Choristes et comédiens inventent le « conte polyphonique »
Dimanche 10 décembre, le journal Nord-Éclair annonçait la présentation à Wasquehal de Nymphes des Bois (le 12 décembre, salle Gérard-Philipe), dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises.
Merci à Nord-Éclair d'informer aussi sur la production culturelle, la vraie, celle dont l'enjeu est avant tout de création et d'invention, de musique et de théâtre, celle dont l'enjeu est économiquement dérisoire...
J'en profite pour vous rappeler que
Nymphes des Bois sera donné
ce jeudi 21 décembre
à Templeuve (église) à 20h30.
À ne manquer sous aucun prétexte !
Voici l'article de Nord-Éclair
Mardi soir, la salle Gérard-Philipe accueille un spectacle hors norme. Nymphes des bois, c’est la réunion d’un chœur, d’une compagnie
théâtrale et d’un accordéoniste qui nous plonge dans les remous de la
Renaissance.
Nous vivons une époque troublée. La technologie avance à pas de géant
alors qu’on assiste à des conflits tribaux et que des groupes barbares
et archaïques font planer la menace terroriste. En cela, la France
d’aujourd’hui n’est pas très éloignée de celle de la Renaissance. Ces
tensions ont inspiré le compositeur nordiste Josquin Desprez, né vers
1450 et mort en 1521.
Ni concert ni pièce de théâtre
Auteur de nombreuses œuvres polyphoniques sacrées, Josquin Desprez est le compositeur préféré de Maurice Bourbon, chef de chœur et directeur artistique de la Chapelle des Flandres à Roubaix. C’est lui qui a eu l’idée de rendre un hommage particulier à Josquin Desprez.
Avec Philippe Jaquier, comédien et metteur en scène de la Compagnie du Coquelicot, ils ont imaginé un spectacle vivant.
Ni concert ni pièce de théâtre, ils ont inventé le genre du « conte polyphonique ». L’action de Nymphes des bois — c’est le titre de leur œuvre — se déroule en 1520.
Josquin Desprez (joué par Maurice Bourbon), retiré à Condé-sur-Escaut,
se remémore sa vie en compagnie de son valet (Philippe Jacquier). Sur
scène, vingt-cinq choristes de l’ensemble Cœli et Terra
— émanation de la Chapelle des Flandres — chantent des œuvres de
Desprez, de Bach mais aussi de Maurice Bourbon, tandis que les dix
comédiens du Coquelicot évoquent la brutalité et la cruauté de
l’époque. Fil conducteur de ses retours en arrière, des notes
d’accordéon, par l’Ukrainien Bogdan Nesterenko.
Les décors, la mise en scène et les jeux de lumière sont
particulièrement soignés. Le spectacle, créé il y a un an à la
Condition Publique de Roubaix, est dense : il ne dure qu’une heure et
quart.
article paru dans Nord-Éclair daté du 10/12/2006, signé Y.M.



















