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BRICH59
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7 septembre 2004

François BRUNE, De l'idéologie aujourd'hui...

C'était le titre d'un article paru en 1996 dans Le Monde diplomatique. C'est devenu celui d'un ouvrage paru au mois de mars de cette année aux éditions de L'Aventurine. L'ouvrage s'ouvre sur une nouvelle version de l'article en question. Suivent d'autres contributions. Objectif de l'ensemble : débusquer l'idéologie là où elle prétend précisément n'être pas... Bref, remettre les pendules à l'heure. Salutairement.
Cet article initial, dès que je l'ai lu (en 1996 donc), je l'ai donné à lire à mes étudiants et stagiaires en documentation, à ceux qui travaillaient avec  moi l'art de la condensation documentaire, en l'occurrence l'art du résumé. En effet, quitte à donner à résumer, à condenser, autant donner à lire, à lire des textes qui apportent quelque chose à leurs lecteurs. L'article de François est de ceux-là. Et pour sûr, la prochaine fois, j'indiquerai à mes étudiants et stagiaires l'existence de cet ouvrage de 2004. Et les inviterai à l'acquérir, à l'acheter ou l'emprunter, à le lire...

Dans mon travail du résumé, j'invite à découvrir l'articulation du texte et en exhiber la hiérarchie informationnelle. À partir de quoi on peut sans problème composer un résumé plus ou moins court du texte en question. Voici trois niveaux de condensation du texte que François Brune a publié en 1996.


Résumé informatif court [75 mots]

Il n'y a plus d'idéologie, dit-on. Il n'y a même plus à penser : le réel s'impose ! C'est ainsi que fonctionnent quatre « complexes idéologiques » : le mythe du progrès, le primat du technique, le dogme de la communication et la religion de l'époque. Quand l'un de ces complexes défaille, les autres viennent à la rescousse, pour mieux brouiller l'analyse critique que le citoyen pourrait entreprendre des « réalités » qu'on lui impose.


Résumé informatif moyen [162 mots]

Il n'y a plus d'idéologie, dit-on. Il n'y a même plus à penser : le réel s'impose ! C'est ainsi que fonctionnent quatre « complexes idéologiques ». Le mythe du progrès, tout d'abord, (avec son corrélat nécessaire, la peur du retard) cultivant une fausse sociologie du changement. Le primat du technique, ensuite, détournant des questions fondamentales, en occultant le pourquoi par le comment. Puis le dogme de la communication qui véhicule de nombreux mots à forte charge idéologique et que la télévision entretient pour mieux faire illusion. La religion de l'époque, enfin, qui sacrifie tout à la « modernité », dans une mise en scène d'autant plus efficace qu'elle est artificielle. Quand, au gré d'une explosion sociale, l'un de ces complexes défaille, les autres viennent à la rescousse, pour mieux brouiller l'analyse critique que le citoyen pourrait entreprendre des « réalités » qu'on lui impose. Bafouant l'expérience la plus commune, ce brouillage oblige à une double pensée, au risque d'une schizophrénie collective.


Résumé informatif long [217 mots]

Il n'y a plus d'idéologie, dit-on. Il n'y a même plus à penser : le réel s'impose, tel le fait de la globalisation ou celui de la mondialisation ! Quatre grands « complexes idéologi- ques » fonctionnent ainsi dans le discours ambiant. Le mythe du progrès, tout d'abord, (avec son corrélat nécessaire, la peur du retard) cultive une fausse sociologie du changement. Le primat du technique, ensuite, détournant des questions fondamentales, en occultant le pourquoi par le comment, donne aux technocrates un poids tout dictatorial. C'est ainsi que l'idée d'autoroute s'impose, que l'image de la vitesse envahit tous les discours. Puis le dogme de la communication qui véhicule de nombreux mots à forte charge idéologique et que la télévision entretient pour mieux faire illusion. La religion de l'époque, enfin, qui sacrifie tout à la « modernité », dans une mise en scène d'autant plus efficace qu'elle est artificielle. C'est ainsi que la publicité envahit notre vie et que la « société de consommation » prospère toujours davantage. Quand, au gré d'une explosion sociale, l'un de ces complexes défaille, les autres viennent à la rescousse, pour mieux brouiller l'analyse critique que le citoyen pourrait entreprendre des « réalités » qu'on lui impose. Bafouant l'expérience la plus commune, ce brouillage oblige à une double pensée, au risque d'une schizophrénie collective.


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6 juin 2013

Un ou une ordinateur ?

Une enseignante francophone expliquait à sa classe que, dans la langue française, les noms, contrairement à l'anglais, sont désignés au masculin et au féminin. Par exemple : maison est féminin... une maison ; crayon par contre est masculin...un crayon.
Un élève demanda à l'enseignante de quel genre est donc le nom ¨ordinateur¨ ?
Au lieu de donner la réponse, l'enseignante a séparé la classe en deux groupes, garçons et filles, leur demandant de décider d'eux-mêmes si ¨ordinateur¨ est masculin ou féminin.
Elle a demandé à chaque groupe de donner 4 bonnes raisons pour appuyer sa recommandation.
Les garçons ont décidé à l'unanimité que "ordinateur" est effectivement du genre féminin (une ordinateur) parce que :

  1. Personne d'autre que son créateur ne comprend sa logique intérieure.
  2. Le langage de base que les ordinateurs utilisent avec d'autres ordinateurs est incompréhensible pour quiconque.
  3. Même la plus petite erreur est conservée en mémoire à long terme pour être ramenée à la surface plus tard.
  4. Aussitôt que vous utilisez régulièrement une ordinateur, vous vous exposez à dépenser la moitié de votre chèque de paie pour acheter des accessoires pour elle.


Le groupe de filles, toutefois, a conclu que l'ordinateur est de genre masculin parce que :

  1. Afin d'accomplir quoi que ce soit avec lui, tu dois l'allumer.
  2. Il est bourré de matériel de base, mais ne peut penser par lui même.
  3. Il est censé régler beaucoup de problèmes, mais, la moitié du temps, c'est lui le problème.
  4. Aussitôt que tu en utilises un régulièrement, tu te rends compte que si tu avais attendu un peu, tu aurais obtenu un meilleur modèle.


Les filles ont gagné.

Juste pour rire un peu : sexiste mais drôle quand même ;-)


 

21 décembre 2006

« Il est décisif de restituer son humanité au migrant »

Hélène Flautre, Présidente de la Sous-commission des Droits de l’Homme au Parlement européen, s'est exprimée lors de la réunion du 12 décembre. Vous pouvez écouter l’intervention d’Hélène Flautre ou lire sa retranscription intégrale ci-dessous.

Cette retranscription fait partie de la quatrième livraison des Invisibles - à lire absolument si le sort de l'humanité en tant qu'humanité vous concerne...


Cette pièce de théâtre nous permet de discuter en ayant en tête les expériences, le regard, le point de vue du migrant, ce qui n’est en général jamais pris en considération dans l’élaboration du discours politique. Restituer le regard du migrant, c’est quelque chose qui paraît primordial. C’est pour cela d’ailleurs que la parole collective des migrants, le droit de vote des étrangers qui vivent ici, toute une série de propositions qui restituent le migrant dans sa citoyenneté, son humanité, sa singularité, sont des choses absolument décisives. Je trouve que la pièce met aussi en évidence l’absurdité des politiques... quel est le sens de ce jeu de l’oie mortel ? Quel est le sens ultime de ces politiques criminelles ? Il y a ceux qu’on voit ici à Calais, Mickaël a dit qu’ils prenaient des risques insensés, qu’il y avait un jeune qui était mort, mais combien sont morts dans le désert, combien se sont noyés ? En même temps, il y a un tel décalage entre la réalité et les chiffres annoncés sur les reconduites, les images qui sont montrées à la télé, c’est à dire la spectacularisation de ces questions par rapport à la réalité de ce qui se passe. Sarkozy a beau dire "j’en ai retourné dix ou vingt mille de plus que l’an dernier"... Même si c’est inadmissible, qu’on se bat tous les jours, qu’on va dans les centres de rétention pour empêcher ça, c’est quand même une goutte d’eau par rapport la réalité des personnes qui vivent ici sans statut, sans reconnaissance, de façon clandestine. Je trouve qu’il n’y a pas de sens à ce jeu, si ce n’est une vaste hypocrisie, un vaste aveuglement organisé par le caractère spectaculaire de certains faits, dont la reconduite, dont les arrivées sur les îles Canaries, par exemple.

À partir de là, on va ouvrir la discussion sur les alternatives qu’on peut proposer. Déjà, il faut avoir en tête, et c’est assez bien dit dans la pièce, que ces personnes qui partent, de toute façon elles partent. Et de toute façon si elles n’arrivent pas la première fois, elles reviendront. Donc la question est vaine de se demander combien on va en prendre, et lesquels, et formés comme ceci, et qui viennent d’où... Ça c’est complètement bidon comme question, parce que ces gens-là, de toute façon viennent. Donc tout ce qu’on peut dire c’est "dans quelles conditions ils vont venir : en risquant leur peau ? avec une chance sur dix de se noyer ? de façon clandestine ? sans aucun statut ? ou bien ils vont venir avec un statut ?" Ça c’est la question à poser. Mais sinon, c’est complètement bidon, c’est assis sur du sable.

Hélène Flautre

SOURCE:lesinvisibles.net


21 octobre 2006

Un nouvel enregistrement JOSQUIN !

<p><p><p><p><p><p><p><p><p><p>ENREGISTREMENT D’UN NOUVEAU DISQUE</p></p></p></p></p></p></p></p></p></p>

 

ENREGISTREMENT D’UN NOUVEAU DISQUE

par

METAMORPHOSES

 

« Josquin & Venise »

Messes ‘Mater Patris’ et ‘Di dadi’

de Josquin Desprez (1450-1521)

 

Le premier volet d’une aventure monumentale inédite :

 L’intégrale des messes de Josquin Desprez,

le grand maître de la polyphonie franco-flamande,

par Métamorphoses, ensemble de chanteurs solistes internationaux

sous la direction de Maurice Bourbon.

 

SORTIE PREVUE : DEBUT 2007

 

Enregistrer demande des moyens qu’aucune maison de disques à l’heure actuelle n’est prête à prendre en charge intégralement. Souscrire, c’est aussi participer activement à la création et à la diffusion artistiques.

 



Vous pouvez retourner le bulletin de souscription (format pdf) accompagné de votre chèque à

 La Chapelle des Flandres, 23 Grand Place 59100 ROUBAIX

Contact : 03 20 73 18 94 / chapelleflandres@nordnet.fr

 

TARIFS : 1 CD (20 €*) – 2 CD (38 €*) – 3 CD (55 €*) – 4 CD (70 €*)

Au-delà, nous contacter pour toute négociation et tout renseignement

* Franco de port


12 novembre 2005

Surtout Monsieur, dîtes bien à Madame que ...

pour mon ami Grégoire

Quel plaisir de lire le compte rendu d'une étude tout à fait sérieuse énoncer, avec méthode et scientificité, ce que vous pensez à part vous et avec le sentiment de contrer l'opinion depuis des années !
Ce que je pensais ?
Que les femmes sont en partie mais très activement responsables du "désintérêt relatif des hommes" pour de nombreuses tâches familiales comme laver les sols, faire la lessive, repasser le linge de toute la famille (et pas seulement ses propres chemises !), faire la cuisine, s'occuper de leur progéniture etc. etc. Tiens, justement ! La progéniture, parlons-en, avec Sophie Odena et Thierry Blöss, sociologues du travail à l’Université de Provence (LEST), qui ont publié l'article « Idéologies et pratiques sexuées des rôles parentaux » dans Recherches et Prévisions de juin 2005 (p.77-91) - article que pointe l'Observatoire des inégalités.

  • Premier cran de l'histoire

« La petite enfance est un domaine où la coparentalité est peu active dans les faits. Les différentes étapes de la délégation de la garde de son enfant à un tiers, telles que la prise de décision, la procédure d’inscription, etc., soulignent l’omniprésence des femmes et le désintérêt relatif des hommes. Ce partage inégal des rôles parentaux se confirme dans les relations courantes instaurées avec le service de garde, les mères assurant la majorité des tâches et interactions quotidiennes liées à l’enfant, alors que les pères se singularisent par le caractère ponctuel de leurs interventions, signe manifeste et permanent de leur autorité.» (début de l'article de Sophie Odena et Thierry Blöss)
Effectivement, nous avons tous tant que nous sommes constaté cela un jour ou l'autre. Hélas !
Deux fois hélas, parce que ce n'est qu'un des aspects de la partie de l'iceberg du machisme triomphant !

Quand on enquête un tant soit peu sur les racines profondes de ce machisme triomphant, racines européennes (je ne connais pas les autres), on se rend vite compte que le triomphe en question est économique. Il est de l'ordre de l'avoir, pas de l'être. Il y a vingt-cinq siècles déjà, les athéniens avaient réglé leur compte aux femmes, pour ce qui concernait la transmission du patrimoine (pas le "matri-moine", mais bien le patri-moine), en déclarant "épiclère" la fille unique, qui, en tant qu'épiclère, ne disposait pas du patrimoine en héritage mais ne pouvait que le transmettre (à ses enfants mâles...). Essayez de faire le lien entre l'épiclère athénienne du cinquième siècle avant notre ère et la femme telle que la situe nos chercheurs provençaux, et vous verrez peut-être les choses d'un regard nouveau... Et même quand il n'y a pas de fortune en héritage, les femmes ne sont pas à la "bonne place", c'est-à-dire ne sont pas, de droit, les égales des hommes ...
Mais, en vivant dans le bassin minier lensois (il y a vingt-cinq ans), j'ai commencé à bien comprendre la manipulation idéologique qui fait sous-texte à toute cette histoire des relations contemporaines entre les hommes et les femmes.

  • Second cran de l'histoire

Quand on est étranger à la culture minière du bassin lensois (je suis parisien de parents francs-comtois : personne n'est parfait !), et qu'on entend dire "femme de mineur, femme de seigneur", on cherche à comprendre et on va voir de plus près ce que cela signifie dans la réalité. C'est ce que j'ai fait, alors même que l'industrie minière s'arrêtait et qu'une forme de cristallisation culturelle se produisait comme dans une volonté de survivre culturellement quand la vie économique fout le camp.
Ce que j'ai constaté, c'est que dans la famille de mineurs, le femme avait beau se dire femme de seigneur, elle n'en constituait pas moins le pôle économique référent de la famille : c'est elle qui tenait le porte-monnaie, c'est elle qui décidait des achats, etc. !
Alors pourquoi se clamer "femme de seigneur", manifestant ainsi un devoir de corvéabilité. Hypothèse d'un étranger néophyte en matière historienne : le rythme de travail du mineur et la pénibilité extrême de son labeur au fond étaient tels que sa femme ne pouvait que tout organiser à partir d'eux. Bref, il y a sans doute là une explication à la contradiction entre le pouvoir domestique et économique de la femme, d'une part, et son allégeance au mari, d'autre part.

Reste que j'ai poussé mes investigations plus loin et sortant de la condition minière. Observant en silence, je suis arrivé à la conclusion que le cantonnement des femmes dans les tâches domestiques est, pour elles, une position de force dans les relations femme/mari et leur assure un pouvoir impressionnant et invincible... Ce message est déjà trop long pour un blog, et nous rediscuterons de cela ensemble si vous le voulez bien. Mais quand je lis l'article de Sophie Odena et Thierry Blöss, je jubile : enfin, la machination féminine est mise à jour. En effet, cet article montre « comment les institutions de socialisation de la petite enfance - les crèches collectives et les assistantes maternelles - [toutes institutions dirigées par la gente féminine, si je ne m'abuse !], contribuent à leur manière à reproduire cette division sexuée des rôles parentaux. La survalorisation du rôle maternel » qu’elles pratiquent, en s’appuyant sur des arguments psychologiques, affectifs ou médicaux, conforte ainsi la hiérarchie sexuelle des responsabilités entre parents.» Sous couvert de se plaindre que les hommes leur laissent tout le sale boulot à la maison, elles entretiennent leur propre pouvoir domestique - sans partage. On dit bien langue maternelle - et non paternelle - pour désigner la langue que les enfants apprenent dans leur prime quotidien ! Quel pouvoir ! Et le reste suit... Et j'ai à votre disposition des exemples puisées dans ma vie personnelle qui a eu le bonheur de connaître une rupture conjugale et où la justice - qui se dit au féminin concernant les affaires familiales - a eu à trancher, à trancher abusivement dans le vif de la relation entre un père et ses enfants...

Bref, j'ai toujours été convaincu que le machisme des hommes arrangeait bien les affaires des femmes et qu'elles avaient donc objectivement intérêt à entretenir ce machisme - que par ailleurs elles dénonçaient dans leur parole publique... Le problème, c'est que, disant cela, je me faisais taxer de je ne sais quel défaut congénitalement masculin !


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17 mai 2004

Bonjour

         

Bonjour, ici Bruno Richardot, BRICH59 pour les cyber-intimes, 59 parce que je vis dans le département du Nord. Les thèmes entremêlés de ce blog sont : la musique (chorale et vocale, essentiellement), l'information et la documentation, la formation continue ... Ceci est un premier message. D'autres suivront bientôt.


CV en cours :  RICHARDOT_Bruno_CV2006

RA en cours : RICHARDOT_Bruno_RA2006


22 juin 2004

Le déroulement de carrière, première période (1979/1989)

Entré à l'USTL (Université des Sciences et Technologies de Lille)  en 1979, j'ai commencé par exercer les fonctions de conseiller en formation continue au centre CUEEP de Sallaumines, jusqu'en 1989. Mes tâches étaient, pour une part, générales (par exemple, accueil des publics et conseil en formation, organisation de la formation collective, négociation avec les financeurs de la formation, participation à des partenariats locaux et régionaux, etc.) et, pour une autre part, spécifiques, notamment :

  • responsabilité de la " politique d'incitation " et de la gestion des formations et formations de formateurs développées [animation des équipes pédagogiques avec l'objectif de faire évoluer la didactique, ainsi que la politique et l'ingénierie éducatives]; cf. documents 1984/2, 1985/1 et 1985/3 ;
  • pilotage d'une expérimentation pédagogique concernant l'orientation professionnelle des jeunes et mise en place, dans le cadre d'une mission d'aide auprès du syndicat intercommunal ad hoc, du dispositif d'accueil et d'orientation des jeunes demandeurs d'emploi de la zone de l'Action Collective; cf. documents 1983/1, 1983/2 et 1983/3 ;
  • participation à l'évaluation du programme régional de formation à destination des publics sous-qualifiés et sous-scolarisés mis en place par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais dans le cadre du laboratoire Trigone; cf. documents 1987/1, 1989/1 et 1989/2 ;
  • participation à une étude sur le développement local dans la zone de l'Action Collective (cf. documents 1984/1, 1985/2, 1990/1, 1990/3 et 1993/1); je retrouverai cette problématique du développement territorial à trois reprises par la suite: avec l'un des prolongements de l'évaluation du programme régional de formation à destination des publics sous-qualifiés et sous-scolarisés mis en place par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais (cf. documents 1989/1, 1989/2), puis avec une recherche-action menée pour une association d'une bassin minier lensois (cf. documents 1990/1, 1990/3 et 1993/1) , enfin avec le travail de synthèse et d'aide à l'écriture praticienne des années 2000/2002 mené pour la Direction de l'Action Économique du Conseil Régional (cf. documents 2001/1 et 2002/1).

J'ai assuré la direction de ce centre à partir de l'année 1984/1985, alors même que j'obtenais un DEA de Sciences de l'Éducation (1985/1). Le centre comptait alors une dizaine de salariés et une centaine de formateurs vacataires ...

  • directeur du CUEEP de Sallaumines, j'ai géré et animé l'équipe de l'Action Collective de Formation dont le volume annuel d'activité se chiffrait à environ 200.000 heures-stagiaires, réalisées en direction des publics de faible niveau de qualification (de l'alphabétisation au niveau V), aussi bien en formation générale qu'en formation technique et professionnelle - et d'" incitation " ;
  • ce poste m'a amené, d'une part, à développer des capacités de coordination et de négociation interinstitutionnelles sur la zone (responsabilité du groupe de pilotage des actions financées par le FAS, animation du collectif lensois d'expérimentation régionale du Classeur formation/emploi, etc.) ;
  • d'autre part, en tant que responsable d'une structure (à vocation de service public) recevant des publics de bas niveaux de formation et élaborant à leur intention du conseil en formation (notamment orientation), j'ai pu constater les carences du dispositif local d'information sur la formation et développer un certain nombre de propositions/hypothèses de travail en vue de la mise en place d'un système de points locaux d'information sur la formation (cf., quelques années plus tard, l'émergence des points d'appui du CARIF Nord-Pas de Calais - aujourd'hui intégré au C2RP) ;
  • enfin, en tant que responsable d'une structure mobilisant de nombreux partenaires (formateurs, conseillers en formation, décideurs locaux, ...), j'ai pu constater les besoins d'information des acteurs de la formation continue sur l'état de la recherche en matière d'analyse de publics, de dispositifs, en matière d'ingénierie de l'éducation.

C'est ce dernier constat qui m'a amené à définir en partie les objectifs de ma deuxième étape professionnelle...


30 mars 2021

Trainée de poudre...

Requête Google "François Grenier" le 28 mars 2021, 9h30 : plus d'une cinquantaine sites reproduisent l'information sur son décès, des médias people aux medias spécialisés musique, des médias du Nord à ceux d'Haïti... Même les sites d'extrême droite s'y mettent, comme gilbertcollard.fr (pitoyable récup'raccolage !) ! Voici les 50 premiers : 7sur7.be ; alvinet.com ; amomama.fr ; beesbuzz.com ; bonnewshaiti.com ; bvoltaire.fr ; cultinfos.com ; dailymotion.com ; Diapsonmag.fr ; flipboard.com ; fr.news.yahoo.com ; fr.news-front.info ; fr.sputninews.com ; fr.topfash.org ; francais.rt.com ; francemusique.fr ; fr-mb.theepochtimes.com ; gala.fr ; gilbertcollard.fr ; gitebonsamis.fr ; gossip-addict.com ; harmoniasacra.com ; journaldesfemmes.fr ; lalettredumusicien.fr ; lavoixdunord.fr ; ledauphine.com ; lefigaro.fr ; lessentiel.lu ; letribunaldunet.fr ; libramemoria.com ; lifeintunisia.com ; msn.com ; musebaroque ; news.freeads.world ; news.knowledia.com ; non-stop-people.com ; nordeclair.fr ; nordlittoral.fr ; nouvelobs.com ; novellstar.com ; ouest-france.fr ; programme-tv.net ; reddit.com ; resmusica.com ; scoopnest.com ; tsugi.fr ; verietyinfo.com ; video-streaming.orange.fr ; voici.fr ; etc.

Deux problèmes :

  1. La plupart de ces sites se moquent la plupart du temps éperdûment du sort des musiciens, hors showbiz. Alors pourquoi cet engoûment soudain pour un claveciniste et chef de choeurs si discret ? Faire du buzz pour accroître un malaise social, au prix d'un impudeur...
    Quelques fois, mais rarement, il ne s'agit que d'amis profondément émus qui, voulant partager leur émotion, reproduise le contenu de la Lettre du musicien sans trop prendre garde à ce qu'ils reproduisent. Mais c'est juste quelques fois !
  2. Les raisons d'un suicide n'ont que très très rarement à être divulguées sur la place publique. Le geste de François n'était pas un geste politique ! Laissons-lui ses justifications !

Le cri accusateur de Benjamin Chalat est bienvenu !


24 octobre 2007

Le Roi d'Maubeuge contrebandier ?

Voilà ! Il l'a fait ! Faire la nique aux français qui ont majoritairement voter contre le traité constitutionnel européen !
- Ils l'ont refusé quand on leur a demandé leur avis ? Qu'à cela ne tienne ! On leur imposera de force !

Belle démocratie en vérité.
Une démocratie que l'affiche de l'UNEF rend finalement assez bien !


24 novembre 2006

Nouvelles de la mort

Les cinq premiers titres des infos quotidiennes de TV5MONDE ce matin :

  • Irak: au moins 152 morts dans l'attentat le plus sanglant depuis 2003 - 23/11/2006 20h11 GMT
  • Philippe Noiret, l'hédoniste élégant, est mort - 23/11/2006 20h08 GMT
  • L'ancien espion russe Litvinenko, opposant à Poutine, est décédé à Londres - 24/11/2006 00h27 GMT
  • Un policier tue par balle un supporteur du PSG et en blesse un autre - 24/11/2006 00h31 GMT
  • Liban: adieu populaire à Beyrouth pour Pierre Gemayel - 23/11/2006 22h37 GMT

La mort est reçue cinq sur cinq ce matin.
Le message de TV5 dans ma boîte aux lettres en atteste.
Une belle journée qui s'annonce...

Les hommes sont mortels. Certes.
Les hommes sont fous. Certes.
La folie morbide et mortifère serait ainsi la chose la mieux partagée ?


29 mai 2006

VAE, vae victis

Intéressant, ce qui s'est dit à Limoges la semaine dernière lors du colloque interdisciplinaire intitulé « Validation des Acquis de l’Expérience (V.A.E.) et reconnaissance », organisé par le GRESOC (Groupe de Recherches Sociologiques) de l’Université locale.

La loi de modernisation sociale de janvier 2002, en instituant la VAE, a étendu le champ de la validation des acquis, jusqu’à en faire une voie spécifique de certification, mais a aussi donné une nouvelle visibilité à ces pratiques. Dans le cadre de la promotion de ce dispositif, qui s’inscrit dans le cadre plus large des politiques d’éducation tout au long de la vie, de nombreuses rencontres ont été organisées à destination des praticiens. Mais la VAE peut être également constituée en objet scientifique, et intéresse à ce titre plusieurs disciplines. La thématique de la reconnaissance pourra précisément permettre une confrontation large entre juristes, philosophes, économistes, psychologues, sociolo- gues, historiens et spécialistes des sciences de l’éducation.

Tel était l'argument de cette manifestation dont la thématique était distribuée ainsi :

  • La Validation des acquis : regards croisés sur une reconnaissance
  • L’expérience, source de reconnaissance ?
  • D’autres formes de reconnaissance de l’expérience ?
  • La VAE : quelles reconnaissances institutionnelles ?
  • Perceptions individuelles, représentations sociales ?
  • Reconnaissance et déni de reconnaissance

Pour davantage de détails sur l'organisation de ces journées, lisez donc le programme !
Moi, je ne me suis pas rendu à Limoges la semaine dernière. J'ai juste suivi ce qui s'y est dit par personnes interposées, par personnes auto-médiatisées. Et je n'en retiens que deux idées-forces que je me permets de développer un peu.

Tout d'abord, le risque de « déni de la formation professionnelle » de la part des financeurs par simple calcul  « économique » : le congé VAE étant a priori plus court et (donc) moins cher qu'un congé formation (on aurait en effet déjà vu un FONGECIF pratiquer ce genre de calcul). Quand je vous dis que la soumission de la formation des hommes et des femmes à la logique libérale et marchande finira par avoir raison de ses justifications sociales et simplement humaines !

Ensuite, le risque de survalorisation du risque de déqualification des « savoirs académiques », c'est-à-dire, quand il s'agit de demande de diplômes de niveaux III et supérieurs, dispensés par l’Université avec un grand U : si des savoirs informels issus de l’expérience professionnelle peuvent donner lieu à diplôme, par conversion en savoirs académiques, où va-t-on !  En d'autres termes, il y a un risque réel de diabolisation de la VAE par les dispensateurs des diplômes et surtout des formations qui y préparent, par simple calcul de prestige, d'image, de pouvoir social.
D'abord il y a cette impossible perturbation : pourquoi en effet la VAE viendrait-elle perturber ce rapport de force immémorial entre l'ensei- gnant et l'élève ? Au nom de quelle doctrine sociale à laquelle consen- tiraient les enseignants ? Encore dans le système classique, l'élève est-il sous le joug pendant un temps compté et l'élève qui réussit à supporter le joug jusqu'au bout se voit-il délivrer le droit de devenir enseignant à son tour... Ce type de schéma ne peut pas ne pas nous faire penser à l'Homo Academicus de Pierre Bourdieu (Editions de Minuit, 1984), où l'on observe bien ces universitaires notables qui, pour reproduire un système dont ils détiennent enfin les clés, font endurer aux autres ce qu'ils ont enduré eux-mêmes... Malheur à eux ! Pas de pitié pour les non-diplômés ! Malheur aux vaincus !
Et puis il y a ce paradoxe qui consiste à contester à l'Université et à l'École le monopole de la production du savoir (la VAE présente en elle-même une telle contestation) tout en leur demandant de reconnaître des savoirs produits en dehors d’elles à des fins de validation !

Bref, voyant fonctionner la VAE autour de moi, j'ai repéré des comportements assez typiques de ces enseignants accrochés à leur pouvoir dispensateur de savoirs académiques et octroyeur de titres universitaires. J'ai ainsi vu des projets de qualification brisés par le simple soupir égocentrique d'un enseignant-chercheur. J'ai vu des stigmatisations à l'emporte-pièces casser des velléités de reprise d'études supérieures via la VAE. J'ai vu des enseignants refuser d'accompagner des candidats pour des raisons étrangères à la formation, à la qualification, voire à l'Université elle-même, sans même un regard vers l'autre, mais tout en tenant des discours intelligents, construits et ressassés sur la nécessité du respect du candidat, de la prise en compte de l'humanité de l'autre et de la force du projet pour lui-même et pour ce qu'il vise... Malheur à eux surtout ! Malheur aux vainqueurs ! [Et là, parce qu'il est des victoires qui résonnent comme des mises à mort, je crie : Victoire, où est ta mort ?]
Pour être tout à fait honnête, j'ai aussi vu fonctionner des jurys avec des postures d'authentique co-construction de la démarche de valida- tion, dans un sentiment de respect de l'autre et d'écoute participante pour reprendre l'expression qu'aime Bertrand Schwartz. Ouf !

...

Les actes du colloque devraient faire l’objet d’une publication d’ici fin 2006. J'attends de pouvoir les lire avec impatience !


6 novembre 2006

Petit écran et grands silences

Scandaleux !

Alors que le nationalisme néonazi défile dans les rues de Moscou, sous le regard "indulgent" des autorités russes - ces autorités qui tuent en Tchétchénie et expulsent les Georgiens -, peu de médias télévisuels - ceux qui ont la grande audience - s'en font l'écho.

Alors que les buralistes français manifestent, brûlant des carottes devant les préfectures, pour obtenir de pouvoir encore et encore déroger aux règles de santé publique, tous les médias télévisuels - ceux qui ont la grande audience - s'en font l'écho.

Cherchez l'erreur, et vous trouverez l'horreur !

Le fascisme n'a jamais été aussi près de nous, les crimes contre l'humanité pullulent... et nos télés chéries s'intéressent aux vendeurs de mort qui réclament des faveurs pour raisons économiques, des faveurs pour  pouvoir continuer à creuser le budget public de la santé...
Après tout, y a une logique là-dedans : vive la mort!


22 juin 2006

Une poubelle, mon blog ?!?

L'autre jour j'ai reçu ceci :


Sujet:Votre blog poubelle
De:"Pierre" <pierrebonne@hotmail.com>
Date:Sat, 17 Jun 2006 06:57:42 +0200
Pour:<brich59@free.fr>
Copie:"Pierrot" <pierrebonne@hotmail.com>

Je ne comprends pas le lien que vous avez fait sur votre blog a propos du blog sur sos tchetchénie.
Veuillez svp enlever ce lien.
Mon blog n'est pas une ordure dans votre poubelle fourre tout !
OK
Theo


Aïe ! mon petit blog de rien du tout serait une poubelle fourre tout ?
"Fourre tout", je veux bien. Mon blog n'est pas un blog politique, ni un blog thématique, ni un blog professionnel... C'est juste un blog perso que j'utilise pour parler de ce qui me tient à cœur (Droits de l'humain, Musique) et de ce qui me paraît intéressant à diffuser sur le registre de mon boulot (Formation continue, Information Documentation)...

Tiens justement, défaire le silence européen au sujet de la situation des tchétchènes me paraît une urgence, depuis trop longtemps. Je soutiens les associations qui s'attaquent à ce mur du silence, nouveau mur de la honte. Du coup, quand j'ai appris la naissance d'un blog spécifiquement consacré à cette lutte contre le silence honteux, je me suis fait un devoir de le faire savoir autour de moi. D'où mon message du 23 mai dernier : Un bébé-blog pour la Tchétchénie - suivi d'un échange de mails tout à fait courtois entre Théo et moi...

Moins d'un mois plus tard, je reçois le mail cité plus haut !

Damned ! Que s'est-il donc passé ? Qu'ai-je fait pour mériter cette infamie ?

Si mon blog est une poubelle, cher Théo-PierreBonne, faites donc du tri sélectif ! Les catégories en haut à gauche devraient vous aider à éviter de piétiner les détritus... à moins que ce ne soit plus grave que ça et que tout de ce blog ne soit en putréfaction !

Mais tout de même une question.
Vous qui écrivez  "Rejoignez-nous dès aujourd'hui pour dénoncer ce silence complice et hypocrite", au nom de quoi refusez-vous qu'on vous rejoigne ?
Et pourquoi avec tant d'agressivité dans votre message (votre 'OK' me fait presque peur !), alors que votre combat est un juste combat, un combat pour la paix, un combat pour le respect de l'humain, etc. 
À moins que ce ne soit pas ça votre combat !
Mais alors pourquoi votre blog ?

Bref, j'ai demandé à Théo-PierreBonne de m'expliquer le pourquoi de son message. Et n'ai toujours pas de réponse ! Patience !


Tiens au fait, il y a des nouveaux venus sur la tragédie tchétchène : la mission Tchétchénie d'Etudes sans Frontières a son site. Un site avec plein d'infos et de liens vers de la documentation...
J'espère qu'ils ne vont pas me gronder de dire que leur site est utile et intéressant ! Patience !


18 janvier 2006

De l'esprit d'entreprise, enfin ! (4)

suite de...

Parmi les huits compétences pointées par les experts européens, il en est une qui est au plus haut point intéressante : l'esprit d'entreprise.


Ce que dit la proposition de nov.2005
Définition

L’esprit d’entreprise se réfère à l’aptitude d’un individu à passer des idées aux actes. Il suppose de la créativité, de l’innovation et une prise de risques, ainsi que la capacité de programmer et de gérer des projets en vue de la réalisation d’objectifs. Cette compétence est un atout pour tout le monde dans la vie de tous les jours, à la maison et en société, pour les salariés conscients du contexte dans lequel s'inscrit leur travail et en mesure de saisir les occasions qui se présentent, et elle est le ferment de l’acquisition de qualifications et de connaissances plus spécifiques dont ont besoin les chefs d’entreprise qui créent une activité sociale ou commerciale.


Connaissances, aptitudes et attitudes essentielles
correspondant à cette compétence

La connaissance à avoir est celle des possibilités offertes aux fins d’activités privées, professionnelles et/ou commerciales, y compris d’aspects "de plus grande ampleur" qui sont révélateurs du contexte dans lequel des personnes vivent et travaillent, comme une compréhension générale des mécanismes de l’économie. Il s’agit également de la connaissance des possibilités offertes à un employeur ou à une organisation et des enjeux que ceux-ci doivent relever. Les individus devraient être au fait de la position éthique des entreprises, et de la manière pour elles de servir d’exemple en menant une activité commerciale honnête ou en étant une entreprise sociale.

Les aptitudes relèvent d’une gestion anticipative (planification, organi- sation, gestion, gestion de groupes et délégation, analyse, communication, compte rendu et évaluation et rapport), et de la capacité à travailler isolément ou en équipes. Il s’agit de l’aptitude à identifier ses points forts et ses faiblesses, et à évaluer et à prendre des risques jugés utiles.

Un esprit d’entreprise se caractérise par une disposition à prendre des initiatives, à anticiper, à être indépendant et novateur dans la vie privée et en société, autant qu’au travail. Il implique aussi motivation et détermination au travail et/ou dans la réalisation d’objectifs, qu’il s’agisse d’objectifs personnels ou de buts collectifs.



Ce qu'on peut en dire

Mis en avant comme compétence de base, il semble que l'"esprit d'entreprise" date du Conseil de Lisbonne. Mais il était déjà là, comme pilier de la politique emploi européenne...

De quoi on parle ?

Les Canadiens constatent que, "aujourd'hui, dans la plupart des pays de l'OCDE, on valorise l'esprit d'entreprise et la responsabilité personnelle. Les adultes sont censés être souples, ouverts, novateurs, créatifs, autonomes et motivés et assumer la responsabilité de leurs décisions et de leurs actes à titre d'apprentis, de travailleurs, de citoyens, de membres d'une famille ou de consommateurs". Il est vrai qu'on en parle beaucoup : environ 386.000 occurrences pour "esprit d'entreprise" sur la toile telle que visitée par Google le 12 décembre 2005...

Pour Bruno PONSON et Jean Louis SCHAAN (L'esprit d'entreprise. Aspects managériaux dans le monde francophone, 1993), "l’esprit d’entreprise, c’est générer les innovations et avoir la volonté de les voir aboutir". Pour Pierre André JULIEN et Michel MARCHESNAY (L'entrepreneuriat, 1996), "l’esprit d’entreprise peut être défini comme l’aptitude d’un individu, d’un groupe social, d’une communauté à prendre des risques pour engager des capitaux (pour investir, voire s’investir) dans une sorte d’aventure (« une entreprise »), consistant à apporter quelque chose de neuf (l’innovation), de créatif, ceci en employant et en combinant de la façon la plus performante possible des ressources diverses".

Claude Thélot (devant les députés, audition du 17 mars 2004) envisage "l'esprit d'entreprise, au sens large". Il précise que l'expression "peut prêter à confusion. Il y a un courant de pensée, dit-il, qui voit ces mots et qui se dit "globalisation", "marchandisation", ou même "américanisation". Je pense qu’il n’en est rien. Et il suffit de voir la définition de l’esprit d’entreprise qui a été donnée par la table ronde d’industriels européens, qui sont les grandes industries européennes, type Renault, Saint-Gobain, Suez. Et dont les intérêts sont clairement centrés sur la compétitivité. Je vais vous lire comment ils ont défini l’esprit d’entreprise dans un document qu’ils ont adressé aux chefs d’États et de gouvernements. Ils ont dit que même s’il est clair que l’Europe a besoin de plus d’entrepreneurs, l’esprit d’entreprise se définit comme le développement d’une capacité de créativité, d’innovation, de flexibilité, de travail en équipe et de curiosité intellectuelle. Alors on peut se demander si c’est vraiment ça l’esprit d’entreprise, mais on peut difficilement dire, je crois, qu’on veut s’opposer au développement de ces capacités chez les jeunes ou même chez les moins jeunes. Donc, esprit d’entreprise au sens large: pas la nécessité d’être un entrepreneur mais un sens de l’entreprise."

C'est en 1997 que l’Europe a défini les quatre piliers suivants de stratégie européenne pour l’emploi: l'employabilité, l'esprit d’entreprise, l'adaptabilité et l'égalité des chances, le FSE étant l’instrument financier de sa mise en oeuvre.... Du point de vue de la politique européenne de l'emploi, l'esprit d'entreprise, c'est "faciliter le démarrage et la gestion d'une entreprise, et permettre d'y employer plus facilement du personnel"...

Janvier 2003, la Commission présente son Livre vert L'esprit d'entreprise en Europe. Incitant l'Europe à relever ce "défi" qu'est l'esprit d'entreprise, ce document met en perspective une coordination des politiques en faveur de l'esprit d'entreprise et souhaite un engagement sur "trois axes d'action pour une société favorable à l'entreprise" : élimination des obstacles au développement et à la croissance des entreprises, recherche d'un équilibre stable et viable entre le risque et la rétribution de l’entrepreneur et valorisation de l'esprit d'entreprise dans l'Europe élargie...

L'esprit d'entreprise s'enseigne-t-il ?

"Peut-on apprendre l’esprit d’entreprise ?", demandent Ponson et Schaan. "Sans doute non, mais peut-être le révéler ou le renforcer là où il existe", répondent-ils aussitôt.

Et une des façons notoires de "le renforcer là où il existe", voire de "le révéler", c'est sûrement de favoriser son partage. L'esprit d'entreprise, c'est comme la bonne parole, comme la flamme de l'Esprit sur la tête des apôtres au quarantième jour après la Passion : ça se partage, ça se propage, ça contamine... De toutes les façons, ça se diffuse : la première des missions de l'APCE française (Agence Pour la Création d’Entreprises) n'est-elle pas précisément d'"assurer la diffusion de l’esprit d’entreprise" ? L'esprit d'entreprise est un vent qui sait porter l'innovation : l'un des principaux objectifs de l'eEurope n'est-il pas d'"introduire en Europe une culture numérique soutenue par un esprit d'entreprise favorable au financement et au développement de nouvelles idées" (document fondateur de 1999) ? Élargissant le cercle territorial, on peut aller voir les missions de la Jeune Chambre Internationale, fédération mondiale de jeunes professionnels et chefs d'entreprise, âgés de 18 à 40 ans, dont la mission est de "contribuer au progrès de la communauté globale en offrant aux jeunes les moyens de développer les aptitudes à diriger, la responsabilité sociale, les contacts amicaux et l'esprit d'entreprise, nécessaires pour créer un changement positif"...

Bref, l'esprit d'entreprise, ça souffle, ça se souffle, mais ça ne s'apprend pas ! Sauf que, un peu partout en Europe, il y a plein d'expériences pédagogiques centrées sur l'objectif de son développement, voire de son acquisition... et qu'aujourd'hui la Commission inscrit l'esprit d'entreprise comme compétence de base à acquérir dans l'enseignement obligatoire initial et à entretenir (voire acquérir si ce n'est déjà fait) dans le cadre élargi de l'éducation permanente. Il y a trois ans le livre vert sur l'esprit d'entreprise en Europe affirmait que "l'éducation et la formation devraient contribuer à promouvoir l'esprit d'entreprise en stimulant les mentalités, la prise de conscience des opportunités de carrière en tant qu'entrepreneur et les compétences." L'une des dernières questions que posent le livre vert se formule ainsi : "Comment l'éducation peut-elle contribuer à sensibiliser davantage et à fournir les outils nécessaires au développement d’attitudes et de compétences entrepreneuriales (enseigne- ment de l'esprit d'entreprise à l'école, témoignages d'entrepreneurs dans les écoles, stages auprès d'entrepreneurs expérimentés, extension de la formation entrepreneuriale à l'université, davantage de filières en commerce et gestion (de type MBA), adéquation entre la formation à l'esprit d'entreprise et les programmes de recherche publics)?"...


Déjà expérimenté

Il existe une "agence polonaise pour le développement de l'esprit d'entreprise" - Pologne où "la ZRP [= Chambre polonaise des métiers] coopère avec le ministère de l'éducation nationale pour créer les conditions adéquates d'une éducation à l'esprit d'entreprise."

En Allemagne (Projet pédagogique "Atelier d'avenir"  / DGB - le monde de l'apprentissage pour l'orientation professionnelle), "une cyber-formation favorise l'acquisition de qualifications essentielles pour la vie professionnelle, comme l'esprit d'entreprise et les compétences en communication."

En Allemagne, "Apprendre tout au long de la vie implique d’encourager la collaboration entre les organismes de formation et les entreprises. Ces partenariats doivent intensifier le contact des élèves et des enseignants avec le monde du travail à travers des stages en entreprises pour les élèves et des offres de formation continue pour les professeurs sur les thèmes du monde du travail. Dans ce contexte, les contenus de formations se centrent sur la capacité à communiquer, la maîtrise des médias, l’esprit d’entreprise et l’ouverture sur le monde (acquisition de connaissances en langues étrangères, séjours à l’étranger, coopération transfrontalière). Dans le système dual de la formation professionnelle initiale, les règlements de formation pour la partie en entreprise (législation fédérale) et le programme pour la partie de la formation en établissement de formation (législation des Länder) intègrent ces nouvelles exigences."

Au Danemark : "un programme d’action pour développer l’esprit d’entreprise à travers tout le système scolaire (de l’école élémentaire jusqu’à l’enseignement supérieur) valorisant les qualités personnelles de courage et d’initiative, la culture d’innovation liée à l’usage des nouvelles technologies et au travail en réseau, et abordant les matières nécessaires au développement d’une activité."

En Slovénie, "outre l'amélioration des connaissances professionnelles, les partenaires sociaux ont mené à bien activement plusieurs programmes de formation à l'esprit d'entreprise pour les salariés, les jeunes et les chômeurs, en vue d'améliorer la compétitivité et la réussite des entreprises."

En France, sans parler des intrusions répétées des organisations patronales dans l'école (il suffit de lire Le Monde Diplomatique pour en être informé), on a http://www.pme.gouv.fr/espritdentreprise/index.php qui nous enjoint : « Libérez votre esprit d'entreprise ! », comme s'il s'agissait d'une pulsion naturelle qu'il s'agirait de laisser agir, la loi ayant cet office-là  !

à suivre


22 mai 2006

Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans

L'appel en réponse à l'expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l'enfant (lire le texte de la pétition que vous pouvez signer si vous ne l'avez déjà fait) a reçu à l'heure où j'écris ce message plus de cent-quatre-vingt-deux-mille signatures. Pas mal ! Mais peut mieux faire !
Sur le site http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/ vous aurez accès à toute l'info, mise à jour : communiqués et analyses des initiateurs de l’appel, documents officiels, articles de presse et médias, sans oublier les liens vers les sites des organismes soutenant l’appel.

Malgré l'apport de ce mouvement (démonstration du peu de scientificité du rapport INSERM, alerte sur les dangers réels du projet de loi de prévention de la délinquance du gouvernement, dangers pour la démocratie et la liberté publique) et malgré la forte mobilisation autour de cette pétition, Nicolas Collusionis Rex persiste dans son intention politiquement dangereuse autant que scientifiquement absurde. Les propos qu'il a tenus à l'Assemblée nationale le 10 mai dernier, lors de la présentation du plan national de prévention de la délinquance indiquent qu'il persiste malgré tout à vouloir "déceler les troubles du comportement" avec "des rendez-vous fixes, à trois ans, à six ans", dans le cadre de la prévention de la délinquance, et qu'il continue d’évoquer l'hypothèse d'un "cahier de suivi comportemental de l'enfant"...

Rendez-vous régulièrement sur le site
http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/
pour suivre les développements de ce projet liberticide et annonciateur d'autres atteintes légalisées à la liberté publique et à l'intégrité des personnes.


24 février 2005

Formation à l'ADBS Nord-Picardie

        
Bilan 2004
 
  Deux stages ont été conduits en 2004 :
 
 
       
  • Pratique du résumé (210) du 20 au 22 septembre
  •    
  • Pratique de l'indexation (212) du 13 au 15 octobre
  •  
  Les autres propositions de stages (Fonction Documentaire  première approche & Recherche avancée et outils de veille) n'ont pu  être concrétisées, faute d'inscrits.
 
  Ils ont réunis neuf personnes, dont une a suivi les deux stages et dont six sont originaires de la région.
 
 
 

  Pour l'année 2005, nous avons programmé :
 
 
       
  • Fonction Documentaire première approche (103) du 14 au 18 novembre 2005 Lille ;
  •    
  • Pratique du résumé (210) du 19 au 21 septembre 2005 Lille ;
  •    
  • Pratique de l'indexation (212) du 12 au 14 octobre 2005 Lille ;
  •    
  • Recherche avancée et outils de veille (730) du 3 et 4 novembre 2005 Lille.
  •  
  Ces quatre actions de formation nous semblent couvrir la petite part de l'essentiel de notre métier. C'est pourquoi nous maintenons désespérément cette offre de formation au catalogue régional de formation ADBS - tel qu'il est accessible sur le site de la délégation et sur le site de l'ADBS (auquel renvoie notre page formation, d'ailleurs).
 
  Je dis désespérément, parce que, si on s'en tenait à une logique business, notre délégation ne proposerait quasiment plus rien depuis longtemps. En réalité, nous ne réalisons jamais l'ensemble de notre offre affichée. Mais nous ne sommes pas des marchands de formation - même si nous prenons effectivement en compte les aspects économiques de notre activité formation (principalement : ne pas être déficitaire sur une action).
 
  Non, il me semble que nous devons être les garants d'une certaine idée  de la pratique documentaire - une idée qui ne se laisse pas perturber par les secousses médiatisées du nouveau pour lui-même, promu en général par les lobbies technologiques. Notre offre de formation catalogue, pour réduite qu'elle soit, est conçue dans l'optique d'une mise à disposition des documentalistes des régions Nord et Picardie d'une possibilité concrète de se former aux techniques de base de nos métiers - notamment pour celles et ceux qui arrivent dans le métier sans avoir suivi de formation initiale.
 
  Je dis offre de formation catalogue,  parce qu'il est toujours possible d'organiser des formations à la  demande, pour répondre à des besoins pointus et ponctuels de qualification professionnelle. L'équipe de la délégation Nord-Picardie est là pour entendre vos demandes et celles de vos employeurs, pour travailler avec vous et avec eux à la définition de contenus de formation les plus adaptés possible aux besoins des professionnels de l'information et de la documentation. Bref notre compétence ne relève pas que de l'ingénierie de l'information et de la documentation (de la pratique du catalogage au web-design), mais aussi de l'ingénierie de la formation continue et de l'ingénierie pédagogique... Alors n'hésitez pas !
 
  Et visitez le site de l'ADBS Nord-Picardie !
 
 

 
   
26 mai 2005

OUI ? OUI ? ... NON !

      

Vu ce jour sur France2, pendant le journal de 13h., un reportage qui montrait que le dispositif de vote a pris en compte les malvoyants. Des plaques en braille seront placées devant chaque pile de bulletin de vote, précisant s'il s'agit de la pile des NON ou de la pile des OUI. Démonstration : un homme assez âgé s'avance vers la table où sont disponibles les bulletins ; il tâte le bord ; sa main s'avance, caresse du bout des doigts, hésite... Puis il prend un bulletin : la caméra montre avec insistance qu'il s'agit d'un OUI.
Il n'y a pas de petite pub !
Ce devait être la mise en bouche avant l'allocution solennelle de notre cher Président ? Je l'ai écouté et regardé droit dans les yeux. Et ne supporte plus qu'on me fasse prendre les vessies pour des lanternes. Je n'accepte plus qu'on fasse comme si je ne voyais pas ! C'est vrai quoi ! Ils s'efforcent (je mets le pluriel parce qu'il n'est hélas pas le seul !) de brouiller l'analyse critique que le citoyen pourrait entreprendre des "réalités" qu'on lui impose. Bafouant l'expérience la plus commune, ce brouillage oblige à une double pensée, au risque d'une schizophrénie collective(*). Moi, je refuse d'être schizo !
Bref, depuis l'autre jour, ça n'a fait qu'empirer ! Merci l'info !

Tiens ! En parlant d'info, j'ai lu ce que Jean Gadrey développe comme discours vrai et intelligent sur la question référendaire, Constitution : sept questions, sept réponses négatives. Cela donne un texte d'une vingtaine de pages (il existe aussi une version courte) d'une clarté redoutable pour les béni-oui-oui bonimenteurs, qu'ils soient journalistes ou Président...

(*) Cette dernière phrase provient du résumé que j'ai proposé de l'excellent article de François Brune, De l'idéologie aujourd'hui (1996).


2 novembre 2004

Sens et références en documentation. Des pratiques bibliogaphiques à l'herméneutique documentaire [2]

[suite de ...]

Des références sans épaisseur

Grossièrement, on définira la bibliographie signalétique comme se contentant de « signaler » des documents, grâce à des éléments descriptifs formels. La bibliographie signalétique fournit des signalements de documents, c'est-à-dire des éléments de référence. De la bibliographie signalétique à la bibliographie analytique, il n'y a qu'un pas, celui de l'adjonction d'un résumé, d'une présentation de « contenu » à la notice signalétique.

A bien regarder, les bibliographies (signalétique et analytique) listent, assemblent des miettes d'information documentaire. L'assemblage s'opère sous une logique propre à la thématique concernée ou à l'action dont la logistique prévoyait le travail bibliographique en question (disjonction non nécessairement exclusive). L'éclatement en cinq thèmes dont je viens de parler en est un exemple.

Les miettes d'information, ce sont les références bibliographiques elles-mêmes (auteur, titre, etc.) publiées sous forme de «notices bibliographiques ». Je dis « miettes d'information », parce que chaque unité d'information bibliographique fait l'effet d'un atome (éventuellement en plusieurs exemplaires) dans l'océan des systèmes d'information documentaire. Cet océan n'est pas impraticable, loin de là. Sans parler d'Internet, les dispositifs d'information balisée sont riches et nombreux [Plusieurs banques de données documentaires, par exemple, sont utilisables par le commun des documentalistes. Dans le secteur de la formation continue et des sciences de l'éducation, je citerai forinter du Centre inffo, émile  de l'inrp et francis de l'inist (ce texte date d'avant l'expansion de l'internet documentaire : nous en étions au minitel...).]. Je dis « miettes », aussi, parce que ce qu'on glane ainsi n'est que bribes, bribes significatives, certes, mais bribes quand même. N'apparaissent de l'unité bibliographique que ses éléments descriptifs. La réalité de l'unité bibliographique n'est pas saisie, elle n'est que signalée [En fait, c'est la réalité documentaire de l'unité bibliographique qui est appréhendée, non sa réalité textuelle. Le document comme visage, voire comme masque, du texte...].

Mieux, si l'on observe le mot allemand que traduit « référence »  (Bezugnahme, littéralement « prise de lien »), on imagine aisément que la référence n'est qu'une sorte de garniture sans épaisseur qui ne vaut que par ce qu'elle couvre (beziehen). La référence a le même statut  de réalité que le pronom relatif (bezüglich  Fürwort) : lien, liaison, relation - entre l'unité bibliographique référencée et le lecteur de la référence. La réalité de la référence est de second ordre, elle est convocation (Berufung). Elle n'a d'épaisseur que « rapportée » au référencé ou à son propre lecteur ; son épaisseur est dans ce rapport même.

Référencer, pour le documentaliste bibliographe, c'est glisser un  court texte (une « notice ») entre un à-lire concret et un vouloir-lire supposé, discrètement, avec la transparence maximale, afin de ne pas entraver l'établissement de la liaison, la prise de lien. La référence est un entre-deux, épiphénomène pour le texte référencé et signal pour le lecteur potentiel. Une sorte de tympan scriptural avec d'un côté la conscience lectrice, de l'autre le monde du texte. J'emprunte l'image du tympan à Samuel Beckett (L'innommable) : 
"... c'est peut-être ça que je sens, qu'il y a un dehors et un dedans et moi au milieu, c'est peut-être ça que je suis, la chose qui divise le monde en deux, d'une part le dehors, de l'autre le dedans, ça peut être mince comme une lame, je ne suis ni d'un côté ni de l'autre, je suis au milieu, je suis la cloison, j'ai deux faces et pas d'épaisseur, c'est peut-être ça que je sens, je me sens qui vibre, je suis le tympan, d'un côté c'est le crâne, de l'autre le monde, je ne suis ni de l'un ni de l'autre..."
.

Référencer, c'est rapprocher, c'est-à-dire inscrire dans une distance mais pour la débarrasser d'éventuels infranchissables. Le pont sépare les deux rives en même temps qu'il les unit. Les critères d'évaluation de la qualité intrinsèque d'une référence seront donc de deux ordres : conformité objective et lisibilité. Conformité objective : le pont doit conduire celui qui décide de le franchir au bon endroit de la berge d'en face ; la description doit être « fidèle », sans parasite, sans « bruit », c'est-à-dire efficace pour identifier, et donc permettre l'accès au référencé lui-même. Lisibilité : la référence comme texte donné à lire ; praticabilité même du pont pour permettre l'accès du lecteur potentiel.

à suivre


12 juillet 2004

Sens et références en documentation. Des pratiques bibliogaphiques à l'herméneutique documentaire [9]

[suite de ...]

Éléments pour une herméneutique documentaire

"La philosophie est une anticipation des pensées et des pratiques futures.
[...] Non seulement elle doit inventer, mais
elle invente le sol commun aux inventions à venir.
Elle a pour fonction d'inventer les conditions de l'invention.
"
Michel Serres, Éclaircissements. Entretiens avec Bruno Latour,
Paris : Flammarion, 1994, p. 129 (Champs)


Mais l'herméneutique est une pratique de type philosophique et les débats qu'elle suscite engagent les philosophes, pas les documentalistes. Qu'elle mobilise ici de la technique documentaire n'implique nullement qu'elle relève de l'activité documentaire.

Si je convoque la philosophie dans mon propos - qui est bien propos de documentaliste -, c'est parce que je fais le projet d'asseoir ma professionnalité sur une pensée vive et vivifiante (c'est-à-dire octroyeuse de sens), dont l'énergie résulte d'un perpétuel besoin de comprendre. Peut-être aussi du refus obstiné de la double réduction, techniciste et ancillaire, qu'on impose trop souvent à la fonction documentaire.

Situation de l'herméneutique documentaire

Par ailleurs témoin de l'écriture praticienne [Voyez la conclusion, déjà citée, du numéro 27 des Cahiers d'études du  CUEEP], je ne résiste pas au « désir » de mettre en place les conditions de possibilité de sa problématisation : l'écriture des acteurs de l'éducation permanente ne pourra se déployer et se problématiser que dans une nouvelle région de l'herméneutique, qui fonctionnerait à trois niveaux :

1. niveau de l'acteur écrivant
    1.1. qui sont ces écrivants, pour qui et pour quoi écrivent-ils ?
        quelles sont leurs motivations à écrire ?
        quels processus identitaires engagent-ils ?
    1.2. quelles  sont les difficultés qu'ils rencontrent dans l'acte d'écriture ?
2. niveau de l'institution éducative
    2.1. quel  statut l'institution accorde-t-elle à l'écriture praticienne ?
    2.2. quels  sont les enjeux de l'écriture praticienne pour l'institution ?
3. niveau de l'écrit
    3.1. quels  instruments de lecture et d'interprétation ?
    3.2. quelles  relations entre le texte et l'action ?

C'est bien sûr au troisième niveau que s'inscrit le projet d'herméneutique documentaire. Mais une herméneutique caractérisée comme documen- taire est-elle seulement possible ? A quelles conditions ? Pour produire quoi ? Et selon quels protocoles ?

Comment le documentaliste va-t-il pouvoir/devoir s'y prendre pour enri- chir sa professionnalité d'une capacité à « interpréter » sans pour au- tant y perdre son âme, c'est-à-dire sa spécificité de documentaliste ? Comment installer dans le même bateau l'ouverture herméneutique potentiellement infinie et la nécessaire réduction documentaire ? Quel hybride naîtra de cette union (contre nature ?) de la Bedeutung et de  la Bezugnahme ?

Un possible comme exemple à analyser

Je limiterai ma réponse, aujourd'hui, en proposant un exemple d'un tel hybride, une production - parmi une foule de possibles - réalisée avec l'objectif d'ouvrir le documentaire. Je veux parler de ce que j'ai appelé, après Philippe Carré, l'exégèse bibliographique d'auteur.

Hybride, l'exégèse bibliographique est une œuvre doublement bridée.

En tant que bibliographie, d'abord, elle s'oblige à présenter une entrée émiettée : la  référence-Bezugnahme y est mise en  ordre (en l'occurrence ordre chronologique) .

Ensuite, le centrage exclusif sur l'auteur réduit considérablement le champ du mobilisable pour l'interprétation. Le travail sur l'intertexte, notamment, ne peut s'effectuer qu'à l'intérieur du corpus marqué du nom de l'auteur. La Bedeutung est conditionnée par la mise en relation des Bezugnahmen entre elles. Le travail de déploiement du monde de l'œuvre de l'auteur, le travail herméneutique est borné par le travail proprement bibliographique.

On parlera donc d'une exégèse close : on y entre et on en sort par des fermetures.

Au-dedans cependant le documentaliste herméneute trace les profondeurs, aménage les perspectives, donne à voir les reliefs du monde scriptural de l'auteur. L'ouverture se fait au-dedans, à l'intérieur de l'enclos d'atomes rangés du bibliographe. Ouverture au-dedans et fermeture au-dehors, référence-Bedeutung au-dedans et référence-Bezugnahme au-dehors. L'herméneute refaçonne les ruines d'œuvre laissées par le bibliographe, y implantant un système d'innervation propre à donner au champ de ruines une apparence de vie articulée. Ce système relationnel, ce réseau de communication n'est que fils ténus tendus d'une ruine à l'autre. L'herméneute n'ajoute rien que de la circulation entre les éléments bibliographiques. En cela, l'exégèse bibliographique serait le niveau zéro de l'interprétation.

Cette capacité à rendre à l'œuvre une vie d'outre-bibliographie, le documentaliste herméneute la tient de la lecture, de sa lecture de l'œuvre qui est construction d'un projet de monde, mais aussi de la lecture de la bibliographie elle-même qui est évaluation de l'émiettement en même temps que du travail de mise en réseau à accomplir. Aussi, plutôt que de dire le travail herméneutique borné par le travail bibliographique, ne convient-il de le penser comme travail sur le travail bibliographique, c'est-à-dire comme dépassement du proprement biblio- graphique par la lecture de  l'œuvre, comme ouverture de l'en-clos ?

Tant qu'il y aura des lecteurs...

Lille, le 27 avril 1995


26 juin 2004

Autodocumentation et autoformation

      

Autodocumentation :
autoformation, langage & vérité


 

Bruno Richardot, USTL-CUEEP
Colloque GRAF98
4ème colloque Européen sur l'Autoformation
Dijon 10 au 12 décembre 1998
ENESAD-GRAF

 

 

Documenter peut être transitif ou pronominal. Dans le premier cas, le professionnel de l'information documente son client, un collègue enseignant par exemple : il lui livre des documents, ou plus simplement des renseignements. Dans le second cas, c'est le collègue en question qui recherche documents et renseignements. Se documenter peut alors consister à s'enquérir auprès du professionnel de l'information. Ce peut être aussi se livrer à l'autodocumentation. Et, à observer le prodigieux développement du discours sur l'autoformation depuis plus d'une décennie, on imagine que le thème de l'autodocumentation suit le mouvement et occupe de plus en plus les esprits.
À lire attentivement un récent ouvrage (Carré 1997), on constate pourtant que l'autodocumentation n'y occupe qu'une modeste place : le mot n'y connaît que six occurrences - dont cinq correspondent à des tentatives de (com)prendre l'autodocumentation dans les courants qui structurent l'univers de l'autoformation. La sixième occurrence voit dans l'autodocumentation une « compétence métacognitive » , voire une « métacompétence d'apprentissage » , nécessaire à l'« autogestion de ses propres processus cognitifs » , en limitant son application à l'identification et la localisation des ressources pédagogiques humaines et matérielles disponibles.
Reprenons da capo. Dans l'expression s'autodocumenter, le préfixe auto- semble redondant : la pronominalité suffirait à marquer la réflexivité. Il faut donc qu'il marque une insistance : documenter soi-même (= s'-) par soi-même (= auto-). Cette remarque vaut pour s'autoformer : souvenez- vous de l'« art de s'instruire par soi-même »  de Condorcet. Mais que peut bien signifier auto dans le cas de l'activité documentaire?

Prenons la recherche documentaire. Dans le discours, la philosophie grecque antique distinguait trois niveaux : le pragma (c'est-à-dire ce dont on parle), la lexis (c'est-à-dire la façon dont on parle) et le rhêma (ou encore la thésis, c'est-à-dire ce qui est dit). Le regard documentaire sur le document est d'abord repérage de ce dont ça parle, avant même que de chercher à comprendre ce que ça dit. Et, parce que la documentation est un fait social, les pragmata doivent être répertoriés (thésaurus). Les mots-pragma peuvent alors y être ces mots magiques qui en même temps décrivent (descripteurs) le monde si dense des documents et permettent d'y pénétrer (mots-clés). Je définirais volontiers un thésaurus comme un langage dont le système référentiel est partagé par une communauté définie, comme un langage utile au dialogue documentaire entre les membres d'une communauté. Et des conflits sont possibles entre ce langage et le langage communautaire, plus riche, plus diversifié, plus mobile, plus versatile aussi. Par ailleurs, au sein d'une communauté d'acteurs, la stabilité sémantique (voire lexicale) n'est pas telle que les méprises y soient impossibles : langage communautaire et langage privé se mécomprennent quelquefois...
Car, si la recherche documentaire est un acte social utilisant codes écrits et conventions d'usage, elle est d'abord recherche pour soi, quête d'information préalablement formulée à part soi, dans l'intimité du langage privé, c'est-à-dire de façon inaudible et incompréhensible par autrui. La dimension privative est ici prise en compte pour être dépassée parce qu'improductive pour l'heuristique documentaire. En fait, tout se passe comme s'il y avait trois jeux de langage différents (privatif, communautaire et documentaire) où celui qui entreprend une recherche documentaire pour et par lui-même devra tremper sa question. À chaque étape, la question adapte son habillage langagier pour être productive à cette étape-là. Plus que de traduction, il vaut peut-être mieux parler de transformation : ce qui est en jeu ici n'est pas la relation langage/pensée, ni la relation langueA/langueB : un jeu de langage n'est pas une langue. Ce qui est en jeu, ce n'est pas l'énonciation mais la productivité sémantique de la question dans des mondes différents. S'originant dans le soi à part soi, le questionnement autodocumentaire n'est possible qu'au prix d'une double transformation, d'un double travail.

Mais l'autodocumentation ne se réduit pas à la recherche documentaire. La lecture est une activité essentielle de l'autodocumentation. Elle en constitue même parfois l'activité principale dans certains mouvements d'éducation populaire.
Au moment même où je m'engage dans la lecture d'un document, je me fais nécessairement une idée de ce que dit le document. Cette idée fonctionne comme un préjugé - pas un préjugé au sens négatif du terme (sens attribué par les Lumières), mais au sens d'une attente de vérité du document - une telle attente étant déterminée par ce que l'on pourrait appeler la position « historique » du lecteur (culture, inscription dans la tradition, mais aussi projet, etc.). La lecture va alors fonctionner comme un dialogue entre cette attente de vérité et le texte du document. C'est en explicitant mes préjugés que je recevrai ce que dit le document dans toute son altérité. Pour dialoguer, il faut satisfaire à trois conditions sine qua non : j'attends qu'une vérité sorte du dialogue ; j'ai mon idée sur la question mise en débat ; j'admets, par principe, que l'autre pourra avoir raison contre moi. Lire un document, c'est dialoguer avec le texte. Plus le lecteur avance dans sa lecture, plus le document lui parle, plus le texte s'impose dans une vérité différente de la sienne.
La part de soi mise dans la lecture est capitale. Il n'y a pas de lecture objective. L'expression lecture objective n'a aucun sens. La lecture est mise en avant de soi dans l'attente de la manifestation de l'autre. La lecture est formation de soi par soi dans le dialogue avec l'autre. La lecture comme autoformation expérientielle...


PS. Ce texte faisait partie des propositions de communications retenues par le comité scientifique réuni le 16 juillet 1998 pour préparer le colloque cité plus haut. Il ne figure pas dans les actes dudit colloque, pour la simple raison que je ne suis pas allé à Dijon ce mois d'octobre-là, l'argent disponible pour ce type d'activité étant réservé aux enseignants-chercheurs et aux thésards - et je ne suis qu'ingénieur documentaliste. Ce texte est néanmoins disponible (format PDF) sur le site d'EDUCAGRI. Vous pouvez aussi le récupérer tel quel en cliquant là => richardot.pdf.

 

 


   

 

29 novembre 2020

Police Attitude

Police Attitude, 60 ans de maintien de l’ordre, un documentaire réalisé par François Rabaté, produit par Brotherfilms-Public Sénat avec la participation de Toute l’Histoire (2020), diffusé sur Public Sénat lundi 30 novembre à 23 heures. On peut lire aussi la présentation de ce documentaire sur le site des Inrocks et y retrouver le lien vers l'émission sur YouTube.

Bien sûr, ce documentaire peut être visionner après qu'on a vu Un pays qui se tient sage :

 


 

22 décembre 2006

Money is murder !

On vient de découvrir que Sir Richard Dole, célèbre épidémiologiste anglais, mort l‘an passé, qui a notamment établi que le tabac cause le cancer du poumon, avait été payé, entre autres, par Monsanto, à raison de 1.500 $ par jour, comme consultant, au milieu des années 80.

A cette époque, en réponse à une commission d’enquête, il a soutenu que l’agent orange (un exfoliant fabriqué par Monsanto et notamment utilisé par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam où l’on estime qu’il a ravagé un cinquième des forêts) n’était pas cancérigène. Ce qui était très exagéré, au vu du nombre des victimes (plus de 40.000) dédommagées depuis.

SOURCE : http://carnetsdenuit.typepad.com
avec ce titre Tiens, ça vaut bien une clope !
Ce qui renvoie à The Guardian


31 mai 2006

Impunité dans la complexité

Intéressant aujourd'hui de réfléchir au poids politico-sémantique du mot 'impunité'. Dans le désordre, quelques exemples :

Notre monde est bien complexe !


23 septembre 2005

Les suites du sous-texte...

Lecteur attentif,

tu auras sans doute remarqué que, depuis un certain temps, la suite du message intitulé Le sous-texte (1) a été supprimée. Cette suite qui comptait sept épisodes a en effet été (auto-)censurée, dans un souci d'apaisement de la guerre civile qui menaçait...

Dans cette série de texte, entraîné pas ma lecture du superbe livre de Duvignaud, je réfléchissais tout haut sur un certain nombre de sujets, notamment la situation de l'organisation où je travaille depuis plus d'un quart de siècle. Forcément, j'ai été amené, fidèle à Jean Duvignaud en quelque sorte, mais aussi à François Brune, a tenté une explicitation des non-dits qui peuplent ou plutôt qui polluent l'atmosphère - et qui, en tous cas, donnent du sens à ce qui se passe là où je bosse.

Qu'est-ce que je disais ?
Je disais que le CUEEP allait mal et que son existence était menacée. Ça, tout le monde le sait dans le monde régional de la formation continue - pas de quoi crier au scandale de la mise sur la place publique d'une confidence ! Mon analyse, c'était que cette menace vient essentiellement du contexte ultralibéral qui nous entoure aujourd'hui, contexte qui dénature les missions historiques de l'Institut, en les contraignant de se situer sur le "marché" - Saint Marché priez pour nous !
En passant, je tentais de comprendre pourquoi le CUEEP n'arrivait pas à se défendre de cette promesse de mort comme il le faudrait. Et d'égrener quelques raisons, dont celle de la non solidarité interne, notamment du fait de la multiplicité des statuts - et là je pensais très concrètement, mais entre autres, à mes collègues, qui, grâce au CUEEP, sont aujourd'hui installés dans la partie haute de l'institution universitaire et ne jouent plus vraiment, à mon sens à moi, le jeu collectif qui peut-être consisterait à parler haut et fort des missions historiques du CUEEP au lieu d'accepter comme une fatalité, voire comme un progrès, la disparition d'un organisme universitaire qui se voulait "au service des hommes et des femmes de la région".

En fait, quand je dis que la guerre civile menaçait, ce sont plutôt certains de mes collègues qui (me) menaçaient... Pas contents d'être mis en cause, ils sont allés en délégation, un certain jeudi de la mi-septembre, rencontrer les autorités pour dénoncer mes propos, comme un groupe de bons élèves qui, provoqués par un sale gosse coutumier du pied de nez à la maréchaussée, allait se plaindre à la maîtresse de la classe ou au directeur de l'école pour faire punir le vilain petit canard... mais sans adresser la parole au dit-canard, malgré mon invitation au dialogue sur blog. Tout de même, on ne mélange pas les torchons et les serviettes comme disait ma grand'mère !

Donc censure et autocensure.
Le sous-texte restera publiquement et pudiquement en dessous, caché sous le boisseau.

Tant pis.
Mais il faudra qu'un jour j'analyse la notion d'"intouchables". Il me suffira de réagir à l'actualité politique au moment opportun... qui ne saurait tarder !


 

29 mars 2005

Situations du formateur : 1

                           

La question du rôle et de la compétence du formateur a été soulevée de façon récurrente, voire continue, dans les trois groupes thématiques[1], vous l'aurez compris.

Surtout dans le groupe qui a travaillé sur le lien dynamique entre Technologie de l'Information et de la Communication et Relations d'Apprentissage, le groupe TICRA. Normal, me direz-vous : d'emblée son objet a été défini en ces termes : Les relations formateur-apprenant, apprenant et TIC, formateur et TIC dans les projets qui mobilisent des médiations technique. L'un des objectifs assignés préalablement à ce groupe de réflexion était explicitement d'identifier les difficultés liées aux compétences des formateurs

On évoque en effet le manque de compétence et/ou de temps et/ou de moyens des formateurs pour intégrer les TIC dans leurs pratiques, pour opérationnaliser les bonnes idées d'intégration des TIC dans la pédagogie. Au fil de la discussion, il est même apparu que l'une des missions de ce groupe thématique-là pouvait être de convaincre les "formateurs-qui-ne-savent-pas-l'utilité-des-TIC" de l'intérêt qu'il y a à les intégrer dans leur pratique de formateur, de leur permettre de s'interroger sur ce que les TIC vont optimiser de leur pratique pédagogique actuelle et ce que les TIC vont apporter en supplément...

Ce qu'on peut dire, c'est qu'ici le formateur est immédiatement compris dans un jeu de relations. Et cette inclusion n'est pas le fait exclusif du groupe thématique TICRA. C'est une certitude qui a parcouru l'ensemble des vingt-et-une réunions thématiques : le formateur n'est jamais seul, il n'a de réalité qu'inséré dans un jeu de relations en plusieurs dimensions, à savoir

TICRA :

  • le formateur et l'apprenant,

  • le formateur et les TIC,

  • les formateurs entre eux [accessibilité des TIC aux formateurs pour une meilleure coordination pédagogique (entre formateurs)],

DEPP[2] :

  • le formateur et le projet de l'apprenant, les formateurs entre eux autour de ce projet,
  • les formateurs entre eux pour promouvoir ce qu'on a appelé le "croisement didactique",
  • le formateur et le fameux "tuteur-méthodologue",
  • "travail du formateur, travail social et travail du psychologue",

PEF[3] :

  • le formateur et les situations de travail des apprenants,
  • le formateur et le projet de l'apprenant (plus ou moins approprié d'ailleurs),
  • le formateur et les autres acteurs de la professionnalisation (tuteurs en entreprise, encadrement de proximité...) : le formateur comme metteur en scène... dans la production de compétences, dans la reconnaissance et la validation des compétences,
  • au sein de l'organisme de formation, l'articulation entre la fonction formateur et la fonction ingénieur de formation.

On est allé jusqu'à évoquer la nécessité d'une prise de conscience par les formateurs (l'équipe pédagogique au sens large) des multiples réseaux dont ils sont membres. Le formateur ne peut plus se cantonner dans sa didactique étroite ni se protéger dans une pratique étanche à tous les ruissellements de son environnement.


 

[1] Ce texte veut clore – de façon tout à fait provisoire et événementielle - un travail collectif mené par les permanents du CUEEP, réunis dans trois groupes thématiques de mai 2004 à février 2005…   
AJOUTS DU 30/03/05 :
cf. mon commentaire au petit mot d'Éric DELCROIX ; par ailleurs, je me dis après coup que la relative absence des enseignants-chercheurs tout au long de ce travail collectif qui aura mobilisé une cinquantaine d'heures - sans compter le temps que chacun a consacré à la préparation de ses interventions (grand merci aux deux ou trois qui ont participé !) - signifie que le collectif CUEEP n’est pas dans les priorités de ces "intouchables" universitaires, que l'idée même du CUEEP n'est pas dans l'horizon de leur préoccupation, voire simplement de leur pensée. Pour les anciens du collectif devenus enseignants-chercheurs, l’Institut n’aura donc été qu’un bien utile marchepied « repoussable » – voire devenu repoussant (ah, dialectique, quand tu nous tiens !) - une fois qu’on est parvenu à la hauteur ambitionnée...

[2] DEPP, second groupe thématique : Développement des expériences personnelles et professionnelles.

[3] PEF, troisième groupe thématique : Professionnalisation et Formation.

 

 

suite...


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