Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BRICH59
Publicité
20 janvier 2012

ah ! le Figaro !

lefigaro-coverC'est terrible ! Quand je lis le Figaro (ou quand j'entends l'Union des Minables Populaires comme le Fouquet's), il me prend souvent l'idée de lui appliquer la vieille devise de sioux qui consiste à suspecter quelqu'un de dire d'autrui ce qu'on devrait lui dire - ce qui fonctionne surtout, bien sûr, en cas de dire accusateur.

Regardez sur la Une d'aujourd'hui, où je serai enclin à lire "L'UMP [ou Sarkozy - on sait que c'est pareil ;-)] redoute une percée de Le Pen" puis, en bas, "La mauvaise conscience de l'UMP"...

Ah ! Le Figaro !


 

Publicité
26 décembre 2011

Un gouvernement à temps très partiel...

... pour cause de vacances ? Que nenni ! Tout juste pour animer la campagne électorale du non-encore-candidat-qui-sera-candidat, je veux parler du roi d'Maubeuge qui lance ses jeunes coursiers avant de se lancer soi-même...

figJe n'invente pas ! C'est pas mon genre ;-)

C'est dans le Sarkogaro, pardon le Figarkozy, vous savez le journal indépendant de droite ! En page 3 du quotidien papier de ce 26 décembre 2011, il est titré que les ministres préparent le terrain.

La journaliste indépendante responsable de cet article confondant, Anne Rovan, est ravie de nous montrer comment les jeux de pouvoirs entre petits amis du roi d'Maubeuge font la vie de ce gouvernement si proches des Français. Elle trouve ça normal la Rovan ! Elle trouve ça sensas ! Intertitre au hasard : Les jeunes pousses du gouvernement veulent croire qu'elles auront aussi leur place au soleil. Légende de photo, toujours au hasard : Laurent Wauquiez (Enseignement supérieur) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Écologie) pourraient tirer leur épingle du jeu à l'occasion de la campagne. Car ils sont nombreux les prétendants épinglables ! Il y a même plusieurs cercles : d'abord le premier sinistre soi-même et le sinistre droit-dans-ses-bottes, puis le petit cercle composé de Benoist Apparu (Logement), Valérie Pécresse (Budget), Luc Chatel (Éducation), Nadine Morano (Apprentissage) et Thierry Mariani (Transports), puis on élargit à Nathalie Kosciusko-Morizet (Écologie), Xavier Bertrand (Travail), Éric Besson (Industrie), Laurent Wauquiez (Enseignement supérieur), Édouard Courtial (Français de l'étranger), David Douillet (Sports). Bref une écurie en ordre de bataille pour la grande victoire. Bataille entre eux aussi - du moins j'espère bien ! Et que le meilleur gagne (après le roi d'Maubeuge certes) !

Et les membres du gouvernement - ces agents de l'État de haut rang si bien rémunérés - sont si proches des Français que, du coup, ces derniers payent la facture de la campagne électorale du bon roi d'Maubeuge grâce à laquelle chacun d'eux risque d'avoir une parcelle de ce pouvoir - qui prive les Français ordinaires d'une place au soleil, car, pendant que se déploie cet affairisme personnalisé, la misère et le chômage gagnent du terrain dans la population...
Moralité : en 2002, on a été obligé de voter Chirac ; dix ans après, on est obligé de financer la campagne électorale de ce si bon roi d'Maubeuge et de son clan !
Bonne année 2012 et vive la République !



20 février 2011

De Claude Nougaro à Jakob Obrecht

Tout le monde connaît Claude Nougaro, le Godspel et Johann-Sebastian Bach. Beaucoup de mélomanes connaissent Roland de Lassus, la Pavane et Johann-Hermann Schein. De nombreux mélomanes nordistes connaissent Claude le Jeune, Josquin Desprez et Jakob Obrecht... Si vous ne vous retrouvez pas dans cette foule, venez découvrir toutes ces musiques. Si vous vous y retrouvez, venez savourez le concert bigarré que vous offrent quatre ensembles vocaux :
ajout2

  • l'Atelier voix du Village d’Esquermes
  • l'Ensemble vocal Gospel Hope Singers
  • l'Ensemble vocal Hamadryade
  • l'Ensemble vocal Cœli et Terra

C'est le Concert du Printemps,
qui aura lieu le 19 mars 2011 à 20h.
en l'église St Martin d’Esquermes (Lille)


PREMIÈRE PARTIEAffiche_Concert_du_printemps

  • Atelier voix du Village d’Esquermes

Armstrong de Claude Nougaro
Belle qui tiens ma vie
(Pavane)
Tu es mon autre
de Lara Fabien et Rick Allison

  • Ensemble vocal Gospel Hope Singers

Rocka my soul
Soon I will be done
Oh, happy day
I want to be ready
He’s got the whole world

  • Ensemble vocal Hamadryade

Din di rin (Anonyme du XVIè siècle)
Bonjour mon coeur
de Roland de Lassus
Revoici venir du printemps
de Claude le Jeune
La Truite espiègle
de Franz Schöggl

DEUXIÈME PARTIE

  • Ensemble Coeli et Terra. Direction Maurice Bourbon

Salve sancta facies/Homo quidam de Jacob Obrecht (1450-1505)

Prima pars : Salve sancta facies
Secunda pars : Salve nostra gloria

Salve regina à 6 voix de Jacob Obrecht

Intonation : Salve regina misericordie.
Vita, dulcedo, et spes nostra, salve
.
Intonation : Ad te clamamus, exules, filii Eve.
Ad te suspiramus, gementes et flentes inhac lacrimarum valle
.
Intonation : Eia ergo, advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte.
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende
.
Intonation : O clemens
O pia

Intonation : O dulcis virgo Maria.

Da Jakob vollendet hatte de Johann-Hermann Schein (1586-1630)

Missa La sol fa re mi
(extraits) de Josquin Desprez (v.1450-1521)

Et incarnatus est
Crucifixus

Et resurrexit

Der Geist hilft (extraits) de Johann-Sebastian Bach (1685-1750)

Der aber die Herzen forschet
Choral : Die heilige Brunst

  • ajoutAvec tous : Immortal Bach (arrangement 1988 de Knut Nystedt)

11 octobre 2010

Politique & libido

235880Selon Madame Lagarde, les femmes projettent "moins de libido"que les hommes en politique comme en affaires.

  • Pour la première partie de l'assertion, Madame la Ministre commente-t-elle les lapsus de Rachida qui aujourd'hui font date ?

  • Pour la seconde, il est clair que Madame la Ministre a bigrement raison : le pouvoir actuel confond la politique et les affaires !

Dieu que la politique est belle !


5 juin 2010

Roubaix : ateliers de mémoire

Roubaix aime son histoire. Les roubaisiens aussi : plusieurs blogs paraissent, issus d'ateliers mémoire de Roubaix pilotés par des formateurs du CUEEP. C'est là. Allez-y voir !

atemem

Cinq blogs sont, à ce jour, ouverts :

À suivre !


Publicité
30 juillet 2009

Mais pour qui qu'i s'prend ?

photo_1248859210505_1_0Formidable, magnifique ! Tout y est : la proximité avec le "peuple" (la peopolité ?), la belle image d'affairé super-actif et quinqua toujours sportif et la machine rhétorique qui hisse les voiles au moindre signe de vent favorable...

Quelqu'un court béatement sous le soleil et fait un "coup de chaud" : ça arrive à de nombreuses personnes toutes plus imprudentes les uns que les autres. Juste de quoi se faire remonter les bretelles par le premier médecin généraliste venu, par la première infirmière venue, voire par le premier gugusse venu dépositaire de cette chose la mieux partagée du monde que serait le "bon sens".

Sauf que là, il s'agit du roi d'Maubeuge. Du coup c'est tout l'appareillage médiatiquemaj scribo-audio-visuel qui se met en branle, chantant en chœur les louanges du monarque si divin et pourtant si homme : Regardez comme il est actif notre bon roi ! Regardez, braves gens pantouflards, comme il est toujours au travail et comme il tient le rythme psychologique et physique ! Regardez comme son corps d'athlète est puissant malgré tout le travail politique que le peuple de France lui a prescrit et auquel il consacre quasiment toute son énergie, énergie qu'il a à revendre ! etc. Sans parler de l'UMP et du porte-grogne Lefebvre qui allait jusqu'à vouloir dramatiser à l'excès (parlant de problème cardiaque...). Tout y est jusque ces poignées de main de sa Majesté au corps médical qui s'est si bien occupé de son corps malade (on admirera dans ce cliché dû à L'Express le méta-signe intégré : suivez la flèche !)...

SARKO_france3Mais refaisons l'histoire.
Le
roi d'Maubeuge nous dit, après l'histoire du malaise et le constat de l'émotion universelle qui s'en est suivie (au moins universelle à l'UMP), que son corps appartient à la Nation puisqu'il est l'élu des Français [je souris sous cape : ce n'est sûrement pas son petit corps musclé que les Français ont fait la bêtise d'élire en mai 2007 - du moins je l'espère !], ce qui est contradictoire avec le fait qu'il n'ait pas encore tenu sa promesse de bilan médical régulier [une promesse non tenu par celui qui fait un argument perpétuel du "je fais ce que je dis et je dis ce que je fais", diable !]. Mais passons ! Il est tellement occupé à de vrais objectifs ce roi (comme, par exemple, tisser la toile dictatoriale) qu'il ne met pas la priorité à de choses si peu stratégiques pour la France que son petit corps musclé ! Quelle abnégation dans le narcissisme !
Commentant, hier du haut du perron de l'Élysée, son message sur FesseBouc, il explique qu'il y a de nombreux "supporters" et qu'il est donc naturel qu'il s'y intéresse [comme si c'était sa Majesté en personne qui tenait le clavier !]. On notera le terme 'supporter', d'habitude utilisé dans le registre sportif. C'est donc bien cet aspect-là de son auguste personne que le
roi d'Maubeuge veut mettre en avant. Il est et sera toujours sportif ! Sauf que faire un malaise comme l'autre jour relève de l'amateurisme le plus confirmé en matière de pratique sportive, non ?

Nous sommes bien gouvernés !


21 octobre 2009

Doing More with Less

Depuis les débuts de l'industrialisation de la formation (années 90), on entend la même rengaine : faire plus (et mieux ajoutait-on à l'époque) avec moins de moyens. Ça ne date pas d'aujourd'hui, ni même de l'arrivée de l'ultra-libéralisme au pouvoir en France. Ce dernier a juste ajouté quelques fleurs rhétoriques du style "travailler plus pour gagner plus" et autres attrape-couillons.

38408863L'OCDE, instance importante du libéralisme débridé, veut perpétuer l'excellente idée selon laquelle ce n'est pas la fin qui justifie les moyens, mais l'enrichissement des riches qui les diminue. En effet, le Programme de l’OCDE sur la gestion de l’enseignement supérieur (IMHE) vient de lancer un appel à contributions pour sa prochaine conférence générale sur L'enseignement supérieur dans un monde en profonde mutation : faire plus avec moins les 13-15 septembre 2010. S'agissant de l'enseignement supérieur, on pouvait s'attendre à une réflexion internationale sur la qualité pédagogique, sur le partage des savoirs, sur la formation des enseignants, sur la vie étudiante... Eh bien non ! le (moins de) flouze, le (moins de) fric, la tune (en moins), le (moins de) pognon, le (moins de) "nerf de la guerre" comme on dit si bien...

Cette conférence représente une opportunité unique de présenter à une audience internationale prestigieuse, dit l'annonce de l'OCDE, les idées fumeuses qui laisseront les riches s'enrichir et les services publics fonctionner avec toujours moins de moyens. La conférence se tiendra au siège de l’OCDE à Paris. La date limite pour déposer ces fumerolles assassines est fixée au lundi 4 janvier 2010. Joyeux Noël et bonne année à l'enseignement supérieur !


25 octobre 2008

caméra caché vs journaliste censuré

Jusqu'où peuvent s'"infiltrer" les journalistes ? Telle est la question du temps présent !
À cause d'une émission récente : “Les infiltrés”, sur France 2. Il s'agit d'un magazine d’investigation dont les enquêteurs se déguisent, mentent et piègent pour dénoncer. Et la question hyper-éthique est alors :  la fin justifie-t-elle les moyens ? Télérama réclame même l'avis de ses lecteurs ou plutôt des visiteurs de son site...
Foutaises !
Il y a cinq mois, je me suis posé d'autres quesrtions ! C'était une soirée entre pros de l'info, ce mercredi 18 juin au soir. Je m'étais invité à une réunion entre journalistes, organisée par l'association "çapresse", sur le thème suivant : Comment résister aux nouvelles formes de censure des journalistes ? C'était à Paris, rue des petites écuries, dans les locaux de l'EMI-CFD.
Quatre intervenants dont la parole a été distribuée par un cinquième journaliste à l'esprit de synthèse aiguisé, quatre intervenants aux profils professionnels différents  (photographe, rédacteur en chef photos, journaliste d'investigation). Une assistance nombreuse (une cinquantaine de personnes), apparemment composée de journalistes, au sens générique du terme. J'avais le sentiment d'être le seul documentaliste. Aussi me suis-je tu.
Autant le dire d'emblée : la question n'a pas été traitée. Il n'y avait pourtant pas hors sujet : la séance a plutôt tourné autour de la question de la définition de la censure, plus précisément autour du décryptage qui seul permet d'approcher la réalité de ces fameuses "nouvelles formes de censure des journalistes". Forme active de la conscience, toute résistance est résistance contre. Pour résister, il faut donc d'abord identifier contre quoi.
Bref, voici ce que j'ai pu noter lors de cette discussion entre journalistes, non sans y ajouter mon grain de sel, sans honte aucune, ni sans vergogne. Ce sont mes notes d'il y a cinq mois, que je n'ai ni revues ni retouchées depuis. Je les livre ce soir, à cause de la "caméra infiltrée".

1.fabrique-manipulation de l'information par DirCom ou DirPub

  • le journaliste n'est que le diffuseur
    cf. pendant la campagne présidentielle le diktat de l'UMP
  • le journaliste est "manipulé"
  • le journaliste est "embarqué"
    cf. les journalistes de guerre pris en charge par les autorités militaires
  • le journaliste est mystifié
    cf. les storystellings...

2.intervention explicite sur l'information

  • pour modifier
    cf. les retouches de photos (les bourlets du Président)
  • pour interdire
    cf. ... les exemples récents ne manquent hélas pas !

3.décridibilisation des journalistes

  • attaque de la personne du journaliste
    nombreux exemples
  • stratégie de pression en retour
    cf. la veille presse conduite par l'UIPP et la pratique de réponse prolixe systématique
  • affaiblissement de la portée de l'information dérangeante
    par exemple par le vacarme informationnel, ou tout simplement par la démonstration de la fragilité (risque de non fiabilité) de l'information dérangeante

4.vacarme informationnel
        noyer l'information dérangeante dans un flot démesuré d'information sans importance

5.brouillage des lignes qui séparent les catégories de presse
        presse d'information / presse people & starisation des personnalités politiques ;

6.autocensure
     intériorisation - consciente ou non, volontaire ou non - de la nécessité des petits et grands arrangements

  • raison idéologique
    no comment
  • raison économique
    le journaliste ne peut agir contre la survie économique de son entreprise ;
    énorme paradoxe existentiel : publicité, industrie du mensonge, comme condition de possibilité de (sur)vie de l'information...

Si on tente un tableau à double entrée des censures, on peut distinguer entre les trois instances de l'information (journaliste, information et secteur) et entre les trois moments de l'information : moment de sa fabrication (notamment les conditions de travail du journaliste, les situations où l'information se fabrique), moment du fabriqué lui-même, et moment de sa diffusion. Cela donnerait le tableau suivant.

tableauCensures

On est loin de la caméra cachée, non ?


30 janvier 2009

Quand on n'a rien à dire, on parle pour les autres...

bertrand_3..., c'est ce qu'a fait le secrétaire général de l'UMP hier soir en duplex depuis Bruxelles au cours de l'émission animée par Arlette Chabot, alors qu'il échangeait avec Martine Aubry. Pour amoindrir l'impact politique de la foule manifestant hier, il lance la géniale idée que, face à celles et ceux qui tiennent banderoles dans la rue, il y a cette majorité silencieuse qui a travaillé et donc mérité de la patrie...

Majorité silencieuse !
Voilà une de ces expressions qui me ravissent !
Voilà une de ces expressions comme je les aiment : aussi vides qu'il est possible !
Voilà une de ces expressions-interlopes, d'autant plus interlopes qu'elles sont creuses, c'est-à-dire propices à la cachette, et qui, du coup, fleurissent dans la logorrhée politique...

Parce que je pose la question : c'est quoi la majorité silencieuse ? C'est qui ?
Tous ces Français, fort nombreux et majoritaires dans le pays, qui, entre 1939 et 1945, par ce fameux pragmatisme si cher à notre gouvernement, ont "pactisés" avec l'occupant, ont accepté silencieusement le joug, voire ont "collaboré" (cf. la floraison des lettres anonymes de dénonciation pendant ces années troubles de notre histoire) ?
Tous ces allemands, fort majoritaires également, qui, au début des années trente, ont laissé s'installer l'une des dictatures les plus meurtrières de l'histoire européenne ? Etc.
La liste est longue des situations où le silence de la majorité est condamnable, où la majorité est coupable de se tenir dans le silence - coupable a posteriori, étant donné les conséquences de son silence, mais coupable a priori, étant donné les motivations de son silence...

En tout cas, sur ce sujet, je n'ai qu'une réplique et une seule :

Que celui qui parle au nom de la majorité silencieuse se taise, car, s'il parle en son nom, il la rend bavarde et elle n'existe plus !
Celui qui prétend parler au nom de la majorité silencieuse
tue la majorité silencieuse !

En fait, la majorité silencieuse est de l'ordre du désir (dont la mort répond à l'assouvissement), désir de celui qui veut prendre le pouvoir, désir de tyran... Invoquer la majorité silencieuse pour inviter à penser qu'on a raison est un acte de la tyrannie ordinaire.

Du point de vue informationnel, c'est ni plus ni moins de la manipulation de l'opinion. Et de la plus belle espèce ! En effet, ceux qui n'ont rien dit doivent accepter ce qu'on leur prête comme discours - sans quoi ils ne font plus partie de la majorité silencieuse. Bref,

celui qui prétend savoir ce que pense la majorité silencieuse
est un mage
 !
Ou un charlatan !

La seule façon d'empêcher cette sophistique politique trop simple et trop efficace est de ne plus se taire. C'est aujourd'hui plus que jamais un impératif.


3 avril 2008

Bruxelles a les portugaises ensablées...

Après la surdité ultralibérale au refus populaire français du libéralisme européen, voici l'autisme des eurocrates libéraux !

EUROPE : « DEBATE EUROPE » - LA PAROLE AUX CITOYENS
La Commission européenne souhaite accroître la participation des citoyens au processus de prise de décision de l'Union

lit-on dans les sphères européennes !DebateEurope Je trouve ça vraiment très fort ! Du style : "nous les forcerons à être libres" (entendu au début des années soixante-dix dans la bouche d'une prof de la Sorbonne qui réagissait à des mouvements étudiants) - en clair : contraignons-le, ils comprendront plus tard qu'on avait raison de la contraindre ! En gros la technique, vieille comme le monde, de l'infantilisation idéologique.

C'est d'autant plus très fort de la part des eurocrates libéraux que la posture populaire française de refus est intégrée au attendu de ce dispositif : puisqu'il n'y a pas eu de plan B, voici le plan D...
Lis donc, camarade, ce qu'on trouve sur la page d'accueil du site mis en place pour ce plan D :

Aidez-nous à façonner l'avenir de l'Europe ! Participez aux débats et donnez-nous votre avis sur les enjeux auxquels l'Europe est aujourd'hui confrontée.
Pensez-vous que l'Europe va dans la bonne direction ? Pensez-vous que les institutions sont utiles dans les domaines importants ? Pensez-vous qu'elles interviennent trop dans des domaines secondaires et pas assez dans d'autres, comme l'emploi et la protection des consommateurs ? Que pensez-vous du débat sur le changement climatique ?
Où doivent s'arrêter les frontières de l'Europe ? Ne laissez pas passer l'occasion de donner votre avis sur la voie à suivre !

Sûr ! On n'a pas voulu tenir compte de mon avis en mai 2005, et je le donnerais maintenant, contraint, du coup, de laisser croire que je valide la démarche ? Je crois que les eurocrates prennent les gens pour des couillon(ne)s !


31 août 2008

Quelques lectures d'été : de fil en aiguille...

Cet été, j'ai lu quelques articles et ouvrages. Plaisir du temps de lire. Étourdissement des fils qui s'entrelacent, finissant par tisser un enchevêtrement unique et provisoire, aux mesures du lecteur particulier à un moment particulier... Et cette histoire-là est sans fin, car, au fil de la lecture, des visions d'entrelacs apparaissent fugaces ou tenaces, des livres se montrent qui, non encore parus, attendent d'être lus...

Comme celui de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé (à paraître en septembre chez Fayard). Éric Rouleau l'avait annoncé dans la livraison de mai dernier du Monde Diplomatique. Dans celle d'août, l'auteur présente sa thèse. Je te laisse la liberté de lire, lecteur curieux. Sache seulement que cet article éclaire d'un jour tout neuf l'histoire de ce peuple dont le "destin" embarrasse la conscience européenne depuis des siècles. Ce texte démystifie pas mal de choses (le judaïsme comme religion comme les autres ; la relation entre les juifs et leur Dieu comme simple relation entre le croyant et son Dieu ; la filiation divine des juifs comme mystification théologico-politique ; etc.) et dynamise les analyses que rapporte Étienne Balibar dans sa contribution à l'Agenda de la pensée contemporaine (« "Dieu ne restera pas muet" - à propos du sionisme : messianisme et nationalisme », in Agenda..., n°9, Flammarion 2007). Voici mon schéma de lecture des pages 30 à 45 de cette contribution (le pdf correspondant est ici) :

Balibar2007a

Analyses et lectures à suivre donc...
On est bien loin de la sortie d'Alain-Gérard Slama le mardi 8 juillet sur RTL ("Il y a souvent des liens entre la virulence dans la dénonciation de l'argent, des riches, et puis l'antisémitisme"), que commente Vincent Cheynet dans la dernière livraison de La Décroissance (n°52, p.5) et qui a fait parler d'elle sur le web à l'occasion du lynchage d'un journaliste de Charlie Hebdo (Siné)[1]. Balibar, lui au moins, réfléchissait. Voici le schéma que je titre de sa réflexion (pdf ici) :

Balibar2

[1]  Voir le point proposé par Patrick Rimbert sur cette affaire.


20 juin 2008

Chemins détournés

Clipboard01Europe baroque : Bach, Blow, Bouzignac, Du Mont, Alessandro et Domenico Scarlatti, Schütz... Le chœur de chambre Cœli et Terra vous emmène dans les jardins du Centre Spirituel du Haut-Mont le 28 juin 2008

Depuis quelques années, Maurice Bourbon et Cœli et Terra renouvellent la forme du concert, dans leurs spectacles Sur un  fil. Sur un fil continu...

Ici, textes et musiques... Le public suit les chanteurs et les lecteurs de bois en bois, de chemins en chemins, autour d'une pièce d'eau. Au fil des évocations, il rencontre ... peut-être ... des personnages célèbres ... d'Artagnan ... Apparaissant, disparaissant, le chœur et les lecteurs jouent avec les espaces. Jusqu'au point d'orgue, jusqu'au silence, dans la Chapelle du Centre. Un moment fugitif, conçu spécialement pour les lieux.

Lieu
Centre Spirituel du Hautmont
31 rue Mirabeau - 59420 Mouvaux


Programme

Horaires
Promenades musicales (Cœli et Terra) à 15h, 17h30, 20h30. Promenade photographique : mise en espace d'un travail photographique de Stanislas Kaminerov

ENTRÉE GRATUITE


En cas de mauvais temps la promenade musicale se fera dans la Chapelle...

Une production Des jardins en Musique
http://www.jardins-en-musique.com
http://www.artmateur.eu/   
http://www.surlespasdedartagnan.com/


2 janvier 2008

À quoi sert "l’identité nationale" ?

Le Comité de vigilance sur les usages de l’histoire (CVUH) nous invite, Jeudi 10 janvier 2008, à la conférence de Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS: À quoi sert "l’identité nationale".
Cette conférence reprendra les grandes lignes de l’analyse développée dans l’ouvrage qui a inauguré la collection du CVUH (Ed.Agone, 156 pages, 12€; en librairie depuis fin octobre 2007) :

  • Genèse de l’expression "identité nationale", et ses équivalents ("âme nationale", "caractère national", etc.), pour montrer qu’il n’existe aucune définition scientifique satisfaisante.

  • La question de l’identité nationale, enjeu politique majeur depuis l’affaire Dreyfus.

  • Comment le clivage droite/gauche autour de l’identité nationale a été réactivé pendant la campagne électorale du printemps 2007.

La conférence commencera à 19H00. Elle durera une heure et sera suivie d'un échange avec les participants. Elle aura lieu à la Sorbonne dans l’amphithéâtre Bachelard (galerie Gerson, entrée place de la Sorbonne).

identitenatid1bb_1cf87

Moi qui ne suis pas parisien, je ne pourrai assister à cette manifestation. Merci aux parigots de nous en poster un compte-rendu !


19 octobre 2007

information urgente

Le libéralisme a lancé son offensive sur les conditions de travail et les conditions matérielles d'existence des salariés. Une minuscule majorité de Français en a décidé ainsi, constituée, pour la différence avec la grande minorité qui n'en voulait pas, de retraités.
Et ce sont les retraites des actuels actifs qui constituent l'un des principaux fronts de bataille actuel du libéralisme. Il est clair que ce n'est une petite partie de l'activité du front ultra-libéral, qui entend, au bout du compte, défaire tout ce qui a été fait depuis 1944 (cf. le fameux récent article de Denis Kessler dans Challenge). Le Général doit se retourner dans sa tombe !

En attendant mieux, je vous propose un document diffusé par les cheminots CGT du Nord-Pas de calais, qui montre l'entourloupe gouvernementale :

retraite

Si la partie droite de cette image n'est pas visible (ce qui arrive trop souvent sur ce blog!),
cliquez droite sur l'image et affichez-là, elle vous apparaîtra entière...

avec un graphe parlant :

retraite1

Si la partie droite de cette image n'est pas visible (ce qui arrive trop souvent sur ce blog!),
cliquez droite sur l'image et affichez-là, elle vous apparaîtra entière...

J'aimerais bien que messieurs Fillon et Bertrand commente ce document. Mes colonnes leurs sont ouvertes.


14 mars 2007

UMP & magistrats...

EnsembltoutdevLu sur le site du Monde interactif

Quand le parti politique du ministre-candidat - et de son aide de camp le Garde des Sceaux - appelle au ralliement des magistrats à la cause du  "ENSEMBLE TOUT DEVIENT POSSIBLE"avec Sarkozy, cela est si naturel que ledit parti ne s'en cache même pas (cf document ci-contre).

Quand un magistrat exprime son ralliement à la candidate socialiste, alors l'aide de camp du candidat UMP se fâche tout rouge en colère et menace du haut de son autorité ministérielle, demandant juste des "explications"...

C'est beau la justice, quand même !


30 avril 2007

Sarko for ever

Je viens de recevoir le mail suivant :

Serge Portelli est membre du Syndicat de la Magistrature.
Son livre - que vous trouverez en pièce jointe - concernant le bilan de Sarkozy vient d'être "empêché de publication avant les élections".
Diffusez largement ce livre sur le bilan de Sarkozy, qui vient d'être censuré par l'éditeur MICHALON qui vient mystérieusement de renoncer à l' éditer au dernier moment, empêchant toute publication chez un autre éditeur avant les élections. Rappelons que le directeur des éditions Michalon, Yves Michalon, est un ami personnel du candidat UMP à la présidentielle...


Bien sûr, je n'ai pas eu le temps de lire cet ouvrage. Juste feuilleter - façon documentaliste professionnel... En voici la page 3 :

Portelli__sommaire

Si vous souhaitez lire l'ouvrage (© Serge Portelli, mars 2007. Diffusion par Internet: http://www.betapolitique.fr. Licence de mise à disposition Creative Commons NC-BY-SA), il est sous l'image de la page 3... Yakakliké!

Bonne lecture !


25 avril 2006

10c.Lire la presse en collectivité locale

imageCette page est destinée aux agents des collectivités territoriales auprès desquels j'interviens en février-mars 2007. Il s'agit d'une action de formation dont l'objectif est d'améliorer l'efficacité de lecture en vue de la réalisation d'un panorama de presse quotidien diffusé en interne (intranet).

Les documents pédagogiques créés pour cette occasion restent accessibles :

  • le topo, tout d'abord, (powerpoint dont l'ouverture nécessite un mot de passe - si votre version de powerpoint ne réussit pas à ouvrir le fichier, demandez-moi une autre version du fichier) propose des liens vers des sites qui permettront de prolonger quelques aspects du sujet en autoformation, ou, tout simplement, de se tenir informé des évolutions de la problématique...

  • puis un dossier plein d'exercices corrigés (zip dont l'ouverture nécessite un mot de passe - le même)...

  • enfin, juste avant que la cloche ne sonne, nous avons commencer de lire un article ancien de François Brune (Monde diplomatique, il y a plus de dix ans!) : "De l'idéologie aujourd'hui".  Le lien vers le texte (merci au Monde Diplomatique) et des résumés de tailles différentes sont déjà en ligne et accessibles sans mot de passe. La page a d'ailleurs été transportée par un webmaster qui défend l'idée libertaire sur son site très très intéressant et plein de bons textes (je ne parle évidemment pas de mes résumés !).  Quant au travail de condensation qui a permis d'écrire ces résumés de tailles différentes, il fait l'objet d'un document spécifique et réservé (me demander le mot de passe - qui est différent de celui que j'ai utilisé pour le topo et le dossier d'exercices).

Pour contacter le formateur, même après la formation (mais bien en rapport avec celle-ci), on peut cliquer ici.

mise à jour : 1 nov. 2007
retour à l'index


23 mars 2013

concurrence et coopération

J'ai toujours pensé que la concurrence - moteur psychologique du libéralisme et de l'individualisme sociopolitique en général - était un engin de mort alors que la coopération - moteur psychologique du socialisme réel et du collectivisme sociopolitique en général - était un engin de vie.Thanatos d'un côté, Eros de l'autre...

Quand deux concurrents se rencontrent et que le résultat de la rencontre n'est pas nul, l'un des concurrents meurt - à moins que ces deux concurrents ne se soient entendus (alliance dite objective) sur le dos d'un troisième à abattre. Quand deux coopérants se rencontrent et que le résultat de la rencontre n'est pas nul, cette dernière permet la naissance d'une nouvelle entité construite sur la coopération. Dans le premier cas, 1+1=1 dans le second 1+1=3. Ça fait un sacré distingo, non ?

Quand on regarde l'histoire des mot - qui n'est jamais fortuite -, les choses sont également claires : très tôt (dès le latin médiéval) la concurrence tire son énergie de la rivalité alors que la coopération tire sa force de l'adjonction de forces pour une oeuvre commune (le latin chrétien parle de "part prise à une œuvre faite en commun").

logoBref, du coup la septième séance, le 19 mars 2013, de la saison 2012-2013 du Séminaire mensuel de la Fondation Copernic, PENSÉES ET PRATIQUES D’ÉMANCIPATION, en partenariat avec la revue Mouvements et avec le soutien du programme ANR UTOPIES19, intitulée LA COOPÉRATION CONTRE LA CONCURRENCE ne saurait me laissé indifférent. À regarder de près, ici.


20 janvier 2012

Déshabiller qui ?

Les principales mesures annoncées à l'issue du sommet social tenu mercredi à l'Elysée porteront sur l'activité partielle, le budget de Pôle emploi, la réforme de la formation professionnelle et l'emploi des jeunes. Le dispositif représente une dépense totale de 430M€, financée par redéploiement. Telle est la formulation de l'information par l'ANACT.

Sarkozy_gaucheEnfin une formulation claire d'où il ressort qu'on n'est pas à la hauteur des 500M€ affichés par Le Figaro.

D'où il ressort également que ces 430M€ vont être ponctionnés sur une enveloppe promise à d'autres politiques. Les quelles ? L'éducation, le logement, l'action sociale, la santé etc. Le saura-t-on explicitement un jour !


 

11 janvier 2012

Le libéralisme comme entrave ;-)

Lille : la station de métro République sera difficile à emprunter demain : les voies d'accès en seront restreintes.

Sarkozy_gauchePourquoi ? Parce que le Président de la ... République vient à Lille adressé ses voeux à la communauté fonctionnaire !

Comme quoi la paranoïa sécuritaire du roi d'Maubeuge ne connaît que peu de limitation ! Elle va jusqu'à limiter la liberté de déplacements des travailleurs et citoyens... Ce n'est certes pas la première fois : quand il n'était encore que ministre mais je l'appelais déjà Nicolas Collusionis Rex, sa visite priva les petits enfants de moyen de déplacement pour aller à la cantine des écoles de Lambersart...


27 décembre 2011

Un thésaurus européen des instruments de musique

MIMO_logoMIMO, c'est le musée en ligne des instruments de musqiue, musée européen dont La Cité de la Musique est l'opérateur français.

Voici comment il est officiellement présenté à la Cité de la Musique : Articulé avec Europeana dans le cadre du projet de bibliothèque numérique européenne, avec la participation de la Cité de la musique, le projet MIMO vise à créer un point d'accès unique à l'information et aux ressources numériques concernant les instruments de musique détenus par les musées européens. Ainsi, les ressources numériques de onze grands musées européens pourront être moissonnées à partir des bases de données de ces derniers et mises à disposition de tous. Il s'agit notamment de 45 000 images d'instruments, 1800 fichiers audio et 300 clips vidéo. Présentation, news, événements, newsletter, etc.

spinnetCette vaste Base de données propose un module de recherche avancée à partir duquel on a accès à une classification et, surtout, à un thésaurus riche, lui, de plus de 3500 termes. Ce dernier se présente en hiérarchie, en liste alphabétique et en liste permutée, malgré un module de recherche interne au thésaurus.

Depuis Europeana, on peut "démarrer l'exposition", c'est-à-dire visiter ce musée en ligne, admirer des photos, écouter des musiques et lire des commentaires.



 

6 mars 2024

Racisme : quand la question fait l’opinion

 

Le n°139 (déc.2023) de Plein droit, la revue du GISTI  s'intitule simplement Racismes.

 

Dans cette livraison, le GISTI propose en accès gratuit un article d'Alain Morice (Urmis (CNRS-Université Paris Cité), Migreurop) qui montre comment se manipule l'opinion publique.

 

Présentation de l'article :
Il y a presque trente ans, ici même, l’auteur évoquait le sondage annuel de la CNCDH « Les Français et la lutte contre le racisme », le suspectant de distiller le racisme dans l’opinion publique « française », plutôt qu’il ne le mesurait (telle était l’intention officielle) [
cf. « À propos des deux derniers rapports de la Commission nationale consultative des droits de l’homme : Vérités et ambiguïtés », Plein droit, n° 28, 1995]. Qu’en est-il de cette « opinion » aujourd’hui, par quels mécanismes peut-on être amené à conforter ce que l’on prétend combattre, quelle problématique du racisme se cache-t-elle dans les questions que l’on pose et se pose ?

 

> Racisme : quand la question fait l’opinion

-----------------------

17 avril 2020

Musiques en ligne

 

CTencage4L'association La Chapelle des Flandres, depuis plusieurs semaines et pour quelques autres encore, est empêchée d'organiser des concerts - ce qui est l'une de ses vocations.

Alors nous avons pensé que nous pourrions continuer à partager avec notre public mais aussi tout le monde nos bons moments musicaux, enregistrements ou captations de concerts.

Nous avons décidé de les distiller au cours des jours à venir sur notre site. Suivez ce lien http://lachapelledesflandres.fr/-programme-.html pour retrouver les ensembles de La Chapelle des Flandres !

Musicalement vôtre,
toute l’équipe de La Chapelle des Flandres.


 

8 septembre 2019

Delengaigne, troisième !

Il y a plus de 7 ans, je présentais la première édition de l'ouvrage de Xavier Delengaigne, Organiser sa veille sur Internet. Au-delà de Google... Outils et astuces pour le professionnel (Paris : Eyrolles, 320 pages). Deux années plus tard, c'était la seconde édition, sous le même titre, que je présentais à côté de l'ouvrage de Corinne Dupin (Guide pratique de la veille, aux belles éditions Klog). Ces présentations avaient été rédigées pour l'ADBS, qui les publiait dans sa revue et sur son site. Mais l'association a changé de fond en comble sa vitrine toilesque et les liens indiqués à l'époque tombent maintenant dans le vide. Il faudra donc aller sur Cairn pour lire en pdf la note de 2012 et celle de 2014. L'accès à la revue Documentaliste-Sciences de l'Information sur Cairn est libre, après embargo de deux années (à ce jour, sont ainsi accessibles les années 2001 [vol.38] à 2016 [vol.53] incluses). Je m'autorise à y renvoyer le lecteur, histoire de ne pas trop ressasser...

éd3Me promenant "sérenpiditairement" sur la toile, je suis tombé sur la page de GoogleBooks consacrée à cette troisième édition (lecture très partielle possible), mais surtout sur la page de Calaméo qui offre gratuitement une lecture intégrale de la seconde édition de l'ouvrage de Xavier Delengaigne. Mais alors, pourquoi acquérir la troisième édition ? Pour trois raisons.

La première et sûrement la plus immédiatement importante est que cette troisième édition met à jour la boîte à outils que propose l'ouvrage. C'est ce que j'appelais il y a cinq ans la Veille², veille au carré, veille sur [la pratique, les outils, etc. de] la veille. Cinq années, en ces temps de prolifération technologique, c'est un siècle ! L'Internet est en perpétuel mouvement et les outils qui y pullulent peuvent disparaître comme ils ont émergé. Et de ce que l'on pourrait considérer comme l'édition zéro de l'ouvrage [Organiser sa veille avec des logiciels libres, Territorial éditions (coll.Dossier d'experts), 2007, 116p. au format 29,2 x 20,6] jusqu'à la présente troisième édition, le cimetière des applications s'est bien rempli (quel veilleur n'a pas pleuré la mort de Yahoo!Pipes ?) en même temps que de nombreux nouveaux-nés ont pointé leur nez - sans parler de cette folie incantatoire de l'innovation qui fait rhabiller le vieux pour exhiber du soi-disant neuf... Xavier Delengaigne ne se laisse pas abuser et l'évolution que ces éditions successives montre est réelle et intéressante.

Les index sont, de ce point de vue, parlant. De la seconde à la troisième édition, le nombre d'entrées a été divisé par près de 4. On passe de 362 entrées en 2014 à 96 en 2019. Est-ce à dire qu'on a atténué ce pointillisme instrumental qui pouvait caractériser les anciennes éditions ? En tous cas, toutes les entrées d'index de cette troisième édition étaient déjà présentes dans la précédente. Peut-être certains éléments ont-ils tellement pénétré nos pratiques qu'il n'est plus besoin d'en faire un point remarquable, une entrée d'index, voire une entrée développée (par exemple 'Facebook' perd quatre sous-entrées, 'Twitter' six, 'Google' huit et 'moteur de recherche' pas moins de treize).

La seconde raison de s'intéresser à cette troisième édition relève de la structuration de l'ouvrage, déjà manifeste dans la table des matières. Là où l'auteur fonctionnait plutôt par injonctions, là où il avait tendance à asséner des actions à entreprendre, avec des infinitifs quasi impératifs, nous trouvons du questionnement, avec ce "comment" qui ouvre chaque "fiche". On est dans l'interrogation pratique, celle qui s'impose à l'étudiant, au professionnel non documentaliste qui souhaite en apprendre, mais à partir des problèmes qu'il rencontre. En réponse à chaque "comment", se déroule une structure simple : "présentation" du problème, "bénéfice" qu'on trouvera à répondre, "méthodologie", "outils" (et parfois "pour aller plus loin"). Trop souvent, dans ce genre de littérature et dans de trop nombreux programmes de formation, l'outil avec son mode d'emploi pose son diktat et la raison pratique ne vient qu'en éventuel second rideau. Ici, c'est le "pourquoi" qui conduit au "comment", c'est la raison pratique qui enclenche le raisonnement instrumental. Et quand un outil est immédiatement associé au questionnement initial (fiche 71 : Comment automatiser la publication de sa veille avec IFTTT ?), c'est que cet outil est jugé incontournable pour répondre au "comment" en question, voire même pour que la question du "comment" se pose. Bref, l'auteur cherche à développer notre intelligence pratique et pas seulement notre habileté instrumentale. Nous lui en savons gré.

Enfin, troisième raison de s'intéresser vivement à cet ouvrage, il propose une vue vraiment complète de la veille.
J'ai coutume d'expliquer à mes stagiaires et étudiants que la pratique de la veille parcourt l'ensemble de la fameuse chaîne documentaire que Jacques Chaumier a si bien mis en avant dès la fin des années 60, à la suite du rapport Weinberg (The responsabilities of the technical community and government in the transfer of information, 1963) et peut-être plus largement des travaux de Paul Otlet et Suzanne Briet. Chaque maillon de cette chaîne est mobilisé dans la pratique de la veille, sachant que le travail sur les sources y prend une importance plus que capitale.
Xavier Delengaigne nous offre un panorama de la veille sans omettre une seule étape. Ça commence avec la détermination des besoins informationnels pour finir avec la diffusion de la veille. Comme il l'écrit, "de nombreux veilleurs en herbe se cantonnent à [la recherche / collecte de l'information] sans aller plus loin, à savoir sans véritablement analyser leurs trouvailles" (p.VIII). Du coup trois parties de l'ouvrage travaillent l'analyse, l'évaluation et le traitement de l'information, puis la capitalisation des informations, enfin le partage de l'information. Enfin, parce que la veille est forcément sectorielle, une dernière partie offre au lecteur quelques recommandations pour "adapter la veille au secteur d'activité"
.

Le seul bémol que j'apporterai n'est pas propre à cette troisième édition et n'invalide aucunement les bonnes raisons de l'acquérir. À vrai dire, ce bémol dépasse le travail particulier de Xavier Delengaigne : à l'heure des Qwant, Ecosia et autres Duckduckgo, pourquoi cette mise en avant, cette quasi exclusivité de Google, ce quasi monopole de Google dans l'activité du veilleur ? L'index ne pointe que Google comme moteur de recherche : pas moins de 11 entrées, alors qu'aucun autre moteur n'est mentionné à l'index. Certes, l'auteur parle d'une alternative à Google, mentionnant Exalead (fiche18). Certes l'auteur présente des moteurs spécialisés comme Isidore (fiche20). Certes, il nous parle aussi de "moteurs de recherche écoresponsables" (fiche20), ainsi que des "moteurs de recherche respectueux de la vie privée" (fiche24). Etc. 
Mais, quand bien même le fait, pour un outil, d'être américain peut être considéré comme un défaut (cf. la question "Quelles sont les limites de Twitter pour la veille", p.330), c'est Google qui surnage. Quand bien même l'auteur nous mène "au-delà de Google", comme dit le titre, Google est là, omniprésent.
Et c'est bien l'un des paradoxes de cette affaire : il conviendrait, pour de multiples et différentes raisons, de trouver des alternatives à Google, sauf que Google est comme la base de tout, le point de départ obligé (de fait, en droit ?). Paradoxe bien visible s'agissant de ces (méta)moteurs respectueux de la vie privée qui utilisent Google...

Note de lecture déposée sur le site de l'ADBS


20 avril 2017

Créer et gérer une photothèque : organiser son fonds d’images

Un ouvrage pédagogique et professionnel

couvQui souhaite connaître ce qu'est le métier d'iconographe grâce au site de l'ADBS [1] est invité à lire le témoignage d'une professionnelle [2]. Il s'agit de Caroline Lefranc, membre du secteur Audiovisuel de l'ADBS en région Aquitaine et auteure d'un ouvrage très éclairant sur le métier de photothécaire.

Depuis l'aube de la documentation, l'image et notamment la photographie ont une place importante dans les pratiques documentaires. Paul Otlet n'en faisait-il pas grand cas ? Reste que, malgré le déversement imagier sur le Web, de Facebook à l'AFP en passant par les galeries personnelles mises en ligne par les particuliers, les photothèques sont encore trop méconnues aujourd'hui, y compris par les professionnels de l'information, relativement peu d'ouvrages s'y étant consacrés depuis quelques décennies.

Celui que propose Caroline Lefranc vient à point nommé, près de quinze ans après celui que Cécile Kattnig avait réalisé pour la collection « 128 : Information et documentation » de l'ADBS chez Nathan et que Lisette Calderan avait présenté dans les colonnes de Documentaliste. Sciences de l'information (2003, vol.40, n°3). Depuis le début des années 2000, le paysage a bien changé, qu'il s'agisse de la manipulation de l'image, de son stockage, de son analyse et de sa diffusion.

Après une brève histoire de la photographie et quelques précisions fondamentales sur ce qu'est une photothèque, l'auteure nous entraîne dans l'organisation d'un fonds iconographique, de sa création jusqu'à sa valorisation. Nous découvrons ainsi les différentes phases de la création d'une photothèque et, partant, les missions que le photothécaire est amené à exercer. Nous retrouvons là notre chaîne documentaire, mais dédiée à la gestion des fonds d'images. Tout est minutieusement décrit et prescrit.

Pédagogiquement assuré, le ton est on ne peut plus professionnel, que l'on baigne dans la sphère technique de l'image, dans le monde changeant de l'information ou dans le milieu contraignant du droit. La lecture de l'ouvrage permettra à coup sûr à maints professionnels de l'information néophytes de créer et gérer une photothèque en même temps qu'il constituera un guide pratique structurant pour le professionnel déjà initié à la gestion des images. Les annexes, enfin, fournissent de précises et précieuses indications, du glossaire au modèle d'autorisation de diffusion d'image.

La table des matières et l'avant-propos sont consultables en ligne [3]. Une bibliographie, large dans son propos mais relativement ramassée (23 réf.) clôt l'ouvrage. Enfin, cerise sur le gâteau, les éditions Klog nous offrent de télécharger le tableau comparatif très renseigné des logiciels de gestion électronique de documents ou de gestion des actifs numériques, tous logiciels analysés pour la rédaction de l'ouvrage, à savoir Agelia, Alchemy, Algoba Systems, Armadillo, Bynder, Cadic Services, Einden, JLB Informatique, Keepeek, Mobydoc, Propixo et Wedia [4]. Parions que ce tableau sera mis à jour quand le besoin s'en fera sentir.

______________________

1 adbs.fr/iconographe-131401.htm
2 adbs.fr/caroline-lefranc-iconographe-independante-en-region-aquitaine-73089.htm
3 fr.calameo.com/read/000593651b819a701166d
4 editionsklog.com/pub/livres/Phototheque_Logiciels.pdf


Note rédigée pour l'ADBS [pdf]

Publicité
Publicité
Archives
Visiteurs
Depuis la création 262 735
Publicité