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BRICH59
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3 juin 2006

Plongée des ménages...

Lu dans la revue de presse de la CCI de Lille Métropole en date du 1er juin 2006 :

rp_cci_0601

En fait tout est question de niveau d'eau !

Pardon aux collègues de la CCI, mais c'était trop tentant, surtout pour un fidèle lecteur du Canard Enchaîné ! On se déchaîne comme on peut, vu la plongée du moral !
Amitiés aux collègues de la CCI - que je remercie (et je ne dois pas être le seul !) pour leur travail quotidien sur la presse régionale et nationale !


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6 mai 2006

Nymphes des Bois

ndbrNymphe des Bois

Maison Folie de Roubaix
La Condition Publique

Mardi 16 mai, 20h30

Conte polyphonique en création, Nymphes des Bois est un hommage au génial compositeur franco-flamand Josquin Desprez. Maurice Bourbon et Philippe Jacquier, les auteurs, évoquent ses derniers jours en 1520 à Condé sur L'Escaut. Ce spectacle surprenant mêle des interprétations d'œuvres de Josquin Desprez et une écriture musicale et théâtrale contemporaine sur un sujet historique,
de portée cependant universelle.

ndbv

Josquin des Prés, dans ses derniers jours à Condé-sur-Escaut, rêve à son brillant passé en Italie et vit son présent, qu’il sent débordé par l’irré- sistible floraison des arts et de la science (Léonard de Vinci, Michel- Ange, Copernic, Magellan, Erasme, Rabelais…), par les soubresauts incon- trôlables de la religion (Martin Luther) et par l’horreur, hélas quotidienne, des guerres...

Avec le chœur Cœli et Terra, les comédiens de la Compagnie Coquelicot et Casilda Rodriguez à l'accordéon.


Présenté par la Chapelle des Flandres
et la Condition Publique,
avec le soutien de la Ville de Roubaix.

10.00 € / 12.00 €
Toute l'information est à
http://nymphesdesbois.free.fr.


4 mai 2006

Vite et bien ne vont pas ensemble, Monsieur de Villepin !

vite_bienÇa y est ! Il recommence, le grand ! Il veut encore aller trop vite !
Il ne s'agit plus du CPE, mais de son grand frère que les syndicats de salariés ont bêtement laissé passer, le CNE.
Comme pour se rassurer lui-même et sans doute pour, dans le même mouvement, se faire applaudir par la foule déchaînée, il met la pression sur les analystes et statisticiens d'État pour qu'ils "prouvent" que le CNE est bien créateur d'emplois, etc.
micrscpDu coup les syndicats des agents des ministères de l'Emploi (Dares), de la Santé (Drees), de l'Éducation nationale (DEP), de l'Insee et de l'ANPE râlent et le font savoir (communiqué de presse). Reuters et AFP s'en sont fait l'écho hier. Je cite Reuters (03/05/2006 - 20h49) : Quatorze syndicats des organismes publics de statistique dénoncent des pressions politiques et un délai insuffisant pour mener l'évaluation du contrat nouvelles embauches (CNE) commandée par le gouvernement.

Voici ce que disent les quatorze syndicats (je cite d'après Reuters et AFP) :
"Il n'y a pas aujourd'hui de mesure fiable des créations nettes d'emploi dues au CNE. À cette heure, aucune évaluation du CNE ne repose sur des faits, et aucun autre indice ne permet de dire qu'il a des effets en terme de créations nettes d'emplois. Ce n'est qu'au terme des deux années correspondant au 'cycle de vie' complet d'un CNE que des études permettant de faire un premier bilan global des effets du CNE seront possibles. D'ici là, nous estimons que la plus grande prudence s'impose aux statisticiens et aux commentateurs dans leurs évaluations et analyses. Une enquête statistique sera bientôt disponible, mais ses résultats resteront d'une portée réduite. La volonté du gouvernement d'avoir rapidement à sa disposition une mesure de l'effet du CNE a conduit le cabinet du ministre de l'Emploi à demander fin janvier le lancement d'une enquête sur les effets du CNE. Il en attend des résultats en juin prochain [mais] un délai aussi court est insuffisant pour évaluer un tel effet, les employeurs bénéficiant de modalités de rupture allégées pendant deux ans. Le risque est grand que le gouvernement s'empare de ses résultats pour exhiber un chiffre de 'créations nettes d'emplois'  pourvu de toute signification réelle [c'est une "enquête d'opi- nion auprès de chefs d'entreprises et d'eux seuls"]".

Lui qui, avant-hier et hier encore, accusait un élu du peuple d'impatience et d'inexpérience, avec ce ton de superbe et de grandiloquence à vomir, je trouve qu'il donne le mauvais exemple, ce Monsieur de Villepin !

C'est comme s'il ne se satisfaisait pas des résultats de l’enquête IFOP réalisée par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 dirigeants de TPE de 0 à 19 salariés du 23 janvier au 2 février 2006.

À moins qu'il ne cherche à prendre de vitesse la justice prud'homale : vendredi dernier, le conseil des prud'hommes de Longjumeau dans l'Essonne, présidé par un conseiller du collège patronal, a demandé la requalification d'un CNE en CDI, jugeant que "l'ordonnance du 2 août 2005 instituant le CNE est contraire à la Convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) du 22 juin 1982". Cette référence au droit international est un progrès : un précédent jugement rendu le 20 février dernier par le même tribunal prud'homal condamnait une PME de l'Essonne à verser des dommages et intérêts à un salarié de 51 ans pour recours et rupture abusifs d'un CNE, mais sans faire référence explicitement à la convention de l'Organisation International du Travail.
Il est intéressant de se rappeler que le Conseil d'État avait validé l'ordonnance instituant le CNE (décision exécutoire rendue publique le 19 octobre 2005), en jouant sur les mots : la période d'essai n'était plus qu'une période de consolidation de l'emploi, voire une "une période de constitution de 'l'ancienneté' requise pour prétendre au bénéfice de la convention" internationale de l'OIT... une sorte de purgatoire avant de pouvoir trimer comme un malade pour quatre sous !

Décidemment, l'ultralibéralisme produit bien des couacs, où la rhétorique et ses sophismes obligés ont toute leur place !


21 février 2006

Le travail en marché...

Le marché du travail est-il un marché comme les autres ?

C'est le titre du dossier publié dans la revue Personnel du mois dernier... Ce dossier retrace les principaux enjeux, débats et présente les propositions des acteurs qui ont participé à l'Université de l'ANDCP. Les DRH ont tenté de donner des réponses aux questions relatives à l'évolution du marché du travail : sur le développement économique, les embauches des jeunes, la disqualification des seniors, la mobilité, le contrat de travail, diversité pour les recrutements... Bon !

bildMais c'est aussi la question qu'on est en droit de se poser devant la mise en spectacle (au sens de Guy Debord) de la recherche d'emploi par exemple. Il y a quelque temps, j'avais, zappette au bout des doigts, été témoin d'une émission (animé par un Rachid Arab tout sourire je crois) où les gens soit-disant de la France d'en bas, des gens comme vous et moi, donnaient leur sentiment sur le chômage. On avait droit au manichéisme simpliste qui consiste à opposer la thèse du "on n'est que des pions, on nous met au chômage sans nous demander notre avis, etc." à la thèse du "allez on se bouge ! les chômeurs qui se bougent trouvent du boulot, etc.". J'avais été assez scandalisé par cette vision que la télé nous impose de la réalité sociale contemporaine. Tu as échappé, fidèle lecteur, à une diatribe ce jour-là... mais j'étais charette comme on dit et n'ai pu prendre le temps d'écrire quoi que ce soit.

Ce matin je feuillette 20' et trouve cet article :

20_du060221page29


No comment !

À part ça, les boîtes privées auxquelles l'Unedic a soutraité le "placement" des chômeurs se portent bien, apparamment...

Moi ce que je sais, c'est que ça ne s'arrange pas sur le front de l'emploi et de la vie quotidienne en France : certains retrouvent du boulot, certes, mais à quel prix ! Toute la logorrhée gouvernementale sur la question ne doit pas nous voiler le regard.

Tiens pour ma région, on peut lire ça : http://www.npdc.travail.gouv.fr/gallery/file/836.pdf !


societeDebord, lucide et loquace : Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation.

Moi, désespéré mais court et mécréant : Saint Marché priez pour nous !


14 février 2006

Promoting entrepreneurial mindsets...

Ce matin en arrivant au boulot, j'ai allumé mon ordi, actionné mes logiciels de surveillance de pages web... et je suis bien sûr tombé sur les documents de la Commission européenne parlant du fameux esprit d'entreprise, du très fameux business spirit...

press_releasesTout d'abord, le document destiné à la presse, intitulé La Commission présente un projet visant à promouvoir l’esprit d’entreprise dans les écoles et les universités, référencé IP/06/148 et effectivement daté du 13/02/2006, document dont noticia.info et l-aef rendaient compte - cf. mon message d'hier.
On peut lire en toutes lettres le lien avec les fameuses compétences clés.
On peut aussi constater le regret des commissaires devant la non prolifération de l'éducation à l'esprit d'entreprise, ce qui incite la commission à valoriser ce qui se fait déjà dans le genre, grâce à la fameuse tactique de la mise en avant des "bonnes pratiques en Europe". D'où cet autre document pour la presse, uniquement en anglais celui-là - comme pour que les handicapés linguistiques dans mon genre ne puissent comprendre.

memo0669

Sauf que grâce aux traducteurs en ligne, je vois bien que ce texte confirme mon ironie d'hier soir : on s'en prend aux petits, aux tout-petits ! Peut-être pas dès la crèche - on va laisser ce territoire à Nicolas collusionis rex -, mais dès le début de l'âge de la scolarité obligatoire... Ainsi la Young Inventors Competition britanique.

Si c'est pas de l'éducation=formatage, ça !
La force tranquille du libéralisme, c'est sa face cachée où il y a ça, entre autres !


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13 février 2006

Accueil...

hd_1920__0.01.37.18Vendredi dernier, un col- lectif d'associations s'est rendu aux portes de la cité administrative de Lille très tôt le matin afin de soutenir les personnes obligées de faire la queue dès la fin de la nuit, quelquefois plus tôt enco- re, pour faire avancer leur démarche administrative en tant qu'étrangers. En décembre dernier déjà, les associations étaient venues ainsi hd_1920__0.00.33.05dénoncer les conditions d'accueil élémentaire faites aux étrangers...

La presse audiovisuelle était là : FR3 (photos ci-dessus et ci-contre), M6...
Qu'elle soit remerciée.


12 février 2006

Violence et sentiment religieux

On s'offusque, à juste titre, de l'amalgane sous-jacent aux fameuses caricatures et rendu possible grâce à elles entre musulman croyant et terroriste religieux... Reste que cet amalgame n'aurait pas été possible si les musulmans non violents - ceux qui ne sont pas enclins à la "guerre sainte" - avaient donné de la voix quand il le fallait pour condamner les actes trop fréquents de terrorisme religieux...

lacroix_060210bC'est ce que semble avoir compris les français qui n'approuvent pas le tollé fait autour de cette affaire...  Le sondage CSA publié par le journal très catholique La Croix, vendredi dernier, indique que, "pour 54 % des Français, les journaux ont tort de publier les caricatures du prophète de l’islam. Plus des trois quarts d’entre eux sont inquiets des violences qui en ont résulté". Ce qui me chatouille ici, c'est la distorsion entre la part de ceux qui condamnent la publication des caricatures (54%) et celle de ceux qui craignent que cette publication n'engendre de la violence (78%). Ajoutons que la part des craintifs est encore plus grande si on restreint le panel interrogé aux seuls français musulmans (94%).

logo_lacroix2Pour moi, c'est clair, nos amis de la presse catholique sont tendancieux et montrent les choses par le mauvais bout. On pourrait inverser la présentation des résultats : une partie seulement des français qui craignent la "violence religieuse" en font une conséquence de la publication des caricatures. C'est en effet la violence elle-même qui fait peur, plus que l'application de la liberté de caricature.
Et donc, mieux vaudrait pour tout le monde que les musulmans non violents - c'est-à-dire les plus nombreux (cf. le sondage CSA/La Croix) - prennent la parole pour dénoncer la violence religieuse, plutôt que de lâcher un pouce de liberté, plutôt que de mettre le doigt dans un vilain engrenage d'obscurantisme, plutôt que de, par exemple, satisfaire à la demande de ce dirigeant du Hamas palestinien dans son entretien à RFI où il réclame, "premièrement, des excuses officielles des gouvernements occidentaux aux musulmans pour ce qui s'est passé et un arrêt immédiat de ces attaques ; deuxièmement, que les gouvernements occidentaux s'engagent à promulguer des lois et prendre des mesures pour empêcher la répétition de ce genre d'atteintes. [...] il faut faire une loi qui empêche de porter atteinte, non seulement au prophète Mahomet mais aussi à tous les prophètes et toutes les religions".

Pourquoi le croyant n'est-il pas suffisamment fort dans sa foi pour passer au-dessus de ces fichues caricatures ? Pourquoi faudrait-il que l'on brime l'expression au nom d'un principe qui n'est pas partagé par tous ?

Et puis, allons jusqu'au bout : que devons-nous penser de la municipalité de Téhéran qui dans son organe de presse (Hamshari) lance un concours de caricatures sur l’holocauste en réponse à celles du prophète Mahomet dans les journaux européens, concours à l'issue duquel les auteurs des 12 dessins retenus recevront une prime de deux pièces d’or de 140 dollars chacune ?

Moi, c'est la religion qui maintenant me fait peur ! Décidément l'horizon s'obscurcit !


6 octobre 2005

Avenue du plein emploi

avenue_du_plein_emploiJe viens de lire le "petit libre" (n°33)

d'ATTAC,

Avenue du plein emploi,

rédigé par Michel Husson & Thomas Coutrot

et publié par Les mille et une nuits

en novembre 2001.

Présentation par l'éditeur

Après la résignation à un chômage de masse, l'heure est à l'euphorie et à la promesse d'un prochain retour au plein emploi. Pourtant, le libéralisme continue ses dégâts: chômage et misère moderne hors les entreprises, intensification du travail et insécurité à l'intérieur. La montée de la précarité, l'aggravation des inégalités, les limites flagrantes des lois Aubry font apparaître le besoin pressant de définir une alternative. Comment consolider la reprise afin d'espérer en finir avec le chômage, la précarité et les exclusions ? Il est temps d'explorer les voies d'un nouveau plein emploi afin de parvenir à une véritable refondation sociale.

Ouvrage en trois parties

  1. Le régression néolibérale
  2. Les voies d'un nouveau plein emploi
  3. Refonder et dépasser le marché du travail

Un excellent exemple de document à travailler... Je crois que mes étudiants de la licence InfoCommDoc (Lille3) vont se régaler à le lire, à en pratiquer l'analyse documentaire et à en restituer la teneur, grâce à la technique documentaire de la condensation...


3 février 2006

auto-hétéro

novalis_romantisePour mes amis et anciennes connaissances qui travaillent au développement de la recherche sur l'autoformation, juste une citation de Novalis dont je viens de terminer les notes publiées en français sous le titre Le monde doit être romantisé :

La sollicitation extérieure
n'est qu'un manque d'auto-hétérogénéisation
et de contact avec soi-même.!!!!!

['Sollicitation' est en français dans le texte. Le reste de la phrase est traduit de l'allemand (Olivier Schefer, aux éditions Allia)]


1 février 2006

Journée parisienne

Aujourd'hui, je suis allé à la capitale ! On m'avait invité à une journée de travail à la Grande Bibliothèque, la BNF...
Quand je prends le train ainsi de bon matin, je m'offre une édition papier de Libération.
logo_liberation1Bien m'en a pris : à cause de Libé j'ai deux fois maudit l'Europe (ultra)libérale ! D'abord en lisant le courrier d'une lectrice parisienne, Monique Haas, au sujet des OGM ; puis au sujet de l'injonction européenne de laisser les équipes de foot tricolores se prostituer sur le marché  boursier. Bon je sais, quand on regarde bien, elles ne sont pas vraiment tricolore, les équipes de foot qui pourraient se vendre ainsi. Et puis, moi le foot, franchement, je m'en ... moque, ça ne m'intéresse pas vraiment. Mais c'est une question de principe : je déteste ce vent totalitaire de totale financiarisation.
La journée commençait bien mal !

bnfArrivé à la BNF, j'ai eu le plaisir d'entrendre Jean-Noël Jeanneney, "croisé de la bibliothèque numérique européenne" (comme disait le journal Les échos il n'y a pas si longtemps), entretenir un parterre de documentalistes du projet de ... bibliothèque numérique européenne. Je vous le dis : Google n'a qu'à bien se tenir ! Non, sans blague, c'était passionnant à écouter. Voilà (enfin !) quelqu'un qui parle bien, dans un français correct ! Et le sujet est tout de même fort intéressant ; ça fait rêver les amoureux du patrimoine culturel dans mon genre. À suivre donc...
Dans l'assistance, j'ai retrouvé une vieille connaissance. J'aime bien les retrouvailles !
L'après-midi, je ne suis pas resté jusqu'au bout : c'était intéressant (quel savoir pour les documentalistes nouveaux...), mais quand l'un des intervenants nous a lu consciencieusement son papier, j'ai craqué. En silence. Je me suis esquivé.

Comme j'avais un peu plus de temps devant moi avant de monter dans le TGV lillois, et comme il ne faisait pas mauvais, je me suis mis à longer la Seine en direction du quartier latin. gervais2Super, ça faisait longtemps que je n'avais pas marché dans Paris, moi qui suis parisien et qui ai toujours aimé parcourir cette belle et grande ville avec mes petites jambes ! De plus cette balade-là est très sympathique, malgré les quelques endroits bizarres où il faut enjamber des barrières, ou traverser des habitations de (mauvaise) fortune. De l'autre côté du fleuve, j'ai vu Saint-Gervais, église gothique à la façade baroque, dont l'orgue de choeur a "chanté" sous mes doigts et mes pieds il y a maintenant environ trente-cinq ans, au temps de mon apprentissage organistique... Quand je suis arrivé à la hauteur de l'Institut du Monde Arabe, le soleil illuminait discrètement Notre-Dame, immobile pieuvre de pierre comme arrimée à son navire millénaire ; la lumière donnait au flanc de la bête un flamboiement retenu, mettant en relief les motifs respirant sous la peau de calcaire...

baudelaire_par_nadar1Je ne sais plus pourquoi, mais arrivé à la hauteur de l'édifice, je suis remonté vers les bouquinistes. Mal m'en a pris : je n'ai pas résisté, lorsque qu'un titre m'a fait de l'oeil. Il s'agissait d'un bouquin que je ne connaissais pas, mais qui concerne ce grand poète de génie que fut Baudelaire : Les dernières années de Baudelaire - 1861-1867, d'un certain Lucien Aressy (éditions Jouve, 1947). J'ai découvert le poète lorsque j'avais seize ans et nous ne nous sommes plus vraiment quitté depuis. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours une pensée émue pour ce dandy désargenté à la plume si fascinante.
perec1Tout près de ce bouquin trônait l'édition originale de La vie mode d'emploi, de Georges Perec - à qui l'ADBS a su rendre hommage en lui dédiant l'une de ses salles de travail rue Tillier. Là non plus je n'ai pas résisté au plaisir de relire ce Perec en édition princeps... Ce faisant j'ai contrevenu à la sacrosainte règle que je m'étais fixée et qui consiste à ne pas acheter de bouquins avant d'avoir fini de lire ceux qu'on a précédemment achetés. Près de mon chevet, attendent ainsi, dans le désordre : La tyrannie de la réalité de Mona Chollet, le Parménide de Barbara Cassin, Écoute. Une histoire de nos oreilles de Peter Szendy, Bach, dernière fugue d'Armand Farrachi, le Derrida de Marc Goldschmit, La plasticité au soir de l'écriture de Catherine Malabou, l'ancienne Psychanalyse du marxisme de Niel, L'altération musicale de Bernard Sève, le Foucault de Deleuze, Requiem pour une avant-garde de Benoît Duteurtre et Le temps musical de Christian Accaoui...

Si au moins j'étais insomniaque !


26 janvier 2006

Europe et Tchétchénie

lemonde_dat__du_27janv06Le Conseil de l’Europe dénonce la torture en Tchétchénie. C'est Le Monde qui nous l'apprend, sous la signature de Natalie Nougayrède, dans l'édition datée de demain 27 janvier 2006...

Amnesty International nous annonçait la semai- ne dernière que la situation des droits humains en Tchétchénie devait être examinée à la ses- sion de janvier de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe...

Dans le quotidien français, ce soir, on peut lire ceci :
Il [i.e. le rapport du député allemand Rudolf Bindig, rassemblant de nombreux éléments sur les exactions commises en Tchétchénie] dénonce aussi les "mesures de représailles", crimes et actes d’intimidation, dont sont victimes en Tchétchénie des personnes ayant choisi de déposer un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le rapport de M. Bindig mentionne, à ce sujet, le cas de Saït-Hussein Elmoursaev, un habitant du village de Douba Iourt, dont le fils avait été torturé et tué par des soldats russes en avril 2004 (son corps avait été retrouvé en bordure de route avec huit autres cadavres mutilés). Le Monde avait recueilli, sur place, le récit de ce père éploré, qui avait insisté pour que son témoignage ne reste pas anonyme: il voulait introduire une requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Quelques mois plus tard, des soldats russes sont venus arrêter Saït-Hussein Elmoursaev ainsi qu’un autre de ses fils. Le 8 mai 2005, le corps du vieil homme était retrouvé dans la rivière Sounja, près de Grozny.
Sans commentaire.

Montrée du doigt par le Conseil de l'Europe, la Russie de Vladimir Poutine n'est cependant pas inquiétée le moins du monde... Aucune sanction à l'horizon... À moins que le rapport Binding et la déclaration du Conseil soient le vrai début d'une vraie prise en compte des "réalités vraies" de la Russie d'aujourd'hui...

Concernant les relations entre Europe et Tchétchénie, notamment le regard et les gestes de la première vers la seconde, je me permets de renvoyer à La Tchétchénie et l’Europe, bref document de synthèse proposé par Julie Le Mazier & Florent de Bodman, lors de la séance du 4 mai 2005 du séminaire de l'Association Pollens, à l'École Normale Supérieure (téléchargeable en pdf) - que je présentais en octobre dernier, dans un petit point bibliographique.


4 août 2004

Missions Locales Centre (fin) : utiliser le thésaurus

                

Ce thésaurus permet plusieurs niveaux d'utilisation, du simple classement des documents à la recherche bibliographique dans les fonds documentaires du réseau, en passant par l'indexation des documents.

Coter pour classer

Classer des documents sera possible par le marquage systématique de chaque document d'un symbole indiquant la place qu'occupe le document dans le système de rangement adopté. Ce symbole, c'est la cote.

Dans un premier temps...

Dans un premier temps, la cote pourra être constituée d'un nombre à deux chiffres suivi d'un suffixe littéral à trois caractères.

Le nombre à deux chiffres identifie le descripteur choisi pour caractériser le document, de 00 à 99. Il s'agit de pratiquer ici le jeu du descripteur unique : un document n'a droit qu'à un seul descripteur. Ce jeu est facile dans certains cas, comme pour l'ouvrage de Gérard Mlékuz cité en avant-propos [Les missions locales pour l'insertion professionnelle des jeunes, Lille : ustl-cueep, octobre 1985, 107 p. (les cahiers d'études du cueep; 4)] dont le titre renvoie sans ambiguïté au descripteur mission locale : le nombre à deux chiffres qui ouvre la cote de cet ouvrage sera donc 21. Il en sera de même pour tous les documents qui parlent de mission(s) locale(s), comme l'ouvrage de Pierre Verharne, Missions locales du Nord-Pas de Calais 1982-1995. Arrêts sur images, [s.l.] : [s.n.], juin 1995, 130 p.

Les trois lettres qui suivent ont deux types de signification possibles selon que l'auteur du document est un auteur "physique" ou un auteur "institutionnel". Dans le premier cas, les trois lettres sont tout simplement les trois premières lettres du nom de l'auteur du document. Ainsi l'ouvrage de Gérard Mlékuz déjà cité sera coté 21MLE, et celui de Pierre Verharne 21VER.

Dans le cas d'un auteur institutionnel, il convient de se mettre d'accord tout de suite sur une nomenclature de base :

 

  • CRP
  • document d'origine Communauté Européenne (tout document, qu'il émane d'instances politiques ou techniques)  
  • DPT
  • document d'origine Conseil Général (y compris document à caractère technique, émanant des services)  
  • MNC
  • document d'origine municipale ou intercommunale (y compris document à caractère technique, émanant des services)  
  • PRD
  • document d'origine Préfecture de Département (et services déconcentrés)  
  • PRR
  • document d'origine Préfecture de Région (et services déconcentrés)  
  • RGN
  • document d'origine Conseil Régional (y compris document à caractère technique, émanant des services)  
  • TXT
  • document à caractère réglementaire, juridique ou conventionnel (en général, issu d'organes ministériels ou interministériels) 

    Ainsi l'accord-cadre national entre l'ONISEP et la DIJ du 18 juillet 1994 sera coté 16TXT, de même que la note d'orientation entre la DJVA et la DIJ sur le rapprochement du réseau d'information jeunesse et le réseau d'accueil des ML et PAIO du 15 février 1995. Tout document concernant ce que le thésaurus appelle le réseau information et émanant d'organes ministériels ou interministériels portera cette cote.

    Pour plus de finesse...

    Pour plus de finesse, pour une précision maximale, on pourra compléter le système "deux chiffres + trois lettres" d'une indication temporelle, d'une façon tout à fait classique quand il s'agit de permettre un classement chronologique : deux chiffres pour l'année, deux chiffres pour le mois, deux chiffres pour le jour. Bien sûr ce complément sera construit en fonction des données disponibles sur le document : là où les textes officiels portent une date complète, les ouvrages se contentent très souvent d'une indication d'année d'édition, rarement complétée par l'indication du mois.

    Ainsi l'accord-cadre national entre l'ONISEP et la DIJ du 18 juillet 1994 sera coté 16TXT940718, ce qui permettra de la distinguer de la note d'orientation entre la DJVA et la DIJ sur le rapprochement du réseau d'information jeunesse et le réseau d'accueil des ML et PAIO du 15 février 1995, cotée 16TXT950215. Pour ces textes, la date complète fait partie du titre du document et il suffit de rétablir l'ordre année/ mois/jour.

    Par contre, l'ouvrage de Gérard Mlékuz verra sa cote complétée sous une forme plus réduite (21MLE8510 et 21VER9506 pour celui de Pierre Verharne). Pour ces documents, l'indication année/mois est lisible sur la page de couverture.

    21MLE8510, parce que c'est un numéro de "périodique" (à savoir le numéro 4 des Cahiers d'études du cueep) et que les numéros de périodique portent généralement une précision de type année/mois ;

    21VER9506, parce que c'est ce qu'on appelle de la littérature grise (c'est-à-dire littérature non systématiquement diffusée en librairies, comme rapports de recherche, mémoires et thèses universitaires, textes d'orientation politique, etc.) et que ce type de littérature porte généralement lui aussi une précision de type année/mois.

    Enfin, pour un ouvrage comme Guy Roustang, L'emploi : un choix de société, Paris: Syros, 1987, 144 p. (Alternatives économiques), la cote "complète" sera réduite à 46ROU87 (46... pour politique emploi, ...ROU... pour Roustang et ...87 pour 1987). Cette cote est complète, au sens où le document n'apporte aucune précision supplémentaire qui permette de le dater plus finement. En règle générale concernant les ouvrages publiés chez les éditeurs et diffusés en librairies, seule l'année d'édition est indiquée. Il suffit de repérer le copyright qui se trouve d'habitude au verso de la page de titre (en bas), et de reproduire la mention de lieu d'édition, de nom d'éditeur et d'année d'édition (c'est-à-dire ce que les documentalistes appellent l'"adresse") qui y suivent le symbole © - ce dernier authentifiant l'information.

    Le plan de classement

    Les documents ainsi cotés trouveront tout naturellement leur place, chacun la sienne, dans un plan de classement cohérent avec la logique du thésaurus (dans l'ordre numérique des descripteurs).

    Indexer pour connaître

    Classer n'est pas connaître. Le jeu du descripteur unique n'a été pratiqué ici que pour classer. Le problème, c'est qu'un document n'est que rarement monothématique : l'analyse documentaire attribue généralement plusieurs descripteurs à un document. Ainsi pour savoir ce dont parle l'ouvrage de Pierre Verharne, il conviendra de mobiliser un certain nombre de descripteurs (mission locale, certes, mais aussi territoire, situation emploi, formation, réseau accueil jeunes, parcours formation, etc.) qui renvoient à autant de thèmes traités par l'ouvrage.

    L'activité documentaire se complexifie donc : le jeu du descripteur unique est dépassé par l'indexation et devient jeu du descripteur principal. Si classer n'est pas connaître, il est clair que pour classer il convient de comprendre le document : parmi les descripteurs attribués, la pratique de classement va devoir choisir celui qui caractérise le document dans sa globalité ou plutôt dans sa pertinence.

    La pertinence d'un document, c'est son intérêt (pour l'action) dans le cadre d'une activité déterminée. La caractérisation globale d'un document n'existe pas en soi, n'est pas donnée une fois pour toutes (sauf peut-être ce qui s'écrit dans la référence bibliographique minimale ; mais de toute façon pas la caractérisation issue de l'analyse documentaire). Il n'y a pas d'analyse documentaire "objective" et définitive. Le même document a toutes chances d'être indexé différemment selon les caractéristiques de l'instance documentaire qui indexe. L'ouvrage de Pierre Verharne n'aura pas le même appareil de descripteurs dans le service documentation du CHR de Lille et dans l'un des six Centres de Ressources Documentaires de l'IUFM d'Orléans-Tours. Bref, la connaissance est toujours située dans l'horizon d'une activité, voire dans la perspective d'une action.

    Le travail - dont le présent document veut être une étape - ne consisterait-il pas précisément à construire des outils documentaires de connaissance qui seraient d'emblée dans un horizon commun aux agents PAIO-ML, mais aussi d'installer des pratiques documentaires dans une perspective collective ?

       

    Rechercher pour agir

    C'est bien l'activité "accueil/insertion jeunes" qui légitime et finalise toute action entreprise dans une ML ou une PAIO. Et il n'y a pas de raison pour que la pratique documentaire échappe à cette vérité pratique. Cette dernière s'exprimera dans toute sa force au moment de la "recherche documentaire pour l'action". 

    Imaginons que la fonction documentaire dans une structure d'accueil a produit un catalogue informatisé de son fonds. Imaginons aussi que, dans cette structure, un nouveau partenariat s'instruise, qu'un nouveau plan d'action se dessine. Il suffira alors au professionnel en charge du dossier de dégager les descripteurs correspondant à la problématique de cette nouvelle action (c'est-à-dire traduise le langage professionnel en langage documentaire) pour entamer une recherche sur le fonds documentaire de sa structure. Il aura ainsi à sa disposition un ensemble de documents dont la lecture lui permettra de ne pas partir vers l'inconnu, mais d'engager une action innovante en appui sur une connaissance (compte rendu d'expériences similaires, réflexion sur la problématique en question, etc.). Je n'insiste pas. Ici la fonction documentaire atteindra son but : outiller l'action.

    Un outil ouvert

    Langage documentaire, un thésaurus est d'abord un outil, un outil pour l'action. Le présent thésaurus est un outil ouvert : ouvert parce qu'expérimental, ouvert ensuite parce que continuellement perfectible, ouvert enfin parce que permettant des prolongements techniques presque illimités.

    Un thésaurus expérimental

    Le thésaurus, dans son état actuel, demande à être validé par les professionnels de l'accueil/insertion des jeunes de la région Centre.

    Il est expérimental, son élaboration (structuration et choix des descripteurs) reposant sur des hypothèses de travail qu'il reste à confirmer ou infirmer. D'autre part, il y a sûrement des synonymes à intégrer, des associations supplémentaires à introduire ainsi que des notes d'application à ajouter.

    Cette lourde tâche, à l'ordre du jour des rencontres de juin et septembre 1997, devrait aboutir à une première stabilisation du thésaurus.

    Dispositif de mise à jour du thésaurus 

    Mais, dans la mesure où tout d'abord un thésaurus (n') est (qu') un outil au service de l'activité, et où ensuite l'activité n'est pas définie une fois pour toutes dans ses détails, la "mise à jour" du thésaurus apparaît comme une nécessité. Elle peut s'effectuer sous deux modes complémentaires : travail sur les synonymes et travail sur les descripteurs.

    Actualiser le système de synonymie

    Actualiser le système de synonymie dans un thésaurus, c'est aménager autant de passerelles qu'il convient entre langage dit naturel (langage dans l'action, langage professionnel, langage sectoriel, etc.) et langage documentaire. Si ce dernier rend bien compte de la logique d'action des professionnels, l'évolution (inévitable ?) du langage professionnel ne remettra pas forcément en cause la structure du langage documentaire. Il pourra suffire d'indiquer les liens entre les nouveaux termes du langage professionnel et les termes du langage documentaire.

    Modifier les descripteurs

    Il faut en effet éviter de modifier les termes du langage documentaire. Tant qu'il est possible d'actualiser par des synonymes, c'est-à-dire par des non-descripteurs, aucun problème ne se pose. La démarche est celle qu'indique le paragraphe précédent.

    Par contre, il est possible qu'au fil du temps un descripteur se vide de toute référence à l'activité professionnelle, ou que cette référence s'altère significativement. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, il s'avérera nécessaire de modifier, à cet endroit précis, le langage documentaire - mais en prenant garde que cette modification n'altère pas le "système" descriptif que constitue le thésaurus. En présence d'une telle altération, c'est l'ensemble du thésaurus qui doit retrouver un équilibre, c'est l'ensemble du thésaurus qu'il faut repenser...

    Vers un collectif documentaire

    Les modalités d'actualisation synonymique et de modification descriptive répondent à la philosophie globale du thésaurus. Autant dire qu'elles participent nécessairement des prérogatives des utilisateurs, les professionnels de l'accueil/insertion des jeunes.

    D'où l'idée simple de la nécessité de la constitution d'un collectif documentaire du réseau d'accueil/insertion jeunes (de la Région Centre, à moins que l'ensemble du réseau national ne s'approprie cet outil) chargé notamment de ce travail d'actualisation synonymique et de modification descriptive. Reste qu'ici l'aide de documentaliste(s) professionnel(s) s'avérera très utile.

    Ce collectif devra travailler à la mise à jour du thésaurus, mais en prenant de nombreuses précautions, étant donné l'ampleur du travail et des répercussions de ce travail sur les pratiques documentaires qu'il étaye. La suppression d'un synonyme - et à plus forte raison la modification d'un descripteur - devra être mûrement pensée avant d'être décidée. En effet, un fonds documentaire n'est pas seulement lié à l'activité présente des professionnels. Il conserve aussi la mémoire de l'activité passée.

    C'est l'historicité des outils documentaires qui est ici visible : non seulement tout outil documentaire porte trace de ses conditions sociales et historiques d'élaboration (ce qui légitime la nécessité de mise à jour), mais encore tout outil documentaire est utile à la mémoire (ce qui légitime la prudence dans la mise à jour)...

    Catalogage informatique des fonds documentaires

    L'indexation, comme structuration de la recherche documentaire, n'a véritablement de portée que dans le cadre d'une informatisation du catalogue.
    Imaginons donc les PAIO et ML dotées d'équipements ad hoc.
    L'avantage de l'informatisation du catalogue (les documents ayant été indexés) vient de la capacité de combiner des descripteurs, grâce à ce qu'on appelle les trois opérateurs "booléens" (ET, OU, SAUF). Rechercher de l'information documentaire sur un catalogue informatisé, c'est élaborer l'"équation de recherche". Or pour élaborer une équation de recherche, il faut déjà avoir traduit les termes de la problématique professionnelle dans le langage documentaire, c'est-à-dire en descripteurs. Élaborer l'équation consistera à combiner les descripteurs choisis de façon à obtenir la réponse la plus pertinente à la question posée.
     

    Région Centre et Lille, 1996/1997 


     

     

     

     
    9 octobre 2005

    Polygraphe

    mercolJe viens de découvrir un auteur XVIII/XIXè s., une sorte de pont français entre lumières et romantisme... Il s'agit de Louis-Sébastien Mercier. Avec un soupçon de philologie sauvage, comme j'aime.

    Après une très rapide recherche, il semble que la page d'entrée pour cet auteur étonnant soit à la Bibliotheca Augustana. qui renvoie, pour les textes disponibles, à la Gallica.


     

    9 octobre 2005

    Cantus 21, trois mois en Nord...

    cantus21Ce billet est de seconde main. Il remanie et compile une série d'informations reçues de gauche et de droite et/ou lues depuis quelques temps...

    La jeune association Ad fugam va bientôt dé- voiler au public le fruit de son travail : Cantus 21, sa première édition événementielle, qui se déroulera du 18 novem- bre 2005 au 18 février 2006 dans le Nord de la France.

    Cantus 21 est un vaste projet, largement soutenu par l’État et les collectivités territo- riales (Région, Départe- ment, Municipalités) et par les universités sep- tentrionales (Paris4 et Lille3). Il s’appuie sur le patrimoine musical du nord de la France (manuscrits, instruments, sculptures, tableaux, etc.) du Moyen-âge et de la Renaissance et propose, durant trois mois, quatre expositions simultanées (Douai, Cambrai, Bailleul), un colloque international, une création contemporaine, toute une série de concerts et encore bien d’autres manifestations périphériques inédites (conférences, lectures et théâtre à la Villa Mont-Noir, etc., etc.).

    Pour ce qui est des contenus des expositions l'association Ad fugam s'est efforcée de présenter les collections dans leur contexte géographique, historique et cultu(r)el.
    Ainsi :

    • à Cambrai : la polyphonie (les grands livres de chœur de l’ancienne cathédrale, les traités musicaux allant du IXème au XVIIème s., etc.) ;

    • à Douai, les superbes livres enluminés des anciennes abbayes douaisiennes (Marchiennes, Anchin, etc.) contenant les premières notations musicales (paléo-franque, messine, laon) - typologie des livres liturgiques, du IXème au XIVème s. ;

    • à Douai encore, les peintures d’Hubert Cailleau, enlumineur valenciennois du XVIème s. à découvrir ;

    • à Bailleul : Edmond de Coussemaker qu’on ne vous présente pas, mais dont on présentera néanmoins les travaux en éditions originales, manuscrits autographes et autres copies [en plus de la copie autographe des œuvres d’Adam de la Halle, nous présenterons la copie du Zeghere Van male de Cambrai, dont l’original sera évidemment présenté à ... Cambrai], ainsi que divers ouvrages issus de sa bibliothèque personnelle.

    Le site internet de l'association (http://www.adfugam.net) est en cours de réalisation. Alors, soyez indulgents ! Mais allez-y : il est assez joli et riches d’informations (dont le dossier de presse).

    Les plus enthousiastes d'entre vous peuvent s'inscrire dès maintenant au colloque international Ars musica septentrionalis..., rencontre scientifique décentralisée et itinérante, allant des anciens hospices médiévaux à l’estaminet flamand, en passant par les cathédrales élancées. Le thème central de cette manifestation s'énonce ainsi : De l’historiographie à la valorisation du patrimoine musical. Elle se déroulera du 24 au 26 novembre 2005 à Douai et Cambrai. C'est une grande prémière : une réflexion scientifique d’envergure internationale sera menée dans notre région sur les musiques anciennes à partir d’un support de réflexion concret, l’ensemble des manuscrits exposés dans le cadre du projet... Attention : le nombre de places est limité !

    Et puis vous devez noter sur vos tablettes ces quatre concerts :

    1. VOIX ET LUMIÈRE., le samedi 19 novembre 2005, 17h30, Cathédrale Notre-Dame de Cambrai. Jean Richart, messe à double chœur (1623, recréation) ; Régis Campo, messe autour du credo quarti toni de Josquin Desprez (2005, commande). Ensemble Métamorphoses, ensemble Coeli et Terra (Maurice Bourbon) et la Maîtrise Boréale.

    2. NIGRA SUM SED FORMOSA : chant marial au XVIe siècle, le mardi 20 septembre 2005, 20 h, à Amiens. Ensemble Capilla Flamenca (Dirk Snellings) ; Ensemble Psallentes (Hendrik Vanden Abeele).

    3. TRÉSORS CACHÉS : les plus anciennes polyphonies françaises et anglaises, le jeudi 24 novembre 2005, 20 h 30, Salle d'Anchin (1er étage) à Douai. Ensemble Dialogos (Katarina Livljanic) – Voix de femmes a capella.

    4. CREDO, le mercredi 23 novembre 2005, 18 h 30, Eglise St-Pierre à Villeneuve d’Ascq. Josquin Desprez, messe Gaudeamus (début XVIe siècle) ; Régis Campo, messe autour du Credo quarti toni de Josquin Desprez (2005, commande). Ensemble Métamorphoses, ensemble Coeli et Terra (Maurice Bourbon) et la Maîtrise Boréale.


    9 octobre 2005

    Chirac autorisé à voler

    _pouxchiracJe ne voudrais pas jouer au Canard enchaîné, mais vraiment ce titre sur le site de TF1 (daté d'hier) ! J'attends mercredi avec impatience pour voir s'ils ont relever...

    Imaginons la scène.

    Un français lambda dans mon genre lit ce titre de dépêche et, avant d'aller plus avant dans sa lecture, se questionne en son fors intérieur : tiens ! la Cour de cassation a définitivement refermé le dossier fin septembre, et il peut déjà recommencer ?

    Perdu ! il fallait lire plus loin sur le site de TF1 : "Le chef de l'Etat a subi des examens de contrôle samedi, à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Ses médecins l'ont autorisé à reprendre ses déplacements en avion."
    Et ils donnent des plateaux repas dans les avions ?

    Non ! Sérieux : je suis soulagé et je fais OUF !
    Y a quand même une justice !


     

    15 août 2005

    Le sous-texte (1)

    9782742754373tnJean Duvignaud, Le sous-texte
    Actes Sud (Un endroit où aller)

    2005, 168p. (paru le 10 mars 2005)

    Le sous-texte. Déjà, ce titre m'attire, quand je le lis dans une librairie de la vieille ville de Montluçon. Il évoque d'emblée ces réseaux de sens qui circulent en dessous du discours, évoquant Nietzsche, Foucault et les autres, rappelant mon projet d'herméneutique documentaire d'il y a quelques années !

    Et puis DUVIGNAUD, Jean Duvignaud, celui de la revue Arguments, celui de Cause commune, le sociologue de l'art, le romancier, penseur ouvert et généreux, esprit nomade toujours en marche, en quête à peine cachée de l'innommable, comme en écho à Samuel Beckett, en chasse continue du dyspensé [le pensé de travers, pensé avec le mauvais regard, les mauvais mots mais aussi le difficile à penser parce qu'en lisière, à la marge, aux marches du langage], en questionnement systématique de l'évident, de ce qui se déclare comme allant de soi... Bref, un philosophe un vrai !

    Ce livre, écrit à La Rochelle en 2004, s'avère une grandiose fontaine de jouvence ! Livre fécond, germinatif : lisant Duvignaud, j'ai le sentiment de devenir plus intelligent, et sens que mon esprit s'aiguise en s'excitant de cette lecture ; lisant Duvignaud, je me souviens de tout ce que je n'ai pas écrit et que j'ai sur le bout des doigts.

    Ce livre, né de Sagesse et de Nomadisme, invite au voyage spirituel, à la pérégrination intellectuelle. De la naissance en 1921 (« N'être... ») à la vieillesse d'aujourd'hui (« La suite... - De quoi ? - Le rien »), on parcourt, à vol de pensée, toute une vie d'intelligence et de rencontre, se laissant guider par quelques plis géosophiques de l'auteur, qui nous livre ici un fond de pensée tout en posture, tout en écoute, tout en questionnement - une forme contemporaine de l'ancienne ironie, en quelque sorte. Mais un fond de pensée à la Montaigne, ce que Jean Duvignaud appelle, précisément, le sous-texte de son existence déjà très riche, c'est-à-dire la tentative de dévoiler le non-dit (ensemble d'hypo-thèses dynamiques) de ce qui est arrivé au cours de cette existence nomade sous plus d'un aspect et, Dieu merci !, non close à ce jour.

    Sociologue, Jean Duvignaud tente d'élucider la question du nous - famille, groupe, collectif, société - mais en philosophe. Pourquoi pas en sociologue ? Tout simplement parce que la sociologie dédaigne souverainement « cette région de l'être où s'enchevêtrent les rencontres, les affinités, les attentes communes, les plaisirs partagés, les utopies, les erreurs - le sous-texte de l'existence journalière » (p.9).

    Le mot "sous-texte", Jean Duvignaud semble l'avoir rencontré en lisant Constantin Stanislavski, grand homme de théâtre russe (1863-1938), notamment metteur en scène de réputation mondiale, qui parle du sous-texte, après Tchékhov (1860-1904), pour désigner ce qui, dans le dire théâtral, n'est pas réductible à ce qui est dit. Mais notre auteur en élargit considérablement la portée, ne l'inscrivant plus seulement dans un espace spécifique déterminé : théâtral (Tchékov-Stanislavski), voire cinématographique (comme on le fait souvent aujourd'hui, par simple transposition à partir de l'emploi originel) ou encore philologique, littéraire, etc., non sans pratiquer parfois un sorte d'amalgame, où se mêlent trop souvent texte, sous-texte proprement dit, intertexte, paratexte... Ici, le sous-texte, proprement dit, est inscrit - c'est-à-dire prend racine et signification - dans l'espace biographique tout entier.

    duvignauPhilosophe, Jean Duvignaud nous éclaire, par exemple et comme en passant mais tout au long du voyage, sur la relation si tendue et mouvante entre l'espace et le temps, le premier s'instituant instrument de maîtrise du second, indomptable par essence et pour nous, antique et pur adamas. (Pardon lecteur, mais je ne peux pas ne pas rapprocher cette vision de Duvignaud d'avec l'eschatologie platonicienne, du moins telle qu'elle est imagée dans le mythe d'Er le Pamphylien, à la fin de la République, où se joue aussi l'articulation entre espace et temps.) Sociologue de l'art et de l'artiste, Jean Duvignaud nous place dans un angle de vue d'où l'acte créateur se dénude en sa richesse absolue et son décalage relatif.

    Romancier, Jean Duvignaud nous donne à lire une écriture qui ne sacrifie jamais le travail du sens sur l'autel du travail de la langue, comme aurait dit Roland Barthes. Bien au contraire, il en utilise tous les ressorts pour emmener le plus loin possible dans son voyage, à la rencontre des gens et des pensées. Sous chaque mot, derrière chaque expression, se profilent des perspectives, en appui sur des lignes de fuite attestées. Pas un mot de trop, pas une expression gratuite. Ici la belle écriture est totalement maîtrisée. Duvignaud me fait penser à Josquin Despréz dont Martin Luther disait qu'il était le Maître des notes, car il en faisait ce qu'il voulait, alors que les autres faisaient ce que les notes voulaient (Josquin […] ist der noten meister, die habens müssen machen, wie er wolt ; die anderen Sangmeister müssen machen, wie es die noten haben wöllen). Ainsi Duvignaud est Maître des mots et ne se laisse pas facilement prendre dans les rets du langage, comme aurait dit Nietzsche. D'autres souvent se font ainsi prendre dans les filets du langage, dans les pièges que l'idéologie nous tend continuellement...

    -----------------------

    Pages 64-74, un chapitre intitulé simplement « Progrès », des pages comme j'aime en lire car elles font réfléchir, parsemant le texte de questions, reliant le thème à l'ensemble d'une réflexion large et profonde... Voici l'ouverture :

    « Tout est calme... transformation graduelle du moins bien vers le mieux, et demain sera plus heureux qu'hier. Nous sommes en marche vers... vers quoi ? La réconciliation de l'homme et de la nature ? Le bonheur pour tous ? Le bonheur et la paix universelle ? Qu'importe ! Un incoercible mouvement nous emporte qui surmonte une multitude d'obstacles. »

    Suivent une dizaine de pages qui invitent à une authentique réflexion, libérée des carcans dont les scholastiques - l'ancienne comme la moderne - ont balisé les voies, stérilisant au passage - mais n'était-ce vraiment qu'un effet collatéral ? - les voix de l'imaginaire et de la trouvaille intellectuelle. Peu importe qui est convoqué au long de ces pages - il y a du monde ! Ce qui compte ici, c'est le cheminement d'une pensée questionnante, mûre et sûre.

    Je ne résumerai pas ici ce cheminement. À toi de lire, lecteur assoiffé, en quête d'une fontaine distribuant sans compter une eau germinale et fécondante ! Juste une confidence cependant : incidemment, évoquant l'impossible rencontre londonienne entre Darwin et Marx - impossible parce que le premier ne voulut pas recevoir le second -, Duvignaud note ceci :

    « On eût aimé savoir ce que pouvaient se dire ces deux grands barbus sur les déambulations des formes de la vie dans l'histoire - et sur le progrès...

    « N'étaient-ils pas l'un et l'autre engoncés dans la certitude d'un engendrement de toute novation, de tout événement, dans le temps? d'une causalité interminable dont chaque étape est une conquête, une amélioration? Ainsi désigne-t-on la découverte des instruments mobilisateurs du progrès et les lieux d'où partiraient ces mutations, voire les groupes, - les "races" - qui en seraient les inventeurs pour l'un, les parties soumises et travailleuses d'un peuple pour le second? Et tous les deux saisis par l'évidence que ces moments prépareraient l'irruption d'un nouveau - eschatologie où l'on renifle l'odeur des mirages théologiques. »

    Ces deux alinéas pointent une part du sous-texte idéologique que j'ai toujours intuitivement subodorée : cette "odeur" théologique, comme dit si bien Duvignaud, derrière les masques de la science, et notamment des sciences dites humaines...

    brune« De l'idéologie aujourd'hui... », c'est le titre de l'article que François BRUNE, philosophe personnaliste, publia en août 1996 dans Le Monde diplomatique. C'est devenu depuis celui d'un ouvrage paru au mois de mars 2004 aux éditions de L'Aventurine. L'ouvrage s'ouvre sur une nouvelle version de l'article en question. Suivent d'autres contributions. Objectif de l'ensemble : débusquer l'idéologie là où elle prétend précisément n'être pas... Bref, remettre les pendules à l'heure. Salutairement. Des pages comme j'aime en conseiller à lire car elles éclairent l'emploi du langage quotidien...

    Le progrès apparaît dans ce texte comme un mot d'ordre incantatoire, relevant d'une mythologie imposée :

    « Le progrès est, certes, une réalité ; il est aussi une idéologie. Le simple proverbe "on n'arrête pas le progrès" est un principe de soumission cent fois répété ; c'est aussi une prescription quotidienne : chacun doit progresser, changer, évoluer. Voici par exemple la question que pose un journaliste à un animateur de radio : "Vous faites aujourd'hui trois millions d'auditeurs, comment comptez-vous progresser ?" Mais pourquoi faudrait-il faire davantage d'auditeurs ? C'est que, le progrès devant être mesuré, il est le plus souvent d'ordre quantitatif. Cette obsession est sans doute à l'origine de la savoureuse expression "croissance négative" ; un recul de la production économique étant impensable, on a voulu n'y voir qu'une forme subtile de croissance. Il faut croître.

    « En corrélation, la grande angoisse est d'être en retard : en retard d'une invention, en retard d'un pourcentage, en retard d'une consommation ! Ecoutez ces nouvelles alarmantes : "Par rapport aux autres nations industrielles, les ménages français sont en retard en matière d'équipement micro-informatique !", "La France est en retard en matière de publicité, si l'on considère la part du PIB que nous y consacrons par tête d'habitant !" Les médias adorent cultiver le chantage du retard, forme inversée, de l'idéologie du progrès.

    « Proches du "progrès", les mots "évolution" ou "changement" bénéficient d'un a priori positif. Le changement est une réalité : c'est aussi une idéologie. "Français, comme vous avez changé !", titre un hebdomadaire pour accrocher les lecteurs [L'Express, 2 janvier 1996] : c'est forcément un progrès puisque c'est un changement. En quoi le Français a-t-il changé ? En ce qu'il serait devenu plus proche de l'"être" que du "paraître" ! Ce type d'analyse, issu de sondages artificiels, est l'exemple même du faux événement sociologique : il faut du changement, il faut que notre société "bouge", il faut de l'évolution, qui est immanquablement amélioration. C'est cela, notre époque. »

    On notera quelques similitudes entre François Brune et Jean Duvignaud, notamment la capacité à mettre en question ce qui semble acquis, ce qui est réputé aller de soi ; notamment aussi cette exigence d'une sociologie authentique...

    Placé dans son contexte, le mythe du progrès n'est que l'un de ces "complexes idéologiques" dont la vocation semble consister à brouiller l'esprit d'analyse sociopolitique des citoyens. Voici le condensé (au sens documentaire du mot) de l'article :

    Il n'y a plus d'idéologie, dit-on. Il n'y a même plus à penser : le réel s'impose, tel le fait de la globalisation ou celui de la mondialisation ! Quatre grands « complexes idéologiques » fonctionnent ainsi dans le discours ambiant. Le mythe du progrès, tout d'abord, (avec son corrélat nécessaire, la peur du retard) cultive une fausse sociologie du changement. Le primat du technique, ensuite, détournant des questions fondamentales, en occultant le pourquoi par le comment, donne aux technocrates un poids tout dictatorial. C'est ainsi que l'idée d'autoroute s'impose, que l'image de la vitesse envahit tous les discours. Puis le dogme de la communication qui véhicule de nombreux mots à forte charge idéologique et que la télévision entretient pour mieux faire illusion. La religion de l'époque, enfin, qui sacrifie tout à la « modernité », dans une mise en scène d'autant plus efficace qu'elle est artificielle. C'est ainsi que la publicité envahit notre vie et que la « société de consommation » prospère toujours davantage. Quand, au gré d'une explosion sociale, l'un de ces complexes défaille, les autres viennent à la rescousse, pour mieux brouiller l'analyse critique que le citoyen pourrait entreprendre des « réalités » qu'on lui impose. Bafouant l'expérience la plus commune, ce brouillage oblige à une double pensée, au risque d'une schizophrénie collective.

    Cette tentative d'imposer une schizophrénie collective, je l'ai déjà rencontrée en d'autres lieux et sous d'autres situations. Il s'agit de la thématique de l'analyse des besoins de formation, des besoins dits "objectifs" de formation, et de l'un de ses avatars, je veux parler de la doctrine de l'incitation - doctrine de l'accrochage, comme on dit outre Quiévrain - en Action Collective de Formation.

    Il y aurait, dit-on, le niveau subjectif des besoins de formation, et il y aurait leur niveau objectif. J'ai toujours été prudent dans la manipulation de cette dichotomie objectif/subjectif, qui semble pouvoir être ici superposée à une autre dichotomie importante, celle qui distingue besoin et demande.

    L'idée est simple et forte dans sa simplicité même : les gens qui ont le plus besoin de formation ne perçoivent pas ce dont ils ont besoin, parce que leur conditions matérielles de vie les en empêchent.

    Prenons l'exemple des femmes de mineurs du bassin minier lensois où j'ai travaillé dix années (Action Collective de Formation de Sallaumines-Noyelles-sous-Lens, 1978-1988). Ces femmes souhaitent majoritairement apprendre à confectionner et réparer des vêtements, plutôt que suivre des formations en expression écrite et orale, en langues étrangères, en "monde actuel", en sociologie, etc. La motivation de ces femmes à suivre des cours de coupe et couture semblent relever à la fois de la sociabilité (entre nous, femmes de mineurs) et de l'économie domestique (faire avec art plutôt qu'acheter tout fait, voire mal fait)... Sauf que les "autorités politico-scientifiques" ne l'entendent pas de cette oreille : ces femmes se trompent et il convient de les mettre dans le bon chemin. Elles ne se trompent pas parce qu'elles sont mauvaises ou bêtes, elles se trompent parce qu'elles ne voient pas leur propre intérêt de classe, elles ne perçoivent pas ce dont elles ont objectivement besoin pour s'émanciper du rôle que la "société bourgeoise" leur a assigné une fois pour toutes ; bref, elles se trompent parce qu'elles n'ont pas conscience du sens de l'histoire de notre société de classe, qu’elles n’ont pas conscience de la fatalité de leur propre progrès. Et cette erreur repose sur la confusion entre demande et besoin, entre deux niveaux du besoin de formation, le niveau subjectif (ce qu'exprime ma conscience immédiate comme besoin de formation) et niveau objectif (ce que détermine l'analyse scientifique de l'histoire de la société comme besoin de formation)... Qu'à cela ne tienne, conscientisons-les, proposent les autorités politico-scientifiques ! Las, ces femmes ne sont pas forcément prêtes à entendre le discours conscientisateur. Qu'à cela ne tienne, incitons-les, accrochons-les pour les conscientiser malgré elles, proposent les mêmes autorités ! L'idée est la suivante : vous offrez une formation qui réponde au besoin subjectif de formation et glissez dans cette réponse des éléments qui satisfassent le besoin objectif de formation et incitent ces femmes à reconnaître ce besoin-là, c'est-à-dire ce besoin qu'elles ne reconnaissent pas comme leur en ce moment et qui est objectivement leur vrai besoin. 

    Ce qui m'intéresse, ici, ce n'est pas de juger de la pertinence ou de la validité scientifique d'une telle démarche. Laissons ses promoteurs mettre en avant leurs arguments. Il vous suffira de lire la production de quelqu'un comme Paul Demunter et de ses étudiants ou épigones. Peut-être un jour vous proposerai-je un exposé de ces arguments, une présentation claire de leur bien-fondé et les objections qu'on peut leur opposer... Non ce qui m'intéresse dans cette histoire, c'est la structure de la manipulation sociale, qui consiste à dire aux gens que ce qu'ils voient n'est pas la réalité et que la réalité n'est visible que par des initiés. Chez Platon, l'initié est le philosophe (la fameuse allégorie de la caverne) ; chez Saint Paul, c'est le croyant ; chez Demunter, le travailleur social lui-même conscientisé ; etc. L'archétype de ce type de manœuvre - que l'on trouve donc tout à la fois dans la philosophie grecque ancienne, dans l'un de ses avatars que constitue la doctrine paulinienne de l'Église chrétienne, et dans la théorie de la conscientisation salvatrice -, on doit pouvoir le trouver ailleurs, en des régions de l'humaine pensée habilitées elles aussi à entretenir cet archétype, dont Platon, Saint Paul, Demunter ne sont que dépositaires remarquables.

    N'y a-t-il pas dans ce type de manœuvre une formidable violence symbolique ?
    Quand la violence n'est plus symbolique mais directement économique, cela donne tous ces produits de la technique du marketing et de la publicité commerciale. Quand la violence n'est plus symbolique mais psychologique et physique, cela donne, par exemple, L'aveu de Costa Gavras...

    Ce qui me pousse à parler de tout ça à la suite de l'évocation de François Brune, c'est que, tout comme le travail du mythe-idéologie que Brune met à nu, le travail de l'idéologie de l'incitation en ACF tel que je le décris produit de la schizophrénie collective... C'est peut-être aussi que rien de ce qui concerne l'Action Collective de Formation, et plus globalement le CUEEP, ne m'est indifférent ; et que le CUEEP traverse ces temps-ci de fortes turbulences qui menacent son existence, sinon son âme et son identité.

    À suivre


    24 septembre 2005

    L'écriture en formation / la formation en écriture

    Si, au début des années quatre-vingt-dix, je me suis intéressé à la problématique de ce que j'ai plus tard appelé écriture praticienne, c'est pour deux raisons concomitantes :

    • l'une tient à l'appel à l'aide d'un collègue qui avait lancé un chantier d'écriture à plusieurs et qu'il avait de la peine à faire avancer jusqu'à terme ;

    • l'autre au fait que, fondateur et responsable de la fonction documentaire au CUEEP, j'étais dans la proximité la plus grande avec les Cahiers d'études du CUEEP - où j'ai joué plusieurs rôles intéressants : conseil en écriture, rédaction, édition, bibliographie...


    ce27C'est en 1993 que mon collègue Gilles Leclercq, enseignant-chercheur en sciences de l'éducation, avait entrepris un chantier d'écriture à plusieurs. Voici comment il présente cela : "En décidant en mai 1993 d’écrire collectivement un Cahier d’Études sur une action spéci- fique, nous nous lancions dans une aventure difficile. Il faudrait surmonter bien des difficultés et la tâche serait conséquente. Mises bout à bout, ce sont environ sept cents heures d’interviews, de retranscription, d’écriture, de lectu- re, et de relecture (sans oublier le travail inhérent à toute activité de publication) qui forme la matière vive de cette étude." L'action en question s’appelait E.T.C., à savoir « Environnement Technique et Commercial ». C’était une formation en entreprise sur l’entreprise destinée aux agents opérationnels de La Redoute Catalogue. Sa finalité était la connaissance par des salariés de leur propre entreprise. Le stage durait cinq jours, soit trente-cinq heures, et avait été suivi, en deux ans, par plus de deux cent vingt personnes (dix-neuf groupes de douze personnes)... Nombre de professionnels de la formation continue avait participé à cette aventure pédagogique dont la réussite invitait à une valorisation par l'écriture. C'est ainsi que pas moins de dix auteurs sont intervenus dans la rédaction de l'étude que publia le CUEEP comme n°27 de ses Cahiers d'études.

    Ma contribution fut quintuple :

    1. conseil en écriture, c'est-à-dire très concrètement aide aux collègues en difficulté d'écrire ;

    2. avec Gilles Leclercq, conception de l'ensemble de l'ouvrage ;

    3. rédaction de l'introduction intitulée Action et recherche. Des praticiens écrivent le dialogue des compétences ;

    4. co-rédaction de contributions particulières (l'une sur la gestion d'une action de formation, l'autre - en restitution d'entretien - sur la contextualisation politique de l'action) ;

    5. confection du Cahier d'études.

    Ce fut pour moi un tel bonheur professionnel et intellectuel que je me pris au jeu de l'écriture jusqu'à proposer une sixième contribution, jusqu'à désirer engager une écriture sur ... l'écriture qui avait conduit à l'édition du Cahier d'études du CUEEP n°27. Le travail avec Gilles Leclercq avait tout à la fois permis une réflexion mais surtout l'avait éclairée ; je me sentais capable d'en parler, ou plutôt d'en écrire.
    Avec la permission de mon collègue enseignant-chercheur, je m'octroyais royalement une place en fin d'ouvrage, pour partager mon goût pour cette problématique, relativement nouvelle à l'époque, de l'écriture des praticiens de l'éducation permanente. C'est dans ces circonstances qu'est née la Note sur l'écriture praticienne qui clôt le Cahier d'études du CUEEP n°27, publié en décembre 1994.
    Sur la lancée, la réflexion continua un temps, donnant lieu à de brefs articles et à de courtes interventions lors de colloques... J'ai rassemblé ce qui me semble intéressant dans une page de ce blog, celle qui s'appelle tout simplement L’écriture praticienne et, outre la retranscription d'une intervention en marge du second colloque du GRAF sur l'autoformation, propose en téléchargement (pdf) :



    La seconde raison tient à mon activité principale des années quatre-vingt-dix : la création et l'animation de la fonction documentaire au CUEEP. À ce titre j'étais dans une grande proximité avec les Cahiers d'études du CUEEP, ne serait-ce que parce que c'est à la Cellule documentation que les étudiants et les professionnels de la formation venaient les consulter ou les acquérir pour une somme modique.
    Et puis, réfléchissant à l'écriture praticienne au CUEEP, je ne pouvais pas ne pas m'intéresser à ce phénomène somme toute original que constituait la mise en place et le fonctionnement d'une édition universitaire d'écritures pas forcément universitaires...
    catadocBref, quand il s'est agi de fêter les douze ans des Cahiers d'études, je me suis fendu d'une petite étude sur les écritures qui y étaient à l'œuvre. Cela a donné un fascicule de 90 pages : LES CAHIERS D’ÉTUDES DU CUEEP, 1984 / 1995. Une double introduction, des fiches documentaires et des indices.
    La première partie du livret évoque la richesse de la région Nord-Pas de Calais, sous le titre "Recherche, création et production documentaire en éducation et formation dans le Nord-Pas de Calais", sous trois aspects :

    1. Le Nord-Pas de Calais, pôle de recherche
    2. Le Nord-Pas de Calais, pôle de création
    3. Le Nord-Pas de Calais, pôle documentaire

    Il s'agit en fait de la reprise (partielle et remaniée) d'un texte écrit pour une autre circonstance, je veux parler des vingt ans des GRETA, à l'occasion desquels la Délégation académique à la Formation Continue commanda au Collectif Documentaire régional Emploi Formation (que j'avais créé avec ma collègue du CARIF) une bibliographie sur l'Évolution des métiers de la formation des années 70 à l'an 2000. Pour cette bibliographie collective que j'avais dirigée, j'avais rédigée une introduction montrant comment notre région avait su, dès les années soixante-dix, organiser la formation permanente et notamment la formation des formateurs... Cette bibliographie faisait en quelque sorte suite à celle que j'avais réalisée pour le colloque de 1989 "Les formateurs d’adultes et leurs qualifications : réponses des universités" (dont les actes ont fait l'objet d'un numéro spécial des Cahiers d'études publié en juin 1990).

    La deuxième partie centre le propos sur le CUEEP et ses Cahiers d’études, démarrant une petite analyse de la stratégie éditoriale. Puis je proposai une typologie des Cahiers d’études et une présentation de leur thématique. De nombreux éléments de cette partie se retrouvent dans les divers textes que j'ai pu écrire sur le thème général de l'écriture praticienne, notamment dans la Note de 1994.

    La troisième et dernière partie est constituée de fiches documentaires des Cahiers. Chaque Cahier fait l’objet d’une notice. Celle-ci comprend, outre les références bibliographiques habituelles, une présentation succincte, en général rédigée par le ou les auteur(s) du numéro en question. Un appareil de descripteurs permet ensuite de situer le Cahier dans le champ conceptuel de la formation continue (Thésaurus de la formation du Centre INFFO, 1988 - quelques descripteurs ayant été ajoutés, dans l’attente de la parution de la nouvelle version du thésaurus). Il alimente l’index thématique situé à la fin de ce document. Puis un commentaire tente, autant qu’il est possible, d’indiquer des prolongements de lecture, en privilégiant soit la piste de l’écrivant, soit celle de la thématique. Quelquefois ce commentaire a été rédigé en collaboration étroite avec l’auteur (ou le coordinateur), voire par l’auteur (ou le coordinateur) lui-même.


    29 mars 2005

    Situations du formateur : 3

              

    Voilà.
    La morale de ce schéma, c'est peut-être

    • que le CUEEP, organisme de formation, formateur collectif, fonctionne aujourd'hui sur un double triptyque ;
    • que former, ça se décline alors, d'une part, en accompagner, outiller et professionnaliser ;
    • et, d'autre part, en aider la personne à mener son projet, aider la personne à se situer dans le monde, et aider la personne à apprendre ;
    • et, enfin, que la santé idéologique du CUEEP tient dans l'équilibre entre tous les éléments de ce double triptyque.

    Et l'introuvable ingénierie de l'éducation permanente, vous savez cette chose dont parlait la loi fondatrice de 1971, mais qu'on n'a jamais vraiment bien vue, cette chose qui se déguise régulièrement, aujourd'hui sous le masque de la formation tout au long de la vie..., eh bien cette ingénie-rie de l'éducation permanente, elle est peut-être bien là, dans cet équilibre intenable entre la prise en compte du projet et de l'histoire de l'apprenant, la nécessité d'outiller l'apprenant dans le respect de la modernité et le besoin de professionnalisation qui s'exprime tout autour de nous. Une belle piste de travail collectif.
    d4
    Voilà ce qu'aujourd'hui, en restant dans la grande discussion collective qui vient d'avoir lieu et dont nous rendons compte ce 4 février 2005, je crois qu'on peut affirmer.

    À l'heure où les forces vives du CUEEP tentent de voir clair dans les arcanes de notre organisation et dans la complexité de nos finances, il serait plutôt de bon augure que l'on se dirige vers une remise en forme d'un système de finalités et de valeurs. De façon à donner une raison de vivre, une vraie raison de vivre la vraie vie, à notre organisation.

    Merci de votre attention. 
    Bruno Richardot,
    au CUEEP (Lille), le 4 février 2005


    29 mars 2005

    Situations du formateur : 2

           
    Pour tenter d'y voir le plus clair possible là-dedans, osons schématiser.
    M'en tenant strictement au discours collectif qui a émergé des groupes thématiques et en me calant sur la triple problématique de ces groupes, je dirai que le formateur est en relation avec l'apprenant pour troisa objectifs globaux:
    • pour l'outiller (TICRA),

    • pour le professionnaliser (PEF),

    • et pour l'accompagner (DEPP).


    D'autre part, l'apprenant vient semble-t-il pour trois raisons majeures, toujours si l'on en croit ce qui s'est dit dans les groupes thématiques:

    • l'apprenant vient pour apprendre certes,b

    • mais aussi pour mener un projet, son projet,

    • et, plus globalement, pour parvenir à toujours mieux se situer dans le monde.

    Comment ce double triptyque fonctionne-t-il concrètement? Quel est, par exemple, le contenu des trois missions complémentaires du formateur?

    1. Accompagner

    Accompagner l'apprenant, c'est d'abord prendre en compte son histoire individuelle et sociale en même temps que son projet personnel, social et/ou professionnel. Et la question a été posée explicitement dans les termes suivants: le formateur ne serait-il pas souvent enclin à dire que ce n'est pas son boulot de prendre en compte l'expérience des gens, le problème étant moins son désir de formateur et sa sensibilité à l'expérience personnelle des gens que sa capacité à s'autoriser une telle prise en compte?

    La question de la fonction accompagnement renverrait ainsi d'abord à l'image de soi du formateur, à la représentation qu'il se fait de son rôle.

    À l'inverse, elle renverrait dans le même temps à l'image que l'apprenant a du formateur: si l'apprenant cantonne le formateur dans un rôle de transmetteur de savoir, la fonction accompagnement ne pourra s'épanouir.

    L'accompagnement finalise une relation, donne un sens à une relation; autant dire qu'il se décrète pas unilatéralement, mais se met en place dans le dialogue.

    Concrètement, si je puis dire, nous avons décliné la fonction accompagnement sans vraiment nous priver :
    • accompagnement des apprenants dans la formalisation de leurs apprentissages (dans le respect de leur expérience et de leur culture, de leur origine et de leur langage...);
    • accompagnement directement méthodologique (apprendre à apprendre, apprendre à chercher);
    • accompagnement à l'autoformation ou accompagnement dans l'apprentissage de l'autonomie en apprentissage;
    • accompagnement des personnes dans leurs pratiques d'apprentissage non formel;
    • accompagnement des projets des personnes;
    • accompagnement dans l'écriture de l'expérience...
    On a même évoqué la nécessité d'accompagner les formateurs eux-mêmes dans leur démarche de professionnalisation de la production pédagogique. En effet la qualité de la production pédagogique, ce n'est pas seulement un simple problème de compétence des formateurs. Ce serait plutôt une question d'organisation collective, s'agissant de la répartition des modalités de production, notamment dans le jeu entre techniciens - qui accompagnent, aident les formateurs un temps - et formateurs - dont les pratiques et les exigences vont dans le sens d'une professionnalisation de la production pédagogique.

    Cette hypothèse émise dans l'un de nos groupes thématiques n'est pas sans me rappeler le grand intérêt, pour la qualité des actions de formation, d'un tel dialogue entre compétence technique et compétence pédagogique - ce que Gilles Leclercq et moi avions pointé, il y a une dizaine d'années déjà, en analysant une action de formation en entreprise sur l'entreprise (Cahier d'études du CUEEP, 27, déc.1994).

    Mais revenons à l'apprenant.
    Accompagner l'apprenant, c'est notamment le mettre en situation et en capacité d'expliciter son histoire et son projet. Par exemple, on peut dire que le rôle d'un organisme de formation dans des activités de type accompagnement-expérience est de permettre d'identifier des savoirs existants et de les nommer comme tels.

    Du coup la question du lien entre ce que savent les gens et nos formations se pose de façon accrue: par exemple, nos formations recourent-elles à ce savoir?

    Question un cran plus loin: comment prendre en compte l'expérience des gens comme ils sont et comme elle vient à s'énoncer tout en respectant les logiques normatives et les codes qui structurent les formations, voire en constituent l'objet?

    La question primordiale, ici, c'est la question de la posture du formateur: on ne peut, par exemple, prendre en compte l'expérience des gens que si on est dans une posture "avec" - posture que nous devons toujours réinterroger, vérifier, car c'est une posture fragile, difficile à maintenir, toujours susceptible de s'effacer pour laisser place à une posture de repli autoritaire...

    Et puis, repérer si les compétences et la posture du formateur sont favorables ou non à l'éclosion et à l'accompagnement du projet des personnes en formation, cela n'est pas si facile: on est en effet à l'articulation d'une compétence de type technique et positive (didactique d'une discipline particulière) et d'une compétence à interpréter, c'est-à-dire à reconnaître dans la relation pédagogique ce qui n'y est pas exprimé comme tel. Cette difficulté, ne pourrait-on y voir, pour le formateur, l'occasion de mesurer la difficulté du stagiaire à travailler sa propre expérience. Et d'abord, les formateurs ne pourraient-ils pas en passer, préalablement, par ce travail sur soi, sur leur propre expérience... Si, en effet, ce type de travail n'est pas effectué par le formateur, les dés sont pipés, notamment en ce que, si le formateur ne se connaît pas, il risque immanquablement de ne rien comprendre de ce qui sort du stagiaire, et de projeter sur lui - sans même s'en rendre compte - des choses qui lui appartiennent à lui formateur...

    La question de l'accompagnement nous replonge, on le voit ici, au coeur de la relation pédagogique.

    À un moment, on s'est demandé quel terme choisir entre accompagnement, guidance, tutorat.

    Après discussion dans l'un des groupes, il semble qu'il faille dire accompagnement pour ce qui se passe au sein de l'organisme de formation, réservant le terme tutorat pour ce qui se passe en entreprise - et tant pis pour notre fameux tuteur-méthodologue! Quant au terme guidance, il faudrait lui préférer accompagnement, dans la mesure où guidance induirait une directivité (le guidant sait où il mène le guidé...) - ce qui n'est pas le cas d'accompagnement...

    La guidance aurait ainsi un caractère manipulatoire. La question est ici de reconnaître que la manipulation n'est pas fatalement négative, consistant concrètement, par exemple, en une incitation à "voir plus loin" dans son projet pour la personne.

    Question en embuscade: à quel titre, moi formateur-accompagnateur, je saurais dans quelle direction je dois orienter le regard de l'autre? Et surtout, au nom de qui ou de quoi, j'orienterais le projet de la personne? Qu'est-ce qui valide mon engagement dans ce type de pratique? La question de l'accompagnement est ici une question tout simplement éthique - que l'on soit, par exemple, dans la situation du tuteur en Atelier de Pédagogie Personnalisée qui accompagne la personne dans la définition de son projet de formation et d'emploi, ou que l'on soit dans la situation du formateur qui accompagne la personne dans le travail de formulation-reconstruction de son expérience passée.

    On le voit bien l'accompagnement est une mission problématique à plus d'un titre pour le formateur. C'est pourtant une mission nécessaire.


    2. Outiller

    Autre grande mission du formateur: outiller l'apprenant, pour qu'il apprenne certes, mais aussi, et c'est relativement nouveau, pour qu'il s'informe et communique. Le mot est lâché: on entre dans le monde des technologies de l'information et de la communication.

    Mais d'abord, côté outillage, où en est le formateur? Cette question, jamais formulée aussi explicitement, a obsédé le groupe qui travaillait sur TIC et relations d'apprentissage. Le constat que l'on peut dresser aujourd'hui, à l'occasion de la restitution des travaux des groupes thématiques, c'est au moins que
    • l'outillage n'est pas la chose la mieux partagée au CUEEP: tous les formateurs ne sont pas égaux devant la technologie éducative;
    • l'outillage pédagogique actif actuel au CUEEP représente une sorte de trou noir, le CUEEP ne semblant pas aujourd'hui en mesure de présenter sa boîte à outils pédagogiques (que les outils soient maison ou qu'ils aient été produits par d'autres).
    Je n'irai pas trop loin sur les outils, parce que les pédagogues et ingénieurs du CUEEP ne sont pas vraiment d'accord entre eux sur ce que ce mot signifie. Il n'y a pas que ce mot-là, d'ailleurs: ressource, produit, support, médiatisation, scénarisation etc. ont fait l'objet de quelques discussions serrées. On a bien suggéré l'élaboration collaborative, voire collective, d'un glossaire. On a bien rêvé d'une stabilisation de la terminologie et d'un accord collectif sur une telle terminologie stabilisée. Mais le travail reste à faire.

    Revenons donc à la mission du formateur: outiller l'apprenant, pour qu'il apprenne disions-nous, mais aussi, et c'est relativement nouveau, pour qu'il s'informe et communique. Ce dernier objectif s'énonce aussi très souvent en termes de citoyenneté, par exemple dans un slogan du style: faire des TIC à tous niveaux et par tous types de moyens possibles pour faire un citoyen d'aujourd'hui. Il y aurait là une sorte de pression exercée par les politiques, notamment au niveau européen... et c'est le visage social du CUEEP qui y répondrait. Comme si l'appropriation des outils de communication et d'information était la condition suffisante au rétablissement de la démocratie... Reste que c'en est bien une condition nécessaire. Ce n'est pas moi qui dirai le contraire.

    Outiller l'apprenant pour qu'il apprenne à apprendre, c'est-à-dire outiller l'apprenant en tant que pur apprenant, c'est un rôle qui pose un tas de questions, qui présuppose pas mal de pré-requis qui sont loin d'être satisfaits. Il serait facile d'imaginer ici des cahiers de doléances des provinces cueepiennes. Je crois que ce n'est ni le lieu ni le moment. Ce qu'on peut en dire, à partir de ce que j'ai entendu dans les réunions des groupes thématiques, c'est que:
    • l'angle de réflexion technologique doit sûrement être travaillé, mais il ne suffira pas à résoudre nos problèmes;
    • la question pédagogique, qui est première, trouvera sûrement des débuts de réponses dans une meilleure visibilité interne des pratiques pédagogiques.
    Encore faudrait-il - ça, c'est moi qui l'ajoute - que le travail sur l'amélioration de la visibilité ne finisse pas dans un rapport, ni ne se cantonne dans les armoires d'une petite équipe de pédagogues, mais débouche sur un authentique dispositif d'information interne partagé et accessible au plus grand nombre.


    3. Professionnaliser

    Dernier grand rôle du formateur: professionnaliser.

    En effet, jamais peut-être la pression sociale n'a été aussi forte. Jamais la finalisation de la formation par l'emploi n'aura été affirmée avec autant de pugnacité qu'en ces temps de libéralisme dur. On n'a le sentiment que ce qui ne se justifierait pas dans une logique de mise à l'emploi n'est pas légitime.

    S'il me semble clair qu'on ne doive pas tomber dans un tel extrémisme - qui d'ailleurs ne nous appartient pas -, il est tout aussi clair que le CUEEP se doit de répondre à la demande sociale de professionnalisation, surtout s'agissant de publics éloignés de la qualification, s'agissant de personnes laissées pour compte par ce libéralisme toujours plus dur de notre époque.

    Et là, je crois qu'il y a au moins deux vérités à énoncer. La première intéresse le formateur dans le processus de professionnalisation, la seconde concerne l'offre de formation du CUEEP. Je n'invente rien: tout cela aussi s'est dit - plus ou moins fort, il est vrai - lors des réunions des groupes thématiques.


    Première vérité

    Pas de scoop ici! Juste une reprise de ce que je disais tout à l'heure: le formateur n'est jamais seul. Mais c'est peut-être dans ce rôle de professionnaliser que cela est le plus visible et le plus problématique à la fois. Comme toujours, le formateur travaille avec les apprenants dont il prend en compte le projet, mais, dans ce rôle-là, ça pointe vers des situations de travail, où la pratique pédagogique doit s'ancrer. Et les choses sont loin d'être simples quand il s'agit de participer activement à la production de compétences. Ça commence à se gâter quand on met en regard, d'un côté, notre vérité selon laquelle le formateur ne saurait travailler seul à la production de compétences (ni même seulement avec l'apprenant) et, de l'autre côté, la triste réalité de la représentation que les entreprises se font du travail du formateur. Pour faire court, je dirai que: qui dit professionnalisation, dit, pour nous, réseau à infiltrer! Réseau à infiltrer pour faire de la production et la reconnaissance de la compétence des actions collectives, impliquant le formateur et l'apprenant, certes, mais aussi l'équipe de travail, l'encadrement de proximité, la fonction RH, etc. Et le passage pour infiltrer ce réseau est très étroit. Nos collègues du groupe Professionnalisation Et Formation nous en ont touché quelques mots tout à l'heure.


    Seconde vérité

    Tout ce qui est proposé au CUEEP et qui n'est pas directement compréhensible comme formation professionnalisante peut être présenté comme une facilitation de l'accès à la formation professionnalisante et/ou comme une aide à la réussite des parcours de formation professionnalisante. Cette vérité formule, à mon sens, une assez bonne synthèse pratique de tout ce qui s'est pensé pendant ce semestre de travail thématique.

    Je cite: "Nous avons toujours été conscients au CUEEP que la motivation à se former, même forte, n'est pas la seule condition nécessaire à la réussite des apprentissages. Il existe en effet des facteurs de résistance, liés au passé scolaire, à l'environnement social et familial, au parcours professionnel, qui viennent parfois interférer [avec] le bon déroulement de la formation et qui agissent comme autant d'obstacles aux apprentissages." (Fin de citation). Du coup, tout ce que le CUEEP met en oeuvre et qui n'est pas directement compréhensible comme formation professionnalisante permet (je cite à nouveau) de "lutter contre ces facteurs et [de] créer des leviers de réussite des parcours de formation".

    Ces quelques phrases sont extraites d'un rapport rédigé en 2003 par Florence Alpern et Véronique Chabot. Cette citation est ma seule échappée hors des groupes thématiques. Mais ces phrases auraient très bien pu être écrites trente ans plus tôt, dans une des Actions Collectives de Formation. Elles auraient très bien pu êtred1 proférées dans l'un des groupes thématiques en 2004. Il y a au CUEEP cette continuité-là, dans le souci de l'amont et de l'accompagnement de la professionnalisation, dans la préoccupation des conditions de possibilités objectives de la formation professionnalisante. C'est une continuité constituante de notre identité de formateur.

    12 mars 2005

    Amnesty International (groupe 177) organise son bal folk 2005

                        
    Le Groupe 177 de Lille Ouest d'AMNESTY INTERNATIONAL se compose actuellement d'une dizaine de membres régulièrement actifs. Il se réunit chaque premier mercredi du mois en Mairie de LILLE (20h15). Il se mobilise actuellement sur la campagne internationale Halte à la violence contre les femmes, s'engage en faveur du respect des Droits Humains au Darfour, poursuit son action Tibet, une action Tchétchénie est prévue à Lille un prochain samedi de juin... Par ailleurs, le groupe s'intéresse toujours activement aux Actions Urgentes.

    Tous les ans, au printemps, le groupe 177 organise un bal folk qui connaît un grand succès.
    Cette année, c'est le groupe Escavêche qui tient les instruments et vous attend pour danser.
     
     
     

       
     

     
     

     

    11 mars 2005

    Brahms : le Requiem allemand

             
    Dimanche 29 mai 2005 à 17h.45
     
      Salle Cortot, 78 rue Cardinet, Paris 17e, métro Malesherbes
     
      Brahms : Ein Deutsches Requiem
      version pour soli, chœur et deux pianos
     
      Ensemble Vocal Philippe Caillard
      Au piano : Yann Ollivo  et  David Berdery
      Direction : Philippe Caillard

     
       

     
     

     
    Prix des places à l'entrée : 22 €
      ou
    par correspondance avant le 30 avril : 16 €
      auprès de M.L. Dussarrat, 2 allée des Myosotis, 78300 – Poissy
      tél. : 01.39.79.28.60
      Joindre à la commande un chèque à l'ordre de
      Nouvel Ensemble Vocal Philippe Caillard
      et une enveloppe timbrée au tarif lettre, libellée à votre adresse
     
      Il est prudent de prendre les places (réservées)  très à l'avance, car la salle est petite.
     
     



     
                

    24 juin 2005

    Mathématiques et illettrisme

                               

    Maths & illettrisme.
    Une action de formation de formateurs sur la durée

    typogenerator_1119590770Le « chantier Maths & illettrisme » est né de l'inscription dans un projet EQUAL (Région mobilisée contre l'illettrisme, Nord- Pas-de-Calais) de l'opérationnalisation possible de travaux de recherche universitaire qui tendaient à montrer qu'une formation en mathématiques dans le cadre des ateliers de lutte contre l'illettrisme permet de développer tous les modes de communication qu'ils soient oraux, écrits ou physiques... Des formateurs de formation de base de la région Nord-Pas-de-Calais et de Belgique francophone se sont réunis pour définir des progressions modularisées à partir d’une bonne connaissance de ce que sont les mathématiques et en redessinant la relation maths/illettrisme, puis élaborer des supports pédagogiques en respectant quelques principes d’écriture.

    Parmi ces derniers, on notera la détermination de la spécificité des outils pédagogiques par la nature des publics, l'appui sur la réalité épistémologique des mathématiques ainsi que sur la « théorie des registres », enfin la prise en compte ce que savent et comment savent les personnes en formation.

    Au fil de l'expérimentation, il apparaît que la pratique développée a un réel impact sur le rapport à soi des apprenants (réassurance, avec effet biographique et effet psychosociologique), leur rapport à la communication écrite et orale et, bien sûr, leur rapport aux mathématiques. Les formateurs engagés sur ce chantier de trois années ont eux aussi bénéficiés des effets de leur propre travail collectif.

    maths_illettrisme
    C'est ainsi qu'on peut résumer l'intervention qu'a présentée Jean-Pierre Leclère au colloque de l'ANLCI, Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, le 6 avril dernier à Lyon... Bientôt le texte complet de l'intervention dans ces colonnes ainsi que sur le site de l'Agence. En attendant, voici le support d'intervention que j'avais concocté pour mon ami Jean-Pierre...


    5 août 2004

    THÉSAURUS ACCUEIL & INSERTION JEUNES. Pour une gestion fonctionnelle de la documentation professionnelle en Mission Locale

           

    Le travail présenté dans les deux articles qui suivent [Missions Locales Centre : THÉSAURUS ACCUEIL & INSERTION JEUNES et Missions Locales Centre (fin) : utiliser le thésaurus] fait suite à une intervention effectuée dans le cadre du plan de formation des agents des PAIO et Missions Locales de la région Centre, courant juin 1996. Ce qui ressort de cette intervention, c'est que la gestion documentaire constitue actuellement une surcharge pour cause de sous-effectif et de sous-équipement dans les structures d'accueil... Mais la reconnaissance de l'utilité de la documentation, pour comprendre et pour agir, est unanime. D'où un objectif fondamental - et quasi obsessionnel - pour les agents : savoir/pouvoir gérer mais sans la surcharge, ou du moins en minimisant cette surcharge au maximum.
    D'où un projet de thésaurus, dont l'élaboration repose sur trois parti-pris :

    1. n'utiliser que des descripteurs " parlants " (directement issus du langage dit naturel des professionnels de l'accueil/insertion des jeunes) ;
    2. être court, construit sur la base d'un lexique de descripteurs en nombre limité (cent mots ou expressions ont ainsi été sélectionnés) ;
    3. présenter une architecture visible (les cent descripteurs s'organisent entre eux en dix champs de dix rubriques).

    centre1Ce thésaurus permet plusieurs niveaux d'utilisation, du simple classement des documents à la recherche bibliographique dans les fonds documentaires du réseau, en passant par l'indexation des documents.

    Thésaurus accueil & insertion jeunes : Un outil pour une gestion fonctionnelle de la documentation professionnelle des agents des permanences d'accueil-information-orientation et des missions locales. Région Centre. Document de travail / Bruno Richardot. - Lille : CUEEP-USTL, juin 1997. - 60 p.

    Version pre-print : Thesaurus_ML_PAIO_Centre.pdf


    AJOUT DU 10 OCTOBRE 2006

    Suite à ce travail, un site documentaire a été construit sur l'ossature que fournissait le thésaurus. Il a vu le jour pendant l'année 2001-2002 (hébergé par la Région Centre). Une concertation avait été mise en place pour uniformiser la saisie au niveau de l'ensemble des structures... Mais cet élan a été rattrapé par le handicap congénital de la fonction documentaire : l'organisation de la documentation n'est pas une priorité pour les décideurs ! Début 2005, ces derniers ont mis fin à l'hébergement du site - qui n'est donc plus accessible. Beaucoup d'énergie pour rien, donc !

    Reste un thésaurus, langage orphelin, ou plutôt langue morte...


    31 décembre 2020

    2021, une année emplie de centenaires...

    L'année 2020 s'est effacée, non sans laisser dernière elle quelques traces fâcheuses...

    2021 sera l'année de deux événements importants : centenaire de la naissance d'Edgar Nahoum, dit Edgar MORIN, à Paris et cinquième centenaire de la mort de Josquin Lebloitte, dit Josquin DESPREZ, à Condé-sur-l'Escaut.

    Quel rapport ? Peut-être une belle approche de la complexité, l'un avec les mots de la philosophie, l'autre avec les signes de la musique.

    Tout au long de son écriture, Edgar Morin n'a eu cesse de refuser les cloisonnements intellectuels et les simplifications abusives. Son premier essai (1946), il le propose alors que, membre du Gouvernement militaire français dans l'Allemagne vaincue, il exhibe la complexité de ces "rumeurs" de haine que propagent les vainqueurs à l'encontre du pays de Goethe et de Nietszche. Ses dernières productions s'attacheronnt elles aussi à mettre en valeur la complexité, comme quand il promeut le cinéma en "art de la complexité" (2018). Au centre de tout ça, il y a les six volumes de La Méthode (1977-2004). À lire et relire...

    Quant à Josquin Desprez, il suffit de se faire le plaisir esthétique autant qu'intellectuel d'en écouter les œuvres, pour être le bienheureux témoin de la complexité musicale. Les thèmes s'entrelacent savamment ; souvent, c'est même un thème unique qui se déplie en une multitude de variations, de diminutions, de déclinaisons, d'inversions et dont les plis s'entrelacent dans une ondoyante rectitude. L'intégrale des messes du franco-flamand à laquelle travaille Maurice Bourbon et ses ensembles vocaux Métamorphoses et Biscantor !  est sur le point d'être achevée, dans le cadre du projet Josquin l'Européen. Elle arrivera à temps pour les 500 ans de la mort du grand voyageur que fut le musicien : Venise, Cambrai, Rome, Rome encore, Ferrare, Milan, Condé-sur-l'Escaut, Saint-Quentin, Bruxelles..., jusqu'à l'Espagne où il ne se rendit jamais mais où sa musique résonna fort longtemps. N'hésite pas, chère lectrice, cher lecteur, à écouter les extraits que le site de La Chapelle des Flandres a mis en ligne au bout des liens ci-dessus. Tu comprendras comment "ce qui est tissé, tressé [-plexus] ensemble [com-]", comment le complexe musical est agréable à l'écoute.

    D'autre part, comment ne pas rappeler enfin que 2021 est aussi :

    • l'année du septième centenaire de la mort de Durante degli Alighieri dit DANTE, aux vers si évocateurs : Nel mezzo del cammin di nostra vita / mi ritrovai per una selva oscura / chè la diritta via era smarrita. Ce début de l'Enfer m'a inspiré il y a quelques années...
    • l'année du bicentenaire de la naissance de Charles Pierre BAUDELAIRE, dont l'impassible rythme de L'Horloge depuis belle lurette me hante - que Julie Potvin avait illustrée d'un superbe flash sur www.perte-de-temps... et que j'ai un jour mis en musique.

    Alors, BONNE ANNÉE 2021 !


     

    11 novembre 2010

    J'avais dix-neuf ans...

    Un espace de documentation dédié à la création d’un musée ouvert comme lieu de mémoire et d’hommage aux milliers de personnes enfermées, humiliées, torturées et exécutées dans le Stade National du Chili à Santiago suite au coup d’état militaire du 11 novembre 1973 qui a renversé le gouvernement socialiste de Salvator Allende pour instaurer une dictature sous le général Augusto Pinochet. L'accès à la documentation se fait en plusieurs langues.

    Proyecto de memoria y educación en el Estadio Nacional de Chile: "Museo Abierto, Sitio de Memoria y Homenaje". Auteurs du projet : Marcelo RODRÍGUEZ y Claudia WOYWOOD - arquitectos, Asociación franco-chilena "Territorios Sustentables", Chile-Francia.


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