Hier soir, Monsieur le député-maire de Lambersart invitait les délégués de classes des collèges de sa commune. J'ai eu la curiosité d'y accompagner un jeune collégien. Et je ne le regrette pas, même si ce que j'ai vu ne me réconcilie pas plus que ça avec la gente politique...

Numéro de claquettes d'abord : c'est que Monsieur le député-maire fut d'abord un professionnel de la communication ! Numéro qui consistait à faire comprendre à ces chers petits scolaires que lui était un bon, savait manipuler l'autre, l'humilier éventuellement. Il a donné quelques ficelles du métier pour humilier, pour assujettir, etc. Si si ! J'étais là : il a expliqué aux enfants comment humilier l'autre, techniquement ! Ficelles du métier, mais de quel métier ? Communication ou politique ?

Puis il y a eu le jeune (enfin une trentaine bien avancée semble-t-il) qui est aujourd'hui conseiller municipal en charge des questions de jeunesse mais qui fut, dans sa jeunesse qu'il voulait nous laisser croire récente, membre du conseil des jeunes. On nous l'a et il s'est présenté comme le fleuron de l'engagement citoyen lambersartois. Formidable !  Et de proposer à tous ces enfants invités de participer au conseil des jeunes. Histoire de capter la jeunesse de Lambersart, de l'assujettir, de l'U-M-Péïser ? Engagez-vous, qu'ils disaient...

Quand Monsieur le député-maire a évoqué son histoire à lui en tant que délégué - parce que, c'est bien connu, délégué de classe, c'est la première marche d'une ascension politique réussie -, il a expliqué que c'était pendant les "événements de 68" et que ce rôle était important parce qu'il y avait beaucoup d'agitation dehors, même dans la région lilloise ! Moi qui ai à peu près le même âge que Monsieur le député-maire, je peux vous dire que j'ai vécu 68 et surtout le juste-après-68 comme une grande libération de la parole des jeunes qui avait enfin droit de cité dans les instances internes des établissements scolaires. Je pense que Monsieur le député-maire et moi n'avons pas la même histoire. J'étais élève de l'enseignement public... Bref, c'est comme si, pour cet auguste édile, il fallait être délégué pour maintenir l'ordre social et politique.

Et justement, Monsieur le député a ironisé sur les enfantillages des députés de l'opposition, qui lancent des amendements comme on jette des cailloux pour embêter les voisins ou la marée-chaussée. Lui, non ! Il est sage comme une image, promis juré craché ! C'est ce qu'il a dit à nos chers collégiens. Je me souviens pourtant l'avoir vu un après-midi à l'Assemblée nationale conspuer méchamment et bêtement un député socialiste alors que ce dernier avait la parole... Mais bon, il fait tellement de choses cet homme-là, il est si affairé pour le bien de ses concitoyens qu'il ne peux pas se souvenir de tout !

Bref, entre mensonge et mauvaise foi, je trouve qu'il y est allé un peu fort ce bon député-maire de Lambersart, avec sa bedaine de culbutos. Devant l'avenir de sa commune, il a donné une bien triste image de la politique.