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BRICH59
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10 janvier 2012

Le Figaro fait rire ;-(

lefigaro_coverCommentaires de comptoir, à la volée :

  • (ventre gauche) le premier sinistre ferait mieux de faire le job pour lequel les Français le rémunère (diriger l'exécutif - dont le chef suprême avait me semble-t-il dit que tous ses membres devaient travailler à leur job sans relâche ?)

  • (édito) la bonne résolution ne devrait pas s'adresser à l'Europe, mais au staff français et à son leader minimo !


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23 septembre 2009

Famille et Droits de l'humain

LOGOPETITMessage de l'Union des familles :

En décidant de conserver aux mères salariées les deux années de durée d´assurance vieillesse que leur confère chaque enfant, le gouvernement a pris une bonne décision. Les 25 000 familles qui ont signé la pétition mise en ligne par l´Union des Familles en Europe ne diront pas le contraire.
Mais l´argument invoqué par M. DARCOS ne tiendra pas la distance. Il considère que les hommes et les femmes ont de telles disparités de carrière professionnelle qu´il faut les « compenser » pour les mères par des avantages spécifiques. Cet argument, déjà soutenu devant les tribunaux, a été jugé insuffisant. Or, il y a un argument bien plus robuste à faire savoir.
Notre système d´assurance vieillesse est contributif : cela signifie que les droits ne sont pas attribués par charité mais en contrepartie d´une contribution. Qu´il y a-t-il de plus contributif que de préparer la retraite des actifs de sa génération en donnant naissance à ceux qui la paieront ?
C´est là le seul fondement robuste aux majorations de durée d´assurance des mères. Les raisonnements de la Cour de Cassation et du Conseil d´État auraient été bien différents si ce point de vue avait été défendu devant eux. Il importe à l´avenir de soutenir cet argument, particulièrement devant la Commission de Bruxelles qui envisage de remettre en cause les majorations des mères fonctionnaires et qui va entendre prochainement M Woerth à ce sujet.
Restons donc mobilisés !

On croit rêver en entendant de tels propos, notamment l'argument dit robuste : les mères sont méritantes parce qu'elles offrent à la nation des futurs payeurs de cotisations de retraite, celle de leur mère notamment. Bel argument que voilà ! Cette vision économique de la parentalité maternité est pour le moins réductrice et contestable : moi qui suis père de quatre enfants, je peux vous jurer qu'à aucun moment de l'imaginaire du couple de la mère il n'a été question de cela.
Et pourquoi dois-je barrer 'couple' pour écrire 'mère', ou barrer 'parentalité' pour écrire 'maternité'?
Y-a quelque chose qui cloche là-dedans ! Saint Marie, mère de Dieu, toujours vierge, mater dolorosa, femme sacrifiée pour le bien supérieur, priez pour elle (pour l'Union des familles) ! À moins que ces chères dames ne décident de faire leur bébé tout seules, comme chantait Goldman dans les années quatre-vingt ?

La famille comme indécrottable lieu de mise à mal des droits de l'humain...


4 juin 2008

C'est une maison...

Dimanche dernier, il y avait braderie dans un quartier de Lambersart... J'ai déambulé à la recherche du bouquin magnifique, de l'ouvrage nécessaire épuisé... J'ai trouvé un tract - que voici :

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Méfions-nous de l'eau qui dort... La vigilance est de rigueur contre tout ce qui peut porter activement et passivement atteinte aux droits de l'humain.
C'est ainsi que je suis allé sur le site d'un des groupuscules mentionés par les jeunes  [http://www.jirijsel.com/ ou http://jirijsel.hautetfort.com/], où la page d'accueil est édifiante. On y parle du "bloc" [souvenir du Vlaams block (Bloc flamand) belge changé en Vlaams Belang (Intérêt flamand) parce que le groupe d'extrême-droite fut interdit par la justice belge?] qui doit se former contre l'étranger ou plutôt contre les "bandes ethniques" etc. Tout ça pue la haine de l'humain - avec pratique l'amalgame entre les dégâts causés par le capitalisme et la présence de non-français et de français d'origine étrangère. Tout cela sent la barbarie de triste mémoire...
Méfions-nous de l'eau qui dort... La vigilance est de rigueur contre tout ce qui peut porter activement et passivement atteinte aux droits de l'humain. On en parle sur Indymedia. Même que ça a fait un peu de foin... Peu importe le foin : méfiez-vous de l'eau qui dort... La vigilance est de rigueur contre tout ce qui peut porter activement et passivement atteinte aux droits de l'humain.


21 janvier 2020

Songs & Anthems, un concert de musique vocale à Lille

concert

L'ensemble Sul Fiato vous propose un voyage musical en compagnie de Henry Purcell, Thomas Tallis, Williams Byrd et Thomas Morley, samedi 8 février à 20h. en l'église anglicane de Lille (rue Lydéric)

Les chanteurs seront accompagnés par Françoise Weeger (viole de gambe), Olivier Labé (théorbe) et Benjamin Straehli (orgue).

Direction : Frédéric Loquet.

Au plaisir de vous y retrouver.

20 avril 2017

Un éclairage sur les articulations dynamiques entre deux pans de la pensée de P.Otlet

« Novam evolvere humanitatem - Meliorem exaltare civilisationem - Altiores cum rebus jungere ideas - Opus maximum instruere mundaneum »[1]. C'est sur ces quatre impératifs que se referme le Traité de la documentation. Le livre sur le livre (1934).

couvMais le Traité n'est pas près de se refermer vraiment. Tout d'abord, énonçant méticuleusement les ambitions qui sont encore les nôtres aujourd'hui, son texte travaille encore, nous travaille, nous les professionnels de l'information et de la documentation. Il nous porte et nous interroge à la fois, plus de quatre-vingt ans après sa publication aux Éditions Mundaneum, sises au Palais Mondial, à Bruxelles. Ensuite, le Traité n'est que l'une des pièces du puzzle, une pièce importante certes, mais en laquelle on ne saurait résumer l'œuvre de Paul Otlet. Le « grand œuvre », ce n'est ni le Traité de la documentation ni l'Essai d'universalisme intitulé tout simplement Monde (1935). Ce sont les deux à la fois, et encore davantage. Ces deux grands traités et tous les « petits » écrits d'Otlet[2] pointent ensemble vers un espoir fou mais tenace, une sorte d'utopie régulatrice. L'utopie, écrit Paul Otlet, « est comme une hypothèse au sujet des rapports mutuels existant entre les choses, une hypothèse scientifique à vérifier expérimentalement et qui, vraie ou fausse, impose une direction et un programme aux recherches qui resteraient autrement fragmentaires [...]. Quand nous aurons des laboratoires consacrés à l'invention sociale, comme nous en avons pour l'invention technique, nous progresserons à pas de géants. »[3]

Pour schématiser, disons que l'utopie d'Otlet est comme fondée sur deux axiomes : 1.les hommes doivent pouvoir s'entendre entre eux et vivre en paix au-delà des nations ; 2.la connaissance totale est possible qui aidera les hommes à dépasser l'émiettement du savoir. De là à faire de Paul Otlet un platonisant prônant le rôle fondamental de la connaissance universelle partagée dans l'élaboration et le maintien de la paix entre les hommes, il n'y a qu'un pas - qu'on aurait tort de ne pas franchir. Reste qu'il n'est pas si aisé de repérer les sources où Otlet s'est abreuvé tout au long de sa vie. On saura gré à Paul Ghils de jeter quelques lueurs et de proposer quelques pistes dans sa propre contribution à l'ouvrage qu'il dirige[4].

Ceci dit, la force de Paul Otlet tient semble-t-il non seulement dans cette ténacité utopiste mais aussi dans un syncrétisme riche et puissant qui, précisément, rend difficile l'identification des sources philosophiques. Paul Otlet a su mettre au service de son utopie la somme de la réflexion humaine disponible au début du XXe siècle. Il porte en lui comme l'air du temps intellectuel et scientifique, de la plus Haute antiquité à ses contemporains immédiats.

Nul ne saurait, sans forfanterie, prétendre embrasser l'œuvre de Paul Otlet, tant le spectre de son activité fut large. La plus grande part de cette activité renvoie à des événements et à des situations de sa jeunesse. On peut en effet légitimement se demander si, par exemple, les propriétés familiales de l'île du Levant puis, surtout, de Westende n'ont pas déclenché le regard architectural et urbanistique de Paul Otlet. On pourrait évoquer aussi ses heures de bibliothèque en tant qu'élève, ou encore son appartenance à une famille industrielle d'une grande puissance coloniale. Plus globalement, Paul Otlet porte sur le monde un regard élargi : rien ne semble lui échapper, qu'il s'agisse de l'industrie, des bureaux, des associations, de la technologie, de l'éducation, des bibliothèques, de la presse, de la photographie et de l'image en général, de l'urbanisme, etc. Toute la littérature produite depuis quelques décennies invite à approcher quelques pans de l'activité de Paul Otlet. L'ouvrage dirigé par Paul Ghils présente le grand intérêt de laisser voir les articulations dynamiques entre deux de ces pans, constitutifs de cette « double utopie » qu'évoque le sous-titre : la « connaissance totale » et la « cité mondiale ».

Les professionnels de l'information et de la documentation connaissent a priori la première, ou du moins les éléments qui devaient en constituer les conditions de possibilités : le RBU, répertoire bibliographique qu'un langage classificatoire (la CDU) et une série de normes pouvaient rendre universel. Les agents actifs pour concrétiser ce projet sont disséminés dans le monde, chaque nation contribuant à l'alimentation dudit répertoire... Otlet était un organisateur, un normalisateur, mais pour laisser le champ au déploiement de l'utopie internationaliste, c'est-à-dire pacifiste - à la différence de certaines institutions technico-politiques qui, aujourd'hui, imposent la normativité comme principe contraignant du politique.

Certes l'« utopie documentaire » d'Otlet court toujours le risque d'être considérée comme ce qui pourrait outiller voire générer, bien malgré elle, jusqu'à ces contre-utopies, ces « dystopies de l'indexation des personnes »[5]. Mais l'homme qui voulait tout classer[6] n'est-il pas avant tout cet « entrepreneur des outils de la connaissance au service de la paix » dont parlent Stéphanie Manfroid et Jacques Gillen[7] ? Il en va de la connaissance comme de la documentation, sa vertu est ancillaire. Elle est « au service de », en l'occurrence au service de la paix, de la paix entre les hommes, de la paix mondiale. Certes, il y eut d'autres voies pour œuvrer à cette paix. Très tôt, Paul Otlet a eu l'intuition pacifiste, dès L'Afrique aux noirs (1888)[8] et jusqu'au soir de sa vie, notamment aux côtés d'Henri La Fontaine, avec le projet de la Société des Nations.

L'autre branche de la « double utopie » vise le confort, ou plutôt l'épanouissement tout à la fois intellectuel, artistique et sportif des hommes pacifiés et propose d'organiser leur vie quotidienne. L'architecture et l'urbanisme ont de tout temps intéressé Paul Otlet qui y trouvait l'un des moyens de réaliser ses utopies, l'un des moyens de « concrétiser les idées les plus hautes ». Plusieurs des contributions de cet ouvrage exposent les conceptions architecturales et urbanistiques d'Otlet, leurs soubassements autant que leurs développements. Ce qu'on peut en retenir, c'est bien la place centrale de la communication scientifique. Et c'est peut-être ce qui unit les deux branches de l'utopie de Paul Otlet : l'encyclopédie, comme forme possible de l'achèvement jamais réalisé du travail intellectuel, où le savoir construit trouve, grâce aux techniques documentaires, à se réunifier, à se rassembler dans la cohérence totale[9].

L'utopie selon Otlet n'est-elle pas comme une finalisation du syncrétisme qui récapitule par le désir d'un autre monde que celui où nous vivons, d'un monde vraiment - c'est-à-dire humainement - mondial ? « La Cité mondiale que les nations ensemble se seront construite et où habitera en esprit l'Humanité : la Beata Pacis Civitas, la Bienheureuse Cité de la Paix »[10]. La fusion entre « paix » et « cité » est totale et absolue[11]. Elle est pensée mais réalisable[12]. C'est l'Humanité qui la justifie.

Mille fois hélas ! À ce jour, l'Humanité n'a pas dépassé « son stade actuel d'antinomie, d'antipathie et d'antagonisme »[13].

_________________________

1 « Faire éclore une humanité nouvelle - Améliorer la civilisation - Unir les idées les plus hautes et les choses [Concrétiser les idées les plus hautes (?)] - Outiller ce grand œuvre qu'est le Mundaneum ».

2 De l'âge de quatorze ans jusqu'à ses derniers jours, Paul Otlet ne cessa d'écrire et de dessiner. Cf. la bibliographie proposée par W. Boyd Rayward, http://people.ischool.illinois.edu/~wrayward/otlet/otbib.htm.

3 Monde. Essai d'universalisme, p. 202

4 Cet ouvrage, dont on lit ici une présentation critique, est une version élargie d'une livraison récente de Cosmopolis (2014/3-4) dont Paul Ghils est le rédacteur en chef, livraison qui, pour une part, reprenait, avec de légères adaptations, des articles parus dans Associations transnationales (2003/1-2). La contribution de Paul Ghils, « Fonder le monde, fonder le savoir du monde ou la double utopie de Paul Otlet » (p.197-225), fait partie de ces derniers.

5 Olivier Le Deuff. « Utopies documentaires : de l'indexation des connaissances à l'indexation des existences ». Communication et organisation, 2015, n°48, p.93-106. Voir aussi, par exemple, « Le cauchemar de Paul Otlet » dont parle Isabelle Barbéris (Cités, 2009, n° 37, p. 9-11)

6 Cf. Françoise Levie. L'homme qui voulait classer le monde. Paul Otlet et le Mundaneum. Les Impressions nouvelles, 2006

7 « Les papiers personnels de Paul Otlet », p.175 sqq., in : Jacques Gillen (dir.). Paul Otlet, fondateur du Mundaneum (1868-1944). Architecte du savoir, artisan de paix. Les Impressions nouvelles, 2010

8 Le titre est très explicite, malgré quelques relents colonialistes mettant en avant une hiérarchie des civilisations. En effet, le jeune Otlet n'utilise le terme « civilisation » que pour ce que l'Europe peut apporter à l'Afrique et ce à quoi cette dernière peut aspirer, par opposition à ce qu'il appelle la « barbarie africaine » (p.14), les Noirs Américains apparaissant dans un entre-deux... Faut-il y voir juste l'air du temps ?

9De ce point de vue, l'entreprise de Wikipédia (à la différence de Google) apparaît éminemment conforme au projet d'Otlet, comme un lointain prolongement, une actualisation des travaux des sessions de l'Université internationale des années 20.

10 Monde. Essai d'universalisme, p. 455 sq.

11 Cette équation n'est pas sans rappeler ce terme russe mir qui signifie tout à la fois « monde »et « paix ».

12 Hendrik Andersen n'avait-il pas réalisé des plans présentant « magnifiquement la Cité en soi », alors que Charles-Édouard Jeanneret-Gris (Le Corbusier) et Pierre Jeanneret avaient réalisé des plans pour Genève et Anvers ? (op. cit note 10, p. 456, n.1).

13 Op. cit. note 10, p.457 sq.

________________________

Note rédigée pour l'ADBS [pdf]

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27 janvier 2012

au-delà du plagiat...

pour-que-vive-la-france-300x300Dans son dernier bouquin la fille LE PEN n'hésite pas à citer Marx, Brecht, Schoelcher, Orwell, et même Serge Halimi ou les auteurs du Manifeste des économistes atterrés.

On voit qu'elle a bien appris sa leçon auprès des plumes du roi d'Maubeuge !
Y a quoi au-delà du plagiat ? La malhonnêteté intellectuelle nue ?


19 avril 2011

Veille, etc.

BFRVigilance mais aussi léger sommeil voire sommeil léger (cf. le "stand by" des appareils électriques)... Prospective mais aussi le jour d'avant aujourd'hui... Recherche d'information, curation... La veille a très pragmatiquement du mal à se distinguer !

Couv_OK_sBéatrice Foenix-Riou, animatrice du secteur Veille de l'ADBS, a la bonne idée de parler de "recherche éveillée". C'est le titre de son blog. C'est également le titre de son tout récent ouvrage "Recherche éveillée sur Internet : mode d'emploi - Outils et méthodes pour explorer le Web (visible, invisible, social, temps réel)", co-édité par Bases Publications et Lavoisier (avril 2011)...

J'ai commandé le bouquin et je m'abonne au blog !

Et je suis inscrit au groipe sectoriel Veille...

La totale quoi !


25 mai 2008

JO PÉKIN 2008 : quelle médaille pour les droits humains ?

« Quand la Chine a été choisie pour accueillir les Jeux Olympiques, les autorités du pays ont promis d'améliorer la situation des droits humains. Or, à l'heure où la flamme olympique s'approche de la Chine, de graves préoccupations subsistent. »

Irène Khan, Secrétaire générale d'Amnesty International

[tract à télécharger]

  • Vendredi 13 juin à 20h30 au Majestic (rue de Béthune à Lille)

Projection du film Train de nuit de Diao Yi Nan, suivi d'un débat animé par Marie Holzman, sinologue, enseignante à Paris7, traductrice, présidente de Solidarité Chine, association créée en 1989 au lendemain du massacre de Tian An Man

  • Samedi 14 juin à partir de 14h, place de la République, parvis des droits de l'homme

stands, interventions de spécialistes de la Chine, théâtre, animations, expositions, documentation, pétitions, vente de livres...

  • Samedi 5 juillet à 16h à L'Odyssée (Médiathèque de Lomme, 794 av. de Dunkerque)

Projection du film Still Life de Jia Zhang Ke, suivi d'un débat

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18 août 2007

Soyons modernes !

Intervenant sur le site Rue89, le sous-ministre Santini déclare ceci :

santini"Le fait d'avoir plus de fonctionnaires que les autres (pays, ndlr) n'est pas un signe de modernité", a insisté M. Santini. "Nous devons avoir moins de fonctionnaires sur le plan des effectifs, mais des fonctionnaires mieux formés, mieux affectés et (...) mieux payés".

[AFP - 17/08/2007 09h48]

Monsieur le sous-ministre devrait expliqué ce qu'est la modernité...
Non ?


16 octobre 2006

Sarkozy ? Il faut tourner la page !

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.

Je suis tombé l'autre jour
sur une publication en ligne
émanant de l'UMP, c'est-à-dire
de l'atelier non clandestin
des "nègres" inavoués de Nicolas.

Il s'agit d'un huit pages
sur la délinquance.

Ça commence, en une première page qui ressemble à une avant-première de pub (un peu comme une pub dans un journal style TV Magazine), par ces mots :

Plus de sévérité pour les jeunes délinquants
Soutenez
Nicolas Sarkozy
dans son action contre
la délinquance

  • Si vous pensez que la Justice n'est pas assez sévère avec les jeunes délinquants
  • Si vous pensez que les délinquants multirécidivistes devraient se voir infliger une peine plancher automatique

Avec l'UMP, soutenez l'action
de Nicolas Sarkozy

_____________________________________

Bon !
Déjà là, ça fait froid dans le dos !
Regardez donc les affirmations implicites de cette page (affirmation implicite = ce qu'il faut gober bouche bée pour lire cette prose) :

  • la délinquance est le fait des "jeunes délinquants"

    ça, c'est ce que la télé montrait en novembre dernier, alors même que la délinquance en col blanc, voire la délinquance des hommes politiques fussent-ils très très haut placés reste publiquement impunie quand même elle est avérée (je ne vous dis pas quand tout ça se passe hors caméras)  !

  • les juges ne font pas leur boulot

    l'UMP dit ici "la Justice" avec un grand J, mais on comprend très bien ce qu'il pense des juges, le Nicolas, au mépris des règles basiques de la République !

  • il y a assimilation tacite et superficielle entre jeunesse délinquante et délinquance multirécidiviste

    alors qu'on sait pertinemment que l'incarcération en milieu pénitencier est productrice de récidive - surtout lorsqu'il s'agit de jeunes, de jeunes à l'identité fragile ; alors qu'on sait que mettre un jeune en prison, c'est en faire un récidiviste...

Bref !
Mais ce n'est encore rien !
Après cette rhétorique abusive, on peut lire qu'il faut soutenir l'action de Nicolas ! Comme si 1) ledit Nicolas allait régler tout ça et 2) comme si Nicolas, c'était l'UMP...
Je ne reviens pas sur le premier point.
Mais sur le second, Nicolas, excuse-moi, mais il y en a des qui, à l'UMP, ne sont pas prêts à se faire engloutir comme ça ! Ça sent le coup d'État interne UMP ça ! Non ? Enfin, ce que j'en dis, c'est fonction de ce que j'ai entendu de la bouche de Jean-Louis, Dominique, Michèle et des autres... J'ai en effet la vague impression que, quand Nicolas dit "L'UMP, c'est moi !", les autres de l'UMP ne sont pas complètement d'accord...
Et puis, moi qui ne suis pas sympathisant UMP, ce que je vois poindre en ligne de mire de ce comportement (celui de Nicolas), c'est qu'un jour, si les Français sont jamais assez bêtes pour voter pour le roi du Kärcher, il nous dise, sans que personne n'ose ni ne puisse moufter (de toute façon, il sera trop tard) : "L'État, c'est moi !", comme disait l'autre dictateur de droit divin de l'autre régime (je ne dis pas ancien comme j'ai appris avec mes profs d'histoire car c'est hélas plus contemporainement possible qu'on ne pense) - ce qui est l'expression absolue de la dictature...

Magazine_union_d_linquance_Page_2_343x512_Bref ! Passons à la deuxième page du document. La voici, à droite ->

J'aime bien cette page parce que Nicolas s'y prend les pieds dans le tapis.

Que lit-on sur cette magnifique page ?
Le sourire de Nicolas ? Certes. Sauf qu'il ressemble au sourire que ferait à un cadre le DRH d'une entreprise ou d'un service public, alors même qu'il est en train d'instruire le dossier de son licenciement. J'ai un collègue à mon boulot qui sourit comme ça... Je connais la profondeur sémantique d'une telle grimace...

Ce qu'on lit, c'est, explicitement, que les Français approuvent Nicolas, quand il franchit les bornes tracées par les principes basiques de la démocratie la plus formelle, c'est-à-dire quand le bras armé de l'exécutif empiète sur le territoire du judiciaire, après avoir mis une bonne part du législatif à sa bote (cf. plus haut).
Magazine_union_d_linquance_Page_3__extrait_Bon ! S'il sont assez couillons pour gober ce populisme-là (l'extrait à gauche, c'est p.3 ; il faut cliquer dessus pour lire : ça vaut son pesant de cacahuètes), si les Français sont convaincus que les groupies de Nicolas sont bien le Peuple de France... Tu remarqueras, lecteur fidèle et inconnu, que "N.T., Internet" - un anonyme qui n'assume pas son discours, à croire qu'il n'existe pas !- dit de Nicolas ce qui se disait de Jean-Marie Le Pen il y a dix-vingt ans... "N.T., Internet" est sans doute trop jeune. S'il existe...

Mais regardons mieux cette page : on y voit un coin retourné en bas à droite, comme pour montrer que, quand nous "imaginons la France d'après", c'est comme une page qui se tourne, comme une page qu'il faut tourner.

Ouha !
Enfin !
On va tourner la page !
La page où il y a Sarkozy dessus !


5 juillet 2005

Laurence Parisot, présidente des patrons

h_4_ill_669469_gamma_789155_331Comme prévu, Laurence Parisot a été élue aujour- d'hui présidente de l'orga- nisation patronale.

Elle est la première femme portée ainsi à la tête des patrons français... "Vous m’avez choisie, a-t-elle aussitôt déclaré, pour présider notre Mouvement qui en choisissant de porter une femme à sa tête indique à la France entière l’esprit de modernité qui anime ses entreprises."
Une victoire pour notre trop bonne et trop belle démocratie française ?
Neteconomie.com clame que c'est historique.  Je propose que nos sœurs de Ni putes ni soumises fêtent ça avec la dignité requise ! La Tribune y voit de une "innovation" importante. La CGT, elle, salue déjà l'événement, tout en se demandant, la perfide, "si cela contribuera à une dynamique d'égalité professionnelle dans les entreprises. Rien n'est moins sûr", conclue-t-elle. Aucun sens du dialogue cette CGT ! Elle fait du procès d'intention, non ? La ministre déléguée à la Parité, Catherine Vautrin, dément formellement, y voyant "un symbole fort pour l'évolution de l'égalité professionnelle" en France. La CFTC, quant à elle, veut y croire... En tout cas une femme admirable, si l'on en croit FR3.Franche Comté : "Née le 31 août 1959 à Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône, Laurence Parisot, fille et petite-fille d'entrepreneurs, dit être "tombée toute petite dans le chaudron de l'entreprise, comme Obélix dans la potion magique". Après des études de droit et de sciences politiques, elle devient directrice générale de Louis Harris à 26 ans, puis à 30 ans PDG de l'Ifop, un des plus anciens instituts de sondage. En 2002, à la mort de son père, elle reprend la présidence de la la société familiale Optimum, leader français de la porte de placard, implanté dans le Lot-et-Garonne. Elle siège en outre dans plusieurs conseils d'administration de grandes entreprises, telles Michelin, Eurodisney et Havas. Célibataire, sans enfant, elle est chevalier de l'Ordre national du Mérite." Bref, une femme comme les autres mais qui a su mériter d'arriver là où elle est arrivée !

Laurence est venue se faire élire avec un Cahier des charges pour une France qui gagne. Côté face du programme. Elle dit qu'il faut "reformater" l'État, cette chose omniprésente et trop crispée à son goût. Côté pile du programme. Ses trois valeurs fortes seraient "le travail, l'esprit d'entreprise et le pragmatisme". Ça a l'air mieux que Travail-Famille-Patrie de triste époque. Mais ATTENTION ça pourrait très bien vouloir dire
  • travail de ces feignants de salariés
    (ne parlons pas des feignantissimes fonctionnaires ni des chômeurs, tous volontaires bien sûr, ou alors ils l'ont sûrement bien cherché !),
  • esprit d'entreprise de ceux qui ont mérités (de par leur naissance) d'être riches, et donc sont les seuls habilités à avoir de l'esprit, à réfléchir,
  • avec le pragmatisme comme religion d'État, c'est-à-dire comme absence de principes moraux et politiques (il me semble que le mot grec pragma, très polysémique, veut dire entre autres affaire(s), quelque chose comme business).
En fait, c'est la liberté qui l'intéresse, au fond, Laurence. Une grande démocrate, quoi ! L'un des ses principaux objectifs est de "libérer [les] entreprises de toutes les contraintes qui pèsent sur elles". Quand la CGT dit que Laurence "veut gagner la liberté des entreprises contre celle des salariés, contre leur droit à travailler dans la dignité", elle fait encore du procès d'intention ? Quoi qu'il en soit, comme dit Le Monde, "sa philosophie est connue : "Il est insupportable de constater que la liberté de penser s'arrête là où commence le droit du travail", déclarait-elle en janvier à l'assemblée générale du Medef. Depuis, elle a toutefois nuancé son propos et se dit prête à "prouver que libéral ne veut pas dire antisocial"".
Il s'agit juste de moderniser la France. Celle qui gagne, celle des patrons, se modernise à vue d'œil - serait-ce en élisant une femme à sa tête. L'autre France - celle qui perd ? - n'a qu'à suivre ! Trève de mauvais esprit ! On attend. Sans rire.

[photo DE MALGLAIVE ETIENNE / GAMMA
repiquée de la page web du Monde
daté du 6 juillet 2005
]


13 août 2004

Jeux Olympiques et Démocratie : de la justesse de l'information...

   

Fidèle lecteur du Monde diplomatique - tout simplement parce qu'il est une des rares publications tout public à nous ouvrir intelligemment (c'est-à-dire en posant les bonnes questions) sur le monde, je viens de lire l'article de José Saramago (« Que reste-t-il de la démocratie ? », livraison d'août 2004, p.20).

 
 
 

Juste une réaction, une petite réaction, quasi épidermique mais ancienne, réactivée par l'écrivain portugais...

 
 
 

En préambule, Monsieur Saramago cite ce bon viel Aristote au sujet du principe démocratique, et plus précisément du rapport entre le peuple pauvre et les riches du point de vue du pouvoir politique. Fort bien. Mais ce qu'on oublie - encore une fois et c'est peut-être cette répétition qui m'irrite -, c'est que, lorsqu'Aristote ou Platon ou Thucydide parlent de l'assemblée démocratique des citoyens, ils ne désignent pas l'ensemble des femmes et des hommes vivant dans la cité : ils en excluent les femmes (plus ou moins fantasmatiquement situées au rang animal) et surtout les esclaves (très concrètement considérés comme des objets). Et l'on sait que les citoyens ne représentaient qu'une toute petite partie de la population. C'est au sein de cette petite part démographique que la distinction aristotélicienne fonctionne... Voilà qui réduit fortement la portée du préambule de José Saramago. Mais là n'est sûrement pas le coeur de sa démonstration.

 
 
 

Eh puis, mettons cela sur le compte de l'approximation ! Tout le monde n'a pas étudié l'histoire et la philosophie grecque ancienne... Reste que quand on cite, quand on prend exemple, mieux vaut connaître la source et son environnement.

 
 
 

C'est comme ce titre à la Une de La Voix du Nord de ce vendredi 13 août 2004 : Les Jeux de retour sur l'Olympe, immédiatement suivi (le titre) de ce texte: « Acclamée dans toute la Grèce, la flamme olympique est arrivée hier soir sur l'Acropole ». Le problème, c'est que l'Olympe est une montagne qui n'est pas du tout à Athènes (oui oui : l'Acropole est à Athènes!). Allez dire, si vous l'osez, à Aristote, Platon ou Thucydide que l'Olympe est à Athènes et vous verrez, si vous le pouvez, leur tête déconfite qui se détourne d'un fou ou d'un innocent.

 
 
 

 

 
 
 

[merci à Michelin pour le petit extrait publié ci-dessus]

 
 
 

Tout cela mérite un petit détour historien.

 
 
 

Les Jeux Olympiques sont nés dans la nuit grecque des temps (on hésite sur la date, située entre le Xème et le VIIIème siècles avant-JC.) et le fait qu'ils soient précisément Olympiques, c'est-à-dire qu'ils aient lieu à Olympie, n'est pas neutre. Le lieu des JO disposait d'un statut d'inviolabiblité et les cités grecques perpétuellement en guerre les unes contre les autres s'y retrouvaient pour le sport, toute activité militaire cessante. Rappelons que les JO finirent par être une des manifestations clés du panhellenisme où les cités rêvaient d'un monde sans guerre entre grecs...

 
 
 

Confondre Olympie et Athènes revient ainsi à annuler cette histoire d'un rêve de paix "internationale", ou plutôt interhellénique. Ce serait dommage, non ?

 
 
 

D'ailleurs, les JO furent anéantis par la décision d'un empire, l'empire chrétien de Rome. En effet, c'est à la fin du IVème siècle que Théosode 1er, empereur romain chrétien, les interdit dans le même geste de pouvoir où la religion chrétienne fut institutée par le pouvoir terrestre comme religion unique. Les compétitions sportives furent interdites sur l'ensemble du bel empire romain en même temps qu'étaient massacrés les prêtres des religions antiques. Les JO étaient compris comme propagateur du paganisme, c'est-à-dire du non-chrétien. D'où ce détestable « Religious Act » ou « Believer Act » [je ne sais comment dire, je ne connais pas l'anglais] de 394 après JC...

 
 
 

Bref, dès qu'on commence à s'interroger à partir d'un étonnement sur l'approximation de l'information, on peut aller loin dans l'analyse. Car telle approximation n'est pas ce qu'elle est au hasard. On n'est pas obligé de confondre Olympie avec Athènes. Sauf à oublier l'antiquité et limiter notre horizon historique à l'histoire récente des JO qui, effectivement, redémarrèrent à Athènes en 1896.

 
 
 

C'est encore plus manifeste dans le cas de la sous-disant démocratie athénienne. Omettre toute une frange - la plus nombreuse - de la population d'une cité comme fait José Saramago mérite l'attention. Cette distorsion d'information a sûrement un sens. Non pas justifier un anathème qu'on jetterait sur notre écrivain portugais - là n'est vraiment pas le propos. Mais comprendre ce qui ne se dit pas ici (monde capitaliste de l'orée du XXIème siècle) qui laisse la peau dure à cette omission séculaire.

 
 
 

On pourrait y voir la volonté souterraine d'enraciner notre vision du monde dans de lointaines figures politiques dont nous ne connaissons plus que quelques échafaudages intellectuels - ce qui a la mérite d'interdire toute vérification dans les faits... Sauf que nous avons quelques données démographiques sur l'Athènes du V/IVèmes siècles avant notre ère - celle-là même qu'on exhibe quand on parle démocratie - qui concluent à l'idée que les citoyens, les égaux ne représentent qu'une minorité de la population réelle de la cité.

 
 
 

Mais alors, pourquoi trahir ainsi la réalité historique telle qu'elle est construite à ce jour, pourquoi travestir la vérité historienne ? Et que cache cette trahison, ce travestissement ?

 
 
 

Une idée horrible me vient en tête, qui expliquerait bien des choses et permettrait, dans le même mouvement, de sauver la démonstration de José Saramago en l'argumentant comme malgré lui : les femmes et les esclaves de la démocratie athénienne d'il y a vingt-cinq siècles, ce sont les femmes et les exploités de la démocratie capitalistique d'aujourd'hui. Écoutez comment le patron des patrons parle des gens, des travailleurs, des chômeurs, des femmes, etc. Pas besoin de lire le Monde diplomatique ou la presse dite de gauche pour s'en convaincre. Même le Figaro n'hésite plus à publier les paroles odieuses du patronat. Le pouvoir dans la démocratie n'est pas "au centre de la cité", là où chacun peut prendre la parole s'il a quelque chose à dire - comme le rêvait les grecs (cf. les fameuses pages d'Hérodote). On sait qu'il est entre les mains du pouvoir économique. On sait que l'économie - c'est-à-dire quelques familles très riches de père en fils - dirige le monde. On sait que la vie d'un salarié a moins de valeur que l'avis d'un boursicoteur. On sait tout cela. On ne s'en émeut même plus !

 
 
 

Tout comme Aristote pouvait dire et écrire, sans qu'apparamment personne ne proteste, qu'un esclave n'est pas un homme, mais une chose. Tout comme Platon pouvait dire et écrire, sans qu'apparamment personne ne proteste, qu'une femme a juste un peu plus de valeur qu'un animal.

 
 
 

 


   

 
 
11 mars 2010

nationalo-corporatisme raciste

Circulaire_rafle_Page_1Un homme politique français franchouillard dit que pour animer la mission nationale de lutte contre toutes les discriminations, il faut un membre du "corps français traditionnel". On laisse à cet ancien d'Occident (mouvement terroriste intanational d'extrême droite qui prônait et utilisait la violence contre la gauche, mouvement qu'il créa avec Alain Madelin et d'autres UMP d'aujourd'hui en 1964) la charge de dire ce que cela veut dire au fond !

En tous cas, je ne sais pas pourquoi, mais cette sortie langagière pour le moins douteuse me donne l'irrésistible envie d'exhiber un document que Maître Eolas met à disposition à l'occasion de la sortie d'un film, je veux parler de la circulaire n°173-42 de la préfecture de police du 13 juillet 1942, c’est-à-dire les instructions officielles données à la police, par la voie hiérarchique, pour la réalisation de [la] Rafle du Vel’d’hiv. Là, je viens de citer la page de Maître Eolas, qui retranscrit ensuite le texte de cette circulaire.

C'était un acte du corps français traditionnel ?


7 janvier 2010

J'ai-me la galet-te, mais j'préfère la couronne !

L'autre jour, devant les caméras des télévisions, Nicolas a coupé des parts de la méga-galette élyséenne. Il a précisé qu'il n'y avait pas de fève dedans et qu'on ne tirerait pas les rois, car, a-t-il prétendu, on ne saurait faire le roi dans l'enceinte de l'Élysée, bâtiment important de la République. Gérard Brochoire, directeur de l'Institut National de la Boulangerie Pâtissière précise que c'était "une demande du protocole de ne fournir ni fève ni couronne puisqu'on est dans une enceinte de la République et que ça fait mauvais effet de désigner un roi".
Pipeau que tout ce verbiage ! C'est juste que le
roi d'Maubeuge ne saurait remettre en jeu sa royauté !

004_galetteLa preuve, c'est que, si l'on en croit Desinformations.com, devant les regards admiratifs de ses invités, Nicolas Sarkozy s'est promptement saisi de la couronne avant la distribution des parts de galette à ses convives. Henri Guaino, co-ministre du gouvernement rappelle qu'en politique "il faut savoir anticiper et agir vite, sans attendre la réaction de ses adversaires: le présidentissime adresse ainsi au peuple le signe fort et rassurant de sa très grande vitalité politique". L'année 2010 du renouveau démarre ainsi sur un bon rythme, conclut le rédacteur du billet de Desinformations.com. [L'image ci-dessus vient de http://vidberg.blog.lemonde.fr/]


10 octobre 2009

HADOPI à l'Elysée

Question : qui donc a écrit, en août dernier, que

  • Plus que tout autre débat sur la planète, c'est le cas Hadopi qui pose aujourd'hui les questions auxquelles nos sociétés devront répondre demain sur le terrain de la démocratie.

  • Aucune solution technologique ne peut vraiment mettre fin à la copie.

  • L'enjeu est de s'assurer que la vaste diffusion [d'un message, d'une œuvre...] n'étouffe jamais le lien qui l'unit à chacun de ses destinataires. Que la reconnaissance de la source soit partie intégrante de la construction du sens.

  • Notre société doit reconnaître la dette que nous avons tous envers celui qui a la générosité de partager avec nous son témoignage le plus précieux - quel que soit son support. Faire comme si celui-ci n'existait pas reviendrait à briser le sens du partage, qui est au cœur de l'expérience artistique comme de la vie démocratique. Reconnaître le caractère inaliénable d'un témoignage personnel, tel est le sens profond de la réflexion en cours dans Hadopi, qui rayonne bien au-delà de l'industrie du disque, jusqu'au sens de notre vie en commun dans une démocratie.  ?*

Réponse : celui-là même qui, professionnel de l'information, pirate sans vergogne la production d'autrui, pour le compte du garant des Institutions de la République, et ce, alors que la loi Haopi2 est sur les braises (elle sera votée moins d'un mois après!)... Cf. Le Canard enchaîné de ce mercredi 7 octobre.

canard

Nous sommes décidément bien gouvernés ! Non ?
Comme disait Le Monde le 29 août dernier, les lois Hadopi ne sont pas garantes de la démocratie. Fort est de constater que le roi d'Maubeuge et son équipe de courtisans ne sont pas garants du respect de la loi... Car Hadopi2 ou pas, ce qui s'est pratiqué là (on copie, on modifie la mention des droits, on reproduit à grandes échelles), est autrement plus grave que de recopier simplement, sans maquiller la mention des droits. Étrange, non ?

Justice, où es-tu ?


* C'était dans Le monde daté du 22 août 2009, dans un article intitulé "Internet et son potentiel démocratique".


11 octobre 2009

Énigme en Saintonge

AVIS AUX HISTORIENS et IENNES

Salles_maison__1000x1504_
Un vieil ami charentais vivant à Lille déblayait une partie plus
ou moins abandonnée de sa vieille maison familiale à Salles-lès-Aulnay [latitude 46.033333, longitude -0.316667] cet été, lorsqu'il découvrit une veste de costume noire dont le tissu de coton avait pas mal gondolé sous l'effet du temps et de l'humidité. Le tissu était de qualité et l'habit avait dû être beau.


De l'une des poches, il extirpa une feuille de papier à peine froissée et très lisible.
La voici.

 

_nigme_en_Saintonge

 

L'en-tête porte la mention "SYNDICAT Communal Agricole de BLANZAY-SUR-BOUTONNE".
Le document est daté du
14 avril 1948
"
Le Président du Syndicat Communal Agricole de Blanzay-sur-Boutonne. Délégué cantonal" s'adresse "à Mr le Président de la C.G.A. de Salles".

Le texte suit :

" Vous êtes prié d'assister à la distribution du carburant et m.m. qui aura lieu à la Mairie d'Aulnay le dimanche 18 avril à 15 heures (légale).
Respectueuses salutations.

[signature]

sous le couvert de Mr le Maire de Salles -"

On remarquera dans notre document la précision concernant l'heure de la distribution : mention de l'heure "légale" par opposition avec l'heure locale, heure agricole dans la France d'après-guerre, heure du soleil comme on dit. En France, l’heure légale (= celle du "temps moyen" à Paris) date de 1891 (loi du 14 mars). Au niveau international, le temps universel est instauré vingt ans après (loi du 9 mars 1911).

cassini

Blanzay-sur-Boutonne (en haut à gauche de cet extrait de la carte dite "de Cassini") est un village du Saintonge, au bord de la Boutonne (affluent de la Charente, (à proximité de Rochefort) qui prend sa source à Chef-Boutonne [= tête de la Boutonne] dans les Deux-Sèvres).
Aulnay (en bas à droite de cet extrait de la carte de Cassini, sous l'appellation 'Aunay'), c'est Aulnay de Saintonges, chef-lieu de canton arrosé par la Brédoire, affluent de la Boutonne.
aulnay_salles_portail
Salles (juste au dessus d'Aunay sur la carte de Cassini), c'est donc Salles-lès-Aulnay, petite village au nord d'Aulnay, à la commune duquel il est rattaché (fusion simple) au début des années 1970 (arrêté préfectoral du 12 décembre 1972, publié au J.O. du 23 janvier 1973). Village connu pour sa magnifique petite église - n'oublions pas que nous sommes sur la route des pèlerins...

Je ne résiste pas au plaisir d'offrir là quelques photos prises à Salles, hors et dans l'église, pour compléter la photo ci-contre extraite du beau site http://www.valsdesaintonge.eu/.

Salles__glise1__1000x1504_

Salles__glise2__1000x1504_

Salles__glise3__1504x1000_


Bref, revenons à notre document, où je vois deux énigmes :

  1. "carburant et m.m."
    _nigme_en_Saintonge_1
    Qu'est-ce que ce "m.m." ?

  2. la signature est pour moi illisible
    _nigme_en_Saintonge_2

Si quelqu'un ou quelqu'une est en mesure de résoudre ces énigmes (au moins la première), je serais fort heureux de voir la solution apparaître en commentaire au présent message... Merci !


8 mars 2009

Environnement : un nouveau thésaurus

Un de mes amis en formation vient de m'informer qu'un nouveau thésaurus dédié à l'environnement vient de voir le jour. Il se nomme THES'ENVIR.

thesenvir_2_1_Page_1Fruit d'un travail collaboratif, cet outil terminologique propose 10085 descripteurs, (plus 1085 non-descripteurs et 405 notes d'application) répartis sur 18 champs sémantiques et 4 index... Monolingue et mono-hiérarchique (jusqu’à 8 niveaux de spécificité,) THES'ENVIR est, bien sûr, conforme aux normes ISO 2788 et 5964, Sa version numérique est au format XML (985 ko). Sa version papier propose une  section alphabétique (407 pages) et une section thématique/hiérarchique (218 pages). Une liste permutée devrait voir le jour d'ici l'été. Enfin l'équipe des documentalistes auteurs de l'outil,  membres du réseau de centres de ressources à l'éducation à l'environnement en Languedoc-Roussillon, le LIEN (Lieux d'Information sur la Nature et l'Environnement), promet une mise à jour collaborative et néanmoins régulière, grâce au travail d'un club d'utilisateurs.
Tout l'info est .

Le format xml permettrait une mise en ligne simple et ô combien utile à la communauté dispersée des documentalistes œuvrant dans le secteur de l'environnement... Dommage que ce thésaurus ne soit pas en ligne ! Il ne pourra être signalé dans le thésauro-annuaire ! Il ne pourra être l'un des fruits de  l'Arbre européen des thésaurus francophones (gratuits) en ligne ! Il y aurait côtoyé le GEMET, General Multilingual Environmental Thesaurus, mis au point par ETC-CDS ( European Topic Centre on Catalogue of Data Sources ) sous couvert de l'Agence Européenne de l'Environnement ; ou encore Interwater, récent fruit du travail de l'IRC, Centre International de l'Eau et l'Assainissement,  et de ses partenaires ; etc. Dommage ! Mais ce ne sont que MES'ENVIES ;-)

Le réseau où a été conçu THES'ENVIR est le GRAINE LR, Groupe Régional d'Animation et d'Initiation à la Nature et l'Environnement, association loi 1901, adhérente au réseau national École et Nature, a pour objet la promotion et le développement de l'éducation à l'environnement vers le développement durable en Languedoc-Roussillon.
Ce réseau fonctionne en authentique collectif documentaire, notamment avec sa base de données de périodiques et revues d'éducation à l'environnement en région...

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21 mars 2009

concours d'illettrisme dans l'immobilier

century21À croire que les agences immobilières rivalisent en matière d'illettrisme : encore un papier intrusif dans ma chère boîte aux lettres ! L'autre jour, au début de cette semaine, c'était Century21, bien connu des services. Une photocopie couleur A4 mécham­ment coupée en deux. Du bricolage. Avec signature - originale s'il vous plaît - de Sieur Dhollande, qui se prétend mon conseiller en immobilier, alors que je ne le connais même pas !

Moi je trouve que, en plus de ne pas savoir lire, Monsieur Dhollande a du toupet !


26 février 2021

Marseille et Manotti

Marseille-73Elle n'est pourtant pas marseillaise, Dominique Manotti, mais on le croirait bien à lire deux de ses "romans noirs" dont le

dernier sorti : Marseille 73, publié en 2020 par les éditions Les Arènes (coll. "EquinoX") situe son action juste après Or noir, publié en 2015 chez Gallimard (coll. "Série noire") et réédité deux annèes plus tard dans la collection "Folio policier" (n°819).

Ces deux romans font partie d'une série qui met en scène un inspecteur, Théo Daquin. Cette série compte aussi :

  • Sombre Sentier (Seuil, 1995, repris dans la coll. "Points" en 1996)
  • À nos chevaux ! (Rivages, 1997, repris dans la coll. "Rivages/Noir" en 1999)
  • Kop (Rivages, 1998, repris dans la coll. "Rivages/Noir" en 2001)
  • Racket (Les Arènes, coll. "EquinoX", 2018 repris chez Gallimard, dans sa coll. "Folio policier" en 2019)

Moi qui ai littéralement avalé tous les Agatha Christie à la fin de mon adolescence mais qui n'ai plus jamais remis le nez dans le roman policier depuis, j'avoue que maintenant, après la lecture de Marseille 73 et Or noir, je n'ai qu'une envie : lire les quatre autres volumes de la série et plus si persistance de l'affinité !

Le grand intérêt de lire Dominique Manotti est d'abord le style, l'écriture. Sans fioriture. Droit devant. Mais avec une capacité de nous mettre dans la tête même des protagonistes. Époustouflant ! On aimerait avoir la disposition et le temps de lire le roman d'une seule traite, tant l'auteure nous tient en haleine d'un bout à l'autre, sans temps mort. De bonne haleine, bien sûr !

Le très grand intérêt de lire Dominique Manotti, c'est aussi que son intrigue s'inscrit dans l'histoire contemporaine, ou très récente. Pour les deux ouvrages que je viens de lire, on est à Marseille où sévissent le crime lié au marché du pétrole (Or noir) et l'atmosphère criminogène des suites de la guerre d'Algérie : dans Marseille 73, l'OAS, le SAC, les ministres Pasqua et Poniatowski font partie du décor... En bonne historienne, l'auteure nous trempe dans le bain économique, politique, social et judiciaire de l'époque.

Et, franchement, en ces temps d'aujourd'hui où le racisme voire le colonialisme se déclarent ouvertement en France et ailleurs, la lecture de Dominique Manotti recale bien les choses !


 

26 juin 2015

Autour de l'économie du savoir (Jean-Pierre Bouchez)

Jean-Pierre Bouchez, Autour de « l'économie du savoir » : ses composantes, ses dynamiques et ses enjeux, in Savoirs, 34 - 2014, pp.9-45

Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier !
Victor Hugo
("Ce siècle avait deux ans" in Les feuilles d’automne)

imageQui veut savoir rapidement ce qui s’est dit de l’économie du savoir sera ici servi. L’auteur nous livre une authentique synthèse bibliographique ou plutôt documentaire : sur un fond de 80 références, ne sont mobilisées que les idées et les informations qui permettent à l’auteur de la synthèse d’étayer et d’illustrer la problématique qui est la sienne.

Cette problématique, nous la connaissons : Marie-France Blanquet en a fait état lorsqu’elle présentait pour Doc-SI l’ouvrage que Jean-Pierre Bouchez publia en 2012, L'économie du savoir : construction, enjeux et perspectives. De cet ouvrage, la présente note de synthèse reprend, d’une part, la seconde partie, intitulée “Un nouveau régime de croissance autour de l'économie de la connaissance et de l'innovation” (pp.147-230), en en condensant drastiquement le propos, et, d’autre part, la conclusion (pp.353-362).

L’auteur commence par exhiber ce qu’il appelle les “composantes de l’économie du savoir”, à savoir le savoir, les finances, les nouvelles technologies de l’intellect et le territoire, autant de pôles dont les “liaisons interactives” produisent la “dynamique de l’économie du savoir”. Dans ce fonctionnement, apparaissent assez nettement les antagonismes entre le pôle du savoir et celui des finances, au sein d’une relation “globalement asymétrique” qui débouche fatalement sur la privatisation et la “marchandisation excessive du savoir”, dit l’auteur, avec la captation et la codification des connaissances, la propriété intellectuelle étant qualifiée de dispositif ambivalent où le brevet finit par empêcher l’innovation.

Parmi les pistes évoquées pour libérer l’innovation, outre la nécessaire sanctuarisation des dépenses d’investissements publiques de R&D et d’éducation, l’auteur revient à un concept forgé par l’économiste néoclassique Paul A. Samuelson au milieu des années cinquante, au concept de bien public mondial. Un bien public satisfait en même temps à deux exigences : celle de “non-rivalité” (bien inépuisable, sa consommation par un usager ne réduit pas la consommation par les autres) et celle de “non-exclusion” (bien dont l’accès n’est pas soumis à condition, d’où sa gratuité notamment). Le fameux rapport publié par la PNUD en 1999 (Global public goods) mettait le savoir au rang des biens publics mondiaux...

Qui veut savoir rapidement ce qui s’est dit de l’économie du savoir sera ici servi. Mais qui veut se poser les bonnes questions au sujet du savoir et de son économie pourra poursuivre sa route avec Jean-Pierre Bouchez, par exemple en lisant son ouvrage de 2012. Et comme disait Pierre Caspar, éditorialiste de la livraison de Savoirs, “face à l’amplitude et à la complexité de cette analyse, nous pouvons nous demander ce qui peut avoir un impact direct sur nous ; en particulier lorsqu‘on exerce les « métiers du savoir » chers à Jean Pierre Bouchez”.

Les documentalistes et autres gestionnaires de l’information ne sont-ils pas des professionnels du savoir, ces “piétons du savoir” dont parlait Serge Cacaly il y a trente ans (Doc-SI, 22-6, pp.208-215) et dont Suzanne Briet revendiquait haut et fort la teneur intellectuelle du métier il y a plus de soixante ans ?

Rédigé pour l'ADBS
publié sur le site de l'association le 25 juin 2015


 

3 septembre 2012

Les documentalistes vont à l'hosto !

ADBSnordpicardie logo

La prochaine Visite interprofessionnelle (VIP) organisée par la délégation Nord-Picardie de l’ADBS aura lieu le mardi 16 octobre 2012 de 9h à 12h30 à la médiathèque de la Cité, CHRU de Lille.

Toute l'info (programme, lieu exact, etc.) est et c'est gratuit (il suffit de s'inscrire avant le 10 octobre) !


 

9 mars 2012

Sarko le Hardy

Les Français n'en veulent apparamment plus comme le permier des leurs.
Les Européens ne le trouvent pas terrible en homme politique...

sarkolehardi

Il pourra toujours se recycler dans le comique troupier avec sa troupe populaire comme le Fouquet's !

Ceci dit, sa troupe rigole avec lui (regardez le gentil Bertrand à ses côtés), ce qui est vraiment trop facile. Laurel, lui, avait le sens du comique : la grimace ne le faisait pas rire ;-)


5 avril 2011

Lille, 7 et 11 avril : conférences-débats sur le nucléaire et les énergies renouvelables

Virage énergie Nord-Pas de Calais vous invite à deux conférences-débats sur le nucléaire et les énergies renouvelables : questions on ne peut plus d'actualité !
imageFlyer2

Conférences animées par Patricia Hanssens, journaliste

au Nouveau Siècle Place Mendès France à Lille

  • Jeudi 7 avril 2011 - 19h00 « La centrale de Gravelines a 30 ans : si on faisait le point ? »

Jean Sename - Président de l’Assemblée pour la défense de l’environnement de Flandres-Artois (Adelfa), membre depuis 13 ans de la Commission Locale d’Information (CLI) de la centrale (CNPE) de Gravelines.
Yves Marignac - Directeur de Wise Paris, expert indépendant en installations nucléaires.

  • Lundi 11 avril  2011  - 19h00 « Du nucléaire aux renouvelables, c’est en marche. Et en Nord-Pas de Calais ? »

Dirk Vansintjan - Dirigeant d'Eco-Power, coopérative de production et de distribution d’électricité renouvelable (Belgique).
Jörg Mühlenhoff - Ingénieur, Agence des Energies Renouvelables allemande (Allemagne).
Gildas Le Saux - Président de Virage-énergie Nord-Pas de Calais.

logos

Retrouvez Virage énergie Nord-Pas de Calais sur le web : http://www.virage-energie-npdc.org/


31 mai 2010

La République et l'affranchissement de l'esclavage

2010_05_22Ce printemps, en me baladant dans l'Oise, je me suis arrêté à Beauvais,  au musée départemental. On pouvait y admirer quelques chefs-d'œuvres du XVIIIème siècle des musées d'Amiens, de Giacomo del Po à Hubert Robert , en passant par Chardin, Fragonard.... De cet Hubert Robert que je ne connaissais pas, j'ai bien aimé les polichinelles chanteurs.

2010_05_22L'exposition  temporaire est passionnante. La permanente est elle aussi très intéressante : belle statuaire en bois notamment, avec des pièces datant du tout début XVIème comme cette vierge à l'enfant ci-contre.

 

Mais un tableau m'a intrigué plus que tout ce que j'ai pu voir. Non par sa facture, sa qualité picturale, mais par ce qu'il semble signifier de l'idéologie républicaine d'il y a un peu plus d'un siècle et demi. Il s'agit d'une commande d'État (ministère de l'Intérieur) à Nicolas Louis François GOSSE, peintre français né à Paris en 1787, mort à Soncourt-sur-Marne en 1878, un "petit maître" comme disait Cabanne et Schurr dans leur Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture (1820-1920). La commande date du 30 août 1848. 2010_05_22Ce que j'ai eu sous les yeux n'est pas le tableau commandé (qui est perdu), mais une esquisse (inv.79.16). Le tableau s'intitulait Liberté, Égalité, Fraternité ou l'Esclavage affranchi et fut exposé au salon de 1849. La présentation officielle du tableau dit ceci : Au centre, la Liberté porte le bonnet phrygien. À sa gauche, l'Égalité porte le niveau. À sa droite, la Fraternité tient un rameau d'olivier, symbole de paix. La liberté porte les chaines brisées de l'esclavage aboli.

2010_05_22bCette présentation omet quelques détails.

Par exemple que la femme blanche a la poitrine relativement cou­ver­­te, alors que la femme noire a les seins à l'air. Sûrement ce retard dans l'histoire, dans la culture dont parlait notre roi d'Maubeuge il n'y a encore pas si longtemps !  À moins que l'africaine soit plus près de l'état de nature - comme on disait à l'époque après Rousseau - que l'européenne ? Plus proche de la bête, en somme !

Par exemple que le per­sonnage centrale, Liberté, tient la chaîne brisée dans sa main gauche, comme dit la présentation offi­cielle, mais tient aussi le rameau d'olivier symbole de paix - que la présenta­tion officielle attribue au personnage représentant le peuple affranchi. C'est que les esclaves ont dû faire montre de violence pour se libérer, faire une révolution pour imposer l'idée qu'ils étaient des hommes et des femmes (souvenez-vous quelques siècles plus tôt la fameuse controverse de Valladolid). Ils ne sauraient donc porter un symbole de paix - malgré le discours officiel.

2010_05_22cPar exemple que cette République-là est digne de notre bon chanoine de Latran, je veux dire le roi d'Maubeuge : elle est irradié d'on ne sait quelle transcendance céleste (voyez les rayons derrière sa tête) et a mis une croix sur la poitrine de l'affranchie - prix à payer pour l'affranchissement (?). Il est vrai qu'à l'époque, on apprenait à lire avec la Bible... Sûrement un de ces bienfaits de la colonisation...

Etc.


19 mars 2009

Alors, il nous a revu aujourd'hui ?

Je ne sais pas exactement combien des citoyens ont défilé dans les rues de Lille cet après-midi, mais j'ai comme la vague impression qu'il y avait bien plus de monde que fin janvier. Peut-être pas deux fois plus, mais beaucoup plus.
Quelques photos de votre blogueur préféré...
(pour voir en plus grand, cliquez sur la photo !)

2009_03_19_14h26m29

2009_03_19_14h39m55

2009_03_19_14h40m04

2009_03_19_14h41m36

2009_03_19_14h49m41

2009_03_19_15h35m07

2009_03_19_15h37m12

On se retrouve au 1er mai, au plus tard... ;-)


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