samedi 24 février

Où il est question de la nouvelle Pythie Schumpeterienne.

Excellent billet au sujet de "l'autel ripoliné de la "disruption" qui est la nouvelle Pythie Schumpeterienne d'une destruction créatrice dans laquelle à défaut de savoir vaguement ce que l'on veut créer on sait en revanche parfaitement ce que l'on veut détruire et comment on va s'y prendre."

Excellent billet à la fois pour ce qu'il dénonce et pour ce qu'il préconise...

Billet à mettre entre toutes les mains malgré les gros mots qui l'agrémentent 😉.

C'est ici.


 


dimanche 16 avril

Même pas en rêve !

L'autre jour, dans ma boîte aux lettres (sur laquelle est inscrite que je ne souhaite aucune publicité), ceci :

JWSi j'ai bien compris ceux qui se prétendent "témoins de Jéhovah" prônent une lecture approfondie de l'Écriture sainte, de la Bible. Au verso de cette image, deux citations, une de l'ancien testament (Isaïe) et une du nouveau testament (Luc). Le site de cette multinationale religieuse (Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania) ne se contente pas de planter ses vigiles aux coins des rues ("La tour prend garde", "Réveillez-vous", etc.) ni d'envoyer des frappeurs de portes importuner les citadins. Elle farcit aussi nos boîtes aux lettres... Vont-ils un jour nous laisser en paix ?! Ils veulent faire rêver de la paix, mais n'en sont pas capables...
Je trouve qu'une société multinationale américaine qui prône la lecture sacrée et qui fourre ses sales papiers dans des boîtes aux lettres qui écrivent vouloir rester indemne de saleté publicitaire, je trouve que ça pose un problème : en fait, ILS NE SAVENT PAS LIRE !

C'est la première fois que j'ai ça chez moi. D'habitude ce sont les agences immoblières qui n'arrêtent pas d'inonder les boîtes aux lettres de leurs saletés. J'ai fini par en prendre mon parti et jette sans lire leurs immondices.
Dernier en date : un certain Didier Roux, conseiller immobilier, a laissé sa carte de visite. Poubelle ! Reste qu'un agent immoblier qui ne sait pas lire, ça aussi ça pose un grave problème. Comment lui faire confiance quand on négocie avec lui ou par son intermédiaire ? Poubelle !


 

samedi 14 janvier

Après la Jeanne, Le Maire

6fe68fbc-3e05-11e1-a041-e3aa407a1278Telle Jeanne d'Arc dont le roi d'Maubeuge vient de s'approprier le parrainage, l'agro-sinistre parcours notre beau pays pour entendre la France des silencieux - un silencieux étant un électeur potentiel qui se donne du mal et ne réclame jamais rien, dixit le pelerin nouveau interviewé dans Le Figaro (photo).

Super coup ! Il s'agit bien de reprendre des voix au F-Haine qui revendique très fort (c'est-à-dire en aboyant) le parrainage de la Jeanne. En fait, si on comprend bien l'analyse du mouvement populaire comme le Fouquet's, c'est la France silencieuse qui aurait tendance à voter pour la Marine (?).

La seule incontestable certitude, c'est que faire parler les silencieux est une manie de la droite en général, qu'il s'agisse du F-Haine ou du mouvement populaire comme le Fouquet's. Je l'ai remarqué depuis longtemps.

Moi je dis que les silencieux doivent rester silencieux - surtout si, rompant le silence, ils doivent se mettre à voter pour la Marine ou pour le Fouquet's !

Telle Jeanne d'Arc qui entendait des voix dans le silence de l'horizon guerrier, la droite française entend attend des voix dans le silence de l'horizon accoyerien... Triste France en vérité !


vendredi 30 janvier

Quand on n'a rien à dire, on parle pour les autres...

bertrand_3..., c'est ce qu'a fait le secrétaire général de l'UMP hier soir en duplex depuis Bruxelles au cours de l'émission animée par Arlette Chabot, alors qu'il échangeait avec Martine Aubry. Pour amoindrir l'impact politique de la foule manifestant hier, il lance la géniale idée que, face à celles et ceux qui tiennent banderoles dans la rue, il y a cette majorité silencieuse qui a travaillé et donc mérité de la patrie...

Majorité silencieuse !
Voilà une de ces expressions qui me ravissent !
Voilà une de ces expressions comme je les aiment : aussi vides qu'il est possible !
Voilà une de ces expressions-interlopes, d'autant plus interlopes qu'elles sont creuses, c'est-à-dire propices à la cachette, et qui, du coup, fleurissent dans la logorrhée politique...

Parce que je pose la question : c'est quoi la majorité silencieuse ? C'est qui ?
Tous ces Français, fort nombreux et majoritaires dans le pays, qui, entre 1939 et 1945, par ce fameux pragmatisme si cher à notre gouvernement, ont "pactisés" avec l'occupant, ont accepté silencieusement le joug, voire ont "collaboré" (cf. la floraison des lettres anonymes de dénonciation pendant ces années troubles de notre histoire) ?
Tous ces allemands, fort majoritaires également, qui, au début des années trente, ont laissé s'installer l'une des dictatures les plus meurtrières de l'histoire européenne ? Etc.
La liste est longue des situations où le silence de la majorité est condamnable, où la majorité est coupable de se tenir dans le silence - coupable a posteriori, étant donné les conséquences de son silence, mais coupable a priori, étant donné les motivations de son silence...

En tout cas, sur ce sujet, je n'ai qu'une réplique et une seule :

Que celui qui parle au nom de la majorité silencieuse se taise, car, s'il parle en son nom, il la rend bavarde et elle n'existe plus !
Celui qui prétend parler au nom de la majorité silencieuse
tue la majorité silencieuse !

En fait, la majorité silencieuse est de l'ordre du désir (dont la mort répond à l'assouvissement), désir de celui qui veut prendre le pouvoir, désir de tyran... Invoquer la majorité silencieuse pour inviter à penser qu'on a raison est un acte de la tyrannie ordinaire.

Du point de vue informationnel, c'est ni plus ni moins de la manipulation de l'opinion. Et de la plus belle espèce ! En effet, ceux qui n'ont rien dit doivent accepter ce qu'on leur prête comme discours - sans quoi ils ne font plus partie de la majorité silencieuse. Bref,

celui qui prétend savoir ce que pense la majorité silencieuse
est un mage
 !
Ou un charlatan !

La seule façon d'empêcher cette sophistique politique trop simple et trop efficace est de ne plus se taire. C'est aujourd'hui plus que jamais un impératif.


samedi 19 avril

Le parler-vrai du Figaro... (suite)

figaroCette fois-ci, c'est Marianne (je ne suis pas abonné au Figaro, ni ne lis cette feuille malodorante : faut bien que j'ai recours aux autres) qui lève le voile sur les abus de manipulation publique que peut commettre cette équipe de presse qui prétend que, sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ! Pauvre Beaumarchais ! Le journal de Serge Dassault et Étienne Mougeotte traficote encore et toujours le discours, quand ce n'est pas la méthode (idée de panel "sarko-représentatif") !

Cette fois-ci, c'est encore plus radical que la dernière fois. Je cite Marianne : Quand le Figaro commande une enquête à Opinion Way sur les Français et les réformes, les questions sont tellement ouvertes que la réponse ne peut être que : le gouvernement a raison.

Opinion way au Figaro,
ça veut dire Power way !

ou alors

grâce au Figaro, Opinion way,
c'est le chemin de l'opinion qu'il faut avoir !
c'est le chemin de l'opinion qui sied au pouvoir !

ou encore

Opinion way au Figaro,
ça veut dire Opinion War !


Magique, non ?



dimanche 06 avril

Mais que fessée !

Décidément, ces gens de la presse ne sont pas gentils avec le Roi d'Maubeuge!
Après le Nouvel Obs, c'est au tour du Monde d'être méchant !
Ce quotidien de gauchiste aurait déformé les propos de la sous-ministre Yade, juste pour embêter le bon Roi et son chambellan des affaires hors Maubeuge - qui n'a pas tardé à réagir ! Qui donc va se faire botter le train ?
J'attends la leçon de déontologie journalistique ! Dans les colonnes du Nouvel Obs ?


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lundi 30 avril

Populaire, il a dit populaire ?

J'ai toujours pensé que la rhétorique posait des questions de droits de l'homme, ne serait-ce que pour la manipulation oratoire des foules...
Exemple très contemporain : Nicolas Sarkozy affirme qu'il est le candidat populaire, et non le candidat d'un appareil.
Ce qui signifie, en vertu de la combinaison des rhétoriques du retournement et de l'envers : Nicolas Sarkozy est en fait le candidat d'un appareil, mais attribue cela à l'autre pour pouvoir paraître l'envers de ce qu'il est, pour pouvoir paraître populaire, dans une relation individuel avec le peuple de France, etc.

Nicolas Sarkozy ne serait pas le candidat d'un appareil ?

  1. Nicolas Sarkozy est à lui seul un appareil politique : il peut sans mentir dire "l'UMP, c'est moi"...

  2. Nicolas Sarkozy est la tête de pont de l'appareil gouvernemental : il n'est que de les voir tous le suivre comme de gentils toutous, premier ministre en tête... ce qui produit une dépense d'énergie jamais vue au service d'un candidat qui utilise les moyens de l'État, directement ou indirectement, pour faire sa campagne soi-disant "personnelle"... si vous n'êtes pas convaincu, comparez le déploiement des forces de polices autour des déplacements de Nicolas Sarkozy et autour des déplacements de Ségolène Royal... mais de cela, étrangement, personne ne parle même si cela signifie, en clair, que le contribuable finance une grosse partie de la campagne de l'individu Nicolas sarkozy !

  3. Nicolas Sarkozy est soutenu par l'appareil patronal et si son frangin a été évincé de la présidence du MEDEF, c'est pour que l'emprise Sarkozy n'apparaisse pas trop au grand jour et de façon trop voyante...

  4. Nicolas Sarkozy est soutenu par l'appareil médiatique et la différence entre Berlusconi et Berluskozy, c'est que le premier était en même propriétaire des médias et homme politique, alors que notre Berluskozy à nous est juste copain avec les propriétaires des médias... Relisez l'article de Libé de ce week-end...

Bref, personne d'honnête ne contestera que Nicolas Sarkozy soit le candidat de l'appareil, voire le candidat des appareils...

D'où le mensonge éhonté du ministre Dutreil : "Nicolas Sarkozy, c'est le candidat populaire face à une candidate très bourgeoise qui incarne les conservatismes et qui commence d'ailleurs très classiquement à négocier avec les appareils des partis politiques" (Le Monde du 25 avril).
L'intérêt de cette phrase est double :

  • elle valide mon point 2 ci-dessus (l'État comme appareil au service de l'individu Nicolas Sarkozy) ;

  • elle montre, dans un style très grossier, le fonctionnement des rhétoriques de l'envers et du retournement.


samedi 03 mars

Apprenez toujours à monter, ça pourra être utile !

Pour avoir déjà enregistré quelques œuvres de musique vocale et chorale (avec l'ensemble vocal dont je fais partie), je sais bien que la technique du montage est indispensable à qui veut produire un enregistrement de qualité : on chante au mieux, on enregistre plusieurs fois, on écoute patiemment, on coupe judicieusement, on raboute esthétiquement... Il est tout de même très rare que ça fonctionne du premier coup, que le premier enregistrement soit le bon ! Surtout quand la musique est complexe (Josquin Desprez, Monteverdi, JS.Bach, etc.). La technique du montage est au service du beau, d'un beau irréel. Au concert, l'immédiate réalité de la relation chanteurs-auditeurs insère irrémédiablement la qualité de la restitution chorale dans l'ambiance d'un spectacle dont les critères de qualité ne se limitent pas au pur musical. Au disque, cela devient irréel : les voix ne sortent plus de corps présents à l'auditeur, mais d'appareils décharnant la musique pour en faire une voix qui sort de nulle part, quelque chose d'irréel. Et la qualité de la restitution chorale prend la première importance que rien ne pourra perturber - si ce n'est l'indéfinie situation de l'auditeur quelque part dans un insoupçonnable lieu équipé d'appareils indéterminés... C'est là qu'intervient l'ingénieur du son (Jean-Marc Laisné pour la plupart des enregistrements de Cœli et Terra et de Métamorphoses sous la direction artistique de Maurice Bourbon), la personne qui répond de la qualité de la restitution sonore et qui doit quasiment intégrer à cette restitution les conditions d'écoute du résultat de son travail, sans pour autant connaître ces conditions... Travail mystérieux, travail éclairant !

En tous cas, ce montage reçoit forcément, pour même exister, l'assentiment du directeur artistique, qui intervient ici au nom des interprètes, des personnes enregistrées. Ce n'est visiblement pas le cas dans la mésaventure du philosophe Michel ONFRAY qui a publié ce samedi 3 mars (à 02h40 GMT!) un billet très intéressant intitulé Le fascisme télévisuel... Je te laisse lire, lecteur assidu !


lundi 26 février

Aristote reviens vite ! Ils te font dire n'importe quoi !

Lu ce dernier week-end un article dans Le Monde sur le rapport au 20070225_unetravail, un entretien avec Edmund Phelps, professeur à l'université Columbia (New York) et Prix Nobel 2006 d'économie, entretien où le vaillant économiste plaide pour la revalorisation du travail. Le quotidien - daté des 25-26 février 2007 - promeut l'entretien en bas de Une avec un titre enchanteur comme dirait Madame Parisot : "Le bonheur par le travail"...

Edmund Phelps [rappelle que le travail est] "l'activité humaine principale, source de stimulation mentale pour les individus et essentielle à l'intégration sociale". Le besoin de se réaliser dans le travail est la pierre angulaire de la "bonne vie" d'Aristote, dit-il. Mais cette stimulation n'est possible que dans les économies dynamiques. C'est l'innovation qui multiplie les postes où comptent l'engagement du salarié dans son travail et ses capacités à résoudre les problèmes. L'Europe, ajoute le Prix Nobel, souffre d'institutions qui défavorisent l'innovation au lieu de la favoriser. Son corporatisme protège les industriels, les banques comme les salariés installés. En un mot, les Européens, à l'origine de la connaissance et des découvertes, manquent aujourd'hui d'esprit d'entreprise.

Ce condensé en Une est très bien écrit, en tant que condensé. Tous les mots-clés y sont : travail, revalorisation du travail, activité humaine, stimulation mentale, bonne vie, dynamisme économique, engagement individuel, innovation, etc. La "direction" du discours de l'économiste y est sensible, palpable : on passe, comme par magie, de l'autorité aristotélicienne promouvant quête de la "bonne vie" à la promotion actuelle de l'esprit d'entreprise.

Quand on passe en page 15, comme y invite la Une, on peut en effet voir à l'œuvre quelques fonctionnements rhétoriques du discours de l'économiste.
phelpsOn voit, par exemple, comment on passe insensiblement (c'est-à-dire sans argument sérieux qui marque les étapes d'un raisonnement) de l'idée de travail récompensé à celle de "carrière", comme si la seule façon d'honorer le travail accompli était de permettre la construction d'une carrière individuelle. Ce passage subreptice me choque, moi qui ai toujours considéré que ceux qui attachent de l'importance, de la priorité à leur carrière - et que je surnomme des "Rastignac" - ne peuvent le faire efficacement qu'à la condition d'être aussi des tueurs, tueurs des autres, tueurs des concurrents...
15On voit, autre exemple, comment on passe subrepticement encore une fois d'Aristote à Rawls, comme si le premier, grec d'il y a vingt-cinq siècles et demi, donnait toute légitimité au second, nord- américain de vingt-cinq siècles et demi après ! Etc.
Mais je te laisse regarder par toi-même, méticuleux lecteur ! C'est à chaque alinéa que tu peux exercer ta conscience intellectuelle, ta morale de l'intelligence sans trop de difficulté !

Je ne ferai vraiment, quant à moi, qu'une remarque à la lecture de cette page, je n'oserai qu'une seule minuscule objection à l'adresse de notre économiste nobélisé. Utiliser Aristote pour la puissance de son raisonnement et pour le témoignage qu'il livre de la pensée ancienne me semble tout à fait judicieux. Mais alors, appeler à la rescousse sa conception de l'homme et du travail me semble excessivement déplacé !
Explication. Aristote avait du vivant une conception très hiérarchisée, où l'esclave était ravalé au rang des objets. Et si Aristote pense que l'homme libre - c'est-à-dire l'homme vraiment homme - n'a pas à travailler de ses mains (travailler au sens de tirer profit matériel de quelque activité), ce n'est pas parce que l'esclave serait là pour le faire. C'est au contraire parce que le travail est sans intérêt pour la réalisation de soi de l'homme libre, de l'homme vraiment homme, qu'il est confié à l'esclave, c'est-à-dire à l'homme instrumentalisé par l'homme libre vraiment homme... Si donc la "bonne vie" consiste bien pour Aristote en une réalisation de soi de l'homme, il faut ajouter que la forme supérieure de cette "bonne vie" est toujours selon Aristote la vie « théorétique », celle où s’exerce l’intelligence pour pratiquer un certain savoir, et sûrement pas une réalisation de soi par le travail délaissé à l'esclave parce qu'il n'a aucun intérêt en termes de réalisation de soi...

Bref, de deux raisons l'une. Ou notre économiste n'a pas lu Aristote dans le texte, ou pas jusqu'au bout. Ou il tente un tour de passe-passe en nous faisant croire que ce qu'il dit est légitimé par Aristote - qui, en l'occurrence, dit exactement le contraire, non seulement de ce qu'il dit, mais surtout de ce qu'il veut dire !

Aristoteles_LouvreDamned, Aristote serait antilibéral !?!
Je trouve qu'Aristote sourit bizarrement dans son marbre ! Comme si, sans trop oser le montrer ostensiblement, il se moquait de ces autorités de ce début XXI° qui, pour faire passer la pilule du libéralisme et de la déréglementation du droit, l'utilisent abusivement comme argument d'autorité et au mépris de toute logique et de tout respect du texte écrit (le sien) !
Monsieur Phelps, lui, rit franchement du bon tour qu'il vient de jouer ?


vendredi 26 janvier

c'est çui qui l'dit qui y est

figaro2Lu dans Le Figaro du 22 janvier, la chronique de ce cher Alain-Gérard Slama, intitulé Les profs, victimes de leur idéologie.

Tissu de fiel mêlé à de la contre-vérité. Mais surtout, à partir du constat de la récente manifestation des enseignants, démonstration de la nécessité de voter Sarkozy.

alain_gerard_slamaEn fait, dit le chroniqueur sarkoziste, les enseignants n'ont pas à se plaindre de la dégradation de leurs conditions de vie personnelle et professionnelle. Elles ne sont dues qu'à leur refus obstiné de croire aux vertus de la méritocratie.

Si si ! Il est sérieux quand il écrit ça !

Le problème, c'est qu'il ne se demande pas vraiment pourquoi les enseignants ont une si piètre opinion de la méritocratie. Et s'il avait réfléchit un peu, ce brave chroniqueur libéral et savant, et surtout s'il ne prenait pas les enseignants pour des couillons, il aurait compris que si les enseignants refusent voire récusent la méritocratie, c'est tout simplement parce qu'il en ont constaté les dégâts sur la jeunesse dont il s'occupent, parce que, si la méritocratie devenait le modèle de fonctionnement de l'école, on en reviendrait aux plus grandes injustices sociales. En effet, pour fonctionner correctement et sans hypocrisie la méritocratie devrait s'exprimer sur un terreau égalitaire. Si les gens doivent être évalués en fonction de leur mérite, alors ils doivent tous avoir les mêmes chances de départ - ce qui n'est pas la réalité. Je pense que notre chroniqueur conviendra que les enfants de Neuilly-sur-Seine et les enfants de Neuilly-sur-Marne ne partent pas dans la vie avec les mêmes chances de réussite éducative par exemple... Lui qui cite Raymond Boudon, il aura sans doute lu les études sociologiques les plus récentes à ce sujet.

Second problème : qui évalue s'il y a mérite ou pas ? Monsieur notre chroniqueur ? Monsieur Sarkozy, pour qui il appelle à voter ? Qui donc ? Le "marché" peut-être ? Ou Dieu soi-même ? Le mérite serait un "principe laïque" - à ce que prétend Monsieur Slama ! Moi, j'ai toujours pensé que ça avait quelque chose de religieux : si tu es sage, tu mériteras le paradis ; ou alors Eve a pris la pomme donc les femmes méritent de souffrir quand elles enfantent ; etc. Et souviens-toi, lecteur fidèle, de mon billet "Dieu dans l'isoloir et Nicolas dans le confessionnal..."!

Figaro3Bref, je crois que notre chroniqueur savant s'est laissé aveugler par son idéologie, ou plutôt celle de son employeur, le Figaro, c'est-à-dire celle de son patron idéologique, Monsieur Sarkozy !