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BRICH59
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liberalisme
21 octobre 2009

Doing More with Less

Depuis les débuts de l'industrialisation de la formation (années 90), on entend la même rengaine : faire plus (et mieux ajoutait-on à l'époque) avec moins de moyens. Ça ne date pas d'aujourd'hui, ni même de l'arrivée de l'ultra-libéralisme au pouvoir en France. Ce dernier a juste ajouté quelques fleurs rhétoriques du style "travailler plus pour gagner plus" et autres attrape-couillons.

38408863L'OCDE, instance importante du libéralisme débridé, veut perpétuer l'excellente idée selon laquelle ce n'est pas la fin qui justifie les moyens, mais l'enrichissement des riches qui les diminue. En effet, le Programme de l’OCDE sur la gestion de l’enseignement supérieur (IMHE) vient de lancer un appel à contributions pour sa prochaine conférence générale sur L'enseignement supérieur dans un monde en profonde mutation : faire plus avec moins les 13-15 septembre 2010. S'agissant de l'enseignement supérieur, on pouvait s'attendre à une réflexion internationale sur la qualité pédagogique, sur le partage des savoirs, sur la formation des enseignants, sur la vie étudiante... Eh bien non ! le (moins de) flouze, le (moins de) fric, la tune (en moins), le (moins de) pognon, le (moins de) "nerf de la guerre" comme on dit si bien...

Cette conférence représente une opportunité unique de présenter à une audience internationale prestigieuse, dit l'annonce de l'OCDE, les idées fumeuses qui laisseront les riches s'enrichir et les services publics fonctionner avec toujours moins de moyens. La conférence se tiendra au siège de l’OCDE à Paris. La date limite pour déposer ces fumerolles assassines est fixée au lundi 4 janvier 2010. Joyeux Noël et bonne année à l'enseignement supérieur !


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28 septembre 2009

Implants rhétoriques

Étonnante cette histoire Clearstream, non ? À l'heure où un tribunal doit décider de la culpabilité des quelques personnes (il paraît qu'il y en a pas mal !), celui que les Français ont choisi pour être le gardien de la Constitution malmène celle-ci et décide, en paroles certes, de la culpabilité de ces quelques personnes ! Il a déclaré il y a une semaine : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel". No comment ! Tellement il est évident qu'il y a faute ici.

Mais les rhétoriqueurs de la cour ne l'entendent pas de cette oreille et veulent justifier, c'est-à-dire rendre "juste" a posteriori, la  déclaration de leur grand chef. Par exemple, il en est un qui, évoquant le trouble causé par cette déclaration, affirme que "cette polémique est curieuse parce que, dans un procès, il y a des victimes et il y a des coupables. C'est la justice qui déterminera (mais) les coupables sont toujours parmi les prévenus", a déclaré M. Lefebvre sur France-Inter, même si "les prévenus ne sont pas toujours coupables"[dépêche AFP du 25 sept.].

Je ne m'intéresse pas au fond de ce que dit ce Monsieur, tellement il est évident qu'il dit une énorme bêtise. Je voudrais juste traduire sa pensée si profonde en une formule : "tous les coupables ont été prévenus" - que je rapproche de cette autre, issue du marketing déployé au profit de la plus grande arnaque légale qui soit : "100% des gagnants ont joué"... La rhétorique mercatique comme modèle de la rhétorique politique, voilà qui en dit long sur les arrières-pensées de cette droite néolibérale qui nous gouverne...

Puis, comme pour faire passer l'énormité de son propos, il fait glisser la culpabilisation au sens propre en auto-culpabilisation :
"Je ne comprends pas pourquoi certains prévenus se sentent si coupables, précisément". On admirera le fiel baveux de tels propos... Ce n'est pas lui, suppôt du roi d'Maubeuge, qui le dit, c'est le prévenu lui-même - qui, par ailleurs souhaite faire de ce roi un prévenu en règle ! Mais, comme dit si bien M. Lefebvre, "les prévenus ne sont pas toujours coupables" !


26 septembre 2009

Votation citoyenne : privatisation de La Poste

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21 septembre 2009

Quel avenir pour la Poste ?

Les Amis du monde Diplomatique vous invitent le mercredi 23 septembre à la MRES, 23 rue Gosselet à LILLE, à 20h30 pour un débat sur le thème :
Après les privatisations (pudiquement appelées "ouvertures du capital" au début) d'EDF GDF et de France Télécom, c'est maintenant La Poste qui est menacée.

Service Public par excellence, tant par le maillage de son réseau, la péréquation tarifaire et les valeurs de proximité et de citoyenneté auxquelles elle renvoie, La Poste se bat pour ne pas subir le sort d'autres entreprises publiques maintenant soumises à la concurrence du marché, autant dire aux lois de la marchandise, de la finance et de l'actionnariat.
L'Union Européenne ne demandait même pas la privatisation et l'ouverture du capital, se contenant de l'ouverture du marché à la concurrence (libre et non faussée, doit-on le préciser ?) pour janvier 2011.
Les privatisations des services postaux en Europe se sont souvent révélées désastreuses tant pour les usagers que pour les salariés. Pourtant, les libéraux s'entêtent et n'ont de cesse de casser, partout, le service public et ce qu'il incarne encore de valeurs de solidarité et d'égalité.
Quel avenir pour La Poste, à la veille de la "votation" citoyenne du samedi 3 octobre organisé par les Comités contre la Privatisation de La Poste, pour faire émerger la voix citoyenne dans la démocratie directe.

Nous en débattrons avec le Comité départemental du Nord contre la privatisation de La Poste.


18 septembre 2009

Refuser la privatisation du service public...

Samedi 3 octobre,
Votation citoyenne,
organisée dans tout le pays (Mairies, bureaux de poste, marchés…),
par le Comité national contre la privatisation de la Poste,
pour un débat public et un référendum sur le service public postal
(http://www.appelpourlaposte.fr/).

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Photo : http://www.flickr.com/photos/exaim/2270987390/


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17 septembre 2009

Beaux jours du racisme...

dassierSi je me souviens bien (?), le fondement pratique du racisme tient dans la généralisation d'un trait de caractère d'un individu pour stigmatiser un groupe d'individus... Je crois pouvoir dire que c'est comme ça que Raymond Aron, qui n'était pas vraiment un penseur de l'extrême, définissait le racisme.

Quand le président d'un club de foot dit qu'il ne sera pas"un président à la libanaise ni à l'africaine", faisant référence à la nationalité ou à la nationalité des parents (je n'en sais rien, je ne connais pas ces hommes) des présidents qui l'ont précédé, il fait bien fonctionner cette mécanisme détestable de la stigmatisation outrancière. Il tient bien des propos de nature raciste.

Que le président en question ait été très récemment et longtemps le directeur de l'information de la chaîne privée de télévision amie des politiques en place ne peut qu'accentuer le trait ! D'abord le trait de la confusion entre sport et politique, concrètement (Sarkozy comme vrai patron de l'information) et idéologiquement (le sport et la politique comme exacerbation du mythe de la concurrence comme seul fonctionnement possible). Ensuite le trait du pétainisme ambiant de ceux qui tiennent la gouvernance de notre si beau pays. Les propos de Brice de Neuilly ne sont qu'un épiphénomène parmi tant d'autres. C'est bien globalement que nous baignons dans un racisme diffus mais d'autant plus prégnant quand il s'exprime dans le cadre de la médiatisation du sport et/ou de la politique...

Triste pays des Droits de l'Homme !


16 septembre 2009

Capitaliser, il en restera toujours quelque chose !

tirelire_coffret_pirate_gmAinsi la commission Stiglitz devait plancher sur la mesure de la richesse et proposer des alternatives au sacro-saint PIB, qui avait le monopole du comptage... Ça fait des plombes que des gens (Viveret, Gadrey, etc.) réclament qu'on intègre dans la mesure de la richesse d'un pays d'autres facteurs, comme le niveau d'éducation, par exemple. Mais passons ! Le droite française découvre cette idée : laissons-les croire qu'ils avaient l'initiative et qu'ils innovaient. Du coup, ils vont se faire les apôtres internationaux de cette découverte, de ce nouveau monde qui s'ouvre à eux... Il me semblait que l'ONU avait déjà travaillé cette idée que le PIB n'est qu'une vue partielle et partiale de la vie, mais passons ! Ils devaient être occupés à faire fructifier leur comptes en banque...

Quand on regarde de près les propos de la commission Stiglitz, on voit qu'il s'agit, entre autres, de mesurer les activités non marchandes. C'est tout l’environnement dans lequel vivent les ménages qui doit être mesuré lui aussi : la qualité de vie, l'insécurité, le taux de mortalité et de morbidité, les conditions de santé, le niveau d'éducation et de démocratie, mais aussi les activités personnelles, le travail, la gouvernance, les connections sociales et les relations entre personnes. Bref, on devrait aboutir à une évaluation chiffrée de tout ça, de tout ce non chiffrable. Encore un peu et on va nous donner l'équivalent monétaire du niveau de démocratie. Non seulement, on peut discuter très très longtemps sur le caractère plus ou moins démocratique de la vie française et européenne, mais en plus la jauge indiquera des Euros ! Hallucinant !


Ça me rappelle une anecdote de ma vie professionnelle. Ce devait être au tout début des années quatre-vingt. J'étais depuis peu au CUEEP de Sallaumines (bassin minier lensois dans le Pas de Calais) et avais été intégré à une équipe de recherche sociologique (Claude Dubar, Jacques Hédoux...), qui avait déjà produit quelques rapports de recherche sur l'Action collective de formation (1976, 78 et 79) et préparait ce qui allait être le dernier de la série, Des femmes en formation. Stagiaires et formatrices de couture dans les actions collectives de formation publié en décembre 1984 [voyez la bibliographie de 1991].

La grande question était de savoir ce qui justifiait l'"installation en formation" des ouvriers et femmes d'ouvriers, là où l'institution avait prévu une "incitation à la formation", le problème étant que le mot 'formation' ne renvoyait pas à la même réalité dans l'un et dans l'autre de ces deux phénomènes. Concrètement, il s'agissait, dans le même mouvement, d'une part de mettre à jour les motivations des publics à s'installer ainsi en formation là où l'on souhaitait qu'ils ne fassent que passer et, d'autre part, de justifier auprès des financeurs (Région essentiellement déjà à cette époque) la mise en place de tels groupes dits d'incitation. Exercice périlleux, proche du grand écart : non seulement l'idéologie dominante était déjà de faire de la formation une servante de la politique de l'emploi (les groupes d'incitation ne qualifiant pas d'un point de vue professionnel), mais le fonctionnement de ces groupes (concernant les femmes) n'était pas sans rappeler les écoles ménagères avec leurs "monitrices" et leurs pratiques de production. Objectif apparent hors de la visée de l'emploi et fonctionnement passéiste...

Pour moi, tout frais sorti de l'œuf, j'imaginais qu'il convenait de  valoriser un tel dispositif par ses aspects sociaux (les femmes qui sortent de chez elles, etc.) et par ses fondements culturelles (importance de la pratique, voire de la pratique collective, etc.), et de dire que ce que ces femmes venaient chercher là (et trouvaient) ne relevait pas d'un enseignement scolaire "noble" (français, maths, instruction civique, etc.) mais d'une sociabilité choisie et réparatrice... Il y avait certes une motivation qu'on pouvait décrire en termes économiques (faire soi-même ses vêtements, ceux de ses enfants, ceux de son mari, "revient" moins cher que de les acheter tout faits). Mais il me semblait que c'était stratégiquement aberrant (la collectivité publique refusant de financer des activités qui "rapportent" à ceux qui les pratiquent) et que, de toutes façons, ce type de motivation était, malgré les apparences, relativement secondaires. Et de décrire en termes économiques ces formations à prétendre que les gens y viennent pour faire des économies, il n'y avait qu'un pas, trop facile à franchir, et trop réducteur. Je rédigeai donc pour le groupe de recherche, mais sans être mandaté pour le faire, une analyse selon laquelle on ne pouvait compter ainsi, m'appuyant sur les notions de l'économie marxiste classique (notamment la dichotomie entre valeur d'usage et valeur d'échange) : je refusai ni plus ni moins la monétarisation de la valeur de ce qui se passait là, de ce qui se produisait (au sens large !) là. Mes petits copains sociologues ne me suivirent pas. Il faut dire que j'étais le benjamin de l'équipe... et que je n'étais pas sociologue.

Quelques années plus tard, les financements avaient fondu au soleil du socialisme libéral qui focalise tout sur le fonctionnement de l'entreprise et sur l'emploi. La monétarisation de l'activité socio-pédagogique avait fait son œuvre.


15 septembre 2009

Placer l'individu au centre ?

JosephStiglitz« Placer l'individu au centre de l'économie » dit le rapport de la commission Stiglitz.

Mais ne l'est-il pas déjà, comme cible mercatique ?

N'est-ce pas l'individualisme de masse, comme dit si bien Virilio (mais n'avais-je pas lu cette expression déjà chez R.Castel ?), qui caractérise notre monde économique, c'est-à-dire notre monde tout court ?


15 septembre 2009

Les croisades du roi d'Maubeuge

Alors là ! Ce n'est plus de l'oxymore, c'est carrément de la contradiction diachronique ! Il n'y a pas si longtemps le roi d'Maubeuge prônait la "culture du résultat", s'entend "culture du résultat chiffré", comptant même y soumettre ses ministres...

Aujourd'hui, par je ne sais quel miracle (Saint Résultat, priez pour nous pauvres travailleurs!), le voilà-t-y pas qui dénonce la "religion du chiffre", avec la même vigueur, avec la même force de conviction que lorsqu'il prônait cette religion ! Du coup, tout y passe : vade retro les moyennes, vade retro le marché ! Tout ça parce qu'il a demandé à des huiles économistes de plancher sur la mesure de la richesse...  Mais qui dit mesure, dit chiffre, non ? Incroyable, non ? Mais ce n'est pas qu'une question de chiffre : c'est tout le marché qui fait l'objet de la vindicte.

Et on a même droit au mea culpa du roi, en bonne et due forme : "à force de faire comme si toute la vérité était dans le marché, eh bien on a finit par le croire". Car le bon roi d'Maubeuge ne dit pas 'je', ni même 'nous'. Il dit 'on' ! Louis le XIVème peut aller se rhabiller ! 'On' est donc convaincu que le marché n'a aucun sens...
Nous croyons rêver !
Nous rêvons ! Nous rêvons !
Pincez-moi !
Pincez-moi ! Pincez-moi !
Ça cache sûrement quelque chose de grave !


9 septembre 2009

Regarder l'éducation ?

43632379french_cover_150L'OCDE publie sur rapport annuel sur les systèmes éducatifs : Regards sur l'éducation 2009: Les indicateurs de l'OCDE. Vous trouverez  toute l'information concernant ce rapport plein de tableaux et de commentaires en cliquant sur la page de couverture française...

Je voudrais juste reprendre un extrait de ce rapport (p.13) :

D’autres  problématiques  importantes  liées  à  l’équité  se  font  jour  dans  un  contexte  morose sur le plan de l’emploi des moins qualifiés. Alors que le taux de scolarisation des 15-19 ans augmente de façon constante dans la plupart des pays (voir l’indicateur C1 = effectifs scolarisés), une importante minorité  quitte  encore  l’enseignement  sans  avoir  en  poche  une  qualification  de  base.  Dans les pays de l’OCDE, plus de 40 % des personnes dont le niveau de formation est inférieur au deuxième cycle de l’enseignement secondaire ne parviennent pas à trouver un emploi (voir l’indicateur A6 = impact du niveau de formation sur le taux d’emploi).  Même  ceux  qui  possèdent  un  niveau  de  formation  plus  élevé  se  trouvent dans une position vulnérable s’ils perdent leur emploi. Parmi les jeunes adultes sans emploi âgés de 25 à 34 ans dont le niveau de formation est égal au premier ou au deuxième cycle de l’enseignement secondaire, on compte environ 50 % de chômeurs de longue durée (voir l’indicateur C3 = "Les jeunes réussissent-ils leur entrée dans la vie active à l’issue de leurs études ?"). Les possibilités d’éducation et de formation continues sont souvent conçues pour pallier les insuffisances de la formation initiale mais, dans les faits, la participation à ces formations est significativement plus élevée chez les individus possédant de fortes qualifications initiales que chez les moins qualifiés ; la plupart du temps, ces offres de formation ne bénéficient donc pas à ceux qui en ont le plus besoin.

Quand je lis ça, je bondis sur mon fauteuil : ça fait une trentaine d'années que je travaille dans le secteur de la formation des adultes et j'ai toujours constaté que l'offre de formation continue ne bénéficie ni prioritairement ni massivement à ceux qui en ont le plus besoin. Claude Dubar a expliqué tout ça dans les années quatre-vingt. Faut-il qu'on soit tous dans la m.... pour qu'on ouvre collectivement les yeux ?

Autre grief, toujours le même : on est ici dans une optique libérale qui n'assigne à la formation continue (je n'ose pas dire 'éducation permanente") qu'une seule perspective, l'employabilité du travailleur. Perspective enfermante s'il en est. Perspective inhumaine aussi...


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