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BRICH59
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sarkozy
10 octobre 2009

HADOPI à l'Elysée

Question : qui donc a écrit, en août dernier, que

  • Plus que tout autre débat sur la planète, c'est le cas Hadopi qui pose aujourd'hui les questions auxquelles nos sociétés devront répondre demain sur le terrain de la démocratie.

  • Aucune solution technologique ne peut vraiment mettre fin à la copie.

  • L'enjeu est de s'assurer que la vaste diffusion [d'un message, d'une œuvre...] n'étouffe jamais le lien qui l'unit à chacun de ses destinataires. Que la reconnaissance de la source soit partie intégrante de la construction du sens.

  • Notre société doit reconnaître la dette que nous avons tous envers celui qui a la générosité de partager avec nous son témoignage le plus précieux - quel que soit son support. Faire comme si celui-ci n'existait pas reviendrait à briser le sens du partage, qui est au cœur de l'expérience artistique comme de la vie démocratique. Reconnaître le caractère inaliénable d'un témoignage personnel, tel est le sens profond de la réflexion en cours dans Hadopi, qui rayonne bien au-delà de l'industrie du disque, jusqu'au sens de notre vie en commun dans une démocratie.  ?*

Réponse : celui-là même qui, professionnel de l'information, pirate sans vergogne la production d'autrui, pour le compte du garant des Institutions de la République, et ce, alors que la loi Haopi2 est sur les braises (elle sera votée moins d'un mois après!)... Cf. Le Canard enchaîné de ce mercredi 7 octobre.

canard

Nous sommes décidément bien gouvernés ! Non ?
Comme disait Le Monde le 29 août dernier, les lois Hadopi ne sont pas garantes de la démocratie. Fort est de constater que le roi d'Maubeuge et son équipe de courtisans ne sont pas garants du respect de la loi... Car Hadopi2 ou pas, ce qui s'est pratiqué là (on copie, on modifie la mention des droits, on reproduit à grandes échelles), est autrement plus grave que de recopier simplement, sans maquiller la mention des droits. Étrange, non ?

Justice, où es-tu ?


* C'était dans Le monde daté du 22 août 2009, dans un article intitulé "Internet et son potentiel démocratique".


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9 octobre 2009

Égalité des citoyens ?

IlreformistaLu dans la news de Courrier International cette semaine :

Par 9 voix contre 6, les magistrats italiens de la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, ont invalidé la loi Alfano votée en 2008. Celle-ci garantissait l'immunité aux quatre plus hautes personnalités de l'Etat le temps de leur mandat. La Cour a estimé qu'elle était contraire au principe d'égalité des citoyens. Désormais, le président du Conseil Silvio Berlusconi pourra être jugé comme un citoyen lambda, et les procédures lancées contre lui, notamment pour faits de corruption, pourront être rouvertes. Furieux, Berlusconi a réagi en accusant les magistrats d'être de gauche. Il s'en est pris en particulier au chef de l'Etat, Giorgio Napolitano, et a répété qu'il irait jusqu'au bout de son mandat.

Comme quoi l'Italie est - malgré l'ami de notre roi d'Maubeuge - une démocratie, une vraie, où l'affairisme ne permet pas d'échapper au principe de l'égalité citoyenne.

Peut-être la France pourrait-elle y réfléchir pour elle-même... Ça nous permettrait de régler le problème que pose l'énorme dissymétrie franchouillarde qui veut que le Président de la République soit un citoyen comme les autres quand ça l'arrange (pour porter plainte par exemple) mais un intouchable quand ça le dérange d'être comme tout le monde (pour être mis en examen). Vive la justice italienne qui sait respecter la devise de la République ... française !

En tout cas, on remarquera, par ailleurs, que l'"anathème gauchiste" n'est pas le propre de la droite française... Souviens-toi, lecteur fidèle, de ce que disait (aboyait, bavait ?) le parti unique de la droite française il n'y a pas si longtemps, en réaction à un engagement collectif citoyen...


28 septembre 2009

Implants rhétoriques

Étonnante cette histoire Clearstream, non ? À l'heure où un tribunal doit décider de la culpabilité des quelques personnes (il paraît qu'il y en a pas mal !), celui que les Français ont choisi pour être le gardien de la Constitution malmène celle-ci et décide, en paroles certes, de la culpabilité de ces quelques personnes ! Il a déclaré il y a une semaine : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel". No comment ! Tellement il est évident qu'il y a faute ici.

Mais les rhétoriqueurs de la cour ne l'entendent pas de cette oreille et veulent justifier, c'est-à-dire rendre "juste" a posteriori, la  déclaration de leur grand chef. Par exemple, il en est un qui, évoquant le trouble causé par cette déclaration, affirme que "cette polémique est curieuse parce que, dans un procès, il y a des victimes et il y a des coupables. C'est la justice qui déterminera (mais) les coupables sont toujours parmi les prévenus", a déclaré M. Lefebvre sur France-Inter, même si "les prévenus ne sont pas toujours coupables"[dépêche AFP du 25 sept.].

Je ne m'intéresse pas au fond de ce que dit ce Monsieur, tellement il est évident qu'il dit une énorme bêtise. Je voudrais juste traduire sa pensée si profonde en une formule : "tous les coupables ont été prévenus" - que je rapproche de cette autre, issue du marketing déployé au profit de la plus grande arnaque légale qui soit : "100% des gagnants ont joué"... La rhétorique mercatique comme modèle de la rhétorique politique, voilà qui en dit long sur les arrières-pensées de cette droite néolibérale qui nous gouverne...

Puis, comme pour faire passer l'énormité de son propos, il fait glisser la culpabilisation au sens propre en auto-culpabilisation :
"Je ne comprends pas pourquoi certains prévenus se sentent si coupables, précisément". On admirera le fiel baveux de tels propos... Ce n'est pas lui, suppôt du roi d'Maubeuge, qui le dit, c'est le prévenu lui-même - qui, par ailleurs souhaite faire de ce roi un prévenu en règle ! Mais, comme dit si bien M. Lefebvre, "les prévenus ne sont pas toujours coupables" !


18 septembre 2009

Vidéo du Sénat

Trois minutes et demie sur le projet de loi relatif à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie, c'est ce que propose la vidéo ci-dessous mise en ligne le 16 septembre. Le sénateur UMP Jean-Claude CARLE, rapporteur de la commission spéciale du Sénat chargée d'examiner le projet de loi relatif à l'orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie, commence par délivrer son point de vue (celui du gouvernement) puis le sénateur socialiste Claude JEANNEROT termine en affichant le point de vue qui est le sien ("celui de l'opposition", dit le site).

aperçu Projet de loi relatif à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie

Le jour même de la mise en ligne de cette séquence, le sénateur UMP s'est fendu d'une confidence : « La commission spéciale du Sénat travaille dans des conditions extrêmement difficiles imposées par le calendrier du gouvernement »... Mais c'est depuis le début de cette affaire (depuis juillet 2008) que le gouvernement met la pression sur les partenaires sociaux et sur les parlementaires, pour bien montrer aux Français que le gouvernement lui fait ce qu'il dit : faire bosser les autres en les mettant en difficulté pour qu'ils demandent grâce... Belle démocratie en vérité !


16 septembre 2009

Rhétorique, rhétorique !

La rhétorique de gauche de l'Élysée exaspère une partie de la majorité.
Tests ADN, taxe carbone : des élus UMP ont mal accueilli les propos de Nicolas Sarkozy. À l'occasion de la rentrée parlementaire, le chef de l'État s'efforce de répondre à leurs inquiétudes.

1C'est à la une du quotidien Le Monde daté de demain, 17 septembre...

Est-ce à dire qu'on reconnaît partout que la manipulation rhétorique tient lieu de discours politique du roi d'Maubeuge ? Y compris à droite, chez ceux qui voudraient être invités à la cour plus souvent, voire y être domiciliés ?

Bon d'accord : ils disent "rhétorique de gauche"., et moi je dis "rhétorique de l'embrouille", etc. Quelle différence au fond ? Ils sont juste un peu moins larges que moi...

Jusqu'à ce cher Besson qui se laisse à dire que la droite c'est comme au PS : "J'ai l'impression que c'est comme au PS ici, les soutiens sont privés et la critique est publique" ...

Où va-t-on ma bonne dame ! Même les rhétoriqueurs ne s'y retrouvent plus !


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15 septembre 2009

Les croisades du roi d'Maubeuge

Alors là ! Ce n'est plus de l'oxymore, c'est carrément de la contradiction diachronique ! Il n'y a pas si longtemps le roi d'Maubeuge prônait la "culture du résultat", s'entend "culture du résultat chiffré", comptant même y soumettre ses ministres...

Aujourd'hui, par je ne sais quel miracle (Saint Résultat, priez pour nous pauvres travailleurs!), le voilà-t-y pas qui dénonce la "religion du chiffre", avec la même vigueur, avec la même force de conviction que lorsqu'il prônait cette religion ! Du coup, tout y passe : vade retro les moyennes, vade retro le marché ! Tout ça parce qu'il a demandé à des huiles économistes de plancher sur la mesure de la richesse...  Mais qui dit mesure, dit chiffre, non ? Incroyable, non ? Mais ce n'est pas qu'une question de chiffre : c'est tout le marché qui fait l'objet de la vindicte.

Et on a même droit au mea culpa du roi, en bonne et due forme : "à force de faire comme si toute la vérité était dans le marché, eh bien on a finit par le croire". Car le bon roi d'Maubeuge ne dit pas 'je', ni même 'nous'. Il dit 'on' ! Louis le XIVème peut aller se rhabiller ! 'On' est donc convaincu que le marché n'a aucun sens...
Nous croyons rêver !
Nous rêvons ! Nous rêvons !
Pincez-moi !
Pincez-moi ! Pincez-moi !
Ça cache sûrement quelque chose de grave !


14 septembre 2009

Campus d'été à Seignosse...

Décidément, ils campent de mieux en mieux nos gouvernants !

Quelques mois après les injures proférées par le roi d'Maubeuge, voici la Cour qui se lâche :

  • Brice tient des propos pour le moins douteux,


Quand Brice Hortefeux dérape
par lemondefr


  • Éric fait un doigt d'honneur avec des signes de délectation qui ne laissent aucun doute sur son intention ni sur sa compréhension de l'ouverture ostensible de la Cour à l'extrême droite... Le gouvernement et le Château vont-ils voler au secours du ministre d'ouverture ?


Eric Besson: le doigt d'honneur à Canal+
par LePostfr

  • à qui le tour ?

Ce n'est pas seulement la droite caviar et bling-bling, c'est la droite ordurière ! Encore un effort et on arrive au niveau du Berlu !

Nous sommes décidément drôlement bien gouvernés.


7 septembre 2009

Et la confusion, toujours la confusion !

Je lis dans la presse que l'UMP a critiqué vendredi 4 septembre lors de son campus d'été à Seignosse la main tendue de François Bayrou à la gauche, l'accusant de "trahir l'électorat centriste". Le président du MoDem "tourne le dos à l'idéal centriste", a affirmé devant des journalistes Xavier Bertrand, en marge des débats.
Sans doute XB veut-il dire que le centrisme est naturellement aux côtés de Philippe de Villiers ?

Décidément, le syndrome de la confusion comme mode de la rhétorique politique, propre au bon roi d'Maubeuge - que j'avais affublé, dès décembre 2005 c'est-à-dire avant même qu'il ne devienne roi d'Maubeuge, d'un titre à sa hauteur :  Sarkozus, collusionis rex, collusionarum collusio -, ce syndrome, disais-je, fait tache d'huile: c'est l'ensemble de l'UMP qui en est saisi.
Normal, me diras-tu, attentif lecteur, parce que l'UMP et le roi d'Maubeuge se confondent, en vertu d'un vieux principe du fonctionnement des partis politiques selon lequel un parti est son chef, même s'il n'est pas désigné comme tel. Tout simplement !

Pendant ce temps, l'UMP commence à faire du gring aux Verts. Paillé, Copé et consorts parlent de "majorité de projets"... Projet de tuer l'opposition de gauche ?


28 août 2009

Impressions de lecture estivale - 3

Quel bonheur que de lire en clair ce que l'on ruminait au tréfonds de soi !
Encore que, quand je dis 'tréfonds', je pousse un peu : ce blog a déjà fait résonner ce que je pensais de toute cette rhétorique qui tient lieu de politique...
Encore que, quand je dis 'bonheur', j'exagère carrément : cette clarté qui vient après la rumination n'exhibe rien de très gai !

Meheust2009Il s'agit du dernier ouvrage de Bertrand Méheust, La politique de l’oxymore, publié cette année chez La Découverte (Les empêcheurs de penser en rond).

Déjà le titre ! Je ne pouvais pas ne pas y accrocher mon attention, moi qui, depuis la campagne électorale pour la dernière élection présidentielle, ne cesse d'être interloqué par le culot rhétorique de celui qui allait devenir le roi d'Maubeuge, notamment par sa capacité à manier l'oxymore et à brouiller les repères que la raison commune se doit de respecter. Je ne suis bien sûr pas le seul à pointer cette pratique : l'équation 'sarkozy oxymore' proposée à un moteur de recherche est fructueuse. Par exemple avec Exalead ou avec Google. La cour de ce roi fourmille de faiseurs d'oxymores... car l'oxymore est la figure rhétorique en vogue à la cour. Ou plutôt elle est la figure rhétorique imposée lorsque la cour et son roi s'adressent à la population, les médias s'empressant, tels de vils courtisans, de répéter à l'envi tous ces si beaux discours, tous ces si bons mots.

Bref, Bertrand Méheust, avec sa La politique de l’oxymore, nous offre l'occasion de réfléchir à tout cela et bien plus encore : il reconstruit sous nos yeux la mécanique qui produit cette rhétorique fallacieuse. Le cas de figure auquel s'attache l'auteur est celui de la politique écologique, ou plutôt celui du discours sur les préoccupations de l'écologie. Je ne vais pas présenter ici plus avant l'ouvrage. Il suffit de le lire. Ce qui n'est que plaisir tant il est d'une belle écriture rigoureuse et coulée cependant...

En poésie, plus globalement en littérature, l'oxymore consiste en une dissonance sémantique. La poésie est contrainte de pratiquer l'oxymore pour  échapper à la logique aristotélicienne du "discours raisonnable" qui bannit la contradiction et interdit l'indicible. Ne pourrait-on prétendre que, sans l'oxymore, les peintres italiens de la Renaissance n'auraient jamais pratiquer le clair-obscur ? L'écriture de Rimbaud est pleine d'oxymores, et c'est  ce qui fait sa puissance. Etc.
En poésie, l'oxymore permet la nuance. En politique il permet l'entourloupe et la manipulation des consciences. Il s'agit alors, comme disait François Brune, de "tromper les bonnes âmes en affectant de concilier l’inconciliable"...


30 juillet 2009

Mais pour qui qu'i s'prend ?

photo_1248859210505_1_0Formidable, magnifique ! Tout y est : la proximité avec le "peuple" (la peopolité ?), la belle image d'affairé super-actif et quinqua toujours sportif et la machine rhétorique qui hisse les voiles au moindre signe de vent favorable...

Quelqu'un court béatement sous le soleil et fait un "coup de chaud" : ça arrive à de nombreuses personnes toutes plus imprudentes les uns que les autres. Juste de quoi se faire remonter les bretelles par le premier médecin généraliste venu, par la première infirmière venue, voire par le premier gugusse venu dépositaire de cette chose la mieux partagée du monde que serait le "bon sens".

Sauf que là, il s'agit du roi d'Maubeuge. Du coup c'est tout l'appareillage médiatiquemaj scribo-audio-visuel qui se met en branle, chantant en chœur les louanges du monarque si divin et pourtant si homme : Regardez comme il est actif notre bon roi ! Regardez, braves gens pantouflards, comme il est toujours au travail et comme il tient le rythme psychologique et physique ! Regardez comme son corps d'athlète est puissant malgré tout le travail politique que le peuple de France lui a prescrit et auquel il consacre quasiment toute son énergie, énergie qu'il a à revendre ! etc. Sans parler de l'UMP et du porte-grogne Lefebvre qui allait jusqu'à vouloir dramatiser à l'excès (parlant de problème cardiaque...). Tout y est jusque ces poignées de main de sa Majesté au corps médical qui s'est si bien occupé de son corps malade (on admirera dans ce cliché dû à L'Express le méta-signe intégré : suivez la flèche !)...

SARKO_france3Mais refaisons l'histoire.
Le
roi d'Maubeuge nous dit, après l'histoire du malaise et le constat de l'émotion universelle qui s'en est suivie (au moins universelle à l'UMP), que son corps appartient à la Nation puisqu'il est l'élu des Français [je souris sous cape : ce n'est sûrement pas son petit corps musclé que les Français ont fait la bêtise d'élire en mai 2007 - du moins je l'espère !], ce qui est contradictoire avec le fait qu'il n'ait pas encore tenu sa promesse de bilan médical régulier [une promesse non tenu par celui qui fait un argument perpétuel du "je fais ce que je dis et je dis ce que je fais", diable !]. Mais passons ! Il est tellement occupé à de vrais objectifs ce roi (comme, par exemple, tisser la toile dictatoriale) qu'il ne met pas la priorité à de choses si peu stratégiques pour la France que son petit corps musclé ! Quelle abnégation dans le narcissisme !
Commentant, hier du haut du perron de l'Élysée, son message sur FesseBouc, il explique qu'il y a de nombreux "supporters" et qu'il est donc naturel qu'il s'y intéresse [comme si c'était sa Majesté en personne qui tenait le clavier !]. On notera le terme 'supporter', d'habitude utilisé dans le registre sportif. C'est donc bien cet aspect-là de son auguste personne que le
roi d'Maubeuge veut mettre en avant. Il est et sera toujours sportif ! Sauf que faire un malaise comme l'autre jour relève de l'amateurisme le plus confirmé en matière de pratique sportive, non ?

Nous sommes bien gouvernés !


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