Travailler la mémoire
Pourquoi M. Chirac agit-il ainsi, demande Béatrice Gurrey, journaliste au Monde ?
Patrick Devedjian, député UMP, répond vraiment très franchement : "Il se met en conformité avec un domaine où il a été irréprochable, celui du travail de mémoire. Je pense que cette déclaration est un moyen de laisser une trace dans l'histoire. Je crois aussi qu'il a pris acte de la réticence de l'opinion française à l'égard de..."
Quoi, ça y est ? Le Président n'a pas oublié sa promesse de début de quinquennat ? Il n'a pas oublié ! Le Président a engagé la réforme du statut pénal du chef de l'État comme il l'a promis il y a cinq ans ! Formidable ! magnifique ! Vraiment, Jacques remonte dans mon estime ! Et dire qu'il y a cinq ans j'ai voté pour lui contraint et forcé !
Quoi ? Ah bon ?! C'est pas ça !?
Pourtant, j'aurais cru ! Il l'avait promis, à haute et intelligible voix ! Et sa promesse avait d'autant plus de valeur que cette réforme ne devrait pas arranger ses affaires personnelles, si jamais elle allait jusqu'au bout du démocratiquement et éthiquement souhaitable ! Mince ! Je me suis encore fait avoir ! Quel couillon je suis !
Alors c'est quoi le travail de mémoire dont parle l'UMP Devedjian ?
Le génocide arménien ? D'accord : il s'agit de la mémoire des autres, celle des Turcs !
Je crois que Chirac se paye ma tête.
Tout ça me fait penser à l'Athènes du cinquième siècle avant JC : entre le comportement dedans et le comportement dehors, il y a contradiction. Démocrate au dedans (enfin, là, il faut relativiser tout de même, seule une petite partie des athéniens étaient "égaux") et impérialiste au dehors. Comme les USA aujourd'hui. Et bien Chirac, c'est pareil, sauf que c'est le contraire : éthiquement irréprochable au dehors, mais au dedans...