samedi 24 février

Où il est question de la nouvelle Pythie Schumpeterienne.

Excellent billet au sujet de "l'autel ripoliné de la "disruption" qui est la nouvelle Pythie Schumpeterienne d'une destruction créatrice dans laquelle à défaut de savoir vaguement ce que l'on veut créer on sait en revanche parfaitement ce que l'on veut détruire et comment on va s'y prendre."

Excellent billet à la fois pour ce qu'il dénonce et pour ce qu'il préconise...

Billet à mettre entre toutes les mains malgré les gros mots qui l'agrémentent 😉.

C'est ici.


 


lundi 04 juillet

Nord de France : les contrats d’apprentissage repartis à la hausse en 2015

Sans titre 1C'est ce que constatait en mai dernier la CCI Nord de France dans son bilan 2015 de l'apprentissage.
En effet, "après une chute de 6,8 % en 2014, les contrats d’apprentissage repartent à la hausse (+ 6,9 %) en 2015, selon le bilan annuel publié par la CCI Nord de France. Près de 4 200 entreprises ont ainsi eu recours à l’apprentissage (+ 10 % sur un an)" [
La Voix du Nord - 20/06/2016].

Voilà une bonne nouvelle, non ?

cciapprentissage

 

En tous cas, Xavier Bertrand et ses chasseurs ne pourront pas s'attribuer ce succès, dû à la politique pour l'apprentissage de l'équipe socialistes/écologistes qui était à la manoeuvre en 2015...

Et on attend avec impatience les chiffres 2016 qui devront tout (ou presque) à l'équipe droite extrême et extrême droite qui a pris le pouvoir sur la région...


 

mercredi 09 octobre

Plus adéquationniste, tu meurs !

Le gouvernement veut renforcer les liens entre formation et emploi, si l'on en croit le compte rendu du dernier conseil des ministres.

Déploiement d'un nouveau service public de l'orientation, dialogue accru entre l'institution éducative et les acteurs socio-économiques, développement des expériences en milieu professionnel en cours d'études, partenariat renforcé entre le service public de l'emploi et les universités… tout y passe !

Car c'est bien connu : la bonne orientation des demandeurs d'emploi crée de l'emploi ; l'alignement des pratiques éducatives sur les pratiques économiques crée de l'emploi ; l'alternance crée de l'emploi ; la bonne entente entre SPE et enseignement supérieur crée de l'emploi... Je crois qu'ils continuent à nous prendre pour des cons !

Pauvres de nous !


 

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vendredi 08 mars

le paradoxe et l'oxymore

La politique est farcie de paradoxe. C'est pour cette raison que le populisme est un réel danger.

La politique emploi semble être particulièrement sujette à ce phénomène. Par exemple quand on focalise la finalité de la formation sur l'employabilité : cela semble aller de soi (tous ou presque tous ceux qui ont un emploi intéressant ont une bonne formation) sauf que ce n'est pas comme ça que ça marche (tous ceux qui ont un bon niveau de formation n'ont pas nécessairement un emploi intéressant et correspondant à leur qualification)...

Dernier expression paradoxale en date : Matignon lance une campagne intitulée "La compétitivité, c'est l'emploi !"


Moi, je veux bien tout entendre, sauf que, là, quand on s'exclame "La compétitivité, c'est l'emploi !", on mélange les genres.

La compétitivité, "aptitude à affronter la concurrence" disent les dictionnaires, se définit sur le registre du rapport, de la relation etc. On est plus ou moins compétitif en fonction de la concurrence. Le degré zéro de la compétitivité, c'est la situation de monopole, quand il n'y a pas de concurrent. On est le meilleur que tout le monde parce qu'on est seul. De son côté, l'emploi, c'est quelque chose de très concret et d'absolu : le chômage se compte en % (chômeurs par rapport à population active) et en chiffres absolus (3 millions...). Par quelle magie pourrions-nous compter ensemble du relatif et de l'absolu ? Par la magie de la rhétorique politique...

Ensuite, quand on regarde de près les liens qui peuvent exister entre ces deux ordres de réalité, on se rend compte que, la compétition en question étant d'ordre économique, c'est-à-dire financier (idées de productivité, de rentabilité, de rendement de l'investissement, etc.), et l'emploi étant du côté de la dépense (ce qu'il faut réduire), prétendre que "La compétitivité, c'est l'emploi !", c'est proprement se foutre de la gueule du monde.

De prime abord paradoxe, "La compétitivité, c'est l'emploi !" finit par être oxymore !


mercredi 19 décembre

L'introuvable mais incontournable relation formation-emploi

CNFPTLVRefusant de "réduire la formation professionnelle ni à la seule adaptation des salariés dans l'entreprise, ni à un outil au service des politiques de l'emploi", la nouvelle présidente du Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie - CNFPTLV pour les intimes - est d'accord avec le gouvernement pour rapprocher rapidement politique emploi et politique formation.

Quoi ?


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lundi 10 décembre

Des profs ? pour quoi faire ?

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Mais pour éplucher les carottes et les patates que vos chères têtes brunes et blondes vont déguster à la cantine, cher éditorialiste de la f(r)ange (R-)UMP !



Et, j'espère, pour nettoyer les salades amères que votre droite franchouillarde et ultra-néolibérale balance au corps social depuis des lustres...

 

Ne faut-il pas déjà réparer les énormes dégâts, physiques autant que psychologiques, que vous avez fait subir au système public de l'éducation ?

 


samedi 28 avril

Oeil pour oeil...

NKMbPour défendre la fumeuse théorie sarkozienne (pardon pour le pléonasme) sur la formation professionnelle, NKM clame que le président bientôt sorti "préfère créer de l’emploi ailleurs qu’au pôle emploi".

C'est malin ! Comme s'il y avait une seule personne sensée qui ne souhaite pas privilégier l'emploi ailleurs qu'au Pôle Emploi ! Ceci dit, à mon sens, la théorie de "l'armée de réserve" fonctionne toujours très bien : les employeurs - ceux qui rétribuent la force de travail - ont objectivement intérêt à la rareté de l'emploi, non ? Car la valeur de l'emploi (plus l'emploi est rare, plus il a de la valeur - pour celui ou celle qui veut travailler) est inversement proportionnelle à la hauteur de la rétribution de la force de travail exigée pour ledit emploi...

À cette chère NKM - qui ne sait pas vraiment de quoi elle parle -, nous devons tous répondre que, concernant la relation entre formation et emploi, la seule certitude est que la formation crée des emplois ... de formateurs.


 

mercredi 04 avril

Les OPCA : quelle nouvelle donne ?

Il y a trois ans, j'avais discrètement mis en ligne un schéma documentaire interactif du travail préparatoire à la loi de novembre 2009 (depuis 2003 jusqu'à la publication de la loi). C'est maintenant de la préhistoire... Plus récemment, le Centre Inffo a publié une vidéo pour expliquer les grands titres de la loi de novembre 2009. Plus récemment encore, le CESE a rendu un avis sur l'évolution de la formation professionnelle continue, d'où il ressort plusieurs caractérisations (plutôt négatives) de l'état actuel (2011) de l'offre de formation :

  1. un secteur atomisé
    Selon les chiffres de la DARES, avec près de 15 500 organismes ayant pour activité principale l’enseignement et la formation, le secteur de la formation est plutôt atomisé, selon Les prestataires de formation en formation en 2009, DARES, n° 069, 2011 (noter qu'en 2008, l’appareil de formation comptait plus de 58.000 prestataires). Cependant, les plus gros organismes concentrent une part importante de l’activité. Ainsi, les 2 % d’organismes dont le chiffre d’affaires dépasse 3 millions d’euros réalisent 47% du chiffre d’affaires global et forment 35% des stagiaires, assurant 36% des heures-stagiaires. À l’autre extrême, les organismes réalisant moins de 150.000 euros de chiffre d’affaires représentent près des deux tiers des organismes, mais ne forment que 13 % des stagiaires.
    Une étude du CÉREQ révèle aussi que 40 % du chiffre d’affaires de la formation professionnelle continue est réalisé par des prestataires n’affichant pas la formation comme activité principale exercée [La face cachée de l’offre de formation continue, BREF n° 273, CÉREQ, 2010].
    En 2009, le nombre de formateurs individuels progresse fortement (+10%), poursuivant une tendance entamée depuis plusieurs années. incluant les auto-entrepreneurs, ils représentent 34% des prestataires, soit deux points de plus qu’en 2008 et presque autant que le secteur à but lucratif. Cependant, ils n’accueillent qu’un stagiaire sur dix et ne réalisent que 4% du chiffre d’affaires du secteur et 10% des heures-stagiaires.
  2. une qualité mal visible
    Opacité de la qualité de l'offre, malgré la "charte de qualité" de la FFP (Fédération de la formation professionnelle), le label OPQF (certification de l’Office professionnel de qualification des organismes de formation) et la norme ISO 29990.
  3. une mauvaise réponse
    Mauvaise réponse à la demande (et au besoin) de formation.
    Alors même que les procédures publiques d’achat des formations doivent permettre l’élaboration d’un cahier des charges adapté aux besoins de l’acheteur public, celui-ci, dans la réalité des faits, tend plutôt à adapter sa demande en fonction des offres des organismes de formation. À cet égard, la lourdeur des procédures d’achat public est régulièrement critiquée, entraînant "un manque de réactivité de l’offre de formation par rapport à la demande" (dixit Opcalim)...
  4. un retard à l'innovation
    Émergence - trop lente - du blended...
  5. un service public mal organisé
    Un service public de la formation professionnelle juridiquement mal organisé.
    Gros ïatus entre mission de service public et "règles" des marchés publics : conflit entre "l'intérêt général" et la "libre concurrence". D'où concept de Service public régional de formation (SPRF) qui a besoin d'un cadre juridique et institutionnel.

La réforme signée par la loi du 24 novembre 2009 assigne deux finalités principales au dispositif OPCA et prévoit la création d'un fonds. Globalement, on assiste à un élargissement notoire des missions des OPCA dans le cadre de frais de gestion maîtrisés :

  1. développement d'une ''efficacité'' : à la fois auprès des TPE-PME (idée de proximité + fléchage d'enveloppes financières pour les -10 salariés [TPE] et les 10 à 49 salariés [PME]) et auprès des salariés et demandeurs d'emploi les plus éloignés de l’accès à la formation
    À noter, au sein de la tendance générale (parfois verbeuse) à souhaiter que les personnes deviennent "acteurs" de leur formation, l'instauration de droits à la formation attachés à la personne et non plus au statut.
  2. amélioration de la gestion des organismes collecteurs (visibilité financière, etc.) avec notamment des économies d'échelle (surface financière accrue [au moins 100M€, alors que le seuil était fixé à hauteur de 15M€ auparavant]), la signature de COM (convention d’objectifs et de moyens) avec l’État et des comptes publiés.
    À noter que la signature des COM acte, selon la DGEFP, l'achèvement de la réforme des OPCA...

Par ailleurs, est créé le FPSPP en lieu et place du FUP (qui assurait une péréquation financière entre les OPCA sur les actions de formation de professionnalisation) pour former davantage de personnes (+500.000 salariés et +200.000 D.E.). Ce fonds est financé par les excédents des OPCA et par un prélèvement de 5 % à 13 % sur les contributions obligatoires des employeurs à la formation professionnelle.

Le paysage des Opca s’est donc restructuré, la loi imposant aux organismes collecteurs :

  • un montant de collecte plus important que par le passé ;
  • le développement de services de proximité auprès des entreprises.

Du coup, 20 organismes seulement (en lieu et place des 42 organismes existant jusqu'à 31/12/2011), répartis en 18 organismes nationaux professionnels, 2 Opca  interprofessionnels et interbranches - avec un champ d'action agrandi (regroupement pour cause de surface financière et dans une logique de branche ou d'interpro) et avec des missions en plus (davantage de proximité : conseil, etc. ?) .
Ceci dit, on note depuis plusieurs années que les entreprises de 10 salariés ou plus confient aux OPCA une part toujours croissante de leur contribution au plan de formation, notamment du fait de l’intérêt qu'elles y trouvent pour externaliser la gestion des conventions avec les organismes de formation. De fait cela engage des montants dépassant leurs obligations légales :

    • un nombre réduit d'organismes
    • Vingt organismes collecteurs seulement (en lieu et place des 42 organismes existant jusque là), répartis en :
  • 2 Opca interprofessionnels et interbranches :
  • OPCALIA qui absorbe GDFPE, Auvicom, FAF propreté, Forthac, Opca EFP et Opcad [coopératives de consommateurs]
  • AGEFOS-PME qui absorbe Agefomat, FAF PCM, Opca CGM et Opcad [commerce de détail des fruits et légumes et produits laitiers]
  • 18 organismes nationaux professionnels ou "de branche"  
  • certains "accueillent" d’autres branches et secteurs d’activités, comme l’AFDAS (qui absorbe la presse écrite), UNIFORMATION (qui absorbe Habitat-Formation et le FAF Sécurité sociale) ou l’OPCA-PL (qui absorbe l’hospitalisation privée)
  • d'autres sont créés comme Constructys, OPCA de la construction (né de la fusion du Faf Sab, de l’Opca TP et de l’Opca Bâtiment), de l'OPCALIM (issu du rapprochement d'Agefaforia, d'Opca 2 et d'Opcad [poissonnerie]), de l'OPCABAIA (qui réunit l’Opca de la banque et celui des assurances), de l'OPCA DÉFI (fusion de Plastifaf et de l’Opca C2P) ainsi que de l'OPCA3+ (réunissant Formapap et Forcemat).
  • des organismes collecteurs comme FAF-TT, Fafih, Fafiec, Forco, Intergros, Opca Transports, Unifaf, Anfa, Fafsea ou Opcaim continuent d'exister sans rapprochement ni fusion.

Par ailleurs, vingt-huit organismes collectent les contributions des "congés individuels de formation" :

  • vingt-six Fongecif, interprofessionnels régionaux (inchangé);
  • deux Agecif (six auparavant);
  • auxquels s’ajoutent six Opca de branche, agréés au titre du congé individuel de formation par dérogation (il y en avait le double auparavant)

L'une des conditions d'agrément des OPCA était "l'aptitude à assurer des services de proximité à destination des PME-TPE".

Et de fait, depuis plusieurs années, les organismes collecteurs et notamment les OPCA interprofessionnels, tendent à accroître leurs ressources en proposant de nouveaux services aux entreprises en matière d’ingénierie de la formation. L'ANI de 2009 précise, par ailleurs, que les OPCA doivent aider les TPE/PME "à l’élaboration de cahier des charges pour la mise en œuvre des actions de formation des salariés et le cas échéant, à l’identification des organismes de formation". D'où la nécessité de travailler à la définition des besoins de formation le plus en amont possible.

Mais quel est l'impact du changement que constitue la restructuration du paysage OPCA ?

En termes d'impacts sur les pratiques professionnelles :

  1. on réorganise
    des modifications importantes
    Nécessité pour les OPCA re-formés de revisiter leur organisation interne : la signature avec l'État des COM, conventions (triennales) d'objectifs et de moyens, est assez contraignante pour 2012, mais des marges de manoeuvre apparaissent dès 2013... (à ce que dit Uniformation). 
    C'est que le "regroupement" a des répercussions importantes ;
    par exemple, pour OPCALIA : surface financière X 1,5 ; nbre d'entreprises X 2,3 ; nbre de branches X 1,8 ; effectifs X 1,3
    D'où la transformation et surtout la montée en puissance de certaines fonctions comme l'accueil téléphonique notamment.
  2. des activités variées
    La comptabilité analytique des OPCA semble devoir comprendre les lignes suivantes :

    1. frais de gestion et d'information où s'affichent principalement les frais de collecte et de gestion administrative et financière
    2. frais de mission, à savoir accompagnement des entreprises (analyse des besoins de formation), information/conseil vers les entreprises, prospective métiers/qualifications (OPMQ), études & recherche (ingénierie de formation), diagnostics GPEC des entreprises + renforcement des obligations de publicité : création de service dématérialisé avec rubrique dédiée et identifiée sur le site internet des OPCA...
  3. une nouvelle gouvernance
    - CA paritaire national définit les orientations stratégiques et les règles de fonctionnement, signe la COM (et conventions de financement complémentaire), gère toute opération financière, arbitre les nouvelles adhésions de branche etc.
    - CA paritaire régional définit les orientations de la politique formation du territoire tout en mettant en oeuvre les décisions et orientations du CA national

On réorganise donc, ce qui implique qu'on "restructure" - et cette "restructuration" généralisée (notamment dévolution des OPCA disparus et sureffectifs) engendre des degâts collatéraux comme on dit :

  • licenciements collectifs et autres éléments de plans sociaux ;
  • avec "économies" plutôt dans les délégations régionales, même s'il est évident que les mêmes délégations régionales vont devoir créer rapidement, et peut-être en synergie avec l'État et les Régions, un grand nombre d'emplois de "conseillers formation territoriaux" (transversaux aux branches) pour travailler avec les PME-TPE.

Maintenant, quelles incidences sur l’offre de formation ?

Allons-nous vers une meilleure régulation de l'offre de formation - ce qui ne serait pas forcément un mal vu le triste état de cette offre jusque là - ? En fait il semble qu'on doive bientôt constater une tension entre deux pôles : le niveau national avec effet "centrale d'achat" et le niveau régional avec effet "proximité territoriale".

Passons sur l'effet "centrale d'achat" qui risque de standardiser l'offre de formation et de tirer toujours davantage les prix.

L'effet "proximité territoriale" promet d'intéresser notamment les petites et très petites entreprises (surtout les moins de 10 salariés). Celles-ci devraient en effet bénéficier d'un renforcement de l'attention des OPCA : régionalisation de l'offre de services, de l'accueil à la formation, en passant par le conseil et l'ingénierie. Du coup, on voit apparaître, via les OPCA, une clientèle que les organismes de formation ne touchaient pas forcément auparavant.

Du point de vue de la politique de formation, cet effet souhaité de "proximité territoriale" devra, dans un souci d'optimisation des moyens, entrer en résonance avec la politique régionale de formation permanente - ce qui n'est pas forcément gagné : les OPCA ont ici en quelque sorte la lourde tâche d'améliorer l'accord national interprofessionnel et la loi - où l'approche régionale fait figure de "parent pauvre" (cf. les réactions de l'ARF).

De fait, la nouveauté, c'est peut-être qu'une interface va s'interposer entre les entreprises et les organismes de formation. Les OPCA se positionnent clairement (et légitimement) en interface entre les entreprises et les organismes de formation, en :

  • aidant à la définition des besoins de formation (notamment dans une logique de GPEC)
  • aidant à l'élaboration du cahier des charges
  • aidant à l'identification des prestataires de formation

Seconde nouveauté de taille, les organismes de formation vont devoir être capables de mêler des publics en formation. En effet, les OPCA ont pour mission explicite aujourd'hui d'optimiser les financements de Pôle Emploi et du FPSPP pour des publics caractérisés comme prioritaire par la politique emploi. Ce qui signifie, pour les organismes de formation, qu'ils devront être capables de mêler salariés et demandeurs d'emploi...

Mais tout cela ne va-t-il pas faire apparaître des points de frictions ? Pour ma part, j'en devine deux : entre OPCA et Organisme de Formation d'une part, entre OPCA et Responsable Formation d'autre part.

Un point de friction entre OPCA et organismes de formation risque en effet d'apparaître. Question de partage de compétences : jusqu'où un OPCA (qui n'est clairement pas un organisme de formation) pourra-t-il aller sans empiéter sur les activités de l'organisme de formation ? Et poussons le bouchon, juste un peu : imaginons au hasard un OPCA de mèche avec un "cabinet" de formation sous-traitant... Ensuite, le positionnement nouveau de l'OPCA ne risque-t-il pas de casser des dynamiques créées de longue date et entretenues avec ingéniosité entre organisme de formation et entreprise le cas échéant ?

Autre point de friction possible : entre OPCA et responsable de formation en entreprise (cf. les réticences du GARF). Ces derniers souhaitent être invités dans les instances de pilotage de leurs OPCA, afin que les orientations OPCA et leurs propres préoccupations ne se mettent pas en dissonance. Ensuite, les responsables de formation craignent de perdre leur autonomie dans la relation qu'ils ont éventuellement construite avec tel ou tel organisme de formation.
Reste que, pour ce point de friction là, l'enjeu est moindre dans la mesure où les entreprises qui ont en leur sein un responsable formation ne sont pas la cible prioritaire des OPCA selon les termes de la réforme engagée.


 

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mercredi 14 mars

Quand les journalistes du Figaro écriront correctement...

figSarkozy prône le "droit à la formation" dit aujourd'hui lefigaro.fr - qui poursuit ainsi : Le chef de l'Etat a de nouveau défendu sa réforme de la formation. "Je veux un droit à la formation professionnelle quel que soit l'âge".

Le journal du Président sortant voudrait ainsi nous faire croire que cette idée d'un "droit à la formation professionnelle quel que soit l'âge" est sienne. Il se l'est peut-être appropriée - et c'est tant mieux bien qu'un peu tard -, mais en tous cas là n'est pas SA réforme. Cette idée d'un "droit à la formation professionnelle quel que soit l'âge" est vieille comme la Révolution Française et sa mise en oeuvre légale n'a pas moins de quarante ans passés, sa mise en oeuvre disons sociale datant du XIXème siècle !
Même que, depuis quelques années, les Européens - Français compris - appellent ça la formation tout au long de la vie.
Je crois que le Président sortant ne connaît ni l'histoire ni même la vie réelle actuelle de son pays qu'il dit pourtant tant aimer.
Non cette idée n'est décidément pas sienne. Lui appartient seulement la volonté de cacher le chômage par la formation - ce qui a été, il est vrai, la tentation de tous les gouvernements. Sauf que, derrière la manoeuvre, se cache la culpabilisation des demandeurs d'emploi en même temps que la réduction de la formation des adultes à un instrument de "politique" de l'emploi. Même le patronat va jusqu'à demander qu'on n'oublie pas les salariés qui doivent se former, le gouvernement ayant déjà largement piqué dans les caisses de la formation professionnelle des salariés (cotisations des entreprises), caisses gérées paritairement par les partenaires sociaux, patronat et syndicats de salariés ensemble.

Le journal du Président sortant poursuit en écrivant que La formation est l'un des sujets que le candidat a mis au coeur de son projet présidentiel. Il était temps ! Parce qu'avant il s'en foutait comme de ses dernières guignes (c'est pour ça qu'il y a mis la Nadine).

Suite : Il a annoncé que chaque chômeur recevrait une formation, à l'issue de laquelle il devra accepter le premier emploi proposé correspondant à cette formation. Culpabilisation dont je parlais tout à l'heure : grâce à la formation, tout sera résolu et, si rien n'est résolu, ce sera à cause de la faute du méchant chômeur de mauvaise volonté.

Fin : En cas de désaccord des partenaires sociaux, il soumettra, s'il est réélu, cette question à référendum.Populisme effreiné et justification a priori du vol dans la caisse des partenaires sociaux. Quoi qu'il en soit, le Roi d'Maubeuge déteste les partenaires sociaux - surtout quand ils ont du fric. Il aime leur mettre la pression. Il nous avait déjà fait le coup en 2008-2009 s'agissant des négociations qui ont fini par aboutir à la loi du 24 novembre 2009. En 2008-2009, il ne s'agissait pas de referendum (en ce temps, on sait ce que le roi d'Maubeuge faisait de la vox populi...), mais juste de l'initiative de l'exécutif brandie comme une menace. J'avais fait un schéma (arrêté en décembre 2009).

Bref, on pourrait à loisir démonter la rhétorique du Figaro et montrer comment l'organe de presse malmène la réalité et la vérité à des fins partisanes. Mais qui croit encore le Figaro ?


mardi 13 mars

L'Appel des RASED : une pétition

Signez et faites signer

la pétition "L'Appel des RASED"

à l'initiative du Collectif National RASED

en allant sur le site  www.appeldesrased.fr

L'objectif est de dépasser les 250000 signatures recueillies en 2009 pour la pétition "sauver les RASED"...