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BRICH59
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13 janvier 2006

Péché originel : au placard !

p_ch__originel__d_tails_Je n'ai jamais trop cru à l'histoire du péché originel tel que la Bible nous le narre... Mais je crois dur comme fer au péché congénital de la bibliothéconomie !
Le péché originel de la documentation et de la bibliothèque, c'est que ces services sont trop souvent et systématiquement pensés par les hiérarchies comme des placards plus ou moins sympathiques. Avant que ne se généralise la formation initiale diplômante dans ces filières, c'est bien dans ces services qu'on mettait les incapables qu'on ne peut virer purement et simplement, les recyclés d'office. Combien de documentations d'établissements scolaires ont été animées par des enseignants qui avaient perdu la compétence didactique et le goût de la relation pédagogique ! Ce qui bien sûr est absurde eu égard aux compétences attendues des documentalistes... Ceci dit, nombre de services documentation sont nés ainsi, parce qu'il fallait caser un(e) "incapable", parce qu'il fallait trouver un placard. C'est l'impact positif du péché originel... si tant est que les gens se sont formés aux techniques documentaires ensuite ! Bref, reste que nous, documentalistes, bibliothécaires, avons tous été témoins un jour ou l'autre des dégâts causés par ce péché originel de la bibliothèque-documentation.
On pourrait penser que le développement de l'offre de formation qualifiante dans notre secteur montre que le péché originel est périmé et interdise ce type de pratique de placardisation documentaire ou bibliothécaire ! Eh bien non ! Pas dans la grande muette ! lemondeRegardez cette histoire des deux adjudants qui, si l'on en croit Le Monde paru ce soir (en bas de la page 11), « viennent d'assigner leur commandant de groupement en justice pour "harcèlement moral". S'estimant "placardisés depuis des mois", "affectés à des tâches ridicules et sans rapport avec leur qualification", "isolés du reste du service" [...] ». Je passe sur leur triste histoire. Mais devinez comment s'est concrétisée la placardisation de l'un des deux sous-officiers... Dans le mille ! On l'a mis à la bibliothèque ! Si si : pour le punir on lui a proposé un poste de bibliothécaire...

Sans commentaire et le doigt sur la couture du pantalon ?


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30 juin 2006

Formations pour les professionnels de l'information et de la documentation

adbs2007Le catalogue 2007 des formations ADBS est en ligne sur le site de l'association. Il s'enrichit d'une quinzaine de thématiques nouvelles et d'une formule de suivi personnalisé prolongeant les actions de formation.

Vous pouvez prendre connaissances de ces nouveautés ici.

Mais vous pouvez aussi contacter directement vos correspondants ADBS Formation dans les délégations régionales de l'association. Auprès de votre correspondant ADBS Formation régional, vous pourrez discuter certes de l'offre de formation catalogue. Vous pourrez également tout à loisir construire une offre de formation  taillée sur mesure...
Pour la délégation Nord, c'est exactement .


4 juin 2006

Mort, où sont tes victoires ?

mortmusikLa semaine dernière, on m'a passé la nouvelle, la trop triste nouvelle. Une de mes collègues est décédée, rongée par le crabe. Elle était jeune encore. Elle avait l'âge de mes plus grands enfants, ou à peine plus âgée... J'ai appris aussi qu'une autre collègue avait voulu se donner la mort. Elle a mon âge ou presque...

Pourquoi toute cette mort, si tant près de moi ?

La mort me fait horreur. Je ne suis qu'un mécréant. J'ai toujours refusé de croire à la vie après la mort. Toujours refusé de gober béatement cette énormité qui consiste à dire qu'une chose peut être son contraire strict. Je ne connais qu'une vie, celle qui est coincée entre naissance et trépas. Même si les chants qui appellent une vie après la mort, une vie dans la mort, une vie-mort, même si tous les chants religieux qui implorent ou louent l'au-delà ou l'ailleurs sont trop souvent d'une incroyable beauté humaine, trop humaine. La musique m'accroche à l'idée du divin. Juste la musique, seulement la musique. Surtout la musique chorale. Chœurs des anges et harmonie des sphères...
orphvaseSeule la musique peut dom- pter la mort, apaiser la peur de la mort. Orphée a vaincu la mort, sa propre mort, au moins par deux fois. Mais il n'a su empêcher la seconde mort d'Eurydice : après avoir effacé la première mort de son aimée, il n'a su apaiser son propre désir, il n'a pu surseoir à l'étreinte amoureu- se... Mais sa mort à lui, Orphée l'a bel et bien dom- ptée : son corps démembré chante encore avec la lyre et arrête la mort qui ravageait la Thrace son pays...

Il est des musiques humaines. Elles chantent les passions, pleurent la mort, s'extasient du bonheur, calment les souffrances. Tenez, le Requiem de ce bon Mozart : un chef-d'œuvre d'apaisement des sentiments de crainte devant la mort. Dans cette musique, c'est bien l'homme qui chante, crie, s'insurge puis accepte la paix.
De l'autre côté, il est des musiques divines, qui chantent l'harmonie de ce qui est, dessinent la grande architecture cosmique. Écoutez : vous verrez la grande harmonie du temps qui ne passe pas. Regardez : vous entendrez l'agencement du mobile cosmique. La
Messe en si du grand Bach ne s'écoute pas seulement. Ou plutôt, s'écoutant, elle se déploie en une grande architecture totale, mouvement de l'immuable en même temps qu'immobilité du mouvant.
Si Dieu existe, il est là, dans cette contradiction-là, contraction vitale que seules la musique et la poésie sont capables d'exhiber. La poésie et la musique tiennent à la fois l'espace et le temps et peuvent ainsi "jouer" la contradiction essentielle, contraction humaine-divine...

Mort, où sont tes victoires ?
La seul victoire que je te reconnaisse :
nous contraindre à la consolation !


28 mai 2006

Les Français aiment les réformes [or l'IFOP aime Nicolas] donc les Français aiment Nicolas...

Lecture du sondage IFOP du 23 mai 2006...

« En dépit des récents mouvements sociaux puis du retrait du Contrat Première Embauche, les Français, à travers la dernière enquête IFOP / Acteurs Publics démontrent, de manière peut-être inattendue, leur attachement aux réformes. »

Nous voilà prévenus.

ifopIl y a démonstration que les Français veulent des réformes ! On dit que les Français sont « frileux », ne veulent aucun « changement profond » légitimité plébiscitaire ? C'est faux et l'IFOP vous le « démontre » : l'« idée de réforme » a même une « légitimité plébiscitaire » ! Et si l'IFOP le dit comme ça, c'est que c'est comme ça ! L'équipe de l'institut de sondage ne loue-t-elle pas, avec  toute la fermeté requise, « l'indépendance d'esprit et l'objectivité indispensables à l'analyse des opinions et des comporte- ments » qui sont les siennes ?

En effet, il y a un consensus extraordinaire autour de cette idée et surtout autour de celle d'une urgence à réformer ! Et quand je dis consensus, c'est qu'il y a vraiment consensus : quel que soit la situation socio-professionnel, quelle que soit l'inclinaison politique, ils sont plus de 9 français sur 10 ! Formidable ! Magnifique ! Les politiques vont enfin pouvoir travailler, en appui sur une opinion qui ne demande que ça !

Le problème, ici, c'est qu'on n'est pas fichu de savoir quel « chan- gement », quelle « réforme », quelle « évolution », quelle « modernisa- tion » veulent ces français si consensuels ! Tout juste si on connaît les « thématiques » : les sondés étaient « invités à désigner parmi quatre thématiques », à savoir Droit du travail, Éducation Nationale, Justice et Institutions de la Vème République. Fort bien ! Mais de quoi parle-t-on ici ?

Les meilleurs dictionnaires donnent pour 'réforme' la définition suivante : « Modification effectuée dans un but d'amélioration » (Trésor de la Langue Française Informatisé). Soit, mais il faut d'abord préciser que 'réforme' se distingue de 'révolution' en ce que la modification en question s'opère dans le respect des règles en vigueur. Ce qui donnerait, toujours selon le TLFI, à l'entrée 'réforme' : « correction, changement profond, transformation, par des moyens conformes aux règles existantes, de quelque chose en vue de le réorganiser, d'améliorer son fonctionnement, ses résultats ». Soit, mais alors il importe de savoir exactement la « nature du changement », la teneur positive de l'amélioration, etc.

Au lieu de nous éclairer là-dessus, l'IFOP nous propose un classement de quelques personnalités politiques bien en vue du point de vue de leur « capacité à incarner le changement ou la rupture » aux yeux des Français. Il s'agit de François Bayrou, Marie-George Buffet, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Alain Juppé, Jack Lang, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn et Dominique de Villepin. Ce sont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal qui « s’avèrent les deux figures qui incarnent le plus la réforme aux yeux des Français et personnifient ainsi le renouvellement »...

sarkozy1Que dire d'un tel sondage ?
Que peut-il nous apprendre ?
Rien !

Si ce n'est que Nicolas Sarkozy est le chouchou de l'IFOP : le détail de ce qui se veut une analyse des résultats du son- dage est systématiquement é- noncé en sa faveur. La baisse de deux points entre juillet 2004 et mai 2006 est considé- rée comme une stabilité (76 = 78 selon l'IFOP), là où la haus- se de 10 points de Ségolène Royal est considérée comme quasi anodine, en tant que hausse...

Tu vas dire que je chipote, fidèle lecteur !

Sauf que je ne vois pas l'intérêt de ce sondage en dehors de cette opération de marketing politique ! L'UMP, après ses manœuvres délic- tueuses (?) de e-marketing, adopte des solutions moins frontales, plus sournoises... L'avantage de ce sondage et surtout de l'analyse qui en est présentée à la presse est qu'on sait maintenant pour qui roule Laurence Parisot, présidente du l'IFOP [depuis 1990, elle dirige l'institut de sondages IFOP, dont elle détient 75% du capital] et du MEDEF... Devrai-je l'appeler Laurence collusionis regina ? Ou bien est-ce tout simplement ainsi que la présidente du MEDEF compte « réenchanter le monde » ?

Allez, un petit jeu-concours :

  • quelles sont les différentes « casquettes » de Laurence Parisot ?
  • en quoi mériterait-elle le surmon de Collusionis Regina ?

26 mai 2006

Instituer un service civique obligatoire

boutinMadame Boutin nous étonnera toujours...
Cette députée UMP de la 10ème circonscription des Yvelines, mais bien connue de tous les citoyens, a déposé, avec plusieurs de ses collègues, une propo- sition de loi (la n° 3028) instituant un service civique obligatoire, qui comprendrait une formation à la citoyenneté et serait consacré à des missions d'intérêt général. Il porterait sur une période de trois à douze mois, pour toute personne de 18 à 35 ans, au moment de son choix...

Au moment où l'instance suprême de la République, la Présidence, grâcie, ou plutôt amnistie Monsieur Guy Drut, grand sportif d'un jour mais grand chiraquien de toujours (ce qui constitue en soi une mission d'intérêt chiraquiennement général), je trouve ça plutôt bien venu !

Comme point de départ sur une formation à la citoyenneté, on devrait prendre ce cas et tenter de répondre à cette question : lorsque le garant de la Constitution applique la loi est-il systématiquement légitime dans son action ?


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24 mai 2006

Mais que fait la police !?!

rapport_annuel_2006_120_100pixAmnesty International a rendu son rapport 2006, c'est-à-dire son rapport sur l'état des droits de l'home dans le monde en 2005...

Il y aurait quelques raisons d'espérer...

d_p_cheafpSauf peut-être au pays de Nicolas Collusionis Rex : Etat d’urgence, Brutalités policières impunies, Racisme et discrimination, Mesures de lutte contre le terrorisme, Atteintes aux droit d’asile, Absence de recours internes effectifs...
ça fait beaucoup pour le pays des droits de l'homme, mais si peu pour le pays du pourfendeur des "droits-de-l'hommistes"...

Allez Nicolas, encore un effort !

Tenez, Nicolas, pour vous encourager, et en plus de la dépêche AFP ci-contre (reprise de Métro), voici trois pages du rapport droit-de-l'hommiste, rien que pour vous.


24 décembre 2005

Joyeux NOËL !

Ainsi l'industrie musicale n'est pas contente !
Les députés ont adopté, mercredi 21 décembre, deux amendements permettant la légalisation des échanges de fichiers sur Internet. Du coup, ceux qui font leur beurre sur la tartine de l'industrie musicale râlent...

J'ai deux questions :

  • qu'est-ce que ça fait, en fait, que les députés aient adopté ces deux amendements ?

  • c'est quoi l'industrie musicale ?

trombonneOui, qu'est-ce que ça fait, en fait, que les députés aient adopté ces deux amendements ? Trois remarques, ici. Tout d'abord, ça fait longtemps que je ne crois plus au Père Noël et pourtant j'aime voir les enfants recevoir leurs cadeaux de Noël... Je ne crois plus à la sympathie des grands industriels et de leurs laquets politiques et pourtant je me réjouis du vote du 21 décembre ! Ne nous faisons pas d'illusion béate : le gouvernement va reprendre sa copie de plus belle et les députés gaudillots vont tous être là le jour J pour établir le droit de cuissage de l'industrie sur la création et l'expression artistiques...

Certes, il y aura la difficulté de la preuve. Quand la CNIL dit qu'il sera difficile de prouver que l'auteur de la contrefaçon est également le titulaire de l'abonnement à internet, je crois qu'il faut l'entendre et s'attendre, du coup, à du répressif hyper-musclé. Quand le droit n'est pas clair, la force vient souvent cacher l'obscur !

Et puis, enfin, on pourrait se dire que le gouvernement et son ministre de la Culture feraient mieux de prendre correctement en main le dossier de l'indemnisation des intermittents ! Car la version provisoire du nouveau protocole d'indemnisation, reprennant en grande partie celui de 2003, n'est vraiment pas du tout satisfaisant pour les artistes et du monde culturel en général. Là l'industrie musicale ne s'émeut pas !

Mais c'est quoi l'industrie musicale ?

distributionJe me souviens de l'article qu'Edgar Morin avait publié dans Le Monde à l'époque de Salut Les Copains pour montrer comment se mettait en place une industrie culturelle naissante... L'intérêt de cet article est certainement de nous ouvrir les yeux sur la réalité de la Culture dans le monde libéral, capitaliste et industriel... Relisez-le ! Ou alors allez au cinéma et, attendant la projection de Narnia, visionnant la bande annonce de Bambi2 ... et les publicités MacDo ou Kellogg's qui suivent, ayez le courage de poser la question : on fête quoi, là ? Un nouveau grand dessin animé réalisé à partir d'une œuvre de la littérature pour la jeunesse, une œuvre d'art qui propose de reprendre le fil de superbe dessin animé de Bambi - qui nous a tous charmé un jour - ou bien les hamburgers de l'horrible MacDonald et les céréales américaines ? On fête quoi ? des œuvres culturelles ou des "produits dérivés" ?

D'autre part, il semble que se mène ici un combat de sourds : il n'y a aucune corrélation entre la copie et la vente des CD... S'il y en a une, elle va dans le sens opposé de ce que craignent les magnats de l'industrie (les gens qui écoutent de la musique sur le Net, on envie d'acheter) ! Alors c'est quoi le problème ? On nous dit qu'une trentaine d'artistes (Vincent Delerm, Corneille, Johnny Hallyday, etc.) ont signé un texte commun pour préciser que le fait qu'ils se soient "opposés aux sanctions prises contre les internautes ayant téléchargé illégalement de la musique sur Internet"  ne signifiait "en aucun cas" qu'ils étaient "favorables à un système de licence globale". "Au contraire, nous estimons qu'elle menace la création et la liberté des artistes", précisent-ils dans un communiqué.

Ils sont où les artistes ?

Parce que, ceux que je connais, moi, c'est pas Delerm ou Johnny. Ceux que je connais, moi, ils ont un talent et un professionnalisme fous et pourtant l'industrie culturelle les ignore ! Ces artistes que je connais et que je vois créer et interpéter, ils font du spectacle vivant, pas de la mise en boîte de musique comme on mettrait en boîte des sardines à l'huile. Et que je sache, le problème de la contrefaçon ne se pose pas dans le spectacle vivant - sauf à se rendre compte, lors d'un concert, que le succès industriel de tel ou tel artiste est usurpé et ne correspond pas à ce qu'on attend d'un artiste, précisément...

L'art et la culture n'habitent pas primordialement l'industrie culturelle ! En tout cas, ils n'en sont pas l'apanage !

Alors qu'on nous lâche les basques avec ces histoires de copies contrefaçons piratages... Et qu'on ne nous dise pas encore et encore que la lutte contre la copie est finalisée par la volonté déterminée à faire respecter le droit d'auteur, "conquête de la Révolution française". Rien n'aurait-il changé en de deux siècles ? Et puis, d'autre part, Virgin aurait-il si bruyamment, si effrontément, si scandaleusement manifesté dans le lieu sacré de la République si le but ultime et principal de cette affaire était le droit des auteurs ?

Les vrais pirates, les authentiques spolieurs ne sont pas ceux qu'on dit !

Par rapport à la culture (vivante, humaine, réelle, etc.), l'industrie culturelle est de l'ordre de l'épiphénomène. Le problème est que, dans notre monde capitalistico-libéral, l'épiphénoménal, quand il est d'ordre économique, finit par dicter sa propre loi au réel, à l'humain... !
J'ai lu un jour quelque part que vivre pour obéir aux impératifs économiques n'était que survivre. Alors

J O Y E U X    N O Ë L
et bonne survie !

Pauvres de nous ! ! ! ! !


22 mai 2006

Swinging generation

_users_francklarere_desktop_mai_2006_doc_com_cdf_2006_web.chapelledesflandres_1Concert de lancement du chœur de jeunes Biscantor!

 

Jeudi 25 mai 2006
à 20H30
au Temple,
27 rue des Arts
à Roubaix

Au programme :

  • Free, voyage afro-vocal du jazz au gospel
  • L’ami baudichon, messe de Josquin Desprez

Entrée libre

Ca bouge chez les jeunes ! Biscantor!, chœur de jeunes 18-28 ans créé en automne 2005 par Maurice Bourbon, est déjà en passe de naviguer sur les sommets de l’art polyphonique, mêlant à ses programmes musiques actuelles rythmiques et musiques savantes, avec la double direction très décapante du binôme Nadège RomerMaurice Bourbon.

Concert organisé dans les cadre des Voix éclatées.
Atelier initiation chant avec Nadège Romer de 17H30 à 18H30 (réservation au 03 20 73 18 94)


19 décembre 2005

La Nativité - La Vierge à l'Enfant

noct_22decSpectacle vocal
de Maurice Bourbon

avec le chœur
Cœli et Terra

jeudi 22 décembre 2005

au Palais des Beaux Arts
de Lille

Sur un fil musical continu d'une heure (œuvres du XVI° au XXI° siècles), à la découverte des acoustiques naturelles du Palais des Beaux Arts de Lille.

[cliquez sur l'image pour l'agrandir]

De 18h30 à 19h30 et de 19h30 à 20h30 : interventions dans les salles d'exposition et dans l'atrium.

De 20h30 à 21h30 : concert spatialisé "sur un fil" dans la galerie d'accueil.

Une production de l'association La Chapelle des Flandres.

ATTENTION : nombre de places limité -> venez à l'heure !


13 mai 2006

N'oubliez pas les Nymphes des bois !

C'est ce mardi 16 mai à 20h30
à La Condition Publique
à Roubaix...

Nous en avons déjà parlé !

ndbwebtrac


NB : pour les réservations, ce n'est pas
au n° indiqué sur le "webflyer" ci-dessus,
mais plutôt auprès de La Condition Publique,
du mardi au samedi de 12H30 à 18H30
(03 28 33 48 22)

Les chanteurs de Cœli et Terra, les comédiens de la Compagnie Coquelicot et Casilda Rodriguez (accordéon) vous attendent de pied ferme pour vous faire savourer le spectacle conçu par Maurice Bourbon et Philippe Jacquier.


13 mai 2006

Refuser l' "immigration jetable"

TOU(TE)S UNI(E)S CONTRE UNE IMMIGRATION JETABLE

logo_jetable1Ce samedi 13 mai 2006
à partir de 15h00
Paris, République

Pétition contre ce projet de loi



Apres le CNE et le CPE, le gouvernement poursuit sa marche forcée vers la précarisation et l'inégalité des chances.
C'est le tour des étrangers. Des rafles massives à la couleur de la peau se multiplient partout en France ; une circulaire scandaleuse du 21 février dernier sur les conditions d'interpellation detaille les moyens de piéger les sans-papiers. Une loi sur la validité du mariage multiplie les obstacles aux mariages entre Français et etrangers. Le ministre de l'in- térieur ne craint pas d'épouser les propos xénophobes de l'extrême droite stigmatisant les migrants.
Le terrain est ainsi préparé pour faire passer ce nouveau projet de loi « relatif à l'immigration et à l'intégration ».
Derrière l'« immigration utile » se cache une conception archaïque de l'humanité selon laquelle certains êtres humains sont, par nature, les outils des autres.
Derrière l'« immigration subie », se cache l'idee que ces êtres humains n'ont pas de droits par eux-mêmes, que leur vie familiale, leur vie privee, leurs besoins de protection sont négligeables s'ils ne sont pas utiles à la prospérité de la France.

Si ce projet de loi était accepté :

  • la France deviendra un pays où les étrangers qualifiés de « subis » se verront refuser le droit à mener une vie familiale normale et au respect de la vie privée ;
  • la France deviendra un pays où les étrangers seront des outils de la prospérité nationale sélectionnés selon leurs compétences ou selon les besoins à court terme de l'économie et jetables apres usage ;
  • les sans-papiers seront condamnés à la clandestinité à vie, puisque le projet de loi supprime la régularisation des sans-papiers au bout de dix ans de présence en France ;
  • le travailleur migrant jetable sera souvent au mieux en situation marginale au regard droit du travail, au pire exclu ;
  • l'accès au sejour dépendra du bon vouloir du préfet ;
  • l'accès à un titre de sejour de longue durée, condition de l'intégration, sera soumis a des conditions inaccessibles en situation instable.

Comme le CPE,
ce projet de loi enfreint les droits fondamentaux et les principes constitutionnels, ouvrant la voie à un projet de société précaire pour tous.
Il doit être retiré.

POUR LE RETRAIT DU PROJET DE LOI SUR L'IMMIGRATION

pour en savoir plus :
http://www.gisti.org/doc/actions/2006/ceseda/uni_com_04-25.html

6 mai 2006

La Chapelle des Flandres, cuvée 2006

cdf2006

LA CHAPELLE DES FLANDRES
Chant polyphonique

La Chapelle des Flandres promeut l'art du chant polyphonique à haut niveau, du franco-flamand aux musiques actuelles, du concert classique aux spectacles innovants.

CRÉATION 2006

Rituels mécaniques

  • "Missa ex machina", de Maurice Bourbon
  • "Laine Mémoire", spectacle vidéo théâtral

Cœli et Terra, les ex-salariés du peignage Tossée

Lundi 1er mai, 16h00
Roubaix, église St Joseph


Nymphes des Bois, conte polyphonique

Cœli et Terra, Cie Coquelicot, C.Rodriguez

Mardi 16 mai, 20h30
Roubaix, La Condition Publique
(14 place Faidherbe)


Swinging Generation

  • "Free", voyage afro-vocal du jazz au gospel
  • "L'ami Baudichon", messe de Josquin Desprez

Biscantor!, chœur régional de jeunes

Jeudi 25 mai, 20h30
Roubaix, Temple protestant
(27 rue des Arts)


Josquin & Venise

  • Messes "Mater Patris" et "Di Dadi" de Josquin Desprez

Métamorphoses, ensemble vocal

Vendredi 23 juin, 20h
Hem, Chapelle Ste Thérèse
(14 rue de Croix)



5 mai 2006

Le Beffroi, 2006, 12

beffroisLe Beffroi, n° 12 de mars 2006, « Enseigner les questions sensibles dans une société en évolution »

Les 14 et 15 décembre 2005 s’est tenu un séminaire national à Paris sur le thème : "Comment dire ? Comment faire ? Quelles pratiques pour enseigner des questions sensibles dans une société en évolution ?" Ce séminaire, ouvert à de nombreuses disciplines, comportait des interventions d’universitaires ainsi que de nombreuses réflexions sur la pratique enseignante. C’est le problème choisi ce mois-ci pour servir de fil conducteur à ce nouveau numéro du Beffroi.

Signalés par François Jarraud le 25 avril dernier, deux liens, dont celui qui conduit au n°12 du Beffroi qui donne les textes des intervenants, mais aussi celui qui mène à un compte-rendu du séminaire.

Les candidats au CAPES documentation de cette année pourront utilement considérer ces textes comme des compléments utiles au travail du thème du dossier documentaire...


10 décembre 2005

Les petits-bourgeois collabos

Dans la série "Et si on essayait de comprendre ce qui se passe !", je voudrais vous faire connaître un petit bouquin fort utile à ceux qui, comme moi, veulent comprendre au-delà des apparences... Il s'agit de l'ouvrage d'Alain Accardo, Le petit-bourgeois gentilhomme. La moyennisation de la société, publié par les Éditions Labor et les Éditions Espace de liberté, à Bruxelles en 2003.

accardoPrésentation en quatrième de couverture :

L'ordre social repose sur un rapport de causalité circulaire entre structures objectives de la société et structures subjectives des individus. Alain Accardo invite les progressistes à s'interroger sur la part qu'ils prennent à la reproduction de cet ordre qu'en principe ils combattent. Cet ordre étant établi à la fois à l'extérieur et à l'intérieur de chacun, il ne suffit pas de décréter qu'on le refuse pour rompre avec lui: on ne peut en effet changer le monde sans se changer soi-même, d'autant qu'aujourd'hui les valeurs de repli de la classe moyenne tendent à devenir dominantes.

Il y a un passage de cet ouvrage, qui propose un condensé de la démarche de l'auteur. Je me permets de citer. C'est aux pages 56-59. Cet extrait montre assez bien la mécanique qui rend nombre d'entre les petits bourgeois complices malgré eux (?) du libéralisme destructeur d'humanité. Des comme ça, j'en côtoie pas mal, au boulot notamment. Et je peux vous dire que ce que décrit Accardo est criant de réalisme ! Et permet de comprendre pas mal de comportements de gens...


Si, aujourd’hui comme hier, des millions d’êtres humains de par le monde, spécialement dans les pays pauvres mais aussi dans nos sociétés apparemment libres et opulentes, sont exploités, opprimés, humiliés, condamnés à l’enfer sur la terre, à qui, à quoi doivent-ils ces souffrances et ces indignités ? Oui, bien sûr, fondamentalement, à la logique inhumaine de l’économie capitaliste. Mais les logiques objectives des structures économiques et sociales ne s’accomplissent pas toutes seules. Il leur faut nécessairement se matérialiser dans des appareils et s’incarner dans des agents en chair et en os dont le nombre ne se réduit pas aux minorités de grands possédants qui se partagent les richesses de la planète. Que serait la logique du grand capital sans l’intervention zélée, compétente et convaincue de ces myriades d’auxiliaires salariés qui, à des échelons divers, encadrent, dirigent, surveillent, contrôlent, entretiennent, expertisent, conseillent et optimisent le fonctionnement de la mécanique à broyer de l’humain, contribuant ainsi à la « banalisation du mal » dont parlait Hannah Arendt.
Certes, toutes ces femmes et tous ces hommes ne sont pas des tortionnaires sadiques ni des bourreaux de leurs semblables. Du moins n’en ont-ils ni l’intention ni le goût. Ils s’efforcent seulement de bien faire le travail don: ils vivent et qui est censé servir au bien de tous. Et pourtant, sans leur concours consciencieux, les rouages de la mécanique se gripperaient instantanément et les grands rapaces du capitalisme seraient réduits à l’impuissance, les ailes rognées. Mais la conscience professionnelle dont les auxiliaires du système font preuve est une conscience à courte vue. Leurs propres investissements dans le champ de leur activité spécifique (la gestion, la communication, la sécurité, la santé, le travail social, la recherche, l’éducation, l’information. etc.) font écran aux solidarités et aux responsabilités qui implique leur appartenance à un champ plus vaste, à des collectivités plus étendues, liées par des intérêts plus fondamentaux. Obnubilés par les objectifs oui leur sont assignés dans et par l’entreprise (publique ou privée), ils travaillent l’œil rivé sur leurs écrans, leurs chiffres, leurs courbes, leurs états des stocks et des personnels, leurs bilans d’activité, leurs règlements internes, leurs tableaux d’avancement et leurs perspectives de carrière, sans s’inquiéter de quelles compromissions morales, ni de quels dégâts matériels, ni de quelles souffrances humaines seront payées à terme leurs performances organisationnelles, technologiques et commerciales.
Pourtant, à la différence de ce qui se passait avant le développement de l’information ubiquitaire, on ne peut plus se retrancher aujourd’hui dans l’asile de l’ignorance, en disant « Hélas, je ne savais pas », comme gémissaient naguère encore des millions d’hommes et de femmes qui avaient prêté la main aux forfaits les plus abominables perpétrés par les régimes fascistes et autres totalitarismes. Aujourd’hui, on sait. Pas tout, mais l’essentiel en tout cas suffisamment pour ne plus pouvoir se permettre de jouer les innocents qui tombent des nues quand on les prend la main dans le sac.  On   sait   ce   qu’est « l’horreur économique », on sait quelles catastrophes elle provoque, jour après jour, sur la planète; on sait à quoi servent la Bourse, les marchés financiers, la Banque mondiale, le FMI, l’OMC, le G7 et autres institutions du système capitaliste qui orchestrent la mondialisation, gouvernent les gouvernements et imposent, pour le plus grand profit des grands investisseurs, des politiques criminelles qui font du monde terraqué une poubelle physique et un cloaque moral où des millions d’êtres humains sont condamnés à croupir de la naissance à la mort. On sait que RIEN, rigoureusement rien, rien de naturel, rien de rationnel, rien d’universel, ne justifie les inégalités monstrueuses de l’ordre établi mondialement. On sait enfin que le système ne fonctionne pas tout seul et que s’il tue beaucoup de monde, il fait vivre aussi pas mal de gens à qui il donne de la besogne et, au-delà, une raison d’être.
Les classes moyennes savent tout cela, mais c’est un savoir sans conséquences, un savoir qui reste inerte dans la pratique, parce que s’il était agissant, il ferait voler en éclats le confort intellectuel et moral qu’elles s’efforcent de préserver jalousement, comme le savent d’expérience tous ceux, trop peu nombreux, qui ont vraiment regardé la réa¬lité en face et s’en sont trouvés définitivement bouleversés.
À vrai dire, les petits-bourgeois de chez nous ont bien du mal à conserver leur sérénité devant le spectacle du monde tel qu’il va. Outre qu’ils ne sont ni aveugles ni sourds à tout ce qui se passe, ils sont souvent atteints eux-mêmes par les méfaits du système et rendus par là plus attentifs à l’existence de ses innombrables victimes. C’en est assez pour leur donner un commencement de mauvaise conscience, qui peut chez certains dégénérer en malaise profond et entraîner des remises en question radicales et des perturbations profondes de leur existence, pour le plus grand profit des marchands de thérapie et d’orviétan qui prospèrent aujourd’hui sur le marché du mal-être petit-bourgeois. Mais dans leur grande majorité ils parviennent à se protéger des effets les plus destructeurs grâce à tout un travail d’euphémisation idéologique et de rationalisation de la réalité qui a pour résultat d’anesthésier véritablement leur entendement et leur sensibilité, et de les empêcher de mesurer à quel point la malfaisance du système est encore au-delà de tout ce qu’on peut en dire.
La transfiguration de la réalité quotidienne est un travail qui requiert évidemment la participation de chaque individu concerné, mais ce travail serait impossible - ou guère efficace - s’il n’était puissamment orchestré par l’ensemble des institutions qui le soutiennent de leurs appareils matériels et idéologiques. Nous avons déjà souligné un peu plus haut le rôle joué dans la construction du consensus par certaines de ces institutions productrices de sens telles que les médias, l’école, les partis. En fait, il faudrait en l’occurrence évoquer non pas seulement les institutions mais plus largement tout ce qui fait la culture propre des classes moyennes dont ces institutions sont à la fois des effets et des causes, des piliers et des expressions, des ateliers de fabrication et des vitrines d’exposition
.


3 mai 2006

Le représentant du peuple et le ministre

Il y a quelque malaise à entendre un énarque né dans les années cinquante rabaisser le caquet d'un autre énarque du même âge, quand bien même le premier est premier ministre par la volonté d'un seul homme porté au pouvoir par un peuple qui ne l'a pas choisi et le second représente le second parti politique du pays, parti politique grâce auquel le Président de la République a été élu...
060504lemondeIl y a malaise à entendre le premier reprocher au second de n'avoir pas d'expérience de gouver- nement, alors qu'il n'a lui- même que cela.

Le second a raison : laissons la justice faire son travail.
Quant à moi, j'ajouterai : lisons Le Monde de ce soir.

Et nous verrons les conclusions que l'exécutif et son sbir attitré - et qui n'a jamais été dépositaire d'aucun mandat populaire - en tirent...


5 décembre 2005

Libéralisme & Simplicisme

Je ne lis pas le Figaro, parce que je sais ce que je vais y lire.
Et que ça ne m'intéresse pas de lire et relire les mêmes morales libérales...
Reste que j'aurais dû lire l'édition du 27 octobre dernier : la pensée-tronçonneuse du libéralisme s'y est étalée dans son plus simple appareil, le simplicisme.
C'est l'excellente Lettre de l'Observatoire des inégalités qui a attiré mon attention. Je cite :

figaro_logo_mDevenez compétents !

"Les salariés savent qu’ils n’auront pas le même emploi tout au long de leur vie et que la sécurité passe désormais par le développement des compétences et pas par l’assistance". Telle est la doctrine que David Brunkett, ex-Ministre britannique du travail et des retraites, a défendue, dans les pages du Figaro (27 octobre 2005), en préalable au Sommet de Hampton Court où fut abordée la question du modèle social européen. Dans la vie, il y aurait donc deux catégories de gens : les compétents et les assistés.

No comment ?


2 décembre 2005

Égalité pour tous

lavoixnLa Voix du Nord d'aujourd'hui porte en haut de sa une le titre suivant :

Villepin défend l'égalité pour tous

Avec en sur-titre :

Des mesures pour répondre à la crise des banlieues.

Bien sûr ce message m'interpelle et plusieurs questions viennent spontanément à mon esprit fragile :

  1. contre qui défend-il "l'égalité pour tous" ?

  2. c'est quoi l'égalité aujourd'hui, s'il faut défendre "l'égalité pour tous" ?

  3. pourquoi la défense de "l'égalité pour tous" est-elle une réponse à la crise des banlieues ?

Compliqué, non ?
Si vous avez les réponses, merci de les communiquer en comentaires de ce message.


2 mai 2006

Belles de Mai à Tourcoing

Un message de Véronique Chabot


cueeptcgJe suis heureuse de vous annoncer la 9ème édition des Belles de Mai, manifestation culturelle du centre de Tourcoing, qui comme tous les ans, nous permet de présenter les diverses activités culturelles proposées dans le centre et de mettre en débat le pourquoi de leur existence dans nos actions de formation. Ce moment est très important pour les adultes en formation chez nous notamment ceux qui, tout au long de l'année, se sont investis dans nos ateliers culturels, mais aussi pour les artistes et partenaires qui se sont engagés auprès de nous et les équipes de formateurs et de permanents du centre.
Votre présence parmi nous à cette occasion représente une des rares occasions pour échanger autour de cette action dans un climat de créativité, de convivialité et de découverte.
Nous comptons donc sur votre présence les mardi 23 et mercredi 24 mai toute la journée.
Vous recevrez d'ici début mai, un programme complet de ces deux jours.

Je vous invite aussi à noter, les journées citoyennes du centre de Sallaumines, temps fort également pour le centre, organisé autour de rencontres, de présentation de productions d'ateliers, de débats, de projections de films..le programme là aussi se construit. Ces journées auront lieu les 28, 29 et 30 juin sur le thème "Voyage, voyages".

V é r o n i q u e     C H A B O T
Responsable des actions culturelles du CUEEP


6 avril 2006

D'abord sans a priori, maintenant sans tabou !

villepin1Bravo Dominique !

Je trouve qu'il faut un certain cou- rage pour avouer ses fautes en politique : Monsieur le Premier Ministre reconnaît être allé trop vite ! Sauf que, comme disait Madame Palmier, ma maîtresse de CM1 (c'était à l'école communale de la rue des Bois, Paris XIXème, au milieu des années soixante), "vite et bien ne vont pas ensemble".
Mais, plaide notre Premier Ministre, c'est "simplement parce que je veux des résultats pour les Français et surtout pour les jeunes" ! Remarquons simplement que, s'il est un lieu où la fin ne saurait a priori justifier les moyens, c'est bien le droit social ! Et c'est, si j'ai bien compris, ce que semble vouloir dire un morceau de la loi du 4 mai dernier (sur le ... dialogue social !). C'est, si j'ai encore bien compris, ce que semble vouloir rappeler ce bon Nicolas Collusionis Rex !

villepinimg_9574Bref ! Passons pour cette fois - qui risque de lui coûter son job à notre Premier Ministre ! Sur fond de mea culpa, il est quand même content : "nous nous sommes attaqués, dit-il, au nœud des difficultés françaises : le chômage des jeunes. [...] "Ce problème a été enfin ouvert, il ne pourra plus être refermé"...
Quoi ? Je rêve ! Mais il avait quel âge en 1982, ce Dominique ? Moi, j'étais déjà au boulot, la vingtaine finissante, et je me souviens très bien que Pierre Mauroy avait "ouvert" le "problème", comme dit Galouzeau, notamment en commandant un rapport sur la question à un certain Bertrand Schwartz... Je ne vais tout de même pas avoir l'outrecuidance de donner une leçon d'histoire contemporaine à Monsieur notre Premier Ministre ! Mais quand même, j'ai la vague impression qu'il enfonce des portes ouvertes !
Pourquoi n'avoue-t-il pas carrément qu'il a voulu traiter le problème de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes par une soumission aux valeurs les plus ultralibérales ? Pourquoi n'a-t-il pas tout simplement avoué qu'il avait un a priori ultralibéral sur la question ?

villepin3Pourquoi ?

Parce que c'est tabou de mettre en avant l'ultralibéralisme - avatar moderne de l'esclavagisme antique ! Il faut s'appeler Monsieur Figaro (Serge Dassault) pour oser prétendre qu'un salarié ça doit pouvoir se jeter au bon vouloir du patron, tout simplement parce que le patron a a priori raison, puisque c'est lui qui a le fric (éventuellement d'ailleurs le fric des subventions  publques et autres aides indirectes ou directes !)... Galouzeau, lui, tente de rester dans les clous du langage politique éthiquement correct...

Mais, comme la meilleure défense c'est l'attaque, comme la meilleure façon de ne pas être accusé de commettre les forfaits qu'on commet c'est d'en accuser l'autre, voilà-t-y pas que notre Premier Ministre, après avoir réclamé un dialogue sans a priori, demande maintenant un dialogue sans tabou !

Sans tabou ?
Sans tabou ??
Sans aucun tabou ????
Vraiment ? Mais alors, on se met d'accord sur les sujets à ne pas aborder, sur les sujets tabous hors desquels on discutera sans tabou ! Parce que, si mon expérience sociale et professionnelle ne me trompe pas, "sans tabou", ça veut exactement dire "à l'intérieur d'invisibles limites fixées a priori"...

Vraiment !
Pourquoi faut-il toujours
qu'ils nous prennent pour des demeurés !


21 juin 2006

Le rossignol et les chouettes

victor_hugoVictor Hugo était un poète plutôt rebelle à la musique et aux musiciens, mais prompt à voler au secours des belles dames - du moins à ce que disait son secrétaire, Richard Lesclide...

Un jour, il inscrivit sur l'album d'une "charmante musicienne" qui se plaignait d'avoir été mal reçue par les bourgeoises du faubourg :

Un rossignol rendait visite à des chouettes,
Et quand il s'en allait - notez ceci, poètes -,
Ces monstres s'écriaient : « Quel vilain animal !
Comme il est ennuyeux et comme il chante mal ! »


Bonne fête à toutes les musiciennes

et à tous les musiciens !

Bonne fête la musique !

Vive la musique, vive la musique qui échappe à l'emprise économique de ceux qui ont fait voté une mauvaise loi culturelle de non partage de la création !
Vive la musique des amateurs !
Vive la musique des professionnels qui ne veulent que partager l'émotion esthétique !


Et n'oubliez pas que La Chapelle des Flandres

vous régale ce soir et après-demain !


4 avril 2006

Laurence Parisot ... OK ?

parisot__photo_tina_merandon_Ainsi la Présidente du MEDEF est d'accord avec le Parti Socialiste !
Si si ! Vois plutôt, fidèle lecteur : Laurence Parisot a avoué au Journal du Dimanchejdd que le CPE est "trop discriminatoire vis-à- vis des jeunes".
J'avoue que j'ai du mal à comprendre...

À moins que ce soit comme quand le Président de la République promulgue une loi qu'il interdit d'appliquer !

Ou alors quand il parle avec fougue du dialogue social et indique lui-même, a priori, c'est-à-dire avant tout dialogue social, les corrections à apporter à la loi qu'il promulgue tout en interdisant son application !

OK ?

zorro2Ou encore quand Nicolas Collusionis Rex est, en tant que second ministre, très solidaire du chef du gouvernement et qu'il lui pique la place, en tant que chef du parti de gouvernement, en bon Zorro souriant de la Nation qu'il est (mais attention citoyen, tous les dictateurs sans exception se sont présentés d'abord comme des Zorros !)...

OK ?

Ou alors quand un patron UMP (non ! pas Nicolas Collusionis Rex, mais un petit Zorro, un militant UMP [lemonde1le militant n°561462, à croire Le Monde de jeudi daté du 31 mars] qui est par ailleurs chef d'entreprise) voit dans le CPE le complément bienvenu "d'une formation qui n'est pas adaptée au monde du travail"... Ce qui doit être, aux yeux de ce Monsieur, un argument très fort pour imposer la précarisation de la jeunesse travailleuse ! Il ne doit pas écouter Laurence Parisot celui-là ! C'est vrai que, quand on s'auto-institue épigone de Nicolas Collusionis Rex, on n'a besoin d'écouter personne d'autre !

OK ?


17 octobre 2005

Impertinence et réenchantement...

medef_univ_t_1Il y a quelques semaines, Madame Parisot du MEDEF disait vouloir réenchanter le monde. C'était lors de son Université d'été à Jouy-en-Josas. Et nous nous devons d'y attacher de l'importance, car, disait la dame en ouverture, "l’Université d’été du MEDEF crée un métissage des genres et un brassage des idées unique en France. Elle traduit ainsi l’intérêt et l’implication des entrepreneurs dans les enjeux de notre société, leur soif de comprendre, leur ambition de faire évoluer les choses." Soit.

Le devoir du MEDEF, dit-elle ensuite, est "aussi de s’ouvrir toujours plus à la société civile et de dialoguer avec tous ses acteurs sans esprit partisan, sans parti pris ni défiance, sans autre idéologie que celle de l’action et de la réussite. La réconciliation de la France et de l’entreprise est notre espoir et notre but, l’art de convaincre en sera le moyen."

Là, juste deux remarques impertinentes, pour vérifier si j'ai bien compris et questionner plus avant :

  1. société civile ? Tiens ! Je croyais que les entreprises et leurs chefs faisaient partie de la société civile ? Étonnant, non ! Pour moi, dans ma petite tête, 'civil', ça s'oppose à 'militaire' d'abord, puis plus récemment à 'politique' au sens de celui qui fait une "carrière politique". Or, dans la mesure où, sauf par artifice de type littéraire ou religieux, on ne peut "s'ouvrir" qu'à ce qui est hors de soi, comment le MEDEF pourrait-il s'ouvrir à ce dont il fait partie ? Cela voudrait-il dire que le MEDEF se considère comme une partie à part de la société civile ? Question : en quoi le MEDEF est-il à part de la société civile dont pourtant il fait partie de droit ?

  2. sans esprit partisan, sans parti pris ni défiance, sans autre idéologie que celle de l’action et de la réussite ? Ah ! Ainsi donc , si j'en crois Madame Parisot, le MEDEF, c'est-à-dire les employeurs réunis, n'aurait pas de point de vue sur le monde, sur le monde économique, sur le monde du travail ! Pour moi, dans ma petite tête, le partisan, c'est celui qui manifeste son appui à une équipe sportive par exemple, ou alors quelqu'un qui roule pour une idée (partisan du libéralisme, par exemple) ; parti-pris, ajoute l'idée que le partisan a une pensée qui fonctionne exclusivement sur des a priori, c'est-à-dire sans aucune prise en compte de l'expérience des choses, sans possibilité de mise en question des a priori, une pensée de partisan refermée sur elle-même, sur ces certitudes (l'acception comptable de 'parti-pris' va plus loin : le parti-pris produit de la falsification) ; sans défiance, je le cromprends comme une insistance : la défiance serait ce qui caractérise le comportement du partisan qui a du parti-pris systématique et se méfie de tout le reste - que de toutes façons il ne veut pas prendre en compte sauf que le reste s'impose à la vue etc. (par ailleurs, je me demande pourquoi Madame Parisot dit ici 'défiance' alors qu'on attendrait plutôt, en français commun, 'méfiance' ; peut-être pour la consonance avec 'défi', mot qui relève d'une idéologie du battant et de la battante ?)   
    Bon ! jusque-là, rien que d'habituel dans le discours de ceux qui ont le pouvoir réel (à distinguer du pouvoir nominal, qui serait celui du corps politique [?]) mais font comme s'ils étaient ouverts à la discussion même si, en dernier ressort, c'est eux qui décident. Après vient le problème de
    sans autre idéologie que celle de l’action et de la réussite : ça, c'est le genre de bout de phrase qui me fait bondir, pour la mauvaise foi et le jésuitisme qui s'y déploient en douce !   
    Première question bête : alors ça veut dire que les autres (ceux qui ne font pas partie de la corporation des employeurs réunis) prôneraient une idéologie de l'inaction et de l'échec ? Bon !   
    Passons à la seconde question : ça veut dire quoi exactement "idéologie de l'action et de la réussite" ? J'attends les explications de Madame Parisot, et on en reparle (j'ai déjà plein de choses à dire mais je préfère attendre d'être bien renseigné !)...

Mais revenons pour l'heure au réenchantement du monde.
J'ai juste un petit problème de compréhension : comment la "patronne des patron(ne)s", comment la porte-parole de la corporation des employeurs réunis peut-elle, sans pouffer rire, dire qu'elle veut réenchanter le monde alors qu'elle et ses ressortissants font tout ce qui est en leur pouvoir réel pour payer le moins possible l'heure travaillée par les autres qu'eux ? Je suspecte là comme une impertinence (au sens où il n'y a pas de pertinence, dans un premier temps) dans les propos de Madame Parisot. Car ne peut-on penser que si les salaires étaient plus dignes, la pauvreté ne serait pas ce qu'elle est et le monde serait un peu moins désenchanté ? Et comme je ne crois pas que la porte-parole de la corporation des employeurs réunis manque de logique à ce point, je pose la question autrement : n'y aurait-il pas dans les propos du MEDEF une réelle impertinence, mais, cette fois-ci, au sens où le MEDEF se moque de nous ?

Ce lundi 17 octobre, journée du refus de la misère, je crois qu'il était utile de rappeler ces propos du MEDEF, qui n'en prennent que plus de relief et ... d' impertinence !


24 mars 2006

Vive la précarité !

Il fallait s'y attendre ! L'excellente idée de donner un statut légal à la précarisation fait son chemin : CNE, CPE ... maintenant le BHE !

unpi3Le BHE, "bail d'habitation à l'essai", ce serait un nouveau type de contrat de location, dit « à l'essai » - selon les termes duquel le propriétaire pourrait virer son locataire dès les 9e et 21e mois du bail, avec un préavis de 3 mois ; et ce n'est qu'à l'issue d'une durée de deux ans que cette location serait transformée en bail de droit commun...

Monsieur le premier ministre a ouvert la boîte de Pandore en rendant légalement possible le processus de précarisation des vies humaines. La déplorable politique logement des gouvernements français depuis trop longtemps et cette nouvelle posture idéologique du gouvernement actuel trouve leur aboutissement commun dans cette proposition de l'UNPI, Union nationale de la propriété immobilière (voyez ci-dessus l'une des images fortes de leur charte graphique sur http://www.unpi.org), présidée par un certain Jean Perrin.

Bien sûr, et heureusement, ça a immédiatement râlé dans les associations et chez les élus. Et la meilleure, c'est que notre libéral gouvernement est contre, lui aussi ! Après avoir manifesté son opposition dès fin septembre 2005, lors de la dernière AG de l'UNPI à Dijon, il s'est fendu d'un communiqué la semaine dernière (le 16 mars, très exactement) pour dénoncer cette proposition de l'UNPI, la qualifiant de "tout à fait illégale et inacceptable".
Merci Monsieur Borloo !

On regarde le CPE maintenant ?


23 mars 2006

Apriorité

060323_moyAinsi notre premier ministre veut bien "engager toutes les discussions nécessaires" avec les partenaires sociaux, mais "sans a priori" ! Le Monde l'écrit dans sa livraison datée d'aujourd'hui : "Devant les députés, le premier ministre a affirmé vouloir "avancer avec les partenaires sociaux sans a priori" ".

Et bien, moi, je le trouve gonflé mon premier ministre de réclamer qu'on discute sans a priori, alors que son idée de CPE est bien une idée a priori. Cette idée de CPE, en effet, repose sur un principe au sens fort du terme, une sorte d'archétype d'une pensée libérale idéologiquement très chargée et très marquée. Elle est a priori parce qu'elle n'a que faire d'être expimentée avant que d'être promulguée : elle fonctionne à merveille dans un certain type de rapports sociaux et cela suffit à la mettre en avant.
[PS. de 8h53 - Ce que confirme Nicolas collusionis rex, qui, réclamant dans Paris-Match d'aujourd'hui une "expérimentation", avoue qu'on est bien jusqu'à présent dans l'a priori le plus ferme ! Le seul problème dans cet aveu c'est qu'en même temps qu'il avoue l'apriorité, Nicolas collusionis rex évoque l'idée de "bonne foi" ! Aïe !]

Et puis notre demandeur de discussion sans a priori a beau jeu : c'est quoi le point de départ de tout ça ?
Parce que 'a priori' ça veut dire en quelque sorte "à partir du point de départ". Mais alors qui fixe le point de départ ? Qui assigne à tel ou tel cran de la discussion, à tel ou tel temps du fil des événements le statut de "point de départ", de "niveau premier" ?
Notre ministre considère bien sûr que c'est l'existence légale du CPE qui fait point de départ, alors que la majorité des citoyens remet en cause cette existence même et veut que la discussion démarre en deça, c'est-à-dire veut engager la discussion à ce point de départ qu'est la question de l'insertion professionnelle des moins de vingt-six ans, avant que toute décision soit prise !
Bref, comme trop souvent en politique, on cause on cause mais on ne s'est pas mis d'accord que ce sur quoi on parle ! Employant les mêmes mots, les protagonistes visent des réalités différentes. Ce qui fait notre joie en poésie, fait notre perte en politique ! Malheur de nous, êtres de paroles !

En fait, je conseillerais bien à mon premier ministre de travailler à l'explicitation de ses propres a priori, des a priori sur lesquels son idée de CPE est assise...
Peut-être un mauvais moment à passer, au début, mais, après, a posteriori, quel soulagement !


22 mars 2006

Légalité et légitimité

lemonde060322Selon le patron des députés UMP, il faut tenir, rapporte Le Monde daté d'aujourd'hui.
L'argument suprême est le suivant :

La rue ne peut pas aller contre la loi.

Voici donc la relève intellectuellement musclée et philosophiquement étayée du fameux "j'entends aussi ceux qui ne sont pas dans la rue" - qui avait l'inconvénient de metter l'accent sur d'éventuels problèmes d'audition du gouvernement...

Je me souviens encore de mon bon prof de philosophie en terminale au Lycée Henri Bergson (Paris, XIXe) - c'était en 1971/72, hier ! C'était Monsieur Rodier, petit-fils de Georges (auteur du recueil d'études de philosophie grecque de 1926), rédacteur occasionnel d'article pour ce journal qui berça mes années lycée-fac, je veux parler de Combat,  un superprof qui n'était pas loin de la retraite et qui a dû rejoindre le panthéon des professeurs philosophes depuis... C'est lui qui m'a appris cette incomparable qualité intellectuelle qui permet de toujours mettre en cause, de sans cesse questionner les certitudes les plus établies...

Je me souviens d'une discussion notamment où il nous avait magistralement fait comprendre qu'il pouvait y avoir un fossé, voire un conflit entre le légal et le légitime, que le légal pouvait très bien être complétement illégitime, etc.

Dommage que Monsieur Accoyer n'ait pas connu mon prof de philo ! Il ne dirait pas que le peuple rassemblé dans la rue ne peut contester ce que le corps législatif a établi dans l'enceinte trop étanche des cabinets de groupes parlementaires qui ne doivent leur place qu'au refus citoyen du fascisme à la française.
Dommage que Monsieur Accoyer n'ait pas connu mon prof de philo ! Il ne proférerait pas de telles inepsies !


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