullus alii consentit, quod probat, eos parum serio a Platone prolatos esse]" (p.112). D'où l'objectif que G.Rodier assignait à l'ouvrage de Couturat : "M. Couturat a voulu atteindre le même but [i.e. donner une vision cohérente du platonisme] en distinguant à la rigueur ce qui, dans les  dialogues, doit être considéré comme mythique de ce qu'il faut prendre à la lettre" (Études critiques de "Travaux récents sur la philosophie platonicienne", Revue de Métaphysique et de Morale, T. 5, No. 6, Novembre 1897, p.725).

Prétendre qu'"aucun de ces quatre mythes ne s'accordent avec les autres", comme fait Couturat, ne laisse pas de questionner le lecteur de Platon.

Primo, il y a une évolution de la pensée platonicienne, du Gorgias au Phèdre. Les quatre textes de Platon concernés sont en effet issu du Gorgias 523a1-527c7, de la République X, 6 et du Phèdre 246a3-249b6 - auxquels il faut ajouter le Phédon 107d5-115a3. Chronologiquement (chronologie toute relative), ce dernier dialogue se situe entre le Gorgias et la République. Force est de dire aujourd'hui que celui qui ne voit pas la cohérence globale de la théorie eschatologique de Platon ne veut pas la voir. Il suffit de mettre à plat chaque narration pour constater que les quatre histoires s'imbriquent très bien. Aussi tenterons-nous dans un prochain épisode de reconstituer cette eschatologie.

Deuxio, une telle posture est étonnante de la part de Couturat lorsque l'on sait que, par ailleurs, il prônait une lecture diachronique du texte platonicien et qu'il accusait Platon de n'avoir "produit aucune doctrine sérieuse ni constante au sujet de la vie future." Son souci historien aurait dû le mettre sur la piste d'une belle évolution concernant par exemple la question des incurables. On ne saurait attendre une constance de doctrine et, dans le même temps, chercher l'évolution...
Et, de fait, il est une question sur laquelle Platon a évolué sur fond de constance doctrinale globale. Il s'agit de la question des incurables des incurables : quel sort doit-on réserver aux âmes si pétries d'injustice qu'elles en sont incurables ? Le Gorgias est d’accord avec le Phédon pour infliger aux incurables une peine éternelle, mais il ajoute qu’ils ne gagnent rien à leur propre châtiment : "ceux qui y gagnent, ce sont les autres [les "curables"], ceux qui les voient subir pour l’éternité, à cause de leurs grandes fautes, les peines les plus grandes, les plus douloureuses et les plus effrayantes, grossièrement suspendus, comme exemples [...], spectacles et avertissements à l’adresse des injustes qui toujours arrivent" (Gorg. 525c3-8). La République parle encore des incurables, mais ceux-ci sont associés à ceux qui n’ont pas suffisamment expié (Rép.X, 615e2-3). Le type de l’incurable est Ardiée. Ardiée est un tyran ; mieux il est le type du tyran. Si nous n’avions qu’un mot, dans la logique platonicienne, pour définir le tyran en général, nous pourrions dire qu’il est parricide. Mais ce n’est pas là la seule souillure qu’Ardiée porte en son âme : il a aussi tué son frère aîné – crime qui se tient dans le même sillage que le parricide. Ce double crime est le sommet d’une vie qui n’est faite que d’impiétés. Bref, Ardiée représente l’impur maximum,  personnage extrême qui se tient à la limite du pensable, personnage quasi-impossible... Le traitement infligé à Ardiée et ses acolytes a, ici aussi, valeur d’exemple (Rép.X, 616a3-4). Mais le fait que les incurables soient associés à ceux qui n’ont pas suffisamment expié, semble donner raison à L.ROBIN lorsqu’il notait que l’eschatologie de la République ne refuse pas à ces grands coupables la palingénésie, mais seulement "le droit au recommencement millénaire" (L.ROBIN, éd. et trad. du Phèdre, coll.Budé, p.XCI n.1) ; en d’autres termes, Ardiée et ses acolytes doivent effectuer plusieurs voyages d'outre-tombe de mille années, avant de pouvoir revenir à la vie terrestre. Le Phèdre, dernier terme de l’évolution de la doctrine de Platon sur ce point, ne parle plus des incurables. Cette évolution dans la docrine platonicienne de l'incurabilité permet de comprendre comment le calcul de la République selon lequel ce que nous pourrions appeler une "vie eschatologique" (une vie terrestre + un voyage d'outre-tombe) dure 1100 ans, entre bien dans le cadre du Phèdre, car, en dix mille années, une âme aura la possibilité de parcourir les neuf degrés de vies (Phdr 248c8-e3) et de remonter ainsi du tyran au philosophe. C’est pour permettre cette ascension qu ’il n’y a plus d’incurables (comme dans le Phédon) ni d’âmes qui doivent effectuer plusieurs voyages d'outre-tombe de mille années avant de se réincarner (comme dans la République) : même l’âme que la première eschatologie a faite tyrannique pourra juste avant de recouvrer ses ailes, devenir une âme-philosophe qui saura, une fois ailée, suivre et imiter les âmes divines. Enfin, c'est pour que toute âme puisse gravir les échelons qui vont de l'âme-tyran à l'âme-philosophe que Platon précise (en Rép.X, 618b3) que la nouvelle vie que choisissent les âmes est "nécessairement" différente de leur vie précédente. Cette nécessité nie l’impossibilité, pour une âme, de parcourir (dans un mouvement ascensionnel) les neuf degrés de vie du Phèdre.

Que Couturat n'ait pas vu cette évolution topique de la doctrine morale platonicienne est étonnant, lui qui s'attacha à comprendre "l’évolution historique du système de Platon", du moins si l'on en croit sa contribution au premier Congrès international de philosophie s’est tenu à Paris du 1er au 5 août 1900, contribution qui sera publiée dans la Bibliothèque du congrès international de philosophie. IV. Histoire de la philosophie, Paris, 1902, p.129-162. Cette contribution s'appuyait sur l'étude "stylométrique" (ou stylistique quantitative) réalisée peu avant par le philosophe philologue polonais W.Lutoslavski. Peut-être Couturat eût-il mieux fait de s'attacher à lire le texte platonicien, plutôt que d'examiner à la loupe le travail des autres... Il aurait sûrement éviter un faux sens lourd de conséquences quant à la doctrine que l'on prête à Platon. En effet, p.67 de sa petite thèse, Couturat traduit le θεὸς ἀναίτιος de Rép.X, 617e5, par dei incerti, dieu indéterminé, incertain (?), alors qu'il faut traduire ἀναίτιος, littéralement, par "hors de cause", voire "innocent" : la divinité n'est pas responsable du choix que font les âmes de leur prochaine incarnation, de leur prochaine vie terrestre. La liberté des âmes est ici totale (même si un certain déterminisme affleure). Cette erreur de traduction de Couturat est d'autant plus étonnante qu'il comprend bien que les âmes "choisissent librement leur destin futur" (p.112).

À trop vouloir séparer le Platon philosophe du Platon poète, comme le bon grain de l'ivraie, Couturat finit par se prendre les pieds dans le tapis. L'écart entre le philosophique et le mythique, voire le passage du mythique au philosophique ont d'abord été pensés pour dire l'avénement de la philosophie à partir de la poésie conteuse de mythes, le passage des poèmes homériques et hésiodiques à l'écriture philosophique ionienne puis grecque en général. Appliquer ce distinguo à l'intérieur de l'oeuvre platonicienne est dangeureux. On change d'échelle. Chez Platon, on a certes à la fois une écriture strictement philosophique - ce qui n'interdit pas les métaphores poétiques ! - et des passages qualifiés de "mythes" par la critique philosophico-philologique. Reste que l'écart entre ces deux modalités discursives n'est pas de l'ordre de la séparation, de l'opposition, mais bien de l'articulation vivante et constructive. Chez Platon, les mythes ne disent pas n'importe quoi, au gré des fantaisies du poète. Je suis convaincu que ces textes qualifiés de mythes ont une fonction liée à la compréhension philosophique. Dans Les mythes platoniciens, Brigitte Boudon écrit très justement : "Chez Platon, la dialectique n’exclut pas le mythe. Certains interprètes de Platon ont voulu rejeter le mythe de la philosophie de Platon comme étranger à l'essence de son système. Ce serait le fameux passage irréversible de la philosophie grecque du muthos au logos, du mythe à la raison. Mais la philosophie de Platon est plus complexe et subtile. Elle est un tout à l'intérieur duquel on ne peut pas choisir. Platon a recours au mythe car il est la seule façon de suggérer l'inexprimable et prolonge le raisonnement par un appel à l’imaginaire. Le mythe est pour l'homme, dans l'esprit platonicien, la façon de rendre l'invisible intelligible et sinon visible, du moins perceptible. Grâce au mythe, l'indicible se raconte. Grâce à lui, la distance qui nous sépare de ce lieu où réside le Bien se trouve en partie supprimée." Dans son texte, Brigitte Boudon se contente de mentionner la fin de La République, la qualifiant de texte à lire concernant les châtiments/récompenses des âmes dans l'au-delà... Nous reviendrons sur cette contribution de Brigitte Boudon, notamment pour comprendre comment "grâce au mythe, l'indicible se raconte", et comment l'épisode d'Ardiée (Rép.X, 615c5-616a7) pourrait être dans cette optique la quintessence mythique du mythe d'Er.

Mais revenons à Louis Couturat. Si sa grande thèse fut consacrée à l'infini mathématique, la petite s'est intéressée aux mythes platoniciens, c'est-à-dire - à en croire Couturat lui-même - à une sorte d'infini poétique borné par le dialogue philosophique. Bel oxymore. Ou plutôt bel acharnement à embrasser la totalité du monde - ce qui fut aussi la belle obsession de Paul Otlet, né comme lui en 1868. Une des déclinaisons de cette obsession fut l'utopie d'une langue universelle, utopie qu'ils eurent en commun. Le belge cite le philosophe dans son Traité de documentation de 1934 (fin du §223.7, note 1 de la page 92). Globalement, ils avaient tout pour se rencontrer. Comme disait W. Boyd Rayward en 2014, "Couturat was a committed pacifist and wrote in defence of the idea of “the progress of civilization towards a peaceful world state.”" (International exhibitions, Paul Otlet, Henri La Fontaine and the paradox of the belle époque. 1-22.)

(épisode suivant)


 

16 novembre 2021

Célébration des 500 ans de la mort de Josquin Desprez : LE concert

Comme l'annonçait le site de La Chapelle des Flandres, les ensembles vocaux Coeli et Terra et Métamorphoses ont donné, dimanche 14 novembre, sous la direction de Juliette de Massy, LE concert de la célébration des 500 ans de la mort de Josquin Desprez. Cette manifestation marque également l'achèvement du projet Josquin l'Européen entrepris par Maurice Bourbon. Ce projet consistait en l'enregistrement de l’intégrale des messes deJosquin Desprez, trésor musical d’un génie du Nord par l’ensemble vocal Métamorphoses en première mondiale. Il s'est étalé sur une quinzaine d'années (2006 à 2021). L'ensemble du projet a bénéficié de l'appui du musicologue Jacques Barbier, qui a donné conférence samedi 13 novembre à la médiathèque de Roubaix.

L'ensemble est constitué d'une dizaine de CD, disponibles à la Chapelle des Flandres :

  1. Josquin et Venise, messes Mater patris, Di Dadi
  2. Josquin et Cambrai, messes Ad fugam, Amici (Régis Campo, autour du Credo Quarti toni)
  3. Josquin et Rome 1, messes L’Homme armé super voces musicales, L’Homme armé Sexti toni
  4. Josquin et Rome 2, messes La sol fa re mi, Gaudeamus
  5. Josquin et Ferrare, messes Hercules, Dux Ferrariae, Chascun me crie…même Hercule ! (Maurice Bourbon, autour du Credo Chascun me crie)
  6. Josquin et Condé sur l’Escaut, messes Pange lingua, De beata Virgine
  7. Josquin et l’Espagne, messes Fortuna desperata, Une musque de Biscaye
  8. Josquin et Milan, messes Ave maris stella, D’ung aultre amer (avec Maurice Bourbon, Tempus fugit… )
  9. Josquin et Bruxelles, messes Faysant regretz, Sine nomine
  10. Josquin et St Quentin, messes Malheur me bat, L’ami Baudichon

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Le concert du dimanche 14 novembre a permis d'entendre des extraits de la messe Malheur me bat puis l'intégralité de la messe L'ami Baudichon. Ces deux parties étaient encadrées par la déploration que Josquin composa en mémoire de son maître Ockeghem (mort en 1497), Nymphes des Bois, puis par la Déploration de Josquin composée en 2005 par Maurice Bourbon (enregistrée en 2009 avec les messes composées par Maurice Bourbon). Cette dernière oeuvre, très poignante, accompagnée par Bogdan Nesterenko à l'accordéon, constituait un magnifique point d'orgue à toute l'entreprise.


 

20 novembre 2017

Autour du Requiem de Gabriel Fauré

Ensemble Vocal COL CANTO, direction Bruno Richardot.

Solistes :

  • Anne Rousseau, soprane

  • Agnès André, mezzo-soprane

  • Jean-Jacques Steux, baryton-basse

  • Aurélien Fillion, orgue

  • Anne-France Dumoulin, violon

  • Solveig Meens, violoncelle

Vendredi 15 décembre à 20h30

Église du Sacré-Cœur de Marcq-en-Baroeul (Croisé-Laroche)

Tarifs : 10€/8€. Réservations : colcanto59@gmail.com

 

Le chef-d’œuvre emblématique de Gabriel Fauré est présenté dans sa version la plus intime et recueillie, par l’ensemble vocal COL CANTO et son nouveau chef Bruno Richardot, autour de l’orgue de l’église du Sacré-Cœur accompagné par le violoncelle et le violon. En harmonie avec ce temps fort du concert, choristes et musiciens interpréteront quelques œuvres que Fauré composa dans la première période de sa vie.

 

Ce concert, manifestation "associée" qui clôture en quelque sorte les Liaisons Musicales de Marcq-en-Baroeul, est donné à la mémoire de Paul DESCAMPS.

Présentation CONCERT COL CANTO-Flyer-

Première partie

Pelléas et Mélisande, op.80 : “Prélude” et “Sicilienne” (transcr. pour orgue et violon)

La “fête de la musique” n’existait pas encore. C’est le 21 juin 1898, à Londres, que Gabriel Fauré crée Pelléas et Mélisande, musique de scène pour la pièce de Maurice Maeterlinck. Les deux extraits qui en sont donnés aujourd’hui s’appuient sur la transcription que l’organiste Louis Robillard a récemment publiée (2015).

Cantique de Jean Racine, op.11  (4 voix mixtes et orgue)

Cette oeuvre chorale vaut à Gabriel Fauré un premier prix de composition à l’École Niedermeyer, dont il est pensionnaire depuis l’âge de 9 ans. Il a tout juste vingt ans et termine ses études musicales. Nous sommes en 1865. Publié onze années plus tard, le Cantique connaît un rapide succès. Marcel Proust, par exemple, y est très attaché. Ce succès ne se démentira jamais...

Ave Maria, sans n° d'opus (voix d'hommes et orgue)

Composé pour être chanté en août 1871 par le choeur de l'École Niedermeyer à l’hospice du Mont-Saint-Bernard, ce court motet pour trois voix d'hommes et orgue a été publié après la mort du compositeur. Beaucoup moins personnelle que le Cantique de Jean Racine, cette pièce dégage cependant un certain charme quelque peu désuet, témoin des compositions religieuses de l’époque.

Messe Basse, sans n° d'opus (soliste, voix de femmes et orgue)

André Messager et Gabriel Fauré, pour honorer leur villégiature estivale sur la côte normande, composent une petite messe pour les jeunes filles du Pays d’Auge. Il s’agit de la Messe des pêcheurs de Villerville. Nous sommes en 1881. Vingt-cinq ans plus tard, Fauré reviendra sur les pièces qu’il y a composées, les complètera pour en faire une Messe basse, quoique chantée, d’une belle facture. On retrouve dans cette partition la ferveur dépouillée du Cantique, en même temps que les alternances de pupitres du Requiem (chant antiphonique).

Deuxième partie

Après un rêve, op.7 n°1 (transcr. en ré mineur pour violoncelle & orgue)

Cette mélodie, composée en 1877, c’est-à-dire la même année que le Libera me du Requiem, est l’une des plus connues de Gabriel Fauré. Cette pièce est peut-être celle qui se diffusa le plus diversement : initialement composée pour mezzo (ou baryton) et piano, elle connut des adaptations pour violoncelle et piano (Pablo Casals en 1911), pour piano seul, voire pour orchestre seul, etc. Nous l’entendons transcrite pour violoncelle et orgue.

Requiem, op.48 (solistes, choeur, violon, violoncelle & orgue)

Doit-on présenter le Requiem ? C’est sûrement l'une des pièces chorales les plus chantées de par le monde, souvent en compagnie du Cantique de Jean Racine. Sa composition s’étale sur plus de dix années, du Libera me (1877) à l’Offertoire (1891). L’oeuvre connaît plusieurs orchestrations (1888, 1893, 1901). Col Canto la présente dans une forme peu courante, sinon inédite [?] : l’orgue accompagne le choeur tout au long (en appui sur la réduction d’orchestre de Jean Roger-Ducasse, l’un des élèves préférés de Fauré), le violoncelle et le violon venant soutenir l’ensemble et dessiner quelques volutes mélodiques. Seul le Pie Jesu, clé de voûte de l’oeuvre, n’est accompagné qu'à l'orgue.

 


28 mars 2011

Politique et langage de vérité

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Je rêve. Je n'en crois pas mes yeux ! Le Figaro reconnaît qu'il y a des dégâts à droite ! Et que la gauche progresse !!

C'est étalé dans le ventre de Une !!

Ce qui n'empêche pas ladite droite d'utiliser le fort taux d'abstention comme argument a posteriori pour la réforme des assemblées teritoriales - ce qui est d'un fallacieux rare !

Ce qui n'empêche pas ladite droite d'avancer que sarkozy a évité qu'un dictateur de ses anciens amis ne massacre son propre peuple - qe qui est d'un cynisme encore plus rare !

Etc.

Le principal, aujourd'hui, est bien que Le Figaro reconnaisse la défaite de ladite droite...


2 septembre 2024

La Palestine au Cinéma, festival

Du 26 août au 1ᵉʳ septembre 2024, l'association Formons un monde solidaire organisait le Festival La Palestine au Cinéma entre Nice et Valbonne. Concrètement, il s'agissait notamment de visionner sept films, à savoir

  • 200 mètres (VOST) - 26 août
  • Where the Olive Trees Weep (VOST) - 27 août
  • Le Char et l'Olivier - 28 août
  • Salt Of The Sea (VOST) - 29 août
  • The Teacher (VOST) - 30 août
  • Tantura (VOST) - 31 août
  • Israelism (VOST) - 1er septembre

Je n'ai pu assister qu'à deux projections, mais quels films !

 

 

Le Char et l'Olivier - Une autre histoire de la Palestine est un documentaire (Roland Nurier, 2019) dans lequel, outre des rappels historiques en voix off, on peut entendre des experts du Moyen-Orient, dont

  • Alain Gresch et Dominique Vidal, deux anciens du Monde diplomatique,
  • Denis Sieffert, journaliste, ancien directeur de Politis,
  • Elias Sanbar, historien et écrivain, ambassadeur de Palestine auprès de l'UNESCO,
  • Leïla Shahid, ancienne Déléguée Générale de l'Autorité Palestinienne en France puis ambassadrice de la Palestine auprès de l'UE,
  • Gilles Devers, avocat en Droit International, mandaté par la Palestine pour le dépôt de plainte auprès de la CPI,
  • Mustafa Muhammad, Palestinien de Jérusalem, urbaniste,
  • Michel Warschawski, journaliste israélien, coprésident de l'AIC à Jérusalem (Centre d'Information Alternative),
  • Pierre Stambul,  porte-parole de l'UJFP, Union Juive Française pour la Paix
  • Sarah Katz, militante de l'UJFP et de ISM, International Solidarity Movement,
  • Jean Ziegler, écrivain sociologie suisse, vice-président du Comité consultatif du conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies,
  • Rania Madi , juriste palestinienne, Déléguée auprès de l'ONU pour les réfugiés,
  • Vera Baboun, Maire de Bethléem de 2012 à 2017,
  • Amir Hassan, Palestinien de Gaza,
  • Richard Falk, Professeur de Droit International, Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des Droits de l'Homme dans les territoires occupés.

Le synopsis d'Unifrance dit ceci : "L'histoire de la Palestine, de son origine à aujourd'hui, loin de ce que les médias appellent le conflit israélo-palestinien. Experts internationaux, historiens, diplomates des Nations Unies, juristes en Droit International mais aussi, témoignages de simples citoyens... Un éclairage primordial basé sur des éléments factuels incontestables, pour se débarrasser des clichés et idées reçues !". Le dossier de presse précise que "le film montre la situation telle qu'elle est vécue par les Palestiniens et s'appuie sur le Droit International qui soutient cette position. Cette vision est rarement présentée et défendue dans les médias".

 

 

De ce documentaire, intelligent autant qu'émouvant, je retiens deux points nouveaux pour moi, même si j'avais déjà intégré le premier, inconsciemment, dans mes réflexions.
C'est l'excellent Elias Sanbar, si je me souviens bien, qui formule avec grande clarté une idée que je ne savais dire aussi simplement. Cette idée, c'est que, après la Shoa qui fut un mal absolu — tout le monde en convient, à part les nazillons et autres fascistes —, l'existence même de l'État d'Israël ne peut être comprise que comme un bien absolu. D'où — là, je prolonge ce qu'a dit Elias Sanbar — le droit que s'octroie cet État de ne jamais respecter les sentences du Droit international et de la communauté des Nations...
Le second point concerne l'histoire. Je ne savais pas que des propositions explicites de paix avaient été très officiellement formulées en 1947 par le Haut Comité Arabe. Cette proposition préconisait une Palestine unifiée dans laquelle vivraient à égalité de droits Arabes musulmans, Arabes chrétiens et Juifs... proposition non entendue par les grandes puissances ! Ce point est important parce qu'il laisse comprendre que la paix absolue était la requête fondamentale des Palestiniens, que la cohabitation pacifique entre Israéliens et Palestiniens était, du point de vue de ces derniers, un désir profond. Les grandes puissances n'ayant pas entendu ce désir de cohabitation dans la paix, les Israéliens ont eu toute latitude pour lancer son opération d'annexion du territoire et d'expulsion des Palestiniens, opération encore en cours et toujours hors des obligations du Droit international.

 

 

The Teacher, par contre, est une fiction (Farah Nabulsi, 2023). La réalisatrice est palestino-britannique, nommée aux Oscars et récompensée aux BAFTA (défense des droits de l'homme). Elle est la fille de Palestiniens qui ont eu la chance de s'installer dans la Grande-Bretagne des années 1970, contrairement aux millions de personnes qui restent apatrides dans les camps de réfugiés... Elle n'a de cesse de dénoncer les injustices dont les Palestiniens de Palestine sont victimes, Oceans of Injustice. En 2017, elle poste cet appel : "Il faut y aller pour vraiment comprendre les océans d'injustice qui perdurent depuis si longtemps. Mais si vous ne pouvez pas y aller, laissez ce petit film de 10 minutes vous emmener dans un voyage métaphorique. PARTAGEZ ! PARTAGEZ ! PARTAGER!". Le "petit film" est ...

 

 

Mais revenons à The Teacher. Au début, on nous précise que la fiction est construite à partir de faits et d'événements réels. À la fin de la projection, quand la lumière des plafonniers de la salle de projection surgit, le souvenir de cette précision nous fait froid dans le dos. Le synopsis pourrait se suffire de "Un enseignant palestinien s'efforce de concilier son engagement risqué dans la résistance politique avec le soutien affectif qu'il apporte à l'un de ses élèves et la possibilité d'une nouvelle relation avec la bénévole d'une ONG internationale installée dans l'établissement scolaire où il enseigne." Car je n'en dis pas davantage. Il faut voir ce film qui, je l'espère, passera bientôt dans les salles obscures françaises (il a été déjà projeté en Europe scandinave, en Hollande, aux USA, au Canada, à Chypre, en Serbie...). Espérons que le Sionisme inconditionnel des autorités françaises et de la plupart des médias qui fabriquent l'opinion dominante ne censureront pas ce film remarquable.

 

21 décembre 2009

Maurice Bourbon, compositeur

Maurice Bourbon, directeur artistique de l'association La Chapelle des Flandres, n'est pas qu'un excellent chef de chœur : il est aussi musicologue. Quand on chante sous sa direction, on apprend à chanter certes. On apprend aussi la musique. Chanter Josquin des Prés, Johann Hermann Schein, Claudio Monteverdi, Heinrich Schütz, Johann Sebastian Bach etc. sous sa direction est un régal musical autant qu'intellectuel.

CDMaurice Bourbon, directeur artistique de l'association La Chapelle des Flandres, n'est pas qu'un excellent musicologue : il est aussi compositeur. Il vient d'enregistrer avec ses ensembles vocaux deux messes et une pièce de sa composition. Sa musique, nous dit Régis Campo, est savamment écrite, mais nous touche par son expressivité immédiate. Dépourvue des artifices d’une musique d’avant-garde, elle offre à nos oreilles une polyphonie claire et apaisée, hors-temps. Ça, c'est ce qu'on entend ! Quand on est à l'intérieur de l'ensemble qui chante, on a l'impression d'être collectivement une glaise que le sculpteur pétrit et façonne. Maurice Bourbon est un musicien sculpteur. Le Rodin de la vocalité musicale.

Si vous voulez une preuve de ce que j'avance, écoutez donc le dernier enregistrement diffusé par l'association La Chapelle des Flandres. J'ai déjà parlé de cet enregistrement ici. La Chapelle des Flandres vient de mettre à jour sa discographie : allez voir son site ou lisez ce document. Et n'attendez pas pour passer commande à l'association !


4 mai 2009

Manipulez, il en restera toujours quelque chose !

Janvier 2009, le retour !

Souvenez-vous ! Le dernier jour de janvier dernier, je passais une fort triste nouvelle : la gente commerciale de l'immobilier avait encore une fois frappé ! Une pollution supplémentaire était venue souiller ma boîte aux lettres : Guy Hoquet s'y était mis, lui aussi, après tant d'autres. Guy Hoquet, lui non plus, n'avait pas su lire ma petite pancarte sur ma porte... J'avais du coup observé que le site de Guy Hoquet était assez complet, avec glossaire, liste de sites utiles...et j'avais ironisé en faisant observer qu'il y manquait peut-être les coordonnées d'un organisme de lutte contre l'illettrisme, histoire d'apprendre à lire ce qui est inscrit sur les boîtes aux lettres qu'on souille...

Eh bien, Guy remet ça ! Il remet une louche ! Et une bonne avec ça ! Regardez donc :

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En gros, Guy rend service et au vendeur et à l'acheteur ! Formidable, non ? Il est vraiment sensas, ce Guytounet ! Je suggère à la gente lambersartoise de veiller à sa canonisation ! Parce que, tout ça, il le fait gratis ! Si ! Si !

Le carton qui a souillé l'intimité de ma boîte aux lettres ce 4 mai 2009 explique que le vendeur va y gagner (parce qu'il aura pu, grâce à Guy, "attirer davantage d'acquéreurs" - je cite le verso du carton qui détaille les choses) mais aussi que l'acquéreur "attiré" va bénéficier d'un truc automatique et gratuit ! Guy, lui, on ne dit rien de ce qu'il gagne là-dedans. Comme c'est sûrement un honnête homme et qu'il ne saurait mentir par omission, je pense qu'il fait ça gratos, effectivement !
Je comprends mieux comme ça la constance de la souillure dont je me plains comme un idiot ! En fait, ce n'est pas une souillure, c'est un bienfait : tous ces gens qui veulent à tout prix constamment nous aider à vendre notre bien immobilier ne le font que par pur altruisme, par pure générosité ! Au lieu de me plaindre, je ferais mieux de les féliciter, même si je n'ai rien à vendre...

Ce n'est pas comme le bon maire de Lambersart qui, lui, est vraiment un professionnel de la communication, de celle qui embobine le bourgeois ! Lisez donc le ventre de une de News. Le bien-vivre au quotidien, supplément au magazine municipal n°50, de mai 2009.

Lambersart

Le titre nous dit que "la ville [de Lambersart] combat le logement indigne". La photo, qui représente une scène lambersartoise (apparemment signature d'une convention entre la ville de Lambersart et la CAF de Lille), nous dit, elle, qu'il s'agit de pas moins de "352 logements rénovés".

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La légende de la photo, à peu près alignée sur le titre va y être fatalement associée par le lecteur peu scrupuleux, peu attentif - ce qui est le lot de bien trop de monde, hélas ! Et ce, bien qu'en fait les deux éléments d'information ne puissent pas être associés aussi simplement. Ici, Monsieur le Maire de Lambersart joue sur ses casquettes : il est aussi président de l'Agence Nationale de l'Habitat et, à ce titre, a signé par ailleurs avec des partenaires publics une convention qui devrait permettre la rénovation de 352 logements dans la région Nord-Pas de Calais. En fait, le nombre de logements concernés par le titre de l'article et la photo s'élève à 55 sur la période 2006-2008. On est assez loin des 352 sur une année ! Bref, la photo et la légende ne collent pas ensemble et leur association pourrait laisser penser que ... ! Si c'est pas de la manipulation de lecteur, ça !

Ceci dit, rien d'étonnant : Monsieur le Maire avait déjà vanté à ses petites ouailles, en janvier dernier, l'importance et l'efficacité des "techniques" de communication. Il appelait ça les ficelles du métier, sans qu'on sache précisément s'il s'agissait d'un métier de la communication ou du métier de la politique ? Mais cette question est-elle seulement intéressante ? Et la réponse est-elle si nécessaire que cela ?

Lambersartoises et lambersartois, vous pouvez continuer de dormir sur vos deux oreilles, la politique mensongère communicante veille sur votre bien-vivre au quotidien !


Par omission ou par confusion,
le mensonge vit très bien
et semble avoir de
beaux jours
devant lui.


21 février 2011

Mythique relation formation-emploi

Il y a des idées fausses mais tenaces dans notre idéologie, comme celle qui fait un lien direct entre formation voire éducation et insertion voire emploi. Comme disait un copain d'il y a trente ans, la formation n'a jamais créé d'emploi, mis à part les emplois de formateurs ! Je passe sur les justifications théoriques et pratiques de ce que j'avance : il n'y a aucun lien direct entre la formation et l'emploi. Tous ceux qui prétendent le contraire sont ignorants ou salauds (faisant porter la responsabilité du chômage à ceux qui n'y sont ni directement ni indirectement pour rien).

Un des paramètres du financement de la formation (continue et initiale) est le taux d'insertion des formés. Stupidité de courte vue. Allégeance de fait à un patronat ultralibéral qui veut mettre à sa botte la force de travail des hommes et des femmes (quelques fois des enfants). Retour de la trop fameuse "armée de réserve"...  dont personne ne parle trop parce que l'expression est par trop "politique".

D'où l'intérêt d'études scientifiques qui touchent cette question de la relation entre emploi et formation. La dernière en date : Peut-on classer les universités en fonction de leur performance d'insertion ?. Les auteurs  en sont Jean Bourdon, Jean-François Giret et Mathieu Goudard. Ils font partie de l'IREDU (Dijon).

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28 août 2009

Impressions de lecture estivale - 3

Quel bonheur que de lire en clair ce que l'on ruminait au tréfonds de soi !
Encore que, quand je dis 'tréfonds', je pousse un peu : ce blog a déjà fait résonner ce que je pensais de toute cette rhétorique qui tient lieu de politique...
Encore que, quand je dis 'bonheur', j'exagère carrément : cette clarté qui vient après la rumination n'exhibe rien de très gai !

Meheust2009Il s'agit du dernier ouvrage de Bertrand Méheust, La politique de l’oxymore, publié cette année chez La Découverte (Les empêcheurs de penser en rond).

Déjà le titre ! Je ne pouvais pas ne pas y accrocher mon attention, moi qui, depuis la campagne électorale pour la dernière élection présidentielle, ne cesse d'être interloqué par le culot rhétorique de celui qui allait devenir le roi d'Maubeuge, notamment par sa capacité à manier l'oxymore et à brouiller les repères que la raison commune se doit de respecter. Je ne suis bien sûr pas le seul à pointer cette pratique : l'équation 'sarkozy oxymore' proposée à un moteur de recherche est fructueuse. Par exemple avec Exalead ou avec Google. La cour de ce roi fourmille de faiseurs d'oxymores... car l'oxymore est la figure rhétorique en vogue à la cour. Ou plutôt elle est la figure rhétorique imposée lorsque la cour et son roi s'adressent à la population, les médias s'empressant, tels de vils courtisans, de répéter à l'envi tous ces si beaux discours, tous ces si bons mots.

Bref, Bertrand Méheust, avec sa La politique de l’oxymore, nous offre l'occasion de réfléchir à tout cela et bien plus encore : il reconstruit sous nos yeux la mécanique qui produit cette rhétorique fallacieuse. Le cas de figure auquel s'attache l'auteur est celui de la politique écologique, ou plutôt celui du discours sur les préoccupations de l'écologie. Je ne vais pas présenter ici plus avant l'ouvrage. Il suffit de le lire. Ce qui n'est que plaisir tant il est d'une belle écriture rigoureuse et coulée cependant...

En poésie, plus globalement en littérature, l'oxymore consiste en une dissonance sémantique. La poésie est contrainte de pratiquer l'oxymore pour  échapper à la logique aristotélicienne du "discours raisonnable" qui bannit la contradiction et interdit l'indicible. Ne pourrait-on prétendre que, sans l'oxymore, les peintres italiens de la Renaissance n'auraient jamais pratiquer le clair-obscur ? L'écriture de Rimbaud est pleine d'oxymores, et c'est  ce qui fait sa puissance. Etc.
En poésie, l'oxymore permet la nuance. En politique il permet l'entourloupe et la manipulation des consciences. Il s'agit alors, comme disait François Brune, de "tromper les bonnes âmes en affectant de concilier l’inconciliable"...


24 juin 2009

Les motivations profondes remontent toujours à la surface...

LatribuneLu sur le site de La Tribune ce matin :

POLITIQUE
Éducation : 16.000 postes seront supprimés en 2010
Grâce à une réforme de la formation des enseignants, l'éducation nationale supprimera un nombre record de postes.

On comprend mieux dès lors pourquoi la droite (ultra)libérale s'attaque régulièrement au "pédagogisme" des professionnels de l'enseignement. Tout n'est donc qu'une histoire de redistribution financière... Et Monsieur Luc Chatel,  diplômé de troisième cycle en marketing qui remplace le roi de la règle de trois, devra nous convaincre qu'il est bien responsable de la politique éducative de notre pays...


8 mai 2007

Pourquoi tant de haine ? Écoutez donc « Là-bas si j'y suis ! »

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Instructif, le répondeur de Là-bas si j'y suis !
Ce mardi 8 mai, on peut y entendre toute la haine de l'électorat sarkoziste.
Haine fascisante dans son expression.
Haine fascinante dans son crétinisme profond.
Haine "éructante" de vieux et de jeunes bourrés de stéréotypes comme leur héros est bourré de tics.
Écoutez donc : exemple 1, exemple 2, exemple 3 (fichiers mp3 découpés dans le podcast de l'émission).

À l'heure où le vieil Halliday fait dire par sa jeune femme que les projets de politique fiscale de la droite vont l'inciter à revenir en France - cette France qu'il aime tant et tant !-, c'est maintenant plutôt à nous, pauvres gauchistes timorés et sans le sou, de chercher où aller habiter tant le climat de violence et de haine semble congénitalement attaché à cette droite sure d'elle que 53% de ceux qui ont exprimé un vote avant-hier ont porté au pouvoir.

La France de Sarkozy est lamentablement violente ! À faire peur.

Pourvu que Mermet tienne le coup ! Malgré les appels à la censure proférés à son encontre par tous ces petits Pétains qui peuplent la France ... d'après !


mots-clés :
liberté d'expression, haine, fascisme, grossièreté, agressivité verbale, violence politique, censure


23 janvier 2006

Un site annuaire sur les thésaurus

mylineathesaurus
Ma récente mise à jour des pages que je consacre aux thésaurus - pages hébergées par Mylinea - m'incitent à rédiger ce petit mot de présentation. En effet, les listes de thésaurus en ligne proposées sur la toile sont de plus en plus en plus nombreuses - la dernière en date paraissant être celle de Sylvie Dalbin, que je ne connais pas personnellement mais que je salue pour l'intérêt de son blog.
th_saurus02
La liste que je propose (le lien figure en troisième position de ma liste de liens dans la colonne de droite du présent blog) est destinée au travail des apprenants documentalistes, qu'ils soient étudiants ou stagiaires de la formation professionnelle.

Elle ne prétend donc pas être exhaustive, dans la mesure où les critères qui président à la décision de signaler ou non tel ou tel thésaurus sont assez précis. Il s'agit d'une liste de :

  • thésaurus (ce qui exclut les simples lexiques, ou les thésaurus hiérarchiquement trop pauvres),

  • en langue française (ou multilingues avec version française),

  • praticables en ligne en tant que thésaurus isolé (avec liens internes au thésaurus afin de pouvoir y circuler) ou en tant qu'outil linguistique de recherche dans une base de données, voire simplement téléchargeables. Ce qui donne une répartition sur trois listes.

Enfin, tout un chacun peut proposer une url de thésaurus, en cliquant sur ce lien - dans le respect, bien sûr, des critères énoncés plus haut.


Par ailleurs, trois autres rubriques sont disponibles sur ce site-annuaires, outre la liste des liens vers des thésaurus de langue française et praticables en ligne :

  1. Documents divers sur les thésaurus (ou thesauri), page qui propose de la littérature au sujet des thésaurus... là aussi le visiteur peut déposer une idée de lien... en cliquant .

  2. Quelques Bases de Données en ligne, page écrite un jour où je devais faire travailler des apprenants sur la manipulation de bases de données - écriture sans suite (peut-être faudrait-il que je supprime cette page...) ; à moins que vous ne vouliez qu'on augmente cette liste... Dans ce cas, n'hésitez pas à proposer des liens en cliquant ici.

  3. Quelques pages en plus ?, hors thématiques thésaurus ou bases de données : ça va du vocabulaire de la documentation à la musique vocale, en passant par les langages classificatoires... C'était bien avant que Canalblog ne m'héberge !


19 décembre 2022

L’accès à l’information des personnes exilées à Paris

Le rapport intitulé L’accès à l’information des personnes exilées à Paris (publié le 15 décembre) rend compte d'une enquête menée du 31 janvier au 10 mai 2022 par les équipes d’Action contre la Faim (ACF), Watizat et France terre d’asile (FTDA). ACF et Watizat avaient déjà collaboré avec de nombreux autres acteurs de la solidarité lors de l'enquête qui donna lieu au rapport Les oubliés du droit d'asile l'an dernier. Cette fois-ci, l'enquête a mobilisé une bonne cinquantaine d'enquêteurs et enquêteurs-interprètes rompus à ce genre d'exercice.

rapportINFORMATIONuneAprès le court résumé (p.4sq.), l'introduction (p.7-17) balise les questions d'ordre méthodologique propres à cette enquête, d'où il "ressort que l’accès à l’information est essentiel pour pouvoir accéder à la procédure d’asile et répondre à des besoins vitaux, tels que l’alimentation et la santé." Trois sources principales d'information sont utilisées par les primo-arrivants" : leur communauté est la première source d'information (mais aussi lieu de forte solidarité), source naturelle si l'on peut dire ; le 115 est très souvent cité par les personnes et les familles ; enfin, les "dispositifs d’aller-vers" et les accueils de jour jouent un rôle important. Un focus sur les gares parisiennes est proposé p.24. C'est que "les gares sont un lieu important du parcours des primo-arrivant·e·s en Île-de-France : lieu de première arrivée, lieu de repos ou pour passer la nuit en l’absence d’hébergement, lieu de rencontre ou pour trouver une connexion Internet, lieu de passage où il leur est plus facile de se rendre invisible – notamment pour les femmes". Les principaux objets d'information sont au nombre de quatre. Tout d'abord, et parce qu'il y a urgence, c'est l'hébergement. Trois primo-arrivants sur quatre sont sans abris pendant le premier mois. Après trois mois, ils sont encore la moitié ! Or l'hébergement favorise grandement l'accès à l'information, notamment sur les besoins vitaux que sont l'alimentation et les soins de santé physique et mentale. Ici, il faut noter le double rôle fondamental des accueils de jour, à côté des services très concrets ("douches, repas, permanence sociale, WI-FI, téléphones, ordinateurs, permanence juridique, médecins, psychologues, activités culturelles, cours de français, etc.). Tout d'abord, rôle d'orientation (orientation "à 360°") vers les structures qui pourront apporter une aide efficace, mais aussi rôle de socialisation : "ces espaces sont des lieux de sociabilisation où les personnes accueillies tissent des liens et s’informent auprès de leurs pairs".

 

rapportINFORMATIONLa procédure de demande d’asile est chose complexe, surtout pour les primo-arrivants, voire pour celles et ceux "qui les accompagnent dans leurs démarches". "Entreprendre la démarche d’une demande d’asile demande à la fois une compréhension de la procédure globale, mais aussi une visibilité suffisante des [différents acteurs] et instances de l’asile." Les pages 35 à 38 sont consacrées au vécu de cette complexité - qui existe non seulement en amont de la procédure, mais aussi tout au long de cette procédure.

Reste la question cruciale des canaux de communication et de la compétence des uns et des autres à s'y engager. La moitié des primo-arrivants est non francophone, près du tiers relève de l'illettrisme voire de l'analphabétisme. Du coup, "l'interprétariat est une demande spécifique de la part des personnes exilées dans le cheminement de la demande d’asile". Si "près de 55% des personnes interrogées ont besoin de l’accompagnement d’un·e interprète dans leurs rendez-vous administratifs", "43% des enquêté·e·s indiquent ne pas avoir eu accès à un·e interprète à chaque rendez-vous." À ce stade et vu la dématérialisation forcenée des démarches administratives (qui exacerbe la "barrière de la langue"), les intervenants sociaux et autres bénévoles ont un rôle majeur dans la compréhension par les primo-arrivants de leur propre situation et de leur propre démarche. Par ailleurs, éditer des guides pour les demandeurs d'asile n'est pas, en soi, suffisant, quand bien même ils existent en plusieurs versions linguistiques différentes comme le Guide du demandeur d'asile en France publié par le ministère. D'autre part, la diffusion de tels guides est loin d'être systématique. Ainsi seul un primo-arrivant sur cinq connaît le guide Watizat (papier et numérique, multilingue, actualisé mensuellement), qui finit par trouver son efficacité maximale dans les mains des accompagnants...

Fort de tous ces constats, dûment documentés, le rapport propose une série de recommandations sur trois axes :

  1. assurer une information claire, complète et adaptée aux primo-arrivant·es sur leurs droits et sur la procédure de demande d’asile dès leur arrivée ;
  2. renforcer l’accompagnement des demandeur·ses d’asile tout au long de la procédure ;
  3. adapter les supports d’information aux besoins et conditions de vie des personnes exilées.

Un rapport bien ... informé, non seulement grâce à l'enquête elle-même, mais aussi par le jeu de références bibliographiques au fil du texte et par la bibliographie de la p.61 !

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Le 20 décembre, InfoMigrants fait le point avec Léa Richardot, chargée de projet à la mission France d'Action contre la Faim. C'est ici.


18 novembre 2021

Migrations et accès au Droit : un débat inter-associatif

Les cinq associations Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières et le Secours Catholique-Caritas France publient un communiqué de presse commun, suite à la publication du rapport parlementaire sur "les migrations, les déplacements de populations et les conditions de vie et d’accès au droit des migrants, réfugiés et apatrides en regard des engagements nationaux, européens et internationaux de la France" le 10 novembre dernier.

Par ailleurs elles organisent un séminaire d’échanges et de débat : Migrations : d’une commission d’enquête à des politiques respectueuses des droits fondamentaux, le 2 décembre prochain. Le programme est indiqué ci-dessous.

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Les cinq associations Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières et le Secours Catholique-Caritas France, organisent un séminaire d’échanges et de débat : Migrations : d’une commission d’enquête à des politiques respectueuses des droits fondamentaux, le 2 décembre prochain. Le programme est indiqué ci-dessous.

Cet événement pourra être suivi en ligne. Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations sur la page Facebook de l’événement #Migrations2Déc.

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27 octobre 2021

Josquin Desprez, dernière !

 

Comme vous en avertit le site de l'association La Chapelle des Flandres, le cycle consacré au 500ème anniversaire de la mort du grand maître franco-flamand, Josquin Desprez, s’achève à Roubaix, dans un programme coproduit par le Conservatoire de Roubaix :

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  • Samedi 13 novembre, 17h, à la médiathèque La Grand Plage de Roubaix : conférence de Jacques Barbier, musicologue, conférence illustrée par l’ensemble vocal Métamorphoses dirigé par Juliette de Massy.
  • Dimanche 14 novembre, 15h30, en l'église Saint-Joseph de Roubaix (125 rue de France) : Lux aeterna, concert qui propose des extraits de deux messes du compositeur franco-flamand (mort à Condé-sur-l’Escaut en 1521) L’ami Baudichon et Malheur me bat, messes encadrées par la Déploration d’Ockeghem, de Josquin (1497), et la Déploration de Josquin Desprez de Maurice Bourbon (2005) et accompagnée par l’accordéoniste Bogdan Nesterenko ; pour l'occasion, l'ensemble vocal Cœli et Terra donnera de la voix, histoire de donner un coup de main à l'ensemble vocal professionnel Métamorphoses...

Ces deux événements cloturent l'aventure conduite par Maurice Bourbon depuis une quinzaine d'années, aventure qui a permis l'enregistrement de l'intégrale des messes de Josquin, aventure unique ! Les enregistrements (10 CD) sont disponibles chez votre disquaire habituel mais aussi auprès de l'association La Chapelle des Flandres ou des éditions L'Homme armé.


27 avril 2020

Guerres et musiques...

CTencage4Poursuivant sa mise à disposition gratuite d'extraits de concerts ou d'enregistrements, La Chapelle des Flandres a proposé quelques pièces musicales renvoyant aux époques guerrières.

Tout d'abord il y eut le magnifique Trois beaux oiseaux du paradis de Maurice Ravel - bien connu des ensembles vocaux - composé au début de la "Der des Der". Puis ce fut cette "petite cantate de chambre" musicalement et poétiquement magique qu'est Un soir de neige de Poulenc, sur un texte de Paul Éluard, évoquant le temps de la Seconde guerre mondiale. Enfin, ce fut le poignant La Guerre de Joseph de Leeuw composée au sortir de la guerre de 1870 et harmonisé avec grand talent par Maurice Bourbon au début des années 2000. Ces trois pièces étaient chantées par l'ensemble vocal Coeli et Terra sous la direction de Maurice Bourbon.

Cerise sur le gâteau, je vous annonce en avant-première que Réhabilitation de Loïc Cousin, donné en concert le 11 novembre 2018 en l'église Sainte-Catherine à Lille par l'ensemble vocal Coeli et Terra dirigé par François Grenier, sera publié sur le site de La Chapelle des Flandres le 8 mai prochain... Patience !

Loin de moi l'idée de valoriser la guerre. Comme dit la chanson de Joseph de Leeuw, "maudite soit la guerre"! Mais Dieu que ces musiques sont belles !


 

 

 

16 avril 2017

Même pas en rêve !

L'autre jour, dans ma boîte aux lettres (sur laquelle est inscrite que je ne souhaite aucune publicité), ceci :

JWSi j'ai bien compris ceux qui se prétendent "témoins de Jéhovah" prônent une lecture approfondie de l'Écriture sainte, de la Bible. Au verso de cette image, deux citations, une de l'ancien testament (Isaïe) et une du nouveau testament (Luc). Le site de cette multinationale religieuse (Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania) ne se contente pas de planter ses vigiles aux coins des rues ("La tour prend garde", "Réveillez-vous", etc.) ni d'envoyer des frappeurs de portes importuner les citadins. Elle farcit aussi nos boîtes aux lettres... Vont-ils un jour nous laisser en paix ?! Ils veulent faire rêver de la paix, mais n'en sont pas capables...
Je trouve qu'une société multinationale américaine qui prône la lecture sacrée et qui fourre ses sales papiers dans des boîtes aux lettres qui écrivent vouloir rester indemne de saleté publicitaire, je trouve que ça pose un problème : en fait, ILS NE SAVENT PAS LIRE !

C'est la première fois que j'ai ça chez moi. D'habitude ce sont les agences immoblières qui n'arrêtent pas d'inonder les boîtes aux lettres de leurs saletés. J'ai fini par en prendre mon parti et jette sans lire leurs immondices.
Dernier en date : un certain Didier Roux, conseiller immobilier, a laissé sa carte de visite. Poubelle ! Reste qu'un agent immoblier qui ne sait pas lire, ça aussi ça pose un grave problème. Comment lui faire confiance quand on négocie avec lui ou par son intermédiaire ? Poubelle !


 

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