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BRICH59

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22 mars 2006

Légalité et légitimité

lemonde060322Selon le patron des députés UMP, il faut tenir, rapporte Le Monde daté d'aujourd'hui.
L'argument suprême est le suivant :

La rue ne peut pas aller contre la loi.

Voici donc la relève intellectuellement musclée et philosophiquement étayée du fameux "j'entends aussi ceux qui ne sont pas dans la rue" - qui avait l'inconvénient de metter l'accent sur d'éventuels problèmes d'audition du gouvernement...

Je me souviens encore de mon bon prof de philosophie en terminale au Lycée Henri Bergson (Paris, XIXe) - c'était en 1971/72, hier ! C'était Monsieur Rodier, petit-fils de Georges (auteur du recueil d'études de philosophie grecque de 1926), rédacteur occasionnel d'article pour ce journal qui berça mes années lycée-fac, je veux parler de Combat,  un superprof qui n'était pas loin de la retraite et qui a dû rejoindre le panthéon des professeurs philosophes depuis... C'est lui qui m'a appris cette incomparable qualité intellectuelle qui permet de toujours mettre en cause, de sans cesse questionner les certitudes les plus établies...

Je me souviens d'une discussion notamment où il nous avait magistralement fait comprendre qu'il pouvait y avoir un fossé, voire un conflit entre le légal et le légitime, que le légal pouvait très bien être complétement illégitime, etc.

Dommage que Monsieur Accoyer n'ait pas connu mon prof de philo ! Il ne dirait pas que le peuple rassemblé dans la rue ne peut contester ce que le corps législatif a établi dans l'enceinte trop étanche des cabinets de groupes parlementaires qui ne doivent leur place qu'au refus citoyen du fascisme à la française.
Dommage que Monsieur Accoyer n'ait pas connu mon prof de philo ! Il ne proférerait pas de telles inepsies !


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21 mars 2006

La majorité silencieuse et les apolitiques de droite...

Lue dans l'AEF, une dépêche publiée hier comme pour faire suite à mon petit mot d'avant-hier sur la majorité silencieuse. Je ne savais pas ce petit blog si lu ! Elle a si bien compris mon message, la MS (=majorité silencieuse), qu'elle refuse de s'exprimer !
Voici le début de ladite dépêche :

aef4Mobilisation anti-CPE : les "antiblocages" ne veulent pas s'exprimer sur le CPE.
700 étudiants selon la police, 1 000 selon les organisateurs, ont organisé un sit-in place de l'Hôtel de ville à Paris hier dimanche 19 mars 2006 en début d'après-midi, pour protester contre le blocage des universités. Leur banderole "ni politisés, ni syndiqués", "stop blocage, face au suffrage" revendique l'absence d'appartenance politique. Dans la foule pourtant, dominée par le bruit des cors de chasse, des tracts de l'UNI circulent.


Bon ! Commentaires à la volée :

  • La MS prétend vouloir rester silencieuse, mais elle a quand même des banderoles et publie un communiqué : je trouve que la MS joue sur les mots !

  • Quand on lit tout ça, on est édifié : voilà donc des gens, des jeunes sans idée pour leur propre avenir, ou plutôt ne trouvant de place pour leurs idées dans aucun parti politique, dans aucun syndicat... Voici ce que dit la communiqué de la MS : Nous avons choisi de ne pas nous prononcer sur le sujet du CPE car nous avons tous des opinions différentes et ce qui nous fédère, c’est notre opposition aux blocages des facs. Pourquoi pas ! Ils sont libres, ces jeunes, et le cri primal de la liberté, c'est "NON!". Alors pourquoi ne dirait-elle pas NON! aux bloqueurs de facs, la MS !

  • Qu'elle veuille être le jouet de l'Europe ultralibérale, la MS, ça la regarde, après tout ! Le problème c'est qu'elle entraîne dans son acceptation silencieuse, du coup, même ceux qui refusent d'être engloutis dans la machine à broyer les vies humaines...

  • Quelle dise être composée de jeunes "sans couleur politique et non syndiqués" (autre extrait du communiqué de la MS), c'est son droit, à la MS ! Le problème c'est qu'elle ment, la MS : l'UNI est derrière tout ce foin ! Quand j'étais jeune, on appelait ça l'apolitisme de droite, voire - quand on était méchant - la mauvaise foi des fachos...

droopy_01Décidément, la majorité silencieuse ferait bien de rester silencieuse !

Et sans jouer sur les mots !


20 mars 2006

Bertrand SCHWARTZ à l'honneur

Mon ami Serge y était... Il raconte

Le 6 mars à la Maison de l’Europe, à Paris, s’est tenu un hommage à la vie et l’œuvre de Bertrand Schwartz à l’occasion de la parution de 3 publications:

  • Un livre de Louise Lambrichs aux éditions Philippe Rey: L’invention sociale. A l’écoute de Bertrand Schwartz

  • Un coffret multimédia CD+DVD réalisé par Geneviève Auroi-Jaggi et produit par l’Université de Genève et la Télévision Suisse Romande :

    • le CD interactif intitulé L’œuvre de B.Schwartz : ses archives présente des documents inédits, des photos, textes, rapports, interviews, entretiens, conférences et enregistrements ainsi que des articles de presse qui témoignent des actions et des engagements de Bertrand de 1950 à nos jours.

    • le DVD Les grands entretiens : Bertrand Schwartz présente un entretien télévisé de 42 minutes où Bertrand livre le fruit de 40 ans d’actions et de réflexion.

  • Enfin, la revue Pour n° 189 - mars 2006 consacre son dossier à Bertrand sous le titre: "Construire une pensée collective pour l’action".

cd_bs_01_zoomBref, trois documents qui devraient avoir une place de choix dans les centres de documentation de la com- munauté éducative. Ne pre- nez pas tout ça pour un hommage posthume antici- pé. Pour les auteurs, le nombreux public assistant à la manifestation, ceux qui ont côtoyé ou côtoient encore Bertrand, il s’agit d’une étape, d’une somme de ressources enfin rassemblées pour nourrir l’action de ceux qui pensent que l’exclusion n’est pas une fatalité et que des moyens efficaces existent pour la combattre.
Nous avons très probablement l’occasion d‘avoir à Lille, en juin, une manifestation similaire à celle de Paris. Si tel est le cas, ne la manquez surtout pas.


19 mars 2006

Majorité silencieuse et otages

Mercredi vers midi, une dépêche de l'AEF attire mon regard sur mon écran d'ordinateur. Extrait :

aef2Blocage des universités: le "collectif des étudiants bâillonnés" lance un blog pour "la majorité silencieuse"
Un "
collectif des étudiants bâillonnés" s'opposant aux blocages des universités, dans le cadre des mobilisations contre le CPE (contrat première embauche), lance un blog (etudiantsbaillonnes.blogspot.com/), "celui de la majorité silencieuse" qui défend "la liberté d'étudier".
Le collectif dénonce "
des caricatures d'assemblée générale [qui] reconduisent grèves et blocages dans des votes à mains levées" ainsi que "l'intimidation et les insultes [qui] sont les seuls arguments qu'on nous présente pour nous empêcher d'étudier". "Nous voulons que la démocratie soit respectée", ajoute-t-il.
Le blog "
a pour objectif de rassembler les réflexions d'étudiants pris en otage, de faire état des dégradations commises et des violences" subies. "Faisons en sorte que notre voix soit entendue et que des étudiants, les médias n'aient pas seulement l'image de ceux qui veulent refaire leur petit mai 68 pathétique."

moutons_dans_un_cheminAh ! Majorité silencieuse !
Voilà une de ces expressions qui me ravissent !
Voilà une de ces expressions comme je les aiment : aussi vides qu'il est possible !
Voilà une de ces expressions-interlope, d'autant plus interlope qu'elles sont creuses, c'est-à-dire propices à la cachette, et qui, du coup, fleurissent dans la logorrhée politique...

Parce que je pose la question : c'est quoi la majorité silencieuse ? C'est qui ?
Tous ces Français, fort nombreux et majoritaires dans le pays, qui, entre 1939 et 1945, par ce fameux pragmatisme si cher à notre gouvernement, ont "pactisés" avec l'occupant, ont accepté slien- cieusement le joug, voire ont "collaboré" (cf. la floraison des lettres anonymes de dénonciation pendant ces années troubles de notre histoire) ?
jp_serrier_moutonsdepanurgeTous ces allemands, fort majo- ritaires également, qui, au début des années trente, ont laissé s'installer l'une des dictatures les plus meurtrières de l'histoire européenne ? Etc.
La liste est longue des situations où le silence de la majorité est condamnable, où la majorité est coupable de se tenir dans le si- lence - coupable a posteriori, étant donné les conséquences de son silence, mais coupable a priori, étant donné les motivations de son silence...

En tout cas, sur ce sujet, je n'ai qu'une réplique et une seule :

Que celui qui parle au nom de la majorité silencieuse se taise, car, s'il parle en son nom, il la rend bavarde et elle n'existe plus !
Celui qui prétend parler au nom de la majorité silencieuse
tue la majorité silencieuse !

En fait, la majorité silencieuse est de l'ordre du désir (dont la mort répond à l'assouvissement), désir de celui qui veut prendre le pouvoir, désir de tyran...

Et puis, après l'expression majorité silencieuse, il y a un mot qui me chatouille l'oreille interne quand il est proféré sur la place publique, c'est celui d'otage.
Chaque fois qu'un mouvement social perturbe le fonctionnement bourgeois de la société, il est des membres de la majorité laborieuse qui viennent devant les micros médiatiseurs se plaindre d'être pris en otages...
Mon Dieu, pardonne leur, il ne savent pas ce qu'ils disent ! Ils ne savent pas qu'ils sont les otages de l'ultralibéralisme dévastateur et tyrannique. Ils ne le voient pas parce qu'ils sont nés comme ça et qu'ils sont otages du capital jusqu'au cou et jusque dans leur tendance à l'auto- destruction intellectuelle...


18 mars 2006

Dialogue croissant ?

"Le dialogue n’est jamais rompu, surtout avec la jeunesse", déclare Gilles de Robien.

aef3Ah bon ? Tiens ! Je croyais que... bon on se remémore ce qu'a dit Monsieur le Ministre jeudi 16 mars 2006, lors de l'émission "À vous de juger" sur France 2 (je cite l'AEF) :

  • Ceux qui manifestent contre le CPE ne sont pas concernés. le CPE n'est pas destiné aux étudiants qui détiennent un bac+5 mais aux "450.000 à 500.000 jeunes de moins de 26 ans qui sont aujourd'hui au chômage".

  • Gilles de Robien propose  aux organisations lycéennes, étudiantes et syndicales de "laisser les armes au vestiaire" et de "mettre [leur] amour propre de côté" pour discuter sur "cette période initiale de deux ans qui fait problème" dans le CPE.

  • "Le CPE ne remplace pas les autres contrats et les autres idées". "Ce n'est pas une solution miraculeuse pour tout". Ce nouveau contrat ne "supprime pas le CDI, c'est quelque chose en plus à la disposition des partenaires".

On ne va pas reprendre point par point ces quelques extraits du discours ministériel. Ce serait désobligeant pour l'autorité !
Si ! Juste un point : constester aux étudiants la légitimité de manifester contre le CPE est tout de même assez fort de café ! En ces temps où l'on se plaint, à juste titre, de la non implication des jeunes dans la vie politique du pays, il est assez peu pédagogique dirons-nous, de la part d'un Ministre de l'Éducation (Nationale qui plus est !), de contester aux jeunes de n'être pas d'accord avec l'ultralibéralisation du pays et la casse du droit du travail organisé par le gouvernement. TOUT CITOYEN EST LÉGITIME À CONTESTER LE TRAVAIL DE LA CLASSE POLITIQUE. Et ce n'est pas parce que cette chère majorité silencieuse (on en reparle demain de la majorité silencieuse !) a porté au pouvoir (activement mais surtout passivement) une droite ultralibérale, que les citoyens ne peuvent pas refuser et faire savoir haut et fort qu'ils refusent qu'on brade leurs propres vies à l'encan d'une économie qui n'est après tout que l'inépuisable réservoir à fric d'une minuscule partie de la société française.

Que cette partie de la société fasse tout (mensonge, lobbying, violence, manœuvres financières, etc.) pour garantir l'inépuisabilité de son réservoir à fric, c'est une chose. Mais que les gardiens de la citoyenneté que devraient être les corps exécutif et législatif de la Nation dénient aux citoyens le droit d'exprimer leur désaccord, c'en est une autre.

Ce n'est pas parce qu'on conteste à une minuscule frange de la société le pouvoir d'asservir le reste de la société qu'on doit être traité de monstrueuse fange de ladite société ! J'ai entendu hier matin (France Inter) le Président de l'Assemblée Nationale parler de chienlit et autres termes gaulliens choisis - qui montrent tout le mépris de la haute société politique pour le débat populaire...

Ce qui est sûr c'est que le gouvernement prend les gens pour des cons et des imbéciles ! Ce n'est pas "cette période initiale de deux ans qui fait problème" dans le CPE ! C'est le CPE lui-même, en tant que coup porté au droit du travail et qu'arme offerte au patronat pour asservir toujours mieux la force de travail ! Dire que "le CPE ne remplace pas les autres contrats et les autres idées", dire que ce nouveau contrat ne "supprime pas le CDI" et que c'est "quelque chose en plus à la disposition des partenaires", c'est mentir effrontément : il ne faut pas réfléchir longtemps pour être convaincu que cette aubaine législative pour le patronat ne va pas manquer de provoquer la gangrène finale du droit du travail et de la protection des droits sociaux les plus élémentaires dans une République qui se dit mère des Droits de l'Homme et du Citoyen !

Cette histoire me rappelle irrémédiablement Fernand Reynaud et ses "deux croissants" :

  • la foule crie "Nous ne voulons pas du CPE !"

  • le gouvernement répond "nous sommes d'accord pour ouvrir le dialogue qui permettra de vous satisfaire : nous allons aménager ensemble, dans un souci d'écoute mutuelle, le... CPE"

  • la foule crie encore une fois "Nous ne voulons pas du CPE !"

  • le gouvernement ... etc.

lalibrebelgiqueComme disent si bien nos voisins belges (La libre Belgique d'hier, vendredi 17 mars 2006), "pro et anti-CPE continuent à se regarder en chiens de faïence".
Espérons seulement que, cet après-midi, nous serons nombreux à montrer PACIFIQUEMENT que nous ne sommes pas d'accord avec la vie que le gouvernement et le patronat veulent nous faire ! Les CRS peuvent "laisser les armes au vestiaire"...


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17 mars 2006

Lillois, n'oubliez pas la manif demain à 15 h., Porte de Paris !

anpe


16 mars 2006

Juliette KAPLA à Lille demain

jk

Juliette KAPLA sera à Lille (59), demain 17 mars, au Théâtre de la Verrière, vers 21h30, dans la soirée d’Amnesty International

Violences contre les femmes :

une galère internationale


15 mars 2006

Il y a 70 ans, il y a 50 ans... vous avez dit "progrès" ?

istDe la loi du 23 avril 1919 instaurant la journée de huit heures jusqu’à la loi du 31 mars 2005 sur le compte épargne temps, l’histoire de la réduction du temps de travail est jalonnée d’étapes importantes. La mise en place des congés payés en juin 1936, il y a soixante dix ans, a marqué les esprits. Le passage à la troisième semaine de congés payés mérite aussi d’être racontée. C’était il y a cinquante ans, en mars 1956...

Tel est le chapeau d'un article publié vendredi dernier (10 mars 2006) par l'Institut Supérieur du travail.

Lisant cet excellent document, je ne peux m'empêcher de penser à la tête de nos ultralibéraux en scène aujourd'hui devant cette déferlante de la quête de qualité de vie des travailleurs...

Plus sérieusement, je me dis que, là, il y a authentique progrès.

  • Non pas ce progrès-interlope qui parsème la rhétorique de tous ces détricoteurs du droit social, notamment du droit du travail !
  • Non pas ce progrès-slogan qui pourrit de l'intérieur la rhétorique des vendeurs de soupe et de sommeil !
  • Non pas ce progrès-fatalité qui envahit trop facilement la conscience populaire !
  • Non pas ce progrès-théologie que pointait Duvignaud !

Non ! Un vrai progrès, une lame de fond, un souffle qui vient de la profondeur du respect de l'humain et pas de cette injonction faite à l'homme de n'être qu'un homo economicus, de se comporter comme un froid calculateur où tout se compte en valeurs financières, même quand on n'a pas le sou et qu'on est économiquement à la merci du premier possédant venu...

C'est un vrai progrès, et c'est bien pour ça qu'ils essayent par tous les moyens de revenir sur ces avancées humaines (et pas seulement sociales !) !


14 mars 2006

Dégâts de sécurité

Le rectorat de Paris chiffre entre 500.000 et un million d'euros les dégâts causés par l'occupation et l'évacuation policière de la Sorbonne dans la nuit de vendredi 10 à samedi 11 mars 2006, a-t-il indiqué à L'AEF aujourd'hui, mardi 14 mars 2006, après constat d'huissiers. Le rectorat a porté plainte.

44J'espère seulement qu'on arrivera à distinguer entre les éventuels dégâts causés par les étudiants de ceux que l'intervention violente de la police a fatalement produits.

Car la matraque, ça casse. C'est même fait pour ça... On a les outils de communication et de dialogue qu'on peut !

Alors que des étudiants ça occupe. C'est tout. Juste pour discuter de leur propre avenir. Les étudiants ça occupent. Même que ça occupe la police...

À parier qu'on va faire une cote mal taillée propice à accabler nos étudiants !


14 mars 2006

Amnesty Lille Ouest fait son bal folk

Comme tous les ans...

balfolk


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