Cet été, j'ai lu quelques articles et ouvrages. Plaisir du temps de lire. Étourdissement des fils qui s'entrelacent, finissant par tisser un enchevêtrement unique et provisoire, aux mesures du lecteur particulier à un moment particulier... Et cette histoire-là est sans fin, car, au fil de la lecture, des visions d'entrelacs apparaissent fugaces ou tenaces, des livres se montrent qui, non encore parus, attendent d'être lus...

Comme celui de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé (à paraître en septembre chez Fayard). Éric Rouleau l'avait annoncé dans la livraison de mai dernier du Monde Diplomatique. Dans celle d'août, l'auteur présente sa thèse. Je te laisse la liberté de lire, lecteur curieux. Sache seulement que cet article éclaire d'un jour tout neuf l'histoire de ce peuple dont le "destin" embarrasse la conscience européenne depuis des siècles. Ce texte démystifie pas mal de choses (le judaïsme comme religion comme les autres ; la relation entre les juifs et leur Dieu comme simple relation entre le croyant et son Dieu ; la filiation divine des juifs comme mystification théologico-politique ; etc.) et dynamise les analyses que rapporte Étienne Balibar dans sa contribution à l'Agenda de la pensée contemporaine (« "Dieu ne restera pas muet" - à propos du sionisme : messianisme et nationalisme », in Agenda..., n°9, Flammarion 2007). Voici mon schéma de lecture des pages 30 à 45 de cette contribution (le pdf correspondant est ici) :

Balibar2007a

Analyses et lectures à suivre donc...
On est bien loin de la sortie d'Alain-Gérard Slama le mardi 8 juillet sur RTL ("Il y a souvent des liens entre la virulence dans la dénonciation de l'argent, des riches, et puis l'antisémitisme"), que commente Vincent Cheynet dans la dernière livraison de La Décroissance (n°52, p.5) et qui a fait parler d'elle sur le web à l'occasion du lynchage d'un journaliste de Charlie Hebdo (Siné)[1]. Balibar, lui au moins, réfléchissait. Voici le schéma que je titre de sa réflexion (pdf ici) :

Balibar2

[1]  Voir le point proposé par Patrick Rimbert sur cette affaire.