Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BRICH59
Publicité
28 janvier 2008

L’illettrisme touche aussi les salariés

La Voix du Nord  -  édition du samedi 26 janvier 2008

VdN080126L’illettrisme touche aussi les salariés

SOCIÉTÉ  - Le Nord - Pas-de-Calais compte 15,5 % de personnes qui ne possèdent pas les savoirs de base en terme de lecture ou d’écriture. Une séance de travail au CUEEP de Lille.

C’est une salle de cours comme les autres, imprégnée d’une ambiance studieuse que vient simplement perturber le ronflement des ordinateurs. Nous sommes dans les locaux du CUEEP de Lille. Ici, c’est le public qui est un peu hors normes. Tous des salariés, en train de se remettre à niveau.

On croise par exemple Noël, un habitant de Tourcoing âgé de 44 ans, salarié d’une entreprise de ramassage des déchets, concentré sur son écran. «  Il s’agit d’un exercice où je dois répondre à des questions liées à l’informatique. » Comprendre la question et y répondre en utilisant l’outil informatique... D’une pierre deux coups évidemment. « Quand j’étais enfant, je n’ai jamais trop aimé l’école, ajoute Noël, pour justifier sa présence ici. Les profs ne s’occupaient pas de moi. Ils me disaient : "T’avais qu’à écouter !" Alors j’ai quitté l’école. J’ai travaillé comme maçon, puis dans le textile ».

Voilà donc comment les choses se passent, et comment on vient garnir les statistiques de ce qu’il faut bien appeler l’illettrisme : un acquis pas bien solide au départ, qui n’est ensuite pas entretenu. « Pour remplir des documents, quand j’avais une lacune, je demandais à ma sœur. » Le coup du sort intervient voici deux ans, lorsque le quadragénaire est embauché chez son actuel employeur, signant un contrat qui l’incite à suivre une formation. « Ça aurait été bête de ne pas le faire. »

« Un groupe motivé »

De fait, il semble motivé. À l’instar des quinze autres stagiaires âgés de 20 à 55 ans de cette singulière classe qui trouve son financement dans les entreprises et au conseil régional. « On a ici un groupe motivé, confirme Christine Duhamel, formatrice. Ils sont curieux, ils posent des questions. » La jeune femme a contribué à créer l’outil sur lequel travaillent ses élèves, un « ensemble multimédia pour l’individualisation en lecture et écriture » (EMILE). « Il renferme 1 200 exercices qui nécessitent écoute, lecture, compréhension, grammaire... Surtout, il permet un gros travail en autonomie. » L’autonomie... Finalement, c’est ce que vient chercher la Lambersartoise Cathy, jeune introvertie de 36 ans qui cherche en permanence à se cacher derrière son timide sourire. « Ma mère ne sera pas toujours là, murmure-t-elle. Et faire les papiers administratifs, ça posait problème. »  Alors depuis octobre, elle se prend en main. Deux fois par semaine, jusqu’en juin. « Le premier jour, c’était dur. Mais je veux aller jusqu’au bout. J’écris sur mon cahier. Je relis chez moi. » Son objectif: passer le permis. « Et, pourquoi pas, passer des concours... » Histoire d’oublier qu’elle a quitté l’école au niveau seconde et d’échapper à son quotidien d’agent de nettoyage.

Alain, lui, avait 16 ans quand il a quitté le système scolaire pour se lancer dans la mécanique. « Dans les mains, j’avais de la graisse plutôt qu’un stylo », résume-t-il. Il parvient quand même à rentrer dans la fonction publique territoriale, dans l’agglomération lilloise. «  Je savais qu’il y avait des possibilités de formation. » L’idée de progresser par le biais des concours le titille. Il se lance, à 42 ans. «  Faut se remettre dans le bain. Tenez, vous par exemple. Vous écrivez vite. Ça va tout seul. Moi, je suis obligé de réfléchir. Les conjugaisons, tout ça... Il faut se remettre dans le bain. » Des moments de découragement? « Oui, ça arrive. C’est dur à vivre. On se sent parfois isolé. On n’en parle pas. Mais on se rend bien compte qu’il est indispensable de savoir lire et écrire. » Christine, la formatrice, annonce la pause café. Certains stagiaires préfèrent rester plongés dans leur écran. « Le plus difficile, c’est de passer la porte. Une fois à l’intérieur, ça va. Ici, ils trouvent de l’ouverture vers les autres, de l’estime de soi. Et surtout, la reprise de confiance ... »

imprimer

CHRISTOPHE CARON [region@lavoixdunord.fr]


Publicité
27 janvier 2008

La Très Nouvelle Alliance

Le matin, je reçois dans ma boîte aux lettres (pas l'électronique, la "vraie") Le Figaro depuis une dizaine de jours et à titre gratuit.
J'ai par ailleurs la manie de lire tout ce qui traîne, tout ce qui tombe à portée de mon regard, de ma main.
Plaisir de tout lire, désir de tout comprendre, joie extrême de l'intellectualisation totale...
Bref, je viens de lire dans Le Figaro Magazine de ce samedi 26 janvier (p.36 et 38) la discussion entre un prêtre et un franc-maçon, respectivement Philippe Verdin, dominicain, et Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France. Cette lecture me plonge dans les abîmes d'une pensée complexe et difficile.

sarkocielRéflexions toutes personnelles et très rapidement jetées sur ce blog après cette confondante lecture :

  • Confusion des genres

Pratique sarkozienne s'il en est, la confusion permet de subrepticement bouger les repères et de brouiller l'analyse que les esprits critiques et tatillons dans mon genre pourraient faire de ce qui se présente aujourd'hui comme une politique désirée par une majorité de Français. Je n'insiste pas... En l'occurrence, il s'agit là de faire bouger les lignes entre pouvoir terrestre et pouvoir céleste, entre État et Église, entre vie privée (le fors intérieur comme refuge de la croyance) et vie publique (la république comme chose publique, res publica). Il s'agit de remettre en cause la ligne de séparation tracée en 1905 par la IIIème République. S'il on en croit notre dominicain de service, grand copain de notre Président de la République, ce dernier "veut tourner la page de la IIIème République". Au prétexte d'apaisement : "L'Église et l'État ne sont plus obligés de se regarder en chiens de faïence". Comme si c'était le cas aujourd'hui ! Je crois que frère Philippe en est resté au bon temps de l'anticléricalisme primaire que l'école laïque avait dû développer pour se protéger des assauts répétés d'une Église trop confiante dans sa suprématie morale et politique. C'était il y a longtemps, très longtemps... Et puis, le futur roi d'Maubeuge avait proposé qu'on efface de notre histoire commune l'annus horribilis que fut 1968. Maintenant, c'est carrément 65 ans d'histoire de France qu'il faudrait effacer, sinon oublier ! On baigne dans le déraisonnable le plus achevé.

  • Stratégie du pouvoir terrestre : attirer l'attention sur le céleste pour agir hors du regard critique

Mais pourquoi les gardiens de l'État républicain pourraient-ils vouloir ainsi amener une telle confusion des genres ?
Je crois qu'on a là le schéma classique des stratégies de la conversion du regard. Depuis la nuit des temps jusqu'à la philosophie libérale, en passant pas Staline et les autres, il y a une façon simplissime de gouverner les mains libres : on pointe le ciel, avec dans les yeux la lueur de l'espérance suprême, pour attirer tous les regards vers le ciel - c'est-à-dire ailleurs que là où l'action se déroule (sur terre) - dans l'attente de l'objet supposé de l'espoir existentiel de celui qui montre le ciel... Le détournement des regards laisse les mains libres à celui qui détient le pouvoir terrestre. Quand c'est ce dernier qui incite à un tel détournement des regards, on comprend immédiatement l'intérêt d'une telle incitation... "Regardez là-bas rutiler les feux de l'esprit et les braises de l'espoir ! Moi, je m'occupe de vos affaires d'ici-bas !" dit-il en substance...
J'ai développé ailleurs la profondeur d'une telle manipulation.

  • Incompatibilité foncière entre le sarkozysme et les Évangiles...

La pertinence tactique de cette manipulation est d'autant plus évidente que les catholiques représentent une part importante de l'électorat sarkozien. Les catholiques n'ont pas besoin d'être convaincus qu'ils doivent détourner le regard politique : il suffit de leur faire oublier les frasques peu catholiques de notre roi d'Maubeuge ; et si la manipulation convainc aussi les mécréants, c'est toujours ça de pris ! D'où le prosélytisme avancé par le gardien de notre Constitution républicaine.
Ceci dit, je me suis laissé dire qu'il y avait comme un problème : ce que prône notre bon Roi d'Maubeuge n'est pas franchement catho-compatible. Le grand mépris pour l'humain qui se dévoile dans le traitement de la question des immigrés n'en est que l'un des aspects ; il y a aussi la façon de traiter les hommes et les femmes que le capitalisme rejette sans vergogne et sans honte dans les profondeurs du dépouillement matériel, dans la pauvreté - après avoir utilisé leur force de travail ; façon de tout faire pour que l'enrichissement des uns (les moins nombreux) se fasse sur l'appauvrissement des autres (les plus nombreux)... Je n'ai jamais lu cela dans les fameuses "Bonnes Nouvelles".  Bien au contraire, quand j'étais petit, on m'a expliqué que la grande différence entre la vieille alliance (ancien testament) et la nouvelle alliance (christianisme), c'était l'humanité du divin, le Dieu fait homme, la valorisation de chaque vie humaine dans sa singularité et dans son humanité, etc. Quand le catholicisme veut fonctionner comme leurre au service du libéralisme économique, l'humain n'y est plus. C'est pourtant ce catholicisme-là, intégrisme de la plus belle espèce, que promeut le pouvoir terrestre en France aujourd'hui, la main sur le cœur et le regard vers le Très-Haut. Simon Weil (avec un W) ou Madeleine Delbrêl doivent se retourner dans leur tombe !
Je crois que nous sommes perdus. Que l'humanisme n'est plus de mise et que l'homme est condamné à subir toujours davantage les effets d'un capitalisme fournisseur officiel des règles sociales et économiques...
 

À moins qu'il ne nous faille, pauvres électeurs que nous sommes, aller déposer un cierge à Rita, sainte patronne des causes désespérées, pendant que frère Nicolas se paye notre tête et celle de nos enfants ?
Saint Bigard, priez pour nous !


27 mai 2007

Vol AF 796 pour Bamako

logo3Il y a à peine plus de deux heures, un message est tombé dans ma boîte aux lettres électronique. C'est un communiqué de RESF. Il contient le témoignage de passagers du vol Air France 796 Paris-Bamako d'hier en fin d'après-midi...
Je ne peux pas ne pas me faire relais de ce texte - que voici.


Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako.
Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l'avion. Une reconduite à la frontière classique.
Deux personnes tentent de contenir un homme d'une quarantaine d'années qui se débat violemment. On croit d'abord à une bagarre entre passagers. Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les policiers qui se font alors connaître. S'ensuit une scène d'une grande violence: l'un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l'autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n'a aucun effet sur les violences en cours.
L'un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un peu plus la responsable de l'opération, qui menace d'arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires.
Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que l'homme n'est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.
Sous les huées des passagers, l'homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l'évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l'homme est mort, ce qui fait encore monter d'un cran l'émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l'appareil, rajoutant à la confusion. C'est alors qu'une bonne dizaine d'agents de la Police des Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l'appareil.
Désigné par la responsable de l'opération, Michel Dubois, qui comme nous tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions. D'autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour menacés du même sort.
A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers, visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché: Michel pourrait réembarquer à condition que l'expulsé remonte lui aussi à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du retard de l'avion, et même de l'éventuelle annulation du vol. Michel devenait clairement une monnaie d'échange.
Cette proposition inacceptable est d'ailleurs tout de suite contredite par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et réitère ses menaces à l'égard des passagers qui campent sur leurs positions.
Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait état de "manœuvres" d'un individu refusant d'être reconduit dans son pays d'origine, et de manifestations d'une minorité de passagers pour expliquer l'annulation du vol.
Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l'état de santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied de l'appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.
Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il nous est d'ailleurs permis de douter, puisqu'afin de ne pas attirer l'attention des autres voyageurs, les policiers avaient d'abord décidé de le faire voyager sans le menotter).
Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d'avoir été pris en otage par les autorités et profondément choqués par l’attitude du Commandant de bord d’Air France qui n’est pas intervenu pour faire cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des passagers qu’il se doit d’assurer et en prenant la responsabilité de faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.
Nous sommes enfin révoltés d'avoir été contraints de devenir complices des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos yeux des actes d'une telle brutalité?
Pouvions-nous accepter l'arbitraire de l'arrestation de l'un d'entre nous dont le seul tort avait été de s'indigner et de parler avec les policiers pour tenter de faire cesser la violence? Il y a là une pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et inquiétante quant à l'état de notre démocratie.
Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas isolé, une bavure en somme. Nous savons qu'elle se reproduit quasi quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en relatant les faits le plus exactement possible.
Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l’a informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au passager Malien, nous n'avons aucune nouvelle de lui, et son état de santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours nous inquiètent au plus haut point.

Des passagers du vol AF 796.


21 juin 2013

L'horloge de Baudelaire

En cette édition 2013 de la fête de la Musique, je réalise un vieux projet : proposer une mise en musique du poème intitulé "L'Horloge", que Baudelaire publia dans L'artiste du 15 octobre 1860 et qui fut intégré dans la seconde édition des Fleurs du Mal (1861), sous le n°LXXXV.

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! "

J'en ai fait une chanson pour ensemble vocal, deux pupitres de femmes et un pupitre ténor-baryton : L'Horloge (fichier pdf). La lignebaudelaire_par_nadar des alti se dédoublant fréquemment, j'ai préparé également une édition sur quatre lignes (sopr., mezzo, alti et barytons). Une version un ton en dessous (pour le confort vocal des sopranes) est ou .

Le composant, j'ai pensé à ce groupe d'amis salariés du Conseil régional Nord-Pas de Calais que je fais travailler une fois par semaine, Chocoreg, et qui se produira pour la première fois ce 21 juin dans l'Hôtel de Région (chansons Renaissance française)... Ce groupe est composé d'amateurs en général non lecteurs. D'où la relative facilicité de l'exécution de L'Horloge. Du moins ai-je tenté une écriture simple - ce qui est relativement compliqué ;-). Par ailleurs, comme de nombreux ensembles vocaux, Chocoreg manque d'hommes. D'où la réduction à un seul pupitre des voix ténors et barytons.

Bref, du cousu main pour Chocoreg qui devrait aller comme un gain à maints ensembles.


 

 

16 novembre 2012

Archives personnelles de Bertrand Schwartz

th_200x100_bertrand_schwartzÇa y est ! Il est arrivé, le répertoire du fonds Bertrand Schwartz que j'attends depuis... !

Il est là, en ligne ! Formidable ! Les archives personnelles de l'initiateur de tant de réflexions collectives qui ont conduit à l'innovation sociale la plus avancée et la plus humaine sont enfin accessibles à tous ceux qui, de près ou de loin dans le domaine vaste de l'éducation permanente, sont ses héritiers.

Merci donc à la Région Nord-Pas de Calais !

archivesBertrand- - - - - - - -

Je me permets de donner à grands traits la préhistoire de ce répertoire, la petite histoire qui a permis ce travail.

Il était une fois un documentaliste spécialisé dans le secteur de l'éducation permanente. Il travaillait au CUEEP, lieu de toutes les innovations socio-pédagogiques des années 1970 à 1990 en région Nord-Pas de Calais. Et si cet organisme était lieu d'innovation, c'est qu'il avait été porté sur les fonds baptismaux en résonance avec les expérimentations que Bertrand Schwartz avaient menées en Lorraine. Une petite bibliographie permet de retracer cette action du point de vue de l'un des centres du CUEEP, celui de Sallaumines. C'est d'ailleurs de ce centre que provient la photo qui montre un groupe en formation dans les années 70 et qui orne aujourd'hui la page où la Région donne accès au répertoire du fonds Bertrand Schwartz...

Un jour de 1994, le directeur du CUEEP proposa au documentaliste de réaliser l'outillage bibliographique d'un colloque sur l'autoformation, colloque co-organisé avec le GRAF (à l'initiative de ce dernier, si mes souvenirs sont bons). C'était le 2ème colloque européen sur l'autoformation tenu à Lille en 1995. Le documentaliste se prit au jeu et établit, en réponse précise à la demande, une bibliographie signalétique assez ample. Cet outil fut rapidement mis en ligne puis mis à jour progressivement par les spécialistes de l'autoformation.
Mais le documentaliste se prit si bien au jeu qu'il alla plus loin que la stricte demande, travaillant plus précisément sur deux des intervenants à ce colloque, deux personnalités de la recherche qui avaient marqué chacun à sa manière l'écosystème de la recherche sur l'autoformation, je veux parler de Georges Lerbet et Philippe Carré. D'où un outillage bibliographique en trois partie : la bibliographie générale s'accompagnait de deux "bibliographies d'auteurs". Et c'est en réalisant ce travail que j'imaginai que produire une telle bibliographie sur la personne de Bertrand Schwartz serait d'un intérêt sans commune mesure avec toutes les autres personnalités qui ont développé l'innovation et la réflexion collective dans le champ pourtant riche de l'éducation permanente. L'écriture praticienne chez
Bertrand Schwartz n'était pas seulement écriture dans l'action et écriture sur l'action, comme toute écriture praticienne, mais aussi écriture pour l'action - cette troisième dimension étant peut-être ici la plus structurante. Je renvoie le lecteur intéressé par ces distinctions au sein de l'écriture praticienne au n°346 des Cahiers pédagogiques de septembre 1996 (p.59-60) ou au n°95 d'Entreprises Formation d'octobre 1996 (Cahier Point-recherche, p.I-V).
Bref, je me souviens avoir glissé cette éventualité d'un travail documentaire sur la production écrite de Bertrand Schwartz en note de bas de page de l'ouvrage qui restituait les actes du colloque, un numéro double des Cahiers d'études du CUEEP, publié en mai 1996 (n°32-33, 285p.) dont j'avais assuré l'édition et dont l'introduction fit l'objet d'une récriture pour Documentaliste-Sciences de l'information.
Je me souviens aussi en avoir glissé mot à Bertrand lors de l'un des repas du colloque où nous étions côte à côte, en compagnie de Joffre Dumazedier, Gérard Mlekuz, Gaston Pineau... Bertrand m'avait alors rétorqué que, pour lui, l'important n'était pas à la valorisation de ses écrits mais à son activité présente et future, à sa lutte permanente contre l'exclusion. Je rangeais donc mon souhait à la consigne des éventualités des jours prochains.

De fait, une dizaine d'années plus tard, Bertrand nous contacta, mon ami Patrick Girard et moi, pour organiser la mise à disposition du public de ses archives personnelles. Je n'en espérais pas tant. C'était l'époque où le monde de l'éducation permanente rendait un hommage appuyé à l'homme et à son oeuvre. Les universitaires suisses, l'équipe de la revue Pour (n°189, mars 2006), Louise L. Lambrichs, tout le monde s'y est mis. De mon côté, je pensais immédiatement aux archives de la Région Nord-Pas de Calais et pris contact avec la responsable du service. C'était en 2007. Avec le C2RP, la Direction de la Formation Permanente et le cabinet du Président du Conseil régional, nous organisâmes le 28 février 2008 une journée consacrée à notre homme, journée qui réunit nombre d'acteurs de l'éducation permanente et au cours de laquelle le Président et Bertrand échangèrent leurs signatures au bas du parchemin de la convention de dépôt d'archives personnelles.
Ci-dessous le schéma du projet qui conduisit à la journée du 28 février 2008, présentée en son temps sur le présent blog :

sch_ma_projet_FdsBS_retaill_

 

Pourquoi le Nord-Pas de Calais ? Parce que cette terre, Bertrand l'avait foulée à plusieurs reprises au cours de sa carrière d'expérimentateur. J'avais tenté un schéma sur Bertrand Schwartz en Nord-Pas de Calais, pour aider quelqu'élu qui devait prendre la parole ce jour-là.

BS_NPdC

 J'avais dirigé pour l'occasion un document bibliographique (à partir du fonds documentaire du C2RP), aujourd'hui accessible en ligne.

Bulletin Bertrand Schwartz 28022008 doc
 

Sur cette photo prise le 28 février par l'amie Catherine Schmitt, on reconnaît, de gauche à droite au premier plan, Marie-Noëlle Lienemann, Bertrand et Antoinette Schwartz, Jacques Delors, Claudine Carin, Daniel Percheron, Patrick Girard, Gérard Mlekuz (derrière Patrick Girard) puis, en costume clair tout à droite, Serge Évrard - tous deux hélas disparus depuis lors.

autour_de_BS__gd_

Bref !
Non sans quelques relances de ma part
, le traitement archivistique est donc en octobre 2012 réalisé et diffusé  - du moins pour cette première tranche du fonds...
Merci aux Archives régionales Nord-Pas de Calais !
Reste à engager la "valorisation documentaire" appelée de mes voeux depuis fort longtemps...


 

 

 

Publicité
30 décembre 2012

Partage

<< Lorsqu’il s’agit de penser les cultures numériques, le mot partage est imparfait et irremplaçable.

  • Imparfait, parce que dans la plupart des langues, son étymologie renvoie au découpage en parts d’un gâteau de taille fixe. Or, dans l’espace numérique, partager c’est multiplier, créer de nouvelles copies, les donner à d’autres, les rendre disponibles, sans en être pour autant privés.
  • Irremplaçable, parce qu’historiquement et culturellement, c’est bien le partage de l’information, de la culture, des connaissances et de l’innovation qui est au coeur des pratiques numériques.

<< C’est bien aussi la guerre au partage qui est le fil conducteur des politiques qui tentent de retarder le moment où chacun sera, selon ses souhaits et ses goûts, un distributeur hors marché (sans but de profit) de la culture au sens le plus large.

<< Le partage est légitime, utile et compatible avec les conditions d’existence d’activités créatives de qualité, pour peu qu’on s’en donne les moyens. >>

Début dicode l'article 'partage' du tout récent Dictionnaire politique d'Internet & du numérique, diffusé par le Journal du Net, coordonnée par Christophe Stener, avec introduction par Fleur Pellerin et avant-propos de Neelie Kroes (vice-Présidente de la Commission européenne). L'article est signé Philippe Aigrain, co-fondateur de La Quadrature du Net.

À côté de cet article, le chaîne 'partage' connaît 47 occurrences dans ce dictionnaire. À les analyser, on verra vite que la valeur du partage n'est pas la chose la mieux ... partagée. À preuve, s'il en faut, les négociations en cours entre USA et Russie.


19 décembre 2012

Visibilité sur le Web : une table ronde proposée par l'ADBS Nord-Picardie

ADBSnordpicardie logoLe vendredi 22 février 2013, de 9h à 12h, l'ADBS Nord-Picardie vous invite à une table ronde où seront abordés la recherche d'information, la rédaction Web, le référencement et l'accessibilité.

Quatre intervenants, spécialistes de ces domaines, feront le point et présenteront leurs métiers, leurs blogs et ouvrages : Olivier ANDRIEU, Sébastien BILLARD, Isabelle CANIVET et Véronique MESGUICH, co-présidente de l'ADBS. Bruno-Bernard SIMON animera la discussion.

Ça se déroule à l'ADULM, Agence de développement et d'urbanisme de Lille Métropole, sise au 299, Bvd de Leeds – Espace International – 59777 EURALILLE (Accès : M° Lille-Flandres ou Lille-Europe).

Pour mieux organiser cette journée, la délégation Nord-Picardie de l'ADBS vous demande de vous inscrire dès maintenant, par mail à cecilewibaux@hotmail.fr. Le nombre de places étant limité, vous avez intérêt à vous inscrire avant le 15 février 2012.


 

3 décembre 2012

Thesaurusportal

thesaurusportalAndreas Ledl nous propose portail allemand des thésaurus (sous blogspot).

Quelque 350 thésaurus (je n'ai pas compté), mono- ou multi-lingues.

Le spectre thématique, du coup, est assez large...

L'interface est sympa (classement selon plusieurs paramètres, visualisation,...).

 

C'est .

 

Je vais en profiter pour mettre à jour mon ringard mais utile thésauro-annuaire ;-)


 

6 janvier 2012

Un diplôme qui ne débouche pas sur un emploi...

Sarkozy_2« Un diplôme qui ne débouche pas sur un emploi ne mérite pas son nom de diplôme. C'est un mensonge de dire à des étudiants qui s'engagent dans certaines voies qu'ils auront un diplôme s'il ne débouche pas sur une place ». Voilà ce qu'a dit Sarkozy à l'adresse des personnels de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche, ce jeudi 5 janvier. Il poursuit en affirmant qu'« il faut accepter de dire que la première mission de l'école, c'est de préparer à la vie active. Il faut rapprocher l'école et le monde du travail ».

Tout est dit.

Pourtant c'est tout faux ! Ou plutôt un tel discours - qui n'est pas propre à celui qui l'a tenu jeudi - induit trop facilement en erreurs. Regardons de plus près.

Ce qui est indiscutablement vrai, c'est que les seuls emplois créés par la grâce de la formation (et donc des diplômes auxquelles elle prépare) sont les emplois nécessités par le fonctionnement de ladite formation, emplois qui relèvent de l'enseignement et de l'ingénierie éducative en général.
Ce qui est également indiscutablement vrai, c'est que les emplois se créent quand il y a risques de production de richesse comme dirait le sage économiste.

À l'autre bout de la chaîne du raisonnement malin, il y a le constat que les jeunes diplômés trouvent plus facilement du boulot que les jeunes sans diplôme. On a ici un phénomène bien connu où ce qui est en jeu n'est pas le nombre d'accès à l'emploi mais la distribution des demandeurs d'emploi dans la file d'attente à la porte de l'insertion professionnelle. En d'autres termes la qualité de la formation et donc du diplôme qui sanctionne la formation n'a aucun effet sur la création d'emploi, juste sur les chances de tel ou tel jeune d'être devant les autres (ceux qui n'auraient pas le même diplôme) dans la file d'attente.

NouvObsSarkoSi l'on s'en tient à ce niveau du raisonnement, celui qui un jour lança "casse-toi, pauvre con !" à un quidam a bigrement raison - avec les journalistes (ci-contre, couverture retravaillée par mes soins d'une livraison récente du Nouvel Obs) qui font un marronnier de ces questions de relation entre formation et insertion - de tenir les propos qu'il tient.

Reste que, malgré la gente journalistique et malgré Sarkozy, un diplôme n'a jamais "donné" du travail. Si l'on veut employer les mots justes, on dira qu'un diplôme place plus ou moins bien son détenteur dans la file d'attente des demandeurs d'emploi - ce qui n'est pas du tout la même chose ! En d'autres termes, ça organise, hiérarchise la fameuse "armée de réserve"...

Et tous ces gens feraient bien d'utiliser les mots justes, car leur rhétorique  donne implicitement raison par exemple à ces étudiants de médecine qui arrachent les pages des bouquins de la bibliothèque universitaire pour être les seuls à en connaître le contenu et à pouvoir ainsi bien répondre aux questions pointues du concours qui leur permettra de passer en année supérieure voire d'accéder au diplôme convoité par trop de monde, etc. Une telle valorisation de la compétition et de la concurrence entre les jeunes justifie que certains en écrasent d'autres - et pour des raisons qui ne tiennent pas au diplôme en dernière analyse, mais bien à des raisons de type sociales et très matérielles hors d'atteinte des logorrhées de la méritocratie béâte.

Mais il est très clair que toute cette rhétorique fallacieuse (méritocratie et croyance dans l'idée que la formation ou le diplôme donne du travail) n'a qu'un objectif : justifier que les offreurs d'emploi aient la haute main sur l'éducatif (le fameux rapprochement dont on parle tant), mais en faisant payer aux contribuables l'adaptation de la main d'oeuvre à leurs desiderata trop souvent incohérents.


9 septembre 2010

Journées du Patrimoine à Roubaix

JP10___plaquette_d_finitive_Page_01L'ensemble vocal
Cœli & Terra
participera, une fois encore,
à l'animation musicale des
Journées du patrimoine roubaisien.

L'information sur l'ensemble des manifestation roubaisienne est . La Voix du Nord en parle également...

Quant à l'ensemble vocal Cœli & Terra, il vous régalera à deux occasions :

  • Samedi 18 septembre, pour la pose du premier vitrail rénové de l'église Saint Joseph (vers 16h30), il chantera la messe (17h) ; les paroissiens vous invitent...
  • Dimanche 19 septembre, à 15h, il se produira à La Draperie, 5 rue de l'avocat , espace artistique qui abrite l'atelier galerie de l'artiste Hassan Zarrou
    [le nombre de places étant limité, nous vous conseillons de réserver au 06 88 56 24 61 ou au 06 84 09 96 37].
        


4 mai 2011

Avec des agents de développement des services d'utilité sociale et de proximité

Mettant le nez dans mes archives (je déménage bientôt !), je tombe sur une série de travaux d'écriture fourni en accompagnement d'un séminaire de porteurs de projets... Ce travail a donné lieu à exposé lors d'une journée régionale sur la question des avancées de la politique régionale en matière de développement territorial, plus précisément concernant la montée en puissance des services d'utilité sociale et de proximité...

20020325progr

Ce travail avait été l'occasion d'une écriture multiple et progressive. Le dossier est sur Tard-Bourrichon. Voici la petite synthèse finale distribuée le 25 mars 2002.


 

22 octobre 2010

ADBS - Enquête métiers octobre 2010

adbs_simple_BLEU_150Ça y est ! J'ai enfin fait mon devoir associatif : j'ai répondu au questionnaire de l'enquête métiers de l'ADBS.

Si tu ne l'as pas fait, camarade documentaliste et autre professionnel de l'information, il est encore temps : le questionnaire est  en ligne jusqu'au 29 octobre 2010 ! Il y en a pour quelques minutes. C'est super simple et, franchement, c'est un grand service qu'on rend ainsi à cette association qui rend tant de service aux professionnels de l'information et de la documentation et ne demande qu'a en rendre de toujours plus efficaces ;~)

AJOUT DU 27 OCTOBRE

L'enquête restera en ligne jusqu’au 15 novembre !

Notez bien qu'elle ne concerne pas uniquement les membres de l’ADBS mais tous les professionnels de l’information et de la documentation.
Vous avez donc encore le temps de faire circuler cette information dans votre réseau professionnel et parmi vos amis.


22 octobre 2009

La veille : de la collecte à la diffusion de l'information.

medium_Inauguration_Du_CDDP__Aime_CESAIRE_a_Champigny0Nadia Nelson nous offre la synthèse de la journée proposée en mai 2009 par le CRDP de l'académie de Créteil, (avec présentation des documents-source, supports des interventions [à l'heure où je poste ce message, les liens ne sont pas là ;-]).

J'ai déjà présenté cette journée sur Brich59, notamment mon intervention. Le compte rendu de Nadia Nelson restitue largement le propos de Marie-France Blanquet - passionnant.


17 septembre 2009

Beaux jours du racisme...

dassierSi je me souviens bien (?), le fondement pratique du racisme tient dans la généralisation d'un trait de caractère d'un individu pour stigmatiser un groupe d'individus... Je crois pouvoir dire que c'est comme ça que Raymond Aron, qui n'était pas vraiment un penseur de l'extrême, définissait le racisme.

Quand le président d'un club de foot dit qu'il ne sera pas"un président à la libanaise ni à l'africaine", faisant référence à la nationalité ou à la nationalité des parents (je n'en sais rien, je ne connais pas ces hommes) des présidents qui l'ont précédé, il fait bien fonctionner cette mécanisme détestable de la stigmatisation outrancière. Il tient bien des propos de nature raciste.

Que le président en question ait été très récemment et longtemps le directeur de l'information de la chaîne privée de télévision amie des politiques en place ne peut qu'accentuer le trait ! D'abord le trait de la confusion entre sport et politique, concrètement (Sarkozy comme vrai patron de l'information) et idéologiquement (le sport et la politique comme exacerbation du mythe de la concurrence comme seul fonctionnement possible). Ensuite le trait du pétainisme ambiant de ceux qui tiennent la gouvernance de notre si beau pays. Les propos de Brice de Neuilly ne sont qu'un épiphénomène parmi tant d'autres. C'est bien globalement que nous baignons dans un racisme diffus mais d'autant plus prégnant quand il s'exprime dans le cadre de la médiatisation du sport et/ou de la politique...

Triste pays des Droits de l'Homme !


29 mai 2009

Cœli et Terra aussi s'habille en EUROPE XXL

MsD62____12Cœli et Terra et Maurice Bourbon vous proposent un concert organisé dans le cadre d'Europe XXL, ce dimanche 7 juin à 17h30 à l'hospice Gantois de Lille.

Vous pourrez entendre :

  • Ah ! Morior ! de Guillaume Bouzignac (fin 16°-1643)
  • Tristitia vestra et Panis angelicus d'Henry Du Mont (1610-1684)
  • Da Jakob vollendet hatte de Johann-Herrmann Schein (1586-1630)
  • Quatre Madrigaux de Claudio Monteverdi (1567-1643), extraits du livre III : Sovra tenere herbette, La giovinetta pianta, Rimanti in pace, Ond’ei di morte
  • Slava de Strokine (fin 19°)
  • Deux extraits des Vêpres de Sergei Rachmaninoff (1873-1943) : n°1 et n°6
  • Messe Ex Machina de Maurice Bourbon (comp.2006)

Venez nombreux : l'entrée est libre...


13 décembre 2015

Souci républicain et effacement de la démocratie

Voilà.  C'est fait. Le F-Haine ne gouvernera pas la région Nord-Picardie. J'ai fini par me résoudre à voter pour la droite extrême pour emmerder endiguer la marée chaussée par l'extrême droite. Npdc

À mon corps défendant. Comme en 2002.
Reste qu'en 2002 on installait un homme à la tête de l'exécutif, qui avait face à lui une "représentation nationale" diversifiée.
Aujourd'hui c'est une assemblée qu'on a élue, une assemblée qui ne comprendra que des gens de droite - droite extrême et extrême droite. La seule opposition à Xavier Bertrand sera Marine Le Pen et sa clique qui claque des talons dans les couloirs de l'institution.
Drôle de démocratie en vérité - que le souci républicain efface si allègrement !
Mais avais-je vraiment le choix ?

On remarquera bien sûr que les régions dont la majorité est de gauche socialiste se sont vues imposer une triangulaire. En gros, quand le PS gagne une région, c'est contre deux adversaires, LR et F-Haine ; quand c'est le parti LR, ce peut être grâce aux voix des électeurs socialistes. Ça fait une sacrée différence ! Le ni-ni du roi d'Maubeuge et l'inexorable extrême-droitisation de l'électorat ont produit ce paradoxe qui veut que souci républicain et fonctionnement démocratique soient en contradiction concrète ! Car c'est bien grâce au souci républicain des gens comme moi que l'assemblée des conseillers régionaux ne représente plus la population de ladite région.

Bien sûr, le nouveau Président LR-de-rien va nous chanter qu'il roule pour tous les habitants de "notre belle région". C'est une parole, une promesse qui n'engage que ceux qui ont la faiblesse voire la lâcheté d'y croire. Car, mis à part quelques slogans et gestes - chargés de symbole il est vrai -, le comportement concret, hors de l'imaginaire qui l'entoure, sera quasi le même.

Je doute fort en effet que le nouveau Président LR de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie prenne à son compte les propositions politiques pour lesquelles 30% des votants du 6 décembre se sont prononcés. Bien sûr ces 30% sont loin d'être homogènes. Restent qu'ils avaient tous à leur programme politique des incitations à la justice sociale et à l'humanisme, valeurs particulièrement chétives dans le programme du nouveau Président LR, quoi qu'il dise ! Il suffit d'examiner leur rapport à l'écologie-la-vraie, celle qui met l'humain au centre du débat, pour se convaincre que LR ou F-Haine disent la même chose et que le nouveau Président LR continuera d'afficher son mépris pour l'écologie-la-vraie, celle qui met l'humain au centre du débat et de la pratique politique.

Quant au fonctionnement politique concret de l'institution régionale, il est clair que la démocratie est en deuil. Près du tiers des votants du 6 décembre n'ont plus de voix dans l'assemblée politique régionale...


 

3 février 2012

Xavier Delengaigne, Organiser sa veille sur Internet. Au-delà de Google... Outils et astuces pour le professionnel

Xavier Delengaigne, Organiser sa veille sur Internet. Au-delà de Google... Outils et astuces pour le professionnel, Paris : Eyrolles, 320 pages
Le sommaire est ici

Sur la 4èmede couv. :

  • Définissez vos objectifs et mettez en place un plan de veille
  • Interrogez efficacement les divers moteurs de recherche et trouvez tous types de contenus (images, sons, vidéos, PDF, présentations...)
  • Explorez la blogosphère et les microblogs, surveillez l'actualité, pistez les experts et suivez les tendances du Web
  • Personnalisez votre recherche (Rollyo, Yahoo ! Pipes...) et filtrez les informations
  • Automatisez votre veille grâce aux flux RSS et aux agrégateurs (Netvibes, Google Reader...)
  • Apprenez à évaluer l'information
  • Classez et représentez visuellement vos trouvailles grâce au Mind Mapping
  • Organisez et partagez vos trouvailles grâce au Social Bookmarking (Diigo, Delicious...)
  • Diffusez votre veille sur un blog ou sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Google+, Tumblr...)


Ce que j'en dis
Que dire d'un tel ouvrage, si ce n'est qu'il exacerbe et assouvit en même temps un phantasme excitant et douloureux, celui de tout documentaliste désargenté appelé à organiser une veille structurée ?
Son grand mérite est sûrement d'offrir un cheminement qui conduit des besoins aux outils, à l'inverse de cette satanée manie qui veut commencer par l'outil. Ceci dit, c'est bien une boîte à outils que propose Xavier Delengaigne, une boîte à outils pour se construire un process de veille à sa main et à moindre coût, une boîte à outils pédagogiquement structurée. L'ordre d'exposition est celui de la pratique professionnelle, de la préparation de la veille (première partie de l'ouvrage) à la diffusion de l'information (quatrième partie), en passant par la recherche sur le web (première partie), la collecte (deuxième partie), l'analyse, l’évaluation, le stockage et le traitement de l'information (troisième partie). Comme quoi la chaîne documentaire n'est pas si désuète que ça...

Malgré son sous-titre, ce livre est censé n'être pas destiné au professionnel de l'information et de la veille (p.VI), parce que, dit l'auteur, il est "déjà rodé" à la problématique de la veille et déjà équipé d'une méthodologie et d'un outillage élaborés. Je crois bien qu'ici, l'auteur s'illusionne quelque peu. Je peux témoigner que la compétence à la veille n'est pas vraiment la chose du monde documentaliste la mieux partagée. À preuve tous ces stages de formation à la veille, où le formateur constate que la définition de poste peut être handicapante de ce point de vue (je pense essentiellement ici aux professeurs-documentalistes), mais aussi que la floraison foisonnante et ininterrompue d'outils de toutes sortes peut faire l'objet d'une appréhension qui peut très vite devenir pathologique. Le travail de Xavier Delengaigne aura donc une vertu "curative", parce que les outils, nombreux mais chacun à sa place, sont présentés en toute simplicité pratique de façon à ce que la mise en main soit facilitée...
Ce livre n'est pas davantage censé être "une bible exhaustive des outils de veille disponibles en ligne" (p.VI). De toutes façons, l’exhaustivité ne saurait ici être de mise, parce qu'elle est tout simplement impossible. Si ce livre n'est pas la "bible exhaustive des outils de veille disponibles en ligne", au moins permettra-t-il au lecteur d'engager sa "veille au carré", sa veille2. Tel un bon ouvrier, le documentaliste se doit de prendre soin de ses outils.

Dans son avant-propos, l'auteur cite Jean-Yves Prax : "Apportez-moi l'information dont j'ai besoin au moment où j'en ai besoin". Il aurait pu citer notre père à tous, je veux dire Paul Otlet, quand, au début de son traité (1934, p.6), il déclinait les "buts de la Documentation"... C'est peut-être dire que la pratique de la veille est de tout temps inscrite dans la pratique documentaliste, et qu'elle constitue l'une des pratiques où la documentation montre ses tours plus pertinents et les plus efficaces. Quand, en 1999, la commission "métiers et qualifications" de l'ADBS travaillait à la définition des métiers de l'information et de la documentation, le veilleur apparaît comme une simple déclinaison du "documentaliste" : le rôle du "veilleur-documentaliste" y était d'"alimenter les décideurs d'une entreprise en informations sélectionnées et traitées en vue de les alerter sur l'évolution de l'environnement (technique, concurrentiel, économique, réglementaire, etc.) de l'entreprise et de les aider dans leurs prises de décision". Définition du documentaliste où l'on insiste à la fois sur l'objet de la vigilance et sur la finalité du travail, mais définition du documentaliste - ce qui donne un relief tout particulier au constat de la non préparation des documentalistes à la pratique de la veille.


19 mai 2011

L'ADBS Nord-Picardie fait son Assemblée annuelle sur la veille !

Logo_ADBSLa Délégation Régionale ADBS Nord-Pas-de-Calais-Picardie organise son Assemblée Régionale Plénière

le mardi 7 juin 2011
Université Catholique de Lille
Salle du Conseil
60 boulevard Vauban
Lille

Cette matinée se déroulera ainsi :

  • 9h00 : Accueil  
  • 9h15 : Assemblée régionale
  • 9h45 : Bruno RICHARDOT (Ingénieur d’études Université Lille1 - CUEEP) fera le point sur la norme AFNOR XP X 50-053
  • 10h30 : Présentation par Jean-Sébastien FRANC Chef de Projet Client chez Ixxo du logiciel de recherche sur le WEB Squido
  • 11h20 : Présentation par Nathalie Barbry (CCI LM) & Bruno RICHARDOT de quelques outils gratuits pour la collecte (et la diffusion) d'information
  • 12h00 : Cocktail

Nous vous espérons nombreux pour ces présentations qui nous permettront d’enrichir nos connaissances et peut-être d’améliorer nos process si ce n'est nos façons de faire...


Pour la bonne organisation de cette matinée, nous vous demandons de bien vouloir vous inscrire en ligne.


 

27 novembre 2010

Monteverdi Tango !

La Chapelle des Flandres, association roubaisienne,
et son ensemble vocal Biscantor !, ensemble de jeunes professionnels,
vous invitent à leur concert gratuit avec Noémie Capron, Juliette de Massy, sopranos, François Grenier, clavecin, Anne-Charlotte Dupas, violoncelle et Bogdan Nesterenko, accordéon.
biscantor3

De Monteverdi (1567-1643) à Piazzolla (1921-1992), en passant par Merula(1595-1665), Barbara Strozzi (1619-1677), Scarlatti (1660-1725), Haendel (1685-1759), Pauline Viardot (1821-1910) et Kurt Weil (1900-1950). 

Un superbe programme tout en couleurs contrastées !

Ce sera le jeudi 2 décembre,
à 20 h 30,

au théâtre Pierre-de-Roubaix,

boulevard de Belfort à ROUBAIX.

L'entrée est gratuite mais sur inscription obligatoire auprès de l'office de tourisme, tél : 03 20 65 31 90.


5 février 2010

Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Un jour - je ne dirai ni où ni quand -, il m'est arrivé une drôle d'histoire !

Un groupe d'enseignants et de quelques professeurs-documentalistes étaient réunis pour écouter la bonne parole d'un gourou ès intelligence économique & veille pédagogique, se posant volontiers en ostensible garant de l'ordre public et en inlassable dénonciateur des pratiques de piratage et de plagiat, oboulo et wikipedia en prenant ici pour leur grade. Le thème qui motivait un tel regroupement relevait de la problématique de la "culture informationnelle" telle que les enseignants du secondaire peuvent avoir envie d'en entendre parler, sans peut-être savoir exactement de quoi il retourne - expression relativement nouvelle, généreusement créée et abondamment utilisée par les professionnels de l'information et de la documentation, expression que lesdits enseignants tentent d'approcher, malgré les éventuelles peurs qu'elle peut susciter en eux. Courageux donc, ces enseignants, qui bravent leur propre peur et sont prêts à affronter un inconnu multiforme qu'ils ont le sentiment de partiellement connaître par ses usages - ceux de leurs élèves - et par ses promesses - celles du monde autorisé ambiant qui ne jure plus que par les ENT et autres merveilles de l'informatique webesque. 

Bref ! Le gourou fait le gourou. Rien d'extraordinaire en somme : il parle de lui et de lui, de ses interventions à des colloques à l'étranger, mais aussi de sa famille, femme et enfants - que des gens bien ! Il parle de ses étudiants aussi - de ses étudiants qui plagient comme on n'en peut plus, osant lui présenter des mémoires webpatch­workesques. C'est difficile à prononcer, je sais ! Mais faut qu'on s'habitue... Gourou nous cite maintes et maintes manipulations plagiantes dans des circonstances complétement folles ! Vraiment nuls ces étudiants : le gourou sait débusquer la faute morale et le manquement cognitif, sans faiblir ! Faut dire qu'il a la faconde, le gourou ! Un minuscule défaut d'élocution ajoute d'ailleurs je ne sais quel charme à cette "logorrhée verbale" (je mets les guillemets parce que j'emprunte cette exquise expression à un ami que je ne citerai pas mais qui ne mérite pas que je lui pique purement et simplement son expression - l'amitié n'autorise pas le vol), logorrhée verbale pourtant relativement vide d'apport informatif positif et transférable. Il parle de lui et de lui...

Bon !
Puis vient le moment où l'on comprend que la culture informationnelle est en fait la connaissance sinon la maîtrise d'outils webesques qui permettent de trouver de l'info sur la toile, la toile visible, la toile invisible, la toile entre deux, bref toutes les toiles. Un vrai musée !

Ils ne jurent tous que par Google ! Les imbéciles ! Imbéciles parce que, primo, il faut savoir l'utiliser le Google qui veut nous manger tout cru sans qu'on y puisse rien, et, secundo, il n'y a pas que le Google qui veut nous manger tout cru sans qu'on y puisse rien ! Et notre gourou de défiler alors une liste d'outils webesques. Moi qui m'étais glissé dans le groupe pour en finir avec mes bricolages en matière de veille stratégique (bricolage technique) et en matière de formation à la culture informationnelle (bricolage pédagogique), je dois avouer que je fus fort dépité lorsque, très vite, je me suis rendu compte que notre gourou s'était confectionné comme support exhibé de son intervention une stricte copie du superbe multipage consacré aux outils de recherche Web que tiennent à jour mes complices de l'ADBS, Clipboard01Véronique Mesguich et Armelle Thomas, en prolongement du non moins superbe Net recherche 2009 : le guide pratique pour mieux trouver l'information utile et surveiller le web que publie l'ADBS (3e édition, 2009). Un super copier-coller de pages html vers un document en .doc.
Encore a-t-il sélectionné à l'oral quelques outils particuliers, mais sans rien ajouter à la présentation si ce n'est de vagues expériences très personnelles (mon fils, ma femme, moi et les autres ).
Je crois donc
que j'ai bel et bien perdu ma demie journée ! Moi qui cours après le temps, c'est bien ma veine !

Sauf que j'ai tout de même appris quelque chose : les gourous sont (nécessairement ?) des filous. Car notre homme, à aucun moment, n'a indiqué la source du document qu'il exhibait comme sien. Notre pourfendeur du plagiat en était en fait un adepte ! Du coup, la seule valeur pédagogique ajoutée résidait dans la barde expérientielle dont il enveloppait l'information disposée par d'autres, comme la tranche de viande grasse voire de gras de viande qui entoure une belle pièce de viande. Sauf que le lard n'a jamais tenté de se faire passer pour du rôti - sauf en temps de grande misère...

Pauvres de nous !


29 septembre 2009

engrenages de la haine

Je lis sur le site de Libé que le jeune UMP Amine porte plainte parce qu'il a été insulté pour avoir défendu Hortefeux et son humour ravageur mais pas du tout, mais alors, pas du tout racisant.

Misère des misères ! m_1254240625
Misère des misérables !

Après les explications alambiquées (et très peu convaincantes) du ministre incriminé fort du soutien de toute la cour qui nous gouverne, voici la juridiciarisation des différends entre citoyens ! Au moins ici il n'y aura pas la dissymétrie qu'on observe dans l'affaire Clearstream. Mais quand même ! On se croirait aux States ! Le roi d'Maubeuge a encore gagné !!!! Pauvres de nous !


29 septembre 2009

Les dessous d'une cantatrice

InboxMa ami Bogdan l'accordéoniste nous avertit de la nouvelle création de la Cie Mots en musique à la Maison Folie de Moulin, le 2 octobre à 17h30.

Entrée gratuite

C'est au 47/49 rue d’Arras
(Proximité Parc JB Lebas)
[Tél : 03 20 95 08 82 / Fax : 03 20 95 92 00]

Les dessous d'une cantatrice est spectacle tendre et burlesque nous emporte dans une confidence musicale pour voix et accordéon. Au travers de ses émotions les plus intimes, la cantatrice reprend un répertoire d'airs d'opérettes, de chansons réalistes et nous fait vivre ses hystéries, son rock'n'roll et ses drôleries romantiques.

On peut visionner des extraits et ITW du spectacle cliquer ici.


18 septembre 2009

Refuser la privatisation du service public...

Samedi 3 octobre,
Votation citoyenne,
organisée dans tout le pays (Mairies, bureaux de poste, marchés…),
par le Comité national contre la privatisation de la Poste,
pour un débat public et un référendum sur le service public postal
(http://www.appelpourlaposte.fr/).

2270987390_481b218482
Photo : http://www.flickr.com/photos/exaim/2270987390/


12 janvier 2009

Cynisme ? Vous avez dit 'cynisme' ?

Un grand moment de rhétorique et une grande leçon de politique que ce communiqué majestueux :


Le cynisme d'Arnaud Montebourg

La rénovation vue par Monsieur MONTEBOURG, c'est le retour en arrière quand ce n'est pas le surplace ! Critiquer Nicolas SARKOZY quand il agit alors que le PS s'est habitué à regarder passer les trains sans réagir !
La référence à César est d'autant plus malvenue qu'elle vient d'un Parti socialiste qui croit pouvoir gagner la confiance des Français en utilisant des méthodes d'un autre âge ...
Le Parti socialiste qui s'apparente à une oligarchie, avec des dirigeants qui se sont cooptés et ont écarté ceux qui les dérangeaient, donnant des leçons de démocratie à une majorité qui s'efforce d'appliquer le projet sur lequel elle a été élue démocratiquement. C'est le comble du cynisme !

Frédéric LEFEBVRE
Porte-parole
Secrétaire national à l'économie
Communiqué de l'UMP, le 11 janvier 2009


De tels propos, dans la bouche d'un représentant ès-qualité du parti le plus godillot qu'on ait jamais connu de mémoire de citoyen vivant, ont quelque chose de pathétique, de très pathétique. Pauvre France ! Pauvres de nous, citoyens condamnés à une telle médiocrité intellectuelle ! Après la pensée unique (toujours là d'ailleurs), voilà la non-pensée, la pensée qui annihile la pensée ! Car, si on analysait à peine la teneur et le taux de fiabilité des propos tenus, on serait vite édifié... Nous en sommes à la rhétorique du "c'est celui qui le dit qui y est"...

Le cynisme, disent les meilleurs dictionnaires, c'est le mépris des conventions sociales, de l'opinion publique, des idées reçues, généralement fondé sur le refus de l'hypocrisie et/ou sur le désabusement, souvent avec une intention de provocation - ce qui n'interdit pas qu'on soit cynique par hypocrisie ou par calcul...
clipboard1On est, politiquement et moralement, ici, dans le cynisme puissance Sarko !

Et puis, il faut bien mériter ses galons. Sacré Frédo ! Alors, bientôt ministre ?


9 août 2009

Apprendre à lire à l'âge adulte

un article de Sophie Guesné paru dans Nord Éclair, lundi 20 juillet 2009

phpThumb_generated_thumbnailjpg

Giovanni et Bernard réapprennent les règles d'orthographe,
de conjugaison et de grammaire, en utilisant les nouvelles technologies.

Ne pas savoir lire, écrire ou compter, que l'on soit français ou étranger, représente un réel handicap au quotidien. Un handicap qui touche plus de 15,5 % des personnes de la région.

"Quand je veux retirer de l'argent au distributeur, je suis obligé de demander de l'aide au guichet. Quand je fais des courses, je n'arrive pas à déchiffrer les étiquettes. Je ne sais pas non plus lire les courriers que m'envoie l'ANPE..." Des exemples comme ça, Daniel, 49 ans, en a des tonnes. Il pourrait nous en parler durant des heures. Il y a six mois, il a décidé que ça ne pouvait plus durer : il a choisi d'apprendre à lire. Pourtant, Daniel est né en France, et a été scolarisé.
Comme lui, ils sont 350 000 dans la région à avoir des difficultés pour lire, écrire et compter. 350 000 illettrés. Qui ont oublié, ou qui n'ont jamais vraiment appris. À leurs côtés : des personnes d'origine étrangère, qui vivent en France, qui ont appris à parler, mais pas à lire ni à écrire le français. Tous se heurtent aux mêmes difficultés quotidiennes. Et professionnelles.

Le système D
À l'époque où il travaillait dans le vin, Daniel avait mis au point une stratégie : "Je ne savais pas lire les étiquettes, mais je me repérais grâce aux couleurs des cartons." Ahmed est arrivé d'Algérie en 1978. Lui aussi a rencontré des complications sur son lieu de travail : "Avant on me demandait juste du travail manuel, je n'avais pas de problèmes. Mais aujourd'hui, on nous demande de remplir des formulaires, d'envoyer des courriers..." Même constat chez Bernard qui a perdu son emploi faute de savoir faire des recherches sur un ordinateur.
Pour les aider, un certain nombre d'associations et structures proposent des cours, ou du soutien. Plusieurs formules coexistent. À l'ADEP, à Roubaix, on propose des cours du soir, deux fois par semaine. "Mais la majorité des "auditeurs" aimeraient en avoir davantage. Ils sont vraiment motivés !" , avance Sabrina, la formatrice de Ahmed. Et de la motivation, il en faut pour s'imposer deux heures de cours après une journée de travail. Au CUEEP de Tourcoing, les cours ont lieu la journée. Bernard et Giovanni, tous deux scolarisés durant leur enfance, s'y rendent plus de 10 heures par semaine.
Un véritable retour à l'école avec exercices de grammaire et d'orthographe. "C'est sûr qu'au début ça fait bizarre, mais l'ambiance est bonne, et on ne joue plus aux billes" plaisante Giovanni. Daniel, lui, est suivi individuellement, grâce à une association aulnaysienne.
Et avec un peu d'assiduité et d'efforts, les progrès peuvent être remarquables, comme chez Nassera : "Quand je suis arrivée en France il y a neuf ans, je n'osais même pas ouvrir la porte quand on sonnait : je n'aurais pas pu comprendre, ni parler. C'est pareil pour la lecture et l'écriture.
Aujourd'hui, je sais remplir un dossier."

logo_nord_eclair


Publicité
Publicité
Archives
Visiteurs
Depuis la création 262 735
Publicité