mardi 05 avril

Facebook terroriste ?

Je lis dans divers posts que Facebook censure les pages appelant à un soulèvement en Palestine. En effet, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a ordonné la suppression de comptes et pages de son réseau social appelant à un soulèvement en Palestine, le 15 mai prochain, anniversaire de la Nakba. Depuis le 6 mars, plusieurs pages Facebook ont appelé à une troisième intifada. Elles ont réunies jusqu’à un demi-million d’internautes.
Prise à la demande des autorités israéliennes, cette décision de Facebook met à mal la neutralité du Net. Devrons-nous supprimer nos pages Facebook ?

La question, pour moi, n'est pas de savoir s'il y a des palestiniens terroristes ou si Israël est coupable de terrorisme d'État (je viens de lire un document édifiant sur la question du conflit israélo-palestinien) ! La question est de savoir de quel droit Mark Zuckerberg censure de la sorte. La question est de savoir si Facebook est un appareil sioniste ou non !


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jeudi 14 octobre

L'inverse du nazisme est encore le nazisme

L'association pour les droits civils en Israël (The Association for Civil Rights in Israel) publie une étude sur les propositions de loi qui seront discutées lors de la session d’hiver de la Knesset.

D'où il ressort que certaines dispositions envisagées par l'État israélien rappelle de tristes souvenirs pour celles et ceux qui ont vécu ou étudié l'Europe des années trente et quarante... Il suffit de changer les titulaires des rôles... No comment ! C'est trop gros !

J'ai toujours pensé qu'un État religieux était la pire des solutions politiques côté droits de l'humain.


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lundi 12 avril

Entourloupe à Amsterdam

2010_04_10_11h33m03__cTrois jours à Amsterdam. Promenade tranquille dans les rues et le long des canaux de la ville de Baruch Spinoza. Baruch, c'est-à-dire "béni", béni des élèves des classes de philosophie qui ont tant de mal à entrer dans son texte si dense...

Ce qui est sympa, entre autres merveilles, c'est qu'Amsterdam fourmillent de musées. Tiens ! As-tu essayé la nocturne du Musée Van Gogh, assidu lecteur, le vendredi soir ? Ce vendredi, admirant à l'aise les tableaux dans les étages, nous étions bercés dans le flot des scintillements charnus de trois xylophones installés au rez-de-chaussée. Magique !

Samedi, j'ai abandonné le groupe familial pour visiter le Bijbels Museum, le long de l'Herengracht. Le livre avec un l minuscule - son histoire, son édition - me passionne et la perspective d'un regroupement de témoignages autour de la Bible - le livre avec un L majuscule - dans la capitale hollandaise où l'imprimerie alla bon train dès le XVème siècle me remplissait d'espoir...

Le diable m'avait trompé ! De l'imprimerie hollandaise de la renaissance je ne vis rien, ou presque : la Bible Moerentorf (Anvers 1599) et un 2010_04_10_11h31m48__cmissel romain de 1620 d'Anvers également.

Par contre, si j'en avais eu désir et besoin, j'eusse été comblé de contempler irrésistible histoire du peuple juif, du Tabernacle à la Palestine, de la fuite d'Égypte à l'impérialisme.

Tout était là.
Tous les symboles forts.

La Bible comme prétexte du sionisme le plus affirmé, du colonialisme le plus revendiqué.

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Devant l'une des vitrines,

j'ai pris conscience d'une continuité

entre les Croisades médiévales et

le colonialisme israélien.

Il me semblait toucher du doigt

la raison souterraine

qui empêche les peuples chrétiens

de vraiment dénoncer le génocide palestinien...


dimanche 31 août

Quelques lectures d'été : de fil en aiguille...

Cet été, j'ai lu quelques articles et ouvrages. Plaisir du temps de lire. Étourdissement des fils qui s'entrelacent, finissant par tisser un enchevêtrement unique et provisoire, aux mesures du lecteur particulier à un moment particulier... Et cette histoire-là est sans fin, car, au fil de la lecture, des visions d'entrelacs apparaissent fugaces ou tenaces, des livres se montrent qui, non encore parus, attendent d'être lus...

Comme celui de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé (à paraître en septembre chez Fayard). Éric Rouleau l'avait annoncé dans la livraison de mai dernier du Monde Diplomatique. Dans celle d'août, l'auteur présente sa thèse. Je te laisse la liberté de lire, lecteur curieux. Sache seulement que cet article éclaire d'un jour tout neuf l'histoire de ce peuple dont le "destin" embarrasse la conscience européenne depuis des siècles. Ce texte démystifie pas mal de choses (le judaïsme comme religion comme les autres ; la relation entre les juifs et leur Dieu comme simple relation entre le croyant et son Dieu ; la filiation divine des juifs comme mystification théologico-politique ; etc.) et dynamise les analyses que rapporte Étienne Balibar dans sa contribution à l'Agenda de la pensée contemporaine (« "Dieu ne restera pas muet" - à propos du sionisme : messianisme et nationalisme », in Agenda..., n°9, Flammarion 2007). Voici mon schéma de lecture des pages 30 à 45 de cette contribution (le pdf correspondant est ici) :

Balibar2007a

Analyses et lectures à suivre donc...
On est bien loin de la sortie d'Alain-Gérard Slama le mardi 8 juillet sur RTL ("Il y a souvent des liens entre la virulence dans la dénonciation de l'argent, des riches, et puis l'antisémitisme"), que commente Vincent Cheynet dans la dernière livraison de La Décroissance (n°52, p.5) et qui a fait parler d'elle sur le web à l'occasion du lynchage d'un journaliste de Charlie Hebdo (Siné)[1]. Balibar, lui au moins, réfléchissait. Voici le schéma que je titre de sa réflexion (pdf ici) :

Balibar2

[1]  Voir le point proposé par Patrick Rimbert sur cette affaire.


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mardi 17 juin

Racisme et antisémitisme

Depuis le sujet proposé à l'épreuve du dossier du CAPES de documentation il y a deux ans, j'ai du mal à voir clair dans l'articulation entre racisme et antisémitisme. Que l'antisémitisme ne soit pas considéré comme un racisme comme les autres m'a toujours interrogé et conduit à penser que distinguer l'antisémitisme parmi tous les racismes est en soi une discrimination, la discrimination étant l'une des marques congénitales de tout racisme. Sûr de mon raisonnement, je n'osais l'avouer de peur d'être accusé d'antisémite...

Quelle ne fut donc pas ma joie quand je lus, dans le Monde Diplomatique de ce mois de juin 2008, le texte de Tony Judt, "Trop de Shoah tue la Shoah" (p.22-23), où l'on voit comment l'on est passé du déni du caractère raciste de l'antisémitisme (juste après guerre) à une sorte d'inversion du problème que pose l'antisémitisme (aujourd'hui) !

Tony Judt déroule cela en trois temps :
schéma en html ou en pdf à imprimer en A3

juste après la guerre

  • en Europe de l'Est, dès après la guerre, la Shoah fut ignorée [parce que il fallait oublier que c'est en Europe de l'Est qu'il y eut les plus grandes atrocités, et de nombreux "collaborateurs" ; parce que il fallait que les victimes non juives du nazisme et du bolchevisme oublient leurs propres souffrances ; parce que la judéité des victimes soviétiques du nazisme fut minimisée par les autorités soviétiques ; parce que "finalement, après quelques années, à la mémoire de l'occupation allemande succéda celle de l'oppression soviétique"]

  • en Europe occidentale, ce fut un autre monde, mais il y eut le même oubli [parce que les pays "occupés" soignèrent leur image de résistance - pour oublier leur humiliation et parce que les allemands s'apitoyèrent sur leurs propres souffrances]

ensuite

  • années 60 une nouvelle génération découvre...

  • années 80 la Shoah est connue d'un public de plus en plus large...

  • années 90 fin de la division de l'Europe... repentances officielles et commémorations...

  • "aujourd'hui, la Shoah est une référence universelle" (programmes scolaires et productions de récits et d'analyses)   

aujourd'hui, "le souci de notre époque pour la Shoah [...] pose cinq problèmes" :

  1. dilemme des mémoires incompatibles (sorte de conflit des mémoires de la souffrance humaine ?)

  2. exactitude historique et risques de surcompensation

  3. difficulté de tenir la notion de "mal unique" - ce qui entraîne une dilution de la notion de mal

  4. la lutte contre l'antisémitisme comme "raison" d'ignorer les autres maux de notre époque

  5. la lutte contre l'antisémitisme comme justification du sionisme

Ce schéma est concis et l'article mérite une lecture approfondie, tant le regard qu'il déploie sur les soixante dernières années donne à réfléchir et risque d'ouvrir les yeux à de nombreux fanatiques et autres gens qui se contentent d'approximations historiques et morales. Un beau risque !


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