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BRICH59
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11 janvier 2006

Racaille ?

05/01/06
Le TGI de Paris condamne l’usage du terme « racaille » sur internet

sosfrance_2_agrandissementLe mot « racaille » n’est pas un terme neutre qui peut impunément être employé sur internet. Dans un jugement très motivé du 24 novembre 2005, la 17ème chambre du TGI de Paris vient, à nouveau, de rappeler que la liberté d’expression connaît des limites. Il a condamné le directeur de publication du site « sosfrance.com » pour diffamation, injure publique et provocation à la discrimination nationale, raciale et religieuse. Bien que le responsable éditorial ne soit pas l’auteur intellectuel des textes en question piochés sur internet, le tribunal rappelle « qu’il a pris la responsabilité d’une nouvelle diffusion en les mettant en ligne, selon une présentation de son choix, sur son propre site ».
Il lui était notamment reproché d’avoir publié des textes dont certains passages prêtaient aux musulmans « un dessein criminel de nettoyage ethnique ou religieux dans le pays de leurs hôtes ». Il a également été sanctionné pour avoir diffusé sur la page d’accueil du site plusieurs slogans dont le fameux « Assez de racailles. Résistance ». Pour caractériser l’utilisation de cette invective de délit d’injure, le tribunal s’est appuyé sur les définitions des dictionnaires Littré et Robert du terme « racaille ». Il en a conclu qu’il était « performatif » et que son seul emploi créait « la proscription ». Le tribunal a également pris en considération l’environ- nement dans lequel il était placé. « Inséré dans la bannière d’accueil d’un site tout entier consacré à l’islam et aux musulmans et associé à une photographie représentant deux jeunes femmes voilées, il désigne, offense et outrage les musulmans en tant que tels, et porte une atteinte indistincte aux personnes, non pour ce qu’elles seraient, individuellement prises, mais à raison de leur religion ».
Le responsable de publication condamné n’a pas fait appel du jugement qui devient donc définitif. Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis et à verser deux mille euros à la Ligue des droits de l’homme au titre des dommages et intérêts et de l’article 475-1 du code de procédure pénale pour les frais de justice engagés.

reprise [sans commentaire mais c'est moi qui souligne] de http://www.legalis.net/


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10 janvier 2006

Marché du travail ou Marché de la norme et de la précarité ?

observin_galit_sMalgré une amélioration du marché du travail depuis plusieurs mois, le nombre d’allocataires du RMI est en augmentation de 6 % sur un an en métropole. Si on inclut les DOM, ce sont quelques 1.243.000 allocataires (+5,2% en un an) qui bénéficient de ce minimum social. Cette évolution semble s’expliquer principalement par la croissan- ce du nombre de chômeurs non indemnisés, notamment du fait de la réduction du taux de couverture de l’indemnisation chômage. C'est ce que note l'Observatoire des inégalités... dont on ne recommandera jamais assez la fréquentation
(voyez dans la colonne de droite de cette page).

Sauver l'emploi en précarisant l'emploi,
voilà donc ce que notre bon libéralisme
a trouvé comme solution
aux problèmes de notre société.

desbrussesDans une société où le manque de travail est un fléau, comment faire entendre qu’on en a un et qu’on est malheureux comme les pierres, sans être accusé d’indécence ou de douilletterie? C’est pourtant ce que réussit Louise Desbrusses, dans un roman poignant, rempli de vitalité et d’ironie, L’argent, l’urgence : l’histoire d’une jeune travailleuse indépendante habituée à la solitude bienheureuse de son atelier, mais qui, étranglée par les dettes, accepte un emploi, et découvre avec horreur la non-vie qui, pour la majorité de ses semblables, constitue la norme de l’existence. Dans une écriture au style singulier, elle décrit la détresse déchirante qui s’empare d’elle, puis sa bataille pour récupérer la jouissance d’elle-même, en surmontant le chantage, les normes et les injonctions plus ou moins subtiles que lui opposent son entourage et la société entière. C'est ainsi que Mona Chollet présente le livre de Louise Desbrusses dans Périphéries dont je ne recommanderai jamais assez la fréquentation.

Survivre en se moulant,
survivre en s'oubliant,
voilà donc ce à quoi notre bon libéralisme
contraint les personnes qui ne veulent pas mourir.

Pauvres de nous !


9 janvier 2006

L'habitude nous joue des tours, nous qui pensions...

cassationMe vient souvent en tête cette chanson de Maxime Leforestier de quand j'étais jeune... Belle chanson, mélancolique à souhait et si juste dans son propos (La rouille, paroles de Jean-Pierre Kernoa). Et puis la musique et la voix de Maxime Leforestier !
Bref. Ce n'est pas pour ça que je prend la souris et le clavier ce matin.

Voilà ce qu'on pouvait lire dans Le Monde de ce week-end :
lemonde060108_p8« Le premier ministre n'a pas apprécié de découvrir, vendredi 6 janvier en début d'après-midi, dans Le Monde (daté du samedi 7 janvier), le discours que le premier président de la Cour de cassation, Guy Canivet, devait prononcer, en sa présence, un peu plus tard dans la journée, à l'occasion de la rentrée solennelle de l'institution. Un geste d'"inélégance" que, dès son arrivée, Dominique de Villepin a reproché en privé à M. Canivet, en lui annonçant, d'une part, que, contrairement aux usages, il prendrait la parole à l'ouverture de l'audience et en lui demandant, d'autre part, d'écourter la lecture de sa propre intervention.»

Traditionnellement invité à l'audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation, le chef du gouvernement ne s'y exprime normalement pas. Usage unilatéralement rompu ce vendredi. Pour justifier son entorse à cette coutume républicaine, "Monsieur de" a avancé cet argumentaire : « Je ne suis pas un homme d'habitudes. Nous ne sommes pas dans un temps d'habitudes. Nous sommes dans un temps de grand changement ».
Ça y est, nous y voilà ! Encore cette incantation vide et creuse du progrès, du changement...
esprLecteur fidèle, souviens-toi de ce que peuvent dire des gens comme jean Duvignaud ou François Brune de ce genre d'incantation... L'argument de la nouveauté, de l'innovation, du changement, du progrès etc. est une litanie qui demande le blanc-seing universel, le chèque en blanc totalitaire. Ce n'est tout simplement pas un argument. Juste un coup de force, un "diktat" aveugle.
Montesquieu, reviens ils sont toujours aussi fous !
Je crois sincèrement que les hommes politiques nous prennent pour des cons. J'en suis convaincu depuis fort longtemps, depuis que j'ai compris que toute rhétorique politique demande à être validée par le marketing. Ce qu'Hitler avait bien compris... Si je vais au bout de mon idée, l'acclamation politique des dictateurs n'est possible que parce que nous sommes des cons ? Des cons manipulés par la technique de la manipulation dont l'objectif est de les rendre encore plus cons... c'est-à-dire politiquement toujours plus dociles et démographiquement toujours plus nombreux. J'ai l'impression de faire du Brassens !

brassensLe temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan

Vous connaissez la chanson, alors j'arrête.

L'épisode de vendredi a suscité la protestation immédiate du Syndicat de la magistrature - qui voit là un « événement sans précédent symptomatique de la volonté de mainmise du pouvoir exécutif sur la magistrature ». Le président de l'Union syndicale des magistrats, Dominique Barella, s'est autorisé, lui, à ironiser sur « une tempête dans un verre d'eau » et une « petite révolution de palais de justice ». C'est du moins ce que rapporte LCI=TF1.
Si ce n'est que ça, les dictateurs peuvent dormir tranquilles ! LCI=TF1 les préviendra quand il y aura péril en leur demeure.

Tant qu'il y aura des cons... 


4 janvier 2006

Histoires de richesse-s

canard_enchaine1Aujourd'hui mercredi, c'est le jour du Canard. Page 3, je lis que les patrons ont réalisé des grosses plus-values en jouant à la Bourse (stock-options...), que, de ce point de vue, 2005 est une exceptionnelle année... Cabu illustre ça avec une patron jouflu qu'on gave comme une oie, mais avec des billets et se réjouis de n'être "même pas malade"... Ceci corrobore une partie de la plainte de Jean-Jacques Dupeyroux dont je parlais ce matin (tiens ! Le Monde en a parlé cet après-midi...).

anlciTout à l'heure au boulot, j'ai reçu les actes de la rencontre internationa- le francophone organi- sée par l'ANLCI - Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme (organisme mis à mal par les réactions politicardes de courte vue du gouvernement aux "violences" des banlieues d'avant les fêtes !) - début avril dernier. Des actes sympathiques avec un CD-Rom contenant les textes qui font actes et un DVD qui propose de la vidéo filmée lors de la rencontre...

Aussitôt rentrée chez moi, je glisse le DVD dans mon lecteur de salon et écoute religieusement Nelly OLIN, Ministre déléguée à l’intégration, à l’égalité des chances et à la lutte contre l’exclusion. Ce que j'ai visionné est exactement ce que les participants à la rencontre ont visionné début avril : Madame la Ministre n'avait pas pu se déplacer et avait donc enregistré son message aux acteurs de la lutte contre l'illettrisme.

Alors que je suis encore tout imprégné de ma lecture du Canard et de ce que je vous ai écrit ce matin, mes neurones font un bond quand j'entends Madame la Ministre dire que

la richesse d’un pays,
ce sont avant tout les hommes et les femmes
qui le composent
!

Bon ! À un autre endroit des actes, mes neurones s'entrechoquent carrément quand je lis qu'Azouz BEGAG (simple écrivain et chercheur au CNRS, à l'époque) prétendait, lui, que

la richesse ne s’exprime pas dans un compte en banque,
mais dans l’accès à la bibliothèque
et au monde des livres pour les tout-petits
.

begagNous y voilà donc ! Pour quelqu'un qui se plaindra quelques mois plus tard, quand il sera ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, de la "sémantique guerrière" de son collègue deuxième ministre, je trouve qu'il y va un peu fort côté rhétorique ! La polysémie recherchée du terme 'richesse', et exhibée par Monsieur Begag, a ici quelque chose d'inconvenant, quand on connaît le déclin du niveau de vie des français d'en bas ! On se croirait dans un conte style prince et bergère ! Ce serait bien que les ministres cessent de nous raconter n'importe quoi et de nous prendre pour des gens sans jugement ! À les écouter, il y aurait, en gros, plusieurs richesses : celle des riches, celle du Pays, celle des pauvres... Comme ça tout le monde est riche, même les pauvres, et les riches sont contents !

riches_contre_pauvres1

Dessin emprunté à http://perso.wanadoo.fr/barnnibal/Autres%20dessins.htm


26 décembre 2005

La galère du migrant (un article de Nord-Matin, éd.du 14déc.)

Le MRAP toujours sur la brèche à la Cité administrative...
« La galère du migrant »

nordmatin051214clich__4_
Le MRAP proposait hier
[mardi 13 décembre 2005] un petit-déjeuner de réconfort aux étrangers qui campent, parfois dès 4 h du matin, devant la Cité administrative pour l’obtention d’un titre de séjour. Histoire de mettre le doigt là où ça fait (encore) mal... En mai, l’accueil se fera rue de l’Hôpital Militaire.


« On a voulu mettre l’accent là-dessus, parce que le problème est loin d’être réglé », explique Louisette Fareniaux, responsable du comité lillois du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).

Dès potron-minet. c’est-à-dire dès 7 h du matin, des militants ont ap- porté un gobelet de café et une louche de réconfort aux « étrangers » qui font la queue au bas de la Cité administrative de Lille. parfois depuis des heures, souvent dans le froid, toujours dans l’obscurité...
Les grilles ne s’ouvrent qu’à 8 h 30 : il s’agit de prendre un ticket de rendez-vous pour le dépôt d’une première demande de titre de séjour, ou son renouvellement. Mais l’affluence est telle qu’il faut parfois revenir l’après-midi (à 13 h 30), voire un autre jour. D’où l’intérêt d’arriver parmi les premiers...

« Il y a des gens qui viennent de Douai. Qui prennent le train et passent leur nui ici, dehors », s’insurge Kateryna. Cette Ukrainienne aux beaux yeux bleus est venue de Lomme avec son mari, Damien. Ils attendent depuis 6 h du matin : une heure très raisonnable. Elle est arrivée en France en 2003, elle est déjà venue plusieurs fois à la Cité pour des demandes d’un an. Cette fois, il s’agit d’obtenir un titre de séjour de 10 ans. Ensuite, Kateryna demandera la nationalité française, ce qu’elle a toutes les chances d’obtenir, puisqu’elle est mariée depuis deux ans avec un Français. « J’ai vu attendre ici de vieilles religieuses de 80 ans... Et des femmes qui venaient avec de petits enfants enveloppés dans des couvertures », raconte Kateryna. « C’est inhumain. Il faudrait au moins établir des priorités ».

A la MEP, un colloque aujourd’hui [mercredi 14 décembre 2005] 

Inhumain ? C’était pire avant décembre 2002. À cette date seulement, le service d’accueil a pris ses aises dans l’ancien restaurant de la Cité. Et, il y a un an, on a construit un auvent, à l’extérieur: pour que la file d’attente, à défaut d’être protégée du froid et des courants d’air, soit au moins à l’abri de la pluie !

Chaque mois, le service accueille environ 4 000 « étrangers », venus de tout le département. Shiui, elle, veut passer les fêtes en Espagne : cette Chinoise à grosses lunettes étudie depuis quatre ans les mathématiques appliquées à Lille3. Chaque année, sa demande de titre de séjour transite par la Maison de l’Etudiant et ne pose pas de difficulté. Ce matin, elle vient chercher un « titre de voyage » qui lui permettra de regagner ses pénates lillois, après le séjour espagnol.

C’est à contre-courant que semble naviguer l’Algérien Samir: « Quand on vient de son plein gré dans un pays étranger, il faut se plier aux règles », estime-t-il. Ces heures d’attente, dans des conditions souvent difficiles, ne lui sont donc pas insupportables. Médecin diplômé en Algérie, il s’est inscrit à Lille2 pour se spécialiser en pneumologie...

Mais, quoi qu’il en soit, l’accueil des étrangers à la Cité administrative ne sera bientôt plus qu’un souvenir. En mai prochain, les services de la préfecture de Lille seront regroupés rue de l’Hôpital Militaire. dans l’ancien hôpital Scrive.. Une nouvelle organisation, apprend-on, sera mise en place pour l’accueil des étrangers, avec un système de rendez-vous...

Pour autant, les associatifs n’entendent pas faire retomber la pression. Un collectif (MRAP, LDH, CIMADE, Amnesty International...) veut organiser chaque mois un temps fort à la Cité administrative.

Aujourd’hui, le MRAP propose une série de conférences et de témoignages à la Maison de I’Education Permanente (MEP) de Lille, de 17 à 22 h, sur la « galère du migrant ». « Il y a une suspicion automatique à l’égard des étrangers. Et ça va être pire avec la nouvelle législation », constate Marie-Hélène Rigaud, membre d’Amnesty International. Restriction sur les visas, sur les ménages mixtes (avec une mise à l’épreuve de deux ans), sur le regroupement familial : les associations ne voient pas d’un bon oeil le durcissement de la législation, qui doit se poursuivre avec un tri plus sévère des étudiants candidats à l’exil et un contrôle des ménages, effectué dans les consulats des pays d’origine.

A.P.
article paru dans
Nord-Matin
,
le 14/12/05


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20 décembre 2005

La (vieille) chouette et le chat

L'autre jour, un groupe d'adolescents a assisté à une scène étrange et choquante.

twistUn jeune faisait la manche dans le courant d'air froid des rues glaciales de Lille, un chat sur les genoux... Une vieille dame passe. Elle s'approche du gamin pour lui tendre une pièce et lui dire haut et fort que cette pièce n'est pas pour lui mais pour le chat... L'enfant est resté impassible, acceptant la pièce sans mot dire, sans maudire cette vieille chouette à l'esprit tordu et au coeur humainement sec. Il a agi en professionnel, me rappelant des scènes d'un autre temps, d'un autre âge (relisez Oliver Twist !).

On dit que la sagesse vient avec l'âge. On dit même qu'elle serait le privilège de l'âge ! La consonnance entre 'âge' et 'sage' y invite, il est vrai, portant le (faux) message d'une belle connivence entre âge et sagesse... Mais les adolescents ne s'y sont pas trompés, qui ont gourmandé haut et fort  la vieille dame en termes choisis et avec toute l'impertinence qui convenait !
oliver_twistBravo les petits !

La vieille dame avait dû entendre ce bon Nicolas (non pas le Saint Nicolas ami des enfants sans distinction !) qui ne cessait hier sur France Inter d'opposer ceux qui travaillent aux autres, sans dire positivement de qui il s'agit d'ailleurs : handicapés dans l'incapacité de tra- vailler, travailleurs mis au chômage pour satisfaire les boursicoteurs, retraités au pouvoir d'achat peau de chagrin, enfants aux mains de gangs à la Oliver Twist, etc.
Il oppose "la France qui travaille" à ...
Gare à nous, le Maréchal-nous-voilà n'est pas loin !

Joyeux Noël ?


16 décembre 2005

La pauvreté se répand... c'est sûrement à cause des pauvres !

Quatrième région de France par le volume des richesses créées, le Nord-Pas-de-Calais garde toutefois l’image d’un territoire touché par la pauvreté. L’explication est à la fois économique et démographique : l’accès à l’emploi moins généralisé, conjugué à la jeunesse de la population, conduit à un déséquilibre entre les ressources disponibles et le nombre de personnes à charge pour de nombreuses familles de la région. Pour répondre à ces difficultés, près de 10,9% de la population régionale bénéficie d’un minimum social, une proportion de 3 points plus élevée qu’en moyenne nationale.

profils_inseeC'est ainsi que l'INSEE résume une étude récente sur les conditions de vie en région Nord-Pas de Calais.

Soyons plus précis, avec un résumé un peu plus fourni :

DE LA RICHESSE DU TERRITOIRE AUX RESSOURCES DES HABITANTS

Un territoire qui génère beaucoup de richesses, mais peu par rapport à ses habitants

Avec un produit intérieur brut (PIB) de 81,5 milliards d’euros en 2003, le Nord-Pas-de-Calais est la quatrième région française en termes de richesse créée. Cependant, une fois rapporté à la population, ce montant s’élève à 20 253 euros par habitant, soit 11% de moins qu’en France de province.

L’analyse des revenus fiscaux des ménages confirme le niveau plus faible de ressources pour une partie de la population du Nord-Pas-de-Calais. En effet, s’il y a peu de différence au niveau des revenus des habitants les plus aisés de la région par rapport à la France de province, les habitants les moins aisés de la région, définis comme les 10% de la population aux ressources les plus faibles, déclarent en 2003 moins de 4 486 euros par an par unité de consommation, valeur inférieure de 22% à celle de province. Ainsi l’éventail des revenus en Nord-Pas-de-Calais est ouvert « vers le bas ».

Des salaires identiques aux autres régions mais un accès à l’emploi moins généralisé

Les salaires, qui composent les deux tiers des revenus fiscaux, sont au même niveau que dans les autres régions. Cependant, bénéficier d’un salaire implique d’avoir un emploi. Le taux de chômage dans le Nord-Pas-de-Calais, et plus particulièrement le chômage de longue durée, est depuis une quinzaine d’années toujours supérieur de trois à quatre points à celui du reste de la France. De plus, la part des adultes se portant sur le marché du travail, appelé taux d’activité, est parmi les plus faibles du pays. Ceci est dû à une plus faible participation des femmes au marché du travail et à une part élevée de jeunes adultes dans la région. De surcroît, le nombre de personnes dépendant de ces revenus est plus élevé dans la région.


voixnord La Voix du Nord de ce vendredi 16 décembre annonce les résultats de cette étude en ventre de Une en termes plus directs :

NORD-PAS DE CALAIS

La précarité augmente, les inégalités se creusent.  Même les salariés ne trouvent plus à se loger.

UNE PAUVRETÉ QUI S'INSTALLE

Cruel paradoxe...

Le paradoxe en question, c'est l'écart entre richesse et pauvreté, écart dont la dynamique est de se creuser encore et encore, comme par une force endogène... Premières explications en Une, dossier en page 2... Merci aux journalistes de faire ressortir les points saillants de l'étude et de nous montrer que le libéralisme qui préside aux destinées du Monde fonctionne à merveille, enrichissant les riches et apprauvrissant les pauvres... Comme au Monopoly, quoi ! Et il est bien connu que ceux qui perdent au Monopoly sont ceux qui ne savent pas jouer... Encore qu'au Monopoly, en début de partie, tous les joueurs se voient allouer les mêmes ressources...

L'étuide est (pdf).


11 décembre 2005

Un nouveau blog

Un blog vient de naître :
"Education Permanente Et Formation d'Adultes".

visu_navd

Souhaitons-lui une longue vie
avec plein de lecteurs et de contributeurs !

 

Tout est daté du 9 décembre, c'est-à-dire d'avant-hier. L'auteur(e) ne se présente pas formellement. Il doit s'agir d'un groupe d'étudiants en Sciences de l'éducation à Paris8 et travaillant sur les métiers en relation avec l’éducation permanente et la formation des adultes...

Pour l'instant, quelques messages ont été postés.
Les voici en ordre rétrochronologique :

  • Annexe Les organismes et sigles
    Pour procéder a la recherche des organismes et sigles dans l’éducation permanente et la formation des adultes, on a pensé à mettre en base des critères qui peuvent nous servir et faciliter notre travail. La plupart du temps on emploi l’éducation permanente comme synonyme de le la formation des adultes voire de formation continue, ces termes n’étant pas toujours eux-mêmes utilisés d’une façon très rigoureuse. C’est pourquoi en premier lieu, il a fallu déterminer les champs de notre recherche. La première idée est de chercher dans deux champs spécifiques : éducation permanente et formation des adultes. Est-ce qu’il est existe des organismes et sigles propres à ses deux champs de recherche ? Après une première recherche on a pu relever les différentes catégories de l’éducation permanente et formation des adultes : Education permanente, formation continue, formation des adultes, formation à distance, formation professionnelle, formation en alternance.

  • Annexe Fiches Métiers
    Notre sujet porte sur les métiers en relation avec l’éducation permanente et la formation des adultes. Nous allons, ici, vous présenter les différentes fiches qui s’y rapportent. Nous avons distingué 5 catégories : le social, la justice, la santé, les loisirs, l’enseignement et la formation pour adultes. Pour élaborer ces catégories nous avons présélectionné une vingtaine de métiers et nous les avons différenciés à travers six parties citées plus haut. Par ailleurs, nos fiches ne se rapportent pas seulement aux métiers en rapport avec l’institution scolaire. Ainsi notre travail ne comprend pas les métiers formels de l’éducation comme par exemple les professeurs.

  • Liste des sites Internet consultés
    Rubriques de la liste : Définition / Informations générales / Formation continue / Formation professionnelle / Formation à distance / Organismes / Métiers / Fondateurs / Théories / Méthodes / Histoire / Lois.

  • Citation

  • Chronologie
    Nous avons établi des critères de sélection pour les dates qui forment notre chronologie à travers une définition de l'éducation permanente qui prend en compte quelques dates importantes des lois qui organisent le système éducatif actuel pour les enfants et les adultes mais également des lois sur le travail. Nous avons pris en compte les fondateurs de la notion d'éducation permanente.

  • Introduction à l'éducation permanente et à la formation d'adulte
    Au sujet du cours dispensé par monsieur LE GRAND Jean Louis, Université Paris8 Saint Denis 93.

Les étudiants en Sciences de l'éducation et en ingénierie de la formation continue trouveront sûrement là une source intéressante d'information et de documentation... ; à suivre donc.


10 décembre 2005

DÉFENDONS NOS DROITS ET LIBERTÉS !

 

APPEL :


DÉFENDONS


NOS DROITS ET LIBERTÉS !

 

L'URGENCE : décembre 2005

LES RISQUES : des restrictions abusives aux libertés publiques au profit exclusif de quelques monopoles économiques et financiers

LA MOBILISATION CITOYENNE : pour défendre la libre diffusion de l'information et de la connaissance, pour s'opposer au verrouillage généralisé de la culture et de la connaissance.


Novembre 2005 - Le gouvernement français a déclaré l'urgence sur le projet de loi DADVSI (Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information – n°1206), qui doit transposer la directive EUCD  (European Union Copyright Directive – 2001/29CE).

Ce projet de loi doit être examiné en décembre 2005 par le Parlement au cours de deux séances de nuit rapprochées. Si ce projet est adopté en l'état, des conséquences sociales, économiques, stratégiques et démocratiques seraient majeures et irréversibles. Ces conséquences frapperont tout utilisateur de données numériques dans sa sphère privée, personnes physiques et morales (associations, sociétés, administrations).

n'oubliez pas de signer !


9 décembre 2005

Concepts policiers

J'ai rangé mon bureau cet après-midi. Je l'ai nettoyé. Pas au karcher ! Avant de jeter je regarde, je relis.

Et parmi les feuilles entassée, sept pages qui avaient imprimé un texte (daté du 28 octobre 2004) de Sylvie Toissot analysant un rapport des RG de juillet 2004..., sept pages disponibles sur le site Les mots sont importants - site dont je vous conseille la fréquentation régulière...
vers_basJe ne pouvais pas ranger ce document sans vous le présenter rapidement.


Le « repli communautaire » : un concept policier, par Sylvie Tissot

Analyse d’un rapport des RG sur les « quartiers sensibles »

Un « plan Marshall pour les banlieues », une « loi anti-ghetto », « pour en finir avec les grands ensembles » : les idées audacieuses et les grands projets n’ont jamais manqué, depuis le début des années 1990, pour remédier au problème des quartiers dits sensibles. L’absence de moyens pour mettre en œuvre un tel programme est régulièrement dénoncée. Mais le problème ne réside pas seulement dans cette hypocrisie qui consiste à afficher des bonnes intentions, non suivies d’actes. C’est surtout le fait que ces discours, en apparence animés par des préoccupations "sociales", conduisent en réalité à rendre les classes populaires responsables de leur sort, en occultant la genèse de la ségrégation sociale...

suite


11 avril 2005

Des raisons de voter oui...

      

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Sans commentaire... Relisez simplement un récent message de ce blog ou remémorez-vous tout aussi simplement comment le gouvernement répond aux questions de nos enfants lycéens...

Repris de http://www.millebabords.org/rubrique.php3?id_rubrique=34,
dans la rubrique "Légume des jours" du site millebabords.org,
de la médiathèque alternative marseillaise Mille Bâbords.

8 décembre 2005

Ordre & Éducation : du besoin de qualifier nos ministres...

Décidément rien ne va plus !

En septembre dernier, Monsieur Pascal Clément, Garde des Sceaux, et Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre d'État prétendant à la fonction suprême, passaient gravement les bornes de la civilité. Je m'en étais plaint ici.

robienetsarkozyCes jours-ci, Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre d'État prétendant à la fonction suprême, encore lui, et Monsieur Gilles de Robien, Ministre de l'Éducation Nationale prétendant aux faveurs élyséennes, brillent par la connaissance des dossiers qui sont les leurs.

sarkozyLe premier a même été dénoncé par ses propres services, et pas n'importe lesquels, puisqu'il s'agit des RG, des Renseignement Généraux eux-mêmes. Toute la presse en rend compte : le chef des polices devrait prendre garde de ne pas aller trop loin quand il lève ainsi l'index dénonciateur et accusateur, il pourrait bien se le mettre dans l'oeil !
En effet, un rapport des Renseignements généraux (daté du 23 novembre), révélé par Le Parisien hier, analyse les violences urbaines de fin-octobre/mi-novembre. Selon les termes du rapport, ces émeutes ne reposaient sur aucune "organisation". Ce serait "une forme d’insurrection non organisée avec l’émergence dans le temps et l’espace d’une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme". Une analyse qui contredit dans les termes celle du ministre de l’Intérieur, qui pense et dit tout haut que ces violences étaient "parfaitement organisées", notamment par les "bandes" des cités. Les RG balaient également toute responsabilité des islamistes, qui n’ont joué "aucun rôle", et le caractère ethnique des émeutes. "Les jeunes étaient habités d’un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d’exclus", dit très posément le rapport.
sarkozy_opa_fn Pour les Renseignements généraux, "il est à craindre désormais que tout nouvel incident fortuit provoque une nouvelle flambée de violences généralisées". On dirait qu'il demande à leur patron de se taire !
Ceci dit, ça fait une dizaine de jours (voire davantage) que le ministre connaît les termes de ce rapport, ce qui ne l'empêche pas de persister dans sa dénonciation aussi hasardeuse que calomnieuse. Reste qu'un tel homme qui se promet un si bel avenir ne fait rien au hasard : que cherche-t-il en provoquant ainsi la haine sociale que le libéralisme sauvage entretient dans notre pays ? Ne subodorez-vous pas ici quelque manœuvre politicienne destinée à récupérer des voix, les voix des poujadistes et autres commerçants et joueurs de Real-Monopoly... sarkozy3En tout cas, l'épisode aura permis à notre bon ministre de faire parler de lui, comme le montre le graphe joint à gauche ! Le vrai problème pour le pays, dans ces condi- tions, c'est que les ambitions personnelles de Monsieur Sarkozy vont finir par lui (le pays, pas Nicolas Sarkozy !) coûter très très cher. Et quand je dis le pays, je veux dire vous, amis citoyens. Contribuables, réveillez-vous !
Bref, le ministre a lu le rapport qui lui demande de changer son point de vue sur la société française, mais il ne change rien à rien. Peut-être va-t-il nous dire, comme avait déjà fait son collègue Copé à propos des chercheurs en sciences économiques et sociales, que les enquêteurs des RG ont des a priori idéologiques... ?

robienDe son côté, le ministre de l'Éducation Nationale veut déclarer la guerre à la méthode globale d'apprentissage de la lecture, en revenant "aux méthodes syllabiques et (en signifiant) aux inspecteurs qu'ils doivent cesser de sanctionner les enseignants pratiquant la méthode syllabique". Le problème, c'est que les inspecteurs ne sanctionnent plus depuis longtemps les enseignants qui pratiqueraient la méthode dite globale, pour la simple raison que cette méthode a été abandonnée depuis pas mal de temps ! Je vous laisse lire le message de Tou-o.

On avait Nicolas le justicier fauteur de troubles, voilà maintenat Gilles le Don Quichote de l'éducation !
Sérieusement, à l'heure où l'on exige de la part du travailleur le moins rémunéré une qualification à toute épreuve et une conscience professionnelle exemplaire (sinon c'est la porte !), est-il moralement et politiquement convenable que des ministres aux portefeuilles si importants étalent ainsi leur incompétence ?


1 décembre 2005

Le monde de Charles Edmond de Coussemaker

Si vous avez pu lire attentivement le programme de l'opération Cantus 21, vous avez peut être remarqué qu'il y avait une série de conférences programmées (dans la rubrique "rencontres").

Il se trouve que mon amie Sophie-Anne Leterrier va contribuer à l'une d'elles. Elle parlera de 73xCharles Edmond de Coussemaker (né le 19 avril 1805 à Bailleul, mort le 10 janvier 1876 à Lille*), archéologue musical, érudit qui a travaillé sur la musique du passé, historien-musicologue avant la lettre.


Professeure d'histoire contemporaine à l'Université d'Artois, Sophie-Anne Leterrier s'intéresse aux "musiques fonctionnelles" du XIXe siècle (musique militaire et musique liturgique notamment), ainsi qu'à l'historiographie. Après Le XIXème siècle historien. Anthologie raisonnée (Belin, 1997), elle publie en janvier prochain, chez Armand Colin, un ouvrage sur l'esprit historique dans la musique : Le mélomane et l'historien.

Jeudi prochain, elle évoquera le "monde d'Edmond de Coussemaker", c'est-à-dire le contexte de ses recherches, les réseaux érudits auxquels il a participé, les raisons motivant le choix des sujets de ses travaux (la théorie musicale au Moyen Age et les archives musicales locales essentiellement).

Cela aura lieu à Bailleul, salle Peguy (en lien avec l'expo au musée Benoît de Puydt) le jeudi 8 décembre à 18H (petite conférence d'une demie-heure environ ; si vous voulez voir l'expo, prévoyez une demie-heure en plus). La salle se trouve place St Vaast (juste derrière l'hôtel de ville).

Vous êtes, bien sûr, les bienvenus !

Note *
De Coussemaker étudie le droit à Paris et suit en même temps une formation musicale dans l'espoir de devenir un jour compositeur. Il travaille par la suite à Douai en tant que juriste. Il devient enfin juge à Bergues, Cambrai, Dunkerque, Hazebrouck et Lille. Il fonde le Comité Flamand de France en 1853 visant à éviter la disparition du néerlandais en Flandre française.


30 novembre 2005

Spectacle déambulatoire dans un seul souffle...

Dimanche après-midi, au couvent des Dominicains, les applaudissements étaient déjà très nourris pour saluer l’entrée de l’ensemble vocal Cœli et Terra. C’est dire la renommée que le groupe a déjà acquise !

Cœli et Terra fait partie de l’association  La Chapelle des Flandres, pôle d’art vocal dans le Nord - Pas-de-Calais, ainsi que Métamorpho- ses et Biscantor.

Habitué depuis trois ans à venir au couvent de la rue Salomon, l’ensemble existe depuis 1987. Une trentaine de chanteurs (des amateurs, mais aussi quelques professionnels) interprètent un répertoire qui allie des oeuvres sacrées de la Renaissance avec d’autres, plus contemporaines.

vdn_051122Modernité

Ainsi au programme, il y avait Josquin Desprez, Gregorio Allegri, Clément Janequin, mais aussi Mau- rice Bourbon. Ce dernier est le chef de Cœli et Terra, mais il est aussi compositeur. « Il respecte la tradition, et en même temps il renouvelle, explique Franck Larère, chargé de communication. Il ne nie pas le passé. Mais son écriture est pleine de modernité, il y inscrit de nouvelles formes qui s’intègrent parfaitement ».

Tenebrae factae sunt, Pleni sunt et Champ de bataille, trois œuvres de sa composition, ont contribué à tisser le fil du spectacle, étiré durant une heure, dans cette enceinte merveilleuse du couvent, pour près de 300 spectateurs ravis et captivés.

Le concert n’est en effet pas fait de petits morceaux entrecoupés d’applaudissements, mais il se fait d’un seul souffle. Le son est continu. En tenant la note, les acteurs changent de place, se séparent, se rejoignent, offrent de nouvelles sonorités... C’est la magie de Maurice Bourbon : créer un programme en fonction de l’acoustique des lieux.

© La Voix du Nord (J.-M. S)
datée du 22 novembre 2005


27 novembre 2005

Pauvres de nous ! (encore)

"Un homme de 48 ans, sans domicile fixe, a été retrouvé mort samedi dans un garage à Calais (Pas-de-Calais), probablement victime du froid [...]. cheneneigeIl s'agit du troisième SDF retrouvé mort en France depuis jeudi. Le corps d'un sans domicile fixe de 57 ans, mort de froid, avait été retrouvé vendredi matin par la police municipale sous un pont de Seyssins (Isère), dans la banlieue de Grenoble. Un homme de 38 ans, sans domicile fixe, avait également été retrouvé mort fri- gorifié à la Grande Resie près de Gray (Haute-Saône) jeudi matin, dans sa voiture."

[dépêche NOUVELOBS.COM | 27.11.05 | 10:16]

Trois jours et trois nuits.
Trois hommes morts frigorifiés.

rtlPour conforter Monsieur le Maire UMP dont je parlais hier et avant-hier, certaines officines de presse vont aller jusqu'à montrer comment ces hommes victimes du froid n'étaient en fait que victimes d'eux-mêmes, de leur refus d'être intégrés dans une société si bonne et si juste et si attentive au progrès. Allez voir sur le site de RTL : les commentaires audio notamment sont édifiants ! Une des principales vertus du libéralisme ambiant n'est-elle pas de faire endosser à l'individu maltraité la responsabilité de cette maltraitance ? Ainsi les morts pour raison économique, tout comme les licenciés pour raison économique, n'ont que ce qu'ils méritent...
Ça me rappelle étrangement une scène ancienne de ma pauvre vie. C'était lors de mon service militaire, pendant mes "classes", à Fontai- nebleau, en août-septembre 1977. Nous avions tous été rassemblés dans une salle où était installé un appareil de projection. On nous fit voir un documentaire sur la bombe atomique - dont la bombeatomiquemorale (car il y a toujours une morale à l'armée, n'est-ce pas ?) pouvait se résumer en cette phrase :   

si vous mourez lors de l'explosion d'une bombe atomique, c'est de votre faute :
vous n'avez pas su vous protéger !

Je m'en souviens comme si c'était hier.
Une morale pareille, ça vous fait un homme !


26 novembre 2005

Pauvres de nous ! (suite)

"No comment !" ? En fait, c'est trop vite dit !

Oui ! Arrêtons de nous plaindre de la mauvaise information de nos élus ! Cessons d'accepter, par lâche défaitisme, leur cécité sociale (volontaire ou pas [?]) et leur autisme politique ! Soyons civiques et proposons- leur sans relâche les remèdes à leur cécité... Par exemple, pourrais-je conseiller à Monsieur le Maire UMP de Levallois-Perret de lire mon blog ? Ou plutôt, à partir de mon blog (dans la colonne de droite) d'aller voir sur le site de l'Observatoire des inégalités ?

observatoirein_galit_sIl pourra lire, par exemple, un article récent : "La pauvreté en France", posté le 16 octobre 2005. On y lit que, "selon la définition de la pauvreté que l’on utilise, la France comptait en 2001 entre 3,6 millions et 7,1 millions de personnes pauvres. Entre 1,5 millions et 2,9 millions de ménages étaient dans cette situation. La part de personnes pauvres serait comprise entre 6 et 12 %." Et partant du principe que la pauvreté serait plutôt en augmentation, quelle que définition de la pauvreté qu'on adopte, ça fait quand même pas mal de monde, Monsieur le Maire ! Tenez, je suis sympa et vous offre le lien qui vous permettra de suivre le sujet sur ce superbe site : il vous suffira, quand vous le souhaitez, de cliquer sur le visuel de l'Observatoire (que j'ai mis en tête de paragraphe) pour connaître les derniers travaux présentés sur ce sujet - qui vous est si cher...
Vous me direz que les gens, sûrement des soviets ou des anarchistes, qui alimentent l'Observatoire des inégalités sont de parti pris, voire de mauvaise foi !
inseeAlors regardez à l'INSEE, organisme ministériel : une des pages de son site s'intitule "
Niveau de vie, revenu disponible et pauvreté en France"... Allez-y lire, Monsieur le Maire UMP !
Bon ! Je vais être encore sympa : en cliquant sur l'image INSEE (à droite), vous aurez les pages du site gouvernemental qui abordent la question de la pauvreté. Ce 26 novembre 2005, le moteur affiche 524 liens qui, exclusivement dans les pages de ce site gouvernemental, pointent le mot 'pauvreté' ! Vous avez de quoi vous informer, dans un premier temps du moins !
À moins, que comme un de vos amis politiques qui siègent au gouvernement, vous ne déclariez que les scientifiques sont forcément de parti pris. Surtout quand les données qu'ils mettent en avant, après les avoir patiemment - c'est-à-dire avec méthode et déontologie - construites, contrarient le discours gouvernemental...
Ou alors, à moins que la question ne soit bientôt définitivement réglée sous peu : le gouvernement ne prépare-t-il pas une "loi sur l'égalité des chances", comme l'a déclaré notre Premier Sinistre à Meaux, hier ?


23 novembre 2005

Salaires : qui dit moins ?

Je me souviens qu'au tout début de ce qu'on a appelé à l'époque l'industrialisation de la formation, au temps où le mot "multimédia", vecteur de l'infini progrès humain, faisait rêver à tort et à travers (fin des années quatre-vingt-début des années quatre-vingt-dix), le maître-mot, qui sonnait comme un slogan incantatoire dans les cabinets ministérielles et les divers groupes de travail de délégations diverses, était simple : "faire plus et mieux" avec autant de ressources financières (c'est-à-dire pas plus de ressources = moins de ressources rapportées au produit)...

Si vous adossez ça au contemporain leitmotiv lancinant et appuyé sur la nécessaire motivation de l'apprenant, avec ses avatars économiques - les seuls qui me semblent historiquement justifier l'insistance en question - _cornedebrume_comdu style co-investissement formation, vous avez la libéralisation du marché de la formation. Et quand je dis 'libéralisation', je ne veut surtout pas dire que la liberté règne enfin sur le monde de la formation des hommes et des femmes sous-qualifiés et exploités en tant que tels. Sauf à dire que ces gens-là, s'ils veulent se former, ils le peuvent - en application de l'adage bien connu : "quand on veut on peut !". Ce qui serait faire fi de l'aspect économique des choses...

traite_europeBref on est en plein dans le cercle vicieux de la fameuse économie sociale de marché. Vous savez ! Ce dont parle l’article I-3-3 du Traité dont les français n'ont pas voulu en mai dernier : "L'Union œuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économi- que équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement. Elle promeut le progrès scientifique et technique." Mais, comme disait si bien Liêm Hoang-Ngoc, cette phrase, à première vue porteuse de progrès, ne résiste pas à l'analyse : "décortiquée, elle transpire de la nouvelle pensée unique, celle qui veut appuyer la marche du néo-libéralisme sur des béquilles morales et éthiques".

Le progrès ! Mais quel progrès ? Le progrès pour arranger les bidons de qui ? Souvenez-vous du sous-texte et de ce que Jean Duvignaud et François Brune peuvent dire du progrès !

En tout cas, il y a une occasion où le "progrès" montre son vrai visage un peu plus franchement, je veux parler de la floraison du dumping salarial. Comme fait remarquer Arnaud Duvillard, dans son texte du 21 novembre, "on attendait une version française du site d'emploi allemand Jobdumping.de, c'est finalement un site français qui est arrivé, Jobdealer.net, lancé le 2 novembre dernier. progres__image_sud_aerien.org_Son concept s'inspire toutefois bien de son confrère allemand, à savoir que les candidats peuvent répondre à une proposition de poste en baissant leurs salaires les uns après les autres. Un système d'enchères inversées."

J'aurai beau entendre les dénégations des promoteurs du système, une seule question me vient à l'esprit, lancinante, "à quand les soldes ?"


7 novembre 2005

Innovez, il en restera toujours quelque chose !

Ce matin, j'étais à l'Université de l'innovation, au Nouveau Siècle à Lille.
Formidable ! On sort de là tout ragaillardi ! On se prend vingt cinq ans de moins, au moins ! On se souvient de l'époque où l'on innovait avec les autres ! On se remémore le temps où l'on inventait des stratégies pédagogiques pour aider les jeunes filles et les jeunes garçons du sinistre bassin minier lensois à se dessiner un avenir !
D'ailleurs, au Nouveau Siècle, ce matin, j'ai revu pas mal de vieux copains, perdus de vue aujourd'hui mais avec lesquels j'innovais, des copains des Gepen - euh pardon des GRETA ! -, des copains des associations locales avec qui on entrentenait de vieilles relations...

innovationPlein de gens très bien comme il faut ont parlé de
l'innovation et j'ai appris plein de choses.
Oh ! Pas des choses nouvelles !
Mais peu importe, c'est quand même important !

Ils ont tous essayé de dire ce que c'était que l'innovation.
Ce que c'était comme chose, comme réalité.
Ils ont tous proposé des définitions.
"L'innovation, c'est..."

Mais là, il y a un problème, un problème majeur. C'est que, n'en déplaise à toutes ces belles personnes, ce n'est que par artifice que l'innovation peut se dire en sujet. En fait, au fond de la réalité du langage, l'innovation ne peut être qu'un prédicat, un attribut. On ne postule la réalité directe de l'innovation que par abus de langage. L'innovation n'est pas. C'est telle action de formation qui est innovante, tel dispositif éducatif qui innove, tel outil pédagogique qui est une innovation...

'Innovation' est un mot dont la charge référentielle est toute relative, un mot tout en relations, un mot qui n'a de sens que lorsqu'il est accompagné... Bref un mot qui ne veut rien dire à lui seul. C'est peut-être pour ça qu'il est tant employé... Au magasin du langage quotidien, je le range sur la même étagère que progrès, évolution, modernisation, etc., sur l'étagère des mots utilisés à tort et à travers, des mots slogans, des mots mensonges.

Et encore, quand on a dit ça, on n'a rien dit. Car on n'innove pas comme ça, en l'air. On innove à partir d'un état qu'on brutalise pour passer à un autre état qu'on n'imagine pas forcément tel qu'il adviendra. L'innovation est passage hasardeux, mouvement plus ou moins dirigé, trajectoire plus ou moins tracée, action plus ou moins logique - et plutôt moins que plus en général.

engrenage2Et encore faut-il qu'on innove sous contrôle social ! Sinon ça reste une simple invention, une petite trouvaille. Combien de gens inventent dans leur coin, comme ça, pour eux, sans forfanterie ! Sans innover !

Et encore faut-il que le discours académique et normalisateur s'en empare. Sinon ça ne se voit pas, ça ne se sait pas, ça ne se dit pas. Mais là encore il y a un gros problème : l'instabilité du mouvement qui caractérise l'innovation n'est pas soluble dans  le discours académique. Rendre compte d'une innovation avec les schémas préformatés de la science, des sciences humaines par exemple, c'est comme prendre en photo le vol du papillon, prendre un cliché des gestes par lesquels le chef de chœur communique avec ses choristes : on perd la grâce et le tempo. C'est figer le mouvement, stabiliser l'instable, menotter la révolte. Le seul mode de compte rendu qui laissera à l'innovation ses élans et ses ruades, c'est l'écriture praticienne, écriture non bridée a priori, écriture ouverte à la respiration de l'écrivant, qu'il invente ou qu'il innove.
L'écriture qui sait rester rebelle.


Petits conseils de net-lecture, au hasard :


28 octobre 2005

Un forum pour l'ingénierie de formation

mastersiteifLes étudiants du Master2 « Ingénierie de Formation » du CUEEP viennent d'ouvrir un Forum sous © phpbb.


Créé en septembre 2005, ce forum s'adresse aux étudiants et anciens étudiants du master Ingénierie de Formation du CUEEP, et de manière plus générale, aux professionnels de la formation. Il n'est pas à usage exclusivement interne mais se veut ouvert sur l'extérieur, avec pour objectif de mettre en relation les promotions actuelles, anciennes et futures... et peut-être aussi toutes celles et tous ceux qui, pour n'être pas inscrits dans l'une ou l'autre promotion, pourraient prétendre au titre d'Ingénieur de formation, par reconnaissance de l'expérience professionnelle, par exemple en VAE.
Allez-y donc voir !

forumif

En voici l'organisation :

Master IF - Cours & stages

  • Côté Cours ... toutes les questions que se posent les étudiants concernant les cours, mais aussi des conseils et des idées pratiques

  • Côté Stages ... pour vivre au mieux le redoutable triptyque SAD, Stage-Actions-Difficultés

CUEEP - Infos

  • Les infos du CUEEP

La formation - Forum général

  • Infos du monde de la formation ... les infos mais avec vos avis

  • Discussions autour de l'ingénierie de formation ... idées, débats, vécus et discussions autour de l'ingénierie de formation

Emploi

  • Offres de stages ... pour aider les étudiants dans leurs démarches de recherche de stage

  • Offres d'emplois ... pour vous aider les étudiants dans leur recherche d'emploi

Enfin, une rubrique est consacrée à ce que vous souhaitez partager de vos idées, avis et suggestions pour améliorer ce forum...


chaton_a_oeilPostée jeudi 20 Octobre par Alison, qui a l'air d'être la cheville ouvrière de l'entreprise (bravo Alison, tiens bon!), l'information selon laquelle, jeudi 15 décembre, un groupe d'étudiants du Master IF organise une journée professionnelle sur le thème :

Marketing et démarche commerciale en formation.

Moi qui désespère de voir la marchandisation gangrener la formation permanente jusqu'à la moelle, je pense que je vais m'inscrire.
S'ils m'acceptent !


28 octobre 2005

Tchétchénie, brisons le silence !

ai_crirecontrel_oubli

manifestation régionale
contre les violations des droits humains
en T c h é t c h é n i e
Samedi 5 novembre 2005, de 14h à 18h
place du Théâtre à Lille

4nov2004_pybrunaud_pour_ai

Apportez un objet sonore,
ensemble nous briserons le silence
autour de la Tchétchénie

petit point documentaire
sur la
Tchétchénie
à la fin du message
du 12 octobre


27 octobre 2005

parti pris idéologique et idéologie du gagnant-gagnant

jf_cop_Je viens de retomber sur une page du Quotidient permanent du NouvelObs, page que j'avais imprimée pour relire le texte du message à tête reposée. Il s'agit de la sortie de Jean-François Copé, notre ministre délégué au Budget, contre une récente étude de l'OFCE au sujet de la politique fiscale de notre gouvernement. C'était le 20 octobre dernier et j'ai gardé le document pour entreprendre une petite recherche d'information et une rapide réflexion sur ce que disent les mots de notre bon ministre délégué (encore le "sous-texte" !). J'aurais aimé, d'une part, lire l'étude en question, et, d'autre part, fouiller dans les déclarations politiques où des expressions comme "zéro perdant", "gagnant-gagnant", tout le monde gagnant", etc. fleurissent. Pas le temps. Mais avant de jeter la feuille imprimée au recyclage, je ne peux m'empêcher d'en parler - ou plutôt d'en écrire... Je sais, ça me perdra !
Titre  : Impôts : Copé juge l'OFCE "partiale". Et côté accusé, il s'agit de la Lettre de l'OFCE n° 267 du 20 octobre 2005, Réforme fiscale 2007: un pas de côté... (Cyrille Hagneré, Mathieu Pane et Henri Sterdyniak).

Moi, je trouve qu'au NouvelObs, ils sont très bons. Deux intertitres scandent la page : "Parti pris idéologique" puis "Zéro perdant". La chapeau disait "Dans une note, l'Organisation explique que 70% des baisses d'impôts prévues dans le budget 2006 iront aux 20% des foyers imposables les plus riches." Et dans un monde où l'on se contente le plus souvent de ne lire que ce qui est en caractère gras sur la page (il y en a qui appellent ça la lecture rapide et efficace !), je trouve qu'il a de la gueule, cet enchaînement :


Le gouvernement fait baisser les impôts des riches
fleche
Parti pris idéologique
t_fleche
Zéro perdant


Moi je trouve cet enchaînement très drôle mais très triste !
Sur le côté drôle, je n'insiste pas. Par contre, ce qui est triste, c'est d'abord ce parti pris langagier des conservateurs, parti pris très grossier et bien grossièrement étalé ici.

kopfsandLe conservatisme - qui a très bonne presse en France, en Europe et ailleurs - part du principe que, quand on est face à quelqu'un qui refuse que la conservation et l'accroissement du capital soient les principes régulateurs fondamentaux de la vie socio-économique, il faut de toute urgence - et si on n'a rien d'autre de technique par exemple à lui opposer - le taxer de "parti pris idéologi- que". Ça fonctionne comme ça depuis des lustres dans notre bon pays des Droits de l'Homme. Je ne donne pas d'exemples, vous voyez très bien ce que veux dire et laisse à d'autres le soin d'éventuellement exemplifier ceci en commentaire du présent message.

ideologiePar contre, ce qui apparaît de plus en plus dans le discours gouvernemental et patronal, c'est toute cette panoplie d'expressions que je relevais plus haut : "zéro perdant", "gagnant-gagnant", tout le monde gagnant", etc. Et là, moi, je trouve qu'ils vont très fort, au mépris des bases élémentaires de la physique. Ça me fait immanquablement pensé au baratin du commerçant de base, vous savez, quand le commerçant veut vous convaincre qu'il perd de l'argent en vous vendant son article à tel ou tel prix, alors qu'il est clair qu'il réalise un bénéfice sur votre dos - sinon il ne serait pas là ! Moi qui ai souvent joué au Monopoly quand j'étais petit (si si ça existait déjà !), quand on me dit qu'un dispositif permet que tout le monde gagne, ou qu'il y a "zéro perdant", je dis STOP ! Baratin, mensonge et discours anesthésique ! Discours interlope ! C'est-à-dire discours idéologique - au sens où les conservateurs emploient ce mot ! Ou encore discours idéologique, au sens fort, c'est-à-dire au sens de discours de celui qui a le pouvoir et qui utilise le langage pour confirmer et renforcer son pouvoir... Non plus seulement discours qui cache un autre discours, mais discours qui cache un autre discours efficient, agissant, violent... Dans ce discours-là, le sous-texte est action sur l'autre, contrainte de l'autre.

tv_ideologieQue tout ceci est triste : tout le monde les croit !
Tout le monde se laisse prendre par le baratin du commerçant ! Tout le monde se laisse attirer par les lumières du profit, tout le monde se laisse éblouir par les sirènes imbéciles du bonheur facile et de l'argent mérité, tout le monde se laisse endormir par les silences assassins des manipulateurs de foule.
La vérité est bien dans le marketing ...
Je suis désespéré.


 

25 octobre 2005

La Chapelle des Flandres fait son automne...

josquin_rose Le coup d'envoi de la saison automnale 2005 de l'association La Chapelle des Flandres sera donné à Cambrai, le 19 novembre. Le grand JOSQUIN DESPRÉS n'est pas au programme de ce concert. Il marque- ra pourtant fortement cette saison de son empreinte...

Ce concert du samedi 19 novembre vous permettra de faire connaissance avec deux musiciens assez rares, Jean Richart et Régis Campo (photo ci-dessous). Le premier fut un notable cambraisien au XVIIème siècle, l'autre est né à Marseille en 1968. La pièce pour huit voix du premier date de 1628 ; la pièce composée par le second lui a été commandée en 2005 par l'association Ad fugam.campo

Vous retrouverez Régis Campo et sa Missa Amici le mercredi 23 novembre (18h30), mais à Villeneuve d’Ascq cette fois (église St Pierre à Ascq) et en compagnie de Josquin Després (Messe Gaudeamus). C'est à partir d'une pièce de ce dernier que Régis Campo a composé sa messe...

Josquin, vous le retrouverez un peu avant ce dernier concert : ce sera lors du traditionnel concert d'automne chez les Dominicains, cette année le dimanche 20 novembre, à 17h. Josquin sera en compagnie de Clément Janequin, Gregorio Allegri et Maurice Bourbon.

raphael Enfin, l'association La Chapelle des Flandres vous propose, juste avant Noël, une visite guidée à tra- vers les départements Moyen-Age et Renaissance du musée du Palais des Beaux-Arts de Lille, suivie d'un concert par le chœur de chambre Cœli et Terra : chants sacrés autour de la Nativité, de la Renaissance au XXIe siècle, “sur un fil”, à travers le musée. Ce sera le jeudi 22 décembre, dès 19h...
Mais je vous en reparlerai.

De même que nous reparlerons de Nymphes des bois, concert spectacle en création de Maurice Bourbon et Philippe Jacquier, avec Cœli et Terra, six comédiens et Casilda Rodriguez à l'accordéon. Autour de la vie du compositeur Josquin Després (v.1440-1521), des guerres du Moyen-Age à l’humanisme de la Renaissance - Erasme, par exemple, dont je vous parlais l'autre jour -, une évocation vocale et théâtrale de l’homme en quête d’absolu...
nimphes_des_bois11

[La troisième image de ce message représente un détail d'un Raphael exposé
au Palais des Beaux-Arts de Lille été 2003 (Raphael : 1483/1520
)]


20 octobre 2005

J'aime ma boîte ?

logojmb_hpETHIC voudrait qu'on aime notre boîte, c'est-à- dire l'entreprise (ou l'organisation) dans laquelle on justifie notre salaire...
Bon, d'accord : je prends quelques minutes pour suivre l'idée... quelques minutes sur mon temps de travail évidemment.

Pourquoi j'aime ma boîte ?

  • pour les valeurs qu'elle continue à défendre contre vents et marées

  • pour les publics dont elles défend les intérêts éducatifs et culturels

  • pour tous ces collègues qui partagent ces valeurs-là et offrent leur intelligence à ces publics-là

  • etc.col_re02

Pourquoi je ne l'aime pas ?

  • ...                    
  • ...                  
  • ...    

Chut !  Ils sont tous abonnés à mon blog !!!


19 octobre 2005

Plainte de la paix

erasmec0Hier, j'ai cité Érasme, l'humaniste de Rotterdam - qui refusa l'invitation de François 1er le belliqueux de 1515 -, pour sa Querela pacis undique gentium ejectae profligataeque de 1516.
Je suis en train de relire ce texte. Je l'ai déjà lu, mais il y a très longtemps, trop longtemps. Je n'avais pas été sensible, à l'époque, à la force à la fois sereine et inquiète de ces pages.
Participant en ce moment à un travail artistique autour de l'idée de guerre au début XVIème, je redécouvre ces pages d'une étrange modernité. Je découvre aussi cet homme, européen comme l'étaient en cette fin du Moyen-Âge/début de la Renaissance tous les gens d'esprit, mais avant tout un homme conscient de ce qu'est l'humanité et de ce qu'elle pourrait être...

La Bibliothèque Nationale de France nous offre une édition des années 1530 (cote: NUMM-93753). bnf_gallicaLe livre compte quarante-quatre pages scannées avec précision par (et/ou pour ?) nos bibliothécaires nationaux, il y a déjà bien longtemps. Merci à eux. Je vous ai montré la couverture hier. Vous pouvez, en cliquant dessus télécharger l'ouvrage en pdf ou en tiff (attention, près de 2 méga et demi à chaque fois !). Génial.

Si vous voulez consulter le texte latin de la Querela pacis, nos amis belges ont entrepris le travail qui vous satisfera : la faculté de philosophie et lettres de l'Université Catholique de Louvain propose, avec son uclAgoraClass : L'Agora des Classiques, un site plein de bonnes choses pour les amateurs de langues et de littératures classiques. Bref vous aurez ici le texte brut et le texte avec les liens hypertextes qui en font un objet d'étude accessible au philologue latinisant. Le texte est celui qu'a établi Werner Welzig (Erasmus von Rotterdam. Ausgewählte Schriften. t.7, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1972).

Si vous voulez lire une traduction française contemporaine, il vous faudra acquérir ou emprunter le travail de Chantal Labre :9782869596894 Érasme, Plaidoyer pour la paix, Paris, Éd. Arléa, 2002, 90 p., pour un prix très modique.
Dans le titre Querela pacis, que Chantal Labre rend par Plaidoyer pour la paix, 'querela' pourrait être rendu aussi bien par Appel, Réclamation, Plainte, voire Lamentation (Chantal Labre suggérerait bien Lamento)... Une main que je ne saurais dater a écrit au revers de la page titre de l'exemplaire conservé à la BNF des mots qui, aujourd'hui encore, nous parlent avec force :

page2

La main généreuse a écrit aussi en anglais, à moins que ce ne soit aussi en américain...


18 octobre 2005

Tension en métaphore

de_civeHomo homini lupus, écrivait Hobbes (1588-1679), par une métaphore bien connue, reprise de l'Asinaria de Plaute : l'homme est un loup pour l'homme (dans son De cive, Epistola dedicatoria, en 1642).

Sauf que, écrivait Érasme (1467 [ou 69?]-1536) en 1516 dans sa Querela Pacis - querelapacisc'est-à-dire quelques mois après l'horrible bataille de Marignan - la concorde des loups est prover- biale (luporum concordiam etiam prouerbia nobilita- runt), déjà mise en avant par Aristote (dans l'Éthique à Nicomaque) et Horace (septième des Épodes).

Hobbes se serait donc trompé ? Pas du tout !

Disant que l'homme est comme un loup pour l'homme, le philosophe anglais veut seulement, mais sans le dire, loupinsister sur la différence entre la communauté des hommes et celle des loups. Dans la première règne la discorde, dans la seconde la concorde. Le loup affamé est dangereux pour l'homme, peut-être, mais jamais pour le loup. L'homme, affamé ou non d'ailleurs, est dangereux pour l'homme...

La métaphore est une tension où,

sous le ruissellement d'une ressemblance,

coule une différence.


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