mardi 15 décembre
no comment !
jeudi 10 décembre
Chanoine, pompier pyromane... mais négrier
Le concert de réactions plutôt négatives à la tribune du roi d'Maubeuge dans les colonnes du quotidien Le Monde (daté de ce jour) se suffit à lui-même, d'autant qu'il est illimité... Fleuve qui se régénère à grande eau plutôt que concert ! Pas la peine d'ajouter une goutte d'eau à l'eau qui s'écoule vers l'océan.
Mon grain de sel sera précis : ce n'est pas le roi d'Maubeuge qui a écrit le texte de cette tribune. En effet, ce qui caractérise notre bon roi, c'est - tous ses sujets le savent bien quand bien même ils n'osent pas trop le crier sur les toits - qu'il est plus à l'aise avec les "casse-toi pauv'con" et autre "racaillardise" qu'avec la syntaxe de notre belle langue. Non ?
Du coup, me vient une idée, sournoisement.
Et si l'on définissait d'abord l'identité nationale
par le respect de la tradition linguistique ...
pour l'oral comme pour l'écrit ?
Partant du principe qu'il y a inégalités de moyens et de "rang" au départ, on décidera un "handicap" : les dignitaires du royaume devront être irréprochables à l'oral comme à l'écrit, alors qu'on admettra que le commun des sujets, quelle que soit leur origine ou celle de leurs parents, pratique la langue française en commettant quelques entorses...
samedi 05 décembre
Performance universitaire
Dans le cadre de la loi LRU, les établissements universitaires vont donc devoir afficher le taux d'emploi de leurs diplômés, selon Les Échos de mercredi 2 décembre : "Insertion professionnelle : les universités contraintes de rendre des comptes" (ici le pdf correspondant). En gros, on lance une enquête auprès des diplômés 2007 de 83 universités françaises, afin d'aboutir à un classement qui permettra de comparer les performances des établissements, comme dit si bien un chargé de mission universitaire interrogé par le journal économique. L'idée est également (surtout) de récompenser les établissements qui affichent le meilleur taux d'insertion professionnelle de leurs diplômés : "Les performances observées seront, en effet, prises en compte dans le cadre des contrats pluriannuels passés entre l'État et les universités, et auront donc une incidence directe sur les enveloppes budgétaires attribuées", écrit le quotidien.
En détail, cela signifie que :
-
les établissements qui ont de la peine ne seront pas aidés mais tout simplement tués, sans qu'on ait bien analysé les raisons de leurs difficultés (niveau social et culturel de leur population étudiante, implantation dans une zone économiquement sinistrée, etc.) ; l'uniformisation quantitative fait son œuvre de normalisation libéralissime, privilégiant les établissements déjà bien dotés, financièrement mais aussi "en nature",
- c'est-à-dire profitant de conditions matérielles de fonctionnement haut de gamme,
- c'est-à-dire bénéficiant d'une population étudiante aisée pour laquelle, de toutes façons, la situation sociale permet de se consacrer à temps plein à ses éttudes et promet, quoi qu'il arrive (même en cas d'échec scolaire), une situation sociale favorable (un super-job grâce à papa - dernier exemple médiatisé en date : le prince Jean),
- c'est-à-dire ayant les meilleurs enseignants-chercheurs méritant de super-primes parce que roulant pour les capitaines d'industrie comme on disait autrefois, etc. -
l'Université ne doit pas seulement former et qualifier les jeunes, mais aussi leur trouver du boulot à la sortie ;
a) en toute logique, un établissement d'enseignement a une obligation de moyens, comme on dit, sachant que l'obligation de résultats est partagée entre l'établissement et l'apprenant : on ne saurait en effet châtier une université parce que ses étudiants sont par exemple contraints de travailler pour pouvoir faire leurs études ;
b) les étudiants ayant obtenu leur diplôme, l'université va devoir porter la responsabilité de leur insertion professionnelle, sachant que cette insertion est conditionnée par des facteurs qui sont étrangers au monde universitaire, tels que la santé économique des entreprises, le réseau social dans lequel fonctionnent les étudiants, les moyens concrets des étudiants en termes de recherche d'emploi (titulaire ou non du permis de conduire, possesseur ou non d'un véhicule, notamment), etc. ;c'est-à-dire que pour cette étape-là, l'université n'est responsable d'aucun des éléments qui conditionne l'accès à l'emploi, mais porte la responsabilité de cet accès !
Mais peut-on être tenu pour responsable
de ce dont on ne maîtrise rien ?
Comprenne qui pourra !
Eh bien, pour incompréhensible qu'elle soit, cette idée va devenir structurante pour le fonctionnement universitaire. L'Université est sommée de se conformer aux réalités économiques du temps et du lieu... D'ici quelques années, l'offre universitaire française sera réduite à quelques immenses universités, immenses par la taille et le "talent", mais aux étudiants rares et issus des classes sociales les plus aisées, des universités à la merci d'un patronat hostile au savoir social critique.
La papa du prince Jean veut sans aucun doute "ré-enchanter l'Université".
lundi 30 novembre
Jeunes populaires et mariages gris sur France-Inter
Décidément, j'ai de plus en plus de mal avec les médias, avec la fâcheuse habitude des journalistes et autres présentateurs de radio/TV de ne pas faire attention à la signification et à la portée des mots qu'ils emploient.
Dernier coup en date : ce matin entre 5h30 et 6h, sur France Inter, on raconte l'esbroufe des petits couillons de l'UMP parisienne qui décident de plonger dans la Seine mais évitent, on ne sait par quel miracle, d'être arrêtés sur la berge comme l'auraient été n'importe quels petits couillons pourvu qu'ils n'aient pas appartenu au mouvement du roi d'Maubeuge ... Bon ça, on a maintenant l'habitude de tels privilèges. Le plus fort, c'est quand la personne qui raconte emploie, pour désigner le groupe des petits couillons de l'UMP parisienne, l'expression "jeunes populaires".
Insidieusement, la machine rhétorique mise en place par le roi d'Maubeuge et ses conseillers il y a quelques années commence à produire ses effets : la peuple se reconnaît dans l'UMP. Magique, non ? À ce moment, je me souviens avoir râler d'une telle manipulation, me disant, non sans quelque malice - celle de l'humour, celle de la dérision -, que le bon peuple dans sa sagesse profonde verrait bien la supercherie, qu'il refusait d'être assimilé, avalé ainsi par la jet-set bling-bling qui aujourd'hui nous gouverne.
Aujourd'hui, je vois qu'il n'a rien vu du tout !
Il nous faudrait un Roland Barthes pour montrer comment ce mot de populaire est l'élément d'une construction mythifiante, comment la rhétorique sarkozienne vole et dénature la signification des mots, pour rendre le plus "naturel" possible la dictature qui s'installe aujourd'hui. À quand une émission de décryptage salutaire sur France-Inter ?
Côté humour, le sarko-traitre Besson n'en a vraiment pas une goutte ! Je lis ce matin qu'il envisagerait de porter plainte contre France Inter, à cause de la chronique guillonnesque de mercredi 25 dernier : l’humoriste évoquait les mariages gris, prenant en exemple la jeune compagne tunisienne du sarko-traite...
Décidément France-Inter est bien mal-en-point !
vendredi 20 novembre
Bolkestein, le retour en douce
[ATTAC-FRANCE]
Silence, on transpose la directive Bolkestein
A la suite des fortes mobilisations contre la directive services dite
Bolkestein, on aurait pu croire que le texte ne présentait plus de
problème. Erreur : on y trouve le principe de "libre prestation de
services", ce qui n’est pas étonnant puisqu’il est inscrit dans le le
traité de Lisbonne, et qu’il l’était dans les traités antérieurs. Par
ailleurs, cette directive est transposée au moment où entre en
application le règlement (CE) No 593/2008 du 17 juin 2008 sur la loi
applicable aux obligations contractuelles : celui-ci prévoit que la loi
du domicile du prestataire de service s’appliquera quand aucune autre
ne sera choisie, ce qui entraînera un affaiblissement du droit des
consommateurs.
Silence, on transpose la directive Bolkestein
La directive de libéralisation des services, dite
Bolkestein, du nom de son créateur, est en cours de transposition en
France. Sans bruit ni volonté gouvernementale de mettre en débat cette
étape importante.
Pour comprendre l’importance de ce qui se prépare en matière de
libéralisation des services, il est nécessaire de rappeler comment la
Commission européenne définit le contenu de la directive qui porte le
nom de l’ultralibéral Fritz Bolkestein, son initiateur. L’objectif de
la directive sur les services est de réaliser un marché intérieur en
supprimant les barrières juridiques et administratives, considérées
comme des obstacles à la libre circulation des prestations de services
entre Etats membres et leur mise en concurrence. Cette libéralisation
qui concerne 75 % des emplois dans l’Union européenne (UE) et 66 % de
son PIB, selon la Commission qui a fixé la date butoir du 28 décembre
pour la transposition de cette directive dans les législations
nationales.
La directive Bolkestein est donc de retour. Ni morte, ni enterrée,
comme on a pu l’entendre en 2005 de la part de Jacques Chirac encore
président de la République. Elle est même d’une brûlante actualité :
une courte passe d’armes entre la Confédération européenne des
syndicats (CES) et la présidence suédoise de l’Union européenne, passée
inaperçue en France, eut lieu le 23 septembre, la veille du Conseil
européen sur la compétitivité. La présidence suédoise y a déclaré que «
la directive sur les services peut permettre à l’Europe de sortir plus
rapidement de la crise économique. » Ce à quoi la CES a
immédiatement rétorqué : « La Présidence semble de plus en plus
coupée de la réalité de la pire crise économique depuis la Grande
Dépression […]. Si vous souhaitez lutter contre la crise, vous
devez investir dans un vaste plan de relance européen et mettre fin à
la domination des principes de marché à court terme », ainsi qu’aux
« obsessions idéologiques » de la directive sur les services, a
aussi persiflé la CES.
Cette charge inhabituelle de la part de la CES met en évidence l’étape
cruciale actuellement en cours, particulièrement en France. Dans le
plus grand silence. Rien ne filtre des négociations secteur par
secteur, ou peu de choses. L’étonnant mutisme gouvernemental est
expliqué dans un rapport sur l’état de la transposition de la directive
sur les services, présenté le 17 juin par le sénateur UMP Jean Bizet,
quelques jours après les élections européennes. On y apprend que le
gouvernement a abandonné l’idée d’un projet de loi-cadre pour
transposer la directive services, en raison « des considérations
politiques tenant à la forte sensibilité des implications de la
“directive services”, sur les professions réglementées par exemple. Une
loi-cadre de transposition pourrait en effet servir d’“épouvantail” à
tous ceux qui seraient tentés d’instrumentaliser un exercice
essentiellement technique à des fins électorales. Elle ne doit pas
constituer un prétexte à la “cristallisation” des mécontentements de
tous ordres, d’autant plus nombreux en période de crise ». En
clair, pas de grain à moudre pour les altermondialistes…
Pas de débat politique, ni de campagne d’information générale ne sont
programmés par le gouvernement. Seule une communication serait
envisagée en direction des professionnels. « Elle serait réalisée
en relation étroite avec le Medef, au second semestre 2009 »,
explique brièvement le rapport Bizet. Ainsi, le gouvernement et une
partie de la classe politique, droite et gauche confondue, ne
souhaitent pas que ressurgisse la controverse autour de cette directive
et de son « principe du pays d’origine ». Celle-ci avait largement
contribué à la victoire du « non », en 2005, lors du référendum sur le
Traité constitutionnel européen, renommé Traité de Lisbonne et adopté
depuis.
Un nouveau débat sur cette directive – certes revue et corrigée en 2006
par le Parlement européen – s’avère pourtant indispensable, car elle a
conservé l’essentiel de sa philosophie et de sa dangerosité. La
Commission a de plus fait en sorte que ce qui n’y figurait plus, tel le
principe du pays d’origine, soit rapidement transposable dans un autre
texte. Rafraîchissons les mémoires : la directive sur les services
inclut les services fournis aux entreprises et aux consommateurs, et
surtout les services publics, nommés par la Commission « services
d’intérêt économique général » (transports, services postaux,
approvisionnement en eau, électricité, traitement des déchets, etc.).
L’exclusion des services de santé et des services sociaux (SSIG, selon
la terminologie communautaire) n’est que provisoire. « Il n’est pas
inenvisageable que certains secteurs aujourd’hui exclus du champ de la
directive y soient réintégrés à l’avenir, à la demande des
professionnels eux-mêmes », prévient le rapport Bizet. Car les
règles du jeu fixées par la directive sur les services peuvent changer
en cours de route : 2010, première année d’application, sera l’occasion
de procéder à d’éventuels « ajustements ». Surtout, le 28
décembre 2011, et par la suite tous les trois ans, la Commission
présentera un rapport sur l’application de la directive, «
accompagné, le cas échéant, de propositions de modifications et de
mesures supplémentaires concernant les questions exclues du champ
d’application de la directive ».
Autre subtilité, la notion de « principe du pays d’origine » a certes
disparu de la directive Bolkestein pour une autre formulation, très
ambiguë : le principe de « libre prestation de services ». Cette libre
prestation de service est accompagnée d’un règlement européen adopté en
2008, qui doit s’appliquer à tous les contrats conclus après le 17
décembre, dans lequel le principe de base est que les parties
contractantes sont libres de choisir la loi applicable au contrat. Ce
règlement qui remplacera la Convention de Rome de 1980 s’appliquera
directement aux États membres. Le dispositif est proche du principe du
pays d’origine, si l’on en croit le réseau européen de soutien aux
entreprises, Enterprise Europe Network, créé par la Commission
européenne. Mais les citoyens n’ont pas encore été informés de ces
nouveautés.
Thierry Brun
http://www.france.attac.org/spip.php?article10491
vendredi 13 novembre
humeur identitaire
Désolant cet UMP sarkozien Raoult ! Désolant ! 'Désolant' est trop faible encore pour transpirer mon profond désarroi ! Que peut-on dire devant tant de vide intellectuel et de plein nauséeux ? Que dire, sinon se moquer comme Patrick Rambaud, l'auteur des Chroniques du règne de Nicolas Ier, ou s'insurger plus prosaïquement comme tant d'autres. Mais attention, le national-sarkozisme n'est pas loin... Dissidents, vos papiers ! Mécontents, vos papiers ! Droits-de-l'hommistes, vos papiers ! Pacifistes, vos papiers ! Poètes, vos papiers ! Romanciers, vos papiers ! Attention, le national-sarkozisme n'est pas loin, à entendre les UMP Raoult qui ne rêvent que de faire de la France une gigantesque caserne militaire et des Français de grands muets. Ils vont bientôt nous dire qu'un Français, ça ferme sa gueule ou ça s'expatrie ! Attention, le national-sarkozisme n'est pas loin. Attention, ça vient sournoisement, sans qu'on s'en rende immédiatement compte et ,quand on s'en rend compte, il est trop tard. Lecteur attentif, souviens-toi de Matin brun, la terrible nouvelle de Franck Pavloff.
Le PS dit que l'identité nationale " ne se définit pas par rapport à l'étranger, l'immigration, la race ou le sol [mais] par rapport à l'école " (Vincent Peillon, le 11 nov. dernier).
Moi, je propose qu'on commence et qu'on aille jusqu'au bout d'un débat national sur "ce que c'est qu'être homme aujourd'hui", tout simplement. Après quoi seulement, j'accepterai, peut-être, de participer au débat sur "ce que c'est qu'être Français aujourd'hui". Si je sens que la liberté d'expression est encore une des vertus cardinales de là où je vis. Et que l'homme y est respecté, en tant qu'homme.
mercredi 04 novembre
encore la rhétorique guerrière !
Selon l'AFP,
PARIS [3nov.09, vers 21h] — Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a "lancé l'idée d'un couvre-feu ciblé sur des mineurs délinquants" de moins de 13 ans, mardi soir, à Paris, lors des "rencontres de Beauvau" organisées avec des élus de la majorité présidentielle.
Je n'en dis pas davantage, voulant juste relever la rhétorique guerrière, si chère à notre gouvernement, mais si propice à la violence - de part et d'autre.
mardi 03 novembre
Débat de la censure / Censure du débat
Hier le national-félon Besson* a donc lancé le grand débat national sur l'identité nationale. Je pense qu'il aurait mieux valu lui confier le soin d'ouvrir et d'animer un grand débat national sur la traîtrise ;-))
Ceci dit, le débat est évidemment truqué, et ce, au moins de deux façons.
L'identité nationale n'est pas un concept abstrait, malgré ce qu'on veut nous laisser croire. On peut certes l'illustrer de slogans : on a l'utopique "liberté, égalité, fraternité", on a eu le sinistre "travail, famille, patrie", etc. Sauf que ce ne sont que des slogans et que cela fonctionne selon les règles d'une rhétorique mercantile - à qui se réduit aujourd'hui, hélas, le discours politique.
Quand je veux m'observer en tant que français, je me vois d'abord en tant qu'homme.
Au diable la nationalité : un homme est un homme, une femme une femme, un enfant un enfant. En d'autres termes, pour poser la question de l'identité nationale, il faut d'abord mettre de côté sa propre humanité, et partant l'humanité en général. La belle affaire ! Il est clair que le nationalisme s'exacerbe en temps de guerre, c'est-à-dire en temps de violences où la nationalité autorise tous les violences... Où sont les ennemis ? Où sont-ils, ces gens dont la nationalité n'est pas la nôtre et lui en veulent ? En temps de paix, la question de l'identité est fatalement une question guerrière, voire une question belliqueuse, un pousse-à-la-violence, en quelque sorte.
Bref, poser la question de l'identité nationale relève non seulement d'une négativité foncière - celle qui exclut l'autre qui n'est pas français - mais encore d'une négativité dont la face active est la violence, la violence guerrière... C'est ainsi qu'un gouvernement de la droite la plus dure ne peut qu'accoler la question de l'immigration (accueil de l'autre) à celle de l'identité nationale (exclusion de l'autre). Ceux qui nous gouvernent lance un débat dont le sort est connu : quand "les Français" débatte de l'identité nationale, ils règlent du même coup et quelles que soient les conclusions du débat la question de l'immigration. Les Français qui acceptent de débattre entre Français de l'identité nationale, acceptent de facto - voire sans s'en rendre compte -, la politique d'immigration qui maltraite les Autres (pour les exclure), qui dénie l'humanité à ceux qui ne sont pas Français.
En toute logique, il y a ici vice de forme : le présupposé caché, intolérable parce que caché, ferme significativement la discussion en limitant l'humanité aux seuls Français ; on tourne en rond par le simple fait qu'il suffirait d'être Français pour pouvoir dire ce que c'est qu'être Français : autoqualification absolue qui ne supporte aucun commentaire latéral... Ce que je veux dire, c'est que la censure est ici intrinsèque : la simple position des termes du débat interdit nombre de positions théoriques et pratiques, comme celle qui consisterait à dire : "En tant que Français, c'est-à-dire par la force nationalo-identitaire dont je suis malgré moi le dépositaire, je ne souhaite pas que la question de l'identité nationale française soit ainsi posée. Par contre, en tant qu'homme, c'est-à-dire par la force humaine dont je suis porteur, je souhaite que la question de l'accueil de l'Autre ne soit pas mêlée à celle d'une identité nationale, hypothétique dans le meilleur des cas et belliqueuse dans le pire".
Ensuite, il y a, très trivialement, l'organisation même du soi-disant débat, notamment dans sa visibilité et dans la distribution de la parole. Ainsi des journalistes ont testé en envoyant au même moment sur le site dédié au grand débat national "ouvert" deux messages, l'un très sarkophile, l'autre sarkophobe. Et cela n'a pas manqué, le premier a été aussitôt mis en ligne, alors qu'on attend toujours le second...
Comme dans nombre de pays non démocratiques - et ils sont fort nombreux, en tous cas, comme tend à le montrer cet épisode français, bien plus nombreux qu'on croit ! -, la censure est ici extrinsèque. Le "modérateur" n'est qu'un vulgaire censeur : un grand classique de la tyrannie qu'aucun démocrate, français ou pas, ne saurait cautionner.
[ajout du 8 nov. : j'apprends que des insertions abusives sont pratiquées sur ce site de la nationale-félonie = des propos de Besancenot et autres dirigeants de gauche sont repris comme si ces personnages avaient d'eux-mêmes posté des messages...; on touche le fond, non ?]
Bref, je ne participerai pas à ce débat-là !
* félon ± déloyal, hypocrite, infidèle, malhonnête, méchant, perfide, renégat, scélérat, tartufe, traître, etc. ; vous aviez reconnu...
samedi 31 octobre
Montesquieu, reviens !
Je lis dans la presse de ce matin que le roi d'Maubeuge a déclaré hier qu'il ne pouvait « faire aucun commentaire » sur le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle, en raison du « principe de la séparation des pouvoirs ».
Voilà qui est admirable, dans la bouche du tenant de l'un des pouvoirs ! Le baron de la Brède et de Montesquieu - je veux parler de Charles-Louis de Secondat (qui, en l'occurrence, reprenait une idée anglaise travaillée notamment par le John Locke) - doit frémir d'aise dans sa tombe plus que bicentenaire !
Sauf que :
le tenant du pouvoir exécutif tient d'une main de fer le pouvoir législatif, malgré les dénégations ridicules des parlementaires concernés et les minuscules actions de diversion tentées ici ou là ;
le tenant du pouvoir exécutif veut tenir d'une main d'acier trempée le pouvoir judiciaire - ce que montre avec suffisamment de clarté les réformes en cours en même temps que de nombreux événements récents.
Donc, quand le roi d'Maubeuge avance l'idée qu'il respecte le « principe de la séparation des pouvoirs », il ment, tout simplement, voulant imposer aux Français un préjudice psychologique grave qui s'appelle la schizophrénie socio-politique : le discours officiel dément la réalité telle que les Français - à qui s'adresse prioritairement le discours officiel - l'expérimente chaque jour de leur vie citoyenne. Et ce, quasi systématiquement. L'empoisonnement collectif se fait sur la durée, comme l'assassin qui empoisonne à petites doses mais régulièrement sa victime, jusqu'au jour où celle-ci meurt sans que l'on puisse identifier la dose de poison fatale... Je situe cette schizophrénie-là dans le droit fil de celle que le monde libéral marchand nous impose depuis des lustres et dont François Brune rend si bien compte.
Ceci dit, notre bon roi est bien à la peine avec ce renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle.
Il est en effet très clair qu'il n'a pas vraiment intérêt que la droite française pense qu'il cloue son prédécesseur au pilori. Une partie de son électorat, encore attaché au personnage franco-parigo-corrézien, risquerait de lui en vouloir et de se détourner de lui lors des prochaines élections. Et comme il montre au quotidien qu'il est le maître absolu des Institutions - au lieu d'en être le simple mais indispensable gardien -, il a du mal à justifier les choses telles qu'elles se déroulent aujourd'hui. D'où la référence au baron de la Brède. Comme en désespoir de cause et pour justifier l'injustifiable.
Ceci dit, à l'heure où la commission des Affaires sociales de l’Assemblée crée une mission d’information sur les risques psychosociaux au travail, ne faudrait-il pas envisager une mission d'information sur les risques psychosociaux à la citoyenneté ? Je vois bien le sieur Copé reprendre cette superbe idée...
Je propose un JEU : on analyse tout ce qu'a fait et compte faire notre homme politique à l'aune du principe de Montesquieu.
À VOS COMMENTAIRES !
dimanche 25 octobre
Dictature UMP contre politique de proximité
Le gouvernement du roi d'Maubeuge poursuit son œuvre de sape de la démocratie républicaine : la décentralisation patiemment construite depuis près de trente années est purement et simplement mise à bas.
Le parti majoritaire, aux ordres du monarque et de son gouvernement, décoche, l'une après l'autre, les flèches empoisonnées contre les pouvoirs qui ne sont pas bienvenus à la cour. Pauvres députés UMP et consorts ! Ils sont en train de museler les régions : il faudrait dorénavant que les vassaux régionaux fassent approuver leur projets par le pouvoir royal pour avoir les moyens de les mener à bien. Triste rétrogradation en vérité ! Mouvement absolument contraire à toutes les évolutions européennes voisines ! Mouvement absolument antinomique avec le progrès démocratique.
Cela ajouté au despotique charcutage nous promet des lendemains qui déchantent...
Le dernier communiqué de presse de l'Association des Régions de France est, de ce point de vue, très éloquent.

