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BRICH59
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18 mars 2009

Il a été élu pour quoi ?

alstom« Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts », a déclaré mardi 17 mars Nicolas Sarkozy devant les salariés de l'usine Alstom d'Ornans, ville natale de Gustave Courbet, si je me souviens bien (?). Soit. C'est bien le canon du libéralisme absolu... sauf que, par sa politique de désengagement tous azimuts, l'État sarkozien alourdit de facto les impôts de ceux qui doivent suppléer à la défaillance financière de l'État, je veux parler bien sûr des collectivités territoriales... Cherchez l'erreur !

D'un autre côté, on admirera sans réserve qu'il fasse ce qu'il a dit pour être élu Président de la République... Enfin, un homme politique qui tient ses promesses électorales !

Durant la même campagne électorale, il s'était également présenté, le torse gonflé par l'air de la victoire attendue, comme le président du pouvoir d'achat... mais ce n'était pas une promesse électorale. C'était une promesse électoraliste...

GCourbet


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7 avril 2009

Lomme invite Bogdan ... qui vous invite

L'accordéon, instrument de concert en église, c'est possible!

C'est Bogdan Nesterenko, concertiste, professeur d'accordéon, le 19 avril prochain, à  Lomme (59), Recital_d_accordeonen l'église Notre Dame de Lourdes (église du Marais), à 16h. L'entrée est gratuite pour ce récital Les grandes œuvres du répertoire classique, de J.S. Bach à A. Piazzolla !

Au programme

_J.S.Bach, Prélude et Allemande de la Suite anglaise n°2 et Toccata et fugue en ré mineur
_A.Vivaldi, Concerto L’Hiver des Quatre saisons
_L.Boellmann, Toccata de la Suite Gothique
_F.Schubert, Moment musical en fa mineur
_M.deFalla, Danse espagnole
_A.Kholminov, Nocturne et Scherzo de la Suite pour Bayan
_Y.Koukouzenko, Ronde ukrainienne
_A.Piazzolla & V.Zoubitski, Libertango


11 décembre 2009

Misuk!

Le duo de piano chant Misuk! a le plaisir de vous inviter à deux concerts sur Paris :

Le 10 janvier à 18h.
au café concert le Vissi d'arte.
Participation libre.
18, rue Brochant 75017 PARIS
tél. 01 58 59 22 90

Le 17 janvier à 17h30
à la Vieille Grille.
(à deux pas de la Mosquée de Paris)
1, rue Puits de l'Ermite, 75005 PARIS
tél. 01 47 07 22 11

Attention, à la Vieille Grille, les entrées sont fixées par la compagnie de Théâtre qui gère la salle. Il faudra ainsi compter 18€ pour un tarif plein et 13 pour un tarif réduit.

Les deux concerts présenteront le même programme intitulé "Le concert n'a pas été réussi". Musiques de Satie, Schumann, Mahler, Canteloube, Prokoviev...

Vous trouverez le programme du concert ainsi que des extraits musicaux sur le site leduomisuk.com. N'hésitez pas à y déposer des demandes d'informations supplémentaires...

shapeimage_2RÉSERVATION !
Les deux salles ne contiennent que 50 places chacune et nous serions heureux si vous pouviez nous prévenir par avance de vos intentions. Pour cela, il vous suffit de répondre à ce mail et nous indiquer le nombre de places que vous voulez réserver. Et surtout essayez de nous prévenir si, après avoir réservé, vous décidez finalement de ne pas venir...


28 juin 2009

Sur le désengagement financier de l'État

Dépenses éducatives en chute libre, inégalités dans leur répartition : une étude de la DEPP vient confirmer le sentiment général. Sous Xavier Darcos et plusieurs de ses prédécesseurs, la dépense intérieure d'éducation a diminué. De 7,6% en 1995 elle est descendue à 6,8% en 2006 puis à 6,6% en 2007. SiteENLa part de l'État dans la dépense intérieure d'éducation qui était de 61% en 1980 ne représente plus que 55% en 2007. Inversement celle des collectivités locales est passée de 14 à 23%. Les écarts restent forts entre catégories d'élèves. La dépense moyenne par élève est de 7.470 euros mais il faut compter 5.350 dans le primaire, 7 930 pour un collégien, 10.240 pour un lycéen et 10.150 pour un étudiant...
L'étude est présentée et accessible .


25 octobre 2009

Dictature UMP contre politique de proximité

PARLEMENT_UMPpartiunikLe gouvernement du roi d'Maubeuge  poursuit son œuvre de sape de la démocratie républicaine : la décentralisation patiemment construite depuis près de trente années est purement et simplement mise à bas.

Le parti majoritaire, aux ordres du monarque et de son gouvernement, décoche, l'une après l'autre, les flèches empoisonnées contre les pouvoirs qui ne sont pas bienvenus à la cour. Pauvres députés UMP et consorts ! Ils sont en train de museler les régions : il faudrait dorénavant que les vassaux régionaux fassent approuver leur projets par le pouvoir royal pour avoir les moyens de les mener à bien. Triste rétrogradation en vérité ! Mouvement absolument contraire à toutes les évolutions européennes voisines ! Mouvement absolument antinomique avec le progrès démocratique.
Cela ajouté au despotique charcutage nous promet des lendemains qui déchantent...

Le dernier communiqué de presse de l'Association des Régions de France est, de ce point de vue, très éloquent.


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16 juin 2009

Institution de la maltraitance

hubert_montagnerIl est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation Nationale alors que,  par  votre  décision  intelligente et responsable, vous n’avez pas voulu être complice de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le temps de soutien après la classe, dit aide personnalisée, qui doit être consacré obligatoirement aux apprentissages dits fondamentaux (français, calcul, mathématique).

C'est ainsi que commence le courriel qu'adresse aux professeurs des écoles "punis" par le Ministre Darcos le grand chercheur Hubert Montagner, professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM et surtout ancien Directeur de l’Unité de recherche Enfance Inadaptée de l’INSERM.
Les arguments du professeur sont nombreux et convaincants... Après avoir salué les "désobéisseurs" qui sauvegardent la "dignité de l'école" et doivent en être remerciés, le savant indique que son courriel peut être diffusé largement.
BRICH59
veut être dans cette largeur largesse citoyenne.


15 septembre 2009

Placer l'individu au centre ?

JosephStiglitz« Placer l'individu au centre de l'économie » dit le rapport de la commission Stiglitz.

Mais ne l'est-il pas déjà, comme cible mercatique ?

N'est-ce pas l'individualisme de masse, comme dit si bien Virilio (mais n'avais-je pas lu cette expression déjà chez R.Castel ?), qui caractérise notre monde économique, c'est-à-dire notre monde tout court ?


20 août 2008

Épuisé, épuisé !

Alors comme ça, il paraît que l'enregistrement de la Messe pour deux chœurs mixtes et les Chants d'Ariel pour chœur a cappella de pho1_183574Frank MARTIN, ainsi que la Messe en sol mineur pour solistes et double chœur de Ralph VAUGHAN WILLIAMS [©StudioSM 2000 - SM D2868 - enregistré en novembre 1999 / Ingénierie son : Jean-Marc Laisné], le tout sous la direction de Maurice Bourbon, avec les ensembles Cœli et Terra et Métamorphoses, ...
... alors comme ça, il paraît que ce magnifique enregistrement est épuisé !?!

C'est du moins ce que prétend le site d'Alapage (consulté ce matin même), qui, du coup, le propose au prix de 36,90€ (?????) :

alapage080820

Quant à la FNAC ou à Amazone, ledit enregistrement est carrément absent des listes !
Que nenni de tout cela !

Venez voir sur le site de La Chapelle des Flandres, association qui coordonne les activités des deux ensembles vocaux sous la direction de Maurice Bourbon, et vous verrez que cet enregistrement existe bel et bien et que vous pouvez l'acquérir directement et à un prix "normal" [20€ le CD et, si vous en achetez plusieurs, vous pourrez bénéficier d'un tarif dégressif (38€ pour 2 CD, 55€ pour 3, etc.) ; le cas échéant, les frais de port sont de 1,5€ pour un CD] auprès de l'association comme le propose la page du site consacré aux enregistrements des ensembles.

Du producteur au consommateur, de l'interprète à l'auditeur, c'est comme cela que l'art vivant fonctionne, non ?


25 août 2009

Impressions de lecture estivale - 2

MaxJacob_Esth_tiqueEn 1949, René Guy Cadou compila les meilleurs extraits des lettres que Max Jacob lui avait adressées entre 1937 et 1944. Seghers publia l'ensemble en 1956 sous le titre Esthétique de Max Jacob. En 2001, les éditions Joca Seria (Nantes) proposent une nouvelle édition (postface d'Olivier Brossard), sous le titre Esthétique. Lettres à René Guy Cadou. C'est ce dernier volume que j'ai lu entre Nantes et Bordeaux.

Je pourrais relever les jugements esthétiques et globaux que le poète assène avec grâce et sarcasme quelques fois sur les poètes d'autrefois, de jadis et de son temps. Ce serait fastidieux. Juste ce passage :

J'ai eu une révélation, j'ai connu Alice au pays des merveilles. On m'avait dit : « C'est la bibliothèque rose des petits Américains ! ». « Dans toutes les familles à côté de la Bible, etc. ». Oh ! mais c'est bien mieux que ça ! bien mieux et même très bien. Ça a tout l'air du chef-d'œuvre et surtout l'universalité. Il y a là-dedans une caricature de la classe à l'école(p.82)

Je préfère évoquer l'impression poétologique que me laisse la lecture de l'ouvrage : au cœur du langage, il y a l'humain de l'homme.

Quelques extraits :

  • p.28 : La force du folklore est dans la surprise que la candeur nous occasionne aujourd'hui et d'autre part dans le fait du style humain qui l'a porté au travers des siècles (car cela seul qui est humain dure).

  • p.35 : Ne pas oublier d'être humain (c'est-à-dire le contraire de réaliste) humain c'est-à-dire tous les sentiments complets alors que le réalisme c'est l'absence de sentiments, mais surtout la sensiblerie courante et l'impersonnalité bébête de tous les jours.

  • p.37sq. : La poésie de Reverdy est un témoignage qu'on peut être à la fois un homme et un poète. Il y a l'Homme-poète, c'est même à cela qu'il faut tendre ; il faut humaniser la poésie, et poétiser l'homme en soi... [...] Et cet homme-là [l'Homme-Poète] a les qualités de l'homme : sentiment, sensibilité, intelligence, énergie. Et il a plus : invention, imagination...

A la lumière d'aujourd'hui, il est facile de constater la détérioration du langage produite par les experts en communication (politique, commerciale, peu importe) dans le courant du siècle dernier et jusqu'à aujourd'hui. Comme dit le postfacier, évoquant la question foncière de l'ouvrage, "il ne s'agit pas tant de savoir ce qu'est le beau que de savoir comment la poésie peut nous permettre de regagner confiance dans le langage". Pointer cette question-là est nécessaire, car "l'indifférence des hommes au langage, notre abandon des mots, notre ingratitude peut-être, sont la porte ouverte à tous les dangers" (p.93-94).

Je n'insiste pas, cher et assidu lecteur. Tu reconnais là mon obsession maladive du parler juste et ma haine viscérale des deux grandes rhétoriques de notre temps : la rhétorique politique et la rhétorique mercatique. Aux propos de Max Jacob et d'Olivier Brossard, je me donc permettrai d'ajouter l'idée que le documentaliste peut (doit) être la sentinelle langagière, vigile politique, vigie du grand bateau de la démocratie, alertant sur les manipulations rhétoriques qui soufflent dans l'air du temps et autorisent que les gens, les gens "d'en bas", se choisissent un "d'en haut" qui les malmène... Nous quittons ainsi, il est vrai, les rives de la poésie et de l'esthétique en général, mais nous sommes bien toujours au cœur du langage, c'est-à-dire de l'humain de l'homme.


14 juin 2009

Côté liens, Cath Mum est partageuse

Voilà un blog qui intéressera plus d'un formateur et plus d'un stagiaire de la formation continue ! C'est Cath Mum, le blog tenu par une collègue du CUEEP de Tourcoing. On y trouve toute une série de messages pointant des ressources pédagogiques mobilisables dans la formation des adultes. Les tags sont les suivants : Bureautique, Culture, Divers, Droit et justice, Emploi, Enfants, Enseignants divers, Enseignants français, Enseignants T.I.C., Formation, Français, Français Langue Étrangère, Histoire Géographie, Images, Jeux, Langues, Mathématiques, Nord, photos, Physique, Pratique, sciences et santé, T.I.C divers, Tutoriel Bureautique, Vie Sociale.

CathMumOn y trouve par exemple, pour prendre un message récent (5 juin), le lien vers un document sur FaceBook, qui complètera utilement l'excellent ouvrage d'Éric et Alban. L'auteur en est Valérie Dudart, la publication (pdf) est chez Momi Clic et date de mai 2009. Cath Mum présente ce document ainsi :

guidefacebookCe dossier présente (sans juger) avantages et inconvénients de Facebook avant d’offrir une présentation du réseau social dans son utilisation (de la création du profil à la confidentialité de vos données en passant par la recherche d’amis et la création de listes). Enfin, une revue de Presse très sélective montre les aspects positifs et négatifs. Bien qu’initialement destiné aux enseignants, enfants et adolescents, ce guide Facebook est aussi conçu pour tout internaute souhaitant utiliser ce réseau social en connaissance de cause ou s’informer avec précision sur des para­métrages permettant de préserver sa vie privée.

Puis Cath Mum donne sa source : http://www.epn-ressources.be/guide-facebook-gratuit-et-complet-par-momiclic. qui conduit vers le pdf de Valérie Dudart. Que demander de plus !


10 mai 2009

anniversaires et bilans

Deux ans ! Deux ans que le roi d'Maubeuge s'est installé au château ! Plein de Français sont prêts à faire le bilan de ces deux années perdues pour la société solidaire. Mais lui, le roi d'Maubeuge clame haut et fort qu'"aujourd'hui, l'heure n'est pas aux bilans, l'heure est à l'action". C'était mardi dernier à Nîmes - ce qui ne l'empêche pas par ailleurs de plaider sa cause en avançant les termes d'un bilan très partisan de son action, de ces actions, de sa fuite en avant vers l'action toujours plus action...
Bref, voilà un homme, sûr de lui, sûr de son fait comme on dit, qui ne veut pas qu'on lui souhaite son anniversaire. Bon d'accord ! Il s'est arrangé pour qu'on le fête sans lui, une ministre se prenant à l'occasion pour Marilyn... C'est qu'on l'aime ce petit roi si actif et si modeste ! 

Ce n'est pas comme la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme (LTDH) qui avait projeté de célébrer publiquement son trente-deuxième anniversaire avant-hier, vendredi 8 mai - ce que le président tunisien l'a empêché de faire [dépêche de l'Associated Press]. C'est vrai que cette manie des anniversaires est difficile à supporter pour tous ces grands démocrates qui font tant pour leur peuple ! ramalenversC'est vrai quoi : notre bon roi d'Maubeuge n'avait-il pas déclaré, en avril 2008 alors qu'il était en visite officielle en Tunisie, n'avoir aucune leçon à donner en matière de droits de l'homme au président Zine El Abidine Ben Ali ? Le bilan de la situation des droits de l'homme est ainsi très vite fait !

Et Rama Yade, elle avait fait quoi pendant ce voyage d'avril 2008 ?
Et aujourd'hui elle réagit comment à ce qui se passe en Tunisie ?
On fait un bilan ?


29 avril 2009

Satie, quatrième gnossienne

De temps à autre, il me vient l'idée de jouer du Satie.

satie_cocteauErik Satie fut un homme prodigieux, pianiste compositeur qui inspira son ami Debussy de quatre ans son aîné, pianiste compositeur d'une musique si délicate et sonnant si juste qu'on a du mal à imaginer que le piano qu'il utilisait était vieux et jouait assez faux, pianiste compositeur d'une musique caressant si bien nos oreilles d'aujourd'hui qu'on a du mal à imaginer qu'il travailla autour de 1900. Erik Satie est né en 1866, douze ans après Arthur Rimbaud et deux ans avant Paul Otlet, la même année que Vassily Kandinsky et deux ans avant Scott Joplin.

Bien sûr certaines de ses compositions pour piano sont devenus des standards de musique de film ou de musique de Monoprix, comme on disait jadis. À cause de cela, elles peuvent devenir quasiment insupportables... Reste qu'à bien y regarder, à bien lire ces pages, cette musique recèle des merveilles, suscitant une émotion esthétique sincère et durable.

gnoss4_1Prenez la quatrième gnossienne, par exemple. Pièce magnifique qui nous raconte une histoire, une histoire sans fin.

J'ai un peu travaillé cette gnossienne et y ai découvert une structure intelligible et ouvrant vers l'infini. La main gauche parcourt  le clavier, pas vite (Satie indique "lent" et un éditeur va jusqu'à proposer la noire à 54. Sans aller jusque là force est de constater que ce doit être lent : le bon Aldo Ciccolini va bien trop vite !) en appui sur le grave, en de doux arpèges qui vont de la tonique à la tierce deux fois redoublée. satieDouze notes en harmonie qui montent puis redescendent, chaque arpège dans une tonalité claire, toujours en mineur : ça commence en ré mineur, puis do mineur, puis ré à nouveau, puis do à nouveau, puis si mineur, ré mineur et mi mineur, puis ré, puis mi, puis ré puis fa# majeur - qui retombe vite dans une "fausse relation" magnifique en ré mineur etc. Par dessus cette arabesque simplissime et envoûtante comme une respiration magique, la main droite dessine une série de petits paysages, comme des miniatures peintes, avec juste quelques notes, quelquefois deux notes seulement, d'autres fois bien davantage. À chaque fois le climat est différent, les contours du motif ne se ressemblent pas, sauf lorsqu'il y a stricte répétition.

Jouant cette pièce, je m'imagine tourner les pages d'un livre d'images, d'images dissemblables qui n'auraient en commun que ma respiration de lecteur. Chaque changement de ton marque la tourne d'une page du livre, le parcours de la page mobilisant un ou plusieurs arpèges, par dessus lesquels la main droite laisse voir ce qui est inscrit, dessiné, évoqué... Le court passage en fa# majeur signifie la fin du livre ou plutôt sa fermeture. Fausse fermeture d'abord (sur le vingtième arpège) avec une immédiate rechute en ré mineur, avec une superbe fausse relation qui marque le changement de décision. Je ne ferme pas le livre, je le rouvre et me remets à lire ce que j'ai déjà lu, peut-être en m'attardant moins sur chaque pagegnoss4_4... Vraie fermeture enfin sur le trente-deuxième arpège avec ce fa# qui tombe sur un mi plaqué, sans arpège, comme si la fermeture du livre était complètement arbitraire, parce que l'histoire est de toutes façons sans fin. Fermeture arbitraire parce qu'il faut bien que l'écriture s'arrête : le compositeur signe de son écriture anguleuse et date son travail d'écriture du 22 janvier 91...

Jouant cette pièce, je m'imagine je ne sais où, dans un coin de nature que je ne connais pas. Chaque changement de tonalité marque un mouvement de ma tête, mes yeux voyant à chaque fois un spectacle différent. Les arpèges jouent les battements de mon cœur, la main droite me montre ici un oiseau qui piaille joliment, là un autre qui vole
à tire d'aile, là-bas satie_picasso_recadr_une abeille qui virevolte... et l'accord plaqué de mi
n'existe que parce qu'il faut bien que je poursuive mon chemin. Mais le coin de nature est toujours là qui m'attend.

Trente-deux arpèges et un accord.

Et des mondes s'ouvrent à vous.


Si tu aimes Satie, lecteur fidèle, tu peux jouer sa musique : elle est éditée chez Salabert mais beaucoup de partitions sont en circulation sur la toile - dont celle de la quatrième gnossienne. Tu peux aussi lire la notice de musicologie.org ou encore visiter le blog que lui consacre un fan.

19 juin 2014

L’Intelligence économique à l’épreuve de l’éthique, Nathalie Bordeau (dir.)

Note de lecture de L’Intelligence économique à l’épreuve de l’éthique / sous la dir. de Nathalie Bordeau - Paris : L’Harmattan, 2013. – 251 p. – (Diplomatie et stratégies). – ISBN 978-2-336-00558-4
dont une version allégée est publiée par l'ADBS.

IEMais quelle est donc cette épreuve que l’éthique imposerait à l’intelligence économique ? Explicitement destiné à la formation des diplomates, fonctionnaires internationaux, attachés de défense et dirigeants (coédition L’Harmattan / Centre d’études diplomatiques et stratégiques), l’ouvrage coordonné par Nathalie Bordeau ne cherche à vrai dire pas LA réponse à la question que suscite son titre. Son intérêt principal tient sûrement dans la polyphonie pédagogiquement dosée qui s’y déploie : pas moins de dix-sept voix s’y font entendre. Encore ces voix ont-elles des timbres variés. Nous pouvons entendre aussi bien des militaires que des universitaires, aussi bien des lobbyistes que des médecins, aussi bien des cadres dirigeants (RH notamment) que des membres de cabinets ministériels. Bref, des professionnels chevronnés et des chercheurs attentifs s’adressent à de futurs hauts dirigeants.

Plutôt que de répondre directement à notre question, ce chœur hétéroclite fait entendre la musique de l’organisation et de l’action sur divers terrains et territoires, de l’entreprise internationale ou de la commune jusqu’aux sphères politiques les plus hautes. Mais ce faisant, des éléments de réponse affleurent ici et là, donnant au passage des colorations variées à l’idée même d’éthique. Celle-ci apparaît tantôt comme la réaffirmation de l’impératif catégorique kantien – où il est question que ce qui règle mon action puisse devenir une loi universelle (…meine Maxime solle ein allgemeines Gesetz werden[1]) – jusque dans son inversion pragmatique (par exemple : N’inflige pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il t’inflige), tantôt comme le principe régulateur universel (et non écrit) au-delà du droit (toujours local), au-delà de la morale (toujours particulière) et de la déontologie (toujours sectorielle), tantôt également comme le principe de responsabilité de l’entreprise, voire comme la nouvelle culture entrepreneuriale, comme l’obligation d’une explicite clarté de la politique d’intelligence économique de l’entreprise, comme ce qui donne à la politique d’intelligence économique son plein rendement aussi bien à l’intérieur de l’entreprise que dans son engagement sur le marché, ou encore comme la caution, le garde-fou de l’entreprise dans sa démarche d’influence sur les institutions productrices de normes, dans ses tentatives de modifier les règles du jeu, tantôt enfin – et on tient là la tonalité la plus structurante du discours général – comme ce qui peut entrer en conflit avec la quête d’« efficience », d’« efficacité » économique et/ou politique, voire ce qui ne peut que se dissoudre, par la force des choses (encore le pragmatisme), dans le trop fameux principe de réalité[2]. L’éthique présente ici une figure bien bigarrée !

L’affaire est entendue : nous sommes dans un état de concurrence exacerbée, c’est-à-dire en guerre économique permanente. La lutte généralisée pour le développement c’est-à-dire pour la survie impose de tuer l’autre (métaphore pour : détourner sa clientèle, le devancer, lui imposer son rythme, etc.) si l’on ne veut pas mourir. Un combat à mort entre gladiateurs, sauf qu’on ne connaît pas le César pour qui l’on organise ces jeux – sûrement la fameuse main invisible[3]. Reste que le déroulement des jeux est régulé par un arsenal juridique que les concurrents doivent respecter. La loi pose des interdits qu’on ne peut transgresser sans risquer la condamnation et la sanction. Le système judiciaire est là pour détecter et enregistrer l’infraction, instruire la cause puis juger du degré de culpabilité des fautifs. Il faut donc l’infraction, l’infraction caractérisée. Certes, la loi n’est pas une immuable fatalité et l’un des piliers de l’intelligence économique, l’influence, s’attache à peser sur les instances législatives ou normatives afin d’orienter leurs décisions et pré-dessiner leurs productions. Mais la loi en vigueur est la loi, si dure et contraignante soit-elle. Quand on passe au niveau de l’éthique, l’acte illégal est paradoxalement à la fois insuffisant et superflu. C’est l’intention qui compte, comme on dit[4]. La loi caractérise l’acte comme transgression de l’interdit puis la qualification de l’intention vient en second. L’éthique, elle, n’a quasiment que faire du passage à l’acte. Elle s’intéresse à l’intention, c’est-à-dire à l’acteur. Et force est de constater que notre ouvrage s’intéresse peu à l’intention ; à peine en effleure-t-il la problématique. En fait, pour se placer résolument au niveau de l’éthique, la question aurait peut-être due être celle-ci : quelle(s) épreuve(s) l’intelligence économique impose-telle à l’éthique ? Et pour y apporter des éléments de réponse, il faudrait au préalable s’entendre sur ce que c’est que l’éthique et peut-être surtout se demander et décider ce qu’elle viendrait faire dans cette galère.

Reste que grâce à la polyphonie des acteurs qui y contribuent et grâce même à la bigarrure de l’éthique qui s’y exhibe, cet ouvrage offre au lecteur un très vaste panorama français de l’intelligence économique et peut-être surtout les très nombreux ingrédients d’une réflexion qu’il ne manquera pas de susciter. Les thèmes satellites de l’intelligence économique traités ici sont nombreux qui pourront aménager de multiples biais à cette réflexion. En voici quelques-uns parmi les plus topiques, donnés ici en ordre alphabétique : collectivité territoriale, concurrence, développement international, efficacité économique, élu, entreprise multinationale, finances publiques, gestion des ressources humaines, gouvernance, guerre économique, influence normative, intelligence collective, mondialisation, politique publique, protection, prévention situationnelle[5], recherche de la performance, risque, risque numérique, stratégie informationnelle, sécurisation de l'espace public, sécurisation des données et des informations, sécurisation des systèmes d'information, travail parlementaire, valorisation territoriale, veille stratégique.



[1]  Immanuel Kant (1724-1804), Grundlegung zur Metaphysik der Sitten, I, Vorrede [http://gutenberg.spiegel.de/buch/3510/1].

[2]  Ici encore, le pragmatisme produit une singulière inversion : à l’origine (Sigmund Freud, Formulierungen über die zwei Prinzipien des psychischen Geschehens, 1911), le respect du principe de réalité est ce qui fait taire (plus ou moins provisoirement) la « satisfaction pulsionnelle ». Et la recherche de l’efficacité économique (profit) ou politique (pouvoir) semble bel et bien du côté de la pulsion, la prise en compte de l’impératif kantien fonctionnant comme une sorte de rappel à la loi humaine (l’humain comme universel). Or, dans le discours des acteurs de l’intelligence économique, dans le discours des « affaires », c’est la pré­occupation éthique qu’on range du côté de la pulsion (utopie humaniste), la recherche d’efficacité étant seule de l’ordre du réel (si je ne développe pas mon affaire, si je ne suis pas meilleur que l’autre, je meurs – principe de survie plus que principe de réalité).

[3]  Adam Smith (1723-1790), à qui l’on prête une vaste théorie libérale imagée par cette « main invisible », pensait que chacun ne cherche que son propre intérêt – ce qui fait la « richesse des nations ».

[4] Encore Kant, qui, formalisant la morale en cours au XVIIIème siècle dans l’Europe protestante, pose le postulat selon lequel la valeur morale d’une action gît dans l’intention et surtout pas dans les résultats de cette action (Ibid.).

[5]  La présence du chapitre sur ce sujet (pp.107-156) est loin d’aller de soi, quand bien même l’exposé est intéressant. Quel rapport y a-t-il entre l’intelligence économique et la criminologie dans l’espace public local ? Qu’il y ait quelque chose à comprendre entre éthique et vidéosurveillance, soit – sauf que ce point de friction n’est qu’effleuré. Nous sommes de toute façon trop loin de l’intelligence économique.


 

16 juin 2014

Pour un défenseur de TOUS LES DROITS !!!

Non à la nomination de Jacques Toubon pour défendre nos droits !



Signez la pétition
Le nom de Jacques Toubon a été proposé pour le poste crucial de Défenseur des Droits.
Pourtant par le passé Jacques Toubon s'est:

- opposé à la loi d'abolition de la peine de mort de Robert Badinter
- opposé à la dépénalisation de l'homosexualité
- opposé à la création du délit de révisionnisme
- montré favorable aux commandos anti-IVG.


Il incarne cette caste qui se partage les postes de la République, totalement déconnectée de la société.

En 2014, le Défenseur des droits en France devrait être un ou surtout une jeune activiste associative, pas un énarque RPR de 73 ans à recaser.

Le copinage et l'entre-soi ne sont pas inéluctables : les députés peuvent refuser de confirmer la nomination de Jacques Toubon.

Signez pour que les députés lui offrent la retraite qu'il mérite et qu'ils proposent enfin un nom en phase avec les attentes de la société pour défendre et faire progresser nos droits.

http://www.avaaz.org/fr/petition/Aux_deputes_Non_a_la_nomination_de_Toubon_pour_defendre_nos_droits/?biZqSab&v=41161

Reprise d'un message de l’équipe d’Avaaz

16 novembre 2008

Comment Lille fête les 60 ans de la DUDH

Amnesty International a publié il y a une semaine le communiqué 10 décembre 2008 / La Déclaration universelle des droits de l’homme a 60 ans sur Categorynet. Ce message renvoie sur un site spécifiquement créé pour diffuser toutes les informations et la programmation des manifestations organisées pour l'occasion.

Et comme je ne sais si l'information lilloise remontera jusque là, je me permets de signaler la manifestation organisée par la Ville de Lille, Domaine Musiques et l'association La Chapelle des Flandres. Il s'agit, tu t'en doutais, sagace et fidèle lecteur, d'un concert. Droits humains : nos enfants aussi !, tel est son titre.

Ce sera le Mercredi 10 décembre 2008, au Grand Carré de la Mairie de Lille, à 20h (entrée libre).

Au programme

Première partie : Cœli et Terra

Deuxième partie : Maîtrise Boréale et l'orchestre régional de flûtes traversières "La Volière"

  • Chœurs du Messie de Hændel

Pour finir, Cœli et Terra et la Maîtrise Boréale, accompagnés à l'accordéon par Bogdan Nesterenko, chanteront C'est moi qui écris des vers... de Maurice Bourbon sur un texte du poète roumain Petru Romosan.

60DUDH_Lille

Des extraits de la DUDH seront lus dans le cours du concert par des enfants et des adultes : la promotion de la lutte pour les droits humains n'est pas qu'une affaire d'adultes !

Dossier de presse


21 octobre 2008

Je n'ai rien dit...

LesEchos_081021_158x273_Braves afpaïens !

Ils se plaignent aujourd'hui de perdre le monopole que leur octroie, que leur octroyait de fait leur coiffe "ministère du travail". Mais la nuit du 4 août est arrivée, pour eux aussi.

Je ne remets pas en cause l'utilité sociale d'une institution comme l'AFPA. Loin de moi cette pensée,  même si cette institution a contribué massivement bien que  malgré elle (à l'insu de son plein gré, dirait l'autre!) a valider l'idée que la formation continue se comprenait exclusivement dans l'objectif de l'accès à l'emploi...

Non, loin de moi l'idée de dénigrer cet outil social performant qu'est l'AFPA !
La plainte de afpaïens me rappellent juste ce poème écrit à Dachau par le fameux pasteur Niemöller en 1942 :

Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.

Quand ils sont venus chercher les francs-maçons,
je n'ai rien dit
je n'étais pas franc-maçon.

Quand ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.

Quand la loi libéralissime du marché a maltraité, parfois jusqu'à la mort, les organismes de formation associatifs ou universitaires qui développaient une offre de formation "concurrente" de celle de l'AFPA, je n'ai pas entendu les afpaïens réagir et protester comme ils auraient pu le faire...


24 septembre 2008

les oxymores sont de retour !

Mais ont-ils jamais disparus ? En tous cas, ça va fort ces temps-ci : les oxymores sont cachés, mais on les voit très bien si on creuse un peu.

Titre des Échos.fr de ce 24 septembre 2008 :
Crise : Sarkozy appelle à punir les responsables du «désastre»
· Le chef de l'Etat demande la tenue d'un sommet du G8 élargi d'ici à la fin de l'année et insiste pour « reconstruire un capitalisme régulé » ·

Punir les responsables du désastre ! La belle affaire ! De l'auto-flagellation publique du libéralisme ! On se marre : c'est pour de rire bien sûr...

Car enfin, si l'on est libéral, voire ultralibéral comme notre bon roi d'Maubeuge, ils ont fait quoi les "fautifs" ? Ils ont juste cherché à gagner du flouze sur le dos de ceux qui n'en ont pas. Pas de quoi fouetter un chat ! Juste de quoi les sermonner pour leur rappeler que la règle veut qu'on ne se fasse pas prendre ! Non ? Sinon business is business. Pourquoi vouloir à tout prix moraliser tout ça ? Il n'y a que quelques philosophes perdus dans les allées du patronat et/ou de la politique bling-bling pour vouloir prouver la moralité du capitalisme, voire pour l'exempter, en tout bien tout honneur cela va de soi, de l'obligation morale (le capitalisme serait au niveau de la technique - la seule technique économique possible -, donc hors d'atteinte de la pensée morale ! Cher Comte-Sponville, qui fut nommé en mars dernier, par le président Nicolas Sarkozy, membre du Comité consultatif national d'éthique !).

Kirkcaldy_High_Street_Adam_Smith_PlaqueMoi, qui ne suis pas libéral, juste épris de liberté (de la liberté-avec les autres et pas de la liberté-contre les autres), je demande une seule chose : mais où est donc passé l'invisible main d'Adam Smith ? Faut-il que notre roi d'Maubeuge intervienne en clameurs pour qu'elle se manifeste ? Faut-il que l'ultra-ultra-libéral Bush nationalise pour qu'elle s'exprime ? Etc. Vous avouerez qu'il y a de quoi frémir !

C'est là où est l'oxymore, un oxymore de fait : notre roi ultralibéral veut réguler, voire moraliser le fonctionnement du capitalisme. C'est bien sûr du pipeau de la plus belle espèce. Quand on cause bien, on appelle ça de la rhétorique politique : les véritables enjeux de ce discours relèvent d'autre chose que de ce que dit ce discours - dont l'efficacité se mesurera par exemple à la nouvelle considération dont jouira notre bon roi d'Maubeuge sur le plan international, ou encore à la mise hors de cause du capitalisme en tant que tel dans cette affaire, etc.

Bush, lui, est clair : il faut sauver le capitalisme financier. L'État, que le capitalisme ultralibéral ne veut pas voir intervenir dans ses affaires, tend une main secourable au capitalisme ultralibéral en train de se moyer... Bush n'a pas bouger il y a plus d'un an, quand des milliers de familles américaines se sont retrouvées spoliées par les banques, jetées dans la rue et la misère. Maintenant que ce sont les banques qui se noyent, le libéralisme US, grand frère de tous les libéralismes, intervient.

Bref, la main invisible du marché est comme une divinité qui se manifeste comme elle veut et quand elle veut, notre roi d'Maubeuge qui causait hier, Bush qui nationalise l'autre jour, etc. Ah elle est belle, la main invisible ! Et puis elle est forte ! Elle contraint les ultralibéraux à faire des choses qu'ils n'avaient pas vraiment prévues. Comme disait Adam, l’individu est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions (Richesse des nations, IV.2) !

Le même Adam - qui commença sa carrière comme professeur de logique - disait aussi, parlant des étoiles et autres corps célestes comme on disait à l'époque, que la philosophie, en exposant les chaînes invisibles qui lient tous ces objets isolés, s’efforce de mettre l’ordre dans ce chaos d’apparences discordantes, d’apaiser le tumulte de l’imagination, et de lui rendre, en s’occupant des grandes révolutions de l’univers, ce calme et cette tranquillité qui lui plaisent et qui sont assortis à sa nature (dans son Histoire de l’Astronomie).
Ne devrait-on pas transposer cette apologie de la philosophie à la politique et ses objets rhétoriques ? Le chaos y est trop visible et fait tourner la tête des électeurs ! Non ?


29 août 2008

C'est lui que le dit !

Excellent ! Décidément ce Roi d'Maubeuge aime faire perdre la tête à ceux qui l'écoutent - et y compris à ceux qui, comme moi, ne veulent pas trop l'entendre !
article_photo_1219928206300_5_0Soyons donc tout oïe : « Moi mon rôle, c'est d'apporter des réponses aux problèmes de la société française, je veux ramener au travail les exclus, avance le chef suprême de la droite française, c'est un sujet majeur pour moi, c'est un élément de la justice sociale, et la majorité doit se saisir de ce problème de l'insertion et de la justice, sinon elle se caricature ». [prononcé ce jeudi 28 au sujet du financement du RSA]
Nous n'en croyons pas nos oreilles ! Nous nous précipitons donc tous sur notre dico préféré. Moi c'est le TLFi que propose le Centre National de Ressources Linguistiques et Lexicales - qui propose en définition de tête pour 'caricature' :  Portrait en charge, le plus souvent schématique, dessiné ou peint, mettant exagérément l'accent, dans une intention plaisante ou satirique, sur un trait jugé caractéristique du sujet. C'est moi qui souligne : d'après le chef suprême de la droite française donc, l'un des traits caractéristique de ladite droite est de ne pas se saisir du problème de l'insertion et de la justice !
C'est lui qui le dit et il sait de quoi il parle ! Nous, nous savons aussi pourquoi il dit tout ça : pour montrer que c'est bien lui le chef suprême de la droite française...
... et remonter encore un peu dans les sondages.


11 décembre 2007

Moi, taxidermiste !

Damned ! Quelle surprise ! Tard-bourrichon.fr, mon site qui aborde aux mêmes rivages thématiques que ce blog, mon site cité dans une page consacrée au terme "taxidermiste", une page relevée ce 11 décembre, jour de l'installation du salon des métiers par les services du Conseil régional Nord-Pas de Calais !
Non non, mon métier n'est pas taxidermiste.
Mon métier, ou plutôt mon "occupation", ma "vocation" comme disent les allemands et les anglais, c'est musicien amateur (et pas seulement "du dimanche"), vigilant des droits de l'homme, père de famille, documentaliste professionnel, mais pas taxidermiste ! Quoique...
Le musicien comme taxidermiste, l'interprétation de l'œuvre comme empaillage sans cesse répété...
Le vigilant des droits de l'homme, comme empêcheur de faiseurs en rond des professionnels de la fossilisation des êtres vivants...

Chouette_GessnerTraumatisé (dans le sens positif du terme!) par mes études sorbonnardes de philosophie notamment ancienne, j'ai souvent fait le rêve d'une chouette empaillée, somnolant sur la cheminée d'un vieux philosophe, à côté d'un exemplaire usé du recueil doxographique de Diels/Kranz, d'une chouette empaillée mais dont les yeux soudain s'agitent lentement et qui finit par s'ébrouer comme pour sortir d'un trop long sommeil où l'avait plongée un philologue taxidermiste intempestif. S'ébroue puis s'envole.


8 juillet 2008

Merci Monsieur Uribe ?

Alvaro_Uribe_3On pourra comprendre l'émotion qui a pu conduire l'individu Bétancourt à remercier si chaleureusement le Président colombien et son armée de l'avoir libérer, elle !
Mais il faut savoir que ce Président-là avec son armée n'est pas vraiment un protecteur des libertés collectives et individuelles, notamment quand il s'agit des syndicalistes.
Ce n'est pas moi qui le dit mais Amnesty International !

sarko_1Vous me direz qu'il vaut encore mieux avoir à la tête de l'État, un suppôt de l'ultralibéralisme à la Sarko qui réussit à mécontenter par ses propos même les syndicats qui d'habitude se plaignent des syndicats ! Il paraît que ces propos humiliants pour les travailleurs et autres demandeurs d'emploi visaient à rassurer l'Europe sur la capacité de la France à avancer sur la question du dialogue social... Sûrement la politique comme on doit la faire, comme dirait ce bon Guéant !
Pauvres de nous !

Même que, poursuit le secrétaire général du château, nous (avec Ségolène Royal) devons "assumer que Nicolas Sarkozy est le président de la République, et a toute la légitimité pour exprimer l'émotion du peuple français". Eh bien moi, monsieur le secrétaire général, le Roi d'Maubeuge n'exprime que très très rarement mes émotions ! Je ne me sens aucunement engagé par le vote imbécile de tous ces couillons qui se sont laissés prendre dans les filets de la rhétorique médiatico - ultralibérale. Et pourtant je suis du peuple, sûrement très très plus que l'ancien maire de Neuilly sur Seine, sa très très actuelle majesté du château !
Pauvre de moi !


30 juin 2007

bollo niais ?

Lu dans Métro, lundi 25 juin - Métro, le journal gratuit de Bolloré l'ami-yacht de Sarko - en page 4 :

brich59_1

On remarquera les rapprochements terribles : Clearstream/Chirac, UMP/TVA sociale, délinquance.
Ce n'est pas moi qui ai fait ce rapprochement, c'est Bollo-yacht ! Alors...
D'ailleurs, ledit Bollo a inventé un nouveau concept ! C'est quand même beau les capitalistes créateurs ! Il s'agit d'expliquer que le risque de délit d'initié est en fait un risque du métier... si j'ai bien compris !?!

brich59_2


25 avril 2008

Deux femmes et plein de citronniers

affiche_1_mediumAvant-hier, je suis allé au Métropole de Lille voir le dernier film d'Eran Riklis, avec Hiam Abbass et Rona Lipaz Micheal. Film éblouissant de retenue et d'émotion humaine, dans la profondeur de jeu aussi bien que dans la beauté de l'image...
Amnesty International parrainait la sortie de ce formidable film. C'est dire sa tonalité. C'est d'abord un film "humain". Pas "humaniste", mais directement humain, au sens le plus plein du terme.

Telle est la posture de ces deux femmes qui s'affrontent : affrontement en connivence objective pour dépasser le guerrier et laisser place au sentiment d'humanité - doit-on dire de féminité ? - dans cette vie tragique faite à la Cisjordanie.

Et puis il y a Hiam Abbass qui crève l'écran et porte en elle-même cette humanité, aussi bien dans ses rôles (souviens-toi de la voix de Jenane dans Azur et Asmar en 2006, cinéphile averti !) que dans ses propos (cf. le "portrait" de Libé d'hier, ou l'entretien sur allociné).
les_citronniers_haut
La femme est l'avenir de l'homme, disait le poète... Au sein d'un peuple aux coutumes si masculines et face à un État qui bafoue si énormément et si impunément les droits élémentaires de l'humain, elle semble l'être plus que jamais !


22 avril 2008

Valeur "travail"

ceeLucie Davoine et Dominique Méda ont publié (février 2008, Documents de travail du CEE, 96-1) Place et sens du travail en Europe : une singularité française ?

L’examen des données françaises et européennes montre que les Français entretiennent un rapport singulier au travail. Plus encore que les autres Européens, les Français déclarent en effet que le travail est très important dans leur vie, mais, plus que les autres, ils souhaitent que le travail prenne moins de place dans leur vie. Comment expliquer ce paradoxe ? L’objectif premier de ce travail est de comprendre la diversité des perceptions en Europe et de proposer des interprétations qui permettraient d’avancer dans la résolution de ce paradoxe. L’originalité de ce travail provient en partie de la confrontation des résultats des diverses enquêtes françaises et internationales sur ces questions, qui restent aujourd’hui épars et peu diffusés.
Dans un premier temps, les auteurs analysent les déterminants de l’importance accordée au travail et les sens que peut revêtir cette notion. Deux hypothèses sont mobilisées pour expliquer les réponses des Français : d’une part, le taux de chômage élevé, la prégnance de l’emploi précaire et un fort sentiment d’insécurité de l’emploi ; d’autre part, les attentes plus fortes à l’égard de l’intérêt du travail. Les Français se distinguent en effet par des attentes de réalisation dans le travail plus intenses que celles de leurs voisins européens. Dans une seconde partie, les auteurs tentent de comprendre pourquoi les Français considèrent que ce serait une bonne chose que le travail occupe une place moins grande dans leur vie.
[d'après la présentation de l'éditeur]

Nous sommes loin de la simplification démagogique du Travaillez plus pour gagnez plus ! Non ?


19 avril 2008

Le parler-vrai du Figaro... (suite)

figaroCette fois-ci, c'est Marianne (je ne suis pas abonné au Figaro, ni ne lis cette feuille malodorante : faut bien que j'ai recours aux autres) qui lève le voile sur les abus de manipulation publique que peut commettre cette équipe de presse qui prétend que, sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ! Pauvre Beaumarchais ! Le journal de Serge Dassault et Étienne Mougeotte traficote encore et toujours le discours, quand ce n'est pas la méthode (idée de panel "sarko-représentatif") !

Cette fois-ci, c'est encore plus radical que la dernière fois. Je cite Marianne : Quand le Figaro commande une enquête à Opinion Way sur les Français et les réformes, les questions sont tellement ouvertes que la réponse ne peut être que : le gouvernement a raison.

Opinion way au Figaro,
ça veut dire Power way !

ou alors

grâce au Figaro, Opinion way,
c'est le chemin de l'opinion qu'il faut avoir !
c'est le chemin de l'opinion qui sied au pouvoir !

ou encore

Opinion way au Figaro,
ça veut dire Opinion War !


Magique, non ?


16 avril 2008

Histoire d'ardoises : petites remarques de rien du tout

Ardoise, le nouveau logiciel policier, fait parler de lui. Tant mieux ! Je n'y reviens pas, puisque tout le monde en parle.

Je voudrais juste émettre une toute petite remarque de rien du tout : le contrôle du citoyen par l'État se muscle et s'outille dans notre bonne démocratie, alors même que l'un des éléments fondamentaux de la définition de la démocratie consiste dans le contrôle de l'État par les citoyens.

Je pose donc la question bête qui suit l'énoncé du principe basique : où en sommes-nous du contrôle de l'État par les citoyens ?

Je crois bien me souvenir que lorsque la grande pétition collective "Pour une vigilance républicaine" a été lancée par Marianne, l'État, par la voie de son "exécutif" avait crié au scandale antidémocratique ! Pourtant tous ces gens, de gauche, du centre, de droite, personnages politiques ou simples citoyens, signifiait "leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective".

Le Premier ministre François Fillon avait alors immédiatement et très vivement réagi à cet appel, déplorant "une attitude profondément anti-démocratique", dénonçant une "chasse au président de la République" par la gauche [sic], qui concentrerait sur Nicolas Sarkozy des attaques d'une "violence inouïe". "Ces critiques qui n'ont rien à voir avec la vie politique ne sont destinées qu'à atteindre un seul objectif : essayer de nous freiner dans notre effort de réforme".

Le comble, non ? Si je comprends bien, le seul fait de rappeler les principes républicains constitue en lui-même une "violence" "antidémocratique" d'une force "inouïe" ? Dieu du ciel, comme dirait le chanoine de Latran ! Que cela eût-il été si les gauchistes [re-sic] signataires de la pétition avaient mis en avant leur attachement aux principes de la démocratie, avec par exemple la mise en valeur de la nécessité vitale du contrôle de l'État par les citoyens ! Notre sarthois se fût étranglé en grignotant un petit sablé de Sablé !

Et nous y voilà ! D'un côté, un principe incontournable de laa démocratie, de l'autre un exécutif qui imagine avoir obtenu un blanc-seing en mai 2007 et estime, dans son arrogance fascisante, n'avoir de compte à rendre à personne, et surtout pas au peuple ! Et quand le peuple passe un message (élections, manifestations, par exemple), l'exécutif est soudainement sourd et/ou n'entend que ce qu'il a envie d'entendre...


L'histoire du logiciel Ardoise arrive à pique pour nous donner l'occasion de nous remettre dans le droit fil de l'idéologie démocratique. Nous assistons en effet à une fâcheuse inversion ! Alors que le "progrès politique" consisterait à toujours mieux pratiquer les valeurs spécifiques de la démocratie, à toujours mieux les asseoir dans les pratiques quotidiennes, nous subissons en ce début de XXI° siècle Viedesautresle renforcement de valeurs qui, autrefois - et peut-être encore aujourd'hui, souhaitons-le ! -, servaient à caractériser des régimes politiques répondant aux doux noms de tyrannie, de despotisme, etc. avec des exemples récents et incontestables du point de vue de leur nocivité humaine (Hitler, Mussolini, Staline, etc.). Regardez le récent film de Florian Henckel von Donnersmarck (2007), Das Leben der Anderen  (La vie des autres), et vous comprendrez ce dont je parle.

La question n'est pas nouvelle : c'est le dilemme entre liberté et sécurité qui se pose là. Et la vraie démocratie consistera à tenter de tenir les deux bouts, sachant que l'un des termes opposés doit in fine (c'est-à-dire en dernier ressort cas de conflit) avoir l'ascendant sur l'autre. Mais lequel ? Liberté ou sécurité ?

C'est ici que, libéralisme oblige, deux mondes s'opposent : le monde de la citoyenneté et le monde de l'entreprise économique.
Dans ce dernier, la liberté serait liberté d'entreprendre, liberté de "négocier", liberté de "faire du fric". Du coup, le curseur de sécurité doit être à un niveau très bas pour que cette liberté puisse se déployer à l'aise. C'est ainsi que l'exécutif libéral veut dépénaliser le "droit des affaires"... L'avoir est le refuge de la valeur. Le propriétaire est roi. C'est pourquoi il faut "sécuriser", assurer que la propriété n'est pas bafouée, n'est pas bafouable. Propriété rime avec protection. Et ceux qui ne sont pas propriétaires sont fatalement suspectés d'en vouloir à la propriété etc. d'où un sécuritarisme forcené pour protéger les possédants. Classique !
Dans le monde de la citoyenneté, la liberté est liberté d'agir, de penser et de dire ; la liberté aussi de faire avec l'autre, de partager, de dialoguer. Alors que la liberté du monde économique est une liberté en concurrence, en compétition (la fameuse émulation, etc.), la liberté du monde citoyen est une liberté de solidarité : nos libertés sont solidaires, parce que la privation de liberté de l'autre est un attentat à la mienne. Du coup la sécurité, ou plutôt le besoin de sécurité, est un phénomène collectif, global. En tant que citoyen, je suis libre non pas contre l'autre, mais avec lui. Et le respect des droits de l'homme, dans leur acception la plus large (droits économiques, sociaux et culturels aussi), suffirait à garantir la liberté du monde citoyen.

Bref, la question n'est pas nouvelle du dilemme entre liberté et sécurité.
Mais pourquoi devrions-nous faire un dilemme de ce binôme notionnel ? Pourquoi nous laisserions-nous enfermer dans une alternative entre le libertaire et le sécuritaire, entre le "tout est libre" et "tout est contrôlé", entre le manque de repères légaux et la prison à ciel ouvert ? La question conduit à un tel dilemme parce qu'elle est incomplètement posée. On ne peut en effet en rester à un tel niveau d'abstraction. Le complément à la question, c'est d'autres questions du style :

  • liberté de qui ?
  • liberté pour quoi faire ?
  • liberté encadrée par quel appareil juridique  ?
  • sécurité de qui ?
  • sécurité pour se protéger de qui ?
  • sécurité pour quoi faire ?
  • etc.

La problématique reste à construire...


En parlant d'ardoise, je connais quelqu'un qui a une sacrée ardoise en France ! Toutes les promesses du candidat Sarkozy de début 2007 sont autant de dettes qu'il a contractées envers les Français. Non ?

Et si on parlait aussi de cette ardoise-là !


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