mercredi 04 novembre
encore la rhétorique guerrière !
Selon l'AFP,
PARIS [3nov.09, vers 21h] — Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a "lancé l'idée d'un couvre-feu ciblé sur des mineurs délinquants" de moins de 13 ans, mardi soir, à Paris, lors des "rencontres de Beauvau" organisées avec des élus de la majorité présidentielle.
Je n'en dis pas davantage, voulant juste relever la rhétorique guerrière, si chère à notre gouvernement, mais si propice à la violence - de part et d'autre.
samedi 31 octobre
Montesquieu, reviens !
Je lis dans la presse de ce matin que le roi d'Maubeuge a déclaré hier qu'il ne pouvait « faire aucun commentaire » sur le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle, en raison du « principe de la séparation des pouvoirs ».
Voilà qui est admirable, dans la bouche du tenant de l'un des pouvoirs ! Le baron de la Brède et de Montesquieu - je veux parler de Charles-Louis de Secondat (qui, en l'occurrence, reprenait une idée anglaise travaillée notamment par le John Locke) - doit frémir d'aise dans sa tombe plus que bicentenaire !
Sauf que :
le tenant du pouvoir exécutif tient d'une main de fer le pouvoir législatif, malgré les dénégations ridicules des parlementaires concernés et les minuscules actions de diversion tentées ici ou là ;
le tenant du pouvoir exécutif veut tenir d'une main d'acier trempée le pouvoir judiciaire - ce que montre avec suffisamment de clarté les réformes en cours en même temps que de nombreux événements récents.
Donc, quand le roi d'Maubeuge avance l'idée qu'il respecte le « principe de la séparation des pouvoirs », il ment, tout simplement, voulant imposer aux Français un préjudice psychologique grave qui s'appelle la schizophrénie socio-politique : le discours officiel dément la réalité telle que les Français - à qui s'adresse prioritairement le discours officiel - l'expérimente chaque jour de leur vie citoyenne. Et ce, quasi systématiquement. L'empoisonnement collectif se fait sur la durée, comme l'assassin qui empoisonne à petites doses mais régulièrement sa victime, jusqu'au jour où celle-ci meurt sans que l'on puisse identifier la dose de poison fatale... Je situe cette schizophrénie-là dans le droit fil de celle que le monde libéral marchand nous impose depuis des lustres et dont François Brune rend si bien compte.
Ceci dit, notre bon roi est bien à la peine avec ce renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle.
Il est en effet très clair qu'il n'a pas vraiment intérêt que la droite française pense qu'il cloue son prédécesseur au pilori. Une partie de son électorat, encore attaché au personnage franco-parigo-corrézien, risquerait de lui en vouloir et de se détourner de lui lors des prochaines élections. Et comme il montre au quotidien qu'il est le maître absolu des Institutions - au lieu d'en être le simple mais indispensable gardien -, il a du mal à justifier les choses telles qu'elles se déroulent aujourd'hui. D'où la référence au baron de la Brède. Comme en désespoir de cause et pour justifier l'injustifiable.
Ceci dit, à l'heure où la commission des Affaires sociales de l’Assemblée crée une mission d’information sur les risques psychosociaux au travail, ne faudrait-il pas envisager une mission d'information sur les risques psychosociaux à la citoyenneté ? Je vois bien le sieur Copé reprendre cette superbe idée...
Je propose un JEU : on analyse tout ce qu'a fait et compte faire notre homme politique à l'aune du principe de Montesquieu.
À VOS COMMENTAIRES !
samedi 24 octobre
Grandes gueules ?
Je n'ai jamais vraiment été un fan de l'émission radiophonique "Les grandes gueules", que je ne connais d'ailleurs pas plus que ça. Je suis cependant tombé, grâce au site de 20minutes.fr sur une séquence qui vaut davantage que son pesant de cacahuètes : l'admirable comédien Jacques Weber, commentant l'affaire de l'hypothèse du lapsus linguæ du roi d'Maubeuge qui avait parlé de "coupables" lorsqu'il aurait dû dire (s'il avait été respectueux du droit français) "prévenus", Jacques Weber donc taille un costume à l'inénarrable roquet de l'UMP, c'est-à-dire du roi d'Maubeuge.
Jacques Weber:"Frédéric Lefebvre est le plus con qui soit!"
par lesgrandesgueules
À entendre cela, on se sent moins seul, non ?
vendredi 23 octobre
Les électeurs sont à moi !
Magnifique lapsus linguæ dans la bouche du très sage et très mature (ce n'est pas moi qui le dis, c'est la cour du roi) prince Jean, lors de sa prise de parole au
Conseil Général 92 aujourd'hui : "vous savez, si je suis à cette tribune et à cette place, c'est parce que les électeurs comme les vôtres l'ont décidé, c'est leur seule volonté".
On a d'un côté les électeurs des autres, qui sont bien les leurs ; et de l'autre les électeurs en général, c'est-à-dire ceux qui veulent du prince Jean.
Curieuse disproportion dans cette phrase alambiquée. Je ne parle pas de la syntaxe que fiston manie aussi mal que son petit papa. Je parle sémantique, ou plutôt logique formelle : quand le prince parle des gens qui ont élu ses collègues du Conseil Général, ils dit "les vôtres" ; mais quand il dit "les électeurs", ils parlent des gens qui l'ont élu, lui, le prince Jean, comme si c'était l'ensemble indéterminé des électeurs qui l'avait élu, lui, l'élu de son augustissimus pater !
Belle rhétorique, non ?
En tous cas, digne fils de son père celui-là !
Bouclier, bouclier ! Est-ce que j'ai une gueule de bouclier ?
Entre le 1er janvier 2008 et le 21 octobre 2009, le mot 'bouclier' est apparu dans 411 articles du quotidien Le Monde :
la moitié s'intéresse au trop fameux 'bouclier fiscal' - qui fit parler de lui dès 2007 (plus de cent articles entre mai et décembre 2007)
quatre articles sur dix nous racontent des histoires de boucliers nucléaires, antimissiles, balistiques ou simplement militaires - dont les 'boucliers humains'
2% concernent le rugby (le bouclier de Brennus)
le reste utilise soit l'image de la 'levée de boucliers' (levée de bouclier des producteurs français de rosés cet été ; levée de boucliers suscitée par le rapport Balladur ; levée de boucliers face aux velléités gouvernementales de toucher au système de l'assurance maladie, voire face à l'autoritarisme gouvernemental voulant imposer des réformes ; levée de boucliers aux États-Unis face aux pratiques de Google, etc.), avec éventuellement l'idée que ceux qui lèvent les boucliers sont des ringards qui refusent toute réforme (par exemple s'agissant de la réforme de l'orthographe dans les années 90), soit celle du 'bouclier social' - expression qui semble s'installer petit à petit dans le lexique social et politique...
Bref, il y a des boucliers partout ! Le redécoupage de la carte électorale de notre beau pays incite les socialistes à lever le bouclier, accusant le roi d'Maubeuge de se faire un "bouclier électoral" sur mesure (cf. mon message de l'autre jour).
Eh bien, il en manquait encore un, il manquait un bouclier, il manquait LE bouclier : le roi d'Maubeuge soi-même !
Lui-même se dresse en bouclier pour protéger ses affidés, à commencer par le prince Jean. Écoute, perspicace lecteur, écoute le roi dévier sur sa personne les flèches que d'aucuns décochent en visant le prince. Le roi, quel bon père !, se fait bouclier pour protéger son rejeton ! Magnifique grandeur royale !
Mais cela ne s'arrête pas là. Le pli est pris, la posture est adoptée. Jusqu'aux affidés les plus obscures qui veulent su planquer sous le bouclier royal ! Ainsi un certain Jean-Paul Fournier, sénateur-maire UMP de Nîmes. C'est dans notre quotidien du soir daté du 22 octobre : M. Fournier se défend des accusations portées contre lui, y voyant un complot de la presse et de la justice pour "se payer un parlementaire de l'UMP" et, par son intermédiaire, s'en prendre à Nicolas Sarkozy lui-même.
Dès qu'on regarde de travers un cheveu UMP, le bouclier va se dresser, protecteur, divinement royal ! Et menaçant...
Il est loin le temps où, comme le souhaitait Jean de Salisbury (XIIème siècle), le roi était le "bouclier des faibles" !
Au fait, qui a dit : « Notre gouvernement sera le bouclier des familles les plus modestes » ?
Perdu, ce n'est pas le roi d'Maubeuge !
C'est Johanna Sigurdardottir, chef du gouvernement d'Islande (février dernier). Il faut dire que le bouclier protecteur figure sur le blason de l'Islande.
mercredi 21 octobre
Doing More with Less
Depuis les débuts de l'industrialisation de la formation (années 90), on entend la même rengaine : faire plus (et mieux ajoutait-on à l'époque) avec moins de moyens. Ça ne date pas d'aujourd'hui, ni même de l'arrivée de l'ultra-libéralisme au pouvoir en France. Ce dernier a juste ajouté quelques fleurs rhétoriques du style "travailler plus pour gagner plus" et autres attrape-couillons.
L'OCDE, instance importante du libéralisme débridé, veut perpétuer l'excellente idée selon laquelle ce n'est pas la fin qui justifie les moyens, mais l'enrichissement des riches qui les diminue. En effet, le Programme de l’OCDE sur la gestion de l’enseignement supérieur (IMHE) vient de lancer un appel à contributions pour sa prochaine conférence générale sur L'enseignement supérieur dans un monde en profonde mutation : faire plus avec moins les 13-15 septembre 2010. S'agissant de l'enseignement supérieur, on pouvait s'attendre à une réflexion internationale sur la qualité pédagogique, sur le partage des savoirs, sur la formation des enseignants, sur la vie étudiante... Eh bien non ! le (moins de) flouze, le (moins de) fric, la tune (en moins), le (moins de) pognon, le (moins de) "nerf de la guerre" comme on dit si bien...
Cette conférence représente une opportunité unique de présenter à une audience internationale prestigieuse, dit l'annonce de l'OCDE, les idées fumeuses qui laisseront les riches s'enrichir et les services publics fonctionner avec toujours moins de moyens. La conférence se tiendra au siège de l’OCDE à Paris. La date limite pour déposer ces fumerolles assassines est fixée au lundi 4 janvier 2010. Joyeux Noël et bonne année à l'enseignement supérieur !
mardi 06 octobre
Une certaine idée de la perfection
Retrouvé dans mes affaires, ce morceau de papier journal dont je ne sais plus l'origine. Excellent ! Le dessinateur qui a commis cette vignette me le pardonne : je ne sais pas son nom mais je diffuse son (chef-d')œuvre. S'il se reconnaît, il pourra se signaler en commentaire...
lundi 05 octobre
Le légal peut n'être pas légitime - et vice versa !
Ainsi donc, le jugement du Conseil d'État - qui vaut loi - selon lequel l'ancien maire de Corbeil-Essonnes est actuellement inéligible a été bafoué dans cette ville ce dimanche 4 octobre !
En effet, l'élection de 2008 avait vu la victoire du magnat de la presse et du reste avec seulement 170 voix d'écarts. Elle avait été invalidée par le Conseil d'Etat car le sénateur-maire Serge Dassault
avait effectué des "dons d'argent" à des habitants, ce qui a pu
"altérer la sincérité du scrutin". Il est par ailleurs déclaré
inéligible pendant un an. D'où re-élection ce dimanche, qui voit la victoire du bras droit du magnat, à savoir Jean-Pierre Bechter (UMP) - ce qui a quelque chose de poutinesque !
Fort de sa vingtaine de voix de mieux que la liste de gauche, le nouveau maire en titre confirme dès son élection mon impression de poutinesquerie dans cette affaire. Il déclare haut et fort que son clan a bravé les juges en élisant à nouveau le magnat interdit : "Pour la quatrième fois, M. Dassault est élu maire de Corbeil-Essonnes", a déclaré Jean-Pierre Bechter, visiblement ravi d'avoir joué un si bon tour aux juges - qui apprécieront.
Le même dimanche (ou samedi je en sais plus), l'UMP crie au scandale devant l'expression populaire contre le projet gouvernemental concernant la Poste. L'infatigable porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a qualifié de "vaste
manipulation organisée par des associations ou partis de gauche qui
veulent faire croire à un projet de privatisation de La poste". Comme la rhétorique gouvernementale cache les véritables intentions ultra-libérales qui président aux choix du gouvernement, l'expression populaire qui se fonde sur une lecture acérée et juste du projet gouvernemental ne peut être qu'illégitime et fallacieuse. Et manipulée par les partis politiques et associations "de gauche"...
D'un côté l'UMP tient des propos à la limite de la légalité pour donner à ses valeurs une certaine pérennité (et exhiber sa force), de l'autre le "mouvement populaire" crie à l'illégitimité quand l'expression populaire n'est pas "conforme" à ses valeurs ! Si ça, ce n'est du despotisme, je n'y connais que couic !
lundi 28 septembre
Implants rhétoriques
Étonnante cette histoire Clearstream, non ? À l'heure où un tribunal doit décider de la culpabilité des quelques personnes (il paraît qu'il y en a pas mal !), celui que les Français ont choisi pour être le gardien de la Constitution malmène celle-ci et décide, en paroles certes, de la culpabilité de ces quelques personnes ! Il a déclaré il y a une semaine : "Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel". No comment ! Tellement il est évident qu'il y a faute ici.
Mais les rhétoriqueurs de la cour ne l'entendent pas de cette oreille et veulent justifier, c'est-à-dire rendre "juste" a posteriori, la déclaration de leur grand chef. Par exemple, il en est un qui, évoquant le trouble causé par cette déclaration, affirme que "cette polémique est curieuse parce que, dans un procès, il y a des victimes et il y a des coupables. C'est la justice qui déterminera (mais) les coupables sont toujours parmi les prévenus", a déclaré M. Lefebvre sur France-Inter, même si "les prévenus ne sont pas toujours coupables"[dépêche AFP du 25 sept.].
Je ne m'intéresse pas au fond de ce que dit ce Monsieur, tellement il est évident qu'il dit une énorme bêtise. Je voudrais juste traduire sa pensée si profonde en une formule : "tous les coupables ont été prévenus" - que je rapproche de cette autre, issue du marketing déployé au profit de la plus grande arnaque légale qui soit : "100% des gagnants ont joué"... La rhétorique mercatique comme modèle de la rhétorique politique, voilà qui en dit long sur les arrières-pensées de cette droite néolibérale qui nous gouverne...
Puis, comme pour faire passer l'énormité de son propos, il fait glisser la culpabilisation au sens propre en auto-culpabilisation :
"Je ne comprends pas pourquoi certains prévenus se sentent si coupables, précisément". On admirera le fiel baveux de tels propos... Ce n'est pas lui, suppôt du roi d'Maubeuge, qui le dit, c'est le prévenu lui-même - qui, par ailleurs souhaite faire de ce roi un prévenu en règle ! Mais, comme dit si bien M. Lefebvre, "les prévenus ne sont pas toujours coupables" !
mercredi 16 septembre
Rhétorique, rhétorique !
La rhétorique de gauche de l'Élysée exaspère une partie de la majorité.
Tests ADN, taxe carbone : des élus UMP ont mal accueilli les propos de Nicolas Sarkozy. À l'occasion de la rentrée parlementaire, le chef de l'État s'efforce de répondre à leurs inquiétudes.
C'est à la une du quotidien Le Monde daté de demain, 17 septembre...
Est-ce à dire qu'on reconnaît partout que la manipulation rhétorique tient lieu de discours politique du roi d'Maubeuge ? Y compris à droite, chez ceux qui voudraient être invités à la cour plus souvent, voire y être domiciliés ?
Bon d'accord : ils disent "rhétorique de gauche"., et moi je dis "rhétorique de l'embrouille", etc. Quelle différence au fond ? Ils sont juste un peu moins larges que moi...
Jusqu'à ce cher Besson qui se laisse à dire que la droite c'est comme au PS : "J'ai l'impression que c'est comme au PS ici, les soutiens sont privés et la critique est publique" ...
Où va-t-on ma bonne dame ! Même les rhétoriqueurs ne s'y retrouvent plus !


