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BRICH59
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15 avril 2008

Chanter les droits de l'homme et de l'enfant

En 1869, Augustine Tuillerie, alias G.Bruno, publiait Francinet. Livre de lecture courante. Principes élémentaires de morale et d’instruction civique, d’économie politique, de droit usuel, d’agriculture, d’hygiène et de sciences usuelles, son premier "roman pédagogique". Le second est plus connu et fut un énorme succès de librairie : il s'agit du Tour de la France par deux enfants...

Augustine Tuillerie (1833-1923) est une femme étonnante et il est dommage que personne n'ait encore fait le travail historien qui nous permettra de mesurer tous ses talents. Tout d'abord, en tant que femme, elle semble avoir réussi à imposer sa liberté, à une époque où la bourgeoisie était d'abord masculine. Ensuite, idéologiquement, le déploiement de son œuvre coïncide avec la construction sociale et politique de la laïcité. Enfin, pédagogiquement, sa conception de l'éducation est globalisante et relativement prémonitoire (négociation de l'articulation entre travail et l'apprentissage, etc.)... L'article que lui consacre Wikipédia est très limité. Du coup, moi qui ne suis pas historien, j'ai ouvert un chantier concernant Augustine Tuillerie et le thème de "la chanson du pauvre" sous la forme d'une carte heuristique - que j'espère pouvoir terminer bientôt (si jamais un tel travail est "terminable"). Toute remarque ou tout apport visant à m'aider à alimenter cette carte (CmapTools) seront bienvenus. Ce qui pourrait ainsi donner lieu à une mise sur la place publique de ce travail.

La chanson du pauvre, en 1869, c'est une page du roman Francinet, paroles et musique de l'auteur. C'est la chanson que fredonne, la nuit, un enfant qui travaille, encore et toujours. C'est, "dans le silence de la nuit, une voix [qui s'élève], une petite voix d'enfant, triste, plaintive"...
La chanson du pauvre, en 2008, c'est une chanson pour chœur à 4 voix mixtes que j'offre à la communauté chantante.
Les six strophes sont traitées, chacune différemment.
Elles sont précédées d'une introduction sans parole (
strophe n°0) où le thème est harmonisé très simplement.

Chanson_du_pauvre_Page_1

Suivent les strophes 1 et 2 sont harmonisées à 3 voix : le thème est donné aux femmes, les deux voix d'hommes faisant "accompagnement", puis aux hommes, les deux voix de femmes les accompagnant.
Chanson_du_pauvre_Page_2

Chanson_du_pauvre_Page_3

Les deux strophes suivantes sont harmonisées à 4 voix, la strophe 3 de façon très classique, la suivante avec dans une écriture harmoniquement plus ouverte.
Chanson_du_pauvre_Page_4

Chanson_du_pauvre_Page_5

Suit la strophe 5, un duo très simple voix de femmes/voix d'hommes, qui peut être chanté par le chœur, par un plus petit ensemble voire par deux solistes.

Chanson_du_pauvre_Page_6

Enfin, la dernière strophe, avec son début fugué, est d'une écriture un peu plus complexe, mais reste très simple à chanter (pas comme mes autres partitions !).

Chanson_du_pauvre_Page_7

Chanson_du_pauvre_Page_8

J'ai voulu, en travaillant cette page de Francinet, à la fois rendre hommage à cette femme extraordinaire que fut Augustine Tuillerie et offrir une musique simple et facile d'accès aux chorales d'amateur(e)s - c'est-à-dire à tous ces gens, si nombreux dans le Nord-Pas de Calais, qui pratiquent assidument leur passion, forcément partagée, pour la musique chorale. Pour faciliter le travail des chefs, j'ai confectionné une réduction clavier de l'ensemble.

Enfin, en cette année anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), le texte d'Augustine Tuillerie, malgré son côté bigot d'un autre temps (compensé par le voisinage d'un Jean Macé - cf. en haut de ma carte heuristique), est d'une actualité stricte.. Hélas !


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23 janvier 2008

Bertrand SCHWARTZ à l'honneur dans le Nord-Pas de Calais

BS_mainsVoilà plus de dix ans que je demande à Bertrand Schwartz de me confier ses archives "praticiennes" pour en assurer l'accès aux praticiens de l'éducation permanente et pour me régaler à en produire la "valorisation documentaire". Grâce à l'appui de quelques uns de mes amis qui sont aussi les siens, j'ai obtenu gain de cause...

Résultat immédiat : Bertrand Schwartz va signer une convention de dépôt d'archives personnelles avec le Conseil Régional. À la clé : dans un premier temps, travail archivistique mené par le service des Archives du Conseil Régional ; dans un deuxième temps, valorisation documentaire par le CUEEP (bibliographie dite herméneutique) ; enfin, publication (mise à disposition) via le C2RP et les Archives du Conseil Régional... Mais ça, c'est pour plus tard. Le projet reste à ficeler. Dans l'immédiat, la signature de la convention de dépôt d'archives ne se fera pas dans une manifestation discrète : la Présidence du Conseil Régional s'est montré très intéressée par tout ça et y a vu, entre autres (aidée en cela par mes ami[e]s de la Région), l'occasion de valoriser le travail d'Histoire & Mémoire de la Formation Permanente en Nord-Pas de Calais de Gérard Mlékuz.schwartz

Bref, on en est maintenant à l'organisation, le 28 février prochain au Nouveau Siècle, d'une

JOURNÉE SUR
L’HISTOIRE DE LA FORMATION PERMANENTE
DANS LA RÉGION NORD PAS-DE-CALAIS
EN PRÉSENCE DE BERTRAND SCHWARTZ
.

Cette journée comprendra deux temps.

Le matin, demie journée réservée (sur invitation), sera, sous la présidence de Daniel Percheron, le temps des politiques qui, d'une façon ou d'une autre, ont croisé Bertrand Schwartz sur leur chemin. Jacques Delors est d'ores et déjà annoncé... Cette matinée sera l'occasion de visionner une série d'extraits du film Région pionnière puis un montage fait à partir de l'entretien que B.Schwartz avait accordé à Gérard Mlékuz en 1995, gravé sur le premier des trois DVD qui composent le coffret Histoire & Mémoire de la Formation Permanente en Nord-Pas de Calais, produit par le Conseil Régional. La matinée se terminera avec la signature de la convention de dépôt d'archives...
pour189L'après-midi, demie journée ouverte (sur inscription auprès du C2RP), sera le temps des praticiens. Il s'agira d'évoquer la pertinence actuelle (et future!) des intuitions schwartziennes, de montrer comment les expériences fondatrices de Bertrand Schwartz ont germé sur les territoires. Les débats seront animés par Odile Plan, l'une des nombreuses personnes qui firent un (long) bout de route avec Bertrand Schwartz. Une table-ronde s'animera, composée de personnalités régionales porteuses des valeurs prônées depuis toujours par Bertrand Schwartz. Ma collègue Catherine Schmitt en sera pour ce qu'elle a produit dans le souffle de la méthode MSE (automédiatisation collective...), à Tourcoing notamment. Bertrand Schwartz et la région Nord-Pas de calais, deux histoires qui se sont souvent croisées, s'accompagnant l'une l'autre...
La journée sera clôturée par Lucie Tanguy, sociologue de la formation et de l'imbrication emploi/formation mais aussi "grand témoin" de l'action plurielle de Bertrand Schwartz.

Il y a deux ans, lorsque j'ai senti que Bertrand allait accepter de nous confier ses archives et que j'ai commencé, avec d'autres, à penser "projet", je ne pensais pas que j'enclencherais une telle manifestation. C'est comme ça ! L'un des intérêts majeurs de cette manifestation est qu'elle donnera l'occasion de diffuser très largement le coffret de DVD de Gérard Mlékuz : édition d'exemplaires qui seront disséminés dans tous les centres ressources emploi-formation de la région. À quoi on peut ajouter un DVD dit de synthèse qui sera diffusé encore plus largement et qui comprendra une présentation du coffret ainsi que l'étude rédigée par Gérard...


Image1Au fait, si vous avez dans votre bureau, chez vous, dans vos dossiers, des documents impliquant (je ne dis pas engageant) notre homme, je suis preneur... Serge Évrard a commencé. Je me suis laissé dire que Daniel Poisson était prêt à en faire autant. La valorisation documentaire que je souhaite mener à bien sera tout sauf académique : tout document éclairant la moindre parcelle de l'histoire que nous avons construite en compagnie de Bertrand Schwartz est "éligible" !

Merci de me contacter.


12 janvier 2008

L’évolution d’internet d’useweb aux blogs et au web sémantique

Eric_SebdroiteÉric Delcroix - qui se caractérise lui-même comme un "touche à tout de la communication et de la formation" - est un de ces professionnels de la documentation et de l'information pleins de ressources et toujours en quête de l'innovation praticienne partagée. Il dirige Ed Productions. Il est aussi l'animateur de Blog en Nord. Il est encore enseignant à l'UFR IDIST de Lille3... Et sa connaissance des pratiques de e-communication, il compte bien la partager. Ce sera le mardi 29 janvier, à partir de 9h30, à la CCI Lille-Métropole (salle Jean Goudaert), à l'invitation de la délégation régionale de l'ADBS, dans le cadre du Club Informatique Documentaire.

Au terme d’une décennie charnière pour la communication et l’information électronique, Eric DELCROIX fera le point sur l’évolution d’internet. Il nous exposera comment  nous sommes passés de Usenet, du web statique, de Deuxième monde, des groupes de travail aux blogs, aux flux RSS, aux "CMS modulaires", à MSN, aux wiki, à Second Life pour demain employer les réseaux sociaux en nomade . Cette intervention nous permettra de mieux appréhender les nouveaux outils actuels et d’esquisser des perspectives d’avenir.

Venez nombreux, c'est ouvert à tou(te)s et gratuit. Il suffit de s'inscrire auprès d'Isabelle ou de Françoise.


15 avril 2007

Les équilibristes...

_quilibristeJe viens du cirque Arlette Gruss, très provisoirement installé à Valenciennes. Même si je n'apprécie jamais vraiment les numéros où l'humain montre très ostensiblement qu'il a "dressé" l'animal, je dois avouer que j'ai été émerveillé par tant de grâce et de mouvement mêlés, par tant d'agilité mise au service du spectacle esthétiquement réglé.
Par exemple ce petit homme asiatique qui, au centre de la piste, a construit une colonne de chaises. Sur chaque nouvelle chaise hissée au sommet, il paradait avec lenteur, dessinant de son corps des figures inédites. La colonne a fini par être si grande que le petit homme avait l'air comme suspendu dans les airs, accroché aux étoiles par un invisible fil - que symbolisait le câble de sécurité relâché. Je le voyais suspendu, sachant pertinemment que, déjouant les lois de la pesanteur, le corps du petit homme était ancré dans le sol, même par l'intermédiaire d'une colonne de chaises. Indéfectible sentiment que ce que l'on voit ne correspond pas à la réalité. Inévitable sensation de vivre mais à l'envers ce que disait Pascal ("Le plus grand philosophe du monde sur une planche plus large qu’il ne faut, s’il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n’en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer." Extrait bien connu des Pensées).

solasc_014C'est comme hier soir à Chéreng, où nous (l'ensemble vocal Cœli et Terra) donnions un concert. La première pièce que nous avons chantée était cet étrange Miserere de Gregorio Allegri.
Quand je dis "étrange", je veux simplement faire état de ma perplexité devant cette pièce de la musique vaticane de la première moitié du XVIIe : musique entre psalmodie à une voix et polyphonie; musique entre prière et acoustique; musique du dedans, de l'intime, de la conversation privée avec Dieu, mais aussi musique sonnante, extravertie, construite sur un dialogue entre deux chœurs qui se répondent et répondent au psalmodiste.
L'une des étrangetés de cette pièce est la partie de superius dans le petit chœur (versets 3, 7, 11, 15 et 19). Il s'agit très précisément du moment où la verticalité de la psalmodie polyphonique se dérègle pour laisser progressivement la place à un court dialogue polyphonique où les voix se répondent, dans un calme toujours serein mais en dansant, en "bougeant", contre-temps à l'appui, comme dans une nervosité nouvelle mais contenue dans le carcan de l'ancestrale liturgie. Le deuxième évènement étrange de ces passages, c'est lorsqu'après un début de phrase en psalmodie polyphonique verticale, arrive ce contre-ut lancé dans le ciel, mais déjà là dans la céleste clarté, caressant les étoiles et se jouant du vent, imperturbablement immobile dans sa fine évidence, puis descendant, tel un planeur, pour venir se poser doucement au-dessus de nos têtes embellies...
Hier soir aussi j'ai ressenti ce jeu entre l'accroché dans le ciel et l'ancré dans le sol. Bien sûr que pour dessiner si parfaitement cette descente en suspension aérienne, Juliette (qui assurait le superius hier soir) était solidement planté dans le sol, y puisant toute la force nécessaire à l'émission de cette note si haute et si longue dans sa descente; bien sûr que la chanteuse a savamment mobilisé sa propre pesanteur pour chanter ainsi. Reste qu'à l'écoute, je ne pouvais pas ne pas m'avouer que j'entendais un son désolidarisée de la terre, pur élément céleste...
Juliette est comme le petit homme asiatique du cirque Arlette Gruss, une équilibriste.


14 novembre 2007

Lecture...

couvLucie TANGUY me prie de communiquer
à propos du dernier ouvrage auquel
elle a collaboré – ce que je fais.

G.Brucy, P.Caillaud, E.Quenson et L.Tanguy, Former pour réformer. Retour sur la formation permanente (1945-2004), éditions La Découverte (coll. Recherches), oct.2007, 272p.


La formation tout au long de la vie est devenue un mot d’ordre mobilisateur de la politique économique et sociale européenne. En France, elle fait l’objet d’une loi qui la consacre comme un droit individuel des salariés. Elle est présentée comme une conquête sociale et un bien universel, dont seuls l’accès et les modes de réalisation feraient problème. Cet ouvrage s’attache à déconstruire ce mythe.

À partir de perspectives historiques, juridiques et sociologiques, ses auteurs montrent comment elle fut promue, dès les années 1950, par des élites réformatrices œuvrant dans différents lieux de la société, comme un instrument de modernisation de la France pour accroître la productivité, pacifier les relations de travail au sein des entreprises, et favoriser l’intégration politique. Conçue à l’origine comme une obligation nationale relevant de l’autorité de l’État, la formation professionnelle continue est progressivement entrée dans le champ des relations professionnelles et a transformé les syndicats en « partenaires sociaux ».

Les représentations dont la formation continue est l’objet ont occulté la pérennité de faits inhérents à sa construction originelle : elle n’est pas la voie de la « seconde chance », susceptible de réparer les inégalités scolaires, ni celle de la « promotion sociale ». Initialement pensée par Jacques Delors comme la « clef de voûte d’une politique contractuelle », parce qu’elle était « un domaine de convergence possible entre le patronat et les syndicats », la formation tout au long de la vie est aujourd’hui associée à l’institutionnalisation du « dialogue social » dans la loi de 2004, laissant voir la continuité des réformes impulsées trois décennies plus tôt.

[présentation éditeur]


Introduction, par  Guy Brucy  - Modernisation et injonction productiviste - La mise en scène politique de la formation - Mobilité professionnelle et promotion sociale - Moderniser avec et contre l’école - Références bibliographiques

1. La fabrication d’un bien universel, par Lucie Tanguy - Des conditions économiques et politiques favorables (1950-1960) - L’oeuvre d’élites réformatrices -Des institutions de médiation - Des directeurs du personnel de grandes entreprises - Des experts de la planification - Une génération - La mise en place d’outils et de dispositifs pédagogiques pérennes  - Définir la formation en termes de compétences - Mettre en relation la formation avec l’emploi  - Inventer et diffuser une doctrine pédagogique - De l’éducation à la formation, des réformes transversales à la société - Autres mots, autres politiques - Compétences et certifications - Une offre de formation individualisée - Renversement et refonte ? - Références bibliographiques

2. Entre autonomie et intégration, la formation syndicale à l’université (1955-1980), par Lucie Tanguy - Associer les syndicats à la modernisation de la France (1950) - La création des instituts du travail - Un train de réformes sociales du travail - Un mouvement pour une démocratie politique et sociale - Des universitaires missionnaires de la cause syndicale - Des universitaires atypiques - Des directeurs influents - Un recrutement fondé sur la militance - Des ouvriers reconnaissants mais sans révérence - Une pédagogie hybride relevant d’une double autorité -La pédagogie n’est pas neutre - Une activité collective - Instituts du travail et écoles syndicales, des rapports ambivalents -Conclusion - Références bibliographiques

3. La formation au travail : une affaire de cadres (1945-1970), par Guy Brucy - Définir la formation des militants : un combat sémantique et politique - CFTC et CGT-FO : former des militants pour négocier - CGT : former des combattants de la lutte des classes - Les syndicats face aux promoteurs de la formation en entreprise - Perfectionnement volontaire et promotion ouvrière - Des divergences majeures : la productivité et le modèle américain -  Promotion ouvrière et compromis social-démocrate : le projet de la CGT-FO - Le tournant des années 1960 : les cadres prennent l’initiative - La formation des cadres : un enjeu décisif pour les multinationales - La nouvelle donne syndicale - Les cadres, précurseurs de la loi de 1971 - Conclusion - Références bibliographiques

4. Informer pour faire adhérer (1971-1976), par Emmanuel Quenson - D’une campagne pour la productivité à l’information économique - Un objet de controverses - Des prosélytes de la communication -Convertir les salariés à la formation - Un dispositif de propagande - Animer par un réseau - Un « antagonisme limité » entre les syndicats - Le Centre INFFO : un lieu d’expertise - Des actions dirigées vers les chômeurs - De l’expérimentation à l’institutionnalisation - Conclusion - Références bibliographiques

5. La construction d’un droit de la formation professionnelle des adultes (1959-2004), par Pascal Caillaud - Les fluctuations des premiers textes (1959-1971) - Des notions aux contours juridiques incertains - De la coordination étatique à la politique contractuelle - Un système juridique fondé sur le droit du travail (1971-2004) - Quel statut pour la personne en formation ? - Négocier et représenter : la compétence des organisations de salariés et d’employeurs - Entre morcellisation et individualisation du droit de la formation - « La formation professionnelle tout au long de la vie » : quelle signification juridique ? - De la branche professionnelle à la région - L’individualisation de l’accès à la formation - Conclusion - Références bibliographiques

6. Un passé impensé : l'action de l’Éducation nationale (1920-1970), par Guy Brucy - Perfectionner les salariés en cours du soir - Former, certifier, promouvoir - Le diplôme de l’excellence ouvrière - L’action de la Direction de l’enseignement technique - La mise en ordre scolaire - Enseignants et employeurs : des espaces de connivences - Des politiques volontaristes d’établissement - Réalités et limites de la formation - Le coût humain de la formation Initiative des salariés et déni de reconnaissance des diplômes - Le grand renversement (début des années 1960) - Conclusion -  Références bibliographiques

7. De la négociation entre interlocuteurs sociaux au dialogue social entre partenaires, par Lucie Tanguy - Une construction mythifiée du droit à la formation - Un paritarisme sans parité - La formation : un laboratoire d’expérimentations sociales et politiques - Références bibliographiques.


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15 octobre 2007

Faire connaître et reconnaître l’apport de l’immigration en France

"Faire connaître et reconnaître l’apport de l’immigration en France", tel est le rôle que se donne la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, ouverte depuis peu.

cnhi2Rôle de premier ordre, si l'on en juge par le niveau de racisme des français, et la qualité humaine du projet politique du roi de Maubeuge !
Dernier exemple en date de cette grande qualité humaine, comme une concrétisation de la promesse faite publiquement par la France de protéger toutes les femmes victimes de violences : une jeune femme de 20 ans, Madie Fofana, est menacée d'expulsion pour être mariée de force...
Si vous voulez aider notre beau pays à tenir ses promesses, vous pouvez envoyer un mot au Préfet de l'Isère - tout le matériel est ! N'hésitez pas : s'il doit y avoir du patriotisme dans nos comportements, peut-être s'exhibe-t-il le mieux et le plus utilement en rappelant à nos gouvernants que, bien au-delà de toute démagogie sécuritaire, notre pays possède des qualités humaines qui furent exemplaires et qu'ils n'ont pas le droit de brader sur l'autel de leurs quêtes individuelles de pouvoirs non moins individuels !

Après avoir envoyé votre pétition, allez donc à la Cité...

tetiere

Cité nationale de l'histoire de l'immigration
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil
75012 Paris


29 septembre 2007

« Ch’ti » et « Europe baroque »

Cœli et Terra avait vraiment fière allure ce dimanche 16 septembre à l'étage puis sur le toit de l’usine Vano, à Roubaix. L’excellence polyphonique, l’adéquation lieu industriel brut/répertoire contemporain sacré, la scénographie intégrant les visiteurs : l’alchimie de tous ces paramètres a fortement agi sur un public très divers, serein mais fasciné, dans des postures diverses : debout éberlué, assis chamboulé, à genoux les yeux fermés... Un très beau moment.

Vano_16sept07b

Début octobre, Cœli et Terra vous invite à deux concerts de tonalités bien différentes.

  • Le premier célèbre la musique de notre région, autour du personnage de JOSQUIN DES PRES et de la ville de ROUBAIX, mêlant écritures anciennes (début XVI°) et contemporaines. C'est le 5 octobre à 20h à Templemars. L'affiche est .

  • Le second propose un tour d'Europe baroque en compagnie de compositeurs italiens (Gregorio ALLEGRI, Alessandro et Domenico SCARLATTI), allemand (Heinrich SCHÜTZ, Johann Hermann SCHEIN, Johann Sebastian BACH), anglais (John BLOW) et français (Henri DU MONT, Guillaume BOUZIGNAC). C'est à La Madeleine, dimanche 7 octobre à 16h30 (église St Vital).


Enfin, vous n'êtes pas sans savoir que l'ensemble vocal Cœli et Terra fête ses vingt ans cette année. Et bien sûr cela se fera en musique. Notez dès à présent sur vos agendas le concert du 11 novembre prochain à Roubaix (église Saint Joseph, à 16h.) ! Il vous sera proposé d'entendre des œuvres de Maurice Bourbon pour chœur, solistes, accordéon et contrebasse. Réservations conseillées.


29 juin 2007

Le bon mot de l'UMP

Lu, ce jour, sur AGORAVOX, comment le secrétaire général délégué umpLYONde l’UMP parle de la candidate (malheureuse) du MoDem à Lyon... Je n'ose pas écrire ce bon mot ici, tant je suis accoutumé à parler châtié ... Mais, si vous voulez entendre ce bon mot de vos propres et chastes oreilles, je ne résiste pas au malin et coupable plaisir de vous dire que c'est sur DailyMotion ...
TOUS À VOS CASSETTES pour cette leçon de parole ... comment i'dit Sarko ? ... de parole efficace !

On notera que, stigmatisant ainsi une femme politique d'un autre bord que lui, le responsable de l'UMP est dans la droite ligne de la pensée unique sarkozienne, pensée où la stigmatisation de l'autre tient lieu de réflexion profonde sur la diversité humaine... Quand on sait que la stigmatisation est la figure de base du racisme et de l'antisémitisme (cette vérité confondante n'est bien sûr pas de moi, mais de Raymond Aron qui se définissait lui-même comme homme de droite !), on comprend hélas le résultat de la présidentielle ! Je pense que les français sont racistes au fond d'eux-mêmes, alors même qu'ils n'osent pas toujours se l'avouer !

On notera également, mais sur un autre registre, que l'UMP (c'est-à-dire Sarkozy soi-même en personne) pourrait profiter de l'affaire pour se débarrasser de celui qui pourtant ne fait que parler comme on pense à l'UMP (c'est-à-dire ...) ... Mais, là, c'est une autre histoire, du genre de celle du lâchage du bordelais !


24 mai 2007

Petites affaires entre "amis" : Berlusconi comme modèle politique

sollyDécidément, la valse berloscunienne est dirigée de main de maître par Nicolas Ier !
La nomination de Laurent Solly (qui participa très activement à la campagne du candidat Sarkozy) à TF1 vient compléter le tableau de la nomination des deux journalistes au cœur opérationnel du nouveau pouvoir (Catherine Pégard de l'hebdomadaire Le Point et Myriam Lévy du quotidien Le Figaro)...
En fait, c'est juste pour montrer à la face du monde que TF1, Le Point, Le Figaro - et les empires médiatiques qui vont avec - sont des médias très "respectables"... Quant aux chaînes "publiques"...


23 janvier 2007

Le BLIS 33 est là !

Le dernier Bulletin de Liaison Intermittent et Sporadique, le B.L.I.S. n°33, est disponible .

honte

Au sommaire :

  • P. 1 Sarkozy braconne sur les battues de Le Pen

  • P.2-3 Tableau de chasse ministériel n°4 :  Quand la police vient chercher les papas à la maison (Bouches du Rhône) ;  Descente de police dans la famille Tiemtore (Joigny 89) ;  Lettre à M. l'ambassadeur de France à Rabat (RESF Maroc) ;  Année de l'Arménie ? Un père arménien, opposant politique, en rétention (Paris) ;  Trois enfants au tableau de chasse du ministre... finalement sauvés (Haute Savoie)

  • P.4 Ici Londres : campagne pour Blessing OGBIBOR. Après avoir expulsé le père au Nigéria, la Grande-Bretagne veut expulser la mère et ses deux enfants en Sierre Leone

  • P. 5 Fax à expédier à l'Ambassadeur de Grande Bretagne à Paris.

  • P. 6 Meurthe et Moselle : Temur, 12 ans expulsé en Géorgie avec ses parents, David, 19 ans reste seul à Nancy

  • P.7 Mélanie, 30 ans, expulsée vers Madagascar sans sa fille Winnie, 3 ans. Honte à vous M. le Ministre de l'Intérieur !

  • P.8 Des victoires quand même :  Jasmina et ses enfants finalement libérés (suite de la p.3) (Haute Savoie) ;  Kémal Omérovic, 32 jours de rétention mais libre tout de même ! (Paris 77) ;  Adjo (Orléans) Deux années de mobilisation intense et... la victoire !

  • P. 8 Appel aux bonnes volontés et aux sous


7 juin 2006

j'écris, tu me lis, tu m'écris, je me relis...

C'est quand même agréable de lire les messages de celles et ceux qui vous demandent comment se procurer un texte que vous avez publié il y a cinq, dix, quinze, vingt ans ou qui désirent connaître les références exactes de tel texte ou contribution. Agréable aussi de se voir cité dans la bibliographie d'un ouvrage, d'une thèse ; encore davantage d'être présenté et discuté...
Et tout ça par des gens que je ne connais pas, des gens qui vivent en France, mais aussi au Canada, en Suisse, etc.

Ce n'est même pas de la fierté, ou quelque chose qui aurait à voir avec un sentiment d'impossible gloire.
C'est autre chose... qui confine à la satisfaction d'être reconnu comme facilitateur de la réflexion de l'autre, au minimum point d'appui possible pour la construction d'une pensée qui n'est pas mienne... Peut-être cette satisfaction est-elle possible parce que je suis par dessous tout documentaliste, c'est-à-dire déjà - sans même écrire et publier quoi que ce soit - facilitateur de réflexion et d'apprentissage...profr_el3

Et puis quand ce sont des étudiants ou des enseignants-chercheurs, quand le lieu de citation/discussion est l'Université avec un grand U, lieu sacrosaint de construction et de diffusion du Savoir avec un grand S, c'est quasi troublant, pour moi qui n'hésite pas à pourfendre les "mésactions épistémiques" de certains universitaires, fussent-ils "professeurs"...

Bref, tout ceci pour dire merci à mes lecteurs fidèles et infidèles !

Tout ceci pour prétendre surtout que l'écriture non universitaire construit du savoir, elle aussi, ou plutôt des savoirs avec un petit s au début mais un autre à la fin - prétention que l'Internet accompagne d'une possibilité de diffusion inouïe jusqu'alors...
"Écriture praticienne" et Internet, en voilà un beau programme de recherche !


8 avril 2011

Dante Alighieri (Nel mezzo del cammin di nostra vita)

Divina Commedia :
        Inferno, primo canto
(v.1-7)

statueDante Nel mezzo del cammin di nostra vita
    mi ritrovai per una selva oscura,
    ché la diritta via era smarrita.
        Ahi quanto a dir qual era è cosa dura
    esta selva selvaggia e aspra e forte
    che nel pensier rinova la paura  !
        Tant'è amara che poco è più morte.

 La Divine Comédie :
        L'Enfer, premier chant
(v.1-7)

  Au milieu du chemin de notre vie
    je me retrouvai dans une forêt obscure
    car j'avais perdu le droit chemin.
        Ha, combien il est dur de dire ce qu'était
    cette forêt sauvage et âpre et rude
    qui, du seul fait d'y penser, renouvelle ma peur !
        Elle est si cruelle que la mort ne l'est guère plus.

 

Dans ce texte qui ouvre la descente aux enfers de Dante, avant même que Virgile ne se soit institué son guide, deux forces distinctes se succèdent : tout d'abord (v.1 à 3) le sentiment de déperdition, ensuite la peur (v.4 à 7). D'où les deux périodes du madrigal (pour ensemble vocal mixte) que j'ai composé pour ce texte.

 

La déperdition, ici concrètement le sentiment de se perdre dans une forêt obscure, se traduit musicalement par un mélange de rectitude et de confusion. Ce mélange occupe toute la première partie du madrigal (pp.1-9, i.e. mes.1-129).
La rectitude est tant mélodique [thème initial par exemple] qu'harmonique [mes.110-129, par exemple]. Elle signifie la linéarité de la vie, de notre vie, que l'on prend en son milieu, la rectitude du droit chemin, rectitude perdue. Quant à la confusion, elle se matérialise dans le foisonnement, dans les bruissements parfois insupportables, sombres et terrifiants qui marquent les respirations de la forêt obscure. Cela s'indique dans le malaise incessant généré par le frottement quasi permanent du ré bémol avec le do, ou du ré naturel avec le ré bémol [mes.28-42 ou 110-115, par exemple] ; et, plus terrible, l'épaisseur de l'obscure forêt est rendue par un couple d'accords identiques et différents (échanges) où la respiration devient suffocation [mes.16-19 (ci-dessous), 58-61, 64-67, 85 et suiv.].

 

 

Toute la seconde partie du madrigal (pp.10-20, i.e. mes.130-266) est habitée par la peur, peur de la déperdition dans l'obscure forêt, plus terrifiante encore que la peur même de la mort. Tout d'abord une longue et lente plainte, développée dans l'interjection de souffrance ahi (mes.130-174). Puis le discours se reforme, reprend de la consistance, avec un thème sinueux inlassablement répété, l'épaisseur harmonique de l'obscure forêt étant toujours là, tapie dans l'ombre, dans sa propre ombre, prompte à envahir l'espace sonore... Enfin (mes.223 sqq.), la grande peur frissonne dans la déchirante voix de celui qui ne fait que se souvenir de l'obscure forêt, la peur frissonne jusqu'à s'éteindre dans la mort.

 DanteV2011_Page_01

Chefs de choeurs, directeurs d'ensembles vocaux, si vous souhaitez étudier ce madrigal ou le mettre à votre répertoire, n'hésitez pas à télécharger la partition (nouvelle édition 2011 !)...

Une présentation plus détaillée et un document de travail sont disponibles sur Tard-Bourrichon.fr.

 Mais l'idéal, c'est de chanter ! Alors, si vous faites quelque chose de cette composition, il serait sympa de me le faire savoir.

Juste pour savoir ;-) 



 

21 janvier 2006

Modernité et progrès sont les deux mamelles de l'idéologie

Au nom de la modernité que n'aurons-nous pas fait, que n'aurons-nous pas prétendu ? J'en parlais avant-hier !

Modernité, progrès.
Deux mots vides, comme dirait le documentaliste, travailleur du langage.
Deux mots sans pesanteur référentielle, comme dirait le linguiste, cousin du documentaliste.

librairie_philosophieJe me souviens de la maquette pédagogique de la philosophie à la Sorbonne, quand j'étais étudiant parisien, maquette où la modernité commençait à Galilée et Descartes et finissait à Kant, s'étalant définitivement sur deux siècles bien délimités, d'un côté par la Renaissance, de l'autre par l'âge industriel. Il me semble que cette division universitaire de l'histoire de la pensée européenne fonctionne encore aujourd'hui. Cette caractérisation de la modernité a le grand mérite de signifier quelque chose de précis, de pouvoir être localisée assez précisément dans un ensemble plus vaste qui serait l'histoire universitaire de la pensée européenne...
Aujourd'hui (et hors cet usage qu'en fait la philosophie universitaire), "la modernité est sans doute le mot le plus creux de la langue française", comme dit Serge Uzzan, professionnel de la communication et de la publicité. En effet, le terme 'modernité' ne renvoie à rien de tangible : au mieux, il signifierait seulement un dépassement de la "tradition".
Ce qui permettra tous les bons mots faciles du style de celui de Jean d'Ormesson dans sa Réponse au discours de réception à l'Académie française de Madame Yourcenar : "La plus haute tâche de la tradition est de rendre au progrès la politesse qu'elle lui doit et de permettre au progrès de surgir de la tradition comme la tradition a surgi du progrès." Bon ! Ne peut-on simplement en rester au constat que faisait Édouard Herriot à propos du progrès (dans Créer) : "La tradition, c'est le progrès dans le passé; le progrès, dans l'avenir, ce sera la tradition." Ou alors croyons Henri Bergson qui disait que : "Nous ne percevons, pratiquement, que par le passé, le présent pur étant l'insaisissable progrès du passé rongeant l'avenir." Etc.
On est ici dans une relativité où les mots se définissent les uns par rapport aux autres dans un système d'énonciation clos. Sorti de ce système, le mot ne signifie plus rien de stable. C'est pour ça que le documentaliste s'en méfie. Comme pour tous ces mots, toutes ces expressions qui datent les choses et n'apportent d'information que pour situer dans le temps, c'est-à-dire pour relativiser. Dans les années quatre-vingt, de nombreuses technologies ont fait leur intrusion dans le monde de l'éducation. Du coup les professionnels de la formation parlaient, à l'époque, de 'nouvelles technologies éducatives'. Les documentalistes, armés de leur regard linguistique acéré, préféraient parler, eux, simplement de 'technologie éducative', pour la simple raison que parler de 'nouvelles technologies éducatives', c'est tout juste parler de 'technologies éducatives' en disant d'elles qu'elles sont nouvelles - nouvelles pour celui qui en parle à ce moment-là et pour son auditoire du moment. Imaginez que les documentalistes des années quatre-vingt aient indexé avec des descripteurs comme 'nouvelles technologies éducatives' des documents présentant et analysant comment le minitel pouvait être utilisé pour enseigner ! Imaginez la tête de ceux qui aujourd'hui voudraient se renseigner sur ce que sont les 'nouvelles technologies éducatives' et tomberaient sur des documents parlant du minitel... ! Bref 'modernité', 'progrès', 'nouveauté' sont des termes dangereux en ce que leur taux de péremption est très élevé et qu'ils encombrent la description qu'on peut entreprendre des choses elles-mêmes ... et peuvent polluer ainsi le travail documentaliste.
Et puis, à bien comprendre, l'idée de progrès est l'idée d'une histoire sans fin. Relisez Kant quand il fait ce constat : "Le genre humain a toujours été en progrès et continuera toujours de l'être à l'avenir: ce qui ouvre une perspective à perte de vue dans le temps". Relisez Sauvy quand il se plaint ainsi : "Despote conquérant, le progrès technique ne souffre pas l'arrêt. Tout ralentissement équivalant à un recul, l'humanité est condamnée au progrès à perpétuité." Joli tableau !

Mais alors pourquoi ces mots de 'modernité' et de 'progrès' sont-ils si souvent employés et de façon si continue ? Et de façon si positive dans la bouche des hommes et des femmes au pouvoir politique et économique ?

Souviens-toi de François Brune, lecteur attentif et fidèle !

Mais allons un cran plus loin. Hans Jonas a écrit que "l'esprit moderne est incompatible avec l'idée d'immortalité". Il l'a remplacé par l'idée de progrès. À part ça, rien n'a changé ! C'est toute proportion gardée, comme ce que disait un cardinal (Jean Daniélou) au sujet de [l'idée de] Dieu : "Plus on possède Dieu, plus on veut le chercher; il est toujours au-delà de ce que nous atteignons; il requiert sans cesse de notre part un nouveau progrès; l'erreur serait de nous arrêter." La fuite en avant que constatait Kant et que dénonçait Sauvy est bien là. Sa version "laïque", c'est peut-être le positivisme d'un Auguste Comte qui la formule le mieux : "La formule sacrée du positivisme: l'amour pour principe, l'ordre pour base, et le progrès pour but". Amour, ordre, progrès : drôle d'assemblage ! Mais assemblage qui laisse voir la véritable fonction d'idée que celle de 'progrès'. Dit plus crûment, cela donne ces deux vers d'un poème de Daniel Lesueur :

La loi, l'unique loi, farouche, inexorable,
Qui régit tout progrès, c'est la loi du plus fort.

Je ne tournerai pas autour du pot plus longtemps. Il y aurait tant et tant à dire. Le format Blog n'autorisant pas forcément la prolixité du discours, j'irai droit à l'idée - que Bourdieu énonçait fort bien :

contre_feuxSi cette révolution conservatrice peut tromper, c'est qu'elle n'a plus rien, en apparence, de la vieille pastorale Forêt-Noire des révolutionnaires conservateurs des années trente ; elle se pare de tous les signes de la modernité. Ne vient-elle pas de Chicago ? Galilée disait que le monde naturel est écrit en langage mathématique. Aujourd'hui, on veut nous faire croire que c'est le monde économique et social qui se met en équations. C'est en s'armant de mathématique (et de pouvoir médiatique) que le néo-libéralisme est devenu la forme suprême de la sociodicée conservatrice qui s'annonçait, depuis 30 ans, sous le nom de « fin des idéologies », ou, plus récemment, de « fin de l'histoire ».

C'était dans Le mythe de la "mondialisation" et l'État social européen, une intervention prononcée à la Confédération générale des travailleurs grecs, (GSEE) à Athènes, en octobre 1996 et reprise dans Contre-Feux, en 1998.

C'est on ne peut plus clair et renvoie effectivement à l'analyse de François Brune, au-delà de tous les soupçons dont cette idée de 'progrès' ou celle de 'modernité' ont pu faire l'objet depuis des lustres. Les soupçons les plus graves étant sûrement, d'une part, celui qui voit dans le progrès une réalité à double face, l'autre face étant de l'ordre de la régression ["Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille", disait Hannah Arendt], d'autre part, celui qui voit dans la croyance au progrès un frein à l'émancipation ["C'est la nécessité de combattre qui semble oubliée... ce qui domine semble être la certitude tranquille d'un progrès en marche", écrivait Françoise Giroud dans Le silence des filles]...

Le mot de la fin (provisoire) sera celui que Paul Anthony Samuelson, économiste américain, a prononcé lors d’une conférence à Harvard (16 Août 1976) :

Les profits sont le sang vital du système economique,
l'elixir magique sur lequel repose tout progrès.
Mais le sang d'une personne peut être
le cancer pour une autre.


24 janvier 2005

Tristan Corbière (Le Crapaud)

Tristan Corbière (1845/1875)

Couverture originale de l'œuvre parue en 1873
chez les frères Glady
.

Les Amours jaunes : 21, Le Crapaud

Un chant dans une nuit sans air...
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

... Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif...
- Ca se tait : Viens, c'est là, dans l'ombre...

- Un crapaud ! - Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue... - Horreur ! -

... Il chante. - Horreur !! - Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son oeil de lumière...
Non : il s'en va, froid, sous sa pierre.
..............................................
Bonsoir - ce crapaud-là c'est moi.


corbiereLes amours jaunes, expériences de la vie amoureuse dont on doit rire jaune... La vie amoureuse de Tristan Corbière semble avoir été une suite de désillusions - qui ne méritent qu'autodérision.

Ce texte m'a depuis toujours fasciné, depuis mes quinze ans. Peu avant la quarantaine, j'en ai fait une chanson pour quatre voix mixtes, assez facile à interpréter - dont la partition est téléchargeable ici.

 

Si vous faites quelque chose de cette composition, il serait sympa de me le faire savoir. Juste pour savoir ;-)


 


    

20 novembre 2013

Quand l'ADBS sera centenaire...

ADBSÀ l'occasion du cinquantenaire de l'ADBS, le numéro 4 de la revue Documentaliste - Sciences de l'information pour l'année 2013 sera organisé autour d'un dossier prospectif sur le thème “L'information : quels scénarios dans 50 ans ?”. Des experts et personnalités dévoileront à cette occasion leur vision de l'évolution du monde de l'information professionnelle à l'horizon 2063.
 
Nous souhaitons donner également la parole à nos adhérents dans le cadre de ce dossier. Nous vous proposons donc de nous envoyer vos sentiments, avis, suggestions concernant ces interrogations : quels seront dans les prochaines années les moyens de production, d'enrichissement, d'indexation, et de partage de l'information ? Quelle pourrait être l’évolution des métiers et compétences dans ce domaine ?
 
Vous pouvez nous envoyer des textes mais aussi des dessins, schémas.
 
Merci d'envoyer vos contributions à l'adresse suivante :  docsi@adbs.fr
 
La synthèse des réponses sera publiée dans le numéro spécial “50 ans” de la revue de l'ADBS.
Nous vous remercions par avance de votre participation.
 
Bien cordialement.
Anne Marie Libmann et Véronique Mesguich
Co-présidentes de l'ADBS


10 février 2010

Josquin & Rome, vol.1 : messes de L'Homme armé

Toujours sous la direction de Maurice Bourbon, l'ensemble Métamorphoses, élément de l'association La Chapelle des Flandres, va bientôt faire paraître le prochain volume de son intégrale des messes de JOSQUIN DESPREZ, le grand maître de la polyphonie franco-flamande.

JosquinRome1_200x180_Josquin Desprez est à la fois un sculpteur et un architecte de musiques, et un grand mathématicien. Au service de l’émotion et du drame… Sculpteur, il travaille la pierre de la musique vocale dans une infinité de phrasés, inventant sans cesse de nouveaux volumes : envolées lyriques, suspensions aériennes, ornements vertigineux, déclamations hachées... Architecte, il mêle les lignes et combine les ensembles dans de magnifiques édifices. Mathématicien par essence, il s’impose pour ses compositions des "canons", règles techniques obligées, comme c’était l’usage à l’époque dans la musique franco-flamande, d’une complexité qui ne fut égalée ensuite que, deux siècles plus tard, par Johann-Sebastian Bach.*

Cette fois-ci, l'association propose à l'écoute libre quelques extraits de l'enregistrement :

Messe L'homme armé Super voces musicales :
➢  Kyrie            
➢  Sanctus (début)
➢  Hosanna   
➢  Benedictus : In Nomine   

Messe L'homme armé Sexti toni :
➢  Kyrie 1                  
➢  Credo (fin)   
➢  Sanctus (début)   
➢  Agnus 3         

L'enregistrement sera bientôt dans les bacs. Je ne manquerai pas de vous en avertir... Mais écoutez déjà ces extraits : que du régal musical et de l'émotion esthétique !


* Extrait de la présentation du premier volume de l'intégrale, Josquin & Venise (Messes « Mater Patris » et « Di dadi »).


6 novembre 2009

Bach et ses contemporains à Roubaix

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Dans le cadre des Josephonies, Roubaix accueille dimanche 22 novembre à 16 heures deux ensembles vocaux en l'église Saint Joseph. L'ensemble vocal roubaisien, l'ensemble Cœli et Terra (dir. Maurice Bourbon), partage un concert avec l'ensemble vocal de Courtrai (dir. Wim Verdonck).

CT_MBCœli et Terra interprétera de sublimes motets de Schütz (admirable Die mit Tränen, très brillant Das Wort ward Fleisch, bouleversant et très modulant Heu mihi, Domine), et de Johann-Herman Schein. Ce dernier, moins connu du grand public que Schütz, est de la même génération et fait partie de la célèbre trilogie des "Sch": Schütz, Schein et Scheidt. Il meurt jeune, treize ans avant Monteverdi, quarante-deux ans avant Schütz. pho1_183569Mais ce génie a le temps de nous laisser des preuves tangibles de son invention architecturale et harmonique. Ses motets, aussi brefs soient-ils, sont ainsi tous des chefs d'œuvre accomplis. Cœli et Terra interprète Wende dich, Herr, O Herr, ich bin dein Knecht, Herr, lass meine Klage... et le bouleversant tableau biblique Da Jakob vollendet hatte.
C
œli et Terra  terminera son demi-concert avec Der Geist hilft, motet à double chœur de Johann-Sebastian Bach.
Nos valeureux partenaires belges donneront des œuvres de Bach et de Buxtehude.

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jaquette_fdUne semaine plus tard, ce sont les roubaisiens qui se rendront à Courtrai : le 29 novembre, à 9h45, dans l'église St Éloi de Courtrai, et dans le cadre des messes concertantes Missa Solemnis (125ème anniversaire de l'inauguration de Église), nous donnerons des motets ou extraits de Monteverdi, Du Mont, Bach, Tchaïkovski, Rachmaninov et plusieurs extraits de la messe Ex machina de Maurice Bourbon, récemment enregistrée.


4 novembre 2009

encore l'identité !

levi_straussClaude Lévi-Strauss a écrit que

La ressemblance n'existe pas en soi : elle n'est qu'un cas particulier de la différence, celui où la différence tend vers zéro.

Par ailleurs, j'ai toujours constaté que la musique fonctionne sur un "jeu" entre le semblable et le différent, c'est-à-dire roule tout entière sur cette graduation de la différence...

À méditer, en hommage à l'anthropologue philosophe centenaire disparu, et pour aider roi d'Maubeuge et sa cour (dont le félon Besson)  à réfléchir avec sagesse...


23 octobre 2009

Bouclier, bouclier ! Est-ce que j'ai une gueule de bouclier ?

Entre le 1er janvier 2008 et le 21 octobre 2009, le mot 'bouclier' est apparu dans 411 articles du quotidien Le Monde :

  • la moitié s'intéresse au trop fameux 'bouclier fiscal' - qui fit parler de lui dès 2007 (plus de cent articles entre mai et décembre 2007)

  • quatre articles sur dix nous racontent des histoires de boucliers nucléaires, antimissiles, balistiques ou simplement militaires - dont les 'boucliers humains'

  • 2% concernent le rugby (le bouclier de Brennus)

  • le reste utilise soit l'image de la 'levée de boucliers' (levée de bouclier des producteurs français de rosés cet été ; levée de boucliers suscitée par le rapport Balladur ; levée de boucliers face aux velléités gouvernementales de toucher au système de l'assurance maladie, voire face à l'autoritarisme gouvernemental voulant imposer des réformes ; levée de boucliers aux États-Unis face aux pratiques de Google, etc.), avec éventuellement l'idée que ceux qui lèvent les boucliers sont des ringards qui refusent toute réforme (par exemple s'agissant de la réforme de l'orthographe dans les années 90), soit celle du 'bouclier social' - expression qui semble s'installer petit à petit dans le lexique social et politique...

Bref, il y a des boucliers partout ! Le redécoupage de la carte électorale de notre beau pays incite les socialistes à lever le bouclier, accusant le roi d'Maubeuge de se faire un "bouclier électoral" sur mesure (cf. mon message de l'autre jour).

Eh bien, il en manquait encore un, il manquait un bouclier, il manquait LE bouclier : le roi d'Maubeuge soi-même !

sarkobouclierLui-même se dresse en bouclier pour protéger ses affidés, à commencer par le prince Jean. Écoute, perspicace lecteur, écoute le roi dévier sur sa personne les flèches que d'aucuns décochent en visant le prince. Le roi, quel bon père !, se fait bouclier pour protéger son rejeton ! Magnifique grandeur royale !

Mais cela ne s'arrête pas là. Le pli est pris, la posture est adoptée. Jusqu'aux affidés les plus obscures qui veulent su planquer sous le bouclier royal ! Ainsi un certain Jean-Paul Fournier, sénateur-maire UMP de Nîmes. C'est dans notre quotidien du soir   daté du 22 octobre : M. Fournier se défend des accusations portées contre lui, y voyant un complot de la presse et de la justice pour "se payer un parlementaire de l'UMP" et, par son intermédiaire, s'en prendre à Nicolas Sarkozy lui-même.

Dès qu'on regarde de travers un cheveu UMP, le bouclier va se dresser, protecteur, divinement royal ! Et menaçant...

LeblasonIl est loin le temps où, comme le souhaitait Jean de Salisbury (XIIème siècle), le roi était le "bouclier des faibles" !
Au fait, qui a dit : « Notre gouvernement sera le bouclier des familles les plus modestes » ?
Perdu, ce n'est pas le
roi d'Maubeuge !
C'est Johanna Sigurdardottir, chef du gouvernement d'Islande (février dernier). Il faut dire que le bouclier protecteur  figure sur le blason de l'Islande.


31 août 2013

Halte aux disparitions forcées en Syrie

Illustration de l'action

 Le recours présumé à des armes chimiques lors de nouvelles attaques en Syrie perpétrées le 21 août dernier démontre que le drame en Syrie continue, si jamais il fallait démontrer encore. Il ne faut pas oublier que ce drame est très concret aussi pour les familles de milliers de personnes disparues en Syrie.

Hier 30 août, c'était la Journée internationale des personnes disparues. À cette occasion, Amnesty International (Belgique) souhaite attirer votre attention sur le sort de milliers de personnes victimes, dans le monde entier, d’une disparition forcée, et sur la souffrance de leurs proches et en particulier sur les disparitions forcées en Syrie qui ne cessent d’augmenter depuis ces deux dernières années.

Alors que le conflit s’intensifie en Syrie, Amnesty international appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et souhaite en premier lieu que les civils ne soient pas oubliées.

Soutenez les victimes de disparition forcée et leurs proches, et demandez aux autorités syriennes de mettre fin à cette pratique. En savoir plus avant d'agir.


 

23 mai 2013

LILLE Copy party

logocopypartyhor-3350aCopiez livre, BD, revue, DVD, CD, ... en toute légalité pour votre usage personnel !

Chtinux et le centre de documentation de la MRES vous invite à une copy party le samedi 1er juin de 14h à 17h.

MRESVenez avec votre ordinateur portable, votre scanner, votre smartphone ou autre appareil photo pour copier, numériser les livres, cd, dvd, revues, journaux du centre de documentation. Repartez avec vos oeuvres numérisées et appréciez-les en toute légalité pour votre usage personnel.

La COPY PARTY est une action symbolique, militante et festive pour sensibiliser aux problématiques du droit d’auteur et de la copie privée, au rôle des bibliothèques et, plus globalement, aux enjeux du partage et de l’accès aux connaissances.

Mais pas que ça :
  • inauguration de la Bibliobox du centre de documentation, une petite boîte à laquelle on se connecte en wifi pour télécharger légalement des contenus libres de droit (documents, ebooks, films, musiques, ...)
  • 2 mini-conférences sur la problématique du partage des oeuvres et sur la place des « bibliothèques » dans le partage de la connaissance aujourd'hui.
Plus d’infos, le programme, ...
Contact :  Christophe Goddon
Maison Régionale de l'Environnement et des Solidarités
23 rue Gosselet - 59000 Lille
Tél. : 03.20.52.12.02 - Email : mres@mres-asso.org

26 décembre 2012

Le département "Cultures Numériques" du CUEEP recherche des formateurs

Le départementlogo_cueep_lille "Cultures Numériques" du CUEEP, institut de l'Université Lille1, assure des formations collectives d'initiation à l'utilisation de l'ordinateur avec des publics adultes en situation d'illettrisme aussi bien que des formations au C2i avec des publics étudiants voire des formations au multimédia pédagogique dans le cadre des masters en sciences de l'éducation.

Si vous souhaitez intégrer l'équipe des formateurs de ce département, demandez un rendez-vous en cliquant ici.


10 novembre 2007

0. Terminologie

logoADBSOn peut commencer par observer la chaîne documentaire. Mais on doit aller plus loin : le Vocabulaire de la documentation, coordonné par Arlette Boulogne, édité par l'ADBS en 2004 (remplaçant le Vocabulaire de la documentation publié par l'AFNOR dans les années quatre-vingt) est accessible en ligne de deux façons : sur le site de l'ADBS et chez TV5.

savoirsCDIOn pourra trouver un intérêt à consulter également le Dictionnaire des concepts info-documentaires à destination des documentalistes du secteur éducatif, que deux documentalistes de l'Académie de Nantes, Pascal Duplessis et Ivana Ballarini-Santonocito, sont en train de terminer. Le parti-pris didactique de la démarche aboutit de fait à la production d'un authentique petit dictionnaire encyclopédique de l'information et de la documentation. Le travail a été basculé sous forme d'un Wikinotions édité par la Fadben.
trumLe petit glossaire documentaire de base qu'on trouve sur le site du professeur TRUM, documentaliste qui s'intéresse aux Nanotubes de Carbone et au Stockage de l'Hydrogène, est intéressant, ne serait-ce que pour la ses sources terminologiques [Le métier de documentaliste d'Accart & Réthy, Le métier de bibliothécaire coordonné par Françoise Hecquart, principalement] - ce qui en fait un excellent complément des vocabulaires mentionnés plus haut...
savoirsCDIAutre outil sur SavoirsCDI, le Glossaire qui reprend les termes de documentation et d’informatique souvent rencontrés dans la presse professionnelle.

Michèle Lardy, maître de conférences d’anglais à l'Université Paris1 Panthéon-Sorbonne, drapeauGBnous avait concocté un petit glossaire anglais-français des Sciences de l’information-documentation-internet qui peut s'avérer fort utile.

Côté bibliothéconomie, l'ENSSIB met en ligne son dictionnaire et la BPI son lexique bibliothéconomique multilingue (français, anglais, catalan, espagnol et tchèque). Comme nous venons de le voir, d'autres outils multilingues étaient déjà disponibles - qui ne sont pas fatalement rendus inutiles par le travail de la BPI.

Enfin, côté langages documentaires et autres taxonomies, on pourra lire cette mise au point de Thomas Francart. Sinon rendez-vous aux pages Pratique de l'indexation et Élaboration de thésaurus sur ce site.

mise à jour : 6 décembre 2015
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14 octobre 2008

Réforme ? Vous avez dit réforme ?

circeJ'ai assisté cet après-midi à un séminaire organisé par le cabinet Circé Consultants (sous la houlette de J.-M. Luttringer) consacré à la réforme en cours de la formation. Pierre Ferracci présentait le travail du groupe dit multipartite qu'il a animé, suivi de Philippe Dole qui présenta le rapport de l'IGAS sur les missions des OPCA.

 

Intéressant ! De nombreux représentants de collecteurs de fonds pour la formation étaient présents et la discussion fut riche.

De tout cela, et de la lecture des divers documents produits à l'occasion de ce travail de réforme, je ne tire pour ma part qu'une seule question ce soir : plus nous avançons dans le temps (plus nous nous éloignons de 1970/1971), et plus l'instrumentalisation de la formation continue par la politique de l'emploi se fait prégnante. La formation est de plus en plus exclusivement conçue comme une variable du marché du travail : adieu l'utopie du développement des individus par la formation et bonjour la relégation socio-professionnelle des personnes dites de "bas niveaux" de formation.

Malgré les dénégations des partenaires sociaux (cf. par exemple le point II,1 du rapport Ferracci), l'éducation permanente a bel et bien disparue de l'horizon contemporain. L'idée même de promotion sociale, si chère aux promoteurs de la loi fondatrice, est carrément  liquidée sous nos yeux. L'une des lignes directrices qui ressortent du fonctionnement du groupe multipartite se formule ainsi : "la  formation  professionnelle  est  un  instrument  de  la  conciliation  entre  la  compétitivité  des entreprises,  la  sécurisation  des  parcours  individuels  et  le  maintien  d'un  objectif  de  promotion sociale, conforme aux intentions initiales de la loi de 1971".
Fort bien, sauf qu'il y a un problème : ce triangle ne peut fonctionner.  Comment concilier en effet un assemblage aussi hétéroclite ? Il me fait penser au fameux attelage que Platon dépeint dans le Phèdre pour figurer ce qu'est l'âme humaine : un truc qui part dans tous les sens en même temps. Car chacun des pôles de ce triptyque fonctionne selon une logique différente et incompatible avec la logique d'au moins l'un des autres pôles.
Il y a même un pôle qui n'existe pas : la compétitivité de l'entreprise n'est absolument (=dans l'absolu) rien. Elle n'existe qu'à l'issue d'un décompte entre les compétiteurs. Par ailleurs, à quoi se mesure la compétitivité ? Aux parts de marché ? Aux bénéfices engrangés par les propriétaires de l'outil de production ? Au bien-être de ceux qui y travaillent ? Je ne sais si l'on a un étalon correct et si partagé que cela de la compétitivité des entreprises !
À côté de cela, nous aurions la sécurisation des parcours individuels, qui, à bien regarder, n'est qu'une "tension vers", pas un état qualifiable une fois pour toutes. C'est, comme l'insertion professionnelle, quelque chose qui n'est jamais acquis une fois pour toutes, quelque chose qui est perpétuellement passible d'une remise en cause, par exemple sous les coups de la compétitivité des entreprises...
La promotion sociale, là dedans, fait figure d'utopie belle et impossible. Elle n'existe pas. Juste comme objectif, très clairement.  À l'heure de l'appauvrissement des pauvres et de l'enrichissement des riches, à l'heure où le seul fonctionnement socio-économique existant de fait produit fatalement le creusement de cet écart, il faut une belle inconscience, ou un sacré culot, pour mettre en avant l'objectif de la promotion sociale...
Bref, le triptyque proposé par les membres du groupe multipartite est une figure de rhétorique dont on a du mal à comprendre en quoi elle a pu faire l'objet d'un consensus. Peut-être parce qu'elle n'est que figure rhétorique ?

Ceci dit, ça fait belle lurette que l'idée d'éducation permanente a été sortie du jeu ! Cela fait un bail que la formation n'est plus qu'un instrument des politiques de l'emploi. Ce qui pose la question des paramètres utilisés pour évaluer la qualité de la formation. S'agissant des demandeurs d'emploi, on va évaluer la qualité de la formation qu'ils ont suivie à leur insertion professionnelle, le cas échéant au type de situation par rapport à l'emploi (CDD, interim, CDI, etc.). Comme si la formation créait des emplois ! On sait bien que la formation ne crée pas d'emploi (excepté les emplois de formateur de plus en plus précaires d'ailleurs). On sait bien que la formation permet juste de faire attendre les demandeurs d'emploi et de rebattre les cartes dans le jeu de l'accès à l'emploi. Il y a une vingtaine d'années, quelqu'un écrivait que la formation permettait de redistribuer autrement la file d'attente à l'ANPE. C'est toujours vrai. Sauf qu'aujourd'hui, la pression est montée d'un cran : ceux qui se retrouvent à la fin de la file d'attente sont stigmatisés comme des bons à rien, des gens qui n'ont pas voulu maintenir voire augmenter leur "employabilité", des "assistés" vivant de l'argent public etc. Dans la mesure où 1) tout le monde ne peut bénéficier de formation et où 2) il n'y a de toutes façons pas d'emploi pour tout le monde, la politique publique de formation produit, lorsqu'elle n'est qu'un des outils de la politique publique de l'emploi, la relégation sociale et professionnelle de personnes dites de bas niveaux. Et cette relégation, la "morale" libérale leur en attribue généreusement la responsabilité... Pas de pitié pour les gueux !


2 juillet 2007

En campagne, toujours

Depuis que Nicolas Sarkozy a été intronisé Président de la République, il n'a de cesse de poursuivre sur le rythme et sur le style (mode rhétorique) de la campagne électorale.

Lui qui a prétendu aimer tous les Français, lui qui prétend vouloir rassembler tous les Français, lui qui affirme vouloir gouverner la France avec la France dans sa diversité, etc.
Lui qui pourtant a stigmatisé une partie des Français, lui qui pourtant a tout fait pour dresser des Français contre des Français, lui qui pourtant continue de mentir effrontément (par exemple avec le slogan "travailler plus pour gagner plus"), lui qui pourtant garde la haute main sur un parti politique (c'est-à-dire sur un clan), lui qui pour des raisons très "politiciennes" cumule encore des mandats bien qu'il ait gravi la "dernière marche" comme il disait (cf. sur le site du Conseil Général du 92 l'info repérée et commentée par marianne2007.info; et au cas où le CG92 enlèverait la fiche Sarkozy, je remets ci-dessous ladite fiche capturée ce 2 juillet), etc.

sarko92

Je comprends maintenant pourquoi les premières images qu'il a voulu donner de lui-même une fois élu était tout à la fois celles du nanti (le super-resto, le yacht, etc.) - histoire de montrer clairement dans quelle caste sociale il se situe - mais celle du nanti qui court (notamment avec son premier ministre au train). Cet activisme digne d'une campagne électorale bien huilée est là pour faire tourner la tête aux Français, un peu comme le serpent dans Le Livre de la Jungle façon Walt Disney qui susurre à l'oreille du petit d'homme "aies confiance !" tout en l'hypnotisant de son regard trompeur.
Cet activisme présidentiel est comme un reste encore actif de l'activisme électoral. Rastignac de Neuilly ne peut plus s'arrêter de courir, de gesticuler, d'intervenir. Ces gesticulations feraient bien rire le Général dont pourtant il se réclame au nez et à la barbe des gaullistes dits historiques...

Le plus grave, c'est que celui qui occupe comme on dit la plus haute charge de l'État ne peut sûrement pas consacrer tout le temps qu'il conviendrait de consacrer à cette charge en courant de la sorte...

Plus grave encore ! Non content de copiner avec les patrons de presse et poursuivant son entreprise de brouillage idéologique, comme pour que les Français perdent tous leurs repères et ne puissent plus juger de rien, le cher homme annule d'un trait de comportement les lignes qui structurent notre droit politique. Et Joseph Daniel, ancien membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, a bien raison de dénoncer dans Libération de ce matin ce qu'il nomme le « statut d’exterritorialité audiovisuelle du président de la République », qui permet à l'UMP d'échapper au décompte des temps de parole publique dans les médias publics - bafouant au nez et à la barbe des Français la loi même sur la liberté de communication. C'est que cette loi, quand elle ne sert pas ses propres intérêts, est sûrement un héritage très posthume de 1968...

Et les Français, médusés par tant d'énergie dans un si petit corps nerveux, d'applaudir aux gesticulations d'un homme qui a la tyrannie à portée de mains ! Car où cette course effrénée peut-elle s'arrêter, si ce n'est quand Rastignac n'aura plus rien à conquérir ? Où s'arrêtera celui qui aujourd'hui se pose en sauveur de l'Europe - ce que fit Napoléon en son temps ?

Et tous ceux que j'entends dire "Laissons-le faire et voyons le résultat" alors qu'ils ont voté contre fin avril-début mai et contre sa clique mi juin, ceux-là sont criminels de tant d'attentisme ! Que peut-on attendre d'un homme qui a stigmatisé et continue de stigmatiser une partie des Français, qui a tout fait et continue de tout faire pour dresser des Français contre des Français, qui a agité et continue d'agiter  les peurs racisantes des Français, qui ment effrontément (par exemple avec le slogan "travailler plus pour gagner plus"), qui garde la haute main sur un parti politique alors que sa charge le situe "au dessus des partis", etc. ? Tous les bobos gauchos se laissent hypnotiser ! Qui donc les réveillera ?


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