mardi 16 septembre

Ad fugam ... et ... Amici

  • credo_webaffiche_Cambrai_Lille_Cambrai, église St Géry,
    20 septembre, 20h
  • Lille, église de Fives,
    21 septembre, 16h30

Un regard sur
     la messe Ad fugam ...

La messe Ad fugam est manifestement une œuvre de jeunesse, où Josquin montre déjà cependant sa maîtrise. Simple, à trois ou quatre voix, elle est d’une grande cohérence, avec ses prologues de dix mesures, tous identiques – à l’exception des paroles – ouvrant les différentes parties (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus), et sa hardiesse de construction, autour d’un gigantesque canon à la quinte, entre superius et tenor, qui traverse presque toute l’œuvre. Les rares disparitions du canon (dans le Et in terra pax, le Patrem omnipotentem, le Et in spiritum, le Benedictus, le Pleni sunt) donnent une grande force dramatique à sa réapparition.

Le choix a été fait d’interpréter la messe Ad fugam avec six chanteurs (un contre-ténor, deux ténors, deux barytons, une basse) et une maîtrise, permettant ainsi une grande variété de couleurs dans une œuvre à quatre voix.

… et sur la messe Amici

La messe Amici a été composée par notre contemporain Régis Campo en 2005, à la demande de La Chapelle des Flandres, autour du Credo Quarti toni de Josquin, fragment conservé au fonds de partitions de Cambrai.

Le Credo, sensiblement de la même époque que la Ad fugam, comme le suggère un emploi presque identique d’un canon à la quinte entre l’altus et le tenor, est peut-être un peu postérieur, comme semble l’attester une maîtrise encore supérieure, et un emploi naissant des lignes architecturales, parfois figuratives, qui fleuriront dans les chefs d’œuvre plus tardifs de Josquin.

Régis Campo a écrit le reste de la messe, Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus, pour une maîtrise et trois voix adultes. Il y a alterné vigueurs rythmiques (Christe, Quoniam, In excelsis), canons (entre l’altus et le tenor au début du Sanctus, entre les deux voix du superius dans l’Agnus Dei), élans mélismatiques (Et in terra pax) et legatos lumineux (débuts du Sanctus et de l’Agnus dei). Et comme Josquin dans ses œuvres magistrales, il a chargé et compliqué progressivement l’harmonie vers la fin de l’œuvre (Sanctus, Agnus) et terminé à 5 voix, revenant à la simplicité harmonique et au calme intérieur dans l’ultime Dona nobis pacem.

Deux œuvres magnifiques, interprétées par la Maîtrise Boréale (direction Michèle Bourdiault) et par l’ensemble Métamorphoses (Frédéric Loquet, contre-ténor ; Vincent Lièvre-Picard, Thierry Bréhu, ténors ; Christophe Gautier, Maurice Bourbon, barytons ; Paul Willenbrock, basse), sous la direction de Maurice Bourbon.

Ces deux œuvres seront enregistrées du 3 au 6 novembre en l’église d’Anfroipret (59).
Une souscription est ouverte, s’adresser à La Chapelle des Flandres.

Maurice Bourbon


Coussemaker1848page11

Note au bas de la page 11 de la Notice sur les collections musicales de la bibliothèque de Cambrai et des autres villes du département du Nord de Charles Edmond Henri de Coussemaker, publié par la Soc. d'émulation, 1843.