Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BRICH59
Publicité
29 juin 2009

... les yeux pour pleurer ?

  • Plus de la moitié des électeurs qui ont voté hier à Perpignan ont porté au pouvoir une équipe, dont l'élection en mars 2008 avait été invalidée par le conseil d'État après l'affaire de la "fraude à la chaussette"... consolidant la droite au pouvoir, même quand elle a été convaincue d'immoralité politique.

  • Plus du tiers des électeurs qui ont voté hier à Hénin-Beaumont ont choisi le parti de la haine, au nom d'une espèce d'improbable "hygi-hainisme socio-politique"... donnant à la droite au pouvoir l'occasion de proférer une leçon de morale à la classe politique, de fustiger une gauche socialiste mal en point, d'aller jusqu'à se gausser qu'elle ne soit pas monolythique comme l'est la droite, c'est-à-dire que son fonctionnement interne soit démocratique - ce que n'est pas celui des partis politiques de droite (UMP, FN notamment).

  • L'État militarise la fonction publique, bâillonnant ses salariés quand ils risquent d'exhiber les mésactions de leur employeur, interdisant aux fonctionnaires de parler en public de leur relation avec l'État, même si, bien sûr, le secret défense ou l'intégrité nationale n'est pas en jeu : selon les termes d'une dépêche de L-AEF, Bastien Cazals, directeur de l'école maternelle Louise-Michel à Saint-Jean-de-Védas (Hérault) et "résistant pédagogique" depuis le mois de novembre 2008 "a reçu un courrier de l'inspecteur d'académie de l'Hérault, daté du 23 juin, lui intimant l'ordre de ne plus communiquer avec aucun media pour tout sujet ayant rapport avec ses fonctions", annonce dans un communiqué le réseau des enseignants en "Résistance pédagogique". Comme dit le représentant de l'État dans cette affaire, "l'honneur de la fonction publique est d'obéir aux instructions". Vous remplacez 'instruction' par 'ordre' - ce que le principe de la synonymie autorise -, et vous avez la fonction militaire... La droite au pouvoir, celle qui au nom de Chirac supprima la conscription militaire, entend faire aujourd'hui de l'ensemble des salariés de l'État une cohorte obéissante de soldats muets. Au nom de Sarkozy.

À ce train-là, du Nord au Sud de la France, la droite au pouvoir n'a pas de souci à se faire quant à sa longévité politique.
Et moi, il ne me restera bientôt plus que les yeux pour pleurer.
S'il est encore permis de pleurer.


Publicité
15 septembre 2009

Les croisades du roi d'Maubeuge

Alors là ! Ce n'est plus de l'oxymore, c'est carrément de la contradiction diachronique ! Il n'y a pas si longtemps le roi d'Maubeuge prônait la "culture du résultat", s'entend "culture du résultat chiffré", comptant même y soumettre ses ministres...

Aujourd'hui, par je ne sais quel miracle (Saint Résultat, priez pour nous pauvres travailleurs!), le voilà-t-y pas qui dénonce la "religion du chiffre", avec la même vigueur, avec la même force de conviction que lorsqu'il prônait cette religion ! Du coup, tout y passe : vade retro les moyennes, vade retro le marché ! Tout ça parce qu'il a demandé à des huiles économistes de plancher sur la mesure de la richesse...  Mais qui dit mesure, dit chiffre, non ? Incroyable, non ? Mais ce n'est pas qu'une question de chiffre : c'est tout le marché qui fait l'objet de la vindicte.

Et on a même droit au mea culpa du roi, en bonne et due forme : "à force de faire comme si toute la vérité était dans le marché, eh bien on a finit par le croire". Car le bon roi d'Maubeuge ne dit pas 'je', ni même 'nous'. Il dit 'on' ! Louis le XIVème peut aller se rhabiller ! 'On' est donc convaincu que le marché n'a aucun sens...
Nous croyons rêver !
Nous rêvons ! Nous rêvons !
Pincez-moi !
Pincez-moi ! Pincez-moi !
Ça cache sûrement quelque chose de grave !


13 janvier 2009

Voeux du maire, technique de communication et propagande insidieuse

Hier soir, Monsieur le député-maire de Lambersart invitait les délégués de classes des collèges de sa commune. J'ai eu la curiosité d'y accompagner un jeune collégien. Et je ne le regrette pas, même si ce que j'ai vu ne me réconcilie pas plus que ça avec la gente politique...

Numéro de claquettes d'abord : c'est que Monsieur le député-maire fut d'abord un professionnel de la communication ! Numéro qui consistait à faire comprendre à ces chers petits scolaires que lui était un bon, savait manipuler l'autre, l'humilier éventuellement. Il a donné quelques ficelles du métier pour humilier, pour assujettir, etc. Si si ! J'étais là : il a expliqué aux enfants comment humilier l'autre, techniquement ! Ficelles du métier, mais de quel métier ? Communication ou politique ?

Puis il y a eu le jeune (enfin une trentaine bien avancée semble-t-il) qui est aujourd'hui conseiller municipal en charge des questions de jeunesse mais qui fut, dans sa jeunesse qu'il voulait nous laisser croire récente, membre du conseil des jeunes. On nous l'a et il s'est présenté comme le fleuron de l'engagement citoyen lambersartois. Formidable !  Et de proposer à tous ces enfants invités de participer au conseil des jeunes. Histoire de capter la jeunesse de Lambersart, de l'assujettir, de l'U-M-Péïser ? Engagez-vous, qu'ils disaient...

Quand Monsieur le député-maire a évoqué son histoire à lui en tant que délégué - parce que, c'est bien connu, délégué de classe, c'est la première marche d'une ascension politique réussie -, il a expliqué que c'était pendant les "événements de 68" et que ce rôle était important parce qu'il y avait beaucoup d'agitation dehors, même dans la région lilloise ! Moi qui ai à peu près le même âge que Monsieur le député-maire, je peux vous dire que j'ai vécu 68 et surtout le juste-après-68 comme une grande libération de la parole des jeunes qui avait enfin droit de cité dans les instances internes des établissements scolaires. Je pense que Monsieur le député-maire et moi n'avons pas la même histoire. J'étais élève de l'enseignement public... Bref, c'est comme si, pour cet auguste édile, il fallait être délégué pour maintenir l'ordre social et politique.

Et justement, Monsieur le député a ironisé sur les enfantillages des députés de l'opposition, qui lancent des amendements comme on jette des cailloux pour embêter les voisins ou la marée-chaussée. Lui, non ! Il est sage comme une image, promis juré craché ! C'est ce qu'il a dit à nos chers collégiens. Je me souviens pourtant l'avoir vu un après-midi à l'Assemblée nationale conspuer méchamment et bêtement un député socialiste alors que ce dernier avait la parole... Mais bon, il fait tellement de choses cet homme-là, il est si affairé pour le bien de ses concitoyens qu'il ne peux pas se souvenir de tout !

Bref, entre mensonge et mauvaise foi, je trouve qu'il y est allé un peu fort ce bon député-maire de Lambersart, avec sa bedaine de culbutos. Devant l'avenir de sa commune, il a donné une bien triste image de la politique.


27 mai 2009

Veille (stratégique) : quels outils gratuits pour la collecte de l'information ?

Toujours dans ma série Je suis fauché mais je veux être un superprofessionnel quand même !, je présente une communication à Champigny-sur-Marne (CRDP94), ce 27 mai 2009, en compagnie de Marie-France Blanquet, Jérôme Bertonèche et Richard Peirano (excusez du peu !)*.
La journée est consacrée à la veille en documentation scolaire.

L'intitulé de mon intervention est : Les étapes de la veille (stratégique) : quels outils gratuits pour la collecte de l'information ? (Les étapes du processus de la veille (stratégique) sont au nombre de quatre : 1.construire son tableau de veille, 2.collecter l'information, 3.la traiter l'information et 4.la diffuser. Une cinquième étape est l'évaluation du processus lui-même, étape qui, pour être supplémentaire, n'en est pas moins nécessaire, permettant un ajustement toujours plus précis. C'est la seconde étape qui fera l'objet de la présentation de quelques outils gratuits. Il ne s'agit pas d'un catalogue d'outils, mais bien d'une compréhension approfondie du processus permettant de mobiliser les bons outils au bon moment. Comment détecter les nouveautés sur les pages web ? Comment s'abonner judicieusement à des fils d'information ? Comment construire des fils d'information adaptés à nos besoins ? C'est à ce type de questions que nous essayerons d'apporter des réponses... La veille est conçue ici comme une activité technique, exigeante (compréhension de la stratégie, compétences d'analyse et d'écriture professionnelle) et individuelle (construction d'une boîte à outils personnelle et entretien de ces outils), sachant mobiliser à bon escient les gouttes d'eau de l'océan informationnel qu'alimentent les communautés professionnelles, régionales, nationales et internationales.)

La présentation est , accompagnée de quelques notes de commentaires pour le début. Pour celles et ceux qui ne peuvent lire le fichier PowerPoint, voici sa dégradation en pdf.

Richard Peirano rend compte de son intervention sur son blog [ajout du 5juin09].

* Jean-Louis Durpaire devait ouvrir la journée par une présentation du dernier rapport IGEN (EVS) & IGB, mais un contre-temps de dernière minute l'a empêché, bien malgré lui, d'honorer cet engagement. Ce sont Jean-Yves Langanay et Philippe Ampilhac qui ont présenté ce rapport...


21 mai 2009

Les a priori de la rhétorique

Hier, 20 mai, c'était l'anniversaire de mon voisin. On a trinqué dans le jardin, sous un soleil prometteur. On a discuté, bien évidemment, des études de nos bambins et bambines, du collège du quartier, du lycée du quartier, de l'école communale aussi où les enseignants ont du mal à interpréter avec des actions les décisions venus d'en haut...

Ce matin, en prenant mon petit déjeuner, j'entends (merci France Inter) que le roi d'Maubeuge est allé discuté dans un lycée de Massy Palaiseau et y a dit que :

  1. la réforme du lycée se fera
  2. elle doit être issue du bas (il dit exactement qu'elle ne doit pas être "plaquée du haut"), être le résultat d'un bouillonnement de tous (que chacun ait "le sentiment de s'exprimer", très exactement)
  3. "on part à zéro, c'est-à-dire sans a priori"

C'est là (reprise du blog mis en place par Richard Descoings)

On notera avec intérêt la nuance de l'expression "sentiment de s'exprimer" ! Comme si l'important était que les gens aient le sentiment de s'exprimer et non qu'ils s'expriment... Au moment où sort le rapport Apparu qui propose une réforme du lycée bien ficelée, la nuance n'est pas gratuite.

Que dire, d'autre part, de cette histoire de "sans a priori" ? Ca me rappelle un de mes responsables qui un jour voulut discuter sans tabou ni a priori. Il s'avéra par la suite qu'il y avait bien des tabous, et que "sans a priori" signifait seulement qu'il ne fallait rien expliciter des sous-entendus nécessaires à toute prise de position. C'est bien cela que nous ressert le roi d'Maubeuge : "sans a priori" veut dire, je pense, qu'il est hors de question de prendre le temps de discuter des fondamentaux politiques (politique éducative s'entend, pas conflit entre partis politiques ou entre hommes de pouvoir...!) C'est en fait le coup du "pas d'politique" que les gens de droite assène régulièrement au milieu des débats où l'on veut juste comprendre ce qui se dit, ce qui se trame... C'est le coup des "apolitiques de droite"... etc. Pauvres de nous !
Moi qui avais toujours pensé que pour comprendre, il fallait justement expliciter au maximum tous les a priori, sans tabou aucun !


Publicité
15 novembre 2008

Elle était belle dans la dureté de son air


Elle était belle dans la dureté de son air

Lissant ses traits sous l'œil noir,

Ignorant ses vingt ans et plaidant l'innocence.

Silencieusement, plus tard,

Amère madone de Lesbos et charmeuse d'enfantes,

Bourgeoise cachottière et immorale duègne,

Elle finit ... traîtresse,

Taisant sa félonie

Honteusement.


16 février 2009

Enseignants aux enchères !

Le collectif des personnels mobilisés de Lille2 et le Collectif de mobilisation étudiante de Lille 2, ont le plaisir de vous inviter à participer
ce mercredi 18 février 2009, à midi,
dans la cour de la Vieille Bourse de Lille (Grand Place),

à une vente aux enchères en bonne et due forme
des enseignants par les étudiants !

  • Si vous êtes enseignants, venez habillés de vos blouses blanches, robes noires ou d'une pancarte affichant "Ceci est un enseignant(-chercheur)!" ou "Ceci est un prof!" ou autres.

  • Si vous êtes étudiants, le Collectif de mobilisation étudiante mettra à votre disposition les espèces nécessaires à l'achat de vos profs.

Si vous souhaitez être acteur à part entière de la saynète,
vous pouvez prendre contact avec eux
sur leur blog.


10 décembre 2008

UMP, c'est gonflé !

Incroyable ! Désopilant ! Fort de café ! etc. !

Le blog "Ensemble pour faire gagner la France"- UMP - Nicolas Sarkozy, s'est ouvert hier sur deux messages pour le moins étonnant :

  • Réforme Hebdo : « Que faites-vous pour les autres pour les fêtes de fin d’année ? »
  • Déclaration universelle des droits de l’homme : 60 ans après, quel bilan ?

Moi, je dis qu'il faut oser !

  • Il faut oser quand on prône une politique dont l'un des principaux outils est la paupérisation de la majorité des citoyens !
  • Il faut oser quand on se pare bling-bling !
  • Il faut oser quand le système carcéral est à lui seul un déni des droits humains !
  • Il faut oser quand les RG se mettent à "intimider" la population trop active dans la revendication sociale et politique (cf. très récemment le cas de cet élève du lycée Picasso d'Avion dans le Pas-de-Calais, convoqué le 26 novembre dernier au commissariat [dépêche AEF]) !
  • Il faut oser !

22 septembre 2008

Réponse à Bérénice

Chère Bérénice,

ce que vous dites [cf. en fin de message] est partiellement mais proprement inacceptable !

Tout d'abord la nuance entre secte et religion peut être effectivement ce que vous dites. Sauf que c'est éventuellement (c'est-à-dire quand on refuse de se cantonner à des simplifications qui dénaturent la problématique) plus complexe que cela ! Je vous renvoie au début de l'article "Secte" de fr.wikipedia. Vous y verrez qu'en peu de lignes on peut jouer la nuance, la vraie.

Ensuite, que la scientologie n'ait pas le monopole du prosélytisme, c'est là aussi d'accord : les trois religions qui, hélas, gouvernent le monde ont ceci aussi en commun. C'est bien le problème, d'ailleurs, autorisant toutes ces guerres dites de religion qui balafrent l'humanité depuis des siècles, et parfois de façon cachée, par exemple sous le voile de  la lutte contre le terrorisme - ce dernier étant déjà du prosélytisme armé. Mais là aussi il faut se méfier des amalgames trop commodes : la religion juive, la religion chrétienne, la religion islamique ont chacune leur façon d'exercer le prosélytisme ; tout se joue en fait sur trois tableaux (les mixages étant bien sûr de rigueur : ce sont les dosages qui permettront de caractériser chaque religion à chaque époque), à savoir le militaire, l'économique, le psychologique, chacun usant de son "argument" favori (le sang, la faim, la crédulité)...

Vient ensuite la cupidité. Là vous commencez à généraliser vraiment abusivement. Là encore il conviendrait de nuancer le propos, en posant les questions qui permettraient de distinguer... Même moi qui suis un parfait mécréant, je ne vois pas vraiment de rapport entre le fameux denier du culte des paroisses catholiques et le système de spoliation mis en place par quelques sectes bien connues !

Concernant les "livres sacrés", je crois que vous déraisonnez complètement. Vous qui êtes abonnée à Biblio-fr, vous devez savoir ce qu'est la critique philologique, qui permet, considérant les livres sacrés comme des livres précisément, c'est-à-dire comme des productions humaines, d'en relativiser la portée "magique" - qu'on faisait gober aux paysans de l'Europe catholique jusqu'au XIXème siècle inclus (la Bible comme support d'apprentissage de la lecture, par exemple, ça ne vous dit rien ?). Nous n'en sommes, Dieu merci comme dirait l'autre, plus là ! Même si des relents nauséabonds de bondieuserie polluent l'air politique ces temps-ci... Les professionnels de l'information - documentation et des bibliothèques ne seraient-ils pas là justement, entre autres, pour empêcher que ces relents n'embrouillassent les consciences ? Voilà une bonne question ! En tout cas, ce n'est pas en faisant vos amalgames que les consciences européennes se débarrasseront des fantômes de la superstition que la crédulité nécessaire à toute croyance religieuse (bon d'accord, là je dérape un peu, je vais finir excommunié ! On pourrait dire ça de façon plus conciliante pour les autorités religieuses et les croyants) aide à faire apparaître !
Pourquoi ne pas en revenir, tout simplement, à cette pensée du philosophe allemand qui vécut aussi à Paris puis surtout à Londres dans la seconde moitié du XIXème siècle, vous aurez reconnu Karl Marx, qui écrivit, avec son copain Engels, Zur Kritik der Hegelschen Rechtsphilosophie (= Critique de “La philosophie du droit” de Hegel) où l'on peut lire que la religion est destinée à endormir et à mystifier les foules (le fameux opium du peuple). Kant avait posé des jalons (si on pousse la réflexion comme il conviendrait de le faire). Feuerbach tient à peu près le même langage. Nietzsche, Freud et tant d'autres ne diront pas autre chose...
Les professionnels du livre d'aujourd'hui ne pourraient-ils valoriser, à côté des livres dits sacrés - qui, qu'on les considèrent comme effectivement sacrés ou pas, font partie du patrimoine mondial -, ne pourraient-ils valoriser cette littérature critique qui permettra aux gens de réfléchir à ces question-là ? Les bibliothèques n'ont-elles pas un rôle énorme à jouer en terme d'autoformation (c'est-à-dire de formation de soi par soi, grâce à des outils librement choisis) de ceux qui les fréquentent ? Les bibliothèques ne sont-elles pas de magnifiques boîtes à outils pour l'autoformation, c'est-à-dire in fine pour la liberté politique, liberté d'apprendre, liberté de penser ? De la stature politique des politiques d'acquisition et de valorisation des collections...


Moderateur BIBLIO-FR a écrit :
> De : Berenice BARANGER <BBARANGER@agglo-valdefrance.fr>
> Date : Thu, 11 Sep 2008 12:25:54 +0200
> Objet : RE: Re : église de scientologie (5 messages)
>
>
> Bonjour.
> J'aimerais juste rappeler qu'une secte n'est qu'une religion qui n'est pas
> encore devenue majoritaire ni donc respectable, et que la scientologie n'a
> le monopole ni du prosélytisme ni de la cupidité. N'avons-nous pas en rayon
> Bible, Coran et autres livres sacrés, vérités pour les uns, poison pour les
> autres ? Pourquoi ne pas cesser d'être politiquement corrects et bien
> pensants ? N'est-ce pas l'un des facteurs qui nous coupent du public ?
> E I
> B Baranger, Sarcelles.


12 décembre 2007

Garder la cadence...

Selon les termes du Rapport annuel de la Commission européenne de décembre 2007 sur la croissance et l'emploi, il nous faut "garder la cadence des réformes" !

Vous je ne sais pas, mais moi 'cadence', ça m'évoque les antiques galères, où les prisonniers recevaient sur leurs tympan le rythme sourd de l'effort et dans leur chair le fouet qui leur rappelait que le rythme est à suivre rigoureusement.

Je vous laisse lire le communiqué de la commission. Il est explicitement tourné vers la mise en concurrence de l'Europe sur le foutoir du libéralisme mondial. En deux mots : tout va bien, les "performances économiques" sont toujours meilleures, améliorant les "perspectives de prospérité à long terme"... Mais, qu'on se rassure, il y a encore des progrès à faire ensemble. "De nombreux marchés du travail restent segmentés", peut-on lire, "les travailleurs intégrés, bien protégés, y côtoyant des travailleurs en marge, à la situation plus incertaine, sous contrat précaire. Les systèmes éducatifs ne suffisent pas à donner aux jeunes les compétences dont eux-mêmes et les employeurs ont besoin", etc. Pour ce que je vois, ici chez moi dans le petit coin français de cette belle et grande Europe, les problèmes sont en train d'être résolus. Enfin, le Roi d'Maubeuge et sa cour y travaillent d'arrache-pied.
Le droit du travail est en phase de détricotage insidieux mais systématique, et la précarité va devenir la règle : on ne la verra même plus tellement elle sera massive. La paupérisation sociale va suivre. C'est fatal ! Comme ça les gens n'auront plus le temps de se battre politiquement, ni même d'avoir des idées : il passeront tout leur temps disponible à recherche le maigre pécule qui les empêchera peut-être de mourir de faim et de froid... Il n'y aura plus de contestation.
Quant à l'éducation, ses prétentions de citoyenneté sont ajustée effectivement aux désidérata momentanés des patronats nationaux et locaux.

Concernant les "avancées" françaises en la matière, la commission note que "les mesures adoptées jusqu'à présent (notamment les allègements fiscaux contenus dans le «paquet fiscal» de l'été 2007) ralentiront cependant l'assainissement des finances publiques". Pourtant, ce type de redistribution de la richesse va dans le bon sens, je veux dire le sens euro-libéral, non ?
La commission remarque également que les promesses énoncées par notre bon Roi d'Maubeuge en matière de formation tout au long de la vie et de protection de l'emploi n'ont pas été tenues. Ce qui laisse un peu de répit aux galériens... Juste un peu !


28 mai 2016

Mais où est donc le problème ?

Les adultes, l'informatique et la résolution de problèmes. Où est donc le problème ?

Ce rapport, publié par l'OCDE, présente une analyse approfondie des résultats de l’Évaluation des compétences des adultes dans le domaine de la résolution de problèmes dans des environnements à forte composante technologique, ainsi que des indicateurs sur l’utilisation des TIC et la résolution de problèmes.

Source : http://www.keepeek.com/Digital-Asset-Management/oecd/education/les-adultes-l-informatique-et-la-resolution-de-problemes_9789264251069-fr


9 mai 2007

Vertus judiciaire de la publicité citoyenne

Extrait de l'excellente revue de presse des Cahiers pédagogiques d'hier (merci à Philippe Watrelot) :

ADN et masse de fiches.
Deux frères de 8 et 11 ans avaient volé deux Tamagoschi et deux balles rebondissantes dans un hypermarché du Nord. Vite repérés par les vigiles, ils ont été appréhendés quand leur mère passait à la caisse. Les jouets ont été payés et les enfants punis par leurs parents. L’affaire pourrait s’arrêter là. Mais les gendarmes ont ensuite convoqués les enfants pour leur expliquer qu’on prendrait leurs empreintes digitales et leur empreinte génétique. Celle-ci pourrait être ensuite stockée dans le Fnaeg (fichier national des empreintes génétiques) pendant 40 ans. C’est le père des enfants qui a rendu publique cette affaire qui alimente la polémique sur le fichage génétique des mineurs dénoncé notamment par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Syndicat de la magistrature. Aux dernières nouvelles, devant la mobilisation, la justice aurait reculé et arrêté la procédure.

Le Monde, L'Humanité et le NouvelObs permanent avait fait la publicité de la mésaventure des gamins, dès le 7 mai... Comme quoi la "publicité citoyenne" peut être efficace dans la lutte contre les dérives sécuritaires totalitaires (un principe de pistage des pédophiles s'appliquant au fichage de gamins qui piquent dans un magasin ! si ce n'est pas du totalitarisme, ca !) et autres balivernes de la droite dure... avec les autres.


mots-clés :
pratique sécuritaire, liberté individuelle, fichage, protestation citoyenne, publicité médiatique


21 mars 2008

Destins de la FPC en France

Initialement pensée comme levier du progrès humain, la formation permanente a été avalée par l'une de ses parties, la formation professionnelle. C'est ainsi qu'on pourrait résumer d'une phrase une seule le destin de la formation dans ses premières décennies d'existence légale. La loi de 1971 est très ambigüe  sur cette distinction des finalités de la formation. Ou alors il n'y a rien d'ambigu. Juste une tendance qui pointe son nez dès l'origine législative et qui aujourd'hui se montre au grand jour, sans vergogne aucune : la formation continue est au service de l'emploi, au point qu'il faut éviter les "situations de pure formation sans rapport préétabli à l’emploi".

C'est la réflexion que m'inspire la lecture de la production de Jean-Louis Dayan du Centre d'Analyse Stratégique, chargé de réfléchir sur le devenir de la FPC.

La formation limitée à un rôle ancillaire au service de l'emploi, c'est très très concrètement la formation au service de ceux qui embauchent (ou pas justement !). La chantage à l'emploi fonctionne ici à plein régime, de façon à ce que la collectivité finance encore et toujours ceux qui profite de l'activité économique nationale...

Le jour où les ultralibéraux sauront se passer des aides de la collectivité, les poules auront des dents, mais les chômeurs et les précaires et autres travailleurs pauvres n'en auront plus, faute de pouvoir aligner les biftons chez le dentiste et le pharmacien - qui eux vont très bien.


5 décembre 2007

Quelle justice ?

Je ne peux que partager mon enthousiasme d'avoir lu un nouveau bimestriel, intitulé sobrement Le Sarkophage. L'objectif est nécessaire (contre tous les sarkozismes). Les signatures sont prestigieuses (Patrick Tort, Emmanuelle Pereux, Paul Ariès, Stéphane Lhomme, Olivier Le Cour Grandmaison, etc. pour le n°3 que j'ai sous les yeux). Tout est à lire, les analyses comme les brèves !

Je ne résiste pas au plaisir de t'offrir, perspicace lecteur, un schéma qui exhibe l'intérêt de l'analyse que la Présidente du Syndicat de la Magistrature, Emmanuelle Perreux, nous livre du projet sarkozien à l'endroit de la justice - article que l'auteure intitule positivement "La justice entravée". Le schéma peut être lu dynamique (diaporama fait sous powerpoint2003) ou statique (gif). Bien sûr, ce cadeau que je te fais, ami lecteur, ne te dispense pas de lire l'analyse dans les termes où Le Sarkophage la publie. Le "résumé" ne saurait se substituer au document qu'il présente. Il veut juste donner envie de le lire.


9 novembre 2007

Réponse à une étudiante

Je reprends ici une lettre adressée ce matin à une de mes étudiantes qui me demandais de ne pas faire cours cet après-midi.


Lille, le 9 nov.2007

[Étudiante],

Je crois que tu es dans la confusion. Et, par les temps qui courent, mieux vaut éviter de se faire prendre en état de "confusionnisme avancé" ! Peut-être l'as-tu déjà remarqué : le libéralisme joue sur la confusion pour faire avaler des couleuvres à ceux qui sont destinés à le servir comme des esclaves, leur faisant miroiter monts et merveilles, mais à condition qu'ils restent esclaves. Sarkozy est un champion de ce point de vue, du 240% pur libéral, comme pour son salaire!

1.
Le mouvement est celui des étudiants et je dois respecter cela, d'autant plus que j'appelais de mes vœux une telle mobilisation (qui aurait dû à mon sens s'enclencher bien plus tôt). En clair, ça veut dire que, quand je suis payé pour venir en cours, je le fais, même si je suis physiquement malade, même si je suis légitimement fatigué, même si les étudiants contestent en toute légitimité. Je ne suis pas un étudiant, mais un professionnel de la documentation qui intervient pédagogiquement etc. C'est mon "rôle social" dans cette affaire.

C'est pour cela que je serai à l'heure (13h30) cet après-midi pour faire passer le contrôle, comme je l'ai dit à [étudiant], comme je l'ai fait savoir à l'administration de l'UFR. Et comme il n'y aura personne, je repartirai tranquillement rejoindre mes pénates.

2.
Mais cela ne m'empêche pas de dire ce que je pense. Les lecteurs de mon blog connaissent mes idées - que je n'ai pas à cacher au nom de je ne sais quel devoir de réserve. Je suis peut-être fonctionnaire d'État. Je suis d'abord citoyen, "animal politique" comme disait ce bon vieil Aristote.

D'abord, la contestation étudiante est tout à fait légitime. Pécresse en est, malgré elle, convaincue - qui se plaint du caractère "politique" de la contestation. Comme si les étudiants ne devaient pas se soucier de la marche de la société ! Quelle bécasse ! Elle va bientôt nous dire que tous les Français sont libres et égaux, et qu'il n'y a pas de classes sociales. Pécresse prend les étudiants et l'ensemble des Français pour des cons. Les étudiants doivent donc faire reconnaître leur droit à contestation.
Ensuite, cette loi LRU est un cadeau empoisonné : beaucoup d'argent de l'État débloqué (et encore faudrait compter au plus près) pour au final privatiser. Il faut expliquer cela, cette "mécanique-piège", dans votre contestation. Pas seulement crier au loup libéral. Expliquer par exemple que les étudiants refusent d'être les otages passifs d'un capitalisme qui exacerbe toujours plus la concurrence, c'est-à-dire l'exploitation de la masse par les rentiers. Expliquer cela et surtout montrer comment fonctionne cette implacable mécanique ultralibérale. Y-a du boulot !
Enfin, bloquer les facs n'est pas forcément le meilleur moyen de se faire entendre politiquement. En tout cas, ça donne à la soi-disant majorité silencieuse l'occasion d'être sortie du silence (par la droite qui prône l'apolitisme!), comme un chiffon rouge au nez de la société ronflante des rentiers et des retraités qui ont voté Sarkozy, et ne vont pas manquer de se montrer en "otages" des méchants étudiants politiques... Bref, je crois davantage en une démonstration de force intellectuelle, à force d'arguments et de dialogue, qu'à un blocage qui ferme un peu tout et assèche les chances de dialogue politique. D'autant plus que la presse vous suit et, je crois, serait prête à diffuser votre message argumenté [Je ne parle évidemment pas du journal Le Figaro - qui n'est qu'un organe "politique" comme dirait Pécresse!]. D'autant plus qu'aujourd'hui les moyens de diffusion des idées se sont nettement améliorer, techniquement mais aussi politiquement ! De ce point de vue-là, nous ne sommes plus en 1968. Pour le reste...

Amitiés

Bruno Richardot


4 septembre 2007

Roid'Maubeug...isme ?

Décidément, on nous sert tout et son contraire !

Le dénonciateur médiatique du "droit-de-l'hommisme" (terme né dans les marécages de l'extrême-droite, si je me souviens bien) reçoit en grandes pompes une des grandes figures de la lutte pour les droits de l'homme: Nelson Mendela reçoit les honneurs du Roi de Maubeuge - dont le ministre HeurteDroits-BouteFeu humilie jour après jour sans relâche tant et tant d'hommes, de femmes et d'enfants.
La France libérale aime les droits de l'homme, mais hors de chez elle! Souvenez-vous des paroles de Lili, la si belle chanson de Pierre Perret :

Elle aima un beau blond frisé, Lili
Qui était tout prêt à l'épouser, Lili
Mais la belle-famille lui dit : "Nous
N' sommes pas racistes pour deux sous,
Mais on veut pas de ça chez nous..."

Aujourd'hui, rentrée des classes oblige, le Roi de Maubeuge et son Premier Sinistre ont rendu des visites. Le Roi a visité une école de Blois et y a ostensiblement caressé l'épaule d'un petit bonhomme noir de peau - mais en (s')assurant qu'il était bien français (Guyane)...


Le premier Sinistre, son second (en titre, mais c'est pas vrai du tout !) a visité un lycée professionnel où il a assuré que l'objectif de "plein-emploi" que s'est fixé le gouvernement repose "aux trois quarts" sur l'amélioration de la formation, comme si la formation si excellente qu'on puisse l'imaginer en elle-même (mais c'est quoi les critères d'évaluation ?) pouvait créer de l'emploi ! Comme disait mon adjudant-chef quand j'ai commencé à bosser, la formation ne crée que des emplois de formateurs ! Ceci dit, évoquant la possibilité de l'excellence de la formation en elle-même, je tombe dans le "pédagogisme" le plus abscons ! Tant pis pour moi. Mais quand même, à quoi sert donc que tout le monde soit bien "formés", formatés, si ce n'est à fournir au patronat une main-d'oeuvre disponible qui n'aura pas plus de travail pour autant. On va juste déplacer la file d'attente, pas la réduire. Une file d'attente telle que le jumping social va pouvoir fonctionner à plein comme on l'a déjà vu : j'embauche, parmi les gens qualifiés, ceux qui me font l'offre de rémunération la plus basse. Histoire de profit capitalistique. Comme quoi ce bon vieux Marx avait mille fois raison : c'est l'économique qui décide "en dernière instance", comme on disait dans le temps !

Par ailleurs, à l'époque du quasi plein emploi, disons avant 1973, même les non qualifiés trouvaient du boulot. L'idiot du village était cantonnier. Et les patrons payaient cher pour attirer les personnes qualifiées. D'ailleurs, notre bon roi de Maubeuge ne dit pas autre chose, en ces temps de rigueur annoncée : Dans l'école de demain vous serez mieux rémunérés, mieux considérés et à rebours de l'égalitarisme qui a trop longtemps prévalu, vous gagnerez plus, vous progresserez plus rapidement si vous choisissez de travailler et de vous investir davantage (discours d'aujourd'hui à Blois). Toujours et encore l'économique : la seule valeur en ce monde libéral est décidément le fric, le fric qu'on "gagne", le fric qu'on "vole", le fric qui tue ! La maxime du parfait petit libéral, c'est "ma devise est d'être toujours en compétition pour être toujours plus riche de devises"...

Non, le problème, ce n'est pas la mauvaise qualité du système éducatif. C'est juste le non respect de la personne humaine en tant que telle. Que le Roi de Maubeuge insiste tant sur le respect (de soi, des autres) est bien un signe, signe qu'en fait là n'est pas le centre de son intérêt ! Le non respect de la personne humaine en tant que telle, c'est, ce fut clairement l'avatar obligé des tyrannies, de toutes les tyrannies sans exception. C'est aussi celui du libéralisme, de plus en plus clairement depuis qu'il apparaît comme échappant à toute alternative pratique. Reste la question du philosophe libre : On doit se demander si le libéralisme suffit à la dignité authentique du sujet humain (Emmanuel Levinas, dans Quelques réflexions sur la philosophie de l'hitlérisme (1934).


3 mars 2007

Apprenez toujours à monter, ça pourra être utile !

Pour avoir déjà enregistré quelques œuvres de musique vocale et chorale (avec l'ensemble vocal dont je fais partie), je sais bien que la technique du montage est indispensable à qui veut produire un enregistrement de qualité : on chante au mieux, on enregistre plusieurs fois, on écoute patiemment, on coupe judicieusement, on raboute esthétiquement... Il est tout de même très rare que ça fonctionne du premier coup, que le premier enregistrement soit le bon ! Surtout quand la musique est complexe (Josquin Desprez, Monteverdi, JS.Bach, etc.). La technique du montage est au service du beau, d'un beau irréel. Au concert, l'immédiate réalité de la relation chanteurs-auditeurs insère irrémédiablement la qualité de la restitution chorale dans l'ambiance d'un spectacle dont les critères de qualité ne se limitent pas au pur musical. Au disque, cela devient irréel : les voix ne sortent plus de corps présents à l'auditeur, mais d'appareils décharnant la musique pour en faire une voix qui sort de nulle part, quelque chose d'irréel. Et la qualité de la restitution chorale prend la première importance que rien ne pourra perturber - si ce n'est l'indéfinie situation de l'auditeur quelque part dans un insoupçonnable lieu équipé d'appareils indéterminés... C'est là qu'intervient l'ingénieur du son (Jean-Marc Laisné pour la plupart des enregistrements de Cœli et Terra et de Métamorphoses sous la direction artistique de Maurice Bourbon), la personne qui répond de la qualité de la restitution sonore et qui doit quasiment intégrer à cette restitution les conditions d'écoute du résultat de son travail, sans pour autant connaître ces conditions... Travail mystérieux, travail éclairant !

En tous cas, ce montage reçoit forcément, pour même exister, l'assentiment du directeur artistique, qui intervient ici au nom des interprètes, des personnes enregistrées. Ce n'est visiblement pas le cas dans la mésaventure du philosophe Michel ONFRAY qui a publié ce samedi 3 mars (à 02h40 GMT!) un billet très intéressant intitulé Le fascisme télévisuel... Je te laisse lire, lecteur assidu !


25 avril 2006

10b. Pratiques documentaires en Mission Locale

Cette page est destinée aux agents des Missions locales auprès desquels je suis intervenu en juin 2005 (Bourgogne et Rhône-Alpes). N'y figurent que les outils spécifiques au secteur d'activité en question.

Tout d'abord trois langages documentaires :

  • le langage documentaire classificatoire rhônalpin, dans sa version 2004 (en pdf, tel qu'utilisé lors des stages mentionnés plus haut) ; une version html avait été confectionnée ; le groupe de travail animé par Dominique Nugier en Rhône-Alpes est en train de peaufiner une mise à jour qui devrait être disponible à la fin de l'été 2006 (?) ; je ne manquerai pas de le signaler

  • le langage documentaire combinatoire (thésaurus) élaboré il y a une dizaine d'années en région Centre, dans sa version 1997 (pdf du preprint) ; en cliquant ici, vous aurez juste la table alphabétique générale simple des descripteurs, la table alpha- bétique générale, inversée et renseignée des descripteurs et synonymes ainsi que le plan de classement [MisLoc.the fichier discret]

  • pour comparer ces deux langages sectoriels avec un langage (classificatoire) qui se prétend "universel", voici le thésaurus Gibus/CDU (version 3), réalisé sur base de la "Classification décimale universelle Edition abrégée" (Editions du CEFAL, Liège, 1994) en décembre 1996. Ce langage compte "seulement" 800 mots-clés et 1800 synonymes soit la plupart des termes ayant un code CDU de 3, 4 et parfois 5 chiffres. Ce thésaurus a été conçu pour être intégré au SGB Gibus - qui n'est plus commer- cialisé.

Le document de travail pour les journées de juillet 2006 à Beaune est ou encore (à dézipper avec mot de passe). Et, pour le formateur, rien que pour lui, c'est ici ...

Quelques textes à indexer : archive1, archive2, archive3, archive4, etc.

Le bilan de l'action de juillet 2006 à Beaune est bilan.

mise à jour : 1 nov. 2007
retour à l'index


10 février 2013

Purcell : Blow up the trumpet in Sion (Z010)

Un nouveau chef d'œuvre bientôt au répertoire de Coeli et Terra (La Chapelle des Flandres).

Ici chanté sous la direction du gantois Philippe Herreweghe par Tessa Bonner, soprano, Patrizia Kwella, soprano, Kai Wessel, alto, Steve Dugardin, countreténor, Paul Agnew, ténor, William Kendall, tenor et Peter Kooy, basse (janvier 1993).

 


13 avril 2021

“Le mythe d’Er l’Arménien, ou la colère de Dieu” ?

Quel titre ! Ça sonne comme un prêche religieux, d’une de ces religions monothéistes au Dieu colérique ! On se croirait dans l’Ancien Testament, où le Dieu, Yahweh, Elohim, Adonaï, etc., quel que soit le nom qu’on lui donne, se met souvent en colère contre le peuple qui croit en lui. Ou bien dans la pratique musulmane où l’on se demande souvent si nos afflictions sont une épreuve ou une colère d’Allah !! Ma première réaction tient de l’étonnement, de la curiosité : comment peut-on accoler au mythe d’Er la perspective d’une colère divine ? En effet, pour avoir étudié ce texte de la fin de la République de Platon, je n’ai jamais senti une telle “colère divine”. De la violence dans les sanctions infligées aux “méchants” absolus (Ardiée le tyran, par exemple), oui, mais un Dieu qui piquerait sa colère, non ! Donc, intrigué, je lis cet article rédigé par Sam Tilbian mais posté par Ara Toranian le dimanche 11 avril 2021. Peut-être suis-je passé à côté de quelque chose d’important il y a 45 ans quand j’ai travaillé le mythe d’Er, en tout jeune apprenti philosophe-philologue que j’étais. 

Très vite je déchante et me trouve en but avec un amalgame d’approximations et d’erreurs…

Je pointerai ici juste les six passages suivants.

 

  1. Er, fils d’Armenios [...] est un arménien selon Platon...  pour traduire ̓Ηρὸς τοῦ ᾿Αρμενίου (Eros tou Armeniou), ça fait un arménien de trop ! Sam Tilbian s’est peut-être laissé abuser par cette page de vulgarisation ou tout simplement par l’article de Pascale Seys grâce auquel il a découvert le mythe d’Er...
    En fait, trois compréhensions de ce passage sont formellement possibles :
    1.“Er, fils d’Arménios”,
    2.“Er, fils de l’arménien”,
    3.“Er, l’arménien”.
    En général, la troisième est rejetée (
    sauf par Victor Cousin qui traduisit les œuvres complètes de Platon en 13 vol. entre 1825 et 1840, la République en 1934 dans le vol.10, le passage qui nous intéresse étant aux pages 279 et suivante) et la première préférée par les traducteurs et autres commentateurs patentés.
  2. … de la race des Pamphyliens ...
    En fait le texte dit τὸ γένος Παμφύλου, c’est-à-dire quelque chose comme “né en Pamphylie” ou “originaire de Pamphylie” .
  3. … selon Platon
    En fait, très concrètement, Platon ne rapporte pas une information dont d’autres que lui pourraient avoir une autre version ; il l’invente de toutes pièces !
  4. … Platon qui se réfère à juste titre, aux invasions phrygiennes, dont les Armens, ayant peuplé la Pamphilie. 
    D’abord, Pamphylie avec un y, c’est mieux car, en grec, ça change tout. Pamphylie pourrait vouloir dire “de toutes races”. En effet, selon la thèse la plus couramment admise, “il s’agirait […] de l’adjectif πάμφυλος, d
    e toutes races, de toutes tribus, devenu ethnique” [Cf. C.BRIXHE, Le dialecte grec de Pamphylie, Paris 1974 (thèse dactylographiée), §71].
    Pamphilie avec un i voudrait dire quelque chose comme “amour de tout”...
    Globalement, cette assertion demande à être étayée, voire sérieusement documentée. Platon connaissait-il ainsi l’histoire des Armens ? Des preuves !
  5. ... trois séries de textes bibliques, qui lui y voit un personnage de la Bible ...
    Si on lit bien le mémoire de “lui”, c’est-à-dire le mien, il n’est jamais dit qu’Er est un personnage de la Bible. Quand je remarque que le nom ‘ER’ est présent dans le texte de la Bible et pas dans la littérature grecque d’avant Platon, je ne fais que mon travail de philologue soucieux du texte. Je rapproche ce qui se ressemble et j’essaie de comprendre.
    Ce qui m’avait plu dans cette possibilité de rapprochement, c’est que cela permet d’imaginer que Platon joue encore une fois sur les mots – ce qu’il fait depuis le début du mythe d’ER – en désignant de ce nom-là quelqu’un qui a pour mission d’observer ce que personne n’a jamais vu. Car en hébreu, ‘ER’ - comme mot et non plus comme nom propre - signifie "celui qui veille sur, qui observe, qui regarde attentive­ment", et, plus vaguement, "celui qui regarde, qui voit". Trouver du sens, mission du philosophe-philologue, non ?
    Bref, quoi qu’il en soit, s’apercevoir que le nom ‘ER’ peut être d’origine sémitique ne signifie pas qu’on prétende que le personnage inventé par PLATON est un personnage de la Bible.
    Dans cette démarche, la Bible n’est là que comme témoin de langue, au même titre qu’un épigraphe ou une gravure de caractères sur une tablette d’argile… En tant qu’ouvrage, elle n’existe pas encore vraiment à l’époque de Platon : à peine, si l’on en croit l’une des hypothèses des historiens sur le sujet, Esdras a-t-il commencé de rassembler et d'ordonner divers récits pour constituer ce qu’on appellera le Pentateuque...
  6. … la Bible ; ce dont auraient eu connaissance Socrate et Platon au 5e siècle avant J.C. Tout à fait invraisemblable !!
    En fait, il n’est pas si invraisemblable que ça que Platon ait eu connaissance de ce qui se tramait de l’autre côté de la mer, au Moyen-Orient ! Ne pas oublier que :
    1.Athènes est une cité maritime et que les athéniens connaissent très bien toute la Méditerranée ;
    2.la philosophie est née, non pas à Athènes comme on le prétend trop souvent, mais sur les côtes de ce qu’on appelait l’Asie mineure, c’est-à-dire du Moyen-Orient, précisément sur la façade maritime de l’actuelle Turquie. 
    Des échanges et des influences sont attestés et cette question des rapports entre Platon et l’Orient est posée et traitée depuis plus d’un siècle... Marcel Deschoux, présentant
    un siècle de bibliographie platonicienne de langue française (1880-1980), en fait une entrée d’index ! Fin janvier 2002, Michelle Lacore explique que le panthéon panhellénique doit beaucoup au Proche-Orient ["La théologie d'Homère jugée par Platon" in Les dieux de Platon, Jérôme Laurent dir., Presses universitaires de Caen, 2003]. En 1992, E.D. Francis affirme que “de haute antiquité, la Grèce fut en contact avec l'Orient” [“Oedipus Achaemenides” in American Journal of Philology 113 (1992)]. Bref, comme disait en 1938 déjà l'Helvète Charles Werner, “on doit admettre une influence générale de l'Orient sur la Grèce” [La philosophie grecque chez Payot]. Donc pourquoi Platon n’aurait-il pas subi cette influence ?

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les éléments d’analyse que propose notre ami Sam Tilbian, mais j’en reste là. Pour qui voudra en avoir le cœur net sur les six points relevés plus haut, je renvoie très modestement à ce mémoire de 1977 dont la lecture par Sam Tilbiam rend bien mal compte (le passage incriminé se trouve aux pages 13 et suivantes) ou bien à cet extrait posté sur mon blog.


Ce post est repris sur le site Armenews.com.


 

2 avril 2014

Pricing ! pricing !

Une collègue de l'ADBS utilisant le terme pricing dans l'une de nos discussions (en français), répond à ma remarque - qui pourrait paraître franchouillarde - en se plaignant que le mot pricing est en voie de passer dans l’usage courant au même titre que ses petits frères de suffixe tel que mailing ou sponsoring (et quelques autres que la décence m’empêche d’écrire ici ). Je lui réponds.


Pricing ! pricing ! Moi, je suis convaincu qu'il n'y a pas de fatalité et que l'état du langage partagé est le fait de ceux qui partagent. RIEN ne nous oblige à entrer dans ce jeu où l'irrespect de la langue native se conjugue trop souvent avec une tendance certaine au verbiage improductif voire à la logorrhée qui tournoie sur elle-même. On a dit LE mot english et c'est autosuffisant !

De mon côté, je respecte l'évolution "naturelle" du langage ; j'ai dans ma panoplie lexicale des mots comme twist, rock'n'roll, etc. Mais je juge discriminatoire l'attitude langagière qui consiste à utiliser un lexique qui n'a rien de plus universel que celui que nous partageons de par notre naissance et notre culture et qui n'apporte rien de plus que ce que l'on peut déjà dire dans la langue de notre naissance et de notre éducation.

Donc je récuse pricing et dirai plutôt tarification - sachant que ces deux termes n'ont pas exactement le même sens.

Et c'est bien ça le problème, le premier problème de fond ! Chaque langue construit le réel. Depuis l'Académie de Platon jusqu'au Centre de recherches philologiques lillois où j'ai eu la chance de rencontrer feu Jean Bollack et Heinz Wismann (lisez donc son dernier ouvrage : Penser entre les langues), on sait que le réel est construit (comme disait ce bon vieux Hegel), et qu'il est construit par le langage. Pour revenir à nos platebandes documentologiques, il suffira de regarder le fonctionnement du multilinguisme dans les langages documentaires pour se rendre à l'évidence : chaque langue naturelle construit sa propre réalité, ses propres objets-référents, jusqu'aux relations entre ces derniers... Bref, à lire et entendre ce "jargonage globisant", j'ai le sentiment de communiquer avec des étrangers - ce qui, pour l'handicapé linguistique que je suis, est relativement excluant voire traumatisant. À subir ce lexique exogène, j'ai le sentiment d'avoir été chassé de mon propre paysage ou déplacé de force dans un autre.

Le deuxième problème de fond est que ce langage - que vous utilisez tou(te)s - n'est même pas linguistiquement établi. C'est un globish mal assuré dans son fondement intellectuel, que même nombre d'anglophones vouent aux gémonies. C'est juste un langage pour le fonctionnement économique de surface et pour la galerie managériale, commerciale et médiatique opportuniste qui s'en régale. On prend des mots (pricing, customizer, etc.), des mots pour dire des choses ou des concepts qui ont déjà leur signifiant francophone (tarification, personnaliser, etc.), des mots que l'on insère dans un fonctionnement syntaxique français (enfin, quand on utilise les règles de la syntaxe !)... Ça me fait penser à mes vieux copains maghrébins qui vivent en France depuis leurs études en France (années 70) et qui, quand ils dialoguent entre maghrébins, parlent arabe avec de temps en temps un mot français qui jaillit, venant perturber le flux homogène de la langue arabe. Vous dites pricing comme mes copains emploient ici ou là un mot français - c'est-à-dire un mot du langage de leur ex-colonisateur... No comment !

On peut rire de mon acharnement à refuser ce globish qui n'est même pas un langage à lui seul (le langage n'est pas que lexique ; lisez Wismann je vous dis !). Je ne cherche pas à me poser en vieux chnoc conservateur arcbouté sur une époque révolue où l'on se serait attaché à respecter sa propre langue, la langue de ses parents, celle qu'on avait appris en naissant et en grandissant. Je sais bien qu'une langue dite "naturelle" évolue d'elle-même - c'est d'ailleurs ce qui la distingue d'une langue artificielle. Par ailleurs, comme tout le monde à l'ADBS, j'ai pris ma part d'invention technique et/ou méthodologique ; comme tout le monde à l'ADBS, je manipule des trucs et des machins qui nous viennent d'outre-atlantique ou pas mais qui causent globish. Pour autant, je ne me suis jamais senti obligé de laisser au vestiaire ma langue native, la langue qui m'identifie, c'est-à-dire qui m'authentifie.


23 mai 2008

Faire de la formation professionnelle un levier réel et effectif de l'insertion

"Faire de la formation professionnelle un levier réel et effectif de l'insertion", en construisant "une offre adaptée aux besoins des publics les plus éloignés de l'emploi", c'est l'une des préconisations du rapport général sur le Grenelle de l'Insertion que l'AEF s'est procuré dans sa version "de travail", nous explique l'excellente agence d'information AEF [Dépêche n°96543 (Emmanuelle Parra-Ponce), Paris, Jeudi 22 mai 2008].

L'idéologie de la formation professionnelle continue (FPC) retombe ainsi allègrement dans les eaux troubles de ses fonts baptismaux ! En a-t-elle seulement jamais émergé ? Dès 1970/1971, en effet, la FPC est écartelée entre deux finalités : fournir de la main-d'œuvre "adaptée" aux besoins de l'industrie et des services d'une part, augmenter l'autonomie intellectuelle et culturelle des citoyens d'autre part. Le seul projet concret et multiple où ces deux finalités tentent la conciliation est, à mon humble connaissance, la vie tout entière de Bertrand Schwartz - que la Région Nord-Pas de Calais a célébré il y a peu. Infatigable Bertrand qui accompagne le Synami-CFDT dans une action avec les missions locales.

Bref, que de bonnes intentions ! Construire "une offre [de formation] adaptée aux besoins des publics les plus éloignés de l'emploi" ! Pensez donc ! Qui peut nier l'intérêt d'une telle construction ?

Moi.
Ne serait-ce que parce qu'un tel projet est là pour masquer des questions plus fondamentales, des questions qui parlent de ce qui, en dernière instance comme on disait autrefois, explique les dysfonctionnements perpétuels de la machine sociale d'un capitalisme à l'idéologie surannée mais toujours en service !

Je ne suis sûr que d'une chose, concernant la relation (introuvable ?) entre formation et emploi : la formation ne crée que des emplois de ... formateurs. Pour le reste, décalons le regard et posons-nous les bonnes questions !

Si les gens sont au chômage, ce n'est pas parce qu'ils sont paresseux ou intellectuellement déficients ! Si les gens sont au chômage, c'est parce que le capitalisme ne crée pas suffisamment d'emplois. Et si le capitalisme ne crée pas suffisamment d'emplois, c'est parce qu'ils exigent que tout emploi "rapporte" du bénéfice sonnant et trébuchant. Ils appellent ça la culture du résultat, d'où est exclu la prise en compte des aspects sociaux et culturels de la vie. Moi je préfère appeler ça la culture de la marchandisation intégrale, de la monétarisation totale, effet et cause en même temps du totalitarisme des riches. Nous ne sommes pas en démocratie, nous ne l'avons jamais été ! Nous sommes sous le régime de la ploutocratie.

La ploutocratie est mondiale, alors que les démocraties sont locales. Disproportion absolue, plus récente que le phénomène de la ploutocratie lui-même.
Quoique, à bien regarder...

Bref, la question fondamentale est bien celle de la répartition des richesses. La FPC, là dedans, fait figure de figurante, pour amuser voire, dans le meilleur des cas, pour occuper les politiques et les petites gens que nous sommes. Un leurre dont la fonction idéologique est d'une évidence criante.

Efficacité de la FPC ou pas, le plein emploi est plouto-incompatible. Et la démagogie d'un Roi d'Maubeuge, ni, hélas, la qualité des analyses d'un Laurent Cordonnier par exemple, n'y peuvent rien. Encore moins le Grenelle de l'insertion !


27 avril 2006

6. Création de dossiers documentaires

Juste quelques documents utilisés dans mes formations :

et puis mon support d'intervention, accompagné d'un petit TP pour jouer un peu...

mise à jour : 12 nov. 2007
retour à l'index 


2 février 2022

François Châtelet, Platon (1965)

En ce moment, je lis un ouvrage de François Châtelet, belle et rare entreprise d'approche de la démarche de Platon à partir de la question politique, ouvrage intitulé sobrement ... Platon (1965). J'ai lu ce numéro de la collection 'idées' de Gallimard il y a bientôt 50 ans, à l'orée de mes études de philosophie. Quel plaisir ! Quel bonheur de relire cet ouvrage, même pour qui connaît assez bien le philosophe grec ! Magnifique contextualisation de la démarche platonicienne dans l'écrin politique et social de la Grèce des Vème et IVème siècles. On ne peut que recommander cet ouvrage à tous les apprentis philosophes...

Au hasard de la lecture, quelques pensées parfois intemporelles.

  • Ainsi à la page 85 : "La démocratie telle qu'elle est pratiquée à Athènes ne développe pas la liberté : elle libère la violence." Plus loin, on comprend que, dans le fonctionnement de la doxa, de l'opinion qui ne fait que s'en tenir aux passions, aux pulsions de ceux qui la profèrent et la promeuvent, les discours se heurtent sans rien construire, "les opinions contradictoires s'entre-détruisent et laissent ce grand vide où s'épanouit la violence" (p.88)...
  • Ainsi à la page 107 : "L'expérience du dialogue [met] bien en évidence le fait qu'en parlant, et quand bien même resterait-il enfermé dans sa certitude, celui qui accepte de dialoguer se livre, en quelque sorte, à une exigence d'un autre ordre. En apprenant à entendre autrui, en se essayant de se mettre d'accord avec lui-même, il commence déjà à s'arracher à la fascination qu'exercent [sur lui] la passion et l'intérêt..."

 


 

4 juillet 2016

Idéologie et démagogie, deux mamelles de la droite extrême ?

Le site de campagne du roi d'Maubeuge, "ns2017" vient de publier le message que le "conseiller politique [de Les Républicains[1]], en charge du logement" - j'ai nommé le député du Nord Marc-Philippe Daubresse - a rédigé en réaction à l'arrêté signé par la Ministre Emmanuelle Cosse et visant à étendre l'encadrement des loyers à la banlieue parisienne. C'est .

Ce message est un tissu de contre-vérités - que je ne relève même pas -, mais surtout dénote une posture interlope qu'il faut dénoncer sans relâche, même partiellement.
Ainsi la "mesure" mise en place par l'arrêté en question serait "idéologique". Deux questions :

  1. Une idéologie, n'est-ce pas un ensemble d'idées et de valeurs nées de l'analyse de la société et faisant sens politiquement, c'est-à-dire portant un projet ?
  2. Le roi d'Maubeuge et son vassal nordiste n'auraient donc pas d'idéologie ?

Tiens donc ! Ces gens-là ne pensent donc pas ? Ils n'analysent pas et n'auraient aucun projet politique ? Attendez ! Ils vont vous dire qu'il n'ont pas d'idéologie parce que leurs idées sont "naturelles", comme si la nature avait quelque chose à voir dans l'affaire, et qu'elles relèvent du "bon sens", comme s'il n'y avait qu'un seul bon sens, comme si "bon sens" signifiait fatalement "pensée unique" et donc indiscutable. Ils vont vous expliquer qu'un pays, une région ou un territoire, ça se dirige comme on dirige une entreprise et que donc les règles du bon fonctionnement économique doivent s'appliquer sans hésitation etc. On connaît la chanson ! Sauf que penser qu'un territoire se dirige comme une entreprise, c'est une idée parmi d'autres et cela fait partie d'une idéologie particulière, celle de la droite extrême, celle que défendent - bien qu'ils s'en défendent - les maîtres de la finance, le roi d'Maubeuge et ses vassaux, qu'ils lui disputent ou non son hégémonie de fait sur Les Républicains. Bref, quand on comprend que la "loi" de la finance (qui fait office de pensée économique régulatrice) ne doit pas avoir forcément le dernier mot, l'argumentation du vassal nordiste du roi d'Maubeuge tombe d'un coup.

Autre chose : la "mesure" mise en place par l'arrêté en question serait "démagogue" (moi, personnellement, j'aurais écrit "démagogique", mais bon ! on ne va pas chipoter ;-). Ah ! Nous y voilà ! N'oubliez jamais que le roi d'Maubeuge fait métier d'avocat et que son vassal nordiste prône la manipulation des autres - pour ne citer que ces deux-là. Une des astuces les plus fréquemment employées en plaidoyerie consiste à accuser l'autre de son propre défaut, voire de son propre crime. C'est ce qu'on appelle la rhétorique du retournement. Diablement efficace ! Bref ma question ici sera donc unique et très simple, retournant le retournement :

  1. Les membres du parti politique Les Républicains ne tiennent-ils jamais de propos démagogique ?

Quant au site ns2017, où le torchon du vassal nordiste du roi d'Maubeuge est publié, on pourra apprécier sa logorrhée salace et outrancière, à l'image de la rhétorique de notre bon roi d'Maubeuge ! Je vous laisse contempler le désastre ;-( Quand je vois la politique française si bien tombée dans le caniveau, je pense à Michel Rocard, décédé ce WE, qui, lui, avait une vraie haute idée de la pensée et de l'action politique.


[1] Le citoyen que je suis n'accepte pas cette façon dont le parti politique - que le roi d'Maubeuge a formaté pour permettre sa propre élection à la Présidence de la République - se prévaut de quelque républicanisme que ce soit, laissant ainsi entendre que les autres partis politiques ne seraient pas "républicains". Il faut donc considérer "Les Républicains" comme une marque et non comme signifiant autre chose que le parti politique que le roi d'Maubeuge a formaté pour permettre sa propre élection à la Présidence de la République. D'où l'erreur de considérer le 'Les' comme l'article défini du substantif 'Républicains' : nous devons parler "de Les Républicains" et non "des Républicains" !


 


 

Publicité
Publicité
Archives
Visiteurs
Depuis la création 262 735
Publicité