samedi 01 juillet

L'histoire des réseaux documentaires dans le champ de la culture scientifique, technique et industrielle

Musées, centres de sciences et réseaux documentaires. S’organiser et produire / Sous la dir. de Stéphane Chevalier. - Dijon : Office de coopération et d'information muséales, 2016. - ISBN 978-2-11-139616-6

Musées, centres de sciences et réseaux doc_L'appétence et la compétence pour le réseau font partie de l'ADN des professionnels de l'information que sont les documentalistes. Sans devoir remonter au grand projet mutualisateur de Paul Otlet, nous pouvons juste nous remémorer qu'avant l'Internet, voire avant l'informatique documentaire, l'activité du veilleur - métier qui, sous certains aspects, mobilise la quintessence de la documentation - commençait toujours par rechercher, dénombrer et nommer les membres des réseaux environnants (géographiquement et/ou thématiquement) afin d'optimiser la ressource documentaire et de partager les expériences, bref d'améliorer la qualité du service. Il semble que l'utilisation des nouvelles technologies n'ait en l'occurrence que renforcé la rapidité et la qualité technique des échanges tout en leur imprimant trop souvent une forme de volatilité dommageable à la durabilité des entreprises et des projets - comme si, paradoxalement, la qualité du travail collectif se dissolvait, se réduisait dans l'amélioration des conditions techniques.

Contre ce risque, le réseau Must - qui regroupe les professionnels de l'infodoc des musées, du patrimoine et de la culture scientifique et technique -  semble vouloir se prémunir, mettant résolument en avant "l'humain et le collectif". Bien que né en 2008, c'est en novembre 2014 qu'il a organisé, en partenariat avec l'ADBS, sa première journée professionnelle. Cette journée a fait l'objet de plusieurs publications, notamment par les soins du réseau dont le site met à disposition les enregistrements sonores et des photos mais aussi grâce à la publication, par les soins de l'Office de coopération et d'information muséales (Ocim), domicilié à l'Université de Bourgogne, de l'ouvrage publié fin 2016, qui constitue les actes de la journée et que nous présentons aujourd'hui.

Après l'avant-propos tout en interrogation politique de Sylvie Grange, directrice de l'Ocim, Stéphane Chevalier, initiateur et animateur du réseau, introduit à la lecture de l'ouvrage en questionnant l'"histoire des réseaux documentaires dans le champ de la culture scientifique, technique et industrielle" ; son propos s'articule autour d'une double question : quelle(s) organisation(s) et quelle(s) production(s) ?

Quatre contributions nous éclairent sur ce qu'on pourra appeler la préhistoire puis la protohistoire du réseau Must. Tout semble commencer au milieu des années 90, soit au moment où le Web devient une réalité concrète et « questionnante » pour la plupart des professionnels de l'information. Pour autant, les conditions d'émergence de ce réseau furent humaines d'un bout à l'autre, pleines de volontés individuelles et institutionnelles. À lire notre ouvrage, on sent le souffle convergent de multiples désirs.

À la question des conditions sine qua non du "bon fonctionnement d'un réseau", la réponse est double : un "réel engagement" des professionnels (et le temps qui va avec) et l'"adhésion" des dirigeants. Ce n'est que sur cette assise que peut se déployer la question nécessaire du renouvellement de l'organisation et des pratiques.

D'autre part, un réseau peut se bâtir sur deux logiques différentes (mais non exclusives l'une de l'autre), deux logiques que nous connaissons bien dans nos métiers, deux logiques qui structurent par exemple le fonctionnement de l'ADBS : territoires et secteurs d'activités. Trois secteurs passent ainsi sous les projecteurs : la santé mentale (Ascodocpsy), l'archéologie (Nordoc'Archéo) et, bien sûr, le patrimoine culturel (Must). La logique territoriale est illustrée par ce réseau dijonnais né à la toute fin du siècle dernier autour de problématiques documentaires centrées sur la culture et qui n'a toujours pas trouvé son nom. Ces quatre contributions mettent en avant la fonction production d'un réseau, mais sous le prisme du questionnement organisationnel. Les trois contributions suivantes présentent des productions pour elles-mêmes : catalogue (musée national de l'Éducation), base de données (réseau PATSTEC) et photothèque (muséum d'histoire naturelle de Toulouse). Dans tous les cas, la dimension réseau est prégnante, avec son lot d'agrégatif, de coopératif et de collaboratif.
Dernière à intervenir, comme pour conclure les échanges de novembre 2014, Véronique Mesguich se fait porte-parole de l'ADBS (dont elle est à l'époque la co-présidente) sur la question des réseaux documentaires. En appui sur le dossier que Doc-SI avait proposé sur ce thème en 2013 ainsi que sur d'autres sources, elle pose les termes de la problématique des réseaux, insistant sur leurs nouveaux rôles à l'heure des réseaux sociaux et surtout des nouveaux outils de curation - qui ne peuvent rien sans les compétences humaines, trop humaines, des professionnels de l'information et de la documentation.


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jeudi 20 avril

Les 500 mots métiers. Bibliothèques, archives, documentation, musées

Une porte d'entrée lexicale dont les professionnels tireront grand profit

Le premier mérite de ce lexique est de couvrir les quatre écosystèmes du document, ceux que Suzanne Briet, par exemple, avait déjà regroupés en marquant la convergence du trio « A, B, M : Archives, Bibliothèques, Musées » vers la documentation. Quant au Palais mondial de Paul Otlet, ce « fondateur » qui pointa si finement les ambitions des métiers de la documentation (qui sont toujours aujourd'hui les nôtres), n'était-il pas tout à la fois centre d'archives, bibliothèque et musée ?

couvAux temps d'Otlet et de Briet, la question se posait en termes dynamiques (convergence chez Briet, évolution en synthèse chez Otlet). Aujourd'hui, on peut légitimement faire l'hypothèse que les quatre métiers forment bel et bien un vaste chantier cohérent - quand bien même une telle cohérence se dissimule sous un plus ou moins joyeux fatras d'innovations métiers, de secousses technologiques et de révolutions managériales. Nos professions ne se retrouvent-elles pas régulièrement depuis des décennies pour se questionner mutuellement sur ce qui les distingue et/ou les réunit, employant pour ce faire un langage commun ? Bref, mêler, comme font Jean-Philippe Accart et Clotilde Vaissaire-Agard, les quatre métiers pour en dresser l'inventaire lexical est du meilleur aloi, dans la mesure précisément où il permettra au professionnel de l'archive de se familiariser avec le langage du professionnel de la bibliothèque, par exemple, participant ainsi concrètement au tissage de la cohérence dont nous parlions.

Le second mérite de l'ouvrage est précisément d'être un lexique, c'est-à-dire un recueil de termes mais un lexique à jour, proposant pour les termes utiles à nos métiers des définitions précises et contextualisées. La sociologie des professions a toujours mis en avant, à juste titre, le rôle structurant de la terminologie professionnelle. Cet ouvrage constitue ainsi une porte d'entrée lexicale dont les futurs professionnels tireront grand profit, leur permettant de se familiariser avec la terminologie de la profession où ils entrent. C'est seulement ensuite que, spécialisant et affûtant leurs pratiques, ils iront chercher les lexiques plus pointus. De tels outils existent. Ce qui manquait, c'est ce socle lexical que constitue Les 500 mots métiers.

Le troisième mérite de ce recueil de mots-métiers est son traitement du multilinguisme. Les auteurs ne sont pas tombés dans le piège grossier de l'anglicisation globalisante aussi stupide que violente que nous connaissons, hélas, depuis quelques années, voire quelques décennies dans nos métiers. Les lemmes sont français et les auteurs proposent systématiquement les équivalents extralinguistiques après le lemme (en l'occurrence anglais, allemand). Les entrées en langue étrangère sont par ailleurs regroupées par ordre alphabétique en annexes - ce qui permettra à nos cousins germanophones ou anglophones de se frayer un chemin dans ce dédale linguistique fort riche d'où émergera peut-être une certaine idée francophone de nos métiers mais où le respect linguistique laissera de toute façon le champ libre à la fructifiante activité qui consiste à « penser entre les langues ».


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lundi 16 janvier

Les 500 mots métiers. Bibliothèques, archives, documentation, musées

Couv_KLOG_500MotsMetiers_140x210_m.jpgLes 500 mots métiers - Bibliothèques, archives, documentation, musées.

Jean-Philippe ACCART & Clotilde VAISSAIRE-AGARD

KLOG éditions, 2016
ISBN : 979-10-92272-11-6

 

Le premier mérite de ce lexique est de couvrir les quatre écosystèmes du document, ceux que Suzanne Briet par exemple avait déjà regroupés en marquant la convergence du trio “A, B, M : Archives, Bibliothèques, Musées” vers la documentation. Quant au Palais Mondial de Paul Otlet, ce “fondateur” qui pointa si finement les ambitions des métiers de la documentation (qui sont toujours aujourd’hui les nôtres), n’était-il pas tout à la fois centre d’archives, bibliothèque et musée ? Aux temps d’Otlet et de Briet, la question se posait en termes dynamiques (convergence chez Briet, évolution en synthèse chez Otlet). Aujourd’hui, on peut légitimement faire l’hypothèse que les quatre métiers forment bel et bien un vaste chantier cohérent - quand bien même une telle cohérence se dissimule sous un plus ou moins joyeux fatras d’innovations métiers, de secousses technologiques et de révolutions managériales. Nos professions ne se retrouvent-elles pas régulièrement depuis des décennies pour se questionner mutuellement sur ce qui les distingue et/ou les réunit, employant pour ce faire un langage commun ? Bref, mêler, comme font Jean-Philippe Accart et Clotilde Vaissaire-Agard, les quatre métiers pour en dresser l’inventaire lexical est du meilleur aloi, dans la mesure précisément où il permettra au professionnel de l’archive de se familiariser avec le langage du professionnel de la bibliothèque par exemple, participant ainsi concrètement au tissage de la cohérence dont nous parlions.

 

Le second mérite de l’ouvrage est précisément d’être un lexique, c’est-à-dire un recueil de termes mais un lexique à jour, proposant pour les termes utiles à nos métiers des définitions précises et contextualisées. La sociologie des professions a toujours mis en avant, à juste titre, le rôle structurant de la terminologie professionnelle. Notre ouvrage constitue ainsi une porte d’entrée lexicale dont les futurs professionnels tireront grand profit, leur permettant de se familiariser avec la terminologie de la profession où ils entrent. C’est seulement ensuite que, spécialisant et affûtant leurs pratiques, ils iront chercher les lexiques plus pointus. De tels outils existent. Ce qui manquait, c’est ce socle lexical que constitue Les 500 mots métiers.

 

Le troisième mérite de ce recueil de mots-métiers est son traitement du multilinguisme. Les auteurs ne sont pas tombés dans le piège grossier de l’anglicisation globalisante aussi stupide que violente que nous connaissons hélas depuis quelques années voire quelques décennies dans nos métiers. Les lemmes sont français et les auteurs proposent systématiquement les équivalents extralinguistiques après le lemme (en l’occurrence anglais, allemand). Les entrées en langue étrangère sont par ailleurs regroupées par ordre alphabétique en annexes - ce qui permettra à nos cousins germanophones ou anglophones de se frayer un chemin dans ce dédale linguistique fort riche d’où émergera peut-être une certaine idée francophone de nos métiers mais où le respect linguistique laissera de toute façon le champ libre à la fructifiante activité qui consiste à “penser entre les langues”.

Note de lecture publiée sur le site de l'ADBS
et disponible au format pdf.


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jeudi 20 décembre

Les documentalistes vont au Louvre-Lens !

L’ADBS Nord-Picardie et le Louvre-Lens vous proposent une journée d’étude ADBS :

Les ressources documentaires en musée :
rôle, place et prospective
.

Jeudi 21 mars 2013 de 9h à 17h30 au musée Louvre-Lens
Inscription en ligne sur le site ADBS à partir du 15 janvier 2013.

Coordination scientifique

  • Anne Lamalle, Directrice du centre de ressources, Louvre-Lens
  • Maryse Rizza, Chef de projet en gestion documentaire, Doctorante en SIC, Laboratoire GERIICO- Université de Lille 3

Argument
Les missions des musées se concentrent autour de quatre grandes thématiques :

  1. la conservation, l’enrichissement, la restauration et l’étude des collections ;
  2. l’accessibilité au public le plus large ;
  3. l’éducation et la garantie d’un accès égal à tous à la culture
  4. la contribution au progrès, à la connaissance et à la recherche.

Si, dans l’espace de l’exposition, les NTIC ont largement pris leur place, les musées accordent de plus en plus d’importance et de moyens à l’accès aux ressources documentaires qui accompagnent les collections.

GrandeGalerieChancelphoto : http://www.louvrelens.fr/

Programme provisoire

  •   9H00 : Accueil des participants
  •   9H30 : discours d’ouverture
  •   9H45 : « Du support papier au support numérique : rôle, place et organisation des services de documentation muséale »
  • 10H30 : Fonds documentaires numérisés en ligne au service de la médiation scientifique
  • 11H15 : Documentaliste du secteur culturel ; identité, formation et réseaux
  • 12H30 : Déjeuner sur place
  • 14H     : Ressources numériques et transmission du patrimoine public
  • 15H     : Ressources documentaires et espace de savoir ; le projet du Louvre Lens
  • 16H     : Visite du centre de ressources et du musée Louvre Lens
    Fin de journée 17H30

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