Hier, 20 mai, c'était l'anniversaire de mon voisin. On a trinqué dans le jardin, sous un soleil prometteur. On a discuté, bien évidemment, des études de nos bambins et bambines, du collège du quartier, du lycée du quartier, de l'école communale aussi où les enseignants ont du mal à interpréter avec des actions les décisions venus d'en haut...

Ce matin, en prenant mon petit déjeuner, j'entends (merci France Inter) que le roi d'Maubeuge est allé discuté dans un lycée de Massy Palaiseau et y a dit que :

  1. la réforme du lycée se fera
  2. elle doit être issue du bas (il dit exactement qu'elle ne doit pas être "plaquée du haut"), être le résultat d'un bouillonnement de tous (que chacun ait "le sentiment de s'exprimer", très exactement)
  3. "on part à zéro, c'est-à-dire sans a priori"

C'est là (reprise du blog mis en place par Richard Descoings)

On notera avec intérêt la nuance de l'expression "sentiment de s'exprimer" ! Comme si l'important était que les gens aient le sentiment de s'exprimer et non qu'ils s'expriment... Au moment où sort le rapport Apparu qui propose une réforme du lycée bien ficelée, la nuance n'est pas gratuite.

Que dire, d'autre part, de cette histoire de "sans a priori" ? Ca me rappelle un de mes responsables qui un jour voulut discuter sans tabou ni a priori. Il s'avéra par la suite qu'il y avait bien des tabous, et que "sans a priori" signifait seulement qu'il ne fallait rien expliciter des sous-entendus nécessaires à toute prise de position. C'est bien cela que nous ressert le roi d'Maubeuge : "sans a priori" veut dire, je pense, qu'il est hors de question de prendre le temps de discuter des fondamentaux politiques (politique éducative s'entend, pas conflit entre partis politiques ou entre hommes de pouvoir...!) C'est en fait le coup du "pas d'politique" que les gens de droite assène régulièrement au milieu des débats où l'on veut juste comprendre ce qui se dit, ce qui se trame... C'est le coup des "apolitiques de droite"... etc. Pauvres de nous !
Moi qui avais toujours pensé que pour comprendre, il fallait justement expliciter au maximum tous les a priori, sans tabou aucun !