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BRICH59
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2 octobre 2005

Amériques... Amériques... ?

Après les bébés nageurs, voici les bébés flingueurs !

canard_enchaineVous avez tous vu, dans le Canard enchaîné du 28 septembre (p.4), cet article de Louis-Marie Horeau,  intitulé "Le syndicat des commissaires s'attaque aux délinquants en couches-culottes", avec en sous-titre "Un catalogue de propositions délirantes. La très influente organisation propose de passer à l'action dès la crèche".

Ledit catalogue est disponible sur le site dudit syndicat.
secu_prpositionsschfpnLe problème majeur ici, c'est que ce syndicat, le Syndicat des commissai- res et hauts fonctionnai- res de la police nationale (SCHFPN), est très représentatif comme on dit et surtout très influent auprès des autorités ministérielles : les préconisations qu'il émet sont souvent suivies d'effet.
Ça, c'est pour mesurer la gravité de la situation. Parce que, sinon, si l'on s'en tient au texte du catalogue en question, il y aurait plutôt de quoi rire, même si c'est jaune !
Voyons tout d'abord ce que le Canard appelle un catalogue. Il s'agit d'un document de quatorze page intitulé La sécurité du quotidien. Les propositions du SCHFPN, composé de trois grandes parties et d'une brève conclusion :

  1. La prévention de la délinquance et l’accompagnement des publics vulnérables : « le guichet unique »

  2. Le traitement de la récidive et de la réiteration

  3. La réorganisation territoriale de la police nationale

Dans la conclusion, il s'agit de faire de la sécurité un pôle spécifique d’action de l’État.

La partie qui nous intéresse est la première, dont voici l'ossature :

  1. La problématique [La police est le principal guichet des urgences sociales - Les intervenants multiples sont forcément éclatés - La coordination entre les interve- nants de terrain et les dispositifs locaux est quasiment inexistante]

  2. Le "guichet unique" dans les commissariats [Les principes - La struc- ture : une coordination multipartenariale de type GIR]

  3. Structurer au niveau central l’impulsion des missions de pré- vention et d’accompagnement des publics vulnérables

  4. La notion de secret "professionnel partage"

  5. La prévention précoce des enfants à risque

Et que lit-on sous ce dernier point ? Ceci :

secu_prpositionsschfpn_bas_page5

bebeTout un programme, non ? Pour moi, dans ma petite tête, quand on parlait d'enfant à risque, c'est que l'enfant courait un risque (risque sanitaire, en règle générale). Visiblement je n'avais pas tout compris ! Pourquoi ne pas instituer alors un avortement sécuritaire qui permettrait à la police de mettre fin à des grossesses à risques ? Et d'abord, c'est quoi un "comportement prédicteur de délinquance dès la crèche, la maternelle ou l’école primaire" ? Je ne vois qu'une solution : mettre en place une politique de l'eugénisme ! Et tout ce qui n'est pas dans les clous sera éradiqué sans états d'âme ! Ce sera tellement logique et si facile à comprendre !
Et puis, si on vous dit qu'aux Amériques, ils font ça, c'est que c'est forcément bien... Mais, si vous ça vous démange d'en savoir plus sur la généralisation des bébés flingueurs, sachez que Jean-Marie Salanova, secrétaire général du Syndicat des commissaires et hauts- fonctionnaires de la police nationale, sera l'invité des forums de nouvelobs.com le vendredi 14 octobre de 10h00 à 12h00.

Après le Flash-Ball, le Taser !

taserLe second article intéressant de cette page 4 du Canard enchaîné se situe juste en dessous de celui que je viens de compléter. Rédigé par Brigitte Rossigneux, il s'intitule : "La nouvelle arme fatale de Sarko II" avec en suite de titre : "Un pistolet qui ve droit au cœur des flics... et des récalcitrants". Effectivement, le cœur des badauds est menacé par cette arme qui envoie une énorme charge électrique à celui qui est atteint, grâce à des sortes de harpons... si si des harpons, comme pour cette maudite chasse à la baleine. En plus petit j'espère !
Là aussi, ça se fait déjà aux Amériques... même que, comme le fait remarquer Brigitte Rossigneux, Amnesty International a eu le toupet de compter les victimes de cette espèce de lance-harpons à très haute tension, arme qui, technologiquement avancée, est forcément un signe manifeste du progrès de l'humanité.aisf Au niveau international d'abord bien sûr (dès nov. 2004), mais la section fran- çaise aussi, qui s’inquiète de la généralisa- tion des pistolets paralysants Taser, dans son communiqué du 16 septembre dernier.
Texte du communiqué SF05M36 (avec l'autorisation, non sollicitée, d'Amnes- ty International) :

candle_icon«Amnesty International France demande qu’une étude indépendante sur l’utilisation des pistolets paralysants Taser soit menée sur le territoire français dans les plus brefs délais par des professionnels médicaux, juridiques et sécuritaires.
Le 9 septembre 2005, lors de son discours aux Préfets, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé que « plusieurs centaines de Taser », pistolets paralysants, allaient être livrés en 2006 afin de renforcer « les capacités d’action des services de police ».
Depuis plus d’un an, le Groupe d’intervention de la Police Nationale et plusieurs brigades anticriminalité (BAC) testent le Taser en France. Le 30 avril dernier, une jeune fille de 19 ans, Virginie, a été la cible de 4 tirs de Taser par un groupe de policiers de la BAC à Lyon lors d’une manifestation. Accusée par ces mêmes policiers « d’appel à la rébellion, tentative de vol d’une arme d’un policier et rébellion », Virginie a été relaxée par le tribunal de grande instance de Lyon qui n’a retenu aucun des chefs d’inculpation. La commission rogatoire de l’Inspection générale de la Police Nationale a reconnu un usage abusif du Taser puisque les policiers n’étaient pas en position de légitime défense.
Selon Amnesty International, l’utilisation d’armes paralysantes violent les normes internationales qui prévoient que les responsables de l’application des lois n’aient recours à la force qu’en tout dernier ressort, après avoir épuisé toutes les autres alternatives non-violentes et proportionnelles à la menace posée. Dans de nombreux cas, leur utilisation s’est apparentée à des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants, interdits par l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et par l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, convention ratifiée par la France.
Par ailleurs, de nombreuses recherches ont été effectuées par Amnesty International sur ces pistolets paralysants aux Etats-Unis et au Canada où leur utilisation est généralisée depuis juin 2001 et a répertorié, dans ces deux pays, 114 cas de décès survenus après utilisation de Tasers.
candle_icon2Pour éviter toute utilisation abusive du Taser, Amnesty International France rappelle que la formation des forces de l’ordre doit être au centre des préoccupations du ministre de l’Intérieur
».

La section française s'appuie notamment sur deux rapports en langue anglaise qu'Amnesty International a publiés le 30 novembre 2004 concernant l'usage de ces armes aux États-Unis et au Canada.

Amériques... Amériques ? Vous avez dit Amériques !



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25 mars 2006

On a un métier !

onisepL'ONISEP a récemment mis à jour la fiche renseignant sur le métier de documentaliste. Avec cette fiche et l'Euroréférentiel, plus les éléments de la campagne image de l'ADBS - dont l'adresse est indiquée en fin de fiche -, on devrait arriver à convaincre nos employeurs de l'intérêt de la fonction, ou plutôt des fonctions...

persoEn fait, j'ai souvent constaté que le problème n'était pas tant dans l'image des documentalistes auprès des dirigeants, que dans la capacité de ces derniers, très souvent, à construire des stratégies d'entreprises ou d'organisations capables d'être suffisamment explicitées pour donner matière, pour donner prise au travail des documentalistes...

Et quand la fiche métier ONISEP nous apprend que les documentalistes doivent "posséder le goût des relations humaines et de la pédagogie", c'est une évidence pour tous :

    • ce qui laisse comprendre pourquoi il y avait une odeur de scandale à proposer aux enseignants en rupture pédago- gique des postes de documentalistes en établissements d'enseignement - mais ça, c'était avant !

    • aujourd'hui, la remarque de l'ONISEP sur le goût pédagogique des documentalistes, je la comprends, moi qui ne suis pas documentaliste de CDI, dans le sens d'une nécessité en direction des dirigeants : les documentalistes doivent savoir faire preuve d'une pédagogie à toute épreuve et se ressasser sans cesse que, si les responsables d'entreprises ou d'organisations n'ont pas encore compris l'intérêt tout stratégique de la fonction documentaire, c'est qu'on s'y est mal pris et qu'on doit inventer une nouvelle façon de dire et de prouver...

Il y a quelque chose de pénélopien dans notre job !


18 mars 2006

Dialogue croissant ?

"Le dialogue n’est jamais rompu, surtout avec la jeunesse", déclare Gilles de Robien.

aef3Ah bon ? Tiens ! Je croyais que... bon on se remémore ce qu'a dit Monsieur le Ministre jeudi 16 mars 2006, lors de l'émission "À vous de juger" sur France 2 (je cite l'AEF) :

  • Ceux qui manifestent contre le CPE ne sont pas concernés. le CPE n'est pas destiné aux étudiants qui détiennent un bac+5 mais aux "450.000 à 500.000 jeunes de moins de 26 ans qui sont aujourd'hui au chômage".

  • Gilles de Robien propose  aux organisations lycéennes, étudiantes et syndicales de "laisser les armes au vestiaire" et de "mettre [leur] amour propre de côté" pour discuter sur "cette période initiale de deux ans qui fait problème" dans le CPE.

  • "Le CPE ne remplace pas les autres contrats et les autres idées". "Ce n'est pas une solution miraculeuse pour tout". Ce nouveau contrat ne "supprime pas le CDI, c'est quelque chose en plus à la disposition des partenaires".

On ne va pas reprendre point par point ces quelques extraits du discours ministériel. Ce serait désobligeant pour l'autorité !
Si ! Juste un point : constester aux étudiants la légitimité de manifester contre le CPE est tout de même assez fort de café ! En ces temps où l'on se plaint, à juste titre, de la non implication des jeunes dans la vie politique du pays, il est assez peu pédagogique dirons-nous, de la part d'un Ministre de l'Éducation (Nationale qui plus est !), de contester aux jeunes de n'être pas d'accord avec l'ultralibéralisation du pays et la casse du droit du travail organisé par le gouvernement. TOUT CITOYEN EST LÉGITIME À CONTESTER LE TRAVAIL DE LA CLASSE POLITIQUE. Et ce n'est pas parce que cette chère majorité silencieuse (on en reparle demain de la majorité silencieuse !) a porté au pouvoir (activement mais surtout passivement) une droite ultralibérale, que les citoyens ne peuvent pas refuser et faire savoir haut et fort qu'ils refusent qu'on brade leurs propres vies à l'encan d'une économie qui n'est après tout que l'inépuisable réservoir à fric d'une minuscule partie de la société française.

Que cette partie de la société fasse tout (mensonge, lobbying, violence, manœuvres financières, etc.) pour garantir l'inépuisabilité de son réservoir à fric, c'est une chose. Mais que les gardiens de la citoyenneté que devraient être les corps exécutif et législatif de la Nation dénient aux citoyens le droit d'exprimer leur désaccord, c'en est une autre.

Ce n'est pas parce qu'on conteste à une minuscule frange de la société le pouvoir d'asservir le reste de la société qu'on doit être traité de monstrueuse fange de ladite société ! J'ai entendu hier matin (France Inter) le Président de l'Assemblée Nationale parler de chienlit et autres termes gaulliens choisis - qui montrent tout le mépris de la haute société politique pour le débat populaire...

Ce qui est sûr c'est que le gouvernement prend les gens pour des cons et des imbéciles ! Ce n'est pas "cette période initiale de deux ans qui fait problème" dans le CPE ! C'est le CPE lui-même, en tant que coup porté au droit du travail et qu'arme offerte au patronat pour asservir toujours mieux la force de travail ! Dire que "le CPE ne remplace pas les autres contrats et les autres idées", dire que ce nouveau contrat ne "supprime pas le CDI" et que c'est "quelque chose en plus à la disposition des partenaires", c'est mentir effrontément : il ne faut pas réfléchir longtemps pour être convaincu que cette aubaine législative pour le patronat ne va pas manquer de provoquer la gangrène finale du droit du travail et de la protection des droits sociaux les plus élémentaires dans une République qui se dit mère des Droits de l'Homme et du Citoyen !

Cette histoire me rappelle irrémédiablement Fernand Reynaud et ses "deux croissants" :

  • la foule crie "Nous ne voulons pas du CPE !"

  • le gouvernement répond "nous sommes d'accord pour ouvrir le dialogue qui permettra de vous satisfaire : nous allons aménager ensemble, dans un souci d'écoute mutuelle, le... CPE"

  • la foule crie encore une fois "Nous ne voulons pas du CPE !"

  • le gouvernement ... etc.

lalibrebelgiqueComme disent si bien nos voisins belges (La libre Belgique d'hier, vendredi 17 mars 2006), "pro et anti-CPE continuent à se regarder en chiens de faïence".
Espérons seulement que, cet après-midi, nous serons nombreux à montrer PACIFIQUEMENT que nous ne sommes pas d'accord avec la vie que le gouvernement et le patronat veulent nous faire ! Les CRS peuvent "laisser les armes au vestiaire"...


19 mars 2006

Majorité silencieuse et otages

Mercredi vers midi, une dépêche de l'AEF attire mon regard sur mon écran d'ordinateur. Extrait :

aef2Blocage des universités: le "collectif des étudiants bâillonnés" lance un blog pour "la majorité silencieuse"
Un "
collectif des étudiants bâillonnés" s'opposant aux blocages des universités, dans le cadre des mobilisations contre le CPE (contrat première embauche), lance un blog (etudiantsbaillonnes.blogspot.com/), "celui de la majorité silencieuse" qui défend "la liberté d'étudier".
Le collectif dénonce "
des caricatures d'assemblée générale [qui] reconduisent grèves et blocages dans des votes à mains levées" ainsi que "l'intimidation et les insultes [qui] sont les seuls arguments qu'on nous présente pour nous empêcher d'étudier". "Nous voulons que la démocratie soit respectée", ajoute-t-il.
Le blog "
a pour objectif de rassembler les réflexions d'étudiants pris en otage, de faire état des dégradations commises et des violences" subies. "Faisons en sorte que notre voix soit entendue et que des étudiants, les médias n'aient pas seulement l'image de ceux qui veulent refaire leur petit mai 68 pathétique."

moutons_dans_un_cheminAh ! Majorité silencieuse !
Voilà une de ces expressions qui me ravissent !
Voilà une de ces expressions comme je les aiment : aussi vides qu'il est possible !
Voilà une de ces expressions-interlope, d'autant plus interlope qu'elles sont creuses, c'est-à-dire propices à la cachette, et qui, du coup, fleurissent dans la logorrhée politique...

Parce que je pose la question : c'est quoi la majorité silencieuse ? C'est qui ?
Tous ces Français, fort nombreux et majoritaires dans le pays, qui, entre 1939 et 1945, par ce fameux pragmatisme si cher à notre gouvernement, ont "pactisés" avec l'occupant, ont accepté slien- cieusement le joug, voire ont "collaboré" (cf. la floraison des lettres anonymes de dénonciation pendant ces années troubles de notre histoire) ?
jp_serrier_moutonsdepanurgeTous ces allemands, fort majo- ritaires également, qui, au début des années trente, ont laissé s'installer l'une des dictatures les plus meurtrières de l'histoire européenne ? Etc.
La liste est longue des situations où le silence de la majorité est condamnable, où la majorité est coupable de se tenir dans le si- lence - coupable a posteriori, étant donné les conséquences de son silence, mais coupable a priori, étant donné les motivations de son silence...

En tout cas, sur ce sujet, je n'ai qu'une réplique et une seule :

Que celui qui parle au nom de la majorité silencieuse se taise, car, s'il parle en son nom, il la rend bavarde et elle n'existe plus !
Celui qui prétend parler au nom de la majorité silencieuse
tue la majorité silencieuse !

En fait, la majorité silencieuse est de l'ordre du désir (dont la mort répond à l'assouvissement), désir de celui qui veut prendre le pouvoir, désir de tyran...

Et puis, après l'expression majorité silencieuse, il y a un mot qui me chatouille l'oreille interne quand il est proféré sur la place publique, c'est celui d'otage.
Chaque fois qu'un mouvement social perturbe le fonctionnement bourgeois de la société, il est des membres de la majorité laborieuse qui viennent devant les micros médiatiseurs se plaindre d'être pris en otages...
Mon Dieu, pardonne leur, il ne savent pas ce qu'ils disent ! Ils ne savent pas qu'ils sont les otages de l'ultralibéralisme dévastateur et tyrannique. Ils ne le voient pas parce qu'ils sont nés comme ça et qu'ils sont otages du capital jusqu'au cou et jusque dans leur tendance à l'auto- destruction intellectuelle...


14 mars 2006

Dégâts de sécurité

Le rectorat de Paris chiffre entre 500.000 et un million d'euros les dégâts causés par l'occupation et l'évacuation policière de la Sorbonne dans la nuit de vendredi 10 à samedi 11 mars 2006, a-t-il indiqué à L'AEF aujourd'hui, mardi 14 mars 2006, après constat d'huissiers. Le rectorat a porté plainte.

44J'espère seulement qu'on arrivera à distinguer entre les éventuels dégâts causés par les étudiants de ceux que l'intervention violente de la police a fatalement produits.

Car la matraque, ça casse. C'est même fait pour ça... On a les outils de communication et de dialogue qu'on peut !

Alors que des étudiants ça occupe. C'est tout. Juste pour discuter de leur propre avenir. Les étudiants ça occupent. Même que ça occupe la police...

À parier qu'on va faire une cote mal taillée propice à accabler nos étudiants !


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20 mars 2006

Bertrand SCHWARTZ à l'honneur

Mon ami Serge y était... Il raconte

Le 6 mars à la Maison de l’Europe, à Paris, s’est tenu un hommage à la vie et l’œuvre de Bertrand Schwartz à l’occasion de la parution de 3 publications:

  • Un livre de Louise Lambrichs aux éditions Philippe Rey: L’invention sociale. A l’écoute de Bertrand Schwartz

  • Un coffret multimédia CD+DVD réalisé par Geneviève Auroi-Jaggi et produit par l’Université de Genève et la Télévision Suisse Romande :

    • le CD interactif intitulé L’œuvre de B.Schwartz : ses archives présente des documents inédits, des photos, textes, rapports, interviews, entretiens, conférences et enregistrements ainsi que des articles de presse qui témoignent des actions et des engagements de Bertrand de 1950 à nos jours.

    • le DVD Les grands entretiens : Bertrand Schwartz présente un entretien télévisé de 42 minutes où Bertrand livre le fruit de 40 ans d’actions et de réflexion.

  • Enfin, la revue Pour n° 189 - mars 2006 consacre son dossier à Bertrand sous le titre: "Construire une pensée collective pour l’action".

cd_bs_01_zoomBref, trois documents qui devraient avoir une place de choix dans les centres de documentation de la com- munauté éducative. Ne pre- nez pas tout ça pour un hommage posthume antici- pé. Pour les auteurs, le nombreux public assistant à la manifestation, ceux qui ont côtoyé ou côtoient encore Bertrand, il s’agit d’une étape, d’une somme de ressources enfin rassemblées pour nourrir l’action de ceux qui pensent que l’exclusion n’est pas une fatalité et que des moyens efficaces existent pour la combattre.
Nous avons très probablement l’occasion d‘avoir à Lille, en juin, une manifestation similaire à celle de Paris. Si tel est le cas, ne la manquez surtout pas.


15 mars 2006

Il y a 70 ans, il y a 50 ans... vous avez dit "progrès" ?

istDe la loi du 23 avril 1919 instaurant la journée de huit heures jusqu’à la loi du 31 mars 2005 sur le compte épargne temps, l’histoire de la réduction du temps de travail est jalonnée d’étapes importantes. La mise en place des congés payés en juin 1936, il y a soixante dix ans, a marqué les esprits. Le passage à la troisième semaine de congés payés mérite aussi d’être racontée. C’était il y a cinquante ans, en mars 1956...

Tel est le chapeau d'un article publié vendredi dernier (10 mars 2006) par l'Institut Supérieur du travail.

Lisant cet excellent document, je ne peux m'empêcher de penser à la tête de nos ultralibéraux en scène aujourd'hui devant cette déferlante de la quête de qualité de vie des travailleurs...

Plus sérieusement, je me dis que, là, il y a authentique progrès.

  • Non pas ce progrès-interlope qui parsème la rhétorique de tous ces détricoteurs du droit social, notamment du droit du travail !
  • Non pas ce progrès-slogan qui pourrit de l'intérieur la rhétorique des vendeurs de soupe et de sommeil !
  • Non pas ce progrès-fatalité qui envahit trop facilement la conscience populaire !
  • Non pas ce progrès-théologie que pointait Duvignaud !

Non ! Un vrai progrès, une lame de fond, un souffle qui vient de la profondeur du respect de l'humain et pas de cette injonction faite à l'homme de n'être qu'un homo economicus, de se comporter comme un froid calculateur où tout se compte en valeurs financières, même quand on n'a pas le sou et qu'on est économiquement à la merci du premier possédant venu...

C'est un vrai progrès, et c'est bien pour ça qu'ils essayent par tous les moyens de revenir sur ces avancées humaines (et pas seulement sociales !) !


3 octobre 2005

Iznogoud

IZNOGOUD, la politique est trop mortelle !

zataz[reprise de Zataz du 03.10.05]

Il semble que l'équipe de communication de l'UMP a tiré un peu trop sur la ficelle du jeunisme et de l'Internet. Un courrier non sollicité, un spam, a été envoyé à 300.000 français. Un courrier traitant des élection présidentielle de 2007. En réponse à ce courrier non-sollicité, une plainte a déjà été déposée, mais aussi et surtout, un Google Bombing a été mis en place à l'encontre de Nicolas Sarkozy.

iznogoudL'idée: dés qu'un internaute tapera le nom du Ministre de l'Interieur, président de l'UMP, il finira sur la page du héros de bande dessinée, Iznogoud. Finesse de cette guerre électronique. Les internautes vont faire de manière à ce que la page Iznogoud s'affiche quand une recherche sur la biographie de Nicolas Sarkozy sera demandée. A noter qu'une nouvelle campagne de spams, pardon de communiqués politiques, est annoncée pour octobre.


Je suis très déçu : j'avais baptisé Iznogoud un collègue qui se la joue trop vite en prenant le pouvoir de l'action des autres dès qu'il peut... Mais bon, je ne suis donc pas le seul à avoir été incommodé par la sarkopub ... Ouf ! Regardez , vous serez convaincu ! Lisez l'article de Libé de ce 1er octobre. Et, si vous avez le temps, lisez le message d'Olivier Ertzscheid à ce sujet : le mot qu'il a mis dans la rubrique "" vaut son pesant de bulletins de votes ! Il est ici.
Bonne lecture !


12 mars 2006

Temporel

Une nouvelle revue en ligne vient de voir le jour : Temporel.

temporel

La photo ci-contre représente un élément de la façade de la Basilique S Pietro de Tuscania (Latium).

Comme tous les abonnés à Biblio-fr, j'ai reçu un message d'Anne Mounic qui présente cette livraison où l'on parle d'Alphonse de Lamartine, d'Alfred de Vigny, d'Emily Dickinson, d'André Gide, de Thomas Mann, de Robert Graves, d'André Malraux, de Pierre Emmanuel, de Gaston Bachelard et de quelqeus nombreux autres...

Je ne suis pas à même de juger la qualité des contributions...

Allez-y donc voir vous-mêmes !

Longue vie à la
diffusion culturelle gratuite

pour tous !


7 mars 2006

L'État et la Démocratie

Décidément rien ne va plus !

ACTE 1
larcher_gerardHier tard sur France2, j'entends un membre du gouvernement (M. Larcher) affirmer très catégo- riquement que, puisque le Parlement a voté le principe et la mise en oeuvre du CPE, il n'y a pas de raison qu'on retire le projet gouvernemental, et que les étudiants et salariés auront beau défiler en masse aujourd'hui, cela n'empêchera pas la décision parlementaire de s'appliquer !
Dire qu'une majorité de Français serait d'accord pour que le CPE disparaisse n'est pas en soi un bon argument. Souviens-toi, oublieux lecteur, de la loi Badinter qui a aboli la peine capitale dans notre beau pays des Droits de l'Humain et le courage politique du Président de la République de l'époque pour assumé cette abolition...
Dire qu'il y a décision parlementaire est meilleur - même si l'on a pas personnellement voté pour ce Parlement-là ! C'est le "revers" de la démocratie, la vraie !

ACTE 2
dadvsi_accrochePendant que j'écoute attentivement Gérard Larcher, bon citoyen que je suis, l'agence Reuters publie un communiqué qui commence ainsi : Le gouvernement français a décidé de retirer le premier article du projet de loi sur les droits d'auteur, qui devrait être entièrement réécrit, annonce le président de séance en ouvrant les travaux à l'Assemblée.
Le 21 décembre dernier, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, avait dû suspendre l'examen de ce projet de loi par les députés après l'adoption, contre son avis, de deux amendements sur l'article premier qui légalisaient le téléchargement sur internet pour usage privé en contrepartie d'une rémunération forfaitaire pour les auteurs, la "licence globale"
.
En clair, cela signifie que le Gouvernement dont Gérard Larcher dit qu'il entend faire respecter les décisions du législateur suprême, ce gouvernement raye d'un seul trait un vote parfaitement conforme aux règles démocratiques formelles et informelles, mais qui a le malheur de déplaire aux puissances économiques du pays...

QUESTION CITOYENNE
Un gouvernement peut-il décemment tenir ce grand écart entre les deux actes ?

abdIl serait bon pour le moral citoyen des Français, déjà passablement bas à cause de la conjoncture sociale et économique, il serait bon que le gouvernement affiche de quel côté il fonctionne : respect ou irrespect  des députés et des sénateurs, respect ou irrespect de la chose votée ? Les démons de la droite démocratique s'agitent en ces temps obscures où l'on parle de museler la liberté d'expression au nom de principe soi-disant non politique mais religieux, en ces temps noirs où l'enrichissement légitimé des uns ( les quelques uns) est un obstacle à la diffusion culturelle au bénéfice des autres (le peuple). Cher lecteur, si tu ne l'as déjà fait, va signer la pétition de l'Interassociation Archives-Bibliothèques-Documentation qui poursuit son action pour que la société de l'infirmation soit celle d'un accès de tous à l'information et à la culture.

Ça me fera du bien au moral !


6 mars 2006

Le Papa et le patronat

eucharistiemisericor.free.fr.entrepreneurLe pape Benoît XVI a reçu samedi  4 mars 2006 au Vatican une représentation des entrepre- neurs de l'Association italienne des entreprises et des dirigeants chrétiens (ils étaient à ce que l'on dit quelque 8000 chefs d'entreprise chrétiens.

Même que, lors d'une réception organisée dans la salle Paul VI, Sa Sainteté a félicité les entrepreneurs pour "leur esprit positif " et la "confiance en la personne humaine qui les anime".

Tiens ! je croyais qu'un travailleur n'était pas une personne humaine ! J'ai du mal comprendre ce que disait Monsieur Dassault Fils l'autre jour. Faut dire qu'il articulait assez mal !


 

9 mars 2006

Les glaives du commerce et de l'industrie

L'autre jour, préparant un cours prochain où il faut voir ce que peut être l'analyse textuelle, j'ai décidé de travailler deux textes qui parlent contradictoirement du même sujet, l'emploi :

  • Avenue du plein emploi, de Michel Husson & Thomas Coutrot, aux éditions Mille et une nuits (Coll. Les petits libres n°33), paru le 5 déc. 2001 [ISBN: 2842055217 - EAN: 9782842055219 - Broché (format poche), 96 pages]. Ouvrage que Michel Husson propose au téléchargement sur son site : c'est .

  • Emploi: les contresens français - quelques vérités trop simples pour être entendues, publié en juin 2004 par l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie, et accessible sur son site : ici (attention : plus d'un Méga).

Or, pour travailler à l'analyse textuelle, on a le plus souvent besoin de fichiers en format txt ou rtf. Donc je convertis mes fichiers.

acfcip3Quelle ne fut pas ma surprise ! Dans le document de l'ACFCI, les puces, qui, à la page 3, permet- tent d'énumérer les "vérités trop simples pour être entendues", se transforment, dans l'opération de conversion du pdf au rtf, en de petits glaives bleutés.

puceacfci1

...

Un glaive pour dire que la productivité ne tue pas l'emploi !

Je trouve ça plutôt piquant !

Pas toi, fidèle et attentif lecteur ?

Un glaive ? Ou un poignard ? En tout cas, le discours libéral n'aura jamais été si violent qu'en ces temps de malheur !


4 mars 2006

Petite racaille et grande racaille

crotte_de_chienCe matin, revenant de faire mes courses dans le quartier, j'ai encore une fois constaté et déploré la bêtise sociale : des chiens avaient déposé leurs énormes crottes dans le sable d'un petit coin, pardon un petit enclos réservé aux enfants dans une commune où l'on entreprend davantage pour les "aînés" comme ils disent que pour les petits ; bref, des gens stupides ou malveillants, c'est selon, avaient laissé grande ouverte la porte qui, fermée, eût interdit l'entrée des chiens crotteux.
À côté une grille est défoncée...
Qui sont les fauteurs de ces troubles collectifs ? De la racaille, dira ce cher Nicolas Collusionis Rex ?

En tout cas, de la petite racaille vous en conviendrez avec moi.
En tout cas, rien à côté de la grande racaille qui détruit des vies humaines, oui humaines !, pour gagner toujours plus d'argent, pour avoir toujours plus de pouvoir...

france_interHier matin, j'ai entendu sur France Inter quelqu'un qui disait que toute règle sociale est un empêchement économique, ou quelque chose comme ça, avec, en paravent public, l'anathème suprême, que le Baron et Madame Medef ne renieront pas : "le droit tue l'emploi". Les idées - si je peux oser ce mot bien trop philosophique pour la rhétorique de ce monsieur dont la parole parfois était difficilement audible - sont les suivantes, pêle-mêle :

  • un patron qui ne peut pas faire ce qu'il veut quand il veut comment il veut ne peut pas créer d'emploi ;

  • un travailleur ça doit pouvoir se changer sans autre justification que ce que le patron croit bon (sur l'échelle de la productivité, c'est-à-dire du gain de richesse pour le patron) ;

  • un travailleur syndiqué est forcément un tire au flan et un empêcheur de patronat (le patronat étant ce qui crée de l'emploi, ne l'oublions jamais !) ;

  • bon j'arrête ça m'écœure !

Ce matin, avant d'écrire ce mot, j'ai fait un tour sur la toile pour voir ce qu'on disait de cet entretien d'hier sur France Inter. Rapido, j'ai lu le mot que Grebrepuk a publié le 10 décembre 2004...

Décidément, Monsieur Dassault le fils ne changera jamais !


27 février 2006

Les riches heures du patronat CAC40

Dans le NouvelObs de cette semaine (paru jeudi 23 février 2006 - n°2155) on lit, à la rubrique Économie, un article saisissant :


news2155Il pleut des milliards en Bourse
Superprofits :
la France à deux vitesses

Bénéfices record, dividendes en hausse... Comme Total ou les banques, les géants du CAC 40 ploient sous le cash. Un îlot de prospérité insolen- te dans un pays qui se vit en crise et semble ne pas profi- ter de cette richesse. Ques- tions sur un divorce entre une élite mondialisée et une nation où se développe la précarité...


Je te laisse lire la suite de cet assez long article, fidèle et patient lecteur !

Je sais, ce n'est pas nouveau ce grand écart qui se creuse entre les riches et les pauvres de notre bonne République. Je crois bien que je l'ai même toujours entendu... J'ai aussi appris, quand j'étais petit, que ce qui caractérisait les pays du "tiers monde" était précisément de cet ordre là : les uns s'y enrichissent alors que / pendant que / parce que les autres s'y appauvrissent. Ce qui n'est pas sans rappeler le Monopoly. Sauf que, je le répète, au Monopoly, tout y le monde démarre à égalité de biens !

Et, au train où vont les choses,
ça ne risque pas de s'améliorer :
après les riches EURES du patronat européen,
les riches heures du patronat français
et les heures sombres des autres ?

Peut-être pas ! Si l'on en croit l'Institut Montaigne, le "think tank" créé en 2000 par Claude Bébéar, où l'on compte des chefs d'entreprise, des hauts fonctionnaires, des universitaires et des "représentants de la société civile" comme ils disent.

Cet Institut bien pensant a en effet publié mercredi 22 février un rapport intitulé Pauvreté, exclusion : ce que peut faire l'entreprise (Président du groupe de travail : Henri Lachmann) - qui se présente en ces termes :
« Ne faites donc pas comme l’avare, qui perd beaucoup pour ne vouloir rien perdre », avertissait Montaigne. N’est-ce pas justement ce que font bien des entreprises qui rechignent à embaucher des hommes et des femmes victimes de la pauvreté et de l’exclusion, mais parfaitement employables ? Recruter aussi sur ce type de profil, augmenter l’employabilité des intéressés et s’assurer de leur bonne intégration peut pourtant s’avérer rentable. Du point de vue de l’entreprise, lutter contre l’exclusion et la pauvreté relève donc autant de l’intérêt bien compris que de la générosité.
C’est ce que démontre le groupe de travail « Précarité et exclusion » de l’Institut Montaigne qui, après un diagnostic fouillé, formule ici des propositions concrètes s’adressant au décideur public, à qui il incombe de lever certains blocages, mais aussi aux chefs d’entreprises dont les pratiques peuvent et doivent évoluer et les préjugés tomber.

Bref, comme le souligne d'entrée L-AEF, les entreprises ont un intérêt "et donc une légitimité" à s'engager dans la politique nationale visant la cohésion sociale. Il va de leur "intérêt économique" de s'engager dans cette voie...
On a la légitimité qu'on peut.
On se donne la légitimité qu'on veut.

Soyons malgré tout rassurés !


25 février 2006

Les gorilles, eux aussi, connaissent la diversité culturelle !

"La richesse culturelle des gorilles",

scnouvelobsc'est ainsi que s'intitule le message de sciences. nouvelobs.com publié le 21 février, évoquant une étude menée sur plus de 350 gorilles vivant en captivité dans les zoos aux Etats-Unis, étude qui vient étayer l’hypothèse d’une transmission culturelle chez les grands singes.

D’autres travaux sur les grands singes, notamment les chimpanzés, peut-on lire ensuite, ont montré que dans la nature certains groupes développent des outils spécifiques. Le chercheur suisse Carel van Schaik a ainsi observé chez deux groupes d’orangs-outans sauvages séparés par une rivière deux méthodes différentes pour enlever les pépins d’un fruit.

La bonne question, impertinente, est maintenant de savoir si les gorilles pratiques la méthode de la caricature, ou encore de se demander quel écart il y a, culturellement, entre l'épépinage des fruits et cette réalité éminemment culturelle qu'est la caricature (comme constituant de la satire - pamphlet, discours, écrit ou dessin qui attaque les vices et les ridicules de son temps ; forme d'humour cinglant, au scalpel, afin de mettre en évidence un défaut ou de dénoncer une injustice [cf. le glossaire pour rire de l'aleph]).

pince_lingeEt puis, l'épépinage des fruits, ça me rappelle im- manquablement cette chanson des Quatre Barbus, écrite, sur la cinquième de Beethoven "arrangée" par Jacques Tritsch, avec des paroles tordantes de Francis Blanche et Pierre Dac réunis, "la pince à linge", où l'on comprend bien que l'épépinage des fruits est une activité éminemment culturelle... C'était en 1949 ! Voici les paroles :

La pinc' à linge, La pinc' à linge,
La pinc' à ling', La pinc' à ling'
La pinc' à linge, la pin, la pin, la pin, la pin
La pinc' à linge, La pinc' à ling', La pinc' à ling'
La pinc' à linge, la pin, La pinc' à ling'
La pinc' à linge fût inventée en dix-huit cent quatre vingt sept,
Quatr' et trois, par un nommé Jérémie Victor Opdebec, cinq et deux,
Fils de son père et de sa mère
Neveu d'son oncle et de sa tante et petit fils de son grand-pèr'
Frèr' de sa sœur et frèr' de lait d'un marchand d'beurre

La belle histoire déjà quand il était enfant il montrait à tous les passants
Son curieux esprit compétent, Il inventait des appareils
Pour épépiner les groseilles, des muselières pour les fourmis
Et bien qu'il fût encor petit, c'était un mec, Opdebec
C'était un mec, un drôle de mec, un fameux mec
Et de Lu beck jusqu'à la Mecque il n'y avait un si chouette mec,
Jérémie Victor Opdebec.

Dans les champs, près de chez son père,
Le linge blanc dans la brise légère
Semblait lui dire avec le vent "pinc' à linge" "pinc' à linge"
Il faut au linge fin et trop léger
Une pince pour le pincer, pour le pincer, pour le pincer, le pincer
Et dès lors dans sa tête l'obsession qui l'inquiète
"Le pincer", "le pincer", puis un jour, Euréka ! Il avait trouvé.

Prenez deux petits morceaux de bois
Que vous assemblez en croix
Avec un p'tit bout de fil de fer faites un ressort en travers
Vous saississez cet instrument entre votre pouce et votre index
Vous le serrez en appuyant afin qu'il soit bien circonflexe
Enfin vous l'approchez du linge, du linge à faire sécher et vous lachez.

C'est ainsi que Jérémie Victor Opdebec, Opdebec,
Dans un éclair de son génie à su doter
Les lavandières, les blanchisseuses du monde entier
D'un' pinc' à ling', qui protègera la liberté à l'humanité
Pinc' à ling', pinc' à linge, grâce à toi maintenant,
Nos chemisettes, nos chaussettes résistent au vent,
Et nos cal'çons dorénavant répondront présent.

Et l'ouragan peut tonner, l'orage se déchaîner
Nous, grâce à la pince à ling' on est protégé, paré, sauvegardé,
On aura toujours de quoi espérer.
Amis, amis chantons en chœur, la louange et l'honneur
De notre bienfaiteur : Jérémie Victor Opdebec
Jérémie Victor Opdebec,Jérémie Victor Opdebec bec, bec
Bec, bec, bec, bec, bec, bec, bec, bec,
Bec, bec, bec, bec, bec, bec, bec, bec.


14 juin 2006

Des Jardins en Musique

aRtmateuR vous donne rendez-vous le 17 juin 2006 pour une nouvelle promenade artistique.... dans le jardin du Centre Spirituel du Haumont à Mouvaux Lille Métropole.

titre_fond_orangeCette année, la promenade artistique Des Jardins en Musique se compose d'une prome- nade musicale, d'une promenade photographique et d'une promenade théâtrale...

Pour la promenade musicale, à découvrir pour la première fois en France, Viva Fiamma, ensemble belge composé de 2 voix soprano, d'un clavecin et d'un violoncelle baroque. Également , Nicolas Deletaille, violoncelliste belge, et la Lyre Halluinoise, choeur composé de 50 voix d'hommes.

Avec le soutien de Vistorya, Meert, Duvel, Rabot-Dutilleul, Epure, Direct Graphique, l'Espace Juridique, le groupe AFG et la revue Les Pays du Nord.


Pour en savoir plus sur les horaires des représentations ou tout simplement pour recevoir une invitation, n'hésitez pas à visiter le site d'aRtmateuR ...


9 février 2006

OGM & OMC

02_03_____omc_On ne m'enlevera pas de l'idée que les OGM n'existent que pour une histoire de gros sous... une histoire de business... une histoire de commerce ! Sinon, je ne vois pas pourquoi l'OMC aurait condamné les pays de l'Union Européenne qui ne veulent pas en importer.
Lisez le NouvelObs en ligne pour connaître les arguments des uns et des autres. Par exemple celui du représentant américain pour le Commerce, Rob Portman, pour qui la question des OGM est bien du ressort de l'OMC et qui fait la promotion de la biotechnologie, "technologie sûre et bénéfique qui améliore la sécurité alimentaire et aide à réduire la pauvreté dans le monde" - car, c'est bien connu, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté sur la planète sont les deux préoccupations majeures des États-Unis... Ils le prouvent tous les jours que Dieu fait, comme dirait dobeuliou.

Bref, les OGM sont d'abord une histoire de pognon. Mieux : les OGM sont à l'image de l'ultralibéralisme ambiant. Cela mérite attention.

Les OGM, c'est comme le libéralisme : ça contamine par nécessité. Ou, si vous préférez, ça ne peut pas ne pas contaminer. Il suffit qu'un agriculteur cultive des OGM pour nécessairement contaminer les cultures alentour. Une fois qu'on a laissé pousser une seule fois des OGM, on ne peut plus arrêter la prolifération. C'est comme un virus, c'est comme le nucléaire militaire. C'est comme la violence, etc.
ogmC'est comme tout ce qui, par sa simple existence, annihile toute alternative et donne le sentiment d'être "naturel".
C'est tout ce qui, par sa simple existence, s'insti- tue règle du jeu, seule règle possible, exclusive règle.
C'est comme le libéra- lisme, renforcé dans sa prétention de nécessité sans aternative par l'ef- fondrement des régimes communistes. Staline et Mao, je vous hais !

Bref ! Quand on comptera les dégats provoqués par la contamination massive aux OGM, on finira par dire que c'est comme ça et qu'on y peut rien. La planète aura oublié que certains s'en étaient mis ras des fouilles pour faire éclore ainsi une si belle nécessité.


9 février 2006

Hue, Culture ! Oh, Sarkozus

La semaine dernière, Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio, a parlé culture.
Pas culture de la haine et du Kärcher ! Culture, tout simplement !
Et sous le boisseau d'un projet populaire, s'il vous plaît !
Et pour sonner "l'heure du nouveau souffle" !

C'est du moins ce qu'il a dit, ce bon Sarkozus Collusionis Rex, mardi 24 janvier 2006 au théâtre du Palais-Royal. Quand même ! Philippe Ridet en rend compte dans Le Monde (daté du 26 janvier) :

lemonde_060126

Quand on lit le texte du discours prononcé par Sarkozus Collusionis Rex, on voit par exemple que Renaud Donnedieu de Vabres est cité non en tant que ministre mais pour "sa passion et son engagement"... pour la culture ? peut-être ! pour Sarkozus Collusionis Rex, sûrement !

Après quoi le rhétorique politicienne bat son plein... C'est-à-dire que c'est creux mais que tout le vocabulaire est là : pensée unique (rejetée bien sûr), nécessité d'augmenter le budget de la culture, démocratisation de l'accès à la culture, etc.

Sauf quand vient le moment de montrer qu'on est un homme politique, un vrai, un homme politique enraciné dans vie, la vraie, c'est-à-dire la vie libérale, celle qui financiarise tout ce qu'elle touche : "Paris n'est plus la capitale internationale de l'art comme elle l'était du temps de Chagall, Picasso, Kandinsky ou Miró. L'année dernière, 38% du chiffre d'affaires du marché de l'art a été réalisé à Londres contre 5,7% à Paris. Pourtant, les talents existent." Bon ! Si le talent se mesure à l'aune du marché, alors, comme chanteurs ou compositeurs ou acteurs, mes copains ne valent même pas un chapelet de pêts de nonne ! Tous ces gens, autour de moi, qui vivent - qui vivent vraiment et mal - de la création et de la production culturelle... Si le talent se mesure à l'aune du marché, alors TF1 est en situation de "mieux disant culturel" par rapport à Arte, par exemple. Et Jean-Michel Jarre par rapport à un Pascal Dusapin ou un Nicolas Bacri voire un Olivier Messiaen... Il est vrai que le talent fut d'abord une monnaie. Mais c'était il y a longtemps ! C'était au temps du regretté Caius Maecenas, ce ministre de l'empereur Auguste, qui se servait de son crédit pour encourager et protéger artistes et poètes... 

Bref, comme dit notre homme (Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio pas Caius Maecenus !) : "Cessons de croire qu'en matière culturelle, les déclarations d'intention suffisent" !
Et en matière politique ?


5 février 2006

La Ligue ODEBI publie un communiqué

Le 3 février 2006

Considérant la transparence comme une condition nécessaire au débat démocratique, la Ligue ODEBI a décidé de publier le point d'étape du ministère de la culture.

dadvsi_060131La Ligue dénonce ce document, qui démontre - si besoin était - l'allégeance du ministère de Donnedieu aux lobbies des industries culturelles. La Ligue dénonce quelques points particuliers, notamment la non prise en compte par le ministre des décisions de justice ainsi que la tactique systématique de désinformation publique sur ce dossier.

Pour finir les internautes en ont assez de recevoir des "leçons" d'un ministère qui est de connivence avec les industries culturelles, d'un rapporteur condamné pour avoir tenu des propos homophobes, et d'un ministre condamné pour blanchiment.
La Ligue demande le retrait de l'urgence, la prise en compte des intérêts des électeurs, et la démission du ministre Donnedieu.

Pour lire le document du ministère, cliquez sur l'image de ce message.


6 février 2006

Au secours, l'horizon s'obscurcit !

Ce soir au JT, on a eu droit à plusieurs formes d'obscurantisme. Je n'en retiendrai que deux : obscurantisme économique et obscurantisme religieux - qui, à bien regarder, ne sont pas si différents que cela.

obscurantismeccD'abord la promotion des jeux d'argent avec l'exhibition du gagnant de quelque 61 millions et l'encouragement de quelques millions d'imbéciles à balancer le peu de fric qu'ils gagnent péniblement dans les poches du plus grand marchand-truand légalisé de rêve, je veux dire l'État, via "La Française des Jeux" (si je suis bien renseigné, l'État est actionnaire majoritaire de la Française des Jeux, qui bénéficie d'un statut de monopole assuré par la Loi)...
Les pauvres, on - les services sociaux, par exemple - leur donne des leçons de bonne gestion budgétaire pour leur apprendre à gérer leur pauvreté et dans le même temps on - La Française des Jeux = l'État + quelques autres actionnaires - les incite à croire qu'ils pourront être riches s'ils ont la chance d'acheter le bon billet de loterie ou la bonne carte à gratter. On les invite à imaginer qu'ils seront riches s'ils ont de la chance alors que les riches sont riches, eux, parce qu'ils l'ont mérité ! Ce n'est pas dit comme ça, mais ça se subodore ainsi... Toujours cette culpabilisation a priori des gens d'en bas... on n'en sortira jamais de cet obscurantisme-ci !

Ensuite ces images du grand retour de l'obscurantisme religieuxcroisades

  • où la violence symbolique fournit les arguments de la manipulation des foules - qui deviennent du coup physiquement violentes contre l'Autre, s'attaquant matériellement aux symboles de cet Autre, présenté comme l'incarnation de Satan...

  • où la maltraitance physique, écono- mique et psychologique d'une popu- lation entière, pour des prétendues raisons de protection contre le terrorisme, conduit à l'exacerbation des forces terrorisantes de cette population qui n'aspire au fond d'elle-même qu'à la paix mais chez elle...

  • manusdominioù la volonté de puissance économi- que conduit à d'in- justes et cruelles croisades pour quel que Dieu que ce soit et en quel que siècle que cela advienne... Toujours cette ma- nipulation sans ver- gogne des gens d'en bas... on n'en sortira jamais de cet obscurantisme-là !

t_9782869596894Et si on relisait tous ce bon Érasme ?

Sa plainte de la paix date un peu ?
Il est vrai qu'on ne saurait le suivre jusque dans son antisémitisme d'un autre siècle.
Mais pour le reste, la plainte est d'aujourd'hui et nous ne l'entendrons jamais assez.


4 février 2006

Égalité distinguée

lilleplus060202


Intéressantes, ces photos de la nouvelle préfète pour l'égalité des chances du Nord ! Non ?

Elles proviennent des éditions du 2 février de Lille Plus (Voix du Nord), ci-dessus, et de 20 Minutes (éd.Lille), ci-dessous.

Intéressantes, parce qu'on nous présente une personne chargée de lutter contre les discriminations en habits d'apparat, c'est-à-dire dans le costume qui marque le mieux sa distinction...

En tout cas, bienvenue à Madame Klein !

20__060202


1 février 2006

L'école et la peste publicitaire

rapL'intrusion publicitaire dans les établissements scolaires - une réalité de plus en plus perceptible - est en corrélation avec la volonté de certains de privatiser progressivement l'enseignement.
Les associations Appel Pour une École Démocratique (APED) et Résistance à l'Agression Publicitaire (RAP) organisent, en partenariat avec l'asbl Bouillon de Cultures, une conférence-débat avec Nico Hirtt et Bernard Legros intitulée « L'école et la peste publicitaire ».
Enseignant militant à l'APED, le premier est également l'auteur de plusieurs essais sur les dangers de privatisation du système éducatif. Le second est enseignant et en charge des questions publicitaires relatives à l'école au sein de RAP.
Cette conférence-débat aura lieu le mardi 21 février 2006 à 19 h 30 à l'asbl Bouillon de Cultures, rue Philomène, 41 à Schaerbeek.

À rapprocher du premier message (9 oct.2005) du blog d'ellenika,  qui disait ceci :

  • ÉDUCATION ET ENTREPRENEURSHIP :
         UNE RENCONTRE IMPOSSIBLE ?

L'union européenne favorise au niveau de ses pays membres, un dispositif "esprit d'entreprise" : actions de sensibilisation, formation des enseignants , colloque , concours ... ; elle oeuvre pour développer le goût d'entreprendre.
C'est notamment avec la définition de la "stratégie de Lisbonne" (2000) que ce projet action trouve diverses applications dont l'ampleur et les effets varient selon les pays européens.
En France, quelques organisations entendent participer favorablement à ce mouvement tandis que ce même projet soulève des vives critiques de la part de syndicats "enseignant" ou d'associations.
Apprendre à entreprendre n'apparait pas a priori une nouveauté. Depuis des décennies, l'État par le biais de Ministère encourage la création de JEUNES créateurs d'entreprise : concours "jeunes talents", defi Jeunes, Initiative régionale soutenue par le Conseil. Rien ne semble innovant ... et pourtant, au-delà du contenu "anodin" de l'enseignement à l'esprit d'entreprise, ce qui semble cristalliser la critique est l'instruction du modèle "capitaliste" chez les enfants (dès le primaire) et jeunes.
Alors, s'agit-il d'un relookage de vieilles recettes usitées ou d'un bouleversement fondamental des missions de l'Éducation Nationale ?
Le débat n'est pas clos !


30 janvier 2006

L'esprit d'entreprise s'enseigne-t-il ?

Il y a quelques messages, dans ma série "De l'esprit d'entreprise", je demandais si cet esprit-là s'enseignait. ath_platPosant cette insidieuse question, mon cortex réactivait mes souvenirs de lecture d'apprenti philosophe découvrant les dialogues de ce bon Platon, notamment celui (le Ménon) où Socrate l'insidieux travaillait cette belle question : "la vertu est-elle à même d'être enseignée"...
Fidèle à la méthode socratesque, méthode de la prudence philosophique, j'avais commencé par tenter d'éclaircir ce dont on parle quand on dit "esprit d'entreprise"...

E-sérendipité oblige, je suis tombé sur un blog dont le sujet semble être ce fameux esprit d'entreprise, notamment dans ses dimensions éducatives et pédagogiques : je veux parler du blog d'ellenika, à moins qu'il faille écrire Ελληνικά - ce qui nous rapproche de Socrate et Platon. Ce blog s'ouvre avec ces mots :

ellenikaPeut-on former à « l'esprit d'entreprise » ? Depuis 20 ans, l'U.E. soutient des projets favorisant l'esprit d'entreprise (le goût d'entreprendre) dans les établissements d'enseignement. Est-ce une remise en cause des fonctions ordinaires de l'Éducation Nationale ? Quels sont la signification et les enjeux d'un tel projet ? Ce sont là les quelques questions posées dans la thèse de doctorat en sciences de l'éducation.

Ouvert en octobre dernier, ce blog, muet depuis le 2 décembre, est prometteur. Ce serait sympa qu'Ελληνικά se présente plus avant et nous livre ses réflexions éclairantes...


19 janvier 2006

Modernité et lisibilité sont les deux mamelles de la logorrhée politique

dominique_villepinAvez-vous écoutez Monsieur De et Madame Medef ? ou simplement lu la transcription de leurs propos publics ?
Moi oui !
Le premier en appelle à la modernité ! Il s'agit de rien moins que de « faire entrer le marché du travail français dans la modernité », c'est-à-dire d'intégrer dans le droit du travail, pour lutter contre le chômage des jeunes, le « contrat premier licenciement », comme dit si bien Le Canard enchaîné d'hier...
h_4_ill_669469_gamma_789155_3311La seconde en appelle à la lisibilité, c'est-à-dire - curieux raccourci, n'est-il pas ? - à la nécessité de « mettre en cause le concept de durée légale du travail ».
D'ailleurs, pratiquant une synthèse bienvenue ici, n'avait-elle pas affirmé, en d'autres temps, que « la modernité et la liberté de penser s'arrêtent là où commence le droit du travail » (cf. un ancien billet sur ce blog) ?

nathalie_croiset__le_reve_de_l_escalier_Faut-il vraiment que je développe ?
Pour dire qu'il est des mots qui ne veulent rien dire.
Pour dire qu'il est des mots qu'on utilise à contre-sens.
Pour dire qu'il est des mots qu'on utilise pour manipuler l'intelligence des citoyens et brouiller leur clairvoyance.

Photo ci-contre : Le rêve de l'escalier,
             sculpture de Nathalie Croiset


18 décembre 2004

L'amour, la guerre... la bière, les frites ! (suite)

     


 
 
 

Voilà, la fête de présentation du disque a eu lieu hier soir, avec musique bien sûr, mais aussi garlouzettes, bières et frites. Il y avait les chanteurs de La Chapelle des Flandres, mais aussi les enfants d'une école roubaisienne, des roubaignos pur jus, un chanteur populaire, un metteur en images...
 
 
Maintenant le disque est dans les bacs : vous savez ce qui vous reste à faire.
 
 

D'autant plus que c'est bientôt Noël !
 
 

 

  Petit panorama de presse régionale
:
 
 

 
... et si vous trouvez d'autres éléments,
merci de me les communiquer !

 
   


 
 
 
 



 
 
 

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