lundi 07 juin

Analogie et emballement - suite

C'est fou comme tout le monde s'emballe sans réfléchir ! Martine Aubry construit une analogie et tout le monde prend ça pour une comparaison ad hominem - même les analystes réputés !
Je remarquais l'autre jour que cela avait l'énorme avantage de permettre aux sbires du roi d'Maubeuge de s'égosiller en criant à la vulgarité de la Dame de Lille.
Je cite l'honorable quotidien du soir (qui, par ailleurs, est bien sûr lui aussi tombé dans le panneau) : À l'UMP et au gouvernement, des cris d'orfraie ont immédiatement retenti. " Les Français jugeront où est la vulgarité ", a fustigé, en spécialiste, Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP. [Franck Nouchi, Le Monde daté du 2 juin] Ou encore : Les attaques ad hominem de la première secrétaire du PS contre le chef de l'État, comparé à l'escroc américain Bernard Madoff et accusé de " vulgarité ", dénoteraient une attitude sectaire. Le chef de l'État a fait mine de ne pas réagir, mais a envoyé ses troupes au combat. [Pierre Jaxel-Truer et Arnaud Leparmentier, Le Monde daté du 4 juin]

Moi, je trouve qu'ils ne manquent pas d'air, les Morano, Wauquiez et autres Lefebvre de protéger ainsi leur surhomme qui sut être publiquement si vulgaire ! En fait, on a là un nouvel emploi de la fameuse rhétorique du retournement déjà présentée sur Brich59. Les vulgaires traitent les non-vulgaires de vulgarité et comme les gens regardent ce que pointe le doigt de la vindicte criarde, ils finissent par oublier que ledit doigt appartient à un vulgaire etc. L'occasion était trop belle pour ces non-respectables politiques de se faire une virginité rhétorique sur le dos de la Dame de Lille qui n'a, somme toute, je le redis, que proposer une analogie et n'a donc en aucun cas prétendu que Madoff et Sarkozy, c'était la même chose.

Il faut dire que les journalistes les ont un peu aidés sur ce coup !



mardi 23 mars

respecter le droit, respecter les gens

Ainsi l'UMP est encore une fois prise la main dans le sac du non respect du droit. Aujourd'hui on pourra parler du droit à l'image. Voyez l'Ordonnance de référé 15 février 2010 du Tribunal de grande instance de Paris concernant l'affaire Paloma P. vs l’UMP. Voyez aussi le petit commentaire publié sur davidtate.fr. J'aimerais bien qu'on en parle plus que ça... Les journalistes devraient faire ce travail de divulgation des manquements aux règles du droit des partis politiques, surtout ceux qui accaparent le pouvoir politique et économique. Non ?

D'ailleurs, ça fait un bout de temps, j'ai entendu, au cours d'un reportage radio sur les jeunes de l'UMP, l'expression "jeunes populaires" pour les désigner. Cela m'a choqué parce que cette reprise de l'expression banalisait le terme, en le sortant de son contexte originel d'auto-proclamation politique. Ces jeunes-là ne sont pas plus populaires que le maire de Neuilly roi d'Maubeuge, c'est un fait. Un fait politique, un fait sociologique. Dire qu'ils sont populaires frôle la désinformation. Les journalistes devraient vraiment faire attention à ce qu'ils disent !

Surtout quand on voit le score de ce parti politique aux dernières élections...


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dimanche 14 mars

Widget Le Monde

AJOUT DU 15/03/2010
Entendu ce matin sur une radio nationale vers 7heures : "Le Nord-Pas de Calais, fief de Marine Le Pen". J'étais en voiture et j'ai failli avoir un accident. Les journalistes devraient vraiment faire attention à ce qu'ils disent !!!!!


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mardi 16 février

Dans la série "Et si les journalistes faisaient attention à ce qu'ils écrivent ?"

Les Échos de ce matin01 :

Retraites : Nicolas Sarkozy fait un geste en promettant cinq mois de concertation
Le chef de l'État a exclu, hier, lors du sommet social, d'imposer une réforme sur les retraites qui serait votée dès juillet. Un geste en direction des syndicats. Le texte de loi sera dévoilé en septembre. Les syndicats restent méfiants et prévoient de mobiliser le 23 mars pour peser sur les choix du gouvernement.

Trop gentil, non, ce roi d'Maubeuge ! C'est du moins ce que voudrait nous faire accroire le quotidien économique...

Il s'agit en fait, d'une nouvelle danse en vogue au Château, que nous nommerons "danse du gentil geste". Il s'agit tout simplement de faire deux pas contraires, celui qui va dans la direction souhaitée étant un peu plus étiré que le pas qui va dans la direction souhaitée par le partenaire. Nous avons déjà eu le cas récemment, lors du dénouement (provisoire) de l'affaire Clearstream : le Château dit Non, nous ne ferons pas appel : justice est rendue taratata. Après quoi le Parquet fait appel. D'accord, Parquet n'est pas Château ! Mais si le Château avait vraiment voulu qu'il n'y ait pas appel, le Parquet aurait obéi aux ordres de sa hiérarchie.

Aujourd'hui (ou plutôt hier), même histoire, mais inversée dans l'ordre des séquences : le Château dit à la population et à ses dignes représentants (syndicats) qu'il va falloir y aller sans négocier pendant des plombes, qu'on a assez perdu de temps comme ça sur la question des retraites taratata ; puis le roi d'Maubeuge arrive en promettant qu'il y aura concertation !

La clé de compréhension de cette danse du gentil geste est dans la reconnaissance de l'identité foncière entre les deux danseurs : Château = Parquet, Château = roi d'Maubeuge. Je me souviens, il y a  bientôt vingt ans, avoir publié un article où ce genre de manœuvre interlope (jeu de masque)  fonctionnait dans le cadre d'une analyse sur la méthodologie de la recherche-action dite de type stratégique...

Bref, revenons à aujourd'hui. Tout d'abord, nous devons remarquer qu'il est assez étrange qu'on soit heureux qu'il y ait concertation dans notre bonne République. Est-elle tant que que ça mise à mal ? Et par qui ? Passons ! Mais le pompon, c'est quand les milieux économiques font un titre de gloire à leur grand chef-adjoint à la politique, lorsqu'il ne s'agit que d'une manœuvre, une de plus, pour imposer le diktat du capital aux travailleurs, sans aller au clash avec les représentants des travailleurs, comme dit clairement la Une du quotidien économique. Tel est bien le véritable enjeu pour le patronat - qui peut donc féliciter son chef-adjoint à la politique.


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vendredi 05 février

Et si les journalistes faisaient attention à ce qu'ils écrivent ?

Clipboard01Le Nouvel Observateur de ce jour titre sur Les diplômes qui donnent du travail, comme si le diplôme donnait du travail, la formation récompensée par un diplôme pouvait donner quoi que ce soit en matière de travail, hormis les emplois d'enseignants et autres boulots liés au fonctionnement même de la formation !

Non aucun diplôme ne donne du travail !

Tout juste le diplôme aide-t-il son détenteur à se mieux placer dans la file d'attente de la recherche d'emploi (la lutte des places, comme disait l'autre, est ici à l'œuvre). C'est bien l'emploi qui donne du travail. Tout simplement. C'est-à-dire que ce sont les patrons qui, offrant des emplois, donnent du travail. Après, en dernière instance, ce sont les propriétaires des outils de production qui décident des emplois à offrir et à supprimer. Fonds de pensions et autres funestes capitalisteries...

Pourquoi donc les journalistes, de quelque bord idéologique qu'ils s'affichent, perpétuent-ils cette vaste illusion que la formation et/ou le diplôme donne du travail, si ce n'est pour culpabiliser les chômeurs, pour les contraindre à internaliser la responsabilité du chômage - ce que le petit moyen grand capital s'évertue à faire depuis des lustres voire des siècles. C'est pour moi la seule explication possible. L'autre hypothèse consisterait à voir dans les journalistes des gens de peu de réflexion - ce que je ne veux pas imaginer un seul instant !

Le diplôme comme atout pour ramasser le premier la miette d'emploi que le capital jette trop généreusement dans la mêlée où, très concrètement, se disputent les demandeurs d'emploi - dispute qui les occupe et les empêche de revendiquer la simple justice sociale etc.
La lutte des places a ceci de capitalistiquement vertueux qu'elle hypothèque l'hypothèse même de lutte de classes : les gueux se battent entre eux ; les non-gueux sont peinards !

Est-ce vraiment là le souhait de l'équipe rédactionnelle du Nouvel Observateur ?