Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
BRICH59
Publicité
liberalisme
9 juin 2011

Le fric de la pédagogie

On apprend que la société e-learning française Onlineformapro vient d'annoncer sa décision d'entrer en bourse en juillet prochain (sur le marché libre Euronext). Je ne sais pas vous, mais moi j'ai beaucoup de mal à envisager que la logique boursicoteuse et la logique éducative puissent faire bon ménage ! Je dois être un peu ringard ou bien ignorant des merveilles de l'économie de marché.

D'ailleurs, le ministère de l'Éducation (nationale ?) est plus que d'accord, puisque le réseau des GRETA est un bon client d'Onlineformapro. Un accord-cadre a en effet été signé à la fin du premier trimestre 2011 avec l'ensemble du réseau e-Greta pour la fourniture de contenus e-learning de formation et d'évaluations en français, en maths, à la préparation aux concours des métiers de la santé, à la comptabilité et à l'entraînement cognitif. Par cet accord, de nombreux GRETA « intègrent les contenus Onlineformapro à leur catalogue de formation en ligne ». Ce faisant, l'État externalise la création pédagogique : les enseignants et formateurs n'ont plus qu'à utiliser des "produits" de formation formatés au plus courant pédagogique et au mieux disant financier. L'industrialisation de la formation - qui a démarré au milieu des années quatre-vingt-dix - est à son comble... Que sont devenus ces formateurs militants géniaux qui construisaient leurs outils pédagogiques sur mesure pour une formation plus juste pédagogiquement et plus humaines socialement ?


Publicité
12 février 2011

Indexation des salaires et compétitivité européenne

Excellent !

Une fois qu'on est d'accord pour jouer le jeu (meurtrier) de la compétitivité économique, c'est-à-dire qu'on entre dans la pensée économique unique et le fonctionnement ultra-libéral, on peut choisir les bons leviers pour qu'un pays ait un déficit le plus petit possible, une dette publique la plus basse possible et l'un des taux de chômage le moins élevé.

Le roi d'Maubeuge et la reine allemande ont bien sûr dans l'idée que le niveau des salaires est un levier nécessaire et que le maintien du niveau de vie des salariés est contre-compétitif. c'est la doctrine libertarienne, voire libérale tout court.

Sauf qu'il y a des nuances dans la pensée unique : alors que roi d'Maubeuge et la reine allemande pressent tous les pays où se pratique encore l'indexation des salaires d'abandonner cette pratique, au nom de la coordination des politiques économiques européennes, des petits pays pas vraiment gauchistes ni suppôts du communisme résistent et font la leçon aux donneurs de leçons.

C'est une dépêche AFP sur Romandie.com  complétée par un article du Soir belge... À lire toute affaire cessante !


26 janvier 2011

Les chinois au secours de la pensée unique !

lacroix_cover


22 octobre 2010

Otages et chantages

Je lis que, parlant des grèves, le roi d'Maubeuge clame qu'"on n'a pas le droit de prendre en otage des gens qui n'y sont pour rien". Le populisme est donc bien à son zénith !

Qui y est pour quelque chose ?

  • lui, le petit roi nerveux, comme disaient les Chinois perspicaces,

  • son frangin qui mise sa fortune sur le développement des retraites par capitalisation, le dauphin qui rafle l'UMP de la commune UMP de papa, commune la plus ump-dense de France,

  • les membres de la cour tous plus ou moins intéressés financièrement par les affaires économiques en cours,

  • etc.

-> Face à l'appauvrissement délibéré d'une frange de plus en plus importante de la population,

-> Face au chantage permanent à l'emploi et au salaire,

-> Face au coup d'État permanent (caporalisation du parlement, censure de la discussion politique, surdité au discours des travailleurs, usage systématique de la force policière), etc.

Que reste-t-il aux Français d'en bas

pour exercer leur droit à la parole libre

et leur droit à la vie ?

Qui est l'otage de qui  ?


4 mai 2010

Pourquoi faut-il qu'ils nous fassent honte ?

La France vient de voter une "aide" financière à la Grèce, une aide qui lui rapportera du profit financier. J'ai honte d'être français.
Mais quoi de plus logique en ce monde libéral que de tirer profit des difficultés d'autrui, fût-ce un peuple entier ?

Le Parti socialiste a voté cette aide - en dénonçant un taux trop élevé mais votant tout de même. J'ai honte d'être de gauche.
Mais quoi de plus logique pour ce parti politique qui a perdu les valeurs fondamentales de la gauche et court après le libéralisme pour se constituer parti de gouvernement ?


Publicité
23 février 2010

Sans papiers ?


14 février 2010

UGC missionne la police ?

Il y a quelques heure, Rue89 a posté une information pour le moins troublante : pour régler d'éventuelle infraction au règlement intérieur des salles UGC, les autorités de cette société n'hésitent pas à faire intervenir la marée-chaussée dans les salles de projection. Et il semble que ce ne soit pas la première fois...

Ce coup-ci, l'histoire est très édifiante : quelqu'un entre dans la salle avec une cannette de Coca qui n'a pas été acheté dans le complexe UGC...

Si c'est bien cela qui s'est passé, cela signifie que l'autorité policière, financée par les impôts des citoyens, est mobilisée pour garantir l'intérêt commercial très privé d'un commerçant. Il est en effet très clair que, toujours si cela est avéré (mais on compte sur la fiabilité a priori de Rue89 !), que le fait d'entrer dans une salle de cinéma avec une cannette qui n'a pas été achetée dans le complexe cinématographique ne saurait constituer un trouble de l'ordre public...

Étrange, non, cette histoire de forces publiques au service de la puissance commerciale privée ? Surtout après l'apparition de membres de la force publique en très bonne place sur une liste du parti du Président pour les régionales...

Vous avez dit collusion d'intérêts ?


5 février 2010

Et si les journalistes faisaient attention à ce qu'ils écrivent ?

Clipboard01Le Nouvel Observateur de ce jour titre sur Les diplômes qui donnent du travail, comme si le diplôme donnait du travail, la formation récompensée par un diplôme pouvait donner quoi que ce soit en matière de travail, hormis les emplois d'enseignants et autres boulots liés au fonctionnement même de la formation !

Non aucun diplôme ne donne du travail !

Tout juste le diplôme aide-t-il son détenteur à se mieux placer dans la file d'attente de la recherche d'emploi (la lutte des places, comme disait l'autre, est ici à l'œuvre). C'est bien l'emploi qui donne du travail. Tout simplement. C'est-à-dire que ce sont les patrons qui, offrant des emplois, donnent du travail. Après, en dernière instance, ce sont les propriétaires des outils de production qui décident des emplois à offrir et à supprimer. Fonds de pensions et autres funestes capitalisteries...

Pourquoi donc les journalistes, de quelque bord idéologique qu'ils s'affichent, perpétuent-ils cette vaste illusion que la formation et/ou le diplôme donne du travail, si ce n'est pour culpabiliser les chômeurs, pour les contraindre à internaliser la responsabilité du chômage - ce que le petit moyen grand capital s'évertue à faire depuis des lustres voire des siècles. C'est pour moi la seule explication possible. L'autre hypothèse consisterait à voir dans les journalistes des gens de peu de réflexion - ce que je ne veux pas imaginer un seul instant !

Le diplôme comme atout pour ramasser le premier la miette d'emploi que le capital jette trop généreusement dans la mêlée où, très concrètement, se disputent les demandeurs d'emploi - dispute qui les occupe et les empêche de revendiquer la simple justice sociale etc.
La lutte des places a ceci de capitalistiquement vertueux qu'elle hypothèque l'hypothèse même de lutte de classes : les gueux se battent entre eux ; les non-gueux sont peinards !

Est-ce vraiment là le souhait de l'équipe rédactionnelle du Nouvel Observateur ?


5 décembre 2009

Performance universitaire

Dans le cadre de la loi LRU, les établissements universitaires vont donc devoir afficher le taux d'emploi de leurs diplômés, selon Les Échos de mercredi 2 décembre : "Insertion professionnelle : les universités contraintes de rendre des comptes" (ici le pdf correspondant). En gros, on lance une enquête auprès des diplômés 2007 de 83 universités françaises, afin d'aboutir à un classement qui permettra de comparer les performances des établissements, comme dit si bien un chargé de mission universitaire interrogé par le journal économique. L'idée est également (surtout) de récompenser les établissements qui affichent le meilleur taux d'insertion professionnelle de leurs diplômés : "Les performances observées seront, en effet, prises en compte dans le cadre des contrats pluriannuels passés entre l'État et les universités, et auront donc une incidence directe sur les enveloppes budgétaires attribuées", écrit le quotidien.

En détail, cela signifie que :

  1. les établissements qui ont de la peine ne seront pas aidés mais tout simplement tués, sans qu'on ait bien analysé les raisons de leurs difficultés (niveau social et culturel de leur population étudiante, implantation dans une zone économiquement sinistrée, etc.) ; l'uniformisation quantitative fait son œuvre de normalisation libéralissime, privilégiant les établissements déjà bien dotés, financièrement mais aussi "en nature",
    - c'est-à-dire profitant de conditions matérielles de fonctionnement haut de gamme,
    - c'est-à-dire bénéficiant d'une population étudiante aisée pour laquelle, de toutes façons, la situation sociale permet de se consacrer à temps plein à ses éttudes et promet, quoi qu'il arrive (même en cas d'échec scolaire), une situation sociale favorable (un super-job grâce à papa - dernier exemple médiatisé en date : le prince Jean),
    - c'est-à-dire ayant les meilleurs enseignants-chercheurs méritant de super-primes parce que roulant pour les capitaines d'industrie comme on disait autrefois, etc.

  2. l'Université ne doit pas seulement former et qualifier les jeunes, mais aussi leur trouver du boulot à la sortie ;
    a) en toute logique, un établissement d'enseignement a une obligation de moyens, comme on dit, sachant que l'obligation de résultats est partagée entre l'établissement et l'apprenant : on ne saurait en effet châtier une université parce que ses étudiants sont par exemple contraints de travailler pour pouvoir faire leurs études ;
    b) les étudiants ayant obtenu leur diplôme, l'université va devoir porter la responsabilité de leur insertion professionnelle, sachant que cette insertion est conditionnée par des facteurs qui sont étrangers au monde universitaire, tels que la santé économique des entreprises, le réseau social dans lequel fonctionnent les étudiants, les moyens concrets des étudiants en termes de recherche d'emploi (titulaire ou non du permis de conduire, possesseur ou non d'un véhicule, notamment), etc. ;

    c'est-à-dire que pour cette étape-là, l'université n'est responsable d'aucun des éléments qui conditionne l'accès à l'emploi, mais porte la responsabilité de cet accès !

    Mais peut-on être tenu pour responsable

    de ce dont on ne maîtrise rien ?


    Comprenne qui pourra !

Eh bien, pour incompréhensible qu'elle soit, cette idée va devenir structurante pour le fonctionnement universitaire. L'Université est sommée de se conformer aux réalités économiques du temps et du lieu... D'ici quelques années, l'offre universitaire française sera réduite à quelques immenses universités, immenses par la taille et le "talent", mais aux étudiants rares et issus des classes sociales les plus aisées, des universités à la merci d'un patronat hostile au savoir social critique.
La papa du prince Jean veut sans aucun doute "ré-enchanter l'Université".


20 novembre 2009

Bolkestein, le retour en douce

[ATTAC-FRANCE]
Silence, on transpose la directive Bolkestein

logo_attacA la suite des fortes mobilisations contre la directive services dite Bolkestein, on aurait pu croire que le texte ne présentait plus de problème. Erreur : on y trouve le principe de "libre prestation de services", ce qui n’est pas étonnant puisqu’il est inscrit dans le le traité de Lisbonne, et qu’il l’était dans les traités antérieurs. Par ailleurs, cette directive est transposée au moment où entre en application le règlement (CE) No 593/2008 du 17 juin 2008 sur la loi applicable aux obligations contractuelles : celui-ci prévoit que la loi du domicile du prestataire de service s’appliquera quand aucune autre ne sera choisie, ce qui entraînera un affaiblissement du droit des consommateurs.

Silence, on transpose la directive Bolkestein

 La directive de libéralisation des services, dite Bolkestein, du nom de son créateur, est en cours de transposition en France. Sans bruit ni volonté gouvernementale de mettre en débat cette étape importante.

Pour comprendre l’importance de ce qui se prépare en matière de libéralisation des services, il est nécessaire de rappeler comment la Commission européenne définit le contenu de la directive qui porte le nom de l’ultralibéral Fritz Bolkestein, son initiateur. L’objectif de la directive sur les services est de réaliser un marché intérieur en supprimant les barrières juridiques et administratives, considérées comme des obstacles à la libre circulation des prestations de services entre Etats membres et leur mise en concurrence. Cette libéralisation qui concerne 75 % des emplois dans l’Union européenne (UE) et 66 % de son PIB, selon la Commission qui a fixé la date butoir du 28 décembre pour la transposition de cette directive dans les législations nationales.
La directive Bolkestein est donc de retour. Ni morte, ni enterrée, comme on a pu l’entendre en 2005 de la part de Jacques Chirac encore président de la République. Elle est même d’une brûlante actualité : une courte passe d’armes entre la Confédération européenne des syndicats (CES) et la présidence suédoise de l’Union européenne, passée inaperçue en France, eut lieu le 23 septembre, la veille du Conseil européen sur la compétitivité. La présidence suédoise y a déclaré que « la directive sur les services peut permettre à l’Europe de sortir plus rapidement de la crise économique. » Ce à quoi la CES a immédiatement rétorqué : « La Présidence semble de plus en plus coupée de la réalité de la pire crise économique depuis la Grande Dépression […]. Si vous souhaitez lutter contre la crise, vous devez investir dans un vaste plan de relance européen et mettre fin à la domination des principes de marché à court terme », ainsi qu’aux «  obsessions idéologiques » de la directive sur les services, a aussi persiflé la CES.

Cette charge inhabituelle de la part de la CES met en évidence l’étape cruciale actuellement en cours, particulièrement en France. Dans le plus grand silence. Rien ne filtre des négociations secteur par secteur, ou peu de choses. L’étonnant mutisme gouvernemental est expliqué dans un rapport sur l’état de la transposition de la directive sur les services, présenté le 17 juin par le sénateur UMP Jean Bizet, quelques jours après les élections européennes. On y apprend que le gouvernement a abandonné l’idée d’un projet de loi-cadre pour transposer la directive services, en raison « des considérations politiques tenant à la forte sensibilité des implications de la “directive services”, sur les professions réglementées par exemple. Une loi-cadre de transposition pourrait en effet servir d’“épouvantail” à tous ceux qui seraient tentés d’instrumentaliser un exercice essentiellement technique à des fins électorales. Elle ne doit pas constituer un prétexte à la “cristallisation” des mécontentements de tous ordres, d’autant plus nombreux en période de crise ». En clair, pas de grain à moudre pour les altermondialistes…
Pas de débat politique, ni de campagne d’information générale ne sont programmés par le gouvernement. Seule une communication serait envisagée en direction des professionnels. « Elle serait réalisée en relation étroite avec le Medef, au second semestre 2009 », explique brièvement le rapport Bizet. Ainsi, le gouvernement et une partie de la classe politique, droite et gauche confondue, ne souhaitent pas que ressurgisse la controverse autour de cette directive et de son « principe du pays d’origine ». Celle-ci avait largement contribué à la victoire du « non », en 2005, lors du référendum sur le Traité constitutionnel européen, renommé Traité de Lisbonne et adopté depuis.

Un nouveau débat sur cette directive – certes revue et corrigée en 2006 par le Parlement européen – s’avère pourtant indispensable, car elle a conservé l’essentiel de sa philosophie et de sa dangerosité. La Commission a de plus fait en sorte que ce qui n’y figurait plus, tel le principe du pays d’origine, soit rapidement transposable dans un autre texte. Rafraîchissons les mémoires : la directive sur les services inclut les services fournis aux entreprises et aux consommateurs, et surtout les services publics, nommés par la Commission « services d’intérêt économique général » (transports, services postaux, approvisionnement en eau, électricité, traitement des déchets, etc.).
L’exclusion des services de santé et des services sociaux (SSIG, selon la terminologie communautaire) n’est que provisoire. « Il n’est pas inenvisageable que certains secteurs aujourd’hui exclus du champ de la directive y soient réintégrés à l’avenir, à la demande des professionnels eux-mêmes », prévient le rapport Bizet. Car les règles du jeu fixées par la directive sur les services peuvent changer en cours de route : 2010, première année d’application, sera l’occasion de procéder à d’éventuels « ajustements ». Surtout, le 28 décembre 2011, et par la suite tous les trois ans, la Commission présentera un rapport sur l’application de la directive, « accompagné, le cas échéant, de propositions de modifications et de mesures supplémentaires concernant les questions exclues du champ d’application de la directive ».
Autre subtilité, la notion de « principe du pays d’origine » a certes disparu de la directive Bolkestein pour une autre formulation, très ambiguë : le principe de « libre prestation de services ». Cette libre prestation de service est accompagnée d’un règlement européen adopté en 2008, qui doit s’appliquer à tous les contrats conclus après le 17 décembre, dans lequel le principe de base est que les parties contractantes sont libres de choisir la loi applicable au contrat. Ce règlement qui remplacera la Convention de Rome de 1980 s’appliquera directement aux États membres. Le dispositif est proche du principe du pays d’origine, si l’on en croit le réseau européen de soutien aux entreprises, Enterprise Europe Network, créé par la Commission européenne. Mais les citoyens n’ont pas encore été informés de ces nouveautés.

Thierry Brun
http://www.france.attac.org/spip.php?article10491


Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
Publicité
Archives
Visiteurs
Depuis la création 262 735
Publicité