Du boulot grâce à Pôle Emploi ? Non, du profit !
Lu ce matin dans Les Échos
Débordé, Pôle emploi confie 320.000 chômeurs au privé... Le service public de l'emploi présente son plan d'urgence pour la rentrée. L'accompagnement par le privé, jusqu'alors limité, sera massif. Cabinets de reclassement et agences d'intérim s'arrachent le marché. Pôle emploi finalise son plan d'urgence pour la rentrée, que le secrétaire d'État à l'Emploi, Laurent Wauquiez, présente ce matin. L'accompagnement de 320.000 victimes de licenciement économique et chômeurs en difficulté va être confié à des opérateurs privés. Le mouvement sera lancé à la rentrée et s'étalera jusqu'à 2011. La direction de Pôle emploi et les partenaires sociaux se réunissent cet après-midi pour sélectionner les opérateurs retenus parmi la grosse quinzaine de candidats. Les grands cabinets de reclassement et les poids lourds de l'intérim sont à l'affût de ce marché de plusieurs centaines de millions d'euros. Expérimentée depuis 2005, une telle sous-traitance au secteur privé restait jusqu'alors limitée. En 2007 et 2008, seuls 46.000 chômeurs étaient concernés, mais les difficultés actuelles de Pôle emploi, dont les agents sont débordés, ont poussé à un passage accéléré à la vitesse supérieure. Les syndicats accompagnent le mouvement mais exigent un strict contrôle du travail des opérateurs privés.
Ce qu'on dit moins, c'est que le bilan des essais antérieurs a montré que les résultats étaient loin d'atteindre les objectifs annoncés en grande pompe. L'idée que les officines privées seraient plus proches de l'économie réelle et du marché du travail concret n'est qu'un vilain préjugé que ledit bilan a très clairement dénoncé ! Le monde ultra-libéral est décidément incorrigible, il ne veut rien entendre ; et il est clair que la finalité de tout ça n'est pas celle qui est annoncée (lutter contre le chômage des peuples) mais bien de faire fonctionner des boîtes où la recherche du profit est le ressort principal de l'activité... Il aurait sûrement suffit de donner à Pôle Emploi les moyens de ses missions pour que l'appel à la concurrence (ici "faussée" et "déloyale", du moins entre le service public et les intérêts privés !) ne soit pas justifié.