dimanche 09 avril

Tirer la chasse très régulièrement

Sujet : Refonder notre politique familiale
De : =?UTF-8?Q?Fran=C3=A7ois_Fillon?= <info@emv.information-consommateur.fr>
Date : 09/04/2017 04:02

Début de l'entête d'un message non demandé tombé ce matin dans ma boîte aux lettres électronique.

Message :

CaptureRenseignements pris, l'expéditeur envoie aussi des messages de publicité de pinards, etc. L'équipe Fillon ne recule devant aucune outrance ! À moins que ce ne soit un coup du cabinet noir... De toutes façons, ça finira immédiatement aux chiottes, avec tous ces spams qui y courent déjà automatiquement... Le porno, le Fillon, les outils de jardin... il faut savoir tirer la chasse très régulièrement !


 


dimanche 20 novembre

Droitier ? Mais non !

Dans un quotidien hier, Mr Sarkozy se plaint qu'on le traite de "très droitier". C'est le 'très' qui le gène. 

Deux remarques  :

  1. Sarkozy est de droite. Je remarque ça au cas où il s'appuyerait encore sur Jaurès ;-)
  2. Son argument est qu'il n'est pas "très droitier" parce que le Front National en fait sa "cible prioritaire" (?)

De deux choses l'une. Soit le roi d'Maubeuge prend ses futurs sujets pour des cons, soit il ne sait pas réfléchir. 

C'est parce qu'ils sont sur les mêmes thèmes et avec les mêmes termes que Marine Le Pen veut marquer sa différence avec le "très  droitier" Sarkozy. Logique, non ?


 

mercredi 16 décembre

Les poils dans la main de Monsieur Longuet

longuet

Monsieur Longuet est formel : les demandeurs d'emploi..., ah non pardon : les Français ont des poils dans la main. Pas un poil un seul, mais plein de poils.

Interrogé sur la formation professionnelle, l’ancien ministre de la Défense du roi d'Maubeuge préfère parler d’un problème de "motivation professionnelle" et de "Français qui ont des poils dans la main".

Peut-être a-t-il raison ! Quand on voit comment le chantage à l'emploi conduit les Français à réduire leur salaire horaire chez Smart, quand on voit comment les entreprises usent et abusent des petits contrats pour ne pas s'engager dans l'investissement humain, quand on voit comment la rentabilité - que le "progrès technologique" se donne trop souvent comme horizon - sacrifie toujours les salariés mais jamais les patrons, quand on voit..., les salariés équipés de "motivation professionnelle" semblent dérisoirement soumis, esclaves volontaires d'une caste économique dirigeante.

Celui qui fut ministre du roi d'Maubeuge après avoir été (parce qu'il avait été ?) l'un des fondateurs d'Occident (ancêtre d'Ordre Nouveau, mouvement de casseurs qui participa à la création du Front national), celui qui fut condamné (le 12 juillet 1967) pour complicité de "violence et voies de fait avec armes et préméditation" (des étudiants de gauche agressés, dont un dans le coma à la suite de l'agression), bref ce "libéral" pur jus vient donner aux Français des leçons politiques de motivation et d'action ! Il faut avoir un certain toupet ! Les arracheurs de chemise patronale, c'est du pipi de chat à côté de ce casseur de "gauchistes", non ? Vous me direz que tant que ce ne sont que des mots dans un micro qui certes vous plongent dans une émotion intellectuelle grave, ça fait fait toujours moins mal que des coups de matraques et autres armes de poing qui vous plongent dans le coma...

Hors ce triste sir, il y a toujours et encore cette rhétorique dont l'objet est de culpabiliser toujours davantage les victimes du système néolibéral où nous vivons et où un salarié est contraintXBertrand(à180) d'"accepter" d'être toujours plus exploité pour ne pas crever de faim et garder un toit et un couvert pour sa famille...

Relire Laurent Cordonnier serait ici bienvenu pour celles et ceux qui veulent comprendre l'inexorable mécanique sociale qui fonctionne ici. Bref la SERVITUDE VOLONTAIRE ne s'est jamais absentée de l'horizon politique.

Rebref, concrètement, les citoyens de la région NPdCP attendent que Xavier Bertrand, celui qui "veut mettre la région au travail" [=?], se positionne, dise "sa" vérité à lui sur cette question des raisons du non-emploi.

Monsieur le Président ?


 

dimanche 13 décembre

Souci républicain et effacement de la démocratie

Voilà.  C'est fait. Le F-Haine ne gouvernera pas la région Nord-Picardie. J'ai fini par me résoudre à voter pour la droite extrême pour emmerder endiguer la marée chaussée par l'extrême droite. Npdc

À mon corps défendant. Comme en 2002.
Reste qu'en 2002 on installait un homme à la tête de l'exécutif, qui avait face à lui une "représentation nationale" diversifiée.
Aujourd'hui c'est une assemblée qu'on a élue, une assemblée qui ne comprendra que des gens de droite - droite extrême et extrême droite. La seule opposition à Xavier Bertrand sera Marine Le Pen et sa clique qui claque des talons dans les couloirs de l'institution.
Drôle de démocratie en vérité - que le souci républicain efface si allègrement !
Mais avais-je vraiment le choix ?

On remarquera bien sûr que les régions dont la majorité est de gauche socialiste se sont vues imposer une triangulaire. En gros, quand le PS gagne une région, c'est contre deux adversaires, LR et F-Haine ; quand c'est le parti LR, ce peut être grâce aux voix des électeurs socialistes. Ça fait une sacrée différence ! Le ni-ni du roi d'Maubeuge et l'inexorable extrême-droitisation de l'électorat ont produit ce paradoxe qui veut que souci républicain et fonctionnement démocratique soient en contradiction concrète ! Car c'est bien grâce au souci républicain des gens comme moi que l'assemblée des conseillers régionaux ne représente plus la population de ladite région.

Bien sûr, le nouveau Président LR-de-rien va nous chanter qu'il roule pour tous les habitants de "notre belle région". C'est une parole, une promesse qui n'engage que ceux qui ont la faiblesse voire la lâcheté d'y croire. Car, mis à part quelques slogans et gestes - chargés de symbole il est vrai -, le comportement concret, hors de l'imaginaire qui l'entoure, sera quasi le même.

Je doute fort en effet que le nouveau Président LR de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie prenne à son compte les propositions politiques pour lesquelles 30% des votants du 6 décembre se sont prononcés. Bien sûr ces 30% sont loin d'être homogènes. Restent qu'ils avaient tous à leur programme politique des incitations à la justice sociale et à l'humanisme, valeurs particulièrement chétives dans le programme du nouveau Président LR, quoi qu'il dise ! Il suffit d'examiner leur rapport à l'écologie-la-vraie, celle qui met l'humain au centre du débat, pour se convaincre que LR ou F-Haine disent la même chose et que le nouveau Président LR continuera d'afficher son mépris pour l'écologie-la-vraie, celle qui met l'humain au centre du débat et de la pratique politique.

Quant au fonctionnement politique concret de l'institution régionale, il est clair que la démocratie est en deuil. Près du tiers des votants du 6 décembre n'ont plus de voix dans l'assemblée politique régionale...


 

mercredi 09 décembre

moralité et égalité républicaines

roid'maubeugeD

Ce mardi soir, le roi d'Maubeuge a fait très fort côté rhétorique foireuse - que je vais me faire un plaisir de prolonger !

Le F-Haine ne serait pas antirépublicain.

Voter pour le F-Haine ne serait pas immoral.

Voter F-Haine serait égal à voter socialiste
[On appréciera ici la tactique, bien connue dans les barreaux et aux tribunes politicardes, qui consiste à accuser l'autre de ce dont on pourrait être accusé. La collusion idéologique entre F-Haine et LR n'est-elle pas plus qu'évidente, et depuis longtemps ?].

Donc, voter socialiste n'est pas immoral ? Ouf ! Merci Sa Majesté d'Maubeuge !


 

 

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samedi 05 décembre

Le F-Haine ment ?

Voilà six mois que ma chronique de la révolte tranquille est muette. Pas le temps. Trop désabusé peut-être...

ilsontrejointmarineMais là, je craque : le F-Haine ment et les nordistes vont se faire prendre !

Exemple. Ce matin, je jette un oeil sur les documents de campagne électorale distribués très officiellement dans ma boîte aux lettres. Avant de jeter d'un geste machinal le document du F-Haine avant de le lire, me prend l'envie de prendre le temps de jeter ... un oeil.

Blabla habituel puis la 4ème exhibe les "prises de guerre" de la Marine. Les ralliés au F-Haine. Des chasseurs, normal, les gars de la Marine aiment bien les fusils apparemment. Des ex-UMP, normal, la porosité entre les deux postures est extrême. Puis vient le tour de gens qui veulent être présentés comme écologistes ! Tiens ! Hortense de Méroeuil préside une "association de défense de l'environnement" !

Ni une ni deux, je demande à Google de me présenter la Dame. Et quelle n'est pas ma surprise quand je tombe sur ceci :

Capture

D'accord ! En matière de défense, on est plutôt sur le registre du fondamentalisme, du traditionnalisme catholique le plus rétrograde et le plus fascisant, non ?
Mais ça, le F-Haine n'en dit rien sur le document qui a échu dans ma boîte aux lettres !
Mensonge par omission, Monsieur le Curé ?

D'autres éléments de la page Facebook de Dame Hortense la montre luttant contre les charges patronales et autres lubies libéralissimes...
Mais ça, le F-Haine n'en dit rien sur le document qui a échu dans ma boîte aux lettres !
Mensonge par omission, Monsieur le Curé ?

En fait de défense de l'environnement, il semble que notre Dame ait à voir avec l'association très très locale "Dioxine Zero" sise à CUINCY dans le Nord (vers Douai) et adhérente au Collectif CRANE... Léger, non ?
Mais ça, le F-Haine n'en dit rien sur le document qui a échu dans ma boîte aux lettres !
Mensonge par déformation de la réalité, Monsieur le curé ?
Pour un parti qui se plaint trop souvent qu'on sorte ses propos de son contexte, je trouve que le F-Haine va un peu fort, non ? Qu'en pensez-vous Monsieur le Curé ?
Du coup, on se demande si Dame Hortense est vraiment présidente...
Et puis, il y a ce slogan sur la page facebook : "Je ne veux pas protéger l'environnement. je veux créer un monde où l'environnement n'aura pas besoin d'être protégé". C'est sûr qu'avec ses colistiers chasseurs et fiers de l'être, les animaux sauvages seront en sécurité !

Bref, quand La Voix du Nord titre sur l'entourloupe que constitue le discours F-Haine, ce n'est pas encore assez !

Autre chose. Bruno Wosinski, un F-Haine nordiste de longue date mais relégué en place non-éligible sur la liste des régionales, crache le morceau (Nord-Éclair du 11 novembre dernier) : «  Où sont les vrais élus représentant du peuple ?, s’interroge-t-il. Je m’investis depuis 2012 et en retour, je vois des incompétents et des opportunistes inconnus au bataillon me passer devant alors qu’ils viennent juste de prendre leur carte. Comme Hortense de Méreüil [sic]. Je ne peux pas croire que Marine Le Pen soit au courant. Mais peut-être ai-je tort… Pour moi, c’est son directeur de campagne Bruno Bilde qui, avec Philippe Eymery, a joué avec nous comme aux cartes ».
Au F-Haine, la haine n'est pas que dirigée vers l'étranger.


 

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vendredi 08 mars

le paradoxe et l'oxymore

La politique est farcie de paradoxe. C'est pour cette raison que le populisme est un réel danger.

La politique emploi semble être particulièrement sujette à ce phénomène. Par exemple quand on focalise la finalité de la formation sur l'employabilité : cela semble aller de soi (tous ou presque tous ceux qui ont un emploi intéressant ont une bonne formation) sauf que ce n'est pas comme ça que ça marche (tous ceux qui ont un bon niveau de formation n'ont pas nécessairement un emploi intéressant et correspondant à leur qualification)...

Dernier expression paradoxale en date : Matignon lance une campagne intitulée "La compétitivité, c'est l'emploi !"


Moi, je veux bien tout entendre, sauf que, là, quand on s'exclame "La compétitivité, c'est l'emploi !", on mélange les genres.

La compétitivité, "aptitude à affronter la concurrence" disent les dictionnaires, se définit sur le registre du rapport, de la relation etc. On est plus ou moins compétitif en fonction de la concurrence. Le degré zéro de la compétitivité, c'est la situation de monopole, quand il n'y a pas de concurrent. On est le meilleur que tout le monde parce qu'on est seul. De son côté, l'emploi, c'est quelque chose de très concret et d'absolu : le chômage se compte en % (chômeurs par rapport à population active) et en chiffres absolus (3 millions...). Par quelle magie pourrions-nous compter ensemble du relatif et de l'absolu ? Par la magie de la rhétorique politique...

Ensuite, quand on regarde de près les liens qui peuvent exister entre ces deux ordres de réalité, on se rend compte que, la compétition en question étant d'ordre économique, c'est-à-dire financier (idées de productivité, de rentabilité, de rendement de l'investissement, etc.), et l'emploi étant du côté de la dépense (ce qu'il faut réduire), prétendre que "La compétitivité, c'est l'emploi !", c'est proprement se foutre de la gueule du monde.

De prime abord paradoxe, "La compétitivité, c'est l'emploi !" finit par être oxymore !


mardi 01 janvier

On en revient à l'oxymore, alors ?

Fin des voeux voeuxprésidentiels pour 2013 : Il y a de l’honneur dans une grande Nation comme la nôtre à être capable de conjuguer compétitivité et solidarité. Performance et protection. Réussite et partage. C’est l’ambition de cette France réconciliée et confiante en elle-même que je porte pour l’année qui s’ouvre. C’est cette ambition qui donne un sens à l’effort de tous. Vive la République ! Vive la France !

Bon ! C'est encore mieux que je croyais ! Il avoue la contradiction objective où il met le socialisme : jouer le grand écart entre compétition et solidarité. Grand honneur en effet pour notre "grande Nation" que d'envisager l'impossible. L'utopie sociodémocrate est ici à son comble. L'Europe de Delors a trouvé là son chantre nationaliste...

Etonnant qu'un homme qui semble si intelligent n'ait toujours pas compris qu'il y a deux libertés incompatibles et inconciliables, celle de l'ultra-libéralisme et celle de l'ultra-humanisme. La première est une liberté individuelle qui laisse, pour l'aspect collectif des choses, apparaître la fameuse main invisible - que personne n'a encore jamais vue. C'est ce qu'on valorise comme liberté d'entreprendre, liberté d'exploiter etc. La seconde est d'abord liberté collective, liberté partagée qui laisse apparaître la fameuse égalité - que personne n'a jamais vue, hormis au fronton de la République. Deux libertés inconciliables donc : la première liberté se déploie dans l'idéologie de la compétition et s'actualise en forme de conflit des uns contre les autres, là où la seconde liberté se déploie dans l'idéologie de la solidarité et s'actualise en forme de partage entre les uns et les autres. La première fait que, dans cette lutte des places que décrivaient assez bien Vincent de Gaulejac, Isabelle Taboada Léonetti et alii, l'arithmétique veut que 1+1=1, voire 0, que de la compétition de l'un contre l'autre un seul sorte vainqueur voire aucun, alors que dans la seconde l'arithmétique est plus généreuse : 1+1=3, de la coopération solidaire chacun se retrouve et gagne le collectif ainsi constitué...

En poésie, l'oxymore permet la nuance. En politique il permet l'entourloupe et la manipulation des consciences. Il s'agit alors, comme disait François Brune, de "tromper les bonnes âmes en affectant de concilier l’inconciliable"... comme je disais à la fin de l'été 2009.


 

vendredi 04 mai

Le thème et la thèse ou le dialogue de sourds

Bayrou-Sarkozy-300x205À l'heure où les militants UMP agressent bêtement les journalistes qui font leur boulot de transmetteurs d'information, on vient d'avoir dans l'épisode Bayrou et surtout dans la réponse UMP un cas de dialogue de sourds flagrant.

Ça fonctionne en plusieurs temps : 1.l'annonce de Bayrou, 2.le refus UMP de comprendre l'annonce, 3.le déplacement du sujet par l'UMP pour exhiber une soi-disant incohérence de l'annonce.

  1. Bayrou : "[...] Nicolas Sarkozy, après un bon score de premier tour, s’est livré à une course-poursuite à l’extrême droite dans laquelle nous ne retrouvons pas nos valeurs, dans laquelle ce que nous croyons de plus profond et de plus précieux est bousculé et nié dans son principe. L’obsession de l’immigration dans un pays comme la France, au point de présenter dans son clip de campagne un panneau "Douane" écrit en Français et en Arabe, qui ne voit à quels affrontements, à quels affrontements entre Français, cela mènera ? L’obsession des "frontières" à rétablir, comme si elles avaient totalement disparu et que nous y avions perdu notre âme, qui ne voit que cela conduit à la négation du projet européen auquel le centre et la droite, autant que la gauche modérée, ont donné des décennies d’action et de conviction ? Et quant à l’idée que l’école, ce devait être l’apprentissage des frontières, qui ne voit que c’est une déviation même de l’idée d’école, qui est faite au contraire pour que s’effacent les frontières entre les esprits, entre les consciences, entre les époques ?
    La ligne qu’a ainsi choisie Nicolas Sarkozy entre les deux tours est violente, elle entre en contradiction avec les valeurs qui sont les nôtres, pas seulement les miennes, pas seulement celles du courant politique que je représente, mais aussi les valeurs du gaullisme, autant que celles de la droite républicaine et sociale.
    Comment en est-on arrivé là ? Ce sera l’histoire de cette élection, de cette rupture au sein du peuple français, rupture qui vient de loin, rupture économique, sociale et morale. Je ne veux pas voter blanc. Cela serait de l’indécision. Dans ces circonstances, l’indécision est impossible.
    Reste le vote pour François Hollande. C’est le choix que je fais. Il s’est prononcé, de manière claire, sur la moralisation de la vie publique dans notre pays. Il aura fort à faire.
    J’ai dit ce que je pensais de son programme économique. Je ne partage pas ce programme
    [...]"
  2. L'UMP refuse d'entendre les motivations réelles et sérieuses de Bayrou. Ainsi Copé dit "Je regrette profondément la décision de François Bayrou, parce que je n'en comprends absolument pas les motivations". Bayrou est pourtant clair, non ? Alors, de deux choses l'une : soit Copé est un idiot - ce que je ne crois pas - soit il feint de ne pas entendre. Il n'est de pire sourd etc. Mieux, il relègue les possibles motivations de Bayrou dans les bas-fonds de sa conscience psychologique ["Je pense qu'elle est plus motivée par un dépit personnel que par des vraies raisons de fond"]. Copé n'est pas sourd, il entend des voix, ou bien il est psycho-analyste (Morin est sur le même registre)... En fait, il veut juste disqualifier un propos qui le dérange. La poussière sous le tapis...
  3. Alors que Bayrou met la priorité sur la question morale et relègue au second plan la question de politique économique. Il dit en substance : si je vote Hollande - dont je n'approuve pas le projet économique - et non Sarkozy, c'est parce que ce dernier enfreint les règles de la morale et se fait le vecteur des valeurs immorales. Du coup les champions de la droite aux affaires pour quelques heures encore déplacent le sujet : on ne motive pas le choix de Bayrou par la question morale (infamante pour le grand chef) mais uniquement par la question économique [cf. mon billet d'hier]. Ainsi Sarkozy : "Après avoir bien réfléchi, [François Bayrou] a dit qu'il allait voter François Hollande, et il a poursuivi : 'qui conduira le pays à la faillite en février'... C'est sa logique, on a du mal à y retrouver une certaine cohérence". Mensonge par troncature pour une rhétorique du déplacement thématique (trivialement : pour ne pas répondre à une question qui dérange, on change de sujet, pratique très courante en diplomatie). Ainsi Jupé, ainsi Fillon, ainsi Copé, ainsi tous les toutous du grand chef - qui visent la place de grand chef (mais c'est un autre sujet)...

Pour finir, trois remarques :

  • Dans le dialogue, il y a ce dont on parle (thème) et ce que l'on dit (thèses) et ce que l'on dit n'est compréhensible que si le thème est stabilisé ; en d'autres termes, il n'y a dialogue sincère et non faussé que si l'on est d'accord sur ce dont on parle et que si l'on maintient cet accord (si on ne change pas de sujet en douce). Conclusion pratique actuelle : l'UMP ne dialogue pas avec Bayrou. L'UMP s'enferme dans un monologue en toute surdité sélective... Une raison de plus pour ne pas voter Sarkozy ?
  • Le capitalisme ne saurait ignorer les règles morales, malgré Comte-Sponville (Le capitalisme est-il moral ?, 1997 puis 2004 ; voir ici) qui prétend dédouaner le capitalisme de toute obligation morale avec une fumeuse théorie des ordres (pauvre Blaise !). La position de Bayrou est à elle seule un démenti de la théorie de Comte-Sponville.
  • Bayrou, homme seul, comme clame la classe politique. Oui, un homme seul face à sa conscience morale. Bayrou doit voter Hollande à peu près comme j'ai dû voté Chirac il y a dix ans. Qui trouve à y redire ?

Je n'ai jamais voté Bayrou, mais je dis merci François !
Cette année, je vote comme lui ;-)


 

 

dimanche 18 mars

Toujours la rhétorique du retournement !

Sarkozy_basLu sur le blog Elysée du Monde.fr:

Sarkozy accuse Hollande de ne « pas respecter les Français ». Nicolas Sarkozy a débuté son meeting à Lyon, samedi 17 mars, avec quinze minutes d'avance. Il a immédiatement accusé François Hollande de mentir, sans toutefois le citer. "On ne peut pas indéfiniment ne parler de rien, ne s'engager sur rien", a expliqué le candidat UMP. "On ne respecte pas les Français quand pour esquiver le débat, on dit tous les jours le contraire de ce qu'on a dit la veille."


Le pauvre !
Il est encore et toujours dans la tactique rhétorique qui consiste à accuser l'adversaire de ce dont on est soi-même coupable !
Et l'adjudant-chef de l'Union pour la Majorité Populaire comme le Fouquet's va nous expliquer que c'est parce qu'il a un vision hautement stratégique de ce qu'il faut pour le peuple...
Risible !! Tristement risible !