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BRICH59
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31 janvier 2008

Sarko tend vers Zéro

SarkoZ_roÀ force de vouloir à tout prix se présenter au bon peuple de France comme le Zorro des temps modernes, il finit par tendre vers le Zéro pointé :

  • Les fameux sondages qui font la pluie et le beau temps de l'intelligentsia politique contemporaine montrent que les Français, ceux qui ont glissé les fatidiques bulletins dans les urnes de mai 2007, ceux qui attendent toujours la réalisation de quelques promesses de candidat... font de moins en moins confiance à leur Zorro de service. Il n'y en a plus que quatre sur dix qui applaudissent encore le roi d'Maubeuge. Et c'est le Figaro Magazine qui le publiera samedi ! J'ai hâte de lire comment ils s'en sortent pour présenter ça (enfin, seulement si je l'ai encore gratis ! On a ses priorités financières !).

  • La claque du CA de la Société Générale qui, à l’unanimité et contrairement à l’avis de Nicolas Sarkozy, a décidé de maintenir le responsable en poste...

Juste les deux trucs les plus voyants ce matin. Autre chose ? Quelqu'un d'autre ?


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6 janvier 2009

Un message de Bogdan

Bonne et heureuse année à tous!
Que le chaleur soit dans vos cœurs et dans vos foyers!

L'HIVER RUSSE - c'est le froid et la neige dehors. -10, -20, -30,... ça descend, ça descend...
L'HIVER RUSSE - c'est aussi le nom d' un événement organisé pour soutenir l’échange linguistique entre les lycéens du lycée Faidherbe (Lille) et du lycée Jean Perrin (Lambersart) qui étudient la langue russe  (c’est pourquoi ce nom) et le lycée de Kharkov (Ukraine).
L'HIVER RUSSE -  c'est récital d'accordéon de Bogdan Nesterenko
+ une exposition de peinture de M. Vandenberghe sur la ville de Kharkov

Programme du concert et plus de détails sur:
http://www.bogdan-nesterenko.com/afisha09_fr.htm

Venez nombreux et habillez-vous bien!

Bien chaleureusement,
Bogdan Nesterenko

L_Hiver_Russe


25 septembre 2008

Leçons de Ténèbres de Couperin « le Grand »

Fran_ois_CouperinLes Leçons de Ténèbres (1714) de
François Couperin (1668/1733)

par
    Juliette De Massy, soprane
    Audrey Escots, soprane,
    Rodolphe Dumoulin, orgue,
    Françoise Weger, viole de gambe.

Musique magnifique, sublime, gigantesque plainte pour mettre en musique les Lamentations de Jérémie devant la destruction de Jérusalem...

C'est à la collégiale de Seclin,
dimanche 28 septembre à 18h.

L'entrée est libre. Aucune raison de s'en priver donc !

collegialebandeau


17 juillet 2008

Le cercle Bolloré

Voilà, Vincent Bolloré, le "frère" du président du pouvoir d'achat des Français a fermé la boucle, la boucle de la manipulation de l'opinion publique à des fins mercantiles - qui émargent à l'objectif global du libéralisme. Fabriquer l'opinion pour connaître les sentiments des gens pour les faire rêver de besoins inassouvis. À moins que ce ne soit dans un autre sens. Ça fonctionne toujours : magie du circulus viciosus...

Le_cercle_Bollor_

Le_cercle_Bollor_2

 

Face à ce frère, le cousin Berlusconi fait plutôt pâle figure, non ? Quant au vendeur de morceaux de cerveau de l'entourage de l'autre frère, le frère Bouygues, il est à la retraite !

Édifiant, non ? Je pense encore et toujours à Matin brun...


19 avril 2008

Chiffres du chômage : le mensonge d'État

C'est connu, mais devant le bourrage de crâne orchestré par le gouvernement et amplifié benoîtement par les principaux médias, il n'est jamais inutile de le dire : les statistiques du chômage que le gouvernement jette mensuellement à l'opinion sont fausses, archifausses !

Divers sites donnent la bonne info, dont l'incontournable ACDC (collectif Autres chiffres Du Chômage) et APNÉEacdc080228 (Alternatives Pour une Nouvelle Économie de l'Emploi) qui publie le fameux actuchômage.org...

Pour ma part, je m'autorise un petit schéma très simple.


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28 février 2008

On peut rire, non ?

SarkoRieur_gaucheTrouvé ce matin, une page superdrôle : http://fsu13apc.free.fr/fkda/subcon.htm.
Allez-y vite pour découvrir vos attirances profondes, enfouies dans votre inconscient, voire en dessous !

Reçu ce matin (merci à ces étudiants vigilants!), un diaporama hilarant et consternant à la fois : le mur de Sarko !


9 mai 2007

Bush & Berlusconi, modèles de Sarkozy

BerluscozyCe n'est pas moi qui le dit.

Pour Berlusconi, qui aime parler de lui a la troisième personne comme notre Halliday très national, c'est d'une clarté d'eau de roche (cf. à gauche l'extrait de Métro de ce jour, p.4)...

En tous cas, l'un des points communs entre ces deux modèles de Sarkozy (mais il y a de nombreux, comme, par exemple, le goût du luxe, la collusion avec le pouvoir financier, la collusion avec les propriétaires des médias, la rhétorique guerrière, la culture du mépris hautain, etc.), c'est que :

  • pour l'un, son pays lui a réglé son compte politique après s'être rendu compte qu'il s'était fourvoyé...

  • pour l'autre, son pays n'en veut plus et souhaite lui régler son compte politique le plus vite possible...

Décidément la France aura toujours un métro de retard !


mots-clés :
Sarkozy, Bush, Berlusconi, modèle politique


28 janvier 2008

Pub !

Notre bon roi d'Maubeuge est un objet de pub ! Si si ! Après l'île de Malte, c'est au tour de Raynair de surfer aujourd'hui sur la pipolisation volontaire du couple Speedy & Sexy !
Grand merci au Parisien. Aujourd'hui en France !

rynair

Les responsables du quotidien ne sont vraiment pas à la hauteur du frangin Bolloré - qui a su censurer une émission qui devait, sur Direct8, évoquer les relations entre notre roi et les femmes !


8 janvier 2008

Dieu et ses saint(e)s

Ça y est ! Là, c'est vraiment dit : le Roi d'Maubeuge est un Dieu !
Présentation de Mathieu Le Sire : Il a vingt ans et excerce la profession d'aide soignant à l'hôpital Necker à Paris. 154x114_iLyROoaftDDZ_2Chaque jour, d'Evreux il fait le trajet par le train. Mathieu Le Sire travaille 40 heures par semaine et est payé 35. Cela ne l'empêche pas d'être un militant UMP qui a découvert sa foi en Nicolas Sarkozy il y a trois ans. Aujourd'hui, à Evreux, il milite comme il respire, avec la sincérité et la fougue d'une jeunesse qui découvre le monde politique comme un rêve où tous les espoirs sont permis. Il faut respecter cette  espérance-là sans porter de jugement hâtif. C'est ce qu'on peut lire sur Wikio, sans qu'on sache qui est l'auteur du billet. S'il est de Mathieu Le Sire, il parle de lui à la troisième personne (?). Si non, le billet est anonyme (?). En tous cas, une analyse sémantique sauvage de ce court texte serait très éclairante sur le "sous-texte" qui y fonctionne.

Bref, tu auras compris, mécréant que tu es, cher lecteur fidèle, le Sire a rencontré son Dieu et demande qu'on ne le juge pas hâtivement, lui qui a trouvé sans hâte le réconfort et la transcendance salvatrice.

Le Roi d'Maubeuge a finalement bien fait d'aller au Vatican tenir les propos qu'il a tenus, et d'y aller avec sa cour ses saints. Nom d'une pipe, comme dirait Saint Bigard !


21 décembre 2007

Vers l'abolition des privilèges ?

surprisejauneJean-Paul Bolufer, contraint à la démission suite aux révélations sur son mini-loyer, demande la publication de la liste des personnes bénéficiant des mêmes avantages que lui, écrit Le Figaro.
Enfin un privilégié qui dénonce haut et fort les privilèges !
Il paraît qu'ils sont quelque 300.000 foyers ainsi privilégiés (définition du privilégié : riche
qui mange le pain des pauvres).
La nuit du 4 août ne fut qu'un coup d'essai qui reste à transformer ?
Encore une fois, merci au Canard enchaîné...
canard

Bon d'accord, il y a encore pas mal de boulot.
Dernier exemple en date : le lycée français de Londres "pousse les murs" pour Louis Sarkozy, le fiston. Louis Sarkozy a, en effet, été inscrit au Lycée français de Londres alors que les listes d'attente étaient closes depuis longtemps... C'est bien un petit scandale qui se déroule en ce moment au Lycée français de Londres, depuis que l'établissement a permis à Louis Sarkozy, le cadet des Sarkozy deuxième génération, d'intégrer cette prestigieuse école alors que les listes étaient closes depuis longtemps et qu'aucune inscription ne pouvait plus être effectuée depuis plusieurs mois. Au moins le Roi d'Maubeuge met-il sa progéniture à l'abri des méfaits de la loi LRU ! Tout est expliqué ...
Bon d'accord, il y a encore pas mal de boulot, mais, si on s'y met tous à dénoncer les privilèges, petits et grands, la nuit du 4 août connaîtra peut-être enfin son apothéose !


5 mai 2007

La lettre d'Ariane Mnouchkine

« Je voudrais vous parler de sentiments. Car lors d'une élection présidentielle, et pour celle-ci bien plus que pour toute autre, il s'agit aussi de sentiments. Il s'agit d'étonnement d'abord, d'espoir, de confiance, de méfiance, de craintes, et de courage aussi. Il s'agit surtout, je crois, d'un sentiment de genèse. Je n'ai jamais cru que la Genèse fut terminée. Petite fille, je pensais même que, une fois grande personne, je serais fermement conviée à y participer. Et comme, à l'époque, aucun adulte autour de moi ne s'est cru autorisé à me détromper, je le pense toujours.

Certains hommes, certaines femmes, savent mieux que d'autres nous rappeler à notre droit et à notre devoir de contribuer à cette genèse, à cette mise au monde d'un meilleur monde. D'un meilleur pays, d'une meilleure ville, d'un meilleur quartier, d'une meilleure rue, d'un meilleur immeuble. D'un meilleur théâtre.

MNOUCHKINE Mieux que d'autres, par leur détermination, leur ferveur, leur sincérité, leur intelligence, leur audace, ils nous incitent à entamer ou à reprendre avec joie un combat clair, juste, urgent, possible. Modeste pour les uns, gigantesque pour les autres, mais possible.

  Pour libérer cet élan, il ne doit y avoir chez les prétendants aucune faconde, aucune forfanterie, aucune vulgarité de comportement, aucun mépris de l'adversaire. Aucune enflure pathologique de l'amour du moi. Aucune goinfrerie.  Aucune clownerie de bas étage, aucun double langage. Aucune mauvaise foi. Non, il doit y avoir une terreur sacrée. Oui. Ils doivent être saisis d'une terreur sacrée devant le poids écrasant de la responsabilité qu'ils ambitionnent de porter, devant l'attente du peuple dont ils quémandent le suffrage avec tant d'insistance. Oui, il faut qu'ils tremblent de la terreur de nous décevoir. Or, pour cela, il leur faut de l'orgueil. Car, sans orgueil, pas de honte. Pas de vergogne.

  Que de fois, ces jours-ci, je me suis exclamée: «Oh! Il est vraiment sans vergogne, celui-là.» Eh bien, moi, j'espère, je crois, je sais que Ségolène Royal a de la vergogne et donc qu'elle est capable de grande honte si, une fois élue, elle ne réussissait pas à nous entraîner tous et chacun, où que nous soyons, du plus important des ministères jusqu'à la plus humble classe de la plus petite école de France, dans cet herculéen travail qui nous attend et qui consistera à recoudre, à retisser même par endroits, et à poursuivre la formidable tapisserie qu'est la société française. Cet imparfait, cet inachevé mais si précieux ouvrage que, par pure, ou plutôt par impure stratégie de conquête du pouvoir, Nicolas Sarkozy et ses associés s'acharnent à déchirer.

  Donc, contre la pauvreté, contre le communautarisme, pour la laïcité, pour la rénovation de nos institutions, contre l'échec scolaire, et donc pour la culture, pour l'éducation et donc pour la culture, pour les universités, pour la recherche, et donc pour la culture, pour la préservation de la seule planète vivante connue jusqu'à ce jour, pour une gestion plus vertueuse, plus humaine, donc plus efficace des entreprises, pour l'Europe, pour une solidarité vraie, qu'on pourrait enfin nommer fraternité et qui ne s'arrêterait pas à une misérable frontière mais s'étendrait bien au-delà de la mer, bref, pour une nouvelle pratique de la politique, c'est un immense chantier que cette femme, eh oui, cette femme, nous invite à mettre en œuvre. Et moi, je vote pour ce chantier, donc je vote pour Ségolène Royal.

  Son adversaire surexcité veut nous vendre, nous fourguer un hypermarché, un vrai Shopping Paradise —très bien situé, remarquez, juste en face de la caserne des CRS, elle-même mitoyenne du nouveau Casino des Jeux concédé à ses amis lorsqu'il était ministre — tandis qu'un troisième… celui-là, à part être président, j'ai du mal à comprendre ce qu'il veut pour nous. Une hibernation tranquille, peut-être ? Pendant ce temps, celui que bien imprudemment certains s'obstinent à classer quatrième alors qu'il y a cinq ans… vous vous souvenez?

  Ô ! Nos visages blêmes, nos mains sur nos bouches tremblantes et nos yeux pleins de larmes. Ô ce jour-là nos visages… les avons-nous déjà oubliés ? L'horreur de ce jour-là, l'avons-nous déjà oubliée? La honte de ce jour-là? Voulez-vous les revoir, ces visages? Moi, non.

  Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d'une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l'opposition radicale, jusqu'à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.

  Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C'est du luxe. Un luxe insolent aujourd'hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n'ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n'héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.

  Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang! Il n'y a plus une minute à perdre. Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j'aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante… Je parle des couleurs de l'Europe à qui nous manquons et qui nous manque. Voilà pourquoi je vote pour les travaux d'Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte. »

 Ariane Mnouchkine
le 17 avril 2004


8 mars 2006

Soon I will be done

Voici le message que je viens de recevoir de Bernard :

Bonjour,

Je chante dans une très modeste chorale de Charente Maritime. Je cherche des informations sur ce chant (negro spiritual ou gospel ?). J'ai vu qu'il existe des variantes, tant dans le texte que dans l'exécution chantée (rien à voir entre la partition des éditions Caillard et ce que j'ai entendu sur divers sites internet par exemple). Mais je n'ai pas trouvé d'indication d'auteur, de lieu et d'époque de "naissance" pour ce Soon I will... ou Soon A will... ou Soon Ah will be done.

Si vous pouvez m'éclairer, merci de grand coeur.


soonPersonnellement, je n'ai pas la réponse aux questions de Bernard. Ce chant est au répertoire de mon ensemble vocal. C'est tout.
Reste que j'aime bien le chanter ! C'est vif et ça a du relief quand on le donne avec allant et nuances...
Je ne connais pas l'édition qu'en a donné Philippe Caillard. J'ai écrit mon édition à partir d'une copie manuscrite de je ne sais quelle version...
Bref, je ne serai d'aucun secours pour Bernard !
Si quelqu'un a des réponses à apporter, il peut commenter le présent message...
Ce serait sympa !



15 juin 2006

Peu importe la rata ! L'important c'est de touiller !

L'autre soir (mardi 13) j'étais à Paris, au 5/7 de l'ADBS consacré au "web 2.0".
web2point0Véronique Mesguisch et Laurent Bernat nous ont proposé, dans un duo bien assorti où les voix se complétaient fort agréa- blement, un exposé sur ce fameux "Web deux point zéro" - fameuse expres- sion qui tourne ces temps-ci dans un furieux courant d'air, expression qui m'intrigue, moi qui n'ai pas forcément le temps de lire tout ce qui s'exhibe sur le web, moi surtout dont une ancienne étudiante se vend veut "documentaliste 2.0"...

mashupPassionnants les collègues qui planchaient mardi soir. Intéressantes aussi les questions et interventions de l'assistance : notam- ment celle d'une collègue que je ne connais pas et qui a proposé "ratatouille" pour dire en français "mashup" [selon les ter- mes de Wikipédia, un mashup est un site Web qui combine du contenu provenant de plusieurs sites Web. Le principe d'un mashup est donc d'agréger du contenu provenant d'autres sites, afin de créer un site nouveau.]. L'idée est qu'on ne se contente pas d'associer des goûts complémentaires, mais que l'agrégation dégage un nouveau goût. Problématique du tout et de ses parties...

Il y a aussi l'appellation qui me tracasse ! L'expression même "Web 2.0" sous-entend qu'on est là à une version stabilisée de l'application. Or, si j'ai bien compris ce qu'a dit Laurent, l'une des caractéristiques principales de ce mouvement, c'est que précisément on baigne dans le bêta ! Dans un bêta qui, dans la pratique communautaire et conviviale, se modifie sans cesse et ne se stabilise donc jamais : c'est ce qui en fait la force, c'est-à-dire le dynamisme en même temps que l'opérationnalité. Alors, plutôt que "web 2.0" qui sacrifie au mythe de l'innovation, au mythe du progrès (voyez ce qu'en disent François Brune et Jean Duvignaud, de cette mythologie du progrès !), plutôt que "web 2.0" qui voudrait nous laisser penser que c'est la seconde étape d'une fusée déjà préconçue, pourquoi ne pas dire quelque chose comme "web aei [prononcer aheille] bêta", c'est-à-dire (en grec ancien, d'où vient déjà bêta) "web toujours bêta", "web toujours en mouvement" ?

Globalement, je sortis des locaux parisiens de l'ADBS rassuré mardi vers 19h30 : j'étais venu inquiet de n'avoir peut-être pas vu passer une énôrme innôvation que d'autres que moi plus au fait de la réalité professionnelle appelaient "Web 2.0". En fait, j'ai réalisé que je n'étais qu'un Monsieur Jourdain du "Web 2.0"...

Triste constat ou bonne nouvelle ?


19 avril 2006

Collusionis Rex et les enfants de la cantine municipale

L'autre jour, jeudi 13 avril, notre Nicolas Collusionis Rex est venu dans le Nord : Lille, Trith-Saint-Léger, Lambersart, Noyelles-Godault. Nicolas adorerait le Nord ! Pourquoi ? Sais pas. Peut-être juste pour emmerder les socialistes du Nord-Pas de Calais... Car Nicolas est un fin politique.

guignols_sarkozyEn tout cas, il doit se sentir drôlement à l'aise quand il vient dans le Nord, Nicolas : l'autre jour, Lille était en état de siège !
Les lillois et tous ceux qui viennent bosser à Lille se demandaient si un coup d'État n'était pas en train de se dérouler ! De la maréchaussée partout ! Mais vraiment partout ! De quoi foutre les jetons aux passants honnêtes ! Comme si la crise des banlieues avait resurgit tout à coup dans notre bonne métropole lilloise ! Même le Président du Conseil Général a dû obtempérer et bouger sa voiture pour plaire à sa Majesté Nicolas Collusionis Rex, c'est vous dire ! Faut dire qu'il est socialo, le président élu des élus du Nord...

Nicolas est allé dans les territoires ouvriers prôner le dialogue : "Que les ouvriers n'hésitent pas à venir. Je veux parler à des gens", aurait-il appelé du haut de l'estrade, à Trith-Saint-Léger. Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex est vraiment trop bonne !

affiche1929_engagezvousEt puis il y a le fameux : "Je me suis toujours engagé et donc, je me sens de la famille de ceux qui s'engagent dans un syndicat, dans une entreprise". Formidable ! Enfin un politique de haut vol qui s'engage dans la société civile, comme toi et moi ! Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex est vraiment trop sensas !
J'ai toujours admiré (et crains !) cette capacité de Nicolas question rhétorique !
On parle ici souvent de "populisme". Mais c'est encore pire que ça : être capable de dire ce qu'on pense tout en ayant l'air de dire autre chose et du coup d'être d'accord avec tout le monde. De la haute compétence, je te dis ! Un peu comme LePen dans les années quatre-vingt, quand les politiciens n'osaient pas l'affronter devant les micros, quand même un Tapie se retrouvait au tapis en moins de temps qu'il ne faut pour se prendre les pieds dedans !
Reste qu'il suffit de décortiquer le discours pour montrer ce que ça veut vraiment dire. Mais qui fait ça ? Trop peu de gens, et de toutes façons, des gens qu'on écoute pas, des gens qui ne sont pas médiatisé aux heures de grande écoute.
En tout cas, moi qui suis documentaliste et qui, à ce titre, cherche toujours à distinguer entre ce qu'on dit et ce dont on parle, je vous dis que ce Nicolas Collusionis Rex est un cas d'étude très très intéressant. Après, quand on cherche à comprendre pourquoi il dit ce qu'il dit, on déchante. Ce n'est plus un cas d'école : c'est une raison de militer haut et fort ! Encore après, quand on tente un tantinet d'anticipation sociopolitique et que ce Nicolas est dans le paysage, ce n'est plus seulement une raison de militer, c'est une invitation au voyage, loin - comme disait Yannick !

Bref, revenons à la visite de Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex dans le Nord. "Il faut libérer les entreprises de la peur d'embaucher car, pour le salarié, c'est la meilleure garantie : s'il perd son travail, il pourra en retrouver un autre".
Tu remarqueras avant toute chose, fidèle et patient lecteur, que Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex est un libérateur ! En fait, notre homme est atteint du complexe de Zorro, ici le Zorro des entreprises... et, comme je le faisais remarquer l'autre jour,  il faut toujours avoir en tête que les dictateurs se présentent toujours d'abord comme des Zorros ! Je n'invente pas : c'est dans les programmes scolaires d'histoire.
Seconde remarque : l'ultralibéralisme, c'est comme les OGM, ça contamine, ça ne peut vivre qu'en contaminant alentour ! Regardons l'agrumentation de Nicolas (dont le non-dit est restauré) :

constat du chômage
DONC
nécessité de "libérer" l'embauche
DONC
droit de licencier

Habile non ? Avec la liberté au milieu du sophisme, tout va bien, ça peut se dire. Mais si on voit bien qu'il ne s'agit que de la liberté du chef d'entreprise et que concrètement cette liberté n'est que l'avatar contemporain de l'esclavagisme, ça ne devrait plus pouvoir se dire si facilement. Et puis, restons simple, allons de la prémisse - sur laquelle nous sommes tous d'accord - à la conclusion :

constat du chômage
DONC
droit de licencier

Je trouve que ça a une autre gueule ! Et ce sera encore mieux, si on restaure le cran intermédiaire qui convient dans le monde libéral qui ose appeler un chat un chat :

constat du chômage
ET
recherche du profit
DONC
droit de licencier

Donc si tu veux du boulot, camarade, tu dois accepter que notre monde ne soit orienté que par la recherche du profit de quelques uns...

Bref, si on raccourcit tout ça donc, ça donne une formule d'une logique imparable :

la meilleure garantie
contre le chômage,
c'est le chômage
.

Fallait y penser ! Fallait oser le dire ! Nicolas n'a vraiment peur de rien. Madame Parisot est une enfant de chœur ! En tout cas, c'est tellement gros, que ça en devient crédible. C'est comme ces gosses qui baratinent leurs parents avec l'argument que ça ne s'invente pas, alors que précisément ils l'ont inventé, le bobard !

sarkozydaubresseRebref, revenons à la visite de Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex dans le Nord. Lambersart, fief de M.-P. Daubresse :  Sa Majesté est bonne avec sa cour !
Mais, en retour, rien n'est trop bon pour Sa Majesté Nicolas Collusionis Rex.
Quand Sa Majesté est passée dans la bonne ville de Lambersart - qui a la réputation d'être un peu comme le Neuilly lillois -, tout s'est arrêté pour fêter ça. Même que les enfants des écoles primaires ont dû descendre de l'autobus qui les conduisait, comme tous les midis des jours scolaires, au lieu de restauration collective. Les bambins ont dû poursuivre à pieds ! Sinon pas de bouffe, pas de dessert ? Il est vrai que Sa Majesté "préfère un pâtissier heureux à un sociologue au chômage"... parce qu'on ne parle pas la bouche pleine alors qu'un sociologue au chômage, ça ne bouffe pas des religieuses, ça a tout le temps de chercher à comprendre pourquoi il est au chômage et de l'expliquer autour de lui ! Et ça c'est quand même très subversif.


13 octobre 2005

Pédalant de bon matin...

peugeot_veloCe matin, vers 7h., quand j'étais sur mon vélo, plein d'idées m'ont assailli.
J'ai dû utiliser la dynamo : ça fait belle lurette que le soleil, à cette heure-là, n'illumine plus la région lilloise ; et les lumières de la ville ne sont pas systématiquement là pour éclairer ma route.

deuleLa première lumière publique qui attira mon attention vint après que j'ai eu enjambé la Deûle en escaladant la passerelle du Colisée. Suprême effort de quinquagénaire endormi, cette montée de la passerelle ! Suprême et périlleux délice de gamin, cette descente en schuss pour atteindre la rive d'en face... totoroMais ce matin la grosse lumière calée sous la vaste et hospitalière ramure du grand marronnier situé en contrebas de la passerelle côté lillois a attiré mon attention. J'ai tout de suite pensé à ces images de Totoro, dans le beau film de Miyazaki, ces images où la lumière semble venir de dessous la ramure des arbres magnifiques...heron_cendre
Empli de ces images paisibles, j'ai longé la Deûle sans voir aucun de ces oiseaux qui d'habitude stationnent au bord de l'eau. Notamment ce héron gris, immobile, que je croisais ainsi tous les matins ouvrés de l'été. Peut-être ont-ils migrés. Peut-être la luminosité est-elle trop faible pour que je les distingue. Problème philosophique : entre l'objet et le regard qu'on porte sur lui...
j_c_malgoireDans cette sérénité, je repensais au concert de mardi dernier au Théâtre municipal de Tour- coing... Jean-Claude Malgoire - et non Malgloire comme semble toujours dire une célèbre présen- tatrice d'émissions de télévision consacrées à la musique - nous offrait Rinaldo de Hændel, en version de concert. Ce tourbillon baroque où la fougue et la majesté s'entremêlent ! Quel délice pour l'oreille et pour l'esprit ! Une superbe distribution, même si le jeune contre-ténor (Philippe Jaroussky) était encore un peu malade et qu'un autre, ancien (Dominique Visse) a dû lui prêter sa voix, qu'il a fort différente...

rhinocerosPassant à hauteur du zoo, je me dis, comme tous les matins à cette heure, que les rhinocéros ont encore oublié de tirer la chasse ! Humant l'air matutinal et odorant, je donne un coup de pédale plus allant... Parvenu au bout du chemin qui longe le canal, je dois mettre pied à terre. Une voiture bouche le seule passage... Damned ! Les voitures mal garées, c'est d'un pénible pour les cyclistes !
Je descends (ou je monte : Lille est une ville très plate - excellente pour les cyclistes !) le boulevard de la Liberté en empruntant le couloir réservé aux bus, aux taxis et aux vélos. Belle idée que ces pistes vélos dans la ville ! Dommage que les voitures-qui-puent-et-qui-polluent gâchent le plaisir et la sécurité des cyclistes... Passons !

synagoguelilleArrivé à cinquante mètres du boulot, une série de barrières empêchent de passer. Ou plutôt empêchent les voitures et les camions de passer : entre chaque barriè- re, un vélo peut largement continuer de rouler... C'est assez courant, de telles pratiques de la maréchaussée dans ce coin-là. Les cérémonies programmées à la synagogue qui jouxte la vieille fac (où habite le CUEEP) justifie peut-être tout ce remue-ménages.
Bref, je passe entre deux barrières. Mal m'en a pris ! Un jeune homme en uniforme sort aussitôt de son véhicule garé là et m'invective sèchement du style : templelille1"Vous avez vu ça (il me montre les barrières) ! À quoi ça sert d'après vous ?". Je lui réponds que je travaille là. Rien n'y fait. Crayant qu'il ne sorte son Taser, je ne demande pas mon reste. Je râle et enfourche mon biclou pour contourner le Temple protestant afin d'éviter de passer dans la rue interdite. Interdite ? Pourquoi donc en fait ? Sait pas ! Le jeune  homme en uniforme ne m'a pas dit...
Il est un peu plus de 7h...


27 septembre 2005

À quoi ça sert, un blog ? À râler structuré !

bando

Demain après-midi, je participe à la manifestation Blogs en Nord, qu'organise Éric Delcroix avec Lille3... On risque de se demander à quoi ça sert un blog, dans le secteur de la documentation, dans les entreprises. Ce soir, je sais à quoi ça sert un blog : ça sert à râler, à râler en écriture, c'est-à-dire à râler structuré, si je peux me permettre cette drôle d'expression. Ce soir, malgré la fatigue, je râle !

INTOUCHABILITÉ
pascalcl_mentVous avez sûrement entendu ce ministre de la République, un "homme de loi", comme on dit (pour ne pas dire autre chose), avant d'être le "gardien du sceau de l'État", vous l'avez entendu dire qu'il fallait savoir prendre le "risque de l'inconstitutionnalité", présentant cette prise de risque comme une bravoure politique, une noblesse de caractère, etc. On croit rêver ! On marche sur la tête ! J'espère que notre bon ministre va se faire remonter les bretelles comme il convient, avant qu'il ne soit trop tard !

Ça, c'est ce que j'appelle le syndrome de l'intouchable[*]. J'ai déjà rencontré des gens touchés par ce syndrome dans ma longue vie. Ce sont en général des gens haut placés dans la hiérarchie sociale, économique et/ou politique. La configuration est simple :

  1. il y a un malaise dont personne ne veut porter la responsabilité ;

  2. quelqu'un arrive pour dissiper ce malaise, se présentant comme un Zorro de circonstance (en fait, on est bien d'accord qu'il trouve un intérêt tout personnel à se donner ce travail-là) ;

  3. il s'arroge tous les droits, y compris ceux que la morale la plus élémentaire réprouve, sous prétexte qu'il faut ça pour dissiper le malaise dont personne ne veut assumer la responsabilité ; d'ail- leurs faut pas trop en parler parce que ça raviverait le malaise ;

  4. et comme personne ne veut assumer la responsabilité du malaise, personne ne dénonce l'immoralité du Zorro - qui devient donc proprement - si j'ose dire - INTOUCHABLE ;

  5. et si Zorro fait des victimes, c'est tant pis pour eux ; ils n'avaient qu'à pas se trouver là !

zorroVoilà, c'est un schéma assez simple à comprendre. Je n'insiste pas, et la gravité du malaise de départ ne changera rien à l'immoralité de l'affaire.
Ce que je peux par contre mettre en regard du comportement de ce ministre de la République, c'est qu'on va opposer très durement des arguments de droit pur et dur aux salariés de la SNCM qui ont pris possession de leur outil de travail... C'est comme pour les victimes des Zorros : s'ils clament qu'ils sont victimes et que c'est injuste et immoral, on les assome avec des arguties juridico-moralistes pour qu'ils arrêtent de râler et soient heureux de n'être pas morts tout à fait. En fait, à un certain niveau, on peut voir la morale et le droit se refiler la patate quand elle devient vraiment trop chaude. Encore ce système de "solidarité des complexes" qu'a bien vu François Brune lorsqu'il analyse les mythes de notre modernité... En gros, ça donne ici le jeu suivant : tant que Zorro paraît légitime et (c'est-à-dire, au choix, caresse dans le bon sens les poils de l'opinion morale des gens ou va dans le sens des "affaires"), on n'est pas trop regardant sur la légalité ; mais quand on met en cause la moralité de Zorro, il vous ressort des principes du droit - ceux-là mêmes qu'il a éventuellement bafoués juste avant.
Le second point qu'on peut mettre en avant dans cette discussion sur le syndrome de l'intouchable, c'est qu'il n'est généralement pas seul, l'intouchable - ce qui lui vaudra quelquefois de faire le fusible. Il n'est pas seul : il a une caste derrière lui, une caste dont les membres sont prêts à avancer les arguties de droit ou de morale pour défendre leur ami intouchable. La victime de l'intouchable, elle, est vraiment seule. Seule contre une caste... Dans les petites affaires de la vie professionnelle, on a tous vu ça fonctionner très bien - moi en tous cas, j'ai vu ça de très près, de trop près et n'oublierai jamais, je crois. Dans le cas de notre bon ministre prêt à "risquer l'inconstitutionnalité" et invitant les représentants du peuple à la courir avec lui, les choses risquent de se dérouler un peu plus rudement : pour avoir une caste derrière lui, il risque surtout d'en avoir une ou plusieurs en face de lui (opposition politique, syndicats professionnels du droit, etc.). Et c'est tant mieux !

RÉPRESSION/COMMUNICATION

À propos du même malaise que celui qu'utilise notre Garde des Sceaux pour jouer les zorros intouchables, son collègue ministre mais patron de parti politique en ajoute une dose mais sur un autre registre : il faut attenter à l'intégrité physique des méchants (le fameux suivi médicamenteux, que d'aucuns appellent improprement castration chimique). M'insurgeant contre la seule idée qu'on puisse légalement - au nom de la loi comme disait ce bon vieux Joss - toucher à l'intégrité physique et/ou psychologique des personnes, je ne dis pas que le viol ne doit pas être puni très sévèrement. Mais la gravité du crime ne peut pas permettre qu'on aille jusque là. C'est ce dont Badinter et Mitterand nous ont convaincu. On ne peut pas revenir en arrière. Même par petites touches insensibles... Soyons donc vigilant.
Vous me direz que nos ministres sont en mal de communication et qu'ils sont prêts à tous les excès pour être sur la scène, sur le pont comme on dit à la SNCM ? Vous vous trompez ! Ils communiquent très bien. À preuve, ce qui suit.

m_l_umpIl y a une heure un mèl est tombé dans ma boîte aux lettres professionnelle (bruno.richardot@univ-lille1.fr). Je vous en mets ci-contre l'image du début...
Intéressant non ?
Moi qui un jour m'étais fait engueuler par ma "hiérar- chie" parce que j'avais diffusé à tous mes collè- gues un message dénon- çant ceux qui, en toute légalité, bafouent quotidiennement les droits les plus élémentaires de l'humain, je pensais naïvement, très naïvement que Monsieur Sarkozy, "gardien de l'ordre public" ne ferait jamais ça. On m'a personnellement déjà opposé le fameux "devoir de réserve" (la fonction publique serait la grande muette) et je me suis tu. Eh bien si ! Lui, le ministre de l'intérieur et des cultes, il le fait !
Notre gardien de l'ordre public utilise les adresses électroniques professionnelles des fonctionnaires pour faire sa communication partisane. On vit dans un monde formidable ! Même qu'on dirait que (la lutte contre) le terrorisme et la délinquence finissent par être ainsi mis en scène dans notre bonne vieille République républicaine. Et vous allez voir qu'on va nous présenter ça comme un progrès ! Ah progrès, que ne fait-on en ton nom !

Ceci dit, j'attends avec impatience ce documentaire intitulé Sarkozy mot à mot, co-produit par Serge Moati et France Télévision, prêt à être diffusé depuis avril dernier, documentaire où sont "décortiquées" les paroles du ministre. Dans ce film d'une heure, Gérard Leclerc et Florence Muracciole font réagir des hommes politiques entre autres aux "mots" clés du vocabulaire de Sarkozy. Et depuis que Le canard enchaîné du 8 juin en a parlé, j'attends avec impatience. J'aime quand on m'explique ce qu'il y a sous les mots. J'aime comprendre. Souvenez-vous du sous-texte...

[*] Je ne parle évidemment pas ici des intouchables indiens (les Dalits)... Par certains aspects, ces intouchables-là sont aux antipodes de ceux dont je parle ici. Quand je dis "intouchable", c'est dans le même sens qu'Isabelle Hontebeyrie au sujet des journalistes ou qu'Annick Perbal parlant des chercheurs en France, par exemple. Ou encore au sens où Louis XVI conservait dans la conscience collective une image d'intouchabilité... jusqu'à ce que les députés votent son exécution, le 20 janvier 1793.


29 avril 2005

La Guerre (La Bataille de Marignan) de Clément JANEQUIN - suite

                                                                                                              
[Ce post est illustré : les crédits sont ]

... suite des présentations

Clément JANEQUIN
LA GUERRE (LA BATAILLE DE MARIGNAN)
Texte

 

francoi2

 

Escoutez, tous gentilz Galloys,
la victoire du noble roy Francoys.
Et orrez, si bien escoutez,
Des coups ruez de tous costez.
Phiffres soufflez, frappez tabours,
Tournez, virez, faictes vos tours,
Avanturiers, bons compagnons
Ensemble croisez vos bastons,
Bendez soudain, gentils Gascons,
Nobles, sautez dens les arçons,
La lance au poing hardiz et promptz
Comme lyons!
Haquebutiers, faictes vos sons!
Armes bouclez, frisques mignons,
Donnez dedans! Frappez dedans!
Alarme, alarme.
Soyez hardiz, en joye mis.
Chascun s'asaisonne,
La fleur de lys,
Fleur de hault pris
Y est en personne.
Suivez Francoys,
Le roy Francoys,
Suivez la couronne
Sonnez, trompettes et clarons,
Pour resjouyr les compaignons.

marignan1

Fan frere le le fan fan fan feyne
Fa ri ra ri ra
A l'estandart tost avant
Boutez selle gens d'armes à cheval
Frere le le lan fan fan fan feyne
Bruyez, tonnez bombardes et canons
Tonnez gros courtaux et faulcons
Pour secourir les compaignons.
Von pa ti pa toc von von
Ta ri ra ri ra ri ra reyne
Pon, pon, pon, pon,
la la la . . . poin poin
la ri le ron
France courage, courage
Donnez des horions
Chipe, chope, torche, lorgne
Pa ti pa toc tricque, trac zin zin
Tue! à mort; serre
Courage prenez frapez, tuez.
Gentilz gallans, soyez vaillans
Frapez dessus, ruez dessus
Fers émoluz, chiques dessus, alarme, alarme!
Courage prenez après suyvez, frapez, ruez
Ils sont confuz, ils sont perduz
Ils monstrent les talons.
Escampe toute frelore la tintelore
Ilz sont deffaictz
Victoire au noble roy Francoys
Escampe toute frelore bigot.

 

bataille3

____________________________________

GLOSSAIRE

Galloys : ni gaulois (qui sont déjà bien loin) ni français, tout simplement de joyeux drilles.

Orrez : vous entendrez. Ce terme est attesté, dans cette forme, chez Villon (Ballade et oraison, Ballade finale) et dans le Roman de la Rose (Comment Narcisus se mira..., Cy est le rommant de la rose... et L'Amant), par exemple.

Ruez : frappés, assénés.

Phiffres : petite flûte traversière à six trous, de perce cylindrique étroite, sans clés, d’une tessiture aiguë de deux octaves (en ré habituellement). Le fifre, attesté dès le Moyen-Âge, est un instrument de musique militaire très répandu début XVIe, souvent soutenu par le tabour. On goütera l'ironie de l'histoire dans ce passage de l'Encyclopédie Diderot/D'Alembert : « Le fifre est une espece de flûte qui sert au bruit militaire, & qui rend un son fort aigu : il y en avoit autrefois dans toutes les compagnies d'infanterie ; mais il n'y en a presque plus aujourd'hui que dans les compagnies de Suisses ; ce sont eux qui ont apporté cet instrument en France : il y étoit en usage dès le tems de François I. »
Orthographes variées : on a, par exemple, 'fiffre' chez Marot, dans un texte qui fait immanquablement penser au texte de Janequin, je veux parler de L'epistre du Camp d'Atigny, A ma dicte Dame d'Alençon (1526):

De jour en jour, une campagne verte
Voit on icy de gens toute couverte,
La picque au poing, les tranchantes espées
Ceintes à droit, chausseures decoupées,
Plumes au vent, & haulx fiffres sonner
Sus gros tabours qui font l'aer resonner

Une trentaine d'années plus tard, on trouvera 'fifre' chez Du Bellay (Les Regretz, CXIV; comparer avec le CXVI, on on retrouve une énumération similaire, mais où le tabourin remplace le tabour) :

Ilz se paissent enfans de trompes et canons,
De fifres, de tabours, d'enseignes, gomphanons,
Et de voir leur province aux ennemis en proye.
 

 

Tabour, m. acut. tabourEst nom general, à cet instrument Circulaire, lequel és deux fonds est bouché et couvert de peau d'asne, en sorte de parchemin tendue par des cordeletes, tout autour, laquelle batue d'un ou deux bastons par le moyen de l'air enclos entre lesdits deux fonds, et d'une cordelete tendue à travers le bas fonds d'iceluy instrument, rend un gros son et esclatant : car et celuy, duquel les tabourineurs accompagnent leur fleute en fait de danserie, et celuy dont l'infanterie est conduite en la guerre, et animée és batailles et assauts, sont appelez Tabours, ou Tambours, selon le mot ou Italien Tamburo, ou Espagnol Atambor. (Car Atabal est de gens de cheval, et pur Morisque, combien que du petit Atabal, qu'en Languedoc on appelle Tymbale, il soit aussi usé en danserie) et en toutes lesdites quatre langues est mot par onomatopoee, Tympanum. (Nicot, 1606)
Tabour et tabourin : cf. la remarque avant le texte du Du Bellay ci-dessus, s.v. Phiffres.

Avanturiers : occurrences de ce mot, ainsi orthographié, chez Rabelais et Du Bellay, par exemple, où il s'agit bien de militaires. Voilà ce qu'écrivit Lacurne de Sainte-Palaye dans son Glossaire (prospectus de 1756) : « Fauchet, dans ses Origines, dit que les Aventuriers qui suivirent dans les guerres d'Italie Charles VIII, Louis XII, et François I, prirent depuis le nom de soldats, à cause de la solde qu'ils touchoient. » francoii2

La lance au poing : « Les Suisses se logèrent bien près de nous, si bien qu’il n’y avait qu’un fossé entre deux. Toute la nuit demeurâmes le cul sur la selle et la lance au poing. Nous avons été vingt-huit heures à cheval sans boire ni manger. » Lettre de François 1er à sa mère, après la bataille de Marignan.

Haquebutiers : on trouve des hacquebutiers [sic] dans le Gargantua (1534). L'haquebute ou hacquebute est une arquebuse de rampart du XVème siècle. Vers 1460, elle est identifiée comme le plus petit calibre de pièce d'artillerie.
L'arquebuse, selon Hanzelet, doit avoir quarante calibres de long, & porter une balle d'une once & sept huitiemes, avec autant de poudre. Le P. Daniel prétend que cette arme commença au plûtôt à être en usage sur la fin du regne de Louis XII. parce que Fabrice Colonne, dans les dialogues de Machiavel sur l'art de la guerre, ouvrage écrit à-peu-près dans le même tems, en parle comme d'une invention toute nouvelle. L'arquebuse, dit-il, qui est un bâton inventé de nouveau, comme vous savez, est bien nécessaire pour le tems qui court. L'auteur de la discipline militaire, attribuée au seigneur de Langis, en parle de même : la harquebuse, dit-il, trouvée de peu d'ans en çà, est très-bonne. Il écrivoit sous le regne de François I. Cette arme avoit beaucoup de rapport à nos mousquetons d'aujourd'hui pour le fût & le canon, mais elle étoit à roüet. (Encyclopédie Dideror/D'Alembert)

Frisques mignons :  dans l'inscription mise sur la grande porte de Thélème (encore le Gargantua), on peut lire :

Mes familiers serez et peculiers:
Frisques, gualliers, joyeux, plaisans, mignons
En general tous gentilz compaignons.

Donnez dedans : pour un usage contemporain bien différent de cette expression, voyez ce "rondel" de Jean Molinet que Gabriel Coste mis en musique en 1538 et Pierre Certon en 1570 :

Ceste fillette à qui le tetin point,

Qui est si gente et a les yeux si verds,
Ne luy soyez si rude ne divers,
Mais traictez la doulcement et à point.
Despouillez vous et chemise et pourpoint
Et la jectez sur un lict à l'envers,
Ceste fillette à qui le tetin poinct,
Qui est si gente et a les yeux si verds.
Desserrez luy les genoulx bien à point
En devisant de plusieurs mots couvers.
Incontinent que les verrez ouvers,
Donnez dedans et ne l'espargnez point,
Ceste fillette à qui le tetin poinct,

Qui est si gente et a les yeux si verds.


Ne pourrait-on donc voir, dans l'emploi de cette expression, une facétie de Janequin, par laquelle il mêlerait les deux registres de l'amour et de la guerre - mélange semble-t-il par ailleurs assez courant au XVIe siècle ?

                                

 

9dAlarme. s. f. Cri ou autre signal pour faire courir aux armes. Chaude alarme. fausse alarme. sonner l'alarme. donner l'alarme. Il se dit aussi, d'Une emotion causée par les ennemis. L'alarme est au quartier, au camp. les ennemis nous donnent des alarmes à toute heure. Il se dit aussi, de toute sorte d'effroy, & d'espouvante. Il a pris l'alarme bien legerement. vous nous avez donné l'alarme bien chaude, bien des alarmes. En ce sens on dit encore, Une fausse alarme, pour dire, Une vaine crainte, une peur sans sujet. [Dictionnaire de L'Académie française, 1ère édition (1694) s.v. Alarme (Page 53)]

Assaisonne : amené à un état convenable, approprié aux circonstances, bien réglé.
rozier

 

 

 

 

 


Clarons
: trompette aiguë sans clé ni piston. Ne pas confondre avec le clairon, apparu en France vers 1825, héritier du claron.

A l'estandart : depuis le XVème, il n'existe plus que deux emblèmes militaires : l'étendard pour les gens d'armes à cheval, de très grande dimensions (jusqu'à 6 m de long !), à double queue et le pennon pour les hommes d'armes à pied, plus petit, à une seule queue.
Là aussi, orthographe assez variée (comme pour phiffre) : Marot (1526) écrit estandard ou estandar, Rabelais (1532) estandart...

Boute selle : signal de trompette donnant l'ordre de monter à cheval. Mersenne, dans son Harmonie universelle (1626), donne la figure :

bouttezselle

 



Gens d'armes à cheval :
depuis 1439, l'armée royale permanente est composée de  "gens d'armes à cheval" et de l'infanterie des francs archers (crée ainsi par Charles VII).

 

 

Bombarde. s.f. bombarde__1562_1On appeloit ainsi certaines machines de guerre, dont on se servoit autrefois pour lancer de grosses pierres ; & l'on a donné ce nom à quelques-unes des premières pièces d'Artillerie, depuis l'invention de la poudre. [Dictionnaire de L'Académie française, 4ème édition (1762) s.v. Bombarde (Page 187)].

"Faire bombardes et canons" in Vuatelet de tous mestiers (Versailles, bibliothèque municipale Gouget in-8 164 [anonyme du XVème]), ligne 79 ou 80 selon les éditions.
A l'artillerie fut commis le Grand Escuyer Toucquedillon, en laquelle feurent contées neuf cens quatorze grosses pieces de bronze, en canons, doubles canons, baselicz, serpentines, couleuvrines, bombardes, faulcons, passevolans, spiroles et aultres pièces. (Rabelais, Gargantua, chap.XXVI)

Courtaux, courtaults (ou courtauds ?) : grosses bombardes de siège, i.e. machines de guerre de la famille des canons, mais aussi instruments de musique, de la famille des hautbois.
Voyez, dans Le Rozier des Guerres (qui fut attribué à Louis XI lui-même), cet étonnant extrait du Monologue du Franc-Archer de Bagnolet (qui fut attribué à François Villon), où l'on joue sur le mot courtault :

Et dames de joindre les mains,
Quand ilz virent donner l'assault.
Les ungs se servoyent du courtault
Si dru, si net, si sec que terre.
Et puis, quoy? parmy ce tonnerre,
Eussez ouy sonner trompilles,
Pour faire dancer jeunes filles
Au son du courtault, haultement.
Quand j'y pense, par mon serment!
C'est vaine guerre qu'avec femmes;
J'avoye toujours pitié des dames.
Veu qu'ung courtault tresperce ung mur,
Ilz auroyent le ventre bien dur,
S'il ne passoit oultre...

Par ailleurs, le sens générique de courtault (court) est attesté très tôt, dans des expressions désignant des chevaux courts sur patte, des chiens, etc. (Marot ou Rabelais, par exemple).

Faulcons : à l'époque, on décrivait la taille d'un canon par le poids du boulet qu'il était censé envoyer. Le faucon lançait des boulets d'une livre. Un petit canon, donc, qu'on retrouve chez Rabelais (cf. plus haut s.v. Bombarde).

Compagnon, m. Est celuy qui a hantise ordinaire et compagnie à un autre, et est terme correlatif à luy mesmes, le Picard dit Compaing, comme l'Italien Compagno, et compagnon par diminutif. Le mesme Picard, dit paignon en diminutif de pain, pour un petit pain : qui fait qu'aucuns estiment compagnon estre dit à cause de la commensalité qui est entre deux qui s'entrefont compagnie. Autres le tirent du Latin, Compaganus, ce qui n'a point de nez, l'Espagnol dit Compannero. De mesme façon on dit absoluëment, tel est mon compagnon en terme indefini, de celuy qui nous fait toute compagnie, et avec adjonction, tel est mon compagnon d'estude, d'armes, de guerre, d'apprentissage, en terme coarcté à certaine maniere de compagnie : on appelle aussi compagnon, un artisan qui n'est encores maistre, ains besongne sous les maistres, qu'on dit autrement Compagnon de mestier.

infanterie Compagnon de guerre, est celuy qui est en une mesme expedition et armée, et sous mesme enseigne avec un autre : Car comme dit a esté, ce mot compagnon est relatif. Commilito. Il est dit sous mesme enseigne, pourtant que on n'appellera pas compagnons de guerre tous ceux d'une armée entre eux : veu que ce mot compagnon demande une partie et conformité de qualitez entre deux, et ne peut bonnement le pieton appeler l'homme d'armes son compagnon de guerre, et beaucoup moins les chefs et capitaines, et si bien aux concions et harengues militaires, tant latines, que françoises, on trouve que les chefs ayent usé de ce mot Commilitones, et mes compagnons, cela ne conclud rien contre la naifveté dudit mot, et cognoit-on assez, que c'est un abbaissement flateur impropriant ledit mot, pour animer les gens de guerre. Compagnon d'armes, Semble qu'il signifie et importe quelque chose plus eminent, et de plus de grandeur que Compagnon de guerre, ce qui est à presumer, par ce qui est recité au 6. chap. du 3. livre d'Amad. où Galaor parlant de Norandel nouvellement fait chevalier fils bastard du Roy Lysvart fait cette requeste audit Lysvart. S'il vous plaist me faire tant de bien de me le donner pour compagnon, j'estimeray le service que je vous desire faire pour tresbien employé. Comment respondit le Roy. Vous voudriez-vous charger d'un garçon, et luy faire du premier coup cet honneur, ne cognoissant encore le ply qu'il doit prendre, mesmes que je ne sçache nul chevalier en la grand Bretaigne qui ne s'estimast bien-heureux d'avoir le bien que vous luy presentez : et peu apres, Pour autant Sire, dit Galaor, que je suis chevalier, et veux prier Norandel de m'ottroyer ce que je luy demanderay, qui est que luy et moy soyons un an entier compagnons, durant lequel ne nous separerons, si mort ou prison n'en est cause, etc. Et ceux qui s'estoient ainsi entredonnez compagnie, appeloient de là en avant l'un l'autre mon compagnon, et comme les chevaliers demeurent par telle maniere compagnons d'armes, ainsi les Roys entre-eux sont freres d'armes, pour laquelle cause ils s'entrappellent freres. [Nicot, 1606]

tabour_et_phiffreHorion. s. m. (l'H s'aspire.) Coup rudement deschargé sur la teste, ou sur les espaules. Ce mot est vieux & ne se dit plus qu'en raillerie. Il a receu un vilain horion. [Dictionnaire de L'Académie française, 1ère édition (1694) s.v. Horion (Page 571)]

Gallans : bons compagnons. Souvenez-vous de Villon (1456) :

Ou sont les gracieux galants
Que je suivoie ou temps jadis,
Si bien chantants, si bien parlants,
Si plaisants en faits et en dits?

 

Escamper. v. n. (l's se prononce) Se retirer, s'enfuïr en grand'haste. Il craignit d'estre battu, il escampa. Il est bas [i.e. en langue populaire]. [Dictionnaire de L'Académie française, 1ère édition (1694) s.v. Escamper (Page 164)]

Toute frelore = tout est perdu (certains éditeurs de La bataille donne  "tout est ferlore", voire "tout e ferlor" : cf. le verloren de l'allemand, langue des Suisses qui combattent, aux côtés du Duc de Milan, l'armée française). Une traduction allemande actuelle de ce "Toute frelore bigot" [pour bigot, cf. plus loin, s.v. Bigot(t)] donnerait "alles (ist) verloren, bei Gott". Le terme 'frelore' (et non 'ferlore' - qu'il n'y a donc aucune raison de préférer à 'frelore') est clairement attesté dans ce sens, par exemple, dans Maistre Pathelin (sc.9) publié à la fin du XVe siècle, et encore chez Rabelais (plusieurs occurrences). Au chapitre XVIII du Quart Livre, on lit même "Tout est frelore bigoth", où Rabelais cite peut-être Janequin de dix ans son aîné : le Quart Livre est publié une vingtaine d'années après la Bataille de Marignan - que le bon Rabelais semble connaître comme en témoigneraient les jeux phoniques "nac petitin petetac, ticque, torche, lorne" de la harangue de maistre Janotus de Bragmardo faicte à Gargantua pour recouvrer les cloches, à la fin du chapitre XIX du Gargantua.
arbeau_3Par ailleurs, on appelait toute-frelore une bassedance à quatorze quaternions, qui tiennent cinquante six mesures & battements du tabourin [Orchesographie et traicte en forme de dialogue, par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre & practiquer l'honneste exercice des dances. Par Thoinot Arbeau demeurant a Lengres. Chapitre "Autres basses-dances communes et irrégulières". Ouvrage publié en 1589]. La toute-frelore, comme toutes les basses-dances, s'oppose aux danses où l'on saute. C'est une danse lente et calme. On comprendra aisément alors le contraste saisissant entre l'excitation du combat que l'écriture de Janequin rend si bien et l'idée de soldats entreprenant une danse "terre à terre", à pas lents et glissés, comme rampant pour échapper à un sort plus triste ou par simple abandon de toute force, après deux jours de combat...
Contraste d'autant plus saisissant que le premier terme en est formulé on ne peut plus clairement par le début de l'octosyllabe (Escamper signifie quelque chose comme "déguerpir" et relève de l'excitation de la bataille). Ainsi c'est l'ensemble du dernier octosyllabe de la bataille qui porte haut le comique de contraste, disant : "déguerpis lentement !". Imaginez seulement la scène ! Vous aurez un effet similaire à celui que produirait la narration d'une action très rapide avec un accent caricaturalement suisse...
Enfin on mesurera la cruauté de l'auteur qui utilise les mots de la langue de ceux dont il se moque (suisse allemand) pour le plaisir d'un jeu de mots à haute condensation sémantique.

Bigot(t) : par dieu ! Terme d’injure depuis le XIIe siècle, le sens péjoratif (dévot) actuel datant du XVe. Ici, c'est bien sûr l'injure : cf. ci-dessus s.v. Toute frelore.

La partition gravée pour
l'association La Chapelle des Flandres
(en sol) est le fichier Janequin_Bataille.pdf

[dernière mise à jour : 5 mai 2005]
Les deux pages (celle-ci et la précédente) sont rassemblées dans JANEQUIN_LaGuerre2.pdf.


 

23 septembre 2014

Vos recherches sur Google avec Bruno-Bernard Simon

À l’heure où la pieuvre de Montain View étend sur le monde contemporain ses tentacules toujours plus nombreuses, toujours à la fois plus massives et plus affinées, il est bien vu de revenir au cœur d’activité de Google, la recherche d’information. C’est ce que propose Bruno-Bernard Simon avec cet ouvrage appelé à connaître un grand succès. Sans que son propos ne se dilue de quelque façon que ce soit, l’auteur s’adresse dans le même mouvement aux internautes, aux professionnels de l’information, de la documentation et des bibliothèques, mais aussi aux formateurs.

Après une contextualisation rapide (chapitre 1 : « de la rareté du document papier à la surabondance de l'information électronique »), l’auteur commence par expliquer le fonctionnement du moteur de recherche après avoir campé le décor historique (« une brève histoire des moteurs »). Dans le même mouvement, la stratégie de la Firme Google est exposée tant sa compréhension est capitale : « Google, sans être directement opposé aux professionnels de l’information, ne les aide pas pour autant. Le constat est sans appel et il faut le garder à l’esprit. Cette assertion ne reflète pas un réflexe anti-Google basé sur de mauvaises raisons émotionnelles : Google est un outil puissant et pertinent mais il n’est pas neutre. Il est donc aussi important d’en connaître le fonctionnement technique que la stratégie pour mieux l’utiliser. » (p. 54).

Le chapitre suivant (pp. 61-120) consiste en un passage en revue systématique de tous les gestes qui permettront au lecteur de « maîtriser » l’outil, c’est-à-dire de profiter à plein régime de la puissance de ce moteur hors norme. Cela va de l’agencement des mots dans la requête à l’analyse statistique des requêtes (Google Trends), en passant par la syntaxe propre à Google, l’utilisation du Googles, le décryptage de la page de résultats (la fameuse SERP), etc. Ensuite les différents « services » proposés par Google sont rapidement présentés (Livres, Actualités, Alertes et Scholar).1

Fort de l’idée qu’il est inconcevable d’enseigner la recherche d’information sans en passer par Google, l’auteur, formateur lui-même, propose quelques éléments de réflexions pédagogiques ainsi que quelques « pistes de formation ». Que l’auteur soit formateur, on le devine à la lecture ! Pas moins 77 figures illustrent un propos tout didactique. Reste que la force pédagogique de la démarche de l’auteur réside peut-être surtout dans le fonctionnement de l’attelage maîtrise technique/vigilance stratégique évoqué plus haut : précision technique sans perception stratégique (la sienne propre mais aussi celle de l’outil) n’est que ruine ...

Écrit d’une plume trempée dans la même encre que l’ouvrage de Véronique Mesguich et Armelle Thomas, l’ouvrage de Bruno-Bernard Simon est un très utile et tout à fait indispensable complément à Net recherche 2013 – bien évidemment présent dans la bibliographie ramassée (34 réf.) qui clôt l’ouvrage.

Vos recherches avec Google / Bruno-Bernard Simon. -
Paris : Éditions Klog, 2014. - 162 p. -
ISBN 979-10-92272-01-7

Cette note de lecture a été rédigée pour l'ADBS - qui en propose un fichier pdf.
Version imprimable du présent message


 1. Pour plus de détail, voyez le sommaire que l'auteur a mis en ligne.

2 mai 2012

La machine à expulser tourne à plein

logo-resfTrois situations
inacceptables !

Deux de mineurs étrangers et une d'un père d'un enfant scolarisé que le gouvernement et les préfets accablent pour rien. Pour le principe. Parce que force doit rester à l'administration. Et que les préfets ont des objectifs chiffrés à l'unité près d'expulsions à atteindre. Sur ordre du président et de ses collaborateurs, ministre et préfets.
Ci-dessous les coordonnées de l'Elysée et de Guéant. A qui on dit ce qu'on pense de leur attitude et de leur politique sans donner prise aux accusations d'injure ou de calomnie.

Nicolas Sarkozy et ses conseillers  Elysée fax : 01 47 42 24 65 
Conseiller spécial Henri Guaino   henri.guaino@elysee.fr
Secrétaire  général xavier.musca@elysee.fr
guillaume.larrive@elysee.fr
 
 Ministère de l¹Intérieur
claude.gueant@interieur.gouv.fr
Directeur de cabinet :   stephane.bouillon@interieur.gouv.fr
Directeur de cabinet-adjoint :  georges-francois.leclerc@interieur.gouv.fr
Les membres du cabinet chargés de l¹immigration :
pierre.regnault-de-la-mothe@interieur.gouv.fr
henri.zeller@interieur.gouv.fr
christophe.reynaud@interieur.gouv.fr

  Secrétariat général à l¹Immigration :
Fax: 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Secrétariat général  secretariat-general@immigration-integration.gouv.fr
Secrétaire général :  stephane.fratacci@immigration-integration.gouv.fr
Directeur de cabinet :  gautier.beranger@immigration-integration.gouv.fr
01 77 72 62 66
Chef de cabinet :  charlotte.orgebin@immigration-integration.gouv.fr
01 77 72 62 40

Le préfet de l’Essonne va expulser illégalement un mineur
Alain KUITANG KENGNE est mineur isolé. Il est enfermé au centre de rétention de Palaiseau depuis 25 jours sur décision du Préfet de l’Essonne. Le 30 avril 2012, une place lui était réservée sur le vol Paris-Yaoundé.
Arrivé en France en mars 2011, Alain a connu la rue pendant plusieurs mois avant d’être placé  sous la responsabilité de la Maison du Rhône, à Lyon, par un juge des tutelles.
Début avril, il se fait arrêter en région parisienne. Le Préfet de l’Essonne l’envoie en rétention, ignorant l’acte de naissance d’Alain, méprisant le jugement du magistrat de Lyon. Il estime plus profitable à ses intérêts de se fier aux résultats de tests osseux pratiqués en novembre 2011 et  avril 2012. Des tests osseux dont la fiabilité est contestée scientifiquement. La preuve : les premiers lui donnent 19 ans, les seconds pratiqués six mois plus tard,  18 ans.
Hier, 30 avril, Alain a refusé d’embarquer. Il a été ramené au CRA de Palaiseau. Il en est à son 25ème jour de rétention, le Préfet en a demandé la prolongation.
Pourtant, le laissez-passer consulaire obtenu des autorités camerounaises pour permettre son expulsion atteste de ce qu'Alain est mineur. Ce document a été produit devant le juge des libertés et de la détention, en vain.
Le juge, la police, le ministre de l'Intérieur appliquent la politique du président : expulser beaucoup, expulser à tout prix, expulser des familles, expulser des lycéens, expulser des mineurs. Faut qu'ça saigne pour que ça paye électoralement !
Alain subira demain, 2 mai, une seconde tentative d'expulsion. Les policiers la lui ont promise musclée : balayette pour le mettre à terre, menottes dans le dos, camisole et scratch autour de jambes, porté dans l'avion comme un paquet, bâillonné, attaché à son siège.
On n'a plus que quelques heures pour empêcher cette expulsion. France culture diffusera une interview d'Alain demain matin à 7 h et à 8h.

 Pour davantage d'infos, voir le blog RESF sur Médiapart :
http://blogs.mediapart.fr/blog/resf/280412/ces-gamins-que-sarkozy-bousille  
Préfecture de l'Essonne : fax : 01 69 91 90 22
Préfet : michel.fuzeau@essonne.gouv.fr
directeur de cabinet : claude.fleutiaux@essonne.gouv.fr
Secrétaire général : pascal.sanjuan@essonne.gouv.fr, fax : 01 69 91 97 46
Directrice immigration et intégration : pascale.cuitot@essonne.gouv.fr
Eloignement : fax 01 69 91 96 06
 

Grace, 16 ans, congolaise (Brazzaville), condamnée à 45 jours d'emprisonnement au Mesnil-Amelot
Grâce, lycéenne de Pithiviers (Loiret) a été arrêtée il y a 25 jours à la gendarmerie de Malesherbes à l'occasion d'une convocation piège. La préfecture du Loiret l'accuse d'avoir utilisé un faux passeport pour entrer en France et d'être en réalité majeure. Ce que sa famille et le consul du Congo contestent. En principe, le consulat du Congo ne devrait pas délivrer le laissez-passer nécessaire à son expulsion, ayant dèjà remis à Grâce en septembre 2011 un certificat d'identité attestant qu'elle est née en 96, donc mineure. Mais, pris dans une logique  délirante, appliquant mécaniquement des lois et des règles absurdes, l'administration,  la justice et la police s'unissent pour broyer les espoirs et la vie de tout jeunes gens. Grâce vient de subir 25 jours d'emprisonnement au CRA du Mesnil-Amelot. Aujourd'hui, le Juge des libertés et de la détention de Meaux, un brave homme, visiblement désolé de ce qu'il  fait, vient de lui infliger 20 jours de plus. La machine folle entraîne aussi dans sa course des hommes de bonne volonté.
Pour demander la libération de Grâce, continuez à signer la pétition  http://resf.info/P2261
et écrivez au préfet du Loiret.

Coordonnées :
Préfecture du Loiret
181 rue de Bourgogne
45042 ORLEANS Cedex 2
tél. : 0 821 80 30 45 / 02 38 53 32 48
Fax : 02 38 53 32 48
Préfet :
Michel CAMUX : michel.camux@loiret.gouv.fr
Directeur de Cabinet :
Yann DROUET : yann.drouet@loiret.gouv.fr
Bureau du Cabinet :
Laurent BIGAULT : laurent.bigault@loiret.gouv.fr
Tel. : 02 38 81 40 15
Fax : 02 38 81 40 19

Agir en urgence pour la libération de Vincent, père du petit Julien
 Vincent de Paul MBAPTE, camerounais, 31 ans, est en rétention au CRA du Mesnil-Amelot depuis le 16 avril , après notification d’une OQTF du préfet d’Eure et Loir. Les différentes procédures engagées, demande d’assignation à résidence devant le JLD de Meaux et recours devant le tribunal administratif de Melun, n’ont permis ni de le faire sortir, ni d’annuler l’OQTF.
Vincent de Paul est arrivé en France il y a 9 ans, comme nombre de ces jeunes que des clubs de football font venir pour les tester et éventuellement les recruter. Il sera licencié pendant un an par le club de Wasquehal Capreau, à côté de Lille, qui ne fait aucune démarche pour sa régularisation et qu’il quitte au bout d’un an.
En 2005, il fait la connaissance de Corinne KOUAKOU, jeune femme de nationalité ivoirienne, titulaire d’un titre de séjour, avec laquelle il va former un couple heureux qui dure encore aujourd’hui. Ils ont un enfant d’un an et demi. C’est pour pouvoir aussi régulariser sa situation et notamment consolider cette vie de couple par un Pacs ou un mariage, rendus difficiles par l’absence de papiers, que Vincent de Paul MBAPTE avait déposé en 2010 une demande de titre de séjour, qui a déjà donné lieu à une OQTF du préfet de Seine-Saint-Denis fin 2010, confirmée par le TA de Montreuil.
Le 16 avril 2012, en allant travailler sur un chantier à Chartres (il faut faire vivre sa famille), il est interpellé puis placé en rétention au Mesnil Amelot.
En 2010 comme aujourd’hui les préfectures s’acharnent à considérer que le jeune homme ne justifierait pas «  d’obstacles l’empêchant de poursuivre une vie privée et familiale normale dans un autre pays que la France ou dans son pays d’origine accompagné de sa compagne et de son enfant ». La réalité est tout autre :
Vincent n’a plus de liens avec son pays d’origine, son père est décédé et sa mère vit en France depuis longtemps avec un titre de séjour « résident ». Elle est d’ailleurs gravement malade et le sort réservé à son fils ne risque pas d’améliorer son état.
Il a en France ses liens privés et familiaux, il vit en France depuis 9 ans,  pays où vivent sa sœur française, sa mère (résidente), sa compagne de longue date, Corinne KOUAKOU (titre vie privée et familiale), ivoirienne, et son enfant, Julien, né à  Bry sur Marne le 24.1.2011.
Il a fourni toutes les preuves de cette situation, toute la famille vit depuis longtemps à Noisy le Grand où elle est honorablement connue. Où sont le droit à une vie familiale normale et les droits de l’enfant ?
Vincent de Paul MBAPTE est camerounais et sa compagne ivoirienne et en situation régulière. Les deux parents vivent en France aux côtés de leur mère respective dont chacune est également en situation régulière et résidente.
Une reconduite brutale à la frontière reviendrait  de fait à séparer le fils de sa mère, de sa compagne et de son enfant. Ou à obliger sa famille à quitter un pays où elle a droit de séjour pour s'établir dans un pays dont l’un ou l’autre ne serait pas ressortissant.
 
Nous demandons aux préfets de l’Eure et Loir, signataire du refus de séjour avec OQTF, et au préfet de Seine et Marne, en charge de son exécution, de bien vouloir réexaminer cette situation, d’abroger une décision qui apparaît injuste et de faire libérer Vincent de Paul pour le rendre à l’affection des siens.

 
•         Préfecture de Seine et Marne
Préfet : Pierre MONZANI Mail : pierre.monzani@seine-et-marne.gouv.pref.fr
Fax du secrétariat du préfet : 0164717503
Directeur de cabinet du préfet : Maurice TUBUL maurice.tubul@seine-et-marne.gouv.pref.fr
Fax : 0164717525
Secrétaire général : Serge GOUTEYRON
serge.gouteyron@seine-et-marne.gouv.pref.fr
 
•         Préfecture d’Eure et Loir
 
Préfet : Didier MARTIN
Mail : didier.martin@eure-et-loir.gouv.pref.fr
Directeur de cabinet : M. Guillaume Robillard
Mail : guillaume.robillard@eure-et-loir.gouv.pref.fr
Secrétaire général : M. Blaise GOURTAY


 

2 juin 2008

Appel à participation pour le Festival du Film Militant du pays d'Aubagne (à faire circuler)

Militant(e)s vidéastes ou cinéastes militant(e)s, participez au quatrième Festival du film militant, en envoyant vos films (animations, fictions, documentaires, reportages, parodies, ...) à

Festival du film militant
Le Voltaire - Avenue Roger Salengro
13400 Aubagne.

Toutes durées et toutes thématiques acceptées.

Clôture de réception des films :

  • 31 juillet 2008 pour les longs métrages
  • 31 août 2008 pour les courts métrages d'actualité

Critères de programmation : l'engagement social, politique, artistique, écologiste, humaniste, ..., et la production indépendante, alternative des films. Aucun calibrage de durée n'est exigé : très courts, courts, moyens et longs métrages. Nous recherchons cependant plus particulièrement des films courts. La thématique retenue cette année est la jonction des luttes !

Voici la fiche d'inscription, le règlement ainsi que le tract d'appel à participation.

Le festival du film militant est un festival non compétitif (pas de premier, deuxième ou troisième prix) et non sélectif. Une programmation est effectuée, mais tous les films reçus répondants aux critères de l'appel à participation pouront être visionnés sur place et feront partie du catalogue du festival.
--
Festival du film militant
Association SPID
Galerie Voltaire
Avenue Roger Salengro
13400 Aubagne
+33 (0)4 42 03 48 61
festival@documentaires.info

appel


24 août 2007

Pauvre roi ! Pauvres de nous ! (variante)

sarkoroi- Sarkozy : « L'amour, c'est la seule chose qui compte.
- Yasmina Reza : Je ne te crois pas. Si on t'enlevait ta vie sociale, tu dépérirais.
- Sarkozy : Si on m'enlevait ma famille, encore plus.
- Yasmina Reza : Si on te mettait Cécilia et les enfants à Maubeuge, tu te jetterais à la rivière.
- Sarkozy : Je deviendrais le roi de Maubeuge en deux ans.»

C'est page 40 dans tout nouveau livre de Mme Reza... Ça ne s'invente pas.

Je pense que Dame Reza ne connaît pas Maubeuge - qu'elle définit comme cause de suicide. Les gens de Maubeuge apprécieront le cliché !
Je pense que la Dame a malgré tout un grand mérite : exhiber la bêtise mégalomaniaque de celui que les Français d'un certain âge ont porté à la fonction suprême de l'État français... Le pire, c'est que tout le monde va trouver ça "normal", cette bêtise-là. Voire plutôt bien : "il en a celui-là!".

Pauvres de nous !


29 janvier 2014

Évaluer ou prescrire, il faut choisir !

Une évaluation ne peut être conduite par ceux qui font en même temps de la prescription, a proclamé Vincent Peillon installant le CNESCO (Conseil national d'évaluation du système scolaire) hier, mardi 28 janvier 2014, à Paris. Cette instance sera indépendante, là où la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) était un service du Ministère de l'Éducation nationale...

Si tant est que le CNESCO a des chances de rester authentiquement indépendant, on ne peut que saluer l'initiative du ministre. Qui a oublié l'usage désastreux, dégoulinant de communication politicarde, que le précédent ministre faisait de la DEPP et de l'inspection générale ? Rapports planqués sous le tapis quand aucun "élément de langage" de pouvait les tordre dans le sens du poil sarkozien etc.

C© Ambroise Monod, 1992 (c)eci dit, cette pratique chatelo-sarkozienne de l'évaluateur-prescripteur n'est pas l'apanage de la droite réactionnaire. J'ai connu, il y a certes longtemps, de tels agissements commis par la gauche d'avant-garde. C'était au début des années quatre-vingt-dix et ça s'appelait recherche-action de type stratégique. La stratégie n'était en l'occurrence possible que grâce à une confusion des rôles en règle, où le prescripteur de l'action évaluée, le prescripteur de l'évaluation et l'évaluateur étaient, en dernière analyse, concentrés dans la même instance. Rien que ça ! Tellement gros que j'en avais publié un article dans Actualité de la formation permanente (120, Septembre-Octobre 1992 (p.103-119) - qui en a malgré tout surpris plus d'un !


24 juillet 2013

De quoi la Palestine est-elle le nom ?

Comme l'an dernier, j'ai mis dans mes bagages d'été quelques bouquins à usage professionnels (intelligence économique, veille, etc.), notamment pour en faire une "lecture critique" ou plutôt une présentation pour mes collègues professionnel(le)s de l'information à la rentrée.

de-quoi-la-palestine-est-elle-le-nom-de-alain-gresh-livre-895866421_MLMais comme l'an dernier, j'ai commencé par un autre livre, à usage "personnel", pour le plaisir de lire, pour le plaisir de comprendre. Et j'ai été servi ! Je viens de terminer la lecture de l'essai d'Alain Gresh, De quoi la Palestine est-elle le nom ? Voilà trois ans que l'ouvrage a paru et j'ai enfin décidé de le lire à tête reposée. Je n'ai pas été déçu question compréhension !

Je ne vais pas te présenter l'essai, cher lecteur, tout simplement parce que l'auteur l'a fait lui-même et fort bien et parce que la lecture de son blog Nouvelles d'Orient te permettra de contextualiser comme il faut son projet.

Juste pointer deux idées et une information-clé qui ressortent de la lecture de l'ouvrage.

  • Tout d'abord, l'existence même - voire la justification - de l'État d'Israël est dès le début construite sur la pratique d'un colonialisme de confiscation territoriale et d'extermination des autochtones. Alain Gresh resitue la création de cet État dans la perspective du colonialisme occidentale - ce qui permet largement de comprendre les événements actuels.
  • Ensuite, il y a une sorte de connivence objective entre l'idéologie des Afrikaners - idéologie qui doit pas mal à l'idéologie nazie - et l'idéologie sioniste. Alain Gresh montre cette connivence avec prudence et clarté. On aura peut-être intérêt à mettre à jour la trame et les fils d'une telle connivence, notamment en faisant le lien avec celle qu'Hannah Ardent a pointé il y a une cinquantaine d'années entre certains Judenräte de l'est de l'Europe et l'appareil hitlérien pendant la shoah.
  • Enfin, l'information qu'il ne faut jamais oubliée quoi qu'il arrive : l'État d'Israël ne se plie aux injonctions internationales (ONU) que lorsque cela va dans le sens de sa politique coloniale et personne ne semble trouver à y redire. Comme si la forme politique du peuple qui se veut le seul et l'unique "élu de Dieu" était au dessus de la politique et du droit des hommes...

L'ouvrage se termine (annexe II) sur une magistrale mise au carré de ce cher BHL pour sa chronique du 8 janvier 2009 pour Le Point, "Libérer les palestiniens du Hamas".

Plus sérieux, car pour qui BHL est-il important ? pour personne car on sait pertinemment de quoi il est le nom... : je regrette qu'Alain Gresh n'ait pas inséré le court texte écrit par Gandhi en novembre 1938, Les Juifs en Palestine. Un texte plein de sagesse qui aurait peut-être mérité une petite exégèse...


 

15 mai 2013

Définitions et enjeux de la veille informationnelle et documentaire

scerenNPdCTel est l'intitulé de la journée d'étude des documentalistes le 16 mai au CRDP de Lille.

J'ouvre la journée avec une intervention sur la veille... une histoire de cônes siamois ;-)

Le déroulement est annoncé comme suit :
9h30: accueil
10h-10h45: Intervention de Bruno Richardot, documentaliste au CUEEP - Lille 1, et chargé de cours à Lille 3 sur la veille stratégique
10h45-11h : Questions, échanges
11h-11h30 : Outils et sources pour une veille
11h30-14h30 : pause déjeuner- salon des éditeurs
14h30-16h30 : présentations de pratiques de veille : la veille en établissement  scolaire auprès de la communauté éducative, la veille comme objet d'enseignement d'apprentissage, la veille avec un exemple hors EN.
17h : clôture des débats

 

plan-lille

 


Le compte-rendu de cette belle journée est ici.

 

 

 

 

18 mars 2012

Mozart, le Requiem

Concerts-13-et-14-avril-2012Un regroupement d'ensembles vocaux amateurs (Adventi, Hamadryade, Ensemble Vocal de La Madeleine, Atelier choral de l’École de Musique de Ronchin) et de chanteurs isolés amoureux du Requiem de Mozart, accompagné par l’Orchestre Universitaire de Lille, interprèteront à trois reprises ce chef-d'oeuvre de la musique chorale, sous  la direction de Karl Leicht. Le jeune chef, étudiant à Lille1, aura au bout de sa baguette 70 musiciens et plus de 100 choristes.

Rendez-vous à 20H30 :

  • le Vendredi 13 avril église du Sacré Coeur place du Maréchal Foch à Villeneuve d’Ascq ;
  • samedi 14 avril église St Joseph 125 rue de France à Roubaix ;
  • vendredi 11 mai Eglise St Martin d’Esquermes à Lille.

Entrée libre.


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