mardi 23 juillet

L’itinéraire eschatologique d’Er le pamphylien dans la République de Platon (2)

[épisode précédent]

Lors de la soutenance, le Professeur Aubenque a commencé par me dire que le travail que je lui avais soumis dépassait le cadre d'une maîtrise, puis m'a demandé abruptement comment l'apprenti philosophe que j'étais se situait par rapport à cette histoire de récompenses/châtiments dans l'au-délà, de réincarnation et de choix de vie, etc. Aucune remarque, aucune demande d'éclaircissement sur le travail lui-même, c’est-à-dire sur le travail engagé sur le texte lui-même. L’entretien avec le Professeur était fatalement axé sur les possibilités de discussion sur les thèses proposées par Platon ! Il a en fait tourné court !

En fait, il y avait deux raisons à mon mutisme relatif.

  1. Très concrètement, je me voyais mal en droit, voire en capacité de discuter les thèses platoniciennes, moi, petit apprenti philosophe que j’étais.
  2. L’objectif de mon travail était clair et affiché, écrit noir sur blanc en introduction au mémoire, et ne relevait que d’un travail sur le texte et sa situation dans l’ensemble du corpus (=ensemble de textes) platonicien.

Cette seconde raison pouvait conduire mon mentor à me questionner sur ce point. J’avais un point de vue, peut-être mineur, mais suffisamment tranché sur la place, le rôle du mythe d’Er, c’est-à-dire du texte qui court des lignes 614b2 à 621d2 de l’édition d’Henri Estienne (Genève, 1578) pour qu’une discussion puisse s’engager entre le maître et l’apprenti philosophe. Eh bien non ! Du coup, la discussion a tourné court. 

Sur le coup, fort de la positivité autocentrée qui devait me caractériser à l’époque, j’ai retenu de tout ça que mon travail dépassait le cadre d’un maîtrise - ce que j’ai immédiatement interprété comme valant plus, valant mieux qu’une maîtrise !

Mais aucun échange sur ce qui m’intéressait dans cette affaire, c’est-à-dire de montrer que ce texte de Platon n’est pas seulement une belle et poétique cerise sur le gâteau nommé République, ni seulement une espèce de synthèse d’emprunts aux traditions éléates, orphiques, pythagoriciennes, ... - ce à quoi on l’a trop facilement réduit, trop souvent rabaissé. Je soutenais que le mythe d’Er est un texte éminemment politique et il m’a semblé que mon interlocuteur ne l’a pas compris… Il faut dire que le “suivi” du maître n’avait pas eu lieu en cours d’année. Peut-être le mandarin mandarinait-il trop ?

 

Quelques années plus tard, dans un couloir de la fac de Pont de Bois, un enseignant rencontré lors de mon DEA lillois, disciple de Jean Bollack et Heinz Wismann, me signale qu’il voudrait que nous parlions de ce mémoire de maîtrise - que je lui avais donné à lire auparavant. Trop heureux qu’enfin quelqu’un s’intéresse à ce travail, un spécialiste de la philologie et de la philosophie grecque de surcroît, j’attendais avec impatience la proposition de rendez-vous. Peut-être allait-on enfin prendre au sérieux mon hypothèse… C’était il y a près de quarante ans. Le souhait de cet enseignant devenu “professeur” de philologie grecque à cette époque est tombé à l’eau.

 

 

Décidément, pas d’chance ! 

Après Alain de Benoist qui écrivit dans un ouvrage publié en 1975  qu’une “lecture politique” du mythe d’Er ne pouvait qu’induire “à un sens pertinent” et que l’auteur promettait de s’efforcer “de faire, cette lecture” afin de trouver, dans notre mythe, “les linéaments d’une problématique politique” et ne tint pas sa promesse (à ma connaissance du moins), c’était au tour d’un enseignant avec lequel j’avais travaillé en DEA à Lille de me faire une promesse qu’il ne tint pas. Autant l’oubli du représentant de la “Nouvelle droite” française (pour ne pas dire franchouillarde) des années 70 ne m’a jamais ému, autant celui du philologue me hante aujourd’hui encore, même s'il est bien tard.

 

Ce que je retiendrai de mon aventure de maîtrise, c’est - à relire le mémoire produit - cette folle énergie intellectuelle que l’étudiant y a mise. C’est pour honorer cette énergie-là que je décide de mettre ce travail en ligne, ayant la faiblesse de penser que quelqu’un qui s’intéresse à ce mythe d’Er, à ce court texte qui clôt La République de Platon, y trouvera de quoi réfléchir, de quoi avancer dans la compréhension de cette perle philosophique. L’énergie ne serait pas perdu pour tout le monde et ce mémoire sortirait ainsi des limbes de l’Université où trop de travaux intéressants restent hélas confinés.

C'est pour le même ordre de raison que je vais très prochaînement faire don à l'Université de Lille de mon fonds de littérature ancienne. Comme je disais récemment à mon ami et ancien collègue bibliothécaire, la retraite, progressivement, tourne certaines pages de la vie estudiantine et professionnelle. Il en est ainsi de ma bibliothèque de lettres anciennes (quelques centaines de volumes !)...


 

 

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dimanche 21 juillet

L’itinéraire eschatologique d’Er le pamphylien dans la République de Platon (1)

Quarante deux ans après en avoir terminé l'écriture et l'avoir "soutenu" devant un éminent professeur de la Sorbonne, je livre le mémoire de maîtrise de philosophie que j'avais consacré au mythe d'Er le Pamphylien qui se trouve à la fin de la République de Platon.
Quelle idée ! Pourquoi publier ainsi un travail d’étudiant qui aurait bien pu rester dans les limbes de l’Université, comme c’est la règle. J’ai même des amis qui ne savent plus ce qu’ils avaient traités comme sujet de maîtrise, qui ne savent plus le titre de leur mémoire d’il y a une quarantaine d’année. Pourtant la maîtrise donnait l’occasion de travailler à fond un sujet, histoire de montrer qu’on maîtrisait (précisément) les outils de la recherche ainsi que le patrimoine accumulé de la science.
mémoirePour ma part, cette année de maîtrise fut très importante, non seulement pour l’apprentissage de la philosophie mais peut-être surtout pour le travail que j’y ai fourni, hors contrôles liés aux “certificats”. Mon parcours était délibérément tourné vers la philosophie ancienne.
Ma rencontre avec Pierre Aubenque, m’a donné l’occasion de produire ce mémoire mais aussi une traduction des Catégories d’Aristote - dont le maître était un spécialiste. Pas rien que cette traduction qui m’a permis d’entrer dans les entrailles de la pensée aristotélicienne !
Autre rencontre qui aura son importance, celle d’Heinz Wismann dont j’ai suivi les cours d’”allemand philosophique” dès la deuxième année de mon DEUG. Nous y traduisions, sous sa houlette savante, des textes de philosophes allemands (Kant, Hegel, Nietzsche et Freud). C’est peut-être avec Heinz Wismann que j’ai appris à porter mon attention aux textes, aux mots de la philosophie…
Deux ans après avoir obtenu ma maîtrise de Paris IV comme on disait à l’époque et service militaire accompli, débarquant dans le Nord-Pas de Calais, je hante les couloirs de l’Université de Lille3, pour tenter d’y poursuivre mes études en philosophie grecque. J’y croise aussitôt Heinz Wismann qui me conseille alors de prendre contact avec le Centre de Recherche Philologique de Lille, fondé par Jean Bollack quelques années plus tôt. L’année de DEA fut consacré à la doxographie d’Héraclite. C’est là que j’ai croisé Fabienne Blaise (en DEA comme moi), André Laks (assistant à l’époque, et qui avait soutenu sa maîtrise avec Pierre Aubenque six ans avant moi !) ...
Un projet de thèse sera déposé sur le symbolisme animal chez Platon, projet hélas abandonné quelques années après pour cause de paternité et de vie familiale… L’idée de cette thèse était que, quand Platon évoque un animal, il n’est pas en train de “fleurir” une démonstration trop sérieuse, avec une image, un cliché etc. histoire de détendre l’atmosphère. L’animal n’est pas choisi comme ça par hasard, juste pour agrémenter un développement trop ardu ou pour le plaisir passager du lecteur. Chaque mot sémantiquement chargé a sa raison d’être philosophique, s’agissant d’un texte philosophique.

Dans mon travail sur le mythe d’Er, l’hypothèse méthodologique était la même : le mythe n’est pas là pour faire joli à la fin d’un ouvrage très sérieux sur le Justice, sur la Cité. La République étant un ouvrage de philosophie politique, le mythe d’Er devait, à mon sens, avoir une signification politique et apporter à la réflexion de l’ensemble de l’ouvrage. Lisant les commentaires existant sur ce texte, j’étais effaré du peu de cas qu’on faisait de ce qui y est écrit, et, en tous cas, de la quasi absence de commentaire politique.  En effectuant ma recherche dont le mémoire retrace le cheminement parfois tortueux, j’avais deux intentions. La première : ausculter le texte du mythe d’Er, prêter l’oreille à sa respiration, suivre le souffle qui discourt derrière et dans les mots qui le supportent. La deuxième : exhiber le caractère politique du mythe. Il s’est trouvé que ces deux intentions ont convergé ; il s’est avéré que le texte ausculté a bien une respiration politique. J’avais, me semblait-il, pratiquer cet “art de bien lire” que promeut Nietzsche dans L’Antéchrist ("Die große, die unvergleichliche Kunst, gut zu lesen", Der Antechrist, §59). Le titre complet du mémoire est L’itinéraire eschatologique d’Er le pamphylien dans la République de Platon.

L'adresse raccourcie est https://tinyurl.com/memoireER-html, le téléchargement du pdf est à https://tinyurl.com/memoireER-pdf.

[épidose suivant]


 

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mercredi 09 novembre

Rester debout !


JEUDI 17 NOVEMBRE 2016 à 20H30
au cinéma Kino-Ciné à Villeneuve d'Ascq
projection suivie d'une rencontre avec la réalisatrice
Silvia Munt & Ludovic Lamant (journaliste à Mediapart)
 
BANDE-ANNONCE
https://youtu.be/7JcpFP9JNPk
SYNOPSIS
Frappée de plein fouet par la crise économique de 2008, l’Espagne a vu son taux de chômage frôler les 27% en 2012. Des centaines de milliers de personnes se sont alors retrouvées dans l’incapacité de rembourser leur crédit immobilier puis expulsées de leur logement, tout en restant endettées auprès de leur banque. A Barcelone, un collectif citoyen s’est mis en place spontanément pour proposer un cadre d'écoute et d'entraide à ces victimes de prêts toxiques – des hommes et des femmes de tous âges et de tous horizons qui n’auraient jamais pensé qu’ils pourraient un jour se retrouver sans emploi et sans toit. Et qui n’auraient peut-être jamais osé parler de leurs difficultés ni demander de l’aide, meurtris par la honte et l’incompréhension. A travers cette expérience de solidarité et d'engagement, ils vont reprendre espoir et surtout voir la vie et le monde qui les entoure sous un nouveau jour.

SITE DU FILM (distribué par Dissidenz)

Affiche-Afectados-web

PARTENAIRES MÉDIAS
MEDIAPART - ALTERNATIVE ÉCONOMIQUE - VOCABLE- RCF

AVEC LE SOUTIEN DES ASSOCIATIONS
LES AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE - ATTAC - LDH - DAL - FIDH -  ATD QUART-MONDE - APHG - RÉSEAU ÉDUCATION POPULAIRE

 


 

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mercredi 06 juillet

Réconfort de la lecture

RéconfortdelaLectureCette belle image, je la reprends d'un message de l'haïtien Eliphen Jean, qui, de septembre 2014 à janvier dernier, a écrit de fort belles choses sur son blog Regard pluriel... Son dernier message, martial, veut partir en guerre contre cette pseudo­-démocratie qui mine son pays - comme elle mine le mien. En voici le début :

Les multiples valeurs qui fondent Haïti se dévaluent en faveur d’une démocratie qui ne colle pas. Les gouvernements, tous de mouvance despotique, adoptent des mesures d’exception qui réduisent les libertés citoyennes. Des gouvernements dont l’objectif est de rester au pouvoir à s’en rassasier jusqu’au dégoût. Des dirigeants virtuoses de la politique politicienne, des politicards vautours qui ne peuvent émaner que du fumier social.
La jeunesse comme fer de lance de la nation, doit, aujourd’hui plus que jamais, endosser les habits de soldats de guerre, contre les attentats de la colonisation, de l’impérialisme culturel et économique, contre tout un système de gouvernance politique, complice de cataclysmes et des fléaux de tout genre, qui maintient le pays dans le fouillis inextricable de ses crises. Crises qui paupérisent jour après jour les classes déjà défavorisées et le prolétariat.

Ces paroles, transposées avec beaucoup de prudence et de finesses (toutes choses égales par ailleurs, comme on dit quand on cause bien), pourraient être miennes dans ce si beau pays de France où le nationalisme trouillard pourrit la tête des gens et le 49-3 le fonctionnement démocratique de base...

Relire Rousseau, Marx, Castoriadis...



 

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lundi 04 juillet

Idéologie et démagogie, deux mamelles de la droite extrême ?

Le site de campagne du roi d'Maubeuge, "ns2017" vient de publier le message que le "conseiller politique [de Les Républicains[1]], en charge du logement" - j'ai nommé le député du Nord Marc-Philippe Daubresse - a rédigé en réaction à l'arrêté signé par la Ministre Emmanuelle Cosse et visant à étendre l'encadrement des loyers à la banlieue parisienne. C'est .

Ce message est un tissu de contre-vérités - que je ne relève même pas -, mais surtout dénote une posture interlope qu'il faut dénoncer sans relâche, même partiellement.
Ainsi la "mesure" mise en place par l'arrêté en question serait "idéologique". Deux questions :

  1. Une idéologie, n'est-ce pas un ensemble d'idées et de valeurs nées de l'analyse de la société et faisant sens politiquement, c'est-à-dire portant un projet ?
  2. Le roi d'Maubeuge et son vassal nordiste n'auraient donc pas d'idéologie ?

Tiens donc ! Ces gens-là ne pensent donc pas ? Ils n'analysent pas et n'auraient aucun projet politique ? Attendez ! Ils vont vous dire qu'il n'ont pas d'idéologie parce que leurs idées sont "naturelles", comme si la nature avait quelque chose à voir dans l'affaire, et qu'elles relèvent du "bon sens", comme s'il n'y avait qu'un seul bon sens, comme si "bon sens" signifiait fatalement "pensée unique" et donc indiscutable. Ils vont vous expliquer qu'un pays, une région ou un territoire, ça se dirige comme on dirige une entreprise et que donc les règles du bon fonctionnement économique doivent s'appliquer sans hésitation etc. On connaît la chanson ! Sauf que penser qu'un territoire se dirige comme une entreprise, c'est une idée parmi d'autres et cela fait partie d'une idéologie particulière, celle de la droite extrême, celle que défendent - bien qu'ils s'en défendent - les maîtres de la finance, le roi d'Maubeuge et ses vassaux, qu'ils lui disputent ou non son hégémonie de fait sur Les Républicains. Bref, quand on comprend que la "loi" de la finance (qui fait office de pensée économique régulatrice) ne doit pas avoir forcément le dernier mot, l'argumentation du vassal nordiste du roi d'Maubeuge tombe d'un coup.

Autre chose : la "mesure" mise en place par l'arrêté en question serait "démagogue" (moi, personnellement, j'aurais écrit "démagogique", mais bon ! on ne va pas chipoter ;-). Ah ! Nous y voilà ! N'oubliez jamais que le roi d'Maubeuge fait métier d'avocat et que son vassal nordiste prône la manipulation des autres - pour ne citer que ces deux-là. Une des astuces les plus fréquemment employées en plaidoyerie consiste à accuser l'autre de son propre défaut, voire de son propre crime. C'est ce qu'on appelle la rhétorique du retournement. Diablement efficace ! Bref ma question ici sera donc unique et très simple, retournant le retournement :

  1. Les membres du parti politique Les Républicains ne tiennent-ils jamais de propos démagogique ?

Quant au site ns2017, où le torchon du vassal nordiste du roi d'Maubeuge est publié, on pourra apprécier sa logorrhée salace et outrancière, à l'image de la rhétorique de notre bon roi d'Maubeuge ! Je vous laisse contempler le désastre ;-( Quand je vois la politique française si bien tombée dans le caniveau, je pense à Michel Rocard, décédé ce WE, qui, lui, avait une vraie haute idée de la pensée et de l'action politique.


[1] Le citoyen que je suis n'accepte pas cette façon dont le parti politique - que le roi d'Maubeuge a formaté pour permettre sa propre élection à la Présidence de la République - se prévaut de quelque républicanisme que ce soit, laissant ainsi entendre que les autres partis politiques ne seraient pas "républicains". Il faut donc considérer "Les Républicains" comme une marque et non comme signifiant autre chose que le parti politique que le roi d'Maubeuge a formaté pour permettre sa propre élection à la Présidence de la République. D'où l'erreur de considérer le 'Les' comme l'article défini du substantif 'Républicains' : nous devons parler "de Les Républicains" et non "des Républicains" !


 


 

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dimanche 13 décembre

Souci républicain et effacement de la démocratie

Voilà.  C'est fait. Le F-Haine ne gouvernera pas la région Nord-Picardie. J'ai fini par me résoudre à voter pour la droite extrême pour emmerder endiguer la marée chaussée par l'extrême droite. Npdc

À mon corps défendant. Comme en 2002.
Reste qu'en 2002 on installait un homme à la tête de l'exécutif, qui avait face à lui une "représentation nationale" diversifiée.
Aujourd'hui c'est une assemblée qu'on a élue, une assemblée qui ne comprendra que des gens de droite - droite extrême et extrême droite. La seule opposition à Xavier Bertrand sera Marine Le Pen et sa clique qui claque des talons dans les couloirs de l'institution.
Drôle de démocratie en vérité - que le souci républicain efface si allègrement !
Mais avais-je vraiment le choix ?

On remarquera bien sûr que les régions dont la majorité est de gauche socialiste se sont vues imposer une triangulaire. En gros, quand le PS gagne une région, c'est contre deux adversaires, LR et F-Haine ; quand c'est le parti LR, ce peut être grâce aux voix des électeurs socialistes. Ça fait une sacrée différence ! Le ni-ni du roi d'Maubeuge et l'inexorable extrême-droitisation de l'électorat ont produit ce paradoxe qui veut que souci républicain et fonctionnement démocratique soient en contradiction concrète ! Car c'est bien grâce au souci républicain des gens comme moi que l'assemblée des conseillers régionaux ne représente plus la population de ladite région.

Bien sûr, le nouveau Président LR-de-rien va nous chanter qu'il roule pour tous les habitants de "notre belle région". C'est une parole, une promesse qui n'engage que ceux qui ont la faiblesse voire la lâcheté d'y croire. Car, mis à part quelques slogans et gestes - chargés de symbole il est vrai -, le comportement concret, hors de l'imaginaire qui l'entoure, sera quasi le même.

Je doute fort en effet que le nouveau Président LR de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie prenne à son compte les propositions politiques pour lesquelles 30% des votants du 6 décembre se sont prononcés. Bien sûr ces 30% sont loin d'être homogènes. Restent qu'ils avaient tous à leur programme politique des incitations à la justice sociale et à l'humanisme, valeurs particulièrement chétives dans le programme du nouveau Président LR, quoi qu'il dise ! Il suffit d'examiner leur rapport à l'écologie-la-vraie, celle qui met l'humain au centre du débat, pour se convaincre que LR ou F-Haine disent la même chose et que le nouveau Président LR continuera d'afficher son mépris pour l'écologie-la-vraie, celle qui met l'humain au centre du débat et de la pratique politique.

Quant au fonctionnement politique concret de l'institution régionale, il est clair que la démocratie est en deuil. Près du tiers des votants du 6 décembre n'ont plus de voix dans l'assemblée politique régionale...


 

mercredi 31 décembre

Toya comme une gazelle...

eau-argentee-syrie-autoportrait

 

Trois films.

 

Trois regards crus

sur le piétinement

de l'humain

par le pouvoir.

 

timbuktu

 

 

Trois histoires,

où la loi écrase la Vie.

Diktat du parti au pouvoir,

loi du tyran

ou charia.

 

 

 

Triste fin d'année 2014 en vérité

avec ces trois films magnifiques.

cominghome

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mardi 23 décembre

Pauvre Zemmour ! Pauvres de nous !

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Zemmour "fait de la politique et il doit assumer les critiques", a dit Stéphane Le Foll - qui a également laissé entendre que les propos de l'auteur du Suicide français  "ne resteraient pas sans réponse".

Une réponse - et quelle belle réponse ! -, a pourtant déjà été apportée par  Noël Mamère et Patrick Farbiaz qui ont écrit ensemble Contre Zemmour, Réponse au "Suicide français" (éd. Les Petits Matins).

Ce petit livre devrait être entre toutes les mains.

Pourquoi diable le ministre et porte-parole du gouvernement ne l'a-t-il pas mentionné ?


vendredi 09 mai

Communisme ?

Aidons le libéralisme à se mettre d'équerre !

Frédéric Lordon, limpide, comme d'habitude !

[extrait de "Biens communs par nature : et pourquoi pas les entreprises ?"]


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samedi 23 mars

concurrence et coopération

J'ai toujours pensé que la concurrence - moteur psychologique du libéralisme et de l'individualisme sociopolitique en général - était un engin de mort alors que la coopération - moteur psychologique du socialisme réel et du collectivisme sociopolitique en général - était un engin de vie.Thanatos d'un côté, Eros de l'autre...

Quand deux concurrents se rencontrent et que le résultat de la rencontre n'est pas nul, l'un des concurrents meurt - à moins que ces deux concurrents ne se soient entendus (alliance dite objective) sur le dos d'un troisième à abattre. Quand deux coopérants se rencontrent et que le résultat de la rencontre n'est pas nul, cette dernière permet la naissance d'une nouvelle entité construite sur la coopération. Dans le premier cas, 1+1=1 dans le second 1+1=3. Ça fait un sacré distingo, non ?

Quand on regarde l'histoire des mot - qui n'est jamais fortuite -, les choses sont également claires : très tôt (dès le latin médiéval) la concurrence tire son énergie de la rivalité alors que la coopération tire sa force de l'adjonction de forces pour une oeuvre commune (le latin chrétien parle de "part prise à une œuvre faite en commun").

logoBref, du coup la septième séance, le 19 mars 2013, de la saison 2012-2013 du Séminaire mensuel de la Fondation Copernic, PENSÉES ET PRATIQUES D’ÉMANCIPATION, en partenariat avec la revue Mouvements et avec le soutien du programme ANR UTOPIES19, intitulée LA COOPÉRATION CONTRE LA CONCURRENCE ne saurait me laissé indifférent. À regarder de près, ici.


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