Vu ce jour sur France2, pendant le journal de 13h., un reportage qui montrait que le dispositif de vote a pris en compte les malvoyants. Des plaques en braille seront placées devant chaque pile de bulletin de vote, précisant s'il s'agit de la pile des NON ou de la pile des OUI. Démonstration : un homme assez âgé s'avance vers la table où sont disponibles les bulletins ; il tâte le bord ; sa main s'avance, caresse du bout des doigts, hésite... Puis il prend un bulletin : la caméra montre avec insistance qu'il s'agit d'un OUI.
Il n'y a pas de petite pub !
Ce devait être la mise en bouche avant l'allocution solennelle de notre cher Président ? Je l'ai écouté et regardé droit dans les yeux. Et ne supporte plus qu'on me fasse prendre les vessies pour des lanternes. Je n'accepte plus qu'on fasse comme si je ne voyais pas ! C'est vrai quoi ! Ils s'efforcent (je mets le pluriel parce qu'il n'est hélas pas le seul !) de brouiller l'analyse critique que le citoyen pourrait entreprendre des "réalités" qu'on lui impose. Bafouant l'expérience la plus commune, ce brouillage oblige à une double pensée, au risque d'une schizophrénie collective(*). Moi, je refuse d'être schizo !
Bref, depuis l'autre jour, ça n'a fait qu'empirer ! Merci l'info !

Tiens ! En parlant d'info, j'ai lu ce que Jean Gadrey développe comme discours vrai et intelligent sur la question référendaire, Constitution : sept questions, sept réponses négatives. Cela donne un texte d'une vingtaine de pages (il existe aussi une version courte) d'une clarté redoutable pour les béni-oui-oui bonimenteurs, qu'ils soient journalistes ou Président...

(*) Cette dernière phrase provient du résumé que j'ai proposé de l'excellent article de François Brune, De l'idéologie aujourd'hui (1996).