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BRICH59

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24 avril 2007

La rhétorique de l'envers

Il est quand même formidable, ce petit homme hargneux et tendu qui se présente au suffrage "universel" : il a une façon de parler telle qu'il faut, pour comprendre la richesse de la réalité de son discours, inverser ce qu'il prétend dire. J'avais déjà relevé son goût immodéré pour l'oxymore, dès décembre dernier. Je ne m'étais pas trompé !

Sauf qu'il ajoute un cran : en décembre je notais comment il décrivait sa propre action, sa propre pensée par oxymore. Aujourd'hui, c'est la réalité tout court qu'il décrit sur ce mode. Par exemple quand il dénonce le "front commun des haines" que cherchent, selon lui, à constituer la gauche et l'extrême gauche contre sa personne à l'approche du second tour de l'élection présidentielle (Le Monde de ce soir). Moi je le trouve culotté de parler ainsi, lui qui lêche si goulûment les thématiques de F-Haine ! Au passage on remarquera qu'il focalise tout sur sa personne, ne mettant aucunement en cause (c'est-à-dire en débat) les idées qu'il avance - ce qui est très caractéristique des paranoïaques, maladie commune des tyrans...

Bref, il faut traduire le sarkozy, langage qui parle à l'envers du langage ordinaire, à l'envers du langage que vous et moi parlons au quotidien... Si nous ne voulons pas être les victimes abusées voire consentantes de la schizophrénie collective qu'il nous impose, il ne faut pas tarder à sous-titrer publiquement tous ses discours. Sinon, le rêve du petit homme hargneux et tendu qui se présente au suffrage "universel" va devenir le cauchemar des Français et des Autres.


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23 avril 2007

Le tyran et ses traitres...

Quand j'observe ce qui se passe aujourd'hui autour du petit homme hargneux et tendu qui risque fort d'être élu Président de la République française dans quinze jours, je ne peux pas chasser de mon esprit l'image toute platonicienne du tyran qui finit par mourir d'avoir peur de mourir, de craindre d'être tué par l'un de ses proches. Ce doit être dans La République... quand l'athénien nous propose une phénoménologie des régimes politiques... Regardez qui entoure le petit homme hargneux et tendu qui risque fort d'être élu Président de la République française dans quinze jours. Au hasard : Besson et de Robien.

Le premier n'est visiblement qu'un assoiffé de pouvoir, voire simplement de publicité. Il passe directement du staff du Parti Socialiste (où apparemment ses dents rayaient trop visiblement le parquet) au staff de l'UMP, parti antagoniste du Parti Socialiste. Mais que peut attendre Mr Sarkozy d'un tel traitre à la cause qu'il défendait bec et ongles il y a si peu ? Que peut attendre Mr Sarkozy d'un écrivaillon qui le vilipendait si durement il y a moins de six moins, avant de vilipender celle pour qui il pointait le bec et acérait les ongles... Mr Sarkozy n'a que faire de cela. Il est au dessus de ces détails. Comme le prince de Machiavel qui savait prendre la bonne distance et distinguer ce qui lui est utile un jour et dont il se débarrassera un autre jour.

Le second est la taupe sarkozienne au pays de Bayrou - qui fut son pays natal, son identité nationale à lui. Il passe son temps, après donc avoir trahi sa propre famille, à tenter de dévoyer ses frangins pour qu'ils trahissent comme lui. Un traite faiseur de traitres... Là aussi, que peut attendre le petit homme d'un traitre faiseur de traite, d'un traite exponentiellement traite ? Qu'il le trahisse un jour prochain ? Là aussi le seigneur UMP prend l'aide car elle lui est utile aujourd'hui pour asseoir son pouvoir personnel. Demain on verra...

Et ce ne sont pas les sarkoboys, tontons fingueurs de première catégorie qui rattraperont le coup ! Eux aussi demanderont leur part du gâteau que le petit homme entendra naturellement s'attribuer à lui seul... lui qui, il n'y a pas si longtemps, trahit le potentat...

Chez Platon, le tyran finit dans une immense solitude par étouffer de tant de crainte de trahison.


15 avril 2007

Les équilibristes...

_quilibristeJe viens du cirque Arlette Gruss, très provisoirement installé à Valenciennes. Même si je n'apprécie jamais vraiment les numéros où l'humain montre très ostensiblement qu'il a "dressé" l'animal, je dois avouer que j'ai été émerveillé par tant de grâce et de mouvement mêlés, par tant d'agilité mise au service du spectacle esthétiquement réglé.
Par exemple ce petit homme asiatique qui, au centre de la piste, a construit une colonne de chaises. Sur chaque nouvelle chaise hissée au sommet, il paradait avec lenteur, dessinant de son corps des figures inédites. La colonne a fini par être si grande que le petit homme avait l'air comme suspendu dans les airs, accroché aux étoiles par un invisible fil - que symbolisait le câble de sécurité relâché. Je le voyais suspendu, sachant pertinemment que, déjouant les lois de la pesanteur, le corps du petit homme était ancré dans le sol, même par l'intermédiaire d'une colonne de chaises. Indéfectible sentiment que ce que l'on voit ne correspond pas à la réalité. Inévitable sensation de vivre mais à l'envers ce que disait Pascal ("Le plus grand philosophe du monde sur une planche plus large qu’il ne faut, s’il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n’en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer." Extrait bien connu des Pensées).

solasc_014C'est comme hier soir à Chéreng, où nous (l'ensemble vocal Cœli et Terra) donnions un concert. La première pièce que nous avons chantée était cet étrange Miserere de Gregorio Allegri.
Quand je dis "étrange", je veux simplement faire état de ma perplexité devant cette pièce de la musique vaticane de la première moitié du XVIIe : musique entre psalmodie à une voix et polyphonie; musique entre prière et acoustique; musique du dedans, de l'intime, de la conversation privée avec Dieu, mais aussi musique sonnante, extravertie, construite sur un dialogue entre deux chœurs qui se répondent et répondent au psalmodiste.
L'une des étrangetés de cette pièce est la partie de superius dans le petit chœur (versets 3, 7, 11, 15 et 19). Il s'agit très précisément du moment où la verticalité de la psalmodie polyphonique se dérègle pour laisser progressivement la place à un court dialogue polyphonique où les voix se répondent, dans un calme toujours serein mais en dansant, en "bougeant", contre-temps à l'appui, comme dans une nervosité nouvelle mais contenue dans le carcan de l'ancestrale liturgie. Le deuxième évènement étrange de ces passages, c'est lorsqu'après un début de phrase en psalmodie polyphonique verticale, arrive ce contre-ut lancé dans le ciel, mais déjà là dans la céleste clarté, caressant les étoiles et se jouant du vent, imperturbablement immobile dans sa fine évidence, puis descendant, tel un planeur, pour venir se poser doucement au-dessus de nos têtes embellies...
Hier soir aussi j'ai ressenti ce jeu entre l'accroché dans le ciel et l'ancré dans le sol. Bien sûr que pour dessiner si parfaitement cette descente en suspension aérienne, Juliette (qui assurait le superius hier soir) était solidement planté dans le sol, y puisant toute la force nécessaire à l'émission de cette note si haute et si longue dans sa descente; bien sûr que la chanteuse a savamment mobilisé sa propre pesanteur pour chanter ainsi. Reste qu'à l'écoute, je ne pouvais pas ne pas m'avouer que j'entendais un son désolidarisée de la terre, pur élément céleste...
Juliette est comme le petit homme asiatique du cirque Arlette Gruss, une équilibriste.


9 avril 2007

"Kaléidophone" pour les Nocturnes du Palais des Beaux Arts de Lille

Imaginez un lieu long de 30 mètres, large de 20, et presque aussi haut…. Un rectangle magique, bordé d’œuvres d’art et tout imprégné des trésors contenus par les salles et les galeries qui l’enserrent… Espace scénique rêvé où tout semble possible….
Magnifique !
Dès lors, vous imaginez un concert en ce lieu.
Bach… Josquin….Impossible !
Impossible car la réverbération est démentiellement longue….
Certains vous diront :
- L’acoustique est très bonne !
(Mes collègues chefs de chœur apprécieront : ils ont tous vécu ces moments cruciaux où ils découvrent des lieux dont on leur a tant vanté l’acoustique… et qui se révèlent totalement impropres à la musique qu’ils s’apprêtent à interpréter.)
D’autres s’écrieront :
- Mais non, elle est affreuse !
Non, l’acoustique de l’atrium est mieux que belle,
et bien mieux qu’affreuse :
elle est exceptionnelle ! Et mérite qu’on écrive pour elle !
J’ai eu la chance qu’on me confie ce fabuleux projet : une création dans et pour l’atrium.
Kaléidophone est une œuvre de 35 minutes pour
solistes et chœur a cappella, alternant musiques écrites (originales pour la plupart, un seul arrangement de JS Bach), musiques improvisées sur un canevas écrit, ou improvisations presque totalement libres.
Comme son nom l’indique, ses huit mouvements sont construits
lille_beauxarts_facadeautour d’axes et de plans de symétrie :
-    Inquiétude
-    Calme trompeur 1
-    Calme trompeur 2
-    Contrariété
-    Adversité
-    Zum Friede 1
-    Zum Friede 2
-    Vers la paix

Ils s’enchaînent, partant du centre et retournant au centre, occupant tout l’espace, et même un peu au-delà, cajolant, creusant, sollicitant l’acoustique, ou la contournant, jouant d’elle depuis les plus tendres accents jusqu’aux agressions les plus sauvages...
Cœli et Terra est composé pour l’occasion d’un chef et de 20 chanteurs, dont 5 solistes.


Ces lignes de Maurice Bourbon présente l'œuvre qui sera donnée en création le 4 mai 2007, en deuxième partie du concert proposé par l'ensemble vocal Cœli et Terra. La première partie se déroulera dans une salle de peinture et vous permettra d'entendre cinq pièces chorales a cappella du plus beau baroque français et européen :

  • Panis angelicus d'Henry DU MONT le français né près de Liège (1610-1684)
  • Tristitia vestra du même
  • Ah! Morior! de Guillaume BOUZIGNAC le languedocien (né vers 1587, mort après 1643)
  • Da Jakob vollendet hatte de Johann Hermann SCHEIN l'allemand (1586-1630)
  • Magnificat de Domenico SCARLATTI l'italien (1685-1757)

Lille, Nocturnes du Palais des Beaux Arts, 4 mai 2007, 20h
visite libre de l'exposition Philippe de Champaigne à partir de 19heures
entrée : 10€ (tarif réduit : 5€)


6 avril 2007

Quand Sarkozy rencontre Sénèque...

SenecaMichel Onfray a publié aujourd'hui la suite du portrait de celui que certains surnomment Joe Dalton : c'est

L’hémisphère gauche d’un cerveau de droite.
Portrait de Nicolas Sarkozy. Acte 2.

Lors de la seconde rencontre Sarkozy/Onfray, Sénèque a été invité, par Onfray...
Moi, je trouve que Sénèque n'est pas très poli, à fuir le regard de l'autre comme il fait là ! Pourquoi donc ne veut-il pas voir ça ?


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5 avril 2007

Onfray portraitiste

onfrayÇa vaut vraiment le coup ! Allez lire Le cerveau d’un homme de droite. Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1 sur le blog de Michel Onfray.
Moi j'attends l'acte 2 avec impatience !


5 avril 2007

documentaliste ?!?

En voilà une bien bonne ! Moi qui, comme tous les documentalistes professionnels, me bats pour que la fonction que j'occupe soit reconnue à sa juste valeur, moi qui défends la nécessité de qualification reconnue pour les documentalistes, qu'est-ce que j'apprends ? Monsieur le candidat Bayrou, d'abord professeur agrégé de lettres classiques, mais surtout homme politique actif depuis longtemps, occupa, pour des raisons d'agenda politique, un poste de documentaliste dans un collège de son pays, poste qu'il n'honora pas, bien évidemment, d'une quelconque compétence à faire le travail qu'on y attendait... C'est Le Monde daté d'aujourd'hui qui rapporte ça.
Je trouve que Monsieur Bayrou n'est qu'un profiteur et qu'il a lâchement contribué au déni de valeur du métier de documentaliste!
Le pire, c'est que Nicolas Sarkozy s'est prononcé dimanche pour la suspension du "décret Robien" - du nom de son copain - qui allonge le temps de service de certains enseignants... Comme ça, si Monsieur Bayrou est dégoûté de la politique après son échec le 22 avril prochain, on pourra toujours le recaser sur un poste de professeur- documentaliste en décharge horaire, avec la bénédiction de Monsieur Robien...


4 avril 2007

Les pieds dans le Tapie !

Il ne manquait plus que lui ! Le flambeur de la politique spectacle qui, dans les années quatre-vingt, réussit à impressionner Mitterand, pourtant pas né de la dernière pluie..., l'homme des magouilles financières et des désastres humains, le... Décidément Sarkozy, que certains comparent à Joe Dalton, est un balais géant !
TapieFais le compte, fidèle lecteur : après Johnny Halliday, Michel Sardou, Doc Gynéco, Didier Barbelivien, Enrico Macias, Christian Clavier, Gérard Depardieu, Alain Delon, Jean Reno, Pascal Sevran, Roger Hanin, André Glucksman, Maurice Druon, Richard Virenque, Pierre Palmade, Daniel Prévost, Blogueur benet, André Santini, Gilles de Robien, Simone Veil (on se demande vraiment ce qu'elle fait là! une erreur de vieillesse sûrement!)...joe_dalton_gd_ voici le plus grand, le plus beau, le plus charmeur des gentlemans...
voici Bernard Tapie soi-même !

Il y va depuis que Borloo y est allé : il est vrai que Nanard connaît bien les personnalités valenciennoises !

Monsieur Tapie pense que la candidate socialiste "manque d'expérience"... Lui l'expérience, il l'a riche, trop riche : au soleil et à l'ombre, en sauveur et en perdant, en gagnant et en casseur, en socialo et en facho, en affronteur de Le Pen et en copain de Sarko... le Janus de la politique et de la finance !
Nanard veut se refaire une santé (pardon, je n'ai pas fait exprès!) publique. Pourvu que ça porte malchance à son nouveau pote !


29 mars 2007

ADBS : ça bouge en Nord-Picardie !

Ce matin s'est tenue l'assemblée régionale Nord-Picardie de l'ADBS, à l’Agence de développement et d’urbanisme de Lille Métropole (AIM).
C'est Jean-Paul Pinte, tout jeune docteur ès SIC, expert en veille informationnelle et auteur du blog Culture et veille informationnelle en éducation, qui a assuré l'ouverture sur le thème des flux RSS. Passionnant ! Quasiment toute la promo des DEUST STID 2ème année de l'UFR IDIST de Lille3 était là.

Puis la délégation régionale a proposé son bilan annuel d'activité, après quoi le résultat des élections ont été publiés : quatre nouvelles recrues, quatre jeunes femmes fraîchement diplômées du DEUST STID...

Enfin du sang neuf ! Que ces quatre volontaires soient les bienvenues parmi ceux qui se bougent pour que vive l'ADBS en région, c'est-à-dire pour que nos métiers soient reconnus le plus largement possible et à leur juste valeur !


27 mars 2007

il est libre... ! quoi ?

On nous la fait sous tous les airs possibles la rengaine du "ça y est, il est libre Nicolas...".

Le pauvre ! Pensez donc : il avait tellement de travail de ministre de l'ordre et de la sécurité et des cultes et de ..., qu'il pouvait à peine faire son travail de candidat de la continuité ultralibérale !
Le pauvre ! Pensez donc : il a tellement privilégié son rôle de second sinistre, comme aurait dit Coluche, qu'il en a sacrifié sa carrière perso-perso ! Il était temps qu'il donne du temps à son ambition perso-perso - qui ne coïncide pas du tout avec celle de la France, quoi qu'il dise !
Le pauvre ! Pensez donc : il en pourra plus utiliser ostensiblement les moyens de la République et de son gouvernement pour faire son travail de candidat de la continuité ultralibérale !

Le pauvre ! Vraiment, le pôôôôôvre !

Il va être obligé de se contenter de :

  • l'appui sans faille du Figaro et de la Socpresse (regardez donc la relation de l'épisode de  la garde à vue d’une directrice de maternelle par le Figaro et comparez-la à celle de tous les autres journaux !)
  • l'adoubement sans faille du gouvernement et du Président en place
  • l'aide (forcément discrète) des forces gouvernementales
  • l'appui financier, direct ou indirect, de ses amis les grands patrons
  • etc.

Dieu qu'il est dur d'être candidat de l'ultralibéralisme en France aujourd'hui !


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