MUNDANEUM
Visite du Mundaneum
ce mercredi 4 octobre 2006
Mons, Belgique
Depuis que j'en avais envie ! Pierre-Jacques déjà m'en parlait il y a une dizaine d'année...
Et puis la préparation, cet été, de mon cours sur l'histoire de la documentation m'a entraîné à lire Otlet et sur Otlet, donc sur le Mundaneum et les autres "folies magnifiques" d'Otlet...
Bref, je m'en faisais tout un monde !
Est-ce d'avoir consulté ce gigantesque album photo qu'est l'Internet - auquel j'ajoute maintenant mes propres prises de vue ?
J'avais l'impression de connaître les lieux !
Juste la satisfaction de pouvoir toucher les tiroirs du Répertoire Bibliographique Universel, tiroirs qui ressemblent très fort à ceux que j'ai fréquenté à la Sorbonne quand, au milieu des années soixante-dix, je travaillais dans la bibliothèque de l'UER - comme on disait alors - de philosophie.
Un peu déçu de ne pouvoir y lire ce qu'Otlet a écrit, tous ces articles publiés des années 1890 à la fin des années trente...
En tout cas, ce Paul Otlet est un sacré bonhomme !
Je ne dis pas qu'il le fut : je dis qu'il l'est. Car sa folie magnifique, son utopie humaniste, son rêve de grand partage des savoirs, son pacifisme forcené sont toujours là, présents parce que requis par ce monde barbare où nous vivons aujourd'hui. Sa personnalité reste encore et toujours une provocation quasiment salvatrice à l'adresse de la folie misérable d'un capitalisme forcené et destructeur.
Que le Mundaneum ait été sauvé de la mort est un grand bien pour nous.
Qu'il soit à Mons... pourquoi pas ! C'est moins loin que Bruxelles pour les lillois.
Me promenant dans les rues de Mons, j'ai vécu une étrangeté.
Sous le porche de l'hôtel de ville, cinq majestueuses plaques évoquent le passé :
l'une d'elle veut commémorer le "généreux concours des Etats-Unis d'Amérique"...
une autre remercie les belges du Hainaut qui ont su hébergé les habitants de Mons évacués par els Allemands pendant la "grande guerre" ;
une autre salue les soldats du régiment qui "pris part au combats près de Mons à la retraite au mois d'août 1914 et à la rentrée victorieuse le jour de l'armistice 11 novembre 1918" ;
une autre encore porte cette inscription : "Reprise par l'armée canadienne le 11 novembre 1918, la ville de Mons recouvra sa liberté après cinquante mois d'occupation allemande : à Mons fut tiré le dernier coup de canon de la grande guerre".
Rien que de classique dans ces quatre rappels de l'histoire guerrière récente, histoire de la folie meurtrièred es hommes, histoire où vécut Otlet - qui fut, comme tous, soulagé de l'armistice, mais peut-être encore davantage, militant pacificiste qu'il était avec son ami La Fontaine.
Une cinquième plaque commémore autre chose. Elle porte l'inscription : "1876-1908 à nos pionniers". Suivent dix-neuf noms avec dates de naissance-mort et ville, ville africaine, ville colonisée.
Ainsi donc nos amis belges commémorent ensemble leur propre libération du joug de l'occupant allemand de 1918 et leur propre occupation des villes africaines les années précédentes !
C'est là que la présence d'Otlet dans cette bonne ville de Mons (avec le Mundaneum) est une provocation, lui qui fut anticolonialiste de la première heure...
La plaque dit aussi que "le bronze de ce mémorial a été offert par les enfants des écoles de Mons et érigé par décision du Conseil communal du 14 octobre 1930".
Pauvres petits habitants de Mons !
Que ne leur a-t-on pas fait faire !
Au nom de quoi ?
Otlet était enfant bruxellois âgé de presque cinq ans quand, à Mons, Verlaine îvre de douleur tira deux coups de revolver sur son jeune ami de 18 ans Arthur... Aucun rapport !















