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BRICH59
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24 février 2022

Lettre ouverte aux candidat·e·s à l'élection présidentielle de 2022

 

Madame, Monsieur,

Alors que la présidence française de l'Union européenne soutient le Pacte européen sur la migration et l'asile qui entend exporter le modèle de la zone d'attente française à toutes les frontières extérieures de l'Europe, l'Anafé souhaite vous alerter sur les dangers que représente un tel projet et vous interpeler sur les violations des droits que constitue la pratique de l'enfermement aux frontières (une note d'analyse est disponible sur le site de l'Anafé).

Créée en 1989, l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) est l'association française experte de l'analyse et de la déconstruction des mécanismes de privation de liberté aux frontières. Nous agissons en faveur des droits des personnes étrangères qui se trouvent ou se sont trouvées en difficulté aux frontières ou en zone d'attente et dénonçons les dysfonctionnements et violations des droits des personnes qui subissent cet enfermement.

Chaque année, via des mécanismes d'entrave aux mobilités, les États européens empêchent des milliers de personnes d'accéder à leur territoire. Chaque année encore, les autorités françaises enferment, en zone d'attente, des milliers de personnes qui tentent d'entrer en France ou sur le territoire européen. L'immense majorité n'en sort que pour être renvoyée dans son pays de provenance, et ce, sans que les pratiques policières ou le respect des droits fondamentaux n'aient été contrôlés par un juge.

À l'instar des centres de rétention administrative, les zones d'attente sont des lieux administratifs de privation de liberté des personnes étrangères. Créées par la loi n° 92-625 dite « Quilès » du 6 juillet 1992, il en existe aujourd'hui près d'une centaine dans les aéroports, les ports et certaines gares ouvertes au trafic international.

En zone d'attente, espace de confinement des indésirables à la frontière, un triptyque terrible tient lieu de politique migratoire : trier, enfermer, expulser. Lorsque les personnes arrivent à accéder aux frontières, la police les intercepte (à la sortie de l'avion, du bateau, du train, à pied ou en voiture). Si les conditions d'entrée ou de séjour ne sont pas réunies, on trie, on enferme, on renvoie. Si les personnes demandent l'asile, on trie, on enferme, on renvoie. Si la police estime que les personnes représentent "un risque migratoire", on trie, on enferme, on renvoie. Cette logique implacable s'abat sur les adultes comme sur les enfants, en famille ou seuls. Peu importe l'âge, la situation de vulnérabilité, de demande de protection internationale ou l'état de santé, on les enferme.

La zone d'attente est une zone de sous-droits. Le refus d'entrée sur le territoire et la privation de liberté en zone d'attente servent à maintenir artificiellement ces personnes hors du territoire français afin de les soustraire aux droits et garanties procédurales que la France accorde sur son sol du fait de sa législation nationale ou de ses engagements internationaux.

L'Anafé a de longue date recommandé la mise en place d'une permanence gratuite d'avocat·e·s en zone d'attente, la création d'un recours suspensif pour tou·te·s contre le refus d'entrée et le placement en zone d'attente et l'intervention du juge des libertés et de la détention en début de procédure. Ces recommandations historiques apparaissent aujourd'hui insuffisantes pour garantir le respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes aux frontières.

Car la zone d'attente, c'est concrètement quatre murs, des grillages, des barbelés, des grilles anti-évasion et des caméras de surveillance, le bruit des avions qui décollent, des trains ou des bateaux qui repartent. C'est l'incompréhension face aux procédures et à une langue que les personnes ne connaissent généralement pas ou peu, face aux droits qui ne leur sont pas ou insuffisamment expliqués, face à la punition que représente l'enfermement par rapport au non-respect supposé des règles de franchissement des frontières ou de séjour en France. C'est également l'angoisse d'être à tout moment renvoyé de force, parfois avec violence.

En trente années d'observations de terrain, l'Anafé a démontré qu'être enfermé·e en zone d'attente, c'est être confronté·e quasiment tous les jours aux situations suivantes : ne pas pouvoir se soigner, ne pas manger à sa faim, dormir dans des locaux insalubres ou aux conditions d'hygiène dégradées, voir la police refuser d'enregistrer sa demande d'asile, n'obtenir aucune information sur ses droits et sa situation précise, ne pas avoir accès à un interprète ou un avocat, être renvoyé·e sans voir un juge, souffrir de stress post-traumatique, surtout pour les enfants, faire une fausse couche à un stade avancé de grossesse sans assistance médicale. Être enfermé·e en zone d'attente, c'est aussi parfois être stigmatisé.e, victime de propos racistes, sexistes et LGBTphobes, de pressions, d'intimidations et de violences. Être enfermé·e à la frontière, notamment entre la France et l'Italie, c'est aussi, parfois, être victime de détention arbitraire. Enfin, être enfermé·e en zone d'attente, c'est parfois finir en prison car on a refusé d'être renvoyé·e dans un pays que l'on a fui.

Les violations des droits sont systémiques en zone d'attente. On ne peut pas priver de liberté des personnes tout en prétendant respecter leur dignité et leurs droits. Ce constat est confirmé par les conclusions de toutes les enquêtes et observations de terrain menées par les associations et les instances de protection des droits humains. Quelle que soit la forme qu'elle prend, la privation de liberté entraîne la violation des droits humains et s'inscrit dans une politique de criminalisation des personnes étrangères. Cela doit cesser !

C'est pourquoi, l'Anafé a lancé, en novembre 2021, la campagne "Fermons les zones d'attente". En janvier 2022, l'Anafé, soutenue par plus de 150 personnalités et 150 organisations nationales et locales, appelait dans une tribune publiée dans Libération à la fin de l'enfermement aux frontières.

Une réforme minimaliste et paramétrique du régime applicable en zone d'attente ne réglerait pas l'impensé philosophique et éthique que représente l'enfermement administratif des étranger·e·s. La fermeture des zones d'attente et des lieux de privation de liberté à la frontière franco-italienne est devenue une nécessité pour garantir la sécurité, la santé physique et mentale, voire la vie des personnes. C'est aussi une nécessité politique. L'abolition de l'enfermement des étranger·e·s est un prérequis indispensable à toute politique migratoire qui respecterait les valeurs humanistes de la France.

Enfin, le renversement nécessaire de l'approche sécuritaire des politiques migratoires passe obligatoirement par la suppression du "délit de solidarité" aux frontières, délit auquel certain·e·s militant·e·s de notre association ont été confrontés ces dernières années. Nul·le ne devrait être inquiété·e pour une action guidée par la mise en œuvre des principes de fraternité et de solidarité.

La prochaine présidence de la République française doit entendre les revendications de la société civile, cesser de privilégier le contrôle des frontières au détriment des droits des personnes en migration et mettre en œuvre une véritable politique d'accueil et de protection.

À moins de deux mois du premier tour de l'élection présidentielle, je vous adresse, par la présente, cette alerte et souhaite connaître vos propositions et engagements sur ce sujet central des débats politiques actuels. Je suis disponible pour vous rencontrer et échanger avec vous ou les personnes de votre entourage en charge de ces questions.

Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Madame/Monsieur la/le candidat/e, mes salutations distinguées.

Alexandre Moreau
Président

Ce courrier a été adressé à :

  • Nathalie Artaud
  • Anne Hidalgo
  • Yannick Jadot
  • Anasse Kazib
  • Emmanuel Macron
  • Jean-Luc Mélenchon
  • Fabien Roussel
  • Philippe Poutou
  • Christiane Taubira

 

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20 juin 2024

Hiérarchiser les maux ?

Viol d'une jeune fille à Courbevoie : Emmanuel Macron demande un "temps d'échanges" dans les écoles sur le racisme et l'antisémitisme. "Ce temps d'échanges s'appuiera sur les contenus existants en matière de lutte contre toutes les formes de discriminations", a précisé le cabinet de la ministre de l'Education. Lu dans la presse électronique hier ou ce matin...
Et un "temps d'échanges" sur le respect d'autrui, tout simplement ? Ou bien sur la nécessaire lutte contre le viol ? Non, rien !
Cette hiérarchisation dans le fourre-tout trop plein des misères et des mésactions humaines me hérisse le poil ! Le respect d'autrui, en général, aurait eu l'avantage de prendre sous son aile sémantique la lutte contre le viol et la lutte contre le racisme. Mais c'était peut-être pas suffisamment vendeur auprès d'une clientèle que la droite extrême et l'extrême s'arrachent ! Peut-être Monsieur Macron veut-il attirer à lui les Klarsfeld qui disent soutenir le RN ? Un point de détail comme disait Papa Le Pen... Sauf que viser ainsi la "clientèle" de confession juive, n'est-ce pas AU FOND une discrimination, voire du racisme à l'état brut ?

Je hais les racistes !

3 janvier 2013

Nouveaux métiers et technologies du web au programme de la seconde semaine WebMasterWeek

Un cycle de conférences "nouveaux métiers et technologies du web" est organisé par l'UFR DECCID de Lille3. C'est la seconde semaine WebMasterWeek qui se déroule du 7 au 11 janvier 2013, à Pont de Bois, Bâtiment B3, amphi G.
Entrée libre (sans inscription).

Voilà le programme :

Lundi 7 janvier

  • 10h30 - 12h00 Coworking, une communauté de travail physique et virtuelle (Emmanuel Duvette, CoworkingLille)
  • 13h30-15h30 Les tendances de l'industrie de l'information (Ruth Martinez, GFII)
  • 15h30-17h00 Marketing digital (Claire Ruffin, Rouge Interactif/Pictime)

Mardi 8 janvier

  • 9h30-10h30 La cartographie du Web : le lien social sur le Net (Marta Severo, IUT Tourcoing)
  • 13h30-15h30 La bibliothèque numérique de référence de Roubaix (Esther de Climmer, Médiathèque de Roubaix)
  • 15h30-17h00 Analyse et stratégie de l’opinion en ligne (Julien Poncet, antidox)

Mercredi 9 janvier

  • 10h30-12h30 Publishing Yesterday, Today and Tomorrow - Sales management and electronic publishing services (Peter Rogers, Aptara)

Jeudi 10 janvier

  • 9h00-10h00 Web design (Olivier capra, Le Fresnoy)
  • 13h00-14h30 L'évolution de l'édition scientifique (Nick Barber, Springer France)
  • 14h30-16h00 L'aide à la décision (Henri Stiller, Histen Riller)
  • 16h00-17h30 Village innovation (Eric Delcroix, VAD e-commerce)

 

 

 

17 mai 2022

Réfugiés d’Ukraine : tapis rouge pour les uns, barbelés pour les autres

Février 2022 : face à l’afflux d’exilé·es en provenance d’Ukraine aux frontières européennes, la présidente de la Commission européenne déclare que l’Union est « pleinement préparée » à accueillir ces réfugiés qui sont « les bienvenus ». En France, la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur précise qu’il n’est prévu ni répartition entre les États membres de l’UE (« ce sont des personnes libres, elles vont là où elles veulent ») ni quotas (« dès lors que des besoins seront exprimés, la France y répondra ») : sera octroyé un statut provisoire de protection immédiate, sans besoin de demander l’asile, avec un accompagnement social pour tout le monde ; les personnes seront logées, pourront travailler et leurs enfants iront à l’école. Et pour « ceux […] partis sans passeport, il y aura évidemment de la souplesse, ce sont après tout des gens qui fuient la guerre, on ne va pas les bloquer avec des formalités administratives. L’humanité c’est de ne pas ajouter des formalités aux formalités ».

L’incrédulité face à cette inhabituelle hospitalité cède au malaise. Comment en serait-il autrement, quand on apprend, par la voix du directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration que « la France se prépare » et dispose d’un « parc d’hébergement de demandeurs d’asile qui peut être agrandi », tandis que sont laissé·e·s à la rue, depuis des années, des milliers d’exilé·e·s que la police pourchasse, rafle et déplace sans cesse ?

La suite est dans l'édito du numéro de mars 2022 de PLEIN DROIT, la revue du GISTI...


 

10 mai 2011

Techniques documentaires : formations courtes en région

Deux actions de formations sont organisées par le CUEEP sur la recherche d'information :

Par ailleurs, l'ADBS Nord propose une formation de cinq jours pour s'initier aux techniques documentaires. C'est dans la semaine du 5 décembre 2011.

PENSEZ À Y RÉFLÉCHIR ET À EN PARLER À VOTRE EMPLOYEUR
DÈS MAINTENANT !

Le plus tôt est le mieux. Et si vous souhaitez des renseignements sur la formation aux techniques documentaires en région Nord, n'hésitez pas à me solliciter...


 

 

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24 septembre 2009

Full text OR thesaurus

Un visiteur de BRICH59 m'adresse le présent message :

Full text OU thésaurus (vocabulaire dirigé) ?

Si nous nous trouvons devant le choix d'un logiciel de gestion documentaire (monographies certes, mais aussi fichiers MS Office (word, xls, ppt...) et surtout PDF, quel peut-être le choix le plus judicieux aujourd'hui : un logiciel qui ne permet que la recherche full text ou un logiciel qui se base exclusivement sur le recours à un thésaurus élaboré dans les règles de l'art (termes génériques, termes spécifiques, synonymes et faux-synonymes, etc.) ? J'aimerais avoir l'avis d'un professionnel. Je sais toutefois que dans le second cas, une recherche full text est possible sur une base SQL... Je prends un exemple : [formation continue, formation continuée, formation permanente, éducation permanente, formation professionnelle permanente] - Je m'imagine déjà ce que peut donner une recherche full text dans ce cas de recherche par un utilisateur d'un Centre de documentation... Merci de votre réponse.
                                                                                                     signé PvW

Que dire, sinon répéter à l'envi les avantages comparés de l'un et l'autre modes de recherche et comprendre qu'ils sont, à bien des égards, très complémentaires ?

Le questionnement qui nous est soumis ici appelle nombre de questions. Par exemple celles des nécessaires distinctions :

  • entre langage dit naturel et langage contrôlé,
  • entre analyse documentaire et indexation informatique,
  • entre langage d'indexation documentaire et langage d'interrogation,
  • entre ergonomie du traitement de l'information et ergonomie de la recherche d'information,
  • entre mot-clé et descripteur,
  • entre "plain text" et "full text"
  • etc.

Le questionnement qui nous est soumis met en branle toutes ces questions-là et d'autres encore en forme de dichotomie. Mais aussi des questions plus concrètes, du style : quand on dit recherche full text , y a-t-il ou non possibilité de composer des équations de recherche complexes (avec opérateurs booléens, de proximité, etc.).

Autant dire que, pour aider PvW, il conviendra de connaître plus précisément le contexte concret de sa question.


27 avril 2006

4. Pratique de la condensation

  • Un premier exemple : « L’exil intérieur » de Roland Jaccard, texte et travail de condensation. Il s'agit d'un extrait de L'exil intérieur. Schizoïdie et civilisation, de Roland JACCARD aux éditions des Presses Universitaires de france (Coll. Perspectives critiques). Août 1979, 2ème édition. 160p. - ISBN 2130361692.
  • Un deuxième exemple : « Notes sur ce que je cherche » de Georges Perec, texte et travail de condensation. Il s'agit d'un article rédigé à la demande du journal Le Figaro, publié le 8 décembre 1978, et repris dans Penser/Classer, chez Hachette (coll. "Textes du XXe siècle") en 1985.
  • Un troisième exemple : « La communication audiovisuelle est libre » (Le Monde du 30 juillet 1983), texte et travail de condensation

  • Un quatrième exemple : « Éloge de l’âge » de Christian Combaz, texte et travail de condensation. Il s'agit en fait d'un extrait de l'Éloge de l'âge de Christian Combaz, édité chez Fayard en 2001.

  • Un cinquième exemple : « De l'idéologie aujourd'hui », article bien connu de François Brune.
    Le lien vers le texte (merci au Monde Diplomatique) et des résumés de tailles différentes sont déjà en ligne et accessibles sans mot de passe. La page a d'ailleurs été transportée par un webmaster qui défend l'idée libertaire sur son site très très intéressant et plein de bons textes (je ne parle évidemment pas de mes résumés !).
    Quant au travail de condensation qui a permis d'écrire ces résumés de tailles différentes, il fait l'objet d'un document spécifique et réservé.

  • Un sixième exemple : « La solidarité existait au fond de la mine » (Le Nord, 138, mars 2000), texte et travail de condensation

  • Un septième exemple, avec un texte de nature juridique. On peut travailler, cette année, la « Circulaire 14 septembre 2005 relative à la mise en œuvre du contrat dénommé PACTE », publiée au JO du 12 octobre de la même année (merci Légifrance !).

  • Un huitième exemple, avec un ouvrage. On peut mettre en regard Avenue du plein emploi, de Michel Husson & Thomas Coutrot et Emploi: les contresens français - quelques vérités trop simples pour être entendues, des Chambres de Commerce et d'Industrie.
    -> Avenue du plein emploi, de Michel Husson & Thomas Coutrot, aux éditions Mille et une nuits (Coll. Les petits libres n°33), paru le 5 déc. 2001 [ISBN: 2842055217 - EAN: 9782842055219 - Broché (format poche), 96 pages]. Ouvrage que Michel Husson propose au téléchargement sur son site: c'est .
    -> Emploi: les contresens français - quelques vérités trop simples pour être entendues, publié en juin 2004 par l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie, et accessible ici.

  • Travail sur un ouvrage : Le cercle des savoirs reconnus de Claire et Marc Hébert-Suffrin (1993). Pour situer l'ouvrage, c'est par exemple ici.

Encore des textes, à la volée :


mise à jour : 01 juilelt 2010
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24 février 2018

Où il est question de la nouvelle Pythie Schumpeterienne.

Excellent billet au sujet de "l'autel ripoliné de la "disruption" qui est la nouvelle Pythie Schumpeterienne d'une destruction créatrice dans laquelle à défaut de savoir vaguement ce que l'on veut créer on sait en revanche parfaitement ce que l'on veut détruire et comment on va s'y prendre."

Excellent billet à la fois pour ce qu'il dénonce et pour ce qu'il préconise...

Billet à mettre entre toutes les mains malgré les gros mots qui l'agrémentent 😉.

C'est ici.


 

8 décembre 2023

Illégalité des contrôles d’identité opéré par les Sentinelles en Roya

Communiqué commun du 07/12/2023 des Conseils d’Administration d’Emmaüs Roya, de Anafé, du Groupe Accueil et Solidarité (GAS) et de Roya citoyenne


Illégalité des contrôles d’identité opéré par les Sentinelles en Roya

  Mardi 21 novembre 2023, Cédric Herrou, co fondateur et salarié de l’association Emmaüs Roya, livrait sur les réseaux sociaux une vidéo devenue virale. Il y met en lumière une pratique illégale mais dont les habitants de la vallée de la Roya sont pourtant témoins au quotidien : des militaires de l’opération Sentinelle procédant à des contrôles d’identité et à des interpellations de personnes exilées présentes dans la vallée. Ce constat du détournement par le ministère de l’intérieur des personnels des armées pour suppléer les forces de police a suscité beaucoup de réactions d’indignation.

  À notre grand regret, ce n’est pas le cas du nouveau Préfet des Alpes-Maritimes qui, en réponse, a posté sur les réseaux sociaux un court texte dans lequel il reproche à Cédric Herrou “d’organiser la désinformation”.

 Les membres de nos associations jugent la formule grave.

  D’une part, il ne s’agit pas de désinformation. Le travail de terrain et les observations des différentes associations, juristes et avocats spécialisés sur la question depuis de nombreuses années attestent la véracité de ce que montre cette vidéo : Les militaires de l’opération Sentinelle sont utilisés illégalement pour des missions de contrôle et d’interpellation à la frontière franco-italienne. D’autre part, nous considérons que le choix du verbe “organiser” est pervers dans ce qu’il induit ; alors que Cédric Herrou n’est finalement qu’un citoyen, habitant de la vallée Roya, qui réagit spontanément face à l’illégalisme d’État devenu quotidien, que nous sommes nombreux à considérer comme insupportable. Ces propos tenus par un représentant de l’État décrédibilisent au final l’institution plutôt que les actions des militants, les images filmées parlant d’elles-mêmes.

  Ce qui est certain, c’est que cet illégalisme d’État instauré aux frontières est quant à lui organisé, financé, équipé et systématisé par la politique ministérielle engagée ici depuis 2015. Ce que tant de personnes, qu’elles soient citoyennes, militantes associatives, juristes, avocates, élues, hautes fonctionnaires dénoncent continuellement sur la situation à la zone frontière, c’est notamment :

  • Le rétablissement illégal du contrôle aux frontières selon le code frontière Schengen (condamnation en avril 2022 de l’État autrichien pour ce motif par la CJUE) ;Les garanties appliquées aux frontières intérieures terrestres en cas de refus d’entrée pratiquée par l’État français jugée insuffisantes par la CJUE en septembre 2023 ;
  • L’atteinte grave à la liberté fondamentale que constitue le droit d’asile à la frontière franco-italienne pour les personnes exilées (des centaines de condamnations de la Préfecture par le tribunal administratif de Nice) ;
  • Des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) délivrées à des mineurs pour les contraindre à retourner en Italie en leur niant tout droit à un recours juridique et ainsi éviter à la fois leur prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance française et leur non réadmission par l’Italie ; Tout cela en contradiction totale avec la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Le tribunal administratif de Nice a annulé plusieurs de ces OQTF car la procédure « d'appréciation » de la minorité est réalisée hors de tout cadre légal ;
  • L’enfermement de personnes exilées plus de 12 heures dans des conditions indignes au sein de conteneurs servant de lieux de privation de liberté sans cadre légal puisque espaces maquillés en « lieux de répit », ce dont atteste la Contrôleuse Générale des Lieux de Privation de Liberté dans plusieurs rapports, dont le dernier date de septembre 2018.
  • La Cour des Comptes a pointé en septembre 2022 un détournement des forces militaires au travers de l’opération Sentinelle déployées sur des missions qui relèvent de l'intérieur.

Concernant plus particulièrement la vidéo de Cédric Herrou : un militaire n’est pas autorisé par la loi à procéder à la vérification d’identité d’une personne, sauf s’il est encadré par un Officier de Police Judiciaire (conformément aux dispositions du code de procédure pénale).

Depuis la diffusion de la vidéo par notre salarié, de nombreux juristes, avocats et des articles de presse ont confirmé publiquement que les militaires ne sont pas habilités à procéder à des interpellations et encore moins à des contrôles d’identité. Nous saluons d’ailleurs le travail de vérification effectué par le journal Libération dans son article CheckNews du 22 novembre 2023.

Au-delà de ces considérations juridiques et légalistes, nous sommes témoins d'une dérive du pouvoir exécutif ne respectant plus le droit, mettant à défaut les fondamentaux des valeurs républicaines. Des vallées, des territoires ne devraient pas être exclus de la cohésion nationale à des fins politiques. Au-delà de notre position sur la question de la gestion migratoire, nous lançons l'alerte afin que nos concitoyens puissent vivre sur l'ensemble du territoire en jouissant de l'État de droit, sans exception, afin que les habitants puissent vivre et éduquer leurs enfants sans avoir la vision quotidienne de contrôles au faciès dans les gares et les trains ; sans avoir à justifier quotidiennement de leur identité lors de contrôles systématiques ; sans être témoins de violations de droits envers des personnes racisées. L'éducation de la population par l'exemplarité des pouvoirs publics ne devrait pas être à quémander !

Nous laissons à chaque personne lectrice de ce communiqué le soin de vérifier ces informations et de juger ensuite qui organise l’illégalisme et la désinformation quotidiennement afin d’accomplir des directives gouvernementales absurdes, inhumaines et inefficaces.

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CAFFIM - Coordination des Actions à la Frontière Franco-Italienne pour les personnes Migrantes
Projet intégré à la CAFI - Coordination d'Actions inter-acteurs aux Frontières Intérieures, piloté par Amnesty International France, La Cimade, Médecins du Monde, Médecins sans frontières et le Secours Catholique-Caritas France.
La CAFI a pour but de faire respecter les droits fondamentaux des personnes migrantes aux frontières intérieures.


 

3 décembre 2023

Quelque chose de putride dans l'atmosphère...

Dans mon précédent message, j'évoquais le harcèlement des tribunaux par l'État dans sa définition policière. Exemple dans les Alpes-Maritimes, précisément à Nice : "alors que le tribunal administratif a censuré cinq arrêtés successifs interdisant les manifestations 'pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens', le préfet des Alpes-Maritimes persiste et signe chaque semaine un nouveau texte"* - nouveau texte qui reprend cependant toujours les mêmes arguments**. Pourquoi, d'une part, un tel archarnement à interdire l'expression, à empêcher la liberté d'expression des voix pacifiques et pacifistes ? Pourquoi, d'autre part, un tel harcèlement du Tribunal administratif ?

Interrogé au cours de l'émission de France3-Côte d'Azur "Dimanche en politique" du 3 décembre 2023, le représentant de l’État indique que "ces manifestations ne sont pas des manifestations pour la paix, ce sont des manifestations anti-Israéliennes, antisionistes (...) elles entretiennent une sorte d’antisémitisme d’atmosphère"*. Cette "justification" donc ne convainc pas la Justice. De fait, elle est truffée d'approximations fallacieuses et de rapprochements plus que douteux.

TOUT D'ABORD, UNE CERTAINE HÉMIPLÉGIE INFORMATIONNELLE.
L'un des "considérant" de l'arrêté retoqué met en avant "le risque sérieux que les affrontements entre palestiniens et forces de sécurité israéliennes se transportent sur le territoire national". Le "considérent" précédent propose une analyse de la situation en Palestine dans ces termes : "le contexte de vives tensions au Moyen-Orient en raison des attaques terroristes perpétrées par le Hamas à l'encontre de citoyens israéliens le samedi 7 octobre 2023 ; que ces attaques, particulièrement barbares, se sont traduites par des assassinats, des exécutions sommaires, des actes de torture et des prises d'otages, que ce soit à l'égard de militaires ou de civils, y compris vulnérables comme des femmes, des enfants ou des personnes âgées ; que tel a été le cas notamment à l'occasion du festival de musique électronique Tribe of Nova au cours duquel 260 festivaliers ont été tués ; que ces atrocités ont suscité un vif émoi à l'échelle nationale et internationale, en particulier au sein de la communauté juive ; que depuis, le Hamas a menacé Israël d'exécuter ses otages pour toute action de représailles menée par Israël".

On notera aisément l'hémiplégie informationnelle du représentant de l’État qui passe sous silence les violences commises autrefois, naguère et aujourd'hui par l’État d'Israël à l'encontre du peuple Palestinien. Je n'en retiens que deux, les plus flagrantes : vengeance quasi aveugle et de toute façon disproportionnée qui tuent des milliers de civils Palestiniens (l’État d'Israël affirme viser les terroristes du Hamas mais ne semblent pas voir les "dégâts collatéraux"), mais aussi violences commises et assassinats perpétrés en Cisjordanie à l'encontre des Palestiniens qui vivent encerclés par des colons Israéliens vindicatifs et appuyés par l'armée de l’État d'Israël (ces colons revendiquent la terre ancestrale des Palestiniens et sont prêts à tuer pour ça, en toute impunité locale), violences qui ne sont pas nouvelles, mais significativement augmentées depuis le 7 octobre, comme si les colons armés voyaient dans le drame du terrorisme du 7 octobre une raison de massacrer les Palestiniens quels qu'ils soient pour voler le peu de terres que l’État d'Israël leur a laissé de ce côté-là de la Palestine.

ENSUITE LA GLOBALISATION OUTRANCIÈRE.
Malgré ce que prétend le représentant maralpin de l’État, défendre le droit du peuple Palestinen à ne pas mourir sous les bombes aveugles ne revient pas à soutenir les terroristes du Hamas. Le raisonnement de l'État*** est ici le suivant : il existe des Palestiniens qui commettent des actes terroristes, donc tous les Palestiniens sont des terroristes. Procès d'intention : on fait comme si tous les Palestiniens étaient membres du Hamas. Même type de raisonnement que "parce que quelques ministres de la République ont été ou sont passibles de condamnation par la Justice, tous les ministres le sont". Ou bien c'est comme si on pouvait affirmer que tous les Préfets de la République violent l’article 371-1 du Code civil, parce que l'un d'entre eux semble avoir promu une méthode aujourd'hui appelée "deux claques et au lit !"****.  Bref, je n'insiste pas. Sauf pour prolonger la réflexion dans une autre direction.

Cette globalisation outrancière et fallacieuse est celle-là même qui fonctionne quand on confond antisémitisme et antisionisme : on soupçonne les citoyens d'antisémitisme lorsqu'ils ne sont pas d'accord avec la politique menée par le Gouvernement israélien actuel. On omet juste de voir que de nombreux Juifs sont antisionistes (encore l'hémiplégie informationnelle). Mais revenons au raisonnement qui fonde la confusion entre antisionisme et antisémitisme : tout Israélien est juif, OR le Gouvernement israélien est israélien DONC critiquer le Gouvernement israélien revient à critiquer les Juifs en tant que tels - ce qui est de l'antisémitisme. J'ose trois remarques :

  1. dire que "tout Israélien est juif" est faux, car il y a des Israéliens non-juifs (près de 18% des Israéliens sont de confession musulmanne, essentiellement sunnite) ;
  2. dire que "critiquer le Gouvernement israélien revient à critiquer les Juifs en tant que tels" est absurde par le seul fait qu'il y a de très très nombreux Juifs Israéliens qui s'opposent politiquement à Benyamin Netanyahou et sa cohorte d'extrême droite ;
  3. ce qu'on critique haut et fort dans les pratiques du Gouvernement israélien actuel consiste 1) dans la théocratisation du régime politique version religieux suprémacistes juifs ultra-orthodoxes et 2) dans la poursuite du projet sioniste historique (Theodor Herzl à l'extrême fin du XIXème siècle) version actualisée par ces colons armés dont je parlais plus haut. On avouera qu'il y a de l'alternative possible à ces deux idéologies, y compris au sein du peuple israélien.

Résultat des courses, confondre antisémitisme et antisionisme est absurde du point de vue du raisonnement et surtout anti-démocratique dans la mesure où cette confusion repose sur l'invisibilisation de l'opposition israélienne démocratique. Et c'est bien là l'un des problèmes majeurs d'Israël : Israël semble sortir doucement mais sûrement de la démocratie pour entrer clairement dans la théocratie. À ce rythme-là, Israël est en passe de rejoindre le club des théocraties, aux côtés de l'Iran, l'Afghanistan, l'Arabie saoudite, la Cité du Vatican... Je laisse aux dénégateurs de réalité politique la responsabilité de prétendre qu'"Israël est la seule démocratie au Moyen-Orient"*****. Il y a 22 ans, l'universitaire américain Alan Dershowitz écrivait : "Seule véritable démocratie au Moyen-Orient, Israël est aussi le seul pays de la région où la liberté d’expression est pratiquement illimitée. En Israël, qu’on soit juif, musulman ou chrétien, chacun peut critiquer le gouvernement israélien et ses dirigeants. Dans tout autre État du Proche-Orient ou musulman, un citoyen ne peut le faire sans craindre d’être emprisonné ou mis à mort."****** Mais que voit-on aujourd'hui, vingt-deux années après ? La démocratie y est mise à mal, ne serait-ce que par cette toujours vivace "relégation civique" dont sont victimes trop d'Israéliens non juifs et trop de Palestiniens (il paraît qu'il ne faut pas dire "apartheid" !) - c'est le prix de la théocratie rampante à peine voilée. Et dire cela ne signifie pas qu'on "délivre un brevet de résistance démocratique 'politiquement correct' [au Hamas ou au Hezbollah]"*******. Ici l'opposition frontale bien/mal, humain/animal etc. ne saurait fonctionner sans tordre le cou à la raison. Ce binaire n'a jamais raison. Il fonctionne juste pour l'informatique et ses algorithmes (oui/non, 0/1), ou alors pour les contes pour enfants à la Walt Disney (bons/méchants). Israël, on peut très bien ne pas accepter sa politique, notamment dans sa dimension des Droits humains et dans son évolution institutionnelle, sans pour autant vouloir que ce pays disparaître. La nuance existe, en pensée comme en couleur !
Bref la confusion entre antisémitisme et l'antisionisme est une monstruosité (rationnellement et historiquement) endossée par trop de pays, trop de gouvernements. J'avoue ne pas comprendre pourquoi. Elle permet un laisser-faire titanesque, par exemple en conduite de politique étrangère et en termes de respect/non-respect du Droit international. Elle permet aussi aux hémiplégiques, en France et ailleurs, de parler d'"antisémitisme d’atmosphère", anathème brumeux s'il en est qui clôt toute discussion avant même qu'elle ne commence. "L'antisémitisme d'atmosphère, ou comment certains détestent les juifs sans le savoir", titrait le mois dernier un édito de L'Express********. On baigne dans le procès d'intention voire d'inquisition : "tu ne sais pas ce que tu as au fond de toi, mais moi je sais ce qui t'anime" est à peu près ce qu'on disait aux "sorcières" avant de les immoler sur le bûcher...
Laissons donc tomber l'atmosphère, qui, pour finir, ne sert en France qu'à discréditer l'autre en politique intérieure. Une chose, par contre, est de l'ordre du fait : l'asymétrie entre la Palestine et Israël, David et Goliath mais inversé et contrarié : le petit reste le vaincu, le dominé perpétuel, malgré le Droit international et avec l'assentiment des Nations.


* Nice-Matin, le 2 décembre 2023 (https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/interdictions-des-manifestations-pro-palestiniennes-le-prefet-des-alpes-maritimes-assume-une-posture-tres-ferme-2882591.html)
** Cf. https://www.alpes-maritimes.gouv.fr/contenu/telechargement/48745/381015/file/Recueil%20special%20264.2023.pdf.
*** L'initiative ne revient pas, au fond, aux Préfet, mais bien au Gouvernement : cf. le télégramme adressé le 12 octobre 2023 par le ministre de l’Intérieur aux préfets pour interdire les manifestations et rassemblements en soutien au peuple palestinien - interdiction retoquée par le Conseil d'État.
**** Cf. https://www.google.com/search?q=deux+claques+et+au+lit+pr%C3%A9fet.
***** Titre d'un chapitre de Israël et ses paradoxes. Idées reçues sur un pays qui attise les passions de Denis Charbit (Le Cavalier Bleu éditions, 20182)
****** Alan Dershowitz, « Désinvestir ou conquérir », Forward, 31 mai 2002
******* Charbit 2018, p.28.
******** https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/lantisemitisme-datmosphere-ou-comment-certains-detestent-les-juifs-sans-le-savoir-DERPBBX6YRASDEU3IK7XPR7TUI/.


1 décembre 2009

Soyons vigilants !

Dimanche, à l'annonce de la nouvelle des premiers résultats officiels du referendum helvète, j'écrivais que la droite populiste (UDC) et la droite chrétienne (UDF) ont agité le chiffon rouge de l'invasion islamique, et les suisses n'y ont vu que du feu ! Pauvres suisses ! J'ai failli écrire que le conglomérat suisse ]UDC+UDF[ avait son pendant franchouillard dans l'équation ]FN+UMP[, mais je n'ai pas osé, craignant peut-être de n'avoir que trop raison ! Je me suis contenté d'un : Chez nous, les droites se ruent sur le débat nationaliste... Soyons vigilants !

Eh bien, c'est fait. Nos droitiers de service se sont engouffrés dans la brèche béante du racisme à deux balles certes mais meurtrier. Je dis "à deux balles" parce qu'il suffit d'être bête et méchant pour y aller. Je dis "meurtrier", parce que ce racisme-là a tué maintes fois en France, France métropolitaine et Maghreb colonisé.Le populisme de bas étage est vraiment de retour : on le voit ici, UMP = Union du Mouvement Populiste dont le FN, idéologiquement, n'est qu'une annexe.

La collision entre la mise en place contestable du débat sur l'identité nationale et le résultat du referendum suisse graisse particulièrement la planche déjà savonneuse où s'agite la cour du roi d'Maubeuge, notamment le sarko-traître Besson...D'un savon noir qui sent mauvais, qui pue la misère intellectuelle et affective de l'homme politique d'aujourd'hui, et d'où sort une odeur nauséabonde de relents qu'on préfère ne pas dater.

Que penser de l'à propos des propos tenus par les personnages en vue à la cour du roi d'Maubeuge, quand ils disent qu'il faut distinguer entre les religions qui étaient là (sur le territoire national) avant l'instauration de la République et celles qui sont arrivées après, quand ils mettent en avant nos prétendues racines judéo-chrétiennes comme un bouclier anti-islam, du moins anti-minarets, quand ils évoquent les règles d'urbanisme comme si un minaret était pour ne pas les respecter, quand... etc.? Les dirigeants UMP perdent la tête. Le débat sarkobessonnesque leur tourne l'esprit. Ils ne savent plus ce qu'ils disent !

Quand j'entends tout ça, j'ai, pour le coup, grande honte d'être français ! En tous cas, je ne m'y reconnais pas et ne comprends pas pourquoi je devrais être français comme ça ! Je n'ai pas les moyens d'émigrer, même si j'ai très mal à mon identité nationale...

Alors, que Moïse, David, Jésus et Mahomet - ou bien tout simplement Voltaire ! - les aident à mieux couler leur pensée dans les ruisseaux de l'humanisme, le vrai. Mais s'y sont-ils jamais seulement trempé le bout des pieds ?


2 décembre 2009

France helvète ?

Ainsi donc le  roi d'Maubeuge aurait parlé de l'affaire du referendum suisse. L'AFP rapporte les propos de quelques parlementaires UMP devant lesquels le Chef Suprême a mis cette affaire était dans le même sac que le débat sarkobessonnesque sur l'identité nationale et du "travail" actuel sur la question de la burqa.

Je cite : Il nous a dit que c'était l'illustration que les gens, en Suisse comme en France, ne veulent pas que leur pays change, qu'il soit dénaturé. Ils veulent garder leur identité. Selon l'analyse du Président, les Français ne veulent pas voir des femmes en burqa dans la rue. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont hostiles à la pratique de l'islam.

On notera d'abord le "en Suisse comme en France". Assimilation. Bon ! Je n'ai personnellement rien contre les Suisses, à part leur décision scandaleuse et ridicule à la fois d'interdire la construction de minarets sur leur territoire. Peut-être tout de même une raison de ne pas vouloir être pris pour un Suisse, non ? Ceci dit ça bouge en Suisse : la minorité qui n'a pas voté l'interdiction de la construction de minarets se fait entendre dans la rue ! Je veux bien être Suisse, tous comptes faits !

On notera ensuite l'idée que la construction de minarets "dénature" le "pays".
Quand on dresse, grâce au génial CNRTL, la liste des synonymes de 'dénaturer', cela donne (par ordre décroissant de proximité sémantique : altérer > déformer > corrompre > fausser > frelater > gâter > défigurer > dégrader > falsifier > dépraver > forcer > vicier > déguiser > pervertir > travestir > torturer > maquiller > changer > contrefaire > gangrener > violenter > tourmenter > tordre > mutiler > détourner > avilir > adultérer > tronquer > transformer > sophistiquer > estropier > empoisonner > corroder > avarier > ruiner > polluer > gauchir > faire violence > empoissonner > dénaturaliser > contorsionner > calomnier > affadir > abâtardir > trahir. Cela va donc d'altérer (rendre autre) à trahir (là je n'explique pas, le roi d'Maubeuge et sa cour le feront bien mieux que quiconque !).

La question est de savoir si les minarets dénaturent le pays ou le paysage... S'il s'agit de la défiguration du paysage, on remarquera qu'un minaret peut être très joli, comme certains clochers d'églises catholiques, et, en tous cas, bien plus joli que ces constructions élevées au siècle dernier à la gloire du capitalisme triomphant et qui ont dégradé nos villes.
S'il s'agit de la dénaturation du pays, alors il faut être clair sur ce dont on parle : le pays, c'est ici la division territoriale habitée par une collectivité, et constituant une entité géographique et humaine (toujours le CNRTL), avec son histoire et ses "us et coutume" comme disait l'autre jour un cador bien connu de la Cour du roi d'Maubeuge. Jusque là pas de problème. C'est quand il faut assigner des bornes à tout ça que ça devient problématique : les fameuses "racines judéotruc" sont-elles si fondamentales que ça ? Certains diront qu'historiquement elles sont premières. La question se pose alors de savoir quand commence l'histoire de France. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle ce que me disait un jour un copain algérien : à l'école, à Oran, on faisait réciter aux bambins (dont il était) "nos ancêtres les Gaulois"... La colonisation fait bouger les limites ! Et dépasser les bornes, non ? Bref, aujourd'hui la question est de savoir quand commence l'histoire de France, car la France, pays de langue romane mais de superstrat germanique, occupe la plus grande partie des anciennes Gaules celtiques, conquises par Jules César, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique, dont le nom signifie « hommes libres », qui se forma tardivement et s’installa sur une partie des terres de l’Empire romain (Wikipedia). Aïe ! Aïe ! Aïe ! Die Französe sind germanisch ! Wir sind germanisch ! Damned !
Drôle, non ?

Je ne sais pas pourquoi, mais me viennent en tête les paroles d'une chanson de ce bon Hugues Auffray, une chanson de quand j'étais petit, une chanson des années soixante donc qui finissait sur l'idée que Dieu, en fait, était une femme et ... qu'elle était noire !


28 mai 2014

Populismes droitiers, populismes ultra-libéraux

Ces élections européennes auront été riches d'enseignement sur la dictature des idées simplistes et fausses.

Par exemple l'idée selon laquelle l'immigration cr&ée le chômage. Le sophisme est le suivant : "s'il travaille, l'immigré nous prive d'un emploi ; s'il ne travaille pas, il profite d'une générosité que l'état de nos finances publiques ne nous permet plus. Dans tous les cas, un immigré de plus, c'est un chômeur supplémentaire. Il suffit d'inverser l'argument pour alimenter la folie nationaliste : refoulez les immigrés, et le chômage disparaîtra…" (Thibault Gajdos, "L'immigration aide l'emploi", Le Monde du 28 mai 2014)... Cela fait un bail qu'on a montré et démontré qu'il n'en était rien et que c'était même l'inverse. Et pourtant, le F-Haine continue de diffuser la contre-vérité qui permet aux chômeurs d'attribuer à l'Immigré la raison de leur état. Dans une économie mondialisée où le dumping social pénalise le salariat des pays dits "avancés", dans un pays où l'État diminue les effectifs de la fonction publique (les gens qui font tourner les services publics, c'est-à-dire les mécanismes qui globalement maintienne la solidarité à un certain niveau), dans une époque où la technique s'emballe à perdre haleine, s'évertuant à rendre l'intervention humaine de plus en plus inutile dans les process de production et de service, dans une course au profit maximal où les entreprises contraignent leurs salariés à toujours plus de productivité, COMMENT VOULEZ-VOUS QUE LE CHÔMAGE N'AUGMENTE PAS ? Pourquoi ces quatres raisons du chômage ne sont-elles quasiment jamais avancées, mises sur la place publique. Pourquoi Jean-Pierre Pernaut n'en parle-t-il pas au JT de TF1 ? Parce que c'est trop compliqué pour des cerveaux que la pub contamine et vérole ? Pourquoi les experts en tous genres mettent-ils tout ça sous le tapis ? Parce qu'ils sont effectivement les "nouveaux chiens de garde" du libéralisme ? Pourquoi la Commission européenne impose-t-elle au États de ne pas lutter correctemetn contre le chômage ? Parce que l'Europe est ultra-libérale, limite libertarienne ? Pauvres de nous !

Une des idées les plus dévastatrices qui soit en ces temps de montée du populisme ultra-libéral, c'est celle qui veut que le F-Haine ne soit pas (plus) raciste. C'était bon du temps de papa LePen. La vague bleu marine a refoulé le racisme au rang des accessoires pour l'histoire. Le problème c'est que les propos tenus pas la droite en général et l'extrême en particulier contredisent absolument cette idée, malgré Patrick Sébastien. Qu'à cela ne tienne, on trouvera toujours de couillons pour affirmer que si le F-Haine est raciste, les gens qui votent pour lui ne le sont pas fatalement (entendu à plusieurs reprises, notamment sur France Inter). C'est faire peu de cas de l'intelligence des électeurs : pour une personne respectueuse du visage-humain-en-général, voter F-Haine, c'est, quelle que soit la raison du vote, déchirer son âme. Or qui veut déchirer son âme ? Donc deux solutions : soit les non-racistes électeurs du F-Haine sont intellectuellement et psychologiquement suicidaires, soit ils n'ont pas d'âme. Ce qui est sûr, c'est qu'on a deux mouvement conjoints : d'un côté, l'élite médiatique ne fait que trop peu obstacle au déferlement des "idées" du F-Haine, alors que de l'autre les difficultés concrètes de vie - et notamment le chômage, on y revient - nourrissent à l'orgie les populismes de la haine.

Autre champ où le populisme dévastateur est la chose la mieux partagée (et encore plus que sur la question du rapport chômage/immgration) : celui de la formation et de la qualification. L'assertion se déroule en deux sophismes renvoyant l'un à l'autre. Premier sophisme : les emplois correspondent à des qualifications professionnelles, or la collectivité finance l'acquisition de qualifications (système scolaire - du primaire à l'université -, formation professionnelle continue, etc.), donc la collectivité, ce faisant, prépare (doit préparer) à l'emploi. Second sophisme : le chômage est dû à l'écart entre la demande de qualification et l'offre de qualification, or la collectivité finance l'acquisition de qualifications, c'est-à-dire construit de ses deniers l'offre de qualification, donc la collectivité est responsable du chômage (n'a pas construit la bonne offre de qualification). Le premier sophisme fait l'impasse sur tout ce qui n'est pas lié à la caractérisation de l'individu comme travailleur (ou demandeur d'emploi). C'est bien dommage, car les femmes et les hommes ne sont pas que des travailleurs - d'autant plus qu'ils luttent tous à leur manière contre la déshumanisation imposée par le travail. Le second sophisme oublie que le chômage n'est pas dû à un écart entre demande et offre de qualification, mais, restons simples !, à la raréfaction des emplois. Messieurs de l'économie réelle, commencez par créer des emplois, après on discutera qualification.

Pourquoi perpétuer tant d'idées fausses et surtout fallacieuses, portées par l'ensemble du monde politique et économique ? Juste pour détourner le regard de la vraie responsabilité pour l'orienter arbitrairement vers l'État en premier lieu, puis vers le chômeur en second lieu. Cette manoeuvre grossière (mais les mensonges les plus grossiers sont ceux qui passent le mieux) est inscrite dans les gènes du libéralisme, de l'ultralibéralisme, du libertarianisme. Il faut moins d'État et l'homme de la rue doit se soumettre au rythme de l'Entreprise elle-même conduite par la recherche du profit capitalistique.
Cette idée d'adéquation entre formation et emploi est de ces idées fausses mais tenaces qui peuplent notre idéologie : il y a un lien direct entre formation voire éducation et insertion voire emploi. Comme disait un copain d'il y a trente ans, la formation n'a jamais créé d'emploi, mis à part les emplois de formateurs ! Je passe sur les justifications théoriques et pratiques de ce que j'avance : il est trop clair qu'il n'y a aucun lien direct entre la formation et l'emploi. Tous ceux qui prétendent le contraire sont ignorants ou salauds (faisant porter la responsabilité du chômage à ceux qui n'y sont ni directement ni indirectement pour rien).


 

2 décembre 2012

Les vidéos de l'ADBS sur Dailymotion : une mine

Je suis en train de revoir mon prochain cours sur la création de thésaurus et me dis que les vidéos des 5à7 de l'ADBS sont vraiment une mine pour les professionnels (en herbe ou confirmés) de l'information et de la documentation...

Les vidéos de adbsfr sur Dailymotion


Pour mon prochain cours, je compte bien faire travailler les étudiants à partir des vidéos consacrées à la norme thésaurale récente : une nouvelle norme pour le thesaurus. Vous savez, cette séance du 15 février 2011 que Loïc ouvre en évoquant l'aspect "désuet" du thésaurus ?

Au fait, chers adhérents de l'ADBS, vous avez vu la création de ce groupe sectoriel intitulé Taxonomie et métadonnées ? On en reparle plus tard...


30 juillet 2022

Le Conseil d'Etat enterre l'espace Schengen et s'oppose à la Cour de justice de l'Union européenne

Dans une décision du 27 juillet 2022, le Conseil d'Etat valide une nouvelle fois la prolongation du rétablissement des contrôles aux frontières intérieures par le gouvernement français, prenant ainsi l'exact contrepied de la position de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE). Celle-ci a rappelé, dans un arrêt du 26 avril 2022, qu'en vertu du principe de libre circulation dans l'espace Schengen, un État membre ne peut rétablir des contrôles à ses frontières intérieures pour une durée excédant 6 mois, sauf apparition d'une nouvelle menace, distincte de la précédente.

Alors que, depuis 2015, les autorités françaises prolongent systématiquement tous les 6 mois les contrôles aux frontières intérieures au motif d'une « menace persistante » liée au terrorisme, le Conseil d'Etat, dans sa décision du 27 juillet, se livre à une lecture tronquée de l'arrêt de la CJUE. Pour voler au secours du gouvernement, il s'autorise à réécrire le droit européen ignorant délibérément certains développements essentiels apportés par la Cour.

Ainsi, éludant la définition retenue par la CJUE d'une « nouvelle menace » à savoir, une menace « distincte de celle initialement identifiée », le Conseil d'Etat persiste dans la position qu'il avait adoptée en 2017 et 2019 en considérant qu'une « menace identique mais renouvelée » pourrait suffire à justifier la prolongation des contrôles.

Pire, le Conseil d'Etat conforte encore le gouvernement en lui permettant d'avance de procéder à des prolongations sans fin des contrôles aux frontières intérieures, ce que précisément l'arrêt de la CJUE interdit.

Or, ces contrôles et les pratiques policières qui y sont associées ont pour conséquence des violations quotidiennes des droits des personnes aux frontières pouvant aller jusqu'à provoquer des décès, comme nos organisations le dénoncent inlassablement depuis près de 7 ans.

Alors qu'il aurait pu et dû mettre un terme à l'illégalité de ces pratiques et faire respecter le principe de primauté du droit européen, le Conseil d'Etat porte le coup de grâce à la liberté de circulation dans l'espace Schengen.

Associations signataires :
Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé)
Associazione per gli Studi Giuridici sull'Immigrazione (ASGI)
Groupe d'information et de soutien des immigré.e.s (Gisti)
La Cimade
Ligue des droits de l'Homme (LDH)
Roya citoyenne
Syndicat de la magistrature (SM)
Syndicat des avocats de France (SAF)
Tous migrants

Complément d'information

L'article 1er du code frontières Schengen (CFS) pose le principe de base à l'œuvre au sein de l'espace Schengen à savoir un espace dans lequel est prévu : « l'absence de contrôle aux frontières des personnes franchissant les frontières intérieures entre les Etats membres de l'Union » tout en établissant « les règles applicables au contrôle aux frontières des personnes franchissant les frontières extérieures des Etats membres de l'Union ».

Depuis le 13 novembre 2015, le gouvernement français a informé la Commission européenne du rétablissement des contrôles aux frontières intérieures – d'abord en raison de la tenue de la COP 21 – en application des articles 23 et suivants du CFS. Après les attentats de Paris de novembre 2015, l'état d'urgence et la menace terroriste ont été utilisés par les autorités françaises pour justifier le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures. L'état d'urgence a pris fin en novembre 2017.

En parallèle, les autorités françaises ont fait savoir à l'UE qu'elles comptaient prolonger les contrôles aux frontières intérieures pour une nouvelle durée de 6 mois, sur la base des articles 25 et 27 du CFS cette fois-ci. Malgré des actions contentieuses portées par des associations pour dénoncer cette logique persistante et inconventionnelle, le Conseil d'Etat a, dans une décision du 28 décembre 2017 et dans une décision du 16 octobre 2019, validé les décisions des autorités françaises, permettant à ces dernières de renouveler vraisemblablement indéfiniment le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures, tout en refusant de transmettre à la Cour de justice de l'Union européenne la question préjudicielle que les associations proposaient de poser afin d'obtenir une interprétation européenne du CFS. Si une plainte a par ailleurs été déposée par l'Anafé et le Gisti devant la Commission européenne à ce sujet, elle demeure toujours pendante et sans réponse.

Dans ce contexte, les services de la police aux frontières (PAF) ont rétabli des contrôles des conditions d'entrée sur le territoire, incluant des contrôles d'identité, aux frontières intérieures de la France et remettent aux personnes étrangères qui ne disposent pas des conditions d'entrée sur le territoire, des refus d'entrée en application des articles L. 330-1 à L. 333-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Or, ces contrôles, le plus souvent discriminatoires, donnent lieu à des procédures de refus d'entrée sans respect de la procédure ni des droits des personnes dont le droit d'asile et le droit à la protection pour les mineurs isolés.

Dans un arrêt du 26 avril 2022, relatif à un contentieux autrichien, la CJUE a jugé qu'en vertu du principe de liberté de circulation au sein de l'espace Schengen, un État membre ne peut rétablir des contrôles à ses frontières intérieures pour une durée excédant 6 mois, sauf apparition d'une nouvelle menace, distincte de la précédente. La CJUE a également jugé que le contrôle d'identité mis en œuvre dans le cadre d'un rétablissement des contrôles aux frontières intérieures excédant cette durée est illégal. Ce faisant, la Cour a consacré le principe fondamental de la liberté de circulation au sein de l'espace Schengen - et son corollaire, l'interdiction des contrôles aux frontières intérieures - comme « l'une des principales réalisations de l'Union », tout en démontrant l'illégalité des pratiques des autorités françaises depuis 2017.

[Ce post reprend fidèlement le communiqué de presse inter-associatif diffusé par le Gisti, l'Anafé, la Cimade, la LDH etc.]


 

13 octobre 2010

Prévoir et rendre compte

Je crois que j'ai compris comment fonctionne le décompte erratique étatique des manifestants.

Hypothèse certes, mais qui a le mérite de montrer une forme de cohérence dans tout ce fatras communicationnel du gouvernement du roi d'Maubeuge. L'idée est la suivante et consiste en une succession d'affirmations en deux ou trois séries.

+ Première série

  1. IL EST AVÉRÉ QUE l'une des missions des services de renseignement est de prévoir les mouvements et agissements à caractère politique et d'en informer les autorités ;

  2. OR les autorités minimisent politiquement l'actuel mouvement (qui commence à dater d'ailleurs) de résistance aux projets de modification du régime de retraite ;

  3. DONC les services de renseignement annoncent aux autorités des chiffres de manifestants minimisés .

+ Deuxième série

  1. IL EST LOGIQUE QUE l'une des qualités des services de renseignement soit de prévoir juste - sinon ils se font engueuler ;

  2. OR leurs prévisions sont en deçà de la réalité ;

  3. DONC, pour ne pas se faire engueuler, ils maintiennent leurs prévisions, même fausses.

+ Troisième série (facultative, mais bien trop évidente)

  1. IL EST AVÉRÉ
    D'UNE PART QUE
    le gouvernement roi d'Maubeuge mène, depuis plus de trois ans, une campagne d'intoxication informative généralisée pour faire passer son entreprise de casse de l'État social (et pas seulement sur le sujet des retraites) - ils appellent ça la pédagogie, d'autres parlent de rhétorique, voire de pratiques mensongères ;
    D'AUTRE PART QUE le gouvernement a une vision "moutonnesque" - voire "panurgesque" - du peuple qu'il gouverne ;

  2. OR la rhétorique consiste à prétendre que tout va bien et qu'il n'y a que les râleurs professionnels (des vilains fainéants qui ne pensent qu'à faire de la politique au lieu de travailler ou de chômer bravement !) qui crient que tout va mal ;

  3. DONC le gouvernement fait l'hypothèse que, si on montre aux moutons qu'ils ne sont pas nombreux à être mécontents, ils rentreront sagement à la bergerie pour ruminer et calmer leur colère puis se faire - dans le meilleur des cas - gentiment tondre.

Bref, je ne sais pas si je suis clair, mais, quoi qu'il arrive, la culture du compte-rendu est assez spéciale dans ce gouvernement : tout étant joué d'avance (c'est le gouvernement qui a forcément raison - variante sarkozienne de la loi du plus fort ou la loi de la jungle sociale). Regardez ce compte-rendu de réunion produit par le cabinet du ministère de la Santé. Je cite Marianne2.fr : Alors que Roselyne Bachelot recevait les infirmiers-anesthésistes mobilisés depuis plus de sept mois, un compte-rendu a été publié avant même la fin de cette réunion.

Bref, rien d'erratique dans tout ça. C'est juste l'État Sarkozy.


29 novembre 2009

Suisses islamophobes !

Alors comme ça le pays de la neutralité internationale, le pays qui vit naître la Société des Nations, le pays ... nous fait le coup de l'islamophobie ! La haine comme pratique politique au pays du chocolat !

Un coup à donner au principe du referendum une tête d'arme populiste et sectaire, en tous cas, une tête d'outil de manipulation des foules : la droite populiste (UDC) et la droite chrétienne (UDF) ont agité le chiffon rouge de l'invasion islamique... J'espère simplement que leur Dieu, dans l'existence duquel je ne crois pas quand bien même mes parents m'ont fait baptiser, j'espère simplement que leur Dieu le leur reprochera durement quand ils le rencontreront et qu'ils le vouera aux flammes de l'enfer

La droite populiste (UDC) et la droite chrétienne (UDF) ont agité le chiffon rouge de l'invasion islamique, et les suisses n'y ont vu que du feu ! Pauvres suisses !

Chez nous, les droites se ruent sur le débat nationaliste... Soyons vigilants !

En Suisse, le parti des Verts a déclaré envisager de présenter un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg pour violation de la liberté religieuse garantie par la Convention européenne des droits de l'homme. Merci les Verts !


28 septembre 2009

Implants rhétoriques

Étonnante cette histoire Clearstream, non ? À l'heure où un tribunal doit décider de la culpabilité des quelques personnes (il paraît qu'il y en a pas mal !), celui que les Français ont choisi pour être le gardien de la Constitution malmène celle-ci et décide, en paroles certes, de la culpabilité de ces quelques personnes ! Il a déclaré il y a une semaine : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel". No comment ! Tellement il est évident qu'il y a faute ici.

Mais les rhétoriqueurs de la cour ne l'entendent pas de cette oreille et veulent justifier, c'est-à-dire rendre "juste" a posteriori, la  déclaration de leur grand chef. Par exemple, il en est un qui, évoquant le trouble causé par cette déclaration, affirme que "cette polémique est curieuse parce que, dans un procès, il y a des victimes et il y a des coupables. C'est la justice qui déterminera (mais) les coupables sont toujours parmi les prévenus", a déclaré M. Lefebvre sur France-Inter, même si "les prévenus ne sont pas toujours coupables"[dépêche AFP du 25 sept.].

Je ne m'intéresse pas au fond de ce que dit ce Monsieur, tellement il est évident qu'il dit une énorme bêtise. Je voudrais juste traduire sa pensée si profonde en une formule : "tous les coupables ont été prévenus" - que je rapproche de cette autre, issue du marketing déployé au profit de la plus grande arnaque légale qui soit : "100% des gagnants ont joué"... La rhétorique mercatique comme modèle de la rhétorique politique, voilà qui en dit long sur les arrières-pensées de cette droite néolibérale qui nous gouverne...

Puis, comme pour faire passer l'énormité de son propos, il fait glisser la culpabilisation au sens propre en auto-culpabilisation :
"Je ne comprends pas pourquoi certains prévenus se sentent si coupables, précisément". On admirera le fiel baveux de tels propos... Ce n'est pas lui, suppôt du roi d'Maubeuge, qui le dit, c'est le prévenu lui-même - qui, par ailleurs souhaite faire de ce roi un prévenu en règle ! Mais, comme dit si bien M. Lefebvre, "les prévenus ne sont pas toujours coupables" !


12 septembre 2008

Anniversaire : mémoires et reconnaissances

Hier, 11 septembre 2008, les USA, unis derrière leurs deux candidats à la fonction présidentielle nous serine-t-on, se sont recueillis comme un seul homme en mémoire des victimes d'il y a sept ans à New-York... C'est beau quand la démocratie s'unifie pour dénoncer le terrorisme...

Demain, 13 septembre donc, cela fera exactement trente-cinq ans que les USA ont, en sous-main à peine voilé, terrorisé la démocratie chilienne, installant dans le sang le fascisme très catholique d'un Pinochet. Les états-uniens s'uniront-ils dans la célébration de la mémoire ? Retrouveront-ils ce grand œcuménisme politique volontaire qui fait la grandeur des peuples démocrates ?

Je ne pense pas !
Peut-être tout simplement parce qu'ils devraient alors reconnaître à la face du monde que leur beau pays qui se donne souvent des airs de gendarme garant de la morale (laquelle?) n'a jamais rien eu à apprendre des russes (soviétiques ou poutinesques, peu importe) en matière d'impérialisme colonisateur et de manquement grave aux droits de l'homme les plus fondamentaux. Ils devraient alors reconnaître que leur beau pays avait dans les années 60 un plan diabolique de main mise sur les économies du continent américain dans son ensemble. Cela s'appelait le "plan Condor", si je me souviens bien.

Je ne sais pourquoi, mais quand la presse s'enflamme autour de son marronnier du 11 septembre, moi je me souviens immédiatement du 13 septembre - dont la presse semble avoir oublié la signification historique, politique et morale !
On a la mémoire qu'on peut.
On a la mémoire qu'on veut.


11 juin 2009

HADOPI, le Conseil constitutionnel, l'opposition politique et le roi d'Maubeuge

Entendu ce matin (6h30) sur France Inter : le Conseil constitutionnel du côté de l'opposition etc.

Je crois bien que la rédaction de France Inter est dans l'erreur et dit les choses à l'envers (pour la rhétorique de l'envers, c'est du déjà connu et du largement utilisé par la bande sarkozienne, Brich59 pointait ça dès avril 2007). Ce n'est pas le Conseil constitutionnel qui est du côté de l'opposition, c'est l'opposition qui est du côté de la justice - celle que rend souverainement ledit Conseil qui n'est pas vraiment un repère de gauchistes. Depuis le temps que de nombreuses voix s'élèvent pour montrer comment la bande sarkozienne est du côté de l'injustice... !

Ceci dit, à l'UMP, certains, relativement nombreux, étaient d'accord avec l'opposition sur ce sujet précis (coupure de communication Internet). Sauf que, comme le fonctionnement du parti du roi d'Maubeuge est aux antipodes de la démocratie la plus élémentaire, ses voix n'ont jamais eu raison - ce que leur rend le Conseil constitutionnel ! Et j'en suis heureux, même si l'UMP n'est pas, loin s'en faut, ma tasse de thé. Reste que le fonctionnement du parti politique du chef suprême de l'exécutif doit nous alerter sur le fonctionnement politique du chef de ce parti, c'est-à-dire sur les risques politiques qu'il fait courir au pays.

C'est peut-être tout cela que la radio publique aurait dû expliquer, plutôt que de montrer une espèce de jeu de cour de récré, non ?


13 mai 2009

Souscrivez ! C'est du Bourbon, c'est du bon !

Peut-être avez-vous suivi les aventures discographiques de La Chapelle des Flandres et soutenu la réalisation de ses enregistrements des Motets de Bach, des Madrigaux de Gesualdo, des Chansons roubaisiennes ou, plus récemment, des deux premiers volets de l'intégrale des Messes de Josquin Desprez par Métamorphoses. Merci de votre fidélité.
Peut-être découvrez-vous aujourd'hui les compositions (musicales) de Maurice Bourbon et des ensembles vocaux de La Chapelle des Flandres.

Anciens ou nouveaux amis, La Chapelle des Flandres sollicite votre soutien pour la réalisation de son prochain enregistrement : deux messes « franco-flamandes » composées par Maurice Bourbon. La Missa Ex machina, confiée à Cœli et Terra, est écrite sous le signe de la machine, rythmique, mélodique, harmonique, et nous donne, par l’obstination de ses mécanismes, la mesure, si l’on peut dire, de l’immensité.
La Messe Petits Z’Oiseaux (interprétée par Métamorphoses et « Biscantor ! ») est construite, comme souvent au XVème siècle, sur la base d’une chanson populaire. Les magnifiques thèmes de « Petits Oiseaux, qui mangez… » sont ici, comme chez Josquin et Bach, manipulés à l’extrême : par superposition, par symétrie, par inversion… Le chant de la mésange, du rossignol, du pipit des arbres, du coucou, du geai, du corbeau et d’oiseaux d’îles… imaginaires émaillent le grand lyrisme de l’Agnus Dei, la valse manouche du Patrem omnipotentem, la désolation du Qui tollis peccata mundi, la violence du Crucifixus, la fraîcheur printanière du Quoniam tu solus sanctus et la sérénité du Et incarnatus est. Venez rejoindre le plaisir du compositeur…

Votre soutien est le fondement même de la réalisation de cet enregistrement : une première mondiale attendue par de nombreux amis fidèles. Vous avez le choix entre deux formules, mais vous pouvez également utiliser les deux :

  • Être souscripteur. C’est très simple, il vous suffit de commander et régler maintenant le nombre de CDs que vous désirez. Vous recevrez vos CDs en avant-première, en septembre 2009.

  • Être mécène plutôt que simple souscripteur d'1 CD pour 20€. Nous vous proposons de devenir mécène de ce nouvel enregistrement pour 100€. Vous pourrez déduire 66€ sur vos impôts et recevrez 1 CD d'une valeur de 20€. Ainsi, ce qui ne vous coûte finalement que 34€ vous rapporte 1 CD d'une valeur de 20€ et vous permet de soutenir le projet à hauteur de 100€ !

Vous pouvez également, si vous le souhaitez, être mécène à un niveau financier plus élevé. Vous bénéficierez d'une déduction fiscale de 66% du montant de votre don et recevrez 1 CD (la loi sur le mécénat des particuliers limite les contreparties matérielles à la valeur d'1 CD). Pour être mécène, il vous suffit simplement de remplir le bulletin-mécénat ci-joint en y indiquant le montant de votre don. En retour, nous vous adresserons dans quelques semaines un reçu fiscal qui vous permettra de déduire 66% de votre don sur votre impôt 2009.
Bien sûr, la simple souscription est toujours bienvenue.

Le bulletin de mécénat/souscription est .
Faites-en très bon usage et n'hésitez pas à le communiquer à vos ami(e)s.
Merci !


27 janvier 2009

Salon des Métiers et de la Formation Tout Au Long de la Vie

Le 3ème Salon des Métiers et de la Formation Tout Au Long de la Vie aura lieu au Grand Palais de Lille, du 5 au 7 février (de 9h00 à 18h00). Organisé par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais en partenariat avec l’État et les acteurs de l’emploi et de la formation. L’objectif du salon est de faire connaître les réalités des métiers, les besoins en emploi, la diversité des entreprises et des services publics afin de choisir en conséquence la formation adéquate...

Comme l'an dernier, les métiers de l'information et de la documentation seront présents : la délégation régionale de l'ADBS et les enseignants de l'UFR IDIST de Lille3 y tiendront permanence pour animer le stand réservé à ces métiers, grâce au service documentation du Conseil régional - dont les documentalistes seront également présentes.
[En 2007 l'UFR IDIST et l'ADBS avait concocté une présentation des métiers, disponible ici.]

C'est le moment où jamais de faire ses emplettes informationnelles sur ces métiers en pleine et constante évolution que sont les nôtres, même si les membres de la délégation régionale de l'ADBS sont continûment à votre disposition pour vous aider à vous informer.

Au fait, l'ADBS Nord-Picardie qui tiendra son assemblée annuelle le 9 avril prochain. Vous y êtes d'ores et déjà invités...


11 septembre 2008

Regards sur l'éducation, regards sur la pauvreté, regards sur l'insertion des jeunes

Quand le libéralisme "occidental" jette un œil sur l'éducation, ça donne un paquet d'indicateurs et des préconisations à peine voilées, notamment celle de marchandiser toujours davantage l'éducation. Ça a au moins le mérite de la franchise. On parle maintenant sans tabou - surtout depuis que la droite française et européenne s'est décomplexée... Le rapport de l'OCDE est pour un accès séquencé ou ici pour le volume entier (551p. = 6 Mo) : lecteur attentionné et intentionnellement vigilant, je te laisse juge et n'en dis pas davantage !

Par contre, le rapport publié par l'OMS (Commission des Déterminants Sociaux de la Santé) le 28 août dernier, intitulé Combler le fossé en une génération - Comment faire ?, dit les choses plus crûment. Quitte à braver la "sagesse" libérale des "experts" de l'OCDE, par exemple en dressant le constat de l'échec des politiques qui construisent la lutte contre la pauvreté sur la croissance économique... Un rapport à lire in extenso !

On voit dans cette confrontation de deux méthodes que le simple fait de "globaliser" la problématique permet de ne pas tomber dans les rets de l'idéologie dominante, permet de ne pas en rester à l'incantation libérale. Ce qui n'est pas sans rappeler à mon souvenir le parti-pris qu'a toujours adopté Bertrand Schwartz, parti-pris qui s'exprime fortement dans son rapport de 1981 (L'insertion des jeunes) : la personne humaine est complexe et sa vie est multidimensionnelle. Ne considérer que l'une des dimensions conduit immanquablement à l'échec toute action politique ou sociale territoriale. Bertrand Schwartz et Gérard Sarazin en font encore une fois la démonstration, avec la recherche-action menée pour le Synami autour de la problématique de l'insertion des jeunes aujourd'hui, avançant la nécessité d'une "écoute globale" des jeunes et des salariés des missions locales. Philippe Labbe propose une synthèse sur son blog. Lis tout ça, cher lecteur attentif, et tu comprendras vite qu'on est à mille lieues de la rhétorique monolithique d'un Laurent Wauquiez qui veut "rassurer" dit-on lesdites missions locales : "Les missions locales auront deux orientations claires : elles ne sont pas là pour occuper les jeunes de stages en stages et doivent être orientées vers le retour à l'emploi et, par ailleurs, il faut les évaluer." "On ne peut pas continuer à les subventionner sans s'y intéresser. La contrepartie, ce sont les résultats." (extrait d'une dépêche de Localtis.info). On appréciera la charge négative des nombreux non-dits ou dits-en-creux de ce type de discours. On en mesure immédiatement la contre-performance en matière d'insertion sociale et professionnelle...


24 septembre 2007

Il reste des places dans les stages lillois de l'ADBS !

Dépêchez-vous ! Il reste encore quelques places pour les formations proposées par votre délégation ADBS en cette fin d’année 2007.

  • du 26 au 30 novembre 2007, "Fonction documentaire : Première approche". Pour comprendre le contexte de la fonction documentaire dans son entreprise (en interne comme en externe), être capable de contribuer à la mise en place des produits les plus adaptés à ce contexte, identifier les technologies en jeu dans les pratiques documentaires et comprendre la terminologie du domaine. Ce stage s’adresse à toute personne exerçant des fonctions relevant des métiers de la documentation sans avoir reçu de formation initiale préalable.

  • du 10 au 12 décembre 2007, "Pratique de l’indexation". Pour identifier la finalité de l’indexation et sa place dans l’activité documentaire, améliorer la qualité de l’indexation et adapter l’indexation aux usages et outils informatiques. Ce stage s’adresse à toute personne ayant à indexer des documents textuels et ayant soit suivi le stage "Fonction documentaire : première approche", soit une expérience de l’indexation.

Si vous hésitez, n’hésitez plus ! Adressez-vous vite au conseiller en formation de votre délégation ADBS ! Il prendra le temps de vous aider dans votre réflexion.


30 avril 2007

Populaire, il a dit populaire ?

J'ai toujours pensé que la rhétorique posait des questions de droits de l'homme, ne serait-ce que pour la manipulation oratoire des foules...
Exemple très contemporain : Nicolas Sarkozy affirme qu'il est le candidat populaire, et non le candidat d'un appareil.
Ce qui signifie, en vertu de la combinaison des rhétoriques du retournement et de l'envers : Nicolas Sarkozy est en fait le candidat d'un appareil, mais attribue cela à l'autre pour pouvoir paraître l'envers de ce qu'il est, pour pouvoir paraître populaire, dans une relation individuel avec le peuple de France, etc.

Nicolas Sarkozy ne serait pas le candidat d'un appareil ?

  1. Nicolas Sarkozy est à lui seul un appareil politique : il peut sans mentir dire "l'UMP, c'est moi"...

  2. Nicolas Sarkozy est la tête de pont de l'appareil gouvernemental : il n'est que de les voir tous le suivre comme de gentils toutous, premier ministre en tête... ce qui produit une dépense d'énergie jamais vue au service d'un candidat qui utilise les moyens de l'État, directement ou indirectement, pour faire sa campagne soi-disant "personnelle"... si vous n'êtes pas convaincu, comparez le déploiement des forces de polices autour des déplacements de Nicolas Sarkozy et autour des déplacements de Ségolène Royal... mais de cela, étrangement, personne ne parle même si cela signifie, en clair, que le contribuable finance une grosse partie de la campagne de l'individu Nicolas sarkozy !

  3. Nicolas Sarkozy est soutenu par l'appareil patronal et si son frangin a été évincé de la présidence du MEDEF, c'est pour que l'emprise Sarkozy n'apparaisse pas trop au grand jour et de façon trop voyante...

  4. Nicolas Sarkozy est soutenu par l'appareil médiatique et la différence entre Berlusconi et Berluskozy, c'est que le premier était en même propriétaire des médias et homme politique, alors que notre Berluskozy à nous est juste copain avec les propriétaires des médias... Relisez l'article de Libé de ce week-end...

Bref, personne d'honnête ne contestera que Nicolas Sarkozy soit le candidat de l'appareil, voire le candidat des appareils...

D'où le mensonge éhonté du ministre Dutreil : "Nicolas Sarkozy, c'est le candidat populaire face à une candidate très bourgeoise qui incarne les conservatismes et qui commence d'ailleurs très classiquement à négocier avec les appareils des partis politiques" (Le Monde du 25 avril).
L'intérêt de cette phrase est double :

  • elle valide mon point 2 ci-dessus (l'État comme appareil au service de l'individu Nicolas Sarkozy) ;

  • elle montre, dans un style très grossier, le fonctionnement des rhétoriques de l'envers et du retournement.


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