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BRICH59

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11 février 2006

Zéro de conduite pour les enfants de trois ans

Je me permets de reproduire ci-dessous le texte de la pétition très sérieuses sur la question des "troubles de conduites chez l'enfant".


Pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans

Appel en réponse à l'expertise INSERM sur le trouble des conduites chez l'enfant

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Signer la pétition                                       Voir les signataires

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Appel à l'initiative des premiers signataires suivants : Dr Christine Bellas-Cabane (pédiatre, présidente du syndicat national des médecins de PMI), Dr François Bourdillon (président de la société française de santé publique), Dr Marie-Laure Cadart (médecin, anthropologue, syndicat national des médecins de PMI), Michèle Clément (secrétaire générale du syndicat national des psychologues), Dr Yvonne Coinçon (pédopsychiatre, association des psychiatres de secteur infanto-juvénile), Jean-François Cottes (psychologue clinicien, psychanalyste, InterCoPsychos, Institut de Jeunes Sourds de Clermont-Ferrand), Pr Boris Cyrulnik (neuropsychiatre et éthologue), Pr Pierre Delion (chef de service de pédopsychiatrie au CHU de Lille), Danièle Delouvin (psychologue, présidente d'A.NA.PSY.p.e. - association nationale des psychologues pour la petite enfance), Dr Michel Dugnat (pédopsychiatre, unité parents-bébés hôpital de Montfavet), Dr Marie-Thérèse Fritz (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI), Sylviane Giampino (psychanalyste, psychologue petite enfance, fondatrice d'A.NA.PSY.p.e.), Pr Bernard Golse (chef de service de pédopsychiatrie CHU Necker-enfants malades, professeur Université Paris V), Pr Roland Gori (psychanalyste, professeur d'université), Pr Catherine Graindorge (chef de service de pédopsychiatrie Fondation Vallée, professeur Université Paris XI), Pr Philippe Gutton (pédopsychiatre, professeur des universités), Alberto Konicheckis (maître de conférences en psychologie clinique, Université de Provence), Dr Evelyne Lenoble (pédopsychiatre, hôpital Sainte-Anne), Pr Roger Misès (professeur émérite de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Université Paris XI), Pr Martine Myquel (présidente de la société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et des disciplines associées), Gérard Neyrand (professeur de sociologie Université Toulouse III), Dr Pierre Paresys (Union syndicale de la psychiatrie), Danielle Rapoport (psychologue clinicienne, association Bien-traitance formation), Dr Pierre Staël (président du syndicat des psychiatres français), Dr Pierre Suesser (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI).

Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l'enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l'INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l'enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.

Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d'héritabilité (génétique] du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?

Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d'enfant risquent d'être interprétés comme l'expression d'une personnalité pathologique qu'il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans, l'administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants. L'application de ces recommandations n'engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n'induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l'encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L'expertise de l'INSERM, en médicalisant à l'extrême des phénomènes d'ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.

En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d'opposition inhérente au développement psychique de l'enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l'abord du développement singulier de l'être humain est nié et la pensée soignante robotisée.

Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d'une palette thérapeutique la plus variée.

Pour autant, tous les enfants n'en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.

Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l'« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) [va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d'instrumen- talisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d'ordre public. Le risque de dérive est patent : la détection systématique d'enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d'endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d'accueil ou d'éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept-même de prévention.

Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l'enfance, de l'éducation, etc. :

  • Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.

  • Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.

  • Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif. vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.

  • Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice.) et quant aux interrelations entre ces acteurs.


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10 février 2006

49.3

"La bataille du CPE repart de plus belle: Villepin utilise le 49.3" titrait une dépêche de TV5 Info hier soir (09/02/2006 21h06 GMT).
Et si, pour finir, ce devait être  :

"Villepin utilise le 49.3: la bataille du CPE repart de plus belle" ?


9 février 2006

OGM & OMC

02_03_____omc_On ne m'enlevera pas de l'idée que les OGM n'existent que pour une histoire de gros sous... une histoire de business... une histoire de commerce ! Sinon, je ne vois pas pourquoi l'OMC aurait condamné les pays de l'Union Européenne qui ne veulent pas en importer.
Lisez le NouvelObs en ligne pour connaître les arguments des uns et des autres. Par exemple celui du représentant américain pour le Commerce, Rob Portman, pour qui la question des OGM est bien du ressort de l'OMC et qui fait la promotion de la biotechnologie, "technologie sûre et bénéfique qui améliore la sécurité alimentaire et aide à réduire la pauvreté dans le monde" - car, c'est bien connu, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté sur la planète sont les deux préoccupations majeures des États-Unis... Ils le prouvent tous les jours que Dieu fait, comme dirait dobeuliou.

Bref, les OGM sont d'abord une histoire de pognon. Mieux : les OGM sont à l'image de l'ultralibéralisme ambiant. Cela mérite attention.

Les OGM, c'est comme le libéralisme : ça contamine par nécessité. Ou, si vous préférez, ça ne peut pas ne pas contaminer. Il suffit qu'un agriculteur cultive des OGM pour nécessairement contaminer les cultures alentour. Une fois qu'on a laissé pousser une seule fois des OGM, on ne peut plus arrêter la prolifération. C'est comme un virus, c'est comme le nucléaire militaire. C'est comme la violence, etc.
ogmC'est comme tout ce qui, par sa simple existence, annihile toute alternative et donne le sentiment d'être "naturel".
C'est tout ce qui, par sa simple existence, s'insti- tue règle du jeu, seule règle possible, exclusive règle.
C'est comme le libéra- lisme, renforcé dans sa prétention de nécessité sans aternative par l'ef- fondrement des régimes communistes. Staline et Mao, je vous hais !

Bref ! Quand on comptera les dégats provoqués par la contamination massive aux OGM, on finira par dire que c'est comme ça et qu'on y peut rien. La planète aura oublié que certains s'en étaient mis ras des fouilles pour faire éclore ainsi une si belle nécessité.


9 février 2006

Hue, Culture ! Oh, Sarkozus

La semaine dernière, Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio, a parlé culture.
Pas culture de la haine et du Kärcher ! Culture, tout simplement !
Et sous le boisseau d'un projet populaire, s'il vous plaît !
Et pour sonner "l'heure du nouveau souffle" !

C'est du moins ce qu'il a dit, ce bon Sarkozus Collusionis Rex, mardi 24 janvier 2006 au théâtre du Palais-Royal. Quand même ! Philippe Ridet en rend compte dans Le Monde (daté du 26 janvier) :

lemonde_060126

Quand on lit le texte du discours prononcé par Sarkozus Collusionis Rex, on voit par exemple que Renaud Donnedieu de Vabres est cité non en tant que ministre mais pour "sa passion et son engagement"... pour la culture ? peut-être ! pour Sarkozus Collusionis Rex, sûrement !

Après quoi le rhétorique politicienne bat son plein... C'est-à-dire que c'est creux mais que tout le vocabulaire est là : pensée unique (rejetée bien sûr), nécessité d'augmenter le budget de la culture, démocratisation de l'accès à la culture, etc.

Sauf quand vient le moment de montrer qu'on est un homme politique, un vrai, un homme politique enraciné dans vie, la vraie, c'est-à-dire la vie libérale, celle qui financiarise tout ce qu'elle touche : "Paris n'est plus la capitale internationale de l'art comme elle l'était du temps de Chagall, Picasso, Kandinsky ou Miró. L'année dernière, 38% du chiffre d'affaires du marché de l'art a été réalisé à Londres contre 5,7% à Paris. Pourtant, les talents existent." Bon ! Si le talent se mesure à l'aune du marché, alors, comme chanteurs ou compositeurs ou acteurs, mes copains ne valent même pas un chapelet de pêts de nonne ! Tous ces gens, autour de moi, qui vivent - qui vivent vraiment et mal - de la création et de la production culturelle... Si le talent se mesure à l'aune du marché, alors TF1 est en situation de "mieux disant culturel" par rapport à Arte, par exemple. Et Jean-Michel Jarre par rapport à un Pascal Dusapin ou un Nicolas Bacri voire un Olivier Messiaen... Il est vrai que le talent fut d'abord une monnaie. Mais c'était il y a longtemps ! C'était au temps du regretté Caius Maecenas, ce ministre de l'empereur Auguste, qui se servait de son crédit pour encourager et protéger artistes et poètes... 

Bref, comme dit notre homme (Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio pas Caius Maecenus !) : "Cessons de croire qu'en matière culturelle, les déclarations d'intention suffisent" !
Et en matière politique ?


8 février 2006

L'ActIonaute de février

l'ActIonaute ©Amnesty International               Février2006

 mensuel d'information et d'action du site Internet d'Amnesty-France

est paru. Si vous n'y êtes pas abonné, vous pouvez le lire à

http://v2.lkmgr.com/1136800002331307/1139241947358104


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6 février 2006

Au secours, l'horizon s'obscurcit !

Ce soir au JT, on a eu droit à plusieurs formes d'obscurantisme. Je n'en retiendrai que deux : obscurantisme économique et obscurantisme religieux - qui, à bien regarder, ne sont pas si différents que cela.

obscurantismeccD'abord la promotion des jeux d'argent avec l'exhibition du gagnant de quelque 61 millions et l'encouragement de quelques millions d'imbéciles à balancer le peu de fric qu'ils gagnent péniblement dans les poches du plus grand marchand-truand légalisé de rêve, je veux dire l'État, via "La Française des Jeux" (si je suis bien renseigné, l'État est actionnaire majoritaire de la Française des Jeux, qui bénéficie d'un statut de monopole assuré par la Loi)...
Les pauvres, on - les services sociaux, par exemple - leur donne des leçons de bonne gestion budgétaire pour leur apprendre à gérer leur pauvreté et dans le même temps on - La Française des Jeux = l'État + quelques autres actionnaires - les incite à croire qu'ils pourront être riches s'ils ont la chance d'acheter le bon billet de loterie ou la bonne carte à gratter. On les invite à imaginer qu'ils seront riches s'ils ont de la chance alors que les riches sont riches, eux, parce qu'ils l'ont mérité ! Ce n'est pas dit comme ça, mais ça se subodore ainsi... Toujours cette culpabilisation a priori des gens d'en bas... on n'en sortira jamais de cet obscurantisme-ci !

Ensuite ces images du grand retour de l'obscurantisme religieuxcroisades

  • où la violence symbolique fournit les arguments de la manipulation des foules - qui deviennent du coup physiquement violentes contre l'Autre, s'attaquant matériellement aux symboles de cet Autre, présenté comme l'incarnation de Satan...

  • où la maltraitance physique, écono- mique et psychologique d'une popu- lation entière, pour des prétendues raisons de protection contre le terrorisme, conduit à l'exacerbation des forces terrorisantes de cette population qui n'aspire au fond d'elle-même qu'à la paix mais chez elle...

  • manusdominioù la volonté de puissance économi- que conduit à d'in- justes et cruelles croisades pour quel que Dieu que ce soit et en quel que siècle que cela advienne... Toujours cette ma- nipulation sans ver- gogne des gens d'en bas... on n'en sortira jamais de cet obscurantisme-là !

t_9782869596894Et si on relisait tous ce bon Érasme ?

Sa plainte de la paix date un peu ?
Il est vrai qu'on ne saurait le suivre jusque dans son antisémitisme d'un autre siècle.
Mais pour le reste, la plainte est d'aujourd'hui et nous ne l'entendrons jamais assez.


5 février 2006

La Ligue ODEBI publie un communiqué

Le 3 février 2006

Considérant la transparence comme une condition nécessaire au débat démocratique, la Ligue ODEBI a décidé de publier le point d'étape du ministère de la culture.

dadvsi_060131La Ligue dénonce ce document, qui démontre - si besoin était - l'allégeance du ministère de Donnedieu aux lobbies des industries culturelles. La Ligue dénonce quelques points particuliers, notamment la non prise en compte par le ministre des décisions de justice ainsi que la tactique systématique de désinformation publique sur ce dossier.

Pour finir les internautes en ont assez de recevoir des "leçons" d'un ministère qui est de connivence avec les industries culturelles, d'un rapporteur condamné pour avoir tenu des propos homophobes, et d'un ministre condamné pour blanchiment.
La Ligue demande le retrait de l'urgence, la prise en compte des intérêts des électeurs, et la démission du ministre Donnedieu.

Pour lire le document du ministère, cliquez sur l'image de ce message.


4 février 2006

Égalité distinguée

lilleplus060202


Intéressantes, ces photos de la nouvelle préfète pour l'égalité des chances du Nord ! Non ?

Elles proviennent des éditions du 2 février de Lille Plus (Voix du Nord), ci-dessus, et de 20 Minutes (éd.Lille), ci-dessous.

Intéressantes, parce qu'on nous présente une personne chargée de lutter contre les discriminations en habits d'apparat, c'est-à-dire dans le costume qui marque le mieux sa distinction...

En tout cas, bienvenue à Madame Klein !

20__060202


3 février 2006

auto-hétéro

novalis_romantisePour mes amis et anciennes connaissances qui travaillent au développement de la recherche sur l'autoformation, juste une citation de Novalis dont je viens de terminer les notes publiées en français sous le titre Le monde doit être romantisé :

La sollicitation extérieure
n'est qu'un manque d'auto-hétérogénéisation
et de contact avec soi-même.!!!!!

['Sollicitation' est en français dans le texte. Le reste de la phrase est traduit de l'allemand (Olivier Schefer, aux éditions Allia)]


1 février 2006

Journée parisienne

Aujourd'hui, je suis allé à la capitale ! On m'avait invité à une journée de travail à la Grande Bibliothèque, la BNF...
Quand je prends le train ainsi de bon matin, je m'offre une édition papier de Libération.
logo_liberation1Bien m'en a pris : à cause de Libé j'ai deux fois maudit l'Europe (ultra)libérale ! D'abord en lisant le courrier d'une lectrice parisienne, Monique Haas, au sujet des OGM ; puis au sujet de l'injonction européenne de laisser les équipes de foot tricolores se prostituer sur le marché  boursier. Bon je sais, quand on regarde bien, elles ne sont pas vraiment tricolore, les équipes de foot qui pourraient se vendre ainsi. Et puis, moi le foot, franchement, je m'en ... moque, ça ne m'intéresse pas vraiment. Mais c'est une question de principe : je déteste ce vent totalitaire de totale financiarisation.
La journée commençait bien mal !

bnfArrivé à la BNF, j'ai eu le plaisir d'entrendre Jean-Noël Jeanneney, "croisé de la bibliothèque numérique européenne" (comme disait le journal Les échos il n'y a pas si longtemps), entretenir un parterre de documentalistes du projet de ... bibliothèque numérique européenne. Je vous le dis : Google n'a qu'à bien se tenir ! Non, sans blague, c'était passionnant à écouter. Voilà (enfin !) quelqu'un qui parle bien, dans un français correct ! Et le sujet est tout de même fort intéressant ; ça fait rêver les amoureux du patrimoine culturel dans mon genre. À suivre donc...
Dans l'assistance, j'ai retrouvé une vieille connaissance. J'aime bien les retrouvailles !
L'après-midi, je ne suis pas resté jusqu'au bout : c'était intéressant (quel savoir pour les documentalistes nouveaux...), mais quand l'un des intervenants nous a lu consciencieusement son papier, j'ai craqué. En silence. Je me suis esquivé.

Comme j'avais un peu plus de temps devant moi avant de monter dans le TGV lillois, et comme il ne faisait pas mauvais, je me suis mis à longer la Seine en direction du quartier latin. gervais2Super, ça faisait longtemps que je n'avais pas marché dans Paris, moi qui suis parisien et qui ai toujours aimé parcourir cette belle et grande ville avec mes petites jambes ! De plus cette balade-là est très sympathique, malgré les quelques endroits bizarres où il faut enjamber des barrières, ou traverser des habitations de (mauvaise) fortune. De l'autre côté du fleuve, j'ai vu Saint-Gervais, église gothique à la façade baroque, dont l'orgue de choeur a "chanté" sous mes doigts et mes pieds il y a maintenant environ trente-cinq ans, au temps de mon apprentissage organistique... Quand je suis arrivé à la hauteur de l'Institut du Monde Arabe, le soleil illuminait discrètement Notre-Dame, immobile pieuvre de pierre comme arrimée à son navire millénaire ; la lumière donnait au flanc de la bête un flamboiement retenu, mettant en relief les motifs respirant sous la peau de calcaire...

baudelaire_par_nadar1Je ne sais plus pourquoi, mais arrivé à la hauteur de l'édifice, je suis remonté vers les bouquinistes. Mal m'en a pris : je n'ai pas résisté, lorsque qu'un titre m'a fait de l'oeil. Il s'agissait d'un bouquin que je ne connaissais pas, mais qui concerne ce grand poète de génie que fut Baudelaire : Les dernières années de Baudelaire - 1861-1867, d'un certain Lucien Aressy (éditions Jouve, 1947). J'ai découvert le poète lorsque j'avais seize ans et nous ne nous sommes plus vraiment quitté depuis. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours une pensée émue pour ce dandy désargenté à la plume si fascinante.
perec1Tout près de ce bouquin trônait l'édition originale de La vie mode d'emploi, de Georges Perec - à qui l'ADBS a su rendre hommage en lui dédiant l'une de ses salles de travail rue Tillier. Là non plus je n'ai pas résisté au plaisir de relire ce Perec en édition princeps... Ce faisant j'ai contrevenu à la sacrosainte règle que je m'étais fixée et qui consiste à ne pas acheter de bouquins avant d'avoir fini de lire ceux qu'on a précédemment achetés. Près de mon chevet, attendent ainsi, dans le désordre : La tyrannie de la réalité de Mona Chollet, le Parménide de Barbara Cassin, Écoute. Une histoire de nos oreilles de Peter Szendy, Bach, dernière fugue d'Armand Farrachi, le Derrida de Marc Goldschmit, La plasticité au soir de l'écriture de Catherine Malabou, l'ancienne Psychanalyse du marxisme de Niel, L'altération musicale de Bernard Sève, le Foucault de Deleuze, Requiem pour une avant-garde de Benoît Duteurtre et Le temps musical de Christian Accaoui...

Si au moins j'étais insomniaque !


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