mardi 23 décembre

Pauvre Zemmour ! Pauvres de nous !

Contre-Zemmour-72-dpi

Zemmour "fait de la politique et il doit assumer les critiques", a dit Stéphane Le Foll - qui a également laissé entendre que les propos de l'auteur du Suicide français  "ne resteraient pas sans réponse".

Une réponse - et quelle belle réponse ! -, a pourtant déjà été apportée par  Noël Mamère et Patrick Farbiaz qui ont écrit ensemble Contre Zemmour, Réponse au "Suicide français" (éd. Les Petits Matins).

Ce petit livre devrait être entre toutes les mains.

Pourquoi diable le ministre et porte-parole du gouvernement ne l'a-t-il pas mentionné ?



mardi 27 août

La bibliothèque privée d'Hitler

9782253133117-T

Cet été, j'ai lu avec grand intérêt Dans la bibliothèque privée d'Hitler de Timothy W.RYBACH (Le cherche midi, 2009 ; LGF, 2010). Cet ouvrage est un exemple d'herméneutique documentaire élargie à la pratique de lecture - dont on sait qu'elle est constitutive du sens. Au travail proprement bibliographique et documentaire s'ajoute une tentative de contextualisation historique - qui a l'air ici plutôt réussie. Je dis 'plutôt' parce que je ne suis pas qualifié en histoire et n'ai aucune autorité pour juger. Mais le résultat est vraiment extraordinaire : on voit comment, quasiment au jour le jour, Hitler construit son système de pensée à coup de lectures. Car celui qui commit un vaste et terrifiant autodafé (10 mai 1933) lut énormément quoique superficiellement jusqu'à ses dernières heures.
Sous la houlette de Walter Benjamin ("Unpacking My library : A Talk about Book Collecting", 1969), l'auteur décrit les livres d'Hitler et tente de restituer l'usage qu'il en a fait. Passionnant ! L'observation du livre est poussée au maximum de ce que permet sa matérialité ; les traces de lecture sont pistées. Par ailleurs la situation historique est sollicitée pour la compréhension en même temps qu'explicitée par elle. Magnifique solidarité documentaire !
Bref, les liens tendus entre les livres et leur environnement et entre les livres eux-mêmes permettent l'accès à un monde fantastiquement intime, celui de la lecture privée. Et quand on sait que ce privé-là soumit un temps l'Europe aux soubresauts de sa folie meurtrière, on évalue l'intérêt du travail de T.W.Rybach.

Pour ma part, je retiendrai de cette lecture trois informations d'inégale importance.

  • Au tout début de la première guerre mondiale, sur le front de la Belgique et du Nord de la France, Hitler est caporal-estafette (Meldegänger). En face, le fils aîné de Paul Otlet, Jean, tout juste âgé de 20 ans, est soldat de l'armée belge et trouve la mort. C'est aussi à ce moment que Paul Otlet publie son Traité de paix général, alors qu'Hitler se procure, dans une librairie de Fournes-en-Weppes, un ouvrage d'art (architecture) sur Berlin (Max Osborn, Berlin, Leipzig : Verlag E.A. Seemann, 1909). [À dire vrai, Hitler est sur le front des Weppes, alors que Jean Otlet était sur celui de l'Yser, un peu plus au nord. Mais la mise ensemble de ces quatre faits produit une condensation comme dans le rêve décrit par Freud, avec une sorte de surcharge de signification, avec un surcroît de sens qui me plaît bien.]
  • Progressivement, la bibliothèque d'Hitler va s'enrichir d'ouvrages de tous bords dont deux américains qu'il lit dans leur traduction en allemand. Je veux parler d'Henry Ford, Der internationale Jude. Ein Weltproblem (Leipzig : Hammer-Verlag, 1920) et surtout Madison Grant, Der Untergang der großen Rasse : Die Geschichte der Rassen als Grundlage der Geschichte Europas (Munich : J.F.Lehmann, 1925).
    En effet, la bible d'Hitler est américaine !
    Bien sûr l'antisémitisme est d'abord un phénomène européen. L'allemand Fichte (1762-1814) par exemple était furieusement antisémite et pensait que les juifs formerait toujours "un État dans l'État", qu'il ne s'intégrerait jamais à aucune nation ne serait-ce que linguistiquement, à preuve le yiddish opposé à l'allemand. L'idéologue de l'idéalisme et du nationalisme allemands alla jusqu'à imaginer la création de toutes pièces d'un État juif sur les terres de Palestine. Drôle d'alliance objective entre Sionisme et Nationalisme allemand (cf. De quoi la palestine est-elle le nom ? d'Alain Gresh), non ? Plus tard, un politicien journaliste allemand, Wilhelm Marr (1819-1904) relaiera l'idée de Fichte, notamment dans un essai paru en 1879, Der Sieg des Judenthums über das Germanenthum – Vom nichtconfessionellen Standpunkt aus betrachtet. (La victoire du judaïsme sur le germanisme – Considérée d'un point de vue non-religieux). C'est sous sa plume qu'apparaît, semble-t-il pour la prémière fois, le terme 'antisémitisme' pour dire l'hostilité aux juifs...
    Reste que, concrètement, la bible d'Hitler est américaine ! L'ouvrage de M.Grant développait une sorte de canevas idéologique et politique pour Hitler et ce dernier fut du coup souvent pétri d'émotions contradictoires en pensant aux relations entre son pays et celui d'Henry Ford... Concrètement, on trouve dans l'idéologie d'Hitler deux concepts dont l'association produira ce que l'on sait. Il s'agit du concept d'épuration, compris comme préservation d'une prépondérance démographique (M.Grant pratique une sorte de passage naturel du principe de sélection immigratoire sur fond d'eugénisme au principe d'épuration raciale tout court) et du concept de colonisation sur le modèle américain.
  • Enfin, Hitler développait une vision mondiale de son peuple (Weltvolk) alors que le peuple juif s'autodésigne depuis des siècles "peuple élu"... Autre terrible collusion !

Il y aurait encore beaucoup à dire, à réfléchir après la lecture du travail de T.W.Rybach. J'en reste là et te conseille, lecteur fidèle, de t'y précipiter.


Posté par brich59 à 16:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 19 février

Racisme et politique

marine-le-pen-300x2901"Le livre sur ma table de chevet, ce sont les 'Fleurs du mal' de Baudelaire et je ne suis pas une droguée syphilitique", aurait dit la fille Le Pen, avant d'affirmer d'un ton docte : "Je pense que, dans notre civilisation éduquée, on a toujours su faire la différence entre l'homme et l'œuvre".

Quelques remarques s'imposent.

  1. Pauvre Baudelaire !
    Heureusement qu'un auteur n'est pas responsable de ses lecteurs ! Moi qui l'ai bien connu, je sais qu'il n'aurait pas aimé d'être posé là comme ça sur la quai de la Marine. Il détestait la mer et la Marine en général ! Il haïssait ce "mouvement qui déplace les lignes"... Alors le poser là, tout à côté de la Marine, c'est vraiment dégueulasse !
  2. "...faire la différence entre l'homme et l'oeuvre..."
    Ânnerie s'il en est ! Ça fait des lustres qu'on sait qu'il n'y a pas d'hypostase transcendante chez le créateur. S'il est certain que l'oeuvre échappe à son auteur, il est au moins aussi vrai que l'oeuvre ne saurait être détaché de son auteur de façon aussi tranchée. L'oeuvre est de l'auteur et l'auteur est dans l'oeuvre. Plutôt que d'étaler sa confiture livresque (la référence est ici Lagarde et Michard qui ne font que donner une vision tristement scolaire de la littérature...), la fille Le Pen ferait mieux de réfléchir, en appui par exemple sur le paradigme de la création dans l'Ancien Testament !
  3. "...notre civilisation éduquée..."
    Ah bon ? Y aurait-il des civilisations non-éduquées ?
    Mais c'est quoi, Madame la fille de, une civilisation éduquée par différence (vous aimez ce mot apparamment) avec une non-éduquée ? Vous faites peut-être référence aux propos de Monsieur Guéant ? Bon ! Je passe !
  4. Sacré Baudelaire !baudelaire_par_nadar
    Franchement vous m'épatez, Madame la fille de ! J'avais toujours pensé que ce poète était banni par la bourgeoisie : procès en 1857 pour "offense à la morale publique", censure qui s'ensuivit etc. Quand j'étais ado, j'ai lu Le diable au corps avec avidité. Radiguet y écrit ceci : "J'essayais de deviner ses goûts en littérature ; je fus heureux qu'elle connût Baudelaire et Verlaine, charmé de la façon dont elle aimait Baudelaire, qui n'était pourtant pas la mienne. Jy discernais une révolte. Ses parents avaient fini par admettre ses goûts. Marthe leur en voulait que ce fût par tendresse. Son fiancé, dans ses lettres, lui parlait de ce qu 'il lisait, et s'il lui conseillait certains livres, il lui en défendait d'autres. Il lui avait défendu Les Fleurs du mal. Désagréablement surpris d'apprendre qu'elle était fiancée, je me réjouis de savoir qu'elle désobéissait à un soldat assez nigaud pour craindre Baudelaire. Je fus heureux de sentir qu'il devait souvent choquer Marthe. Après la première surprise désagréable, je me félicitai de son étroitesse, d'autant mieux que j'eusse craint, s'il avait lui aussi goûté Les Fleurs du mal, que leur futur appartement ressemblât à celui de La Mort des amants. Je me demandai ensuite ce que cela pouvait bien me faire" (c'est moi qui souligne). Cette expression "assez nigaud pour craindre Baudelaire" est gravée dans le marbre de mon cervelet depuis mon adolescence et je ne conçois pas que Baudelaire ne choque pas les bourgeois, encore moins les intégristes à la Le Pen.
    Bref, là, franchement, vous m'épatez, Madame la fille de ! Ça cache sûrement quelque chose de pas clair !
  5. "...je ne suis pas une droguée syphilitique..."
    Ah, c'est là, le truc pas clair - qui justifie à lui seul l'appel contre-nature à Baudelaire !
    Disant cela, chère Madame, vous stigmatisez purement et simplement. Baudelaire - l'homme, puisque vous tenez à "faire la différence entre l'homme et l'oeuvre" par fidélité aux manuels scolaires du XIXème (je sais Lagarde et Michard date de 1948, mais il ne faisaitn que reprendre la façon d'enseigner du siècle d'avant) - est catégorisé, étiqueté comme drogué et syphilitique. Vous avez beau admirer l'oeuvre, vous ne pouvez pas ne pas stigmatiser l'homme. Stigmatiser, c'est marquer au fer rouge en punition d'un crime (sens avéré dès le XVIème siècle et toujours en vigueur). Baudelaire aurait donc commis un double crime la drogue et la syphilis. Pour ce dernier crime, ça me fait penser à l'emploi du terme 'sidaïque' il y a quelque vingt ou trente ans par un certain ... Le Pen. Dans la famille Stigmatiseurs, je demande le père ! Bref, ça stigmatise sec chez les Le Pen. Et ailleurs hélas ! Ça me rappelle en effet des pratiques récentes, témoignages de la
    pensée unique sarkozienne, pensée où la stigmatisation de l'autre tient lieu de réflexion profonde sur la diversité humaine... Mais j'en ai déjà parlé.
  6. Enfin, on remarquera que, mentionnant Les Fleurs du Mal, Madame la fille de voulait faire pièce de l'éccusation portée contre son papa d'avoir cité Brasillach, raciste de la pire espèce qui collabora avec l'occupant nazi et fut fusillé à la Libération pour cette raison. Elle fait remarquer que le roi d'Maubeuge a sur sa table de chevet à lui du Céline... Moi qui ne sépare jamais l'oeuvre de son auteur, je peux vous confier que je n'ai jamais pu lire une seule ligne de Céline, ni de Brasillach... parce que je n'ai nulle envie de valoriser de tels personnages et surtout que j'ai peur de gerber en lisant.
    Baudelaire, c'est autre chose !

Posté par brich59 à 20:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
mercredi 07 septembre

Rigueur, rigueur, vous avez dit rigueur ...

Le premier sinistre ne cesse de clamer à qui veut l'entendre et aux autres que c'est la rigueur, la rigueur et la rigueur !

Le premier sinistre, pour défendre son activité, déploie une rhétorique spéciale qui est à la rigueur ce que la délinquance est à la justice. Une rhétorique spécieuse, quoi ! Mais bon ! Passons ! Si les Français sont assez crédules pour gober ce qu'il pérore...

J'ai quand même une question naïve : à quand la rigueur morale ? Après les tirs groupés sur les auvergnats et Europe Ecologie Les Verts, on peut se poser la question, non ? Avec cette histoire de "règle d'or" et sans jouer pour autant les Ségos, on peut se poser la question, non ? Avec ce soutien sans faillir des actionnaires contre les salariés (cf., mais ce n'est qu'un exemple tout frais, ce qui se passe chez Sanofi en ce moment), on peut se poser la question, non ? Etc.

triplette


mardi 22 mars

Avisse à la Marine de la Haine

"L'économie française a besoin de 10 millions d'immigrés d'ici à 2040". Ce n'est pas moi, piètre économiste, qui le dis, mais deux économistes de renom, à savoir Karine Berger et Valérie Rabault. C'est dans La Tribune, journal sûrement vendu aux immigrés envahisseurs...


Posté par brich59 à 13:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 14 octobre

L'inverse du nazisme est encore le nazisme

L'association pour les droits civils en Israël (The Association for Civil Rights in Israel) publie une étude sur les propositions de loi qui seront discutées lors de la session d’hiver de la Knesset.

D'où il ressort que certaines dispositions envisagées par l'État israélien rappelle de tristes souvenirs pour celles et ceux qui ont vécu ou étudié l'Europe des années trente et quarante... Il suffit de changer les titulaires des rôles... No comment ! C'est trop gros !

J'ai toujours pensé qu'un État religieux était la pire des solutions politiques côté droits de l'humain.


Posté par brich59 à 00:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
lundi 12 avril

Entourloupe à Amsterdam

2010_04_10_11h33m03__cTrois jours à Amsterdam. Promenade tranquille dans les rues et le long des canaux de la ville de Baruch Spinoza. Baruch, c'est-à-dire "béni", béni des élèves des classes de philosophie qui ont tant de mal à entrer dans son texte si dense...

Ce qui est sympa, entre autres merveilles, c'est qu'Amsterdam fourmillent de musées. Tiens ! As-tu essayé la nocturne du Musée Van Gogh, assidu lecteur, le vendredi soir ? Ce vendredi, admirant à l'aise les tableaux dans les étages, nous étions bercés dans le flot des scintillements charnus de trois xylophones installés au rez-de-chaussée. Magique !

Samedi, j'ai abandonné le groupe familial pour visiter le Bijbels Museum, le long de l'Herengracht. Le livre avec un l minuscule - son histoire, son édition - me passionne et la perspective d'un regroupement de témoignages autour de la Bible - le livre avec un L majuscule - dans la capitale hollandaise où l'imprimerie alla bon train dès le XVème siècle me remplissait d'espoir...

Le diable m'avait trompé ! De l'imprimerie hollandaise de la renaissance je ne vis rien, ou presque : la Bible Moerentorf (Anvers 1599) et un 2010_04_10_11h31m48__cmissel romain de 1620 d'Anvers également.

Par contre, si j'en avais eu désir et besoin, j'eusse été comblé de contempler irrésistible histoire du peuple juif, du Tabernacle à la Palestine, de la fuite d'Égypte à l'impérialisme.

Tout était là.
Tous les symboles forts.

La Bible comme prétexte du sionisme le plus affirmé, du colonialisme le plus revendiqué.

2010_04_10_11h28m58_ac2

2010_04_10_11h28m58_bc

2010_04_10_11h36m28__c

 

Devant l'une des vitrines,

j'ai pris conscience d'une continuité

entre les Croisades médiévales et

le colonialisme israélien.

Il me semblait toucher du doigt

la raison souterraine

qui empêche les peuples chrétiens

de vraiment dénoncer le génocide palestinien...


vendredi 15 janvier

Piégeurs piégés ?

Décidément : ce royal gouvernement sait s'enferrer dans des situations imbéciles quand il pense que ça peut lui rapporter gros (en électeurs = en fric - qui est LA mesure en dernière instance) et sait mobiliser le service public - que par ailleurs il prend grand soin de déshabiller -  pour ces causes-là ! Comme le précise si bien Le Figaro, les journalistes CGT de France 2 avaient demandé la déprogrammation du débat qualifiant de « totalement inadmissible qu'un tel spectacle ait lieu sur les antennes du service public » qui « servira encore mieux à flatter les mauvais instincts ».

Il était évident que ça devait tourner vinaigre, tout comme le débat voulu par le roi d'Maubeuge et son national-félon de ministre ! Ce dernier ne veut pas le reconnaître publiquement, mais le débat tel qu'inscrit par les citoyens sur le site ad hoc est globalement pourri et par tous les bouts. D'abord il est censuré quand les messages risquent de déplaire à la cour. Ensuite, quand bien même les "animateurs" du site  censurent les propos par trop haineux (ça ferait désordre et donnerait raison à ceux qui ne veulent pas de ce débat), il constitue de fait un déversoir de haine digne du FN... Et c'est contagieux : le journal 20minutes, quand il rend compte de tout ça, est contraint de préciser qu'en raison de débordements systématiques, [il est contraint] de fermer l'article en question aux commentaires. Aussi, pour moi qui, par peur d'avoir la gerbe, me suis abstenu de regarder l'émission d'hier soir, le compte-rendu qu'en propose la presse écrite me suffira largement. Je savais que ce serait "en dessous de la ceinture", que ce débat ne serait pas digne d'une démocratie républicaine comme la nôtre...

Par ailleurs, lisant la réflexion sûrement mûrie de la haineuse - qui cite De Gaulle pour exhiber son racisme -, on ne peut pas ne pas se dire que le parti de la haine et celui du roi d'Maubeuge ont les mêmes pratiques rhétoriques de prise en otage de l'histoire à des fins de calculs politiciens immédiats (détournement intellectuel par la citation décontextualisée puis transplantée dans un autre contexte)... Intéressant, non ? Les roquets du roi d'Maubeuge pourront aboyer tout ce qu'ils peuvent : les faits sont là !


mardi 15 décembre

no comment !

nm

mercredi 02 décembre

France helvète ?

Ainsi donc le  roi d'Maubeuge aurait parlé de l'affaire du referendum suisse. L'AFP rapporte les propos de quelques parlementaires UMP devant lesquels le Chef Suprême a mis cette affaire était dans le même sac que le débat sarkobessonnesque sur l'identité nationale et du "travail" actuel sur la question de la burqa.

Je cite : Il nous a dit que c'était l'illustration que les gens, en Suisse comme en France, ne veulent pas que leur pays change, qu'il soit dénaturé. Ils veulent garder leur identité. Selon l'analyse du Président, les Français ne veulent pas voir des femmes en burqa dans la rue. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont hostiles à la pratique de l'islam.

On notera d'abord le "en Suisse comme en France". Assimilation. Bon ! Je n'ai personnellement rien contre les Suisses, à part leur décision scandaleuse et ridicule à la fois d'interdire la construction de minarets sur leur territoire. Peut-être tout de même une raison de ne pas vouloir être pris pour un Suisse, non ? Ceci dit ça bouge en Suisse : la minorité qui n'a pas voté l'interdiction de la construction de minarets se fait entendre dans la rue ! Je veux bien être Suisse, tous comptes faits !

On notera ensuite l'idée que la construction de minarets "dénature" le "pays".
Quand on dresse, grâce au génial CNRTL, la liste des synonymes de 'dénaturer', cela donne (par ordre décroissant de proximité sémantique : altérer > déformer > corrompre > fausser > frelater > gâter > défigurer > dégrader > falsifier > dépraver > forcer > vicier > déguiser > pervertir > travestir > torturer > maquiller > changer > contrefaire > gangrener > violenter > tourmenter > tordre > mutiler > détourner > avilir > adultérer > tronquer > transformer > sophistiquer > estropier > empoisonner > corroder > avarier > ruiner > polluer > gauchir > faire violence > empoissonner > dénaturaliser > contorsionner > calomnier > affadir > abâtardir > trahir. Cela va donc d'altérer (rendre autre) à trahir (là je n'explique pas, le roi d'Maubeuge et sa cour le feront bien mieux que quiconque !).

La question est de savoir si les minarets dénaturent le pays ou le paysage... S'il s'agit de la défiguration du paysage, on remarquera qu'un minaret peut être très joli, comme certains clochers d'églises catholiques, et, en tous cas, bien plus joli que ces constructions élevées au siècle dernier à la gloire du capitalisme triomphant et qui ont dégradé nos villes.
S'il s'agit de la dénaturation du pays, alors il faut être clair sur ce dont on parle : le pays, c'est ici la division territoriale habitée par une collectivité, et constituant une entité géographique et humaine (toujours le CNRTL), avec son histoire et ses "us et coutume" comme disait l'autre jour un cador bien connu de la Cour du roi d'Maubeuge. Jusque là pas de problème. C'est quand il faut assigner des bornes à tout ça que ça devient problématique : les fameuses "racines judéotruc" sont-elles si fondamentales que ça ? Certains diront qu'historiquement elles sont premières. La question se pose alors de savoir quand commence l'histoire de France. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle ce que me disait un jour un copain algérien : à l'école, à Oran, on faisait réciter aux bambins (dont il était) "nos ancêtres les Gaulois"... La colonisation fait bouger les limites ! Et dépasser les bornes, non ? Bref, aujourd'hui la question est de savoir quand commence l'histoire de France, car la France, pays de langue romane mais de superstrat germanique, occupe la plus grande partie des anciennes Gaules celtiques, conquises par Jules César, mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique, dont le nom signifie « hommes libres », qui se forma tardivement et s’installa sur une partie des terres de l’Empire romain (Wikipedia). Aïe ! Aïe ! Aïe ! Die Französe sind germanisch ! Wir sind germanisch ! Damned !
Drôle, non ?

Je ne sais pas pourquoi, mais me viennent en tête les paroles d'une chanson de ce bon Hugues Auffray, une chanson de quand j'étais petit, une chanson des années soixante donc qui finissait sur l'idée que Dieu, en fait, était une femme et ... qu'elle était noire !