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BRICH59
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17 octobre 2005

Anniversaire

5 octobre 1961, communiqué du Préfet de Police Maurice Papon

17octobrDans le but de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes, des me- sures nouvelles viennent d'être décidées par la préfecture de police. En vue d'en faciliter l'exé- cution, il est conseillé de la façon la plus pres- sante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin. [...]

17octobreD'autre part, il a été constaté que les attentats sont la plupart du temps le fait de groupes de trois ou quatre hommes. En conséquence, il est très vivement recommandé aux Français musul- mans de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. Enfin, le préfet de police a décidé que les débits de boissons tenus et fréquentés par les Français musulmans d'Algérie doivent fermer chaque jour à 19 heures.

Pour la suite,

voyez http://17octobre1961.free.fr/,

le site contre l'oubli

logobdic2002où vous pourrez voir notamment quelques unes des photos prises le 17 octobre 1961 par Elie Kagan (1928-1999) et conservées par la BDIC de Nanterre.


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23 septembre 2005

Recherche-action de type stratégique

RECHERCHE-ACTION DE TYPE STRATÉGIQUE
PROBLEMES TAXINOMIQUES, ÉPISTÉMOLOGIQUES ET POLITIQUES DE L'ÉVALUATION

ou

De l'évaluation des politiques et des actions publiques à la recherche-action de type stratégique et retour

__ambroise_monod__1992__a_

Comme dit René Duringer, dans la Revue française de comptabilité (n°227, octobre 1991, p.14), « l'évaluation est partout. L'évaluation est à la mode. C'est même l'un des grands axes de la rénovation du secteur public engagée depuis quelques années. Ce besoin de nouveaux instruments de mesure s'explique par :

  •  les mutations économiques,
  • la décentralisation qui s'est traduite par de nouveaux pouvoirs et de nouvelles responsabilités des élus locaux notamment dans le domaine social,

  • la nouvelle définition des rôles de l'État, des collectivités et des institutions. »

__ambroise_monod__1992__b_Prenant une posture délibérément moins techniciste que René Duringer, Patrick Viveret, dans son rapport de 1989, commence par montrer comment l'évaluation est une fonction et un enjeu de la démocratie, ne serait-ce qu'en permettant l'application de l'un des principes fondamentaux de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen de 1789 (formulé dans son article 14) :

« Tous les citoyens ont le droit de constater,
par eux-mêmes ou par leurs représentants,
la nécessité de la contribution publique
».

__ambroise_monod__1992__c_Ceci dit, l'évaluation d'une politique publique, c'est concrètement l'émission d'un jugement sur la valeur de l'action engagée au titre de cette politique. Or « ce jugement peut être prospectif et anticiper l'action (évaluation ex ante), ac- compagner l'action (évaluation concomitante), ou la suivre (évaluation a posteriori). Il peut être aussi celui des acteurs eux-mêmes (auto-évaluation) ou d'acteurs extérieurs à la mise en oeuvre de l'action évaluée. Il peut avoir des objet différents : préparer une prise de décision, l'améliorer, l'apprécier après coup. »

Le groupe nominal 'recherche-action' est particulièrement absent du rapport de Patrick VIVERET et l'on pourra légitimement me demander pourquoi je le sollicite au sujet de la recherche-action. Ma réponse tient en deux raisons, d'inégal statut :

  1. la recherche-action étant un axe méthodologique important du Laboratoire Trigone (et, partant, du CUEEP), il se trouve que plusieurs recherches-actions menées par Trigone évaluent des actions publiques ;

  2. de fait, évaluation et recherche-action ont de nombreux points communs, ne serait-ce qu'au plan méthodologique.

Aussi, soucieux d'apporter ma pierre à la constitution de la recherche-action de type stratégique comme méthode de recherche appropriée à l'objet « éducation »[*], je me propose, dans un premier temps, de situer la recherche-action comme méthode d'évaluation, avec les critères proposés par Patrick Viveret. Puis, les chercheurs qui pratiquent la recherche-action de type stratégique fondant l'un des aspects essentiels de leur démarche sur une théorie de la connaissance, nous irons, dans un deuxième temps, du côté de l'épistémologie sartrienne, puis ferons un détour par l'histoire. Enfin (troisième temps), revenant au travail de Patrick Viveret, je vous propose de soumettre la recherche-action de type stratégique au crible de la philosophie politique, afin de répondre à la question : la recherche-action de type stratégique, comme action, respecte-t-elle les termes de cette idée à usage régulateur qu'est la démocratie ?

__ambroise_monod__1992__d_
Typologie de l'évaluation, théorie de la connaissance et pratique de la démocratie, tel est le triptyque des problématiques où s'in
 terroge la recherche-action de type stratégique. Ma contribution se déroulera donc en trois temps :

 

1. Recherche-action et typologie de l'évaluation

1.1. le critère "temps" : une évaluation "concomitante" ; la conco- mitance présente un grand intérêt

1.2. le critère "fonctions" : l'évaluation est dite "dynamique", dans la mesure où elle devient "un instrument de pilotage de l'action"

1.3. le critère "destinataires" : une évaluation "endoformative"

1.4. quelques remarques pour nuancer

1.4.1. recours à la méthode historique

1.4.2. dans le même temps "récapitulative"

1.4.3. l'évaluateur occupe une position médiane

1.5. le plus de la recherche-action de type stratégique : l'implication du chercheur, à tel point que le chercheur est en même temps acteur

2. Recherche-action et théorie de la connaissance

2.1. la citation et son commentaire

2.2. la citation et son contexte

2.2.1. cet ouvrage est en fait...

2.2.2. dans la note d'où provient le texte cité, ...

2.3. prière de situer

2.3.1. situer les expériences

2.3.2. permettre une mesure aussi précise que possible de l'impli- cation du chercheur dans l'action

2.3.3. des expressions contemporaines de la praxis marxiste/ post- marxiste ; le dilemme du savant et du politique de Max Weber

2.4. faisons un détour par l'histoire

2.4.1. la méthode historique : la question de l'objectivité, la ques- tion de la vérité

2.4.2. typologie des situations du chercheur-acteur

1) l'espace idéologique

2) l'espace de pouvoir

3) l'espace d'action

4) le temps de l'action

2.5. praxis et utopie pédagogique

3. Recherche-action et pratique de la démocratie

3.1. la garantie d'indépendance

3.1.1. comprendre l'indépendance dans la relation entre évaluateur et acteur

3.1.2. comprendre l'indépendance dans la relation entre évaluateur et prescripteur

3.2. la garantie de compétence et de rigueur

3.3. la garantie de transparence

3.4. la garantie de pluralisme

3.4.1. l'"acteur collectif" est-il garantie de pluralisme ?

3.4.2. comment l'espace critique fonctionne-t-il ?

3.4.3. l'espace critique est-il hors de l'acteur collectif ?

__ambroise_monod__1992__e_____________________________________

[*] Cette constitution est le projet de la thèse de Marie-Renée Verspieren, Recherche-action de type stratégique et science(s) de l'éducation, Bruxelles/Paris, Coédition Contradictions/L'harmattan, 1990 (396 p.). Sans cet ouvrage, les réflexions dont je vous fais part ici n'auraient pu s'approfondir. C'est à lui et aux différents Cahiers d'Études du CUEEP (les numéros 1, 3, 9, 11, et 15, notamment) que je dois l'essentiel de ma connaissance de la recherche-action, et de la recherche-action de type stratégique en particulier. L'ensemble de ces ouvrages constitue le corpus sur lequel s'appuie mon analyse.

____________________________________

afp120Ce texte a été publié sous une forme légèrement différente et sous un titre non moins légèrement différent (« Recherche-action de type stratégique : typologie de l'évaluation et implication du chercheur ») dans Actualité de la Formation Permanente, n°120, Septembre-Octobre 1992, p. 103-119. Les dessins sont d'Ambroise Monod, rédacteur en chef de la revue. La notice du service documentation du Centre Inffo propose le résumé suivant : L'article situe dans un premier temps, la recherche-action comme méthode d'évaluation et propose une typologie de l'évaluation. Puis rappelle les fondements théoriques de la connaissance sur lesquels s'appuient les chercheurs qui pratiquent la recherche-action de type stratégique. Enfin, la question de la relation d'un tel type de recherche avec la démocratie est posée. L'auteur fait référence tout au long de son article aux travaux de Patrick Viveret.


14 octobre 2005

Développement ou compétitivité ?

ciadtLe Journal officiel (n°239 du 13 octobre 2005) a publié un décret qui transforme le Comité inter- ministériel d'aménagement et de développement du territoire - CIADT - en Comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des terri- toires - CIACT. Ce décret du ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire stipule que "ce comité se prononce sur les objectifs de la politique nationale d'attractivité, de compétitivité et de cohésion des territoires". Une réunion du nouveau CIACT s'est tenue hier en fin de matinée à l'Hôtel Matignon. Le Moniteur, par exemple, en rendait compte dès hier dans une dépêche.
datar Par ailleurs, comme l'avait indiqué Dominique de Villepin dès le 27 juillet, la DATAR devrait également changer de nom et un décret en faire état prochainement. La DATAR (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régio- nale), organe technique au cœur de la politique d'aménagement, deviendra la DIACT (Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires).
Grâce à ces changements d'appellation, qui nous font passer du développement à la compétitivité, le gouvernement veut laisser entendre qu'il compte renforcer ses capacités d'anticipation et, paraît-il, mettre "solidarité et compétitivité au cœur de la politique industrielle".


rapport_sur_la_comp_titivit__mondiale2005_2006Côté compétitivité, on est assez bien renseigné. Tiens ! Prenons le Forum économique mondial, qui  a publié le 28 septembre dernier à Genève son Rapport annuel sur la compétitivité mondiale. Tout est sur la page du World Economic Forum, dit WEForum. Allez-y voir !
Dans le "Country Rankings 2005-2006", on lit que notre chère patrie est moins compétitive que l'an dernier et n'est que 30ème, reculant de trois places, au rang des pays compétiteurs... Bref, on compte les points : il y a les gagnants, il y a les perdants. Ceux qui stagnent, restant à la même place dans le "Ranking", sont a priori perdant, paraît-il... En fait, les gagnants ont fait perdre les perdants, et les stagnants attendent leur tour pour être perdus, c'est-à-dire perdants la prochaine fois qu'on fera le décompte...

Côté solidarité, on est aussi assez bien renseigné. Les ouvriers de Gdansk, l'abbé Pierre, Coluche, mon voisin Totoro, etc. Et puis les dictionnaires sont relativement unanimes sur le sujet. Voici ce que donne Mediadico :

  • solidarité (nom féminin)
  1. Responsabilité, dépendance mutuelles, état des personnes solidaires.

  2. Sentiment d'entraide, entraide.

  3. Se dit de l'obligation pour chacun d'acquitter la totalité d'une dette commune en cas de défaut d'un des débiteurs.

Bon ! On voit bien. Mais, ce que je ne comprend pas, c'est comment on peut allier, sans pouffer rire, les termes 'compétitivité' et 'solidarité', comme fait notre Premier Ministre, par ailleurs littérateur à ses heures...


Mais, avant de poser une question à Monsieur le Premier Ministre, revenons un instant au glissement qui vient d'être opéré avec ostentation par le Gouvernement, changeant le D de CIADT (D pour "développement") en C de CIACT (C pour "compétitivité"), et qui justifie, semble-t-il, l'alliage peu banal de la compétitivité et de la solidarité.

Les mots n'ont pas tous ni toujours la même physionomie. Je veux parler tout à la fois de l'air qu'ils ont et de ce qu'ils signifient comme malgré eux ou plutôt malgré l'usage que celui qui les énonce veut en faire. Je vais une fois encore vous emmener dans le monde du sous-texte...

  • 'Développement', c'est un mot vecteur, un mot directionnel, un mot ouvert au sens où on ne sait où ça va... Un peu comme 'progrès' ou 'modernisation' ou tout simplement 'mieux' ("mieux disant", etc.). Regardez l'étymologie du mot : elle indique bien un mouvement (voloper, en ancien français) à partir d'un point de départ (de) ; 'envelopper' indiquerait un mouvement inverse, qui enferme, enserre... Bref, avec le développement on ne sait pas où on va, on sait seulement d'où l'on part. Du coup, quand le discours affiche ce mot comme devant donner la finalité des choses, il faut s'attendre à ce que tout soit permis (jusqu'à la théologie cachée : souvenez-vous de cette "odeur" théologique dont parlait si bien Jean Duvignaud, derrière les masques de la science, et notamment les sciences dites humaines)... 'Développement' est de ces mots interlopes utilisés pour attraper les couillons, les innocents du langage. Sauf si - complément d'information - le but visé par ce mouvement est  affiché en tant que tel.

  • 'Compétitivité' est plus franc, comme mot. C'est ce qu'on a vu tout à l'heure en parcourant le Country Rankings 2005-2006 du WEForum. Il y a compétition entre les pays, comme il y a compétition entre les concurrents. Quand les places sont chères, concurrence et compétition peuvent conduirent au meurtre. On a déjà vu ça. Et puis, par différence avec 'développement', 'compétition' indique qu'il y a du collectif, de l'ensemble (le cum latin) et qu'il y a désir, demande, appétit, etc. Comme s'il n'y avait qu'un gâteau, et que plein de gens voudrait le manger, et en manger la plus grosse part - quitte à laisser tous les autres sur leur faim... Ou alors, restons simple et parlons de pain plutôt que de gâteau, parlons d'une nourriture quotidienne et nécessaire plutôt que d'un dessert superflu : les compagnons partagent le pain dans une relation de commensalité (déjà au XVIe, voyez chez Nicot [1606] : "Est celuy qui a hantise ordinaire et compagnie à un autre, et est terme correlatif à luy mesmes, le Picard dit Compaing, comme l'Italien Compagno, et compagnon par diminutif. Le mesme Picard, dit paignon en diminutif de pain, pour un petit pain : qui fait qu'aucuns estiment compagnon estre dit à cause de la commensalité qui est entre deux qui s'entrefont compagnie."), les compétiteurs sont dans une relation de rivalité, prêts à s'entretuer pour en avoir chacun la plus grosse part. Le Ranking rend compte de l'issue de la lutte sans pitié, de la concurrence à la mort, etc. Certes le droit va tenter une régulation de cette relation, mais là encore à la façon interlope et de toutes façons sans trop de force...


Alors, je pose la question :

Monsieur le Premier Ministre, s'il vous plaît, que prétendez-vous nous faire comprendre quand vous prétendez mettre "solidarité et compétitivité au cœur de la politique industrielle" ?

Si vous avez du mal à me répondre - ce que je comprendrai aisément : je tiens parfois des propos incompréhensibles ! -, je veux bien vous aider un peu. Avec une question de relance, par exemple :

Monsieur le Premier Ministre, s'il vous plaît, quand vous parlez de solidarité "au cœur de la politique industrielle", vous parlez de solidarité entre qui et qui ?

Dans l'attente de votre réponse en commentaire du présent message, je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de mes sentiments citoyens

Brich59


12 octobre 2005

Refuser la misère

À l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, lundi 17 octobre, ATD Quart Monde publie, avec la contribution d'Amnesty International et du Secours Catholique,

Résistances, le journal du refus de la misère.

couv_resistances2Ce numéro unique de 16 pages s’adresse à :

  • Tous ceux qui ont envie d’agir mais ne savent pas comment.

  • Tous ceux qui estiment que rien n’est possible face à l’extrême pauvreté.

  • Tous ceux qui n’ont pas conscience que la misère est une violation des droits de l’homme.

  • Tous ceux qui ne comprennent pas que les personnes en situation d’exclusion sociale vivent une profonde injustice et sont les premières à résister aux conditions extrêmes qu’elles subissent.

  • Tous ceux qui voient leur engagement comme une goutte d’eau dans l’océan.

Rédigé par des journalistes issus de la presse nationale et régionale, Résistances se fait l’écho des gens qui, là où ils sont, agissent contre la misère et l’exclusion : dans leur entreprise, leur commune, leur école, etc.

Vous pouvez télécharger ce journal en cliquant ici.


12 octobre 2005

La Tchétchénie aujourd'hui

CONFÉRENCE – DÉBAT

Vendredi 21 octobre à 20 heures

Salle des fêtes d’Outtersteene*

LA TCHÉTCHÉNIE AUJOURD’HUI

grozny1Film documentaire :

« Grozny, chronique d’une disparition »

de Manon Loizeau


Débat :

« La situation actuelle en Tchétchénie,

les enjeux, les perspectives »

Animé par un spécialiste du Caucase

Soirée organisée, avec  le concours de la ville de Bailleul, par les associations :

Femmes Actives au foyer – Bailleul – Région Flandre
et Nord-Tchétchénie

Cette conférence-débat coïncide avec la fin de deux expositions proposées dans le hall de l'hôtel de ville de Bailleul, depuis le 7 octobre :

*A25 sortie 10. Après la traversée de Bailleul, suivre la direction Vieux-Berquin au niveau du monument anglais. À 5 km environ, la salle des fêtes sera à gauche dans la rue principale d'Outersteene...


le bonus du web-documentaliste
sur la question tchétchène

  • la revue de presse d'actualité de Google

  • les informations d'Amnesty International (en français)

  • la bibliographie du Comité Tchétchénie
  • les articles du Monde Diplomatique (à ce jour : "Labyrinthe caucasien" par Ignacio Ramonet - octobre 2004 ; "Ces conflits mal éteints qui ébranlent le Caucase" par Jean Radvanyi - octobre 2004 ; "Douze ans de conflit" - juin 2003 ; "Une opération de politique intérieure russe" par Musa Yusupov - juin 2003 et "Guerre et normalisation en Tchétchénie" par Gwenn Roche - juin 2003.) et les infos des Amis du Monde Diplo

  • l'article de Wikipédia, à contester, à compléter...
  • le dossier des copains de rezo.net

  • dossier (revue de presse, news, video, photos) de ebabylone.com

  • la bibliothèque sonore : Tchétchénie : le cri silencieux



  • La Tchétchénie et l’Europe, bref document de synthèse proposé par Julie Le Mazier & Florent de Bodman, lors de la séance du 4 mai 2005 du séminaire de l'Association Pollens, à l'École Normale Supérieure (téléchargeable en pdf). Concernant l'attitude française, les étudiants notent : "La position actuelle de la France sur la question tchétchène consiste à la traiter comme  secondaire. La France de Jacques Chirac répète régulièrement son souhait d’une solution politique en Tchétchénie, mais avant tout son attache- ment au respect de la souveraineté russe ; elle formule peu ou pas de critiques envers la politique russe en Tchétchénie. Cette politique n’a pas conduit à une modification de la politique de la Russie en Tchétchénie, et n’a pas permis d’améliorations de la situation" (p.13). Sur le comportement politique de l'Europe, on lira avec profit quelques articles parus dans Politis, par exemple : "Tchétchénie, les silences de l’Europe" (21 novembre 2002), "Silence tragique sur la Tchétchénie" (12 juin 2003), "Bush-Poutine: même logique, même impasse" (9 septembre 2004), "Sales affaires avec Poutine. L’Europe sacrifie les Tchétchènes à ses projets industriels" (24 mars 2005).

  • Sur la condamnation de la Russie par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), voyez, par exemple, le communiqué de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme du 25 février 2005. Le Monde du 30 septembre dernier affirmait que, condamnées en février par la CEDH à verser des compensations financières pour des violations de ces droits commises en Tché- tchénie, les autorités russes se sont exécutées (le 15 septem- bre). Amnesty International, dans son rapport annuel (publié en mai 2005), avait dénoncé les graves atteintes aux droits de l'Homme commises par les forces russes, qui jouissent "d'une impunité presque totale", en Tchétchénie. Le conflit a continué "de donner lieu à de graves atteintes aux droits humains, ce qui contredisait la thèse officielle d'une normalisation", soulignait l'organisation de défense des droits de l'Homme... Mais si, une nouvelle fois encore, la situation en Tchétchénie occupe l'essen- tiel du chapitre du rapport consacré à la Russie, AI dénonçait également la violence policière et l'arbitraire de la justice dans l'ensemble du pays : persistance des crimes racistes, tortures et mauvais traitements dans les postes de police et les prisons, ainsi que harcèlement et intimidation de citoyens désireux de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme...

  • [ajout du 3 avril 2006]
    -récente présentation (en anglais) de Tchétchénie: une affaire intérieure? Russes et Tchétchènes dans l’étau de la guerre (Anne Le Huérou, Aude Merlin, Amandine Regamey & Silvia Serrano, Paris: Editions Autrement, 2005) ; a déjà fait l'objet d'une courte présentation par le Comité Tchétchénie ;
    -"L'Occident face à la crise tchétchène : un rendez-vous man- qué_?" de Nadège Ragaru (in Cemoti, n°21) ;
    -enfin, un colloque s'est tenu à Lille2, organisé par le CERAPS, et intitulé Face aux crises extêmes, les 21 et 22 octobre 2004. Ce colloque avait pour objet les réponses aux crises extrêmes, entendues comme des situations où est mise en danger l'existence d'un groupe humain, qu'il s'agisse de massacres, d'épidémies ou de famines. En raison des actes, des événements, des politiques caractéristiques des crises extrêmes, en raison de la gravité des conséquences qu'elles ont pour les sociétés où elles adviennent, les réalités de ces crises font l'objet de multiples contestations, mises en question et mises en doute passionnées, de « manipulations ». En même temps, elles sont traitées par de nombreux récits et rapports d'enquête, qui visent à l'établissement de vérités, à l'analyse, et parfois aux deux. La multiplicité et la diversité politique des intervenants, lors des situations de désastre humain, sont parmi les facteurs qui produisent l'incertitude publique caractéristique des crises extrêmes, incertitude qui souvent se prolonge longtemps après la fin de celles-ci. C'est le propre en effet de ces événements critiques de devenir « une histoire qui ne passe pas » et de susciter beaucoup d'histoires, de révisions, de négations, de pronostics, de prises de paroles passionnées et de recherches de vérité. Ce constat de l'incertitude publique liée aux crises extrêmes sera l'objet central d'analyse de ce colloque.
    Lors de la seconde après-midi de cette rencontre scientifique, Aurélie Campana (GSPE - IEP de Strasbourg) est intervenue pour présenter une communication intitulée « Opération antiterroriste vs génocide programmé en Tchétchénie. Sémantique d'une guerre oubliée ».


ce point web-bibliographique peut être
bien sûr complété en commentaires...
alors, n'hésitez surtout pas !


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11 octobre 2005

J'suis p'têt'bête, mais...

y a quelque chose que je ne comprends pas !

dwmapsncmDans l'histoire de la SNCM, on nous dit, depuis un bout de temps, qu'il doit y avoir injection de capitaux privés (Saint Marché, priez pour nous !) pour que l'entreprise de service public ne coule pas...
Bon ! Je ne suis pas compétent en économie ni en européanie, donc, je fais semblant d'accep- ter. Par défaut.

Hier, on nous rebat les oreilles avec l'idée que la grève de salariés (commencée le 20 septembre) met l'entreprise de service public en péril.

J'en conclus donc que, pour que l'entreprise de service public ne coule pas, il faut que les salariés travaillent.

Alors pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite, que le travail était au moins aussi important que les capitaux pour que l'entreprise de service public ne coule pas ?
sncm_hommeSi on avait pris "conscience publique" de cette vérité économique trop simple, on n'en serait peut-être pas là, à une situation de blocage !

Après quoi on pourra peut-être se mettre d'accord sur l'importance relative du travail et du capital. Et ajuster nos façons de voir les choses en fonction de cette répartition... Non ?
J'ai dis une connerie ?


10 octobre 2005

Journée mondiale contre la peine de mort 2005

La Coalition mondiale contre la peine de mort regroupe 38 organisations de défense des droits humains, associations d’avocats, syndicats et collectivités locales faisant campagne pour l’abolition universelle de la peine de mort.

peinedemort La Coalition organise chaque année une Journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre, afin d’inciter les gens à travers le monde à se mobiliser contre ce châtiment. L’édition 2005 sera consacrée à l’abolition en Afrique.

Vous pouvez lire l'entretien accordé par Michel Taube, porte-parole d'Ensemble contre la peine de mort, au NouvelObs.

La majorité des pays africains n’ont plus recours à la peine capitale, mais cette abolition doit être étendue à l’ensemble du continent.

Demandez l’abolition immédiate de la peine de mort en signant l’appel lancé par la Coalition aux chefs d’États et de gouvernements africains.

dp_banner_fra
Passez à l’action !

L’appel de la Coalition réclame:

  • l’abolition de la peine de mort dans les législations nationales;

  • la ratification du Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort;

  • le soutien de l’Union africaine et de l’Organisation des Nations unies.

Signez l’appel


7 octobre 2005

On avance, on avance...

s_antusLe Sénat américain a demandé au Gouvernement Bush de ne plus "maltraiter" les prisonniers de guerre. Cette injonction émane d'une majorité écrasante... D'aucuns considèrent ça comme une entrave à la politique de Bush, voire comme un défi à la Maison-Blanche, qui, du coup, a menacé d'opposer son veto à la loi sur les dépenses militaires... Mais qu'on se rassure, cette injonction n'a pas encore force de loi...
Article du New York Times.

cour_supremeLa Cour Suprême d'Israël a demandé au Gouvernement Sharon de ne plus utiliser de civils palestiniens en boucliers humains... Tsahal n'a pas commenté pour l'instant. Lu dans La Libre Belgique de ce jour (dépêche Reuters).

L'humanité avance à pas de géant...

Vous, je ne sais pas, mais moi, j'aime les mots pesés, j'aime utiliser les mots pour ce qu'ils veulent dire, etc., alors je crois sage de reconnaître qu'il y a encore quelques problèmes à régler avant qu'on puisse parler d'humanité.
insee_logo1801Non ?
Regardez, dans notre bonne vieille démocratie par exemple, pays des droits de l'homme à ce que l'on dit, patrie de Jules l'instituteur de l'École publique laïque gratuite et obligatoire, 9% des adultes ayant suivi leur scolarité en France sont en situation d'illettrisme. C'est l'INSEE qui le dit, dans les résultats d'une étude récente.

C'est un constat d'humanité, ça ?

Et quand je vois, ou plutôt quand je sens que c'est tout le secteur de l'éducation des adultes, sans exception, qui va bientôt basculer dans le monde du marché (Saint Marché priez pour nous!), qui va bientôt ne plus fonctionner que sur le mode du marché (Saint Marché priez encore pour nous!), je me dis qu'il y a encore du chemin et que la pente va être bien raide... pour les personnes en situation d'illettrisme.


26 septembre 2005

Socrate, es-tu là ?

L'autre jour, Hugues Lenoir évoquait la figure de Socrate, celui qui n'avait rien écrit et pourtant grand producteur de savoir (ne disait-il pas le premier des savoirs était de savoir qu'on ne sait pas ?)... C'était à propos de la VAE et du rapport à l'écrit. Et de fait, pour autant qu'on sache, Socrate était un homme de parole.
socrates_louvreIl y a quelque dix ans, j'avais osé une évocation du vieil athénien, fils de Phénarète, accoucheuse de son état. C'était à propos de la figure du "tuteur méthodologue", à l'occasion du deuxième colloque européen sur l'autoformation que le GRAF et le CUEEP avait organisé ensemble, à Lille, les 6 et 7 novembre 1995. Ce texte constituait l'introduction à une bibliographie signalétique d’ouvrages et articles de langue française sur l’autoformation - travail bibliographique distribué en fascicule aux participants au colloque, puis publié en annexe aux actes dudit colloque (Cahier d'études du CUEEP, 32-33, mai 1996, p.263 sqq.), enfin repris par la suite et complété par Pierre Landry sur le site du GRAF.
Voici cette évocation :


Encore Socrate, l’ouvreur
Athènes, il y a près de 2.400 ans.
Socrate et Ménon, un ami des sophistes, discutent paisiblement sur une question à la mode : la vertu peut-elle s’enseigner ? Mais, question préalable, qu’est-ce donc que la vertu ? Voilà donc nos compères partis à la recherche d’une définition de la vertu. Mais, nouvelle question préalable, c’est quoi, une définition ? Socrate semble jouer avec les nerfs de l’ami des sophistes, tant et si bien que ce dernier finit par craquer. Il lâche un sophisme bien entendu que Socrate reformulera calmement, à peu près en ces termes : impossible de chercher ni ce qu’on sait parce qu’on n’a pas besoin de le chercher, ni ce qu’on ignore parce qu’on ne sait pas ce qu’il faut chercher
[1].
Comment savoir alors ce que l’on doit apprendre ? Socrate a une réponse - en biais : on n’apprend pas, on se souvient seulement. C’est la théorie - ou plutôt la « mythique » - de la réminiscence, toile de fond de la maïeutique socratique et dans la perspective actuelle de laquelle on installe souvent l’autoformation[2]. L’âme est immortelle et vit plusieurs « vies », entre lesquelles elle peut, à chaque fois, à chaque mort, contempler la vérité du monde. À chaque entre-vies, elle voit tout, « il n’est rien qu’elle n’ait appris »[3]. Mais, juste avant chaque naissance, elle est conduite dans la plaine d’Oubli[4] où, assoiffée, elle s’abreuve au fleuve Négligent[5] : elle en oublie tout ce qu’elle a vu, tout ce qu’elle a appris[6]. Elle semble cependant en garder quelque nébuleuse mémoire, puisqu’il suffira que, non sans peine, Socrate exerce son art d’accoucheur, la maïeutique, pour que le plus inculte des esclaves de Ménon formule la règle de la duplication du carré. L’esclave la trouve (ou plutôt la re-trouve, la re-connaît, re-naît avec elle) de lui-même, aidé d’un Socrate « tuteur méthodologue »....
S’il est clair qu’on est loin de pouvoir adhérer à la mythique platonicienne de l’immortalité de l’âme, on ne peut assister au dialogue socratique sans être convaincu que la démarche a bel et bien quelque chose à voir avec l’autoformation, ne serait-ce que par opposition à l’hétéroformation à toute épreuve des sophistes. En suivant Socrate et ses interlocuteurs, on peut voir comment il n’existe pas de voie toute tracée vers le savoir, comment le chemin de la connaissance se creuse en marchant. Le pédagogue est un ouvreur d’itinéraire pour qui se laisse guider. À Athènes, il y a près de 2.400 ans, le pédagogue était un serviteur qui accompagnait l’enfant vers l’enseignant. L’image de l’accompagnement n’était finalement pas si mauvaise. Le tuteur « mé- thodologue » n’est-il pas
celui qui aide chemin faisant[7] ?
Mais, à chaque fois, Socrate exerce ses dons d’ouvreur dans une relation individuelle, personnelle, privée avec son interlocuteur. Aujourd’hui, l’autoformation se comprend dans un cadre institutionnel où l’individu en quête d’apprentissage devra pouvoir disposer de guides plus ou moins balisés pour creuser son propre chemin. Paradoxe, mais paradoxe qui se lèvera sans doute le jour où la question de l’autodirection en formation trouvera des réponses en termes de dispositifs ouverts, c’est-à-dire avec un spectre le plus large possible d’usages par les apprenants.
Le défi n’est pas mince : cadrer, mais sans le réduire a priori, le champ du possible ! C’est à le relever qu’œuvrent les bâtisseurs de l’autoformation.
L’autoformation est « en chantiers », affirme la livraison d’Éducation permanente qui rend actes du premier colloque européen sur l’auto- formation (Nantes, novembre 1994)
[8]. Ce premier colloque, écrit Chantal Attané[9], a révélé l’autoformation « dans tous ses états ». À l’occasion de la tenue du deuxième colloque, le présent document veut, tout simplement, présenter l'autoformation dans (presque) tous ses écrits - écrits de chercheurs, écrits de praticiens.

[NOTES]

  1. Cf. Platon, Ménon 80e2-5.

  2. Cf., par exemple, Henri Desroche, « D'une écriture autobiographique à une procédure d'autoformation. Pour une approche "maïeutique" en éducation permanente », Éducation permanente, n° 72/73, 1984, p. 121-140 ; et, plus ré- cemment, Philippe Carré, « L’autoformation : état des lieux et perspectives », dans Les cahiers d’études du CUEEP, n° 28, février 1995, p.11.

  3. Ménon 82c7.

  4. La plaine Lèthè ; la vérité, c’est alèthéia, c’est-à-dire le non-oubli.

  5. Le fleuve Amélès ; chez Platon, la néglicence (améléia) s’oppose au soin (épiméléia) qu’il faut apporter à l’âme (Cf. Phédon, 107c1) ; ce soin se déclinant en termes d’apprentissage et de connaissance, voire de sagesse...

  6. Cf. Platon, République, livre x, 621a.

  7. L’imagerie de l’itinéraire, du chemin, de la voie, etc. n’est pas sollicitée ici uniquement par référence au lexique contemporain des acteurs de la formation et de l’autoformation, mais bien parce qu’elle est utilisée par Platon pour développer sa mythique de l’âme (cf. par exemple le « mythe d’Er » dans République, livre X, à partir de 614b). En fait, la maïeutique socratique a son corrélat du côté de l’interlocuteur de l’« accoucheur » : la poréïeutique, ou art du voyage (poréïa). Cette poréïa est aussi bien, chez Platon, la « marche dialectique » (cf. République, livre VII, 532b5) que les pérégrinations des âmes dans leur entre-vies (cf. République, livre X, 619e5).

  8. Éducation permanente, n° 122, paru en juin dernier.

  9. Entreprises-formation, n° 81, janvier-février 1995, p. 19.


Je sais, et Bernadette Courtois avait bien raison de me le faire remarquer, Socrate conduit son interlocuteur où il veut bien le mener, le faisant passer par des circonvolutions dialectiques inouïes, alors que le tuteur méthodologue n'est pas censé conduire l'apprenant, juste lui faciliter la tâche d'apprendre. Mais quand même, il y a de la pédagogie constructiviste chez ce Socrate, tout comme chez le tuteur méthodologue - si j'en crois mon ami Gilles Leclercq.
Quel homme ambigü, ce Socrate !
Au fait, qui c'était Socrate ?


20 septembre 2005

Validation des Acquis de l'Expérience & Illettrisme

inffoflashAu tout début de l'année dernière, Inffo Flash (629, 15-30 janvier 2004) publiait un entretien avec Hugues Lenoir, maître de conférence à Paris X et intéressé par deux binomes thématiques : Illettrisme & Validation des Acquis de l'Expérience et Éthique & Formation. Hugues Lenoir venait d'achever une recherche exploratoire auprès d'acteurs de la VAE engagés dans des expérimentations en entreprise pour des travailleurs en situation d'illettrisme. Elle l'avait conduit à inviter les formateurs à chercher « les moyens de travailler avec l'oral de manière à ce que celui-ci fasse preuve, au même titre que l'écrit », pour reconnaître les savoir-faire de ces personnes et assurer ainsi davantage d'équité...

c2rpCe matin, le C2RP a invité Hugues Lenoir pour animer l'un de ses petits déjeuners autour de la thématique VAE et Illettrisme. Pas étonnant que l'un des organismes phares de la formation continue du Nord-Pas de Calais propose un tel menu matutinal : la VAE et la lutte contre l'illettrisme sont deux thèmes majeurs de la politique régionale.
Je figurais parmi les convives. Voici mes bribes de notes et mes impressions fugaces et fondamentales en même temps. Je vous les livre pour ce qu'elles sont : partielles, personnelles et forcément engagées. Hugues Lenoir m'a permis de les publier ici, mais ne les a pas relues. Elles n'engagent donc que moi, qui

  1. pour avoir participer en tant que professionnel de l'information et de la documentation à des jurys VAE (pour un diplôme de niveau III délivré par l'Université de Lille III), ai été "chamboulé" par la charge existentielle qui pèse sur l'impétrant qui faisait face au jury autant que par la charge éthique qui pèse sur le co-évaluateur que j'étais ;

  2. pour avoir autour de moi des personnes faisant projet de sou- mettre un dossier VAE, suis témoin du décalage communicationnel entre elles et les "valideurs" ;

  3. pour travailler depuis plus de vingt-cinq ans dans un organisme viscéralement attaché à la promotion des personnes de faible niveau de qualification, rêve d'un système social où l'on aiderait avec respect ces personnes à prouver leurs compétences et à enclencher les processus de formation au bout desquels s'éclair- cirait l'horizon du développement personnel et de la reconnais- sance intellectuelle.

____________________

Tout d'abord une mise en garde :
le fonctionnement du binome "VAE & personnes en situations d'illettrisme" n'implique aucune dégradation des diplômes ou des certifications, prévient Hugues Lenoir. D'ailleurs, la validation des acquis n'est pas née de la dernière pluie : elle fonctionne depuis avant le Front Populaire pour le diplôme d'ingénieur - diplôme qui se porte toujours très bien...

Ensuite un paradoxe :
Hugues Lenoir soutient dans le même temps que :

  • il n'est pas utile de recourir à l'écrit pour les personnes en situations d'illettrisme ;

  • il est nécessaire de mobiliser l'écrit dans la procédure VAE.

En effet, il n'est pas utile de recourir à l'écrit pour les personnes en situations d'illettrisme, mais il est nécessaire de mobiliser l'écrit dans la procédure VAE ne serait-ce que pour relancer la dynamique d'apprentis- sage des savoirs de base, savoirs socialement indispensables quoi qu'il arrive.

Enfin, une distinction entre deux logiques de validation :

  1. la validation sur reconstitution écrite (secteur Éducation nationale, secteur Santé Social, ...), comme si on savait toujours et fatalement ce que l'on fait ;

  2. la validation sur mise en situation d'expérience (Ministère du travail), comme si on savait parce qu'on fait.

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Commençant le compte-rendu rapide de son étude VAE et situations d'illettrisme (2004), Hugues Lenoir évoque la figure tutélaire de ce bon vieux Socrate dont on ne connaît aucun écrit, à se demander s'il a même su écrire, et qui, pourtant, a produit bien du savoir...
Et de proposer un syllogisme sur le mode du célèbre

Tout homme est mortel.
Or
Socrate est un homme.
Donc Socrate est mortel.

L'expérience produit de la compétence et du savoir.
Or les personnes en situations d'illettrisme sont riches d'expériences.
Donc les  personnes en situations d'illettrisme ont de la compétence et du savoir.

La question n'est donc pas tant d'avoir la certitude que les personnes en situations d'illettrisme ont du savoir et de la compétence. On a cette certitude, et depuis belle lurette ! La question, cruciale, est de savoir comment permettre la reconnaissance de ces savoirs et compétences. Rôle important, primordial de l'ACCOMPAGNEMENT.
Une distinction entre deux types de reconnaissance :

  1. la reconnaissance pour soi (renforcement narcissique) où l'accompagnement pointe diplômes et certifications ;

  2. la reconnaissance pour le travail, où l'accompagnement prend en compte le marché local de l'emploi, etc.

Puis vient un paradoxe, encore, mais sous forme de question : si on maintient le recours à l'écrit, quid des personnes en situations d'illettrisme, sachant que la loi de 2002 a été pensée pour les bas niveaux de qualification ?

____________________

Qulques questions à la volée concernant l'écrit

Que mesure-t-on dans la procédure VAE : de la connaissance ou de la compétence ? Dans le second cas, c'est l'action qui donnera le contexte de la mesure. Dans le premier cas, l'écrit tient une place importante, mais adossé à l'oral comme moyen de montrer (Cf. Françoise Waquet, Parler comme un livre).

D'autre part, quid de la nature et du niveau de l'écrit ? Hugues Lenoir attire notre attention ici sur la dérive type "promotion sociale", que j'ai pu connaître dans le fonctionnement des jurys CAPUC dans les années quatre-vingt. Cette dérive consiste à être bien plus exigeant qu'il ne le faudrait : là où un candidat au CAP en formation initiale obtienait son diplôme avec une note de 10/20 et en ayant éventuellement fait quelques impasses dans le "programme", un candidat en formation continue devait justifier d'une note satisfaisante dans chaque partie du programme sans exception aucune. Et au final, certains employeurs, je m'en souviens très bien, avaient conscience de cte différence et disaient préférer une personne avec un CAPUC obtenu en formation continue à un diplômé de la formation initiale...

Encore une question importante : quel est l'étalon pour construire et évaluer l'écrit en question, l'étalon académique (écrit théorique) ou l'étalon professionnel (écrit d'usage) ?

Enfin, question du niveau de formalisation, à l'écrit comme à l'oral - question qui s'appuie qur la problématique de la preuve.

____________________

Des pistes ...

Pêle-mêle, Hugues Lenoir lance des idées, comme autant de pistes pour réfléchir et pour agir autrement.

  • Les « chefs-d'œuvres » des compagnons du Tour de France considérés comme preuves matérielles, mais aussi comme indice de la place sociale, dans le travail...
  • Production d'audio-visuel sur son activité, avec oralisation...
  • Schématisation de processus complexes, avec oralisation...
  • Appel à un tiers scripteur qui se tiendrait dans une position de "neutralité" à définir...

____________________

Conclusion ?

La VAE, comme ruse pédagogique (au sens de Jean-Jacques Rousseau), avec support écrit pourrait permettre de passer de l'écriture domestique à une écriture socialement validée, tout en restant une écriture pour soi.

Car enfin, même si on milite pour la possibilité d'une VAE sans écrit, il faut bien admettre que l'écriture/lecture est partout, dans tous les emplois...

Ceci dit, il y aurait un effet pervers collatéral de la VAE : mettre au chômage ceux qui, bien que compétents, ne sauraient prouver leurs compétences...

De là à penser qu'il faut maintenir des emplois non qualifiés...

Ce qui irait à l'encontre de la logique de la certification qui tend - hélas! - à s'imposer.


10 septembre 2005

Entreprise citoyenne ?

breton1Youpi ! l'entreprise citoyenne existe !
Nous l'avons tous rencontrée !
Et nous devons cette rencontre à Mr Thierry Breton, ministre de l'économie.
Qu'il soit ici chaleureusement remercié !

Je cite Libé :

  • alors que la hausse du prix du pétrole et ses répercussions (prix à la pompe, renchérissement de la production industrielle et du transport, etc.) font de plus en plus de mécontents et menacent une croissance économique déjà fragile, le gouvernement a décidé de réagir. Intervenant jeudi soir sur France 2, le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, a menacé d'instaurer une «taxe exceptionnelle» sur les compagnies pétrolières, en leur demandant de se comporter en «entreprises citoyennes» face à l'envolée des prix du pétrole.breton4

     

DONC
Définition actuelle
- provisoire et impertinente -
de l'Entreprise Citoyenne :


entreprise qui rogne
un
(tout petit) peu sur ces marges
pour calmer un gouvernement menaçant
qui ne veut pas d'histoire
avec son petit peuple
(particuliers et petites entreprises)
.


Naguère, j'avais déjà entendu parler d'entreprise citoyenne. Mais c'était dans une problématique de l'insertion des plus défavorisés au niveau local voire régional ou alors dans la saga médiaticopolitique du développement durable... En tout cas, ce n'était pas dans un souci de gestion économique à court terme ou dans une problématique électoraliste au plus haut niveau.

Pour moi, ce type de discours pose au minimum un énorme problème de signification : c'est qui, 'entreprise' ? C'est pour qui les marges ? Etc. De toutes façons, ce mélange contre nature entre le vocabulaire économique et le vocabulaire politique laisse place à toutes les significations possibles et dans tous les milieux idéologiques possibles...

Il serait donc intéressant que les blogueurs entassent ici, en commentaires du présent message, leurs définitions de l'entreprise citoyenne, sans aucun tabou, sans aucune retenue, sans aucune censure. Leur définition ou - et peut-être surtout - celle qu'ils connaissent des autres.

Après on se fera une petite analyse sémantique formelle et "par en dessous" (vous savez le fameux sous-texte !).



10 septembre 2005

Blog en nord - Meet the blogger Lille

carreLa prochaine rencontre "Blog en nord - Meet the blogger Lille" (rencontres des bloggers du Nord de la France et de Belgique) aura lieu le 28 septembre à Villeneuve d'Ascq, avec deux tables rondes ouvertes à tous, organisées à l'université de Lille 3 en collaboration avec l'UFR IDIST.


La première table ronde de nos rencontres de septembre sera consacré à l'usage des blogs dans le monde de la documentation. Elle se déroulera de 14 h à 16 h dans l'amphi E de l'Université Charles-de-Gaulle - Lille 3, Domaine universitaire du "Pont de Bois" à Villeneuve d'Ascq. Les intervenants confirmés sont :

logo
Deux autres intervenants sont sous réserve…

La seconde table ronde concernera l'entreprise et l'information dans les blogs (marketing, communication, relation humaines…) et se déroulera de 16 h à 18 h au même endroit. Les intervenants confirmés sont :

Trois autres intervenants sont sous réserve…


Pour plus d'informations, vous pouvez visiter le site dédié à cette manifestation, où un jeu vous attend !



25 août 2005

Phrases ...

Petite collection de phrases assassines proférées de la façon la plus naturelle qui soit...

  • sur les chômeurs et les rmistes

"Mais ils ne veulent pas travailler, les chômeurs. Etre payés à ne rien faire, c’est cela qui les intéresse !"
Le député Auclair (UMP) à l'Assemblée nationale le 2/02/05

"Ce n'est pas un acquis social quand on a un minima social de ne pas être obligé d'exercer une activité pour justifier ce minima. C'est une lâcheté, un oubli, une faiblesse, une habitude. Ce n'est pas un acquis social, quand on est au chômage indemnisé, que de pouvoir refuser sans aucune limitation des emplois que l'on vous propose."
Nicolas Sarkozy
- 18/06/05

"Doit-on s'excuser de ne pas avoir été chômeur ou Rmiste? Il est temps de réconcilier les Français avec la réussite et de réhabiliter le travail. Cessons donc de complexer ceux qui ont la chance que leurs parents aient travaillé pour leur laisser quelque chose !"
Nicolas Sarkozy
à l'Assemblée nationale le 21/10/04

  • De quoi se plaint-on ?

"Il est bon pour la France, les Français et l'économie d'avoir une baisse de l'impôt sur le revenu et une baisse de la dépense publique."
Ernest-Antoine Seillière
sur RTL le 23/01/05

"Je crois que mon gouvernement a fait beaucoup pour les personnes les plus démunies."
Jean-Pierre Raffarin
sur France 2 le 10/11/04

"Je pense que les CDI seront des CNE et que beaucoup de CDD seront des CNE parce que c'est objectivement les meilleurs contrats pour tout le monde."
Jean-Louis Borloo
pour Reuters le 24/08/05

  • Soyons "modernes" !

"En France, l'entreprise est la seule vraie force d'adaptation et de modernité."
Ernest-Antoine Seillière le 22/01/05 à l'Opéra-Comique de Paris

"Je suis fier d'être un patron français qui délocalise ! Assez de faux-semblants : la perte de l'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution."
Guillaume Sarkozy
, vice-président du Medef

"Mes collègues de gauche ici présents ne connaissent pas l'entreprise et ne tiennent que des discours de lutte de classes. Débaucher, ce n'est pas un acte de délinquance !"
Jean-Michel Fourgous
(UMP) à l'Assemblée nationale le 3/12/04

"La modernité et la liberté de penser s'arrêtent là où commence le droit du travail."
Laurence Parisot (IFOP), présidente du Medef (cf. un ancien billet sur ce blog)

actuch_magePhrases  lues
sur l'excellent


7 août 2005

Quand j'étais jeune...

satieVers 1916, en plein première guerre mondiale,
Satie
aurait dit ou écrit :

Quand j'étais jeune, on me disait :
Vous verrez quand vous aurez cinquante ans.
- J'ai cinquante ans, et je n'ai rien vu.

Et moi, qui viens de dépasser la quarantaine,
moi qui suis né en l'An X après Hiroshima-Nagasaki,
qu'ai-je vu ?


27 juin 2005

Suspension estivale pour les ensembles vocaux de la Chapelle des Flandres

pho1_266360Fin juin... Il est temps de penser à la suspension estivale, plus ou moins proche, plus ou moins longue, c'est selon, en tout cas sûrement bien méritée... Mais suspendre n'est pas rien faire. Des projets s'annoncent, plus ou moins précis, plus ou moins prenants, c'est selon, en tous cas objets de tous nos soins...

Le travail sur l'intégrale des messes de Josquin Després se poursuit (souvenez-vous de l'édito de la précédente lettre de La Chapelle des Flandres). Un projet qui avance au rythme d'un travail acharné. Sept messes ont ainsi été « chantoyées » par les solistes de Métamorphoses, quelquefois soutenus par quelques chanteurs de Cœli et Terra.

L'affection toute esthétique que notre directeur artistique porte au "biscantor" Josquin est telle qu'il lui dédie sa compétence à composer pour les voix humaines accompagnées de l'accordéon. L'expérience des chansons roubaisiennes avec Casilda Rodriguez a germé en création pour célébrer celui que ses contemporains appelait le Prince de la musique. Ces créations de Maurice Bourbon seront insérées dans un spectacle co-écrit et mis en scène par Philippe Jacquier, de l'Opéra Colibri. Fin 2005, vous devriez pouvoir participer à ce spectacle haut en couleur et en gravité mêlées.

"Biscantor" ?
Savez-vous que c'est parce que nous savons quand Josquin a été nommé biscantor que nous pouvons nous faire une idée de sa date de naissance  ? Le Biscantor, c'est celui qui peut chanter de double façon, avec ses deux voix, la voix de poitrine et la voix de fausset. Conclusion pour être biscantor, il faut être adulte, la voix doit avoir "mué"... Or nous savons que c'est en 1459 que notre Josquin obtint le titre de biscantor à la maîtrise du Dôme de Milan. D'où l'on déduit généralement qu'il a dû naître vers 1440. Malin non ?

Mais biscantor aujourd'hui à Roubaix, ça s'écrit, ça se crie Biscantor! et c'est le nom d'un projet arrivé en phase de lancement : celui d'un chœur pour des jeunes du Nord-Pas de Calais de 18 à 28 ans venant d’horizons divers: maîtrises, conservatoires, ...) et ayant un fol appétit de chanter de la musique chorale à un haut niveau, de découvrir des répertoires variés allant de la Renaissance au swing, d’acquérir une forte expérience en technique vocale polyphoniste, pour le plaisir, pour devenir choriste d’excellence ou polyphoniste professionnel...

Et puis il y a l'annuelle fête du Patrimoine. Et vous savez que nous, le patrimoine, on le chante. Mais cette année sera particulière : chantant le patrimoine, nous honorerons l'architecture. Nos voix tenteront de faire chanter ce bâtiment industriel roubaisien transformé aujourd’hui en Manufacture artistique, je veux parler de la Condition Publique. Ce sera le dimanche 18 septembre après-midi...
La veille (19h.), nos voix - auxquelles se joindront celles des enfants de la Maîtrise Boréale - tenteront d'illuminer la Cathédrale Notre-Dame de Cambrai, avec une pièce à huit voix de Jean Richart, musicien notable de Cambrai au XVIIème siècle, messe à deux chœurs écrite dans la plus pure tradition franco-flamande, conservée dans le manuscrit 16 de la Bibliothèque Municipale de Cambrai. Le spectacle « Voix et lumières » vous permettra d'entendre une composition originale contemporaine de Régis Campo à partir d'un Credo de Josquin Després, celui qui est conservé à la BM de Cambrai, dans le manuscrit 18.

Enfin, savez-vous que l'été correspond en Cévennes à une période d'activité intense pour notre association sœur, l'association AVeC, anciennement Métamorphosis, ... À La Roque (48110 MOLEZON), AVeC anime son atelier international de polyphonie vocale - dont les bulletins d'inscription sont en ligne.

Au fait, si vous aimez la musique franco-flamande, et si vous avez un fol appétit de chanter de la musique chorale à un haut niveau, n'oubliez pas que Cœli et Terra recrute !

Bonne suspension estivale !

[ce message reprend l'édito du Webzine de l'association La Chapelle des Flandres]


 

 

27 juin 2005

Amnesty international pour le respect des droits de l'homme en Tchétchénie

   
Lu dans le 20minutes édition Lille du vendredi 24 juin 2005


La Grand-Place n’est pas la Place rouge


20minuteslilleCe devait être une grande manifestation régionale pour la Tchétchénie. Ce samedi, Amnesty international avait prévu d’installer des stands et une maquette grandeur nature d’un char russe sur la Grand-Place. Une idée née fin 2004, « pour frapper les esprits » explique Vincent Pamart, un des organisateurs. Dès lors,les bénévoles avaient travaillé avec lamairie,contactédes artistes et des élus. Mais à la mi-mai, la municipalité refuse finalement delaisser l’ONG s’installer place du Général-de-Gaulle. « La Grand-Place, c’est pour les grands événements », explique-t-on à la mairie. « Nous leur avons proposé la place Rihour,dont ils n’ont pas voulu. »

Dominique Levy, le responsable régional d’Amnesty, justifie ce choix :
« La Grand-Place est un lieu symbolique. Notre action n’aurait pas la même portée place Rihour.» Du coup, demain
[c'est-à-dire samedi 25 juin], les militants se contenteront de faire signer des pétitions sur la Grand-Place. Mais Amnesty compte bien organiser sa grande manifestation en novembre. Sur la place du Théâtre.

[signé] F.T.


24 juin 2005

Précisions ministérielles...

      

 

typogenerator_11195943231Ce matin, je me demandais s'il était utile de se poser la question de savoir si un ministre informé en vaut deux. Cet après-midi, je suis comblé : l'AEF publie le texte de la lettre-réponse du gouvernement - qui a l'air informé ! - aux légitimes interrogations de Jean-Raymond Lepinay. Voici le texte intégral de la missive que Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi, au Travail et à l'Insertion professionnelle des jeunes, a adressée aux présidents des missions locales et PAIO la semaine dernière, le 17 juin très exactement :

"Moins d'une année après l'annonce, par le gouvernement, de l'objectif d'accompagner 800 000 jeunes en difficulté vers l'emploi durable, dans le cadre du plan de cohésion sociale, le dispositif général est en ordre de marche et permet d'enclencher, sur l'ensemble des bassins d'emploi, la dynamique en faveur des jeunes peu ou non qualifiés.

Les missions locales et les PAIO sont au coeur de ce dispositif, au plus près du public bénéficiaire et dans un partenariat étroit avec les collectivités territoriales.

Aussi, je veux en premier lieu vous remercier de votre engagement durant l'année écoulée, ainsi que vous témoigner, au moment où le président de la République vient de me confier la charge de l'insertion professionnelle des jeunes, de mon soutien sans relâche au service de cette cause.

Je souhaite que dès à présent vous mobilisiez l'ensemble des moyens nouveaux mis à votre disposition par l'État pour rendre immédiatement effectif le droit à l'accompagnement des jeunes vers l'emploi durable instauré par la loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier dernier, et matérialisé par le CIVIS (contrat d'insertion dans la vie sociale).

À cette fin, j'ai demandé aux services centraux et déconcentrés du ministère de faire en sorte que l'ensemble des moyens délégués soit effectivement disponible au profit des missions locales et des PAIO. Mon cabinet veillera à ce que les freins qui pourraient subsister localement au recrutement de l'équivalent de 2.000 postes de référents soient levés rapidement.

À présent j'attends des missions locales et des PAIO qu'elles procèdent, dès maintenant, à la signature de CIVIS au bénéfice d'un maximum de jeunes rencontrant des difficultés d'insertion professionnelle, afin d'atteindre à la fin de l'année l'objectif de 100.000 CIVIS. La souplesse d'utilisation d'un outil comme le FIPJ (Fonds pour l'insertion professionnelle des jeunes) est de nature à favoriser un accompagnement des jeunes personnalisé et adapté aux besoins spécifiques de chacun d'entre eux, en vue de leur accès à l'emploi.

Par votre mobilisation, les missions locales et les PAIO prennent leur part de l'action prioritaire sur l'emploi engagée par le Premier ministre. J'ai souhaité que dans la mise en œuvre de l'objectif d'accueil par l'Agence nationale pour l'emploi des 57.000 jeunes demandeurs d'emploi depuis plus d'un an, le CNML et cette agence établissent, dans le cadre du partenariat en cours et en liaison avec les services publics régionaux de l'emploi, un plan d'action concerté afin que les deux réseaux coordonnent au mieux leurs interventions vis-à-vis de ces jeunes.

En effet, seule la mise en synergie locale des potentiels d'action des acteurs de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté, dont les missions locales et les PAIO constituent les chefs de file, permettra de ne laisser aucun d'entre eux en marge de l'emploi durable.
"

Bon ! On notera que le coup des « 57.000 jeunes » perd tout des vertus de l'effet de manche de la déclaration de politique générale. Et puis, elle est où la réponse à ma question à moi ?

24 juin 2005

Un premier ministre informé en vaut deux ?

         
typogenerator_1119594323Dès que JPR fut éjecté de son fauteuil, mais avant même sa grande déclaration de politique générale, Dominique de Villepin avait rappelé qu’il n’existait pas de "fatalité pour le chômage" et que "tout n’[avait] pas été tenté", la "bataille pour l’emploi" constituant la priorité du Gouvernement, en particulier pour les jeunes (entretien à TF1 juste après sa nomination, donc). Puis il y eut cette phrase prononcée lors de la déclaration de politique générale : "Je demande donc à l’ANPE de recevoir individuellement les 57.000 jeunes au chômage depuis plus d’un an avant la fin du mois de septembre pour leur proposer une solution adaptée."

Quelque deux semaines plus tard, il récidive devant les préfets : "Pour les contrats aidés dans le secteur non marchand, j’ai demandé à l’ANPE d’engager une opération « jeunes chômeurs ». A partir d’aujourd’hui, elle reçoit les 57.000 jeunes au chômage depuis plus d’un an, pour leur proposer une solution adaptée : un emploi dans une entreprise, un contrat d’apprentissage, ou encore un contrat non marchand. Pour tous ces jeunes qui vont être reçus, et d’une manière générale pour tous les jeunes en difficultés, l’Etat doit se mobiliser en priorité. J’ai donc décidé une mesure d’incitation : jusqu’au 31 décembre prochain, le taux de prise en charge par l’Etat des contrats d’accompagnement dans l’emploi sera de 90%. Cet effort nous permettra de développer rapidement les contrats d’accompagnement dans l’emploi pour les jeunes : 20.000 étaient prévus dans le plan de cohésion sociale ; j’ai décidé de porter leur nombre à 100.000. Je compte sur vous pour promouvoir cette mesure avec volontarisme et dans les délais les plus brefs."

C'est-à-dire que le service public de l'emploi est resté bras croisé depuis tant d'années que le chômage des jeunes pourrit notre monde - mais surtout le leur ? Que non ! Et le premier Ministre le sait bien qui a reçu entre sa déclaration de politique générale et son discours au corps préfectoral une lettre du Président de l'Union Nationale des Missions Locales. Dans ce courrier, Jean-Raymond Lepinay informe que "ces mêmes jeunes sont pour la plupart en cours de signature de CIVIS (contrats d'insertion dans la vie sociale) et accompagnés nouvellement ou antérieurement par des référents conseillers et missions locales". Il s'interroge au sujet des modalités d'accueil par l'ANPE de ces 57.000 jeunes demandeurs d'emploi de longue durée. Question bête :  "comment coordonner le CIVIS, dans lequel est ciblé justement un trajet d'accès à l'emploi, et les propositions d'emploi qui seront formulées par ailleurs par les agents de l'ANPE recevant les mêmes jeunes?". Et le président de l'UNML de poursuivre : "le réseau des 450 missions locales et PAIO a mis en place depuis de nombreuses années un partenariat efficace avec les services de l'ANPE pour mobiliser les jeunes sur les emplois existants. Il souhaite aujourd'hui que ce partenariat soit maintenu et même renforcé s'il en est besoin".

Ainsi les services de Matignon et leur patron ignorerait ce lent et patient travail du SERVICE PUBLIC DE L'EMPLOI en faveur de ces jeunes que le monde économique rechigne à regarder droit dans les yeux, à écouter dans un esprit de dialogue et à inviter à la table du travail ? La lettre du Protocole 2005 des Missions locales  est pourtant on ne peut plus explicite :

« Les missions locales et les PAIO remplissent une mission de service public pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, mission confiée par chaque niveau de collectivité dans son domaine de compétence. Elles ont une double fonction:
  • Aider les jeunes de 16 à 25 ans révolus à résoudre l’ensemble des problèmes que pose leur insertion professionnelle et sociale en assurant des fonctions d’accueil, d’information, d’orientation et d’accompagnement.
  • Elles favorisent la concertation entre les différents partenaires en vue de renforcer ou compléter les actions qu’ils conduisent. Dans ce cadre, l’action des missions locales et PAIO s’inscrira dans les préconisations des schémas régionaux de développement économique (SRDE) et des plans régionaux de développement des formations (PRDF).»
Cette charte a été largement diffusée lors de la 8ème rencontre natioanle des Missions locales, les 9-10 mai 2005 à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris. Elle est cosignée notamment par le gouvernement... Et l'UNML a raison de faire connaître l'effort déjà ancien de ce vaste réseau qui tente contre vents et marées de remédier au mieux aux malfaçons que le capitalisme dominateur instille depuis des décennies dans notre cohésion sociale. Son président a raison de clamer sa volonté de poursuivre et de demander au gouvernement de tenir ses engagements en la matière...

Allons ! Je suis pour ma part convaincu que Matignon n'ignore rien de tout cela. Il faudrait ne pas les prendre pour des imbéciles, même quand ils semblent le vouloir ! En matière de politique et de lutte de pouvoir, il convient de ne jamais sousestimer la capacité de ruse, l'intelligence (la fameuse métis) de l'autre ! Je suis convaincu qu'il y a derrière tout ça le stratagème de casser le service public de l'emploi. Tout simplement.

Cet épisode de soi-disant mauvaise information du permier Ministre, compris dans l'environnement d'autres faits récents (chômeur aux enchères sur le Net [cf. jobdumping.de], ouverture du « marché » de placement aux entreprises de travail temporaire et autres officines privées, etc.), devrait inciter les responsables du SERVICE PUBLIC DE L'EMPLOI à une prudence extrême, notamment en déposant sur la place publique tous les indices qui permettent de mesurer l'avancée de cette stratégie de l'État chiracosarkosien, stratégie qui ne date pas d'hier.



12 juin 2005

Josquin en juin

   

Maurice Bourbon et ses chanteurs poursuivent, toujours sans faillir, le travail sur l'intégrale des messes de Josquin des Prés.

La tâche n'est pas mince : début XVIème, c'est une vingtaine de messes du franco-flamand qui furent publiées, en trois livres, par le vénitien Ottaviano dei Petrucci (1502, 1505, 1514).
Depuis deux ans, les amateurs lillois ont déjà pu en apprécier cinq : D'ung aultre amer, Faisant regretz, Fortuna desperata, Gaudeamus et Malheur me bat.
pho1_2645171Ils ont aussi goûté deux motets du grand Josquin (on lui en connaît environ quatre-vingt-dix !), Victimae paschali laudes et Tu solus qui facis mirabilia.

Ce mois de juin 2005, les deux ensembles de La Chapelle des Flandres, Cœli et terra et Métamorphoses, vous proposent du nouveau :
  • deux messes (Mater Patris et N'auray jamais ou "Di dadi"),

  • huit motets (Mille regretz, Petite camusette, Gaude virgo, Cueurs désolez, Allégez-moi, El grillo, La belle se sied au pied de la tour, En l'ombre d'un buissonnet).
Par ailleurs, vous pourrez ré-entendre la messe Gaudeamus ainsi que la fameuse Déploration de Jehan de Ockeghem. Les concerts ont lieu à Lille (Palais des Beaux-Arts, ce mardi 14) et à Roubaix (quartier de l'Alma, samedi 18 et dimanche 19).

Votre information sera complète lorsque vous saurez que La Chapelle des Flandres et ses deux ensembles vocaux travaillent actuellement à un opéra voix et accordéon autour de la vie de ce musicien picard qui mourut à Condé-sur-l'Escaut en 1521, je veux dire Josquin... Soyez patients ! Je vous en reparlerai à l'automne.

Notez enfin que Cœli et Terra vous invite d'ores et déjà à l'église Saint-André de Lille pour la fête de la musique, avec un programme éclectique, qui contient quelques surprises...

À bientôt
            
            

4 juin 2005

Voix éclatées à Roubaix (Alma)

         

L'Association La Chapelle des Flandres,

en partenariat avec Maqâm et le Centre social de l'Alma,

propose un hommage à la mixité culturelle,


18-19 JUIN 2OO5

avec cette première édition des

VOIX ÉCLATÉES, Les chants de nos mondes
dans le quartier de l'Alma à ROUBAIX.

exe_voix_eclatees_mail1

Une occasion en or d'entendre la chanson populaire, qu'elle soit de Roubaix, du Maghreb ou d'ailleurs.

Une occasion en or de se laisser prendre dans les mélismes de la voix, qu'elle soit berbère, soufie et ou francoflamande.

Avec la participation de Cherif Hamani et ses musiciens, du Choeur Paix et fraternité, de Maurice Bourbon et ses ensembles vocaux (Métamorphoses et Coeli et Terra), de Cassilda Rodriguez et son accordéon, des enfants des centres sociaux Alma et Basse Masure (sous la houlette de Nadège Romer et de Nicole Bonnardel)...



18 JUIN, 20h30
Usine Lepoutre, 53 rue Cuvelle
 Josquin Desprez messe Mater Patris / Chants spirituels berbères
Ensemble Métamorphoses, Maurice Bourbon / Cherif Hamani et ses musiciens
(entrée 5€)

19 JUIN, 11h
Eglise Saint Joseph, rue de France
 Josquin Desprez messe Di Dadi / Chants soufis
Ensemble Métamorphoses, Maurice Bourbon / Choeur Paix et fraternité
(entrée 5€)

19 JUIN, 12h30
Parc Cassel, rue Cassel ou Espace Découverte, bd d'Halluin s'il pleut
PIQUE NIQUE MUSICAL POPULAIRE
avec des chants de Roubaix, du Maghreb et d'ailleurs
Coeli et Terra (choeur) / Cassilda Rodriguez (accordéon) / Cherif Hamani (chant et mandole) / Nadège Romer et Nicole Bonnardel avec les enfants des centres sociaux Alma et Basse Masure
Entrée libre : apporter un plat et une chanson
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27 mai 2005

Soyez nos mécènes !

       
Devenez PARTENAIRES PRIVILÉGIÉS

de l'Association LA CHAPELLE DES FLANDRES

par le MÉCÉNAT ARTISTIQUE !

pho1_201651Dans le cadre de la nouvelle loi sur le mécénat, l'Association LA CHAPELLE DES FLANDRES - Pôle d'art vocal Nord-Pas de Calais propose aux entreprises comme aux particuliers de devenir ses partenaires privilégiés en soutenant son activité et son engagement en faveur de la musique vocale.
Les nouvelles mesures de la loi Aillagon du 1er août 2003 en faveur du mécénat, des associations et des fondations, sont les suivantes :
  • réduction d'impôt de 60 % pour tous les dons affectés à toutes les causes d'intérêt général :
    • les dons des particuliers pour lesquels 60 % du montant du don viennent en réduction de l'impôt sur le revenu
    • les dons des entreprises pour lesquels 60 % du montant du don viennent en réduction de l'impôt sur les sociétés
  • une réévaluation des plafonds appliqués aux réductions d'impôts, les plafonds étant maintenant de 20 % du revenu imposable pour les particuliers et de 0,5 % du chiffre d'affaires pour les entreprises, avec la possibilité de verser au-delà de ces seuils avec report de l'excédent sur les 5 années suivantes
  • la possibilité de bénéficier de contreparties (à définir), notamment pour les entreprises
 Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication où vous pourrez lire :   Nos partenaires privilégiés peuvent bénéficier de contreparties qui valoriseront avantageusement le mécénat, telles que :
  • mention des partenaires privilégiés sur les affiches des manifestations organisées directement par l'Association LA CHAPELLE DES FLANDRES
  • mention des partenaires privilégiés sur les livres programmes des disques des ensembles Métamorphoses et Cœli & Terra
  • présence d'une page réservée à l'entreprise dans le livret programme des disques des ensembles Métamorphoses et Cœli & Terra
  • exemplaires des disques des ensembles Métamorphoses et Cœli & Terra réservés au partenaire
  • présence du logotype sur le verso des disques des ensembles Métamorphoses et Cœli & Terra
  • mention des partenaires privilégiés sur les bannières placées à l'accueil du public lors des concerts organisés par l'Association LA CHAPELLE DES FLANDRES, sur les annonces de presse, sur les tracts, dans le dossier de presse, sur le site Internet de l'association (rubrique partenaires)
  • mise à disposition d'un quota d'entrées gratuites à des concerts, notamment à destination du personnel
  • possibilité pour l'entreprise d'organiser un événement de relations publiques (cocktail, soirée privée, etc.)
  • réduction sur les disques des ensembles Métamorphoses et Cœli & Terra
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Contactez-nous !
Association LA CHAPELLE DES FLANDRES   
       Pôle d'art vocal Nord-Pas de Calais       
       Franck Larère, chargé de communication   
       23 Grand'Place - 59100 ROUBAIX       
.        Tél 03.20.73.18.94   chapelleflandres@nordnet.fr

15 mai 2005

Niveau record pour les inégalités et la pauvreté

          
logo ARTICLE 145Edition 2005 définitive du Bip 40

Alors que les chiffres du Dow Jones et du Cac 40 sont présents sur tous les médias, la mesure des inégalités et de la pauvreté est largement absente du débat public. Les derniers chiffres officiels sur les inégalités de revenus en France sont largement dépassés puisqu’ils datent de 2001. Pire encore : les chiffres officiels sur le taux de pauvreté sont biaisés, notamment parce qu’ils ne prennent guère en compte les revenus du patrimoine qui ont explosé depuis une quinzaine d’années. L’Insee affiche ainsi, contre toute évidence, une baisse du taux de pauvreté en France, de 7,1% en 1984 à 6,1 % en 2001. Pour pallier ce manque criant, le Rai (Réseau d’alerte sur les inégalités) publie depuis quelques années un indicateur synthétique, le Bip 40 (Baromètre des inégalités et de la pauvreté) qui résume en un indicateur synthétique plus de 60 séries de données regroupées en six grands domaines : revenus, emploi, éducation, logement, santé, justice.

Avec l’édition définitive du Bip 40 pour l’année 2003, l’aggravation des inégalités et de la pauvreté apparaît encore plus forte qu’initialement annoncé... la suite sur le site du BIP40

[Extrait du communiqué de presse du 12 mai 2005]
© 2004 - Réseau d'Alerte sur les Inégalités
Reproduction autorisée avec mention de la source :
Réseau d'Alerte sur les Inégalités - http://www.bip40.org


29 avril 2005

La Guerre (La Bataille de Marignan) de Clément JANEQUIN

                                                                   

marignanDimanche 29 mai, le choeur de chambre Coeli & Terra vous propose d'assister à l'une de ses répétitions (cf. ce récent message). L'une des oeuvres travaillées ce jour-là sera la fameuse BATAILLE DE MARIGNAN de CLÉMENT JANEQUIN.

Présentations.
[Ce post est illustré : les crédits sont ]

____________________________________

Clément Janequin (1485-1558) serait le plus célèbre chansonnier du XVIème siècle. Ces compositions (plus de 250 chansons, notamment) étaient, paraît-il, chantonnées dans toute l'Europe, voire jusqu'au coeur de l'Amérique centrale... De ses succès, on connaît En amour y a du plaisir, ou Baisez-moy tost, ou Sus approchez ces levres,ou encore Ou mettra l'on ung baiser... Mais quelle fut la vie de Janequin le coquin ?

En fait on n'en sait trop rien ! Des musicologues font l'hypothèse qu'il fut, dans sa jeunesse, au service d'un certain Louis Ronsard (le père de Pierre), avec lequel il aurait* accompagné le roi de France lors de l'expédition que ce dernier entreprit sitôt couronné.

bataille4Vous aurez reconnu la campagne d'Italie que devait clore la bataille de Marignan (Melegnano), bien connue des petits écoliers français : 1515, les 13 et 14 septembre. Deux jours ! Car elle fut longue

cette bataille qui fit plus de quinze milles victimes,

bayard_marignan1cette bataille qui vit le glorieux seigneur Pierre Terrail de Bayard, gouverneur du Dauphiné, adouber sur le champ le roi de France - ce dont Fragonard se souviendra pour le Salon de 1819 (reproduit plus bas)-,

cette bataille qui, manifestant la supériorité de l'artillerie à feu des Français sur les "piquiers" helvètes, mercenaires des États italiens, amena les Suisses à conclure une "paix perpétuelle" avec la France, prémisses d'une neutralie prolongée,

cette bataille qui lança la Renaissance française, soeur cadette de l'italienne...,

cette bataille sera l'occasion d'inspiration d'une des plus célèbres chansons de notre musicien, La Guerre, appelée aussi La Bataille, La Bataille de Marignan, La Bataille française, La Bataille des Géants, ou encore La Chanson des Suisses, voire La Défaite des Suisses - chanson "curieusement descriptive" comme disait ce bon LAVIGNAC.

fran_ois_1er_arm__chevalier_par_bayard___marignan__salon_1819

Mais relisons plutôt le regretté Jean-Pierre OUVRARD :

« Si c'est bien pour célébrer la victoire de François 1er sur les Milanais et leurs troupes suisses, à Marignan en septembre 1515, que Janequin écrivit la fameuse Chanson de la Guerre, l'oeuvre ne fut publiée à Paris qu'en 1528, dans les Chansons de Maistre Clément Janequin. Ce n'est guère que dans une tablature de luth italienne de 1540 qu'elle apparaît avec le titre, depuis fort répandu, de Bataglia de Maregnano : on la trouve aussi souvent désignée comme Bataille. Janequin n'est pas le premier à utiliser un argument militaire dans la musique vocale : déjà au XIVème siècle de nombreuses caccie italiennes avaient exploité des appels guerriers ou des sonneries de fanfare. Le titre A la bataglia apparaît dans une oeuvre instrumentale de H. Isaac. Mais c'est surtout dans une chanson anonyme italienne à 3 voix (Ms. Pixerécourt, Paris, BN, fr.15123) qu'on trouve déjà un usage imitatif des cris de combat, dans la manière du "quodlibet" de la fin du XVème Siècle.

« Écrite dans le ton de fa - beaucoup d'éditions modernes à usage choral la transposent en la maj. -, la chanson de Janequin, à 4 voix dans sa version originale, se présente en deux parties. La prima pars constitue un véritable exorde, au cours duquel le ton impératif se déplace de l'auditeur ("Escoutez tous gentilz galloys"), spectateur du combat, aux acteurs de la bataille qui se prépare ("Bendez soudain, gentils gascons, Nobles, sautez dans les arçons"). Le texte, encore discursif, avec sa versification presque régulière (en octosyllabes à rimes plates) est développé dans un contrepoint qui conjugue la linéarité des imitations et les sonneries d'accords parfaits dans le style d'une fanfare ("Escoutez"). Mais, très vite, cette écriture contrapuntique est animée par une déclamation rapide dans le style des chansons narratives du compositeur ("Et orrez si bien escoutez Des coups rués de tous côtés"). La variété de la déclamation crée des changements de tempo auxquels s'ajoutent les oppositions fréquentes de densité polyphonique et de métrique (binaire/ternaire) pour faire de ces préparatifs au combat un spectacle extrêmement vivant, dans lequel on discerne aussi quelques cris ("Alarme [ ... ] Suyvez la couronne"). La secunda pars est d'une tout autre nature : de discursif, le texte devient tout d'un coup essentiellement onomatopéique. Le contrepoint s'y tisse de bruits divers habilement mélangés. Cette partie de la Guerre, qui a fait son succès, véritable archétype des musiques à programme, tient de la fricassée. Les cris de la bataille ("Tost à l'estandart [ ... ] a mort a mort [ ... ] courage") s'y mêlent au bruit des armes ("von von patipatoc [ ... ] trique trac [ ... ] zin [ ... ] zin") et aux signaux musicaux. Janequin y reprend diverses sonneries de trompettes qui devaient être déjà en usage en 1515 ; ainsi le "Boute selle" du début correspond exactement à celui que M. Mersenne mentionne en 1626 parmi "ces chansons de la trompette, dont on use dans la Milice" (Harmonie universelle V, p. 264). Diverses batteries de tambours françaises (comme "l'entrée de la Marche : Frère le le lan fan") ou suisses ("Port pon port port") s'y ajoutent, contrepointées par les mélodies des trompettes ou des fifres. L'Orchésographie de Th. Arbeau atteste, là aussi, que l'oeuvre de Janequin constitue l'un des premiers témoignages écrits des signaux militaires. Mais rythmes, bruits et onomatopées s'articulent de manière à tisser une trame narrative qui rend réellement présent le déroulement du combat, jusqu'à la retraite des Suisses. »

____________________________________

Dans ses Baliverneries et contes d'Eutrapel (1548), Noël Du Fail écrivit ceci :

Quand la voix et le mot sont par entrelaceures, petites pauses et intervales rompus, joints avec le nerf et la corde de l'instrument, la force de la parole et sa grace y demeurent prins et engluez, sans esperance de les pouvoir separer, pour demeurer un vray ravissement d'esprit, soit à joye, soit à pitié. Comme par exemple, quand lon chantoit la chanson de la guerre faite par Jannequin, devant ce grand Francois, pour la victoire qu'il avoit eue sur les Suisses, il n'y avoit celuy qui ne regardast si son espee tenoit au fourreau, et qui ne se haussast sur les orteils pour se rendre plus bragard et de la riche taille.

____________________________________

Le 13 octobre 1515, François 1er est déclaré duc de Milan, de Parme et de Plaisance. La paix est concrétisée avec les Habsbourg par le traité de Noyon (août 1516) et celui de Cambrai (11 mars 1517). C'est en 1517 que Luther publiera ses quatre-vingt-quinze thèses contre les indulgences. C'est le début de la Réforme...

____________________________________

Vous trouverez le texte de La Bataille, accompagné d'un glossaire, ci-dessous.
L'ensemble des deux documents (celui-ci et le suivant) existe en pdf : JANEQUIN_LaGuerre1.pdf.

____________________________________

* On peut tout aussi bien - et peut-être plus raisonnablement - émettre l'hypothèse que Janequin n'a pas assisté à l'évènement mais aurait entendu le témoignage d'authentiques spectateurs.


24 avril 2005

Des nouvelles de Nouvelle Calédonie...

Pierre m'avait demandé une des partitions présentées sur ce blog.
Je la lui ai envoyée aussitôt.
Il m'adresse ce message en retour.
Qu'il en soit remercié...
Sujet: Re: [BRICH59] nouveau commentaire
De: "amoa"
Date: Sun, 24 Apr 2005 22:12:27 +1100

salut
merci pour la partoche
en pièce jointe : une photo du groupe en ripaille post-répétition à la petite école de Touho
à bientôt
pierre

p1270457

10 avril 2005

Amnesty International a tenu son bal folk à Lambersart

                                                     

posterCette année, c'est le groupe Escavêche  qui s'est occupé de la partie musicale du bal folk organisé par le groupe 177 d'Amnesty International (groupe Lille-Ouest). Plus de 250 personnes sont venues danser dans la salle des fêtes de Lambersart, ce samedi 9 avril soir.

.

escav_che02Le groupe Escavêche a su entraîner le public dans des danses au rythme soutenu. Il ne l'a pas fait que par goût du folk, mais par conviction militante, puisqu'il a offert sa prestation à Amnesty International : invitant à danser, il invitait à signer les pétitions Amnesty...
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