jeudi 11 septembre

Regards sur l'éducation, regards sur la pauvreté, regards sur l'insertion des jeunes

Quand le libéralisme "occidental" jette un œil sur l'éducation, ça donne un paquet d'indicateurs et des préconisations à peine voilées, notamment celle de marchandiser toujours davantage l'éducation. Ça a au moins le mérite de la franchise. On parle maintenant sans tabou - surtout depuis que la droite française et européenne s'est décomplexée... Le rapport de l'OCDE est pour un accès séquencé ou ici pour le volume entier (551p. = 6 Mo) : lecteur attentionné et intentionnellement vigilant, je te laisse juge et n'en dis pas davantage !

Par contre, le rapport publié par l'OMS (Commission des Déterminants Sociaux de la Santé) le 28 août dernier, intitulé Combler le fossé en une génération - Comment faire ?, dit les choses plus crûment. Quitte à braver la "sagesse" libérale des "experts" de l'OCDE, par exemple en dressant le constat de l'échec des politiques qui construisent la lutte contre la pauvreté sur la croissance économique... Un rapport à lire in extenso !

On voit dans cette confrontation de deux méthodes que le simple fait de "globaliser" la problématique permet de ne pas tomber dans les rets de l'idéologie dominante, permet de ne pas en rester à l'incantation libérale. Ce qui n'est pas sans rappeler à mon souvenir le parti-pris qu'a toujours adopté Bertrand Schwartz, parti-pris qui s'exprime fortement dans son rapport de 1981 (L'insertion des jeunes) : la personne humaine est complexe et sa vie est multidimensionnelle. Ne considérer que l'une des dimensions conduit immanquablement à l'échec toute action politique ou sociale territoriale. Bertrand Schwartz et Gérard Sarazin en font encore une fois la démonstration, avec la recherche-action menée pour le Synami autour de la problématique de l'insertion des jeunes aujourd'hui, avançant la nécessité d'une "écoute globale" des jeunes et des salariés des missions locales. Philippe Labbe propose une synthèse sur son blog. Lis tout ça, cher lecteur attentif, et tu comprendras vite qu'on est à mille lieues de la rhétorique monolithique d'un Laurent Wauquiez qui veut "rassurer" dit-on lesdites missions locales : "Les missions locales auront deux orientations claires : elles ne sont pas là pour occuper les jeunes de stages en stages et doivent être orientées vers le retour à l'emploi et, par ailleurs, il faut les évaluer." "On ne peut pas continuer à les subventionner sans s'y intéresser. La contrepartie, ce sont les résultats." (extrait d'une dépêche de Localtis.info). On appréciera la charge négative des nombreux non-dits ou dits-en-creux de ce type de discours. On en mesure immédiatement la contre-performance en matière d'insertion sociale et professionnelle...


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vendredi 29 août

C'est lui que le dit !

Excellent ! Décidément ce Roi d'Maubeuge aime faire perdre la tête à ceux qui l'écoutent - et y compris à ceux qui, comme moi, ne veulent pas trop l'entendre !
article_photo_1219928206300_5_0Soyons donc tout oïe : « Moi mon rôle, c'est d'apporter des réponses aux problèmes de la société française, je veux ramener au travail les exclus, avance le chef suprême de la droite française, c'est un sujet majeur pour moi, c'est un élément de la justice sociale, et la majorité doit se saisir de ce problème de l'insertion et de la justice, sinon elle se caricature ». [prononcé ce jeudi 28 au sujet du financement du RSA]
Nous n'en croyons pas nos oreilles ! Nous nous précipitons donc tous sur notre dico préféré. Moi c'est le TLFi que propose le Centre National de Ressources Linguistiques et Lexicales - qui propose en définition de tête pour 'caricature' :  Portrait en charge, le plus souvent schématique, dessiné ou peint, mettant exagérément l'accent, dans une intention plaisante ou satirique, sur un trait jugé caractéristique du sujet. C'est moi qui souligne : d'après le chef suprême de la droite française donc, l'un des traits caractéristique de ladite droite est de ne pas se saisir du problème de l'insertion et de la justice !
C'est lui qui le dit et il sait de quoi il parle ! Nous, nous savons aussi pourquoi il dit tout ça : pour montrer que c'est bien lui le chef suprême de la droite française...
... et remonter encore un peu dans les sondages.


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vendredi 27 juin

Théâtre(s) en Lutte(s)

En Vie - Théâtre de l'Opprimé, Open World (Cie les Tambours Battants) et Le Petit Théâtre Utile se sont regoupés en collectif, "Théâtre(s) en Lutte(s)", pour proposer à la MRES un rendez-vous régulier de théâtre en prise directe avec les évolutions d'un monde en pleine mutation. Des rendez-vous en spectacles, en dialogues et en musique !

Fleyer_mail

Pour cette première rencontre, le collectif s'associe au CRDTM, à Peuples Solidaires, à la Ligue des Droits de l'Homme, à la Confédération Paysanne et accueille une compagnie indienne : Jana Sanskriti.

Vendredi 4 juillet

  • 18h30 : L'OMC est notre amie par Open World (Cie les Tambours Battants)
  • 20h : Clandestins par Le Petit Théâtre Utile
  • 21h : débat « MONDIALISATION ET IMMIGRATION » par Hélène Flautre et la  Ligue des Droits de l'Homme
  • 21h30 : La Brigade des Tubes (fanfare)

Samedi 5 juillet

  • 18h30 : Paysan dans la mondialisation par Jana Sanskriti, Théâtre de  l'Opprimé, Inde.
  • 20h : débat « MONDIALISATION ET AGRICULTURE » par la Confédération Paysanne, Peuples Solidaires et CRDTM
  • 21h30 : Les Joyeux Mutins (chorale révolutionnaire)

Possibilité de restauration légère sur place
Tarif unique : 5 euros (8 euros pour les 2 soirées)

Réservations : 03 20 52 12 02
MRES - 23, rue Gosselet, LILLE


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vendredi 23 mai

Faire de la formation professionnelle un levier réel et effectif de l'insertion

"Faire de la formation professionnelle un levier réel et effectif de l'insertion", en construisant "une offre adaptée aux besoins des publics les plus éloignés de l'emploi", c'est l'une des préconisations du rapport général sur le Grenelle de l'Insertion que l'AEF s'est procuré dans sa version "de travail", nous explique l'excellente agence d'information AEF [Dépêche n°96543 (Emmanuelle Parra-Ponce), Paris, Jeudi 22 mai 2008].

L'idéologie de la formation professionnelle continue (FPC) retombe ainsi allègrement dans les eaux troubles de ses fonts baptismaux ! En a-t-elle seulement jamais émergé ? Dès 1970/1971, en effet, la FPC est écartelée entre deux finalités : fournir de la main-d'œuvre "adaptée" aux besoins de l'industrie et des services d'une part, augmenter l'autonomie intellectuelle et culturelle des citoyens d'autre part. Le seul projet concret et multiple où ces deux finalités tentent la conciliation est, à mon humble connaissance, la vie tout entière de Bertrand Schwartz - que la Région Nord-Pas de Calais a célébré il y a peu. Infatigable Bertrand qui accompagne le Synami-CFDT dans une action avec les missions locales.

Bref, que de bonnes intentions ! Construire "une offre [de formation] adaptée aux besoins des publics les plus éloignés de l'emploi" ! Pensez donc ! Qui peut nier l'intérêt d'une telle construction ?

Moi.
Ne serait-ce que parce qu'un tel projet est là pour masquer des questions plus fondamentales, des questions qui parlent de ce qui, en dernière instance comme on disait autrefois, explique les dysfonctionnements perpétuels de la machine sociale d'un capitalisme à l'idéologie surannée mais toujours en service !

Je ne suis sûr que d'une chose, concernant la relation (introuvable ?) entre formation et emploi : la formation ne crée que des emplois de ... formateurs. Pour le reste, décalons le regard et posons-nous les bonnes questions !

Si les gens sont au chômage, ce n'est pas parce qu'ils sont paresseux ou intellectuellement déficients ! Si les gens sont au chômage, c'est parce que le capitalisme ne crée pas suffisamment d'emplois. Et si le capitalisme ne crée pas suffisamment d'emplois, c'est parce qu'ils exigent que tout emploi "rapporte" du bénéfice sonnant et trébuchant. Ils appellent ça la culture du résultat, d'où est exclu la prise en compte des aspects sociaux et culturels de la vie. Moi je préfère appeler ça la culture de la marchandisation intégrale, de la monétarisation totale, effet et cause en même temps du totalitarisme des riches. Nous ne sommes pas en démocratie, nous ne l'avons jamais été ! Nous sommes sous le régime de la ploutocratie.

La ploutocratie est mondiale, alors que les démocraties sont locales. Disproportion absolue, plus récente que le phénomène de la ploutocratie lui-même.
Quoique, à bien regarder...

Bref, la question fondamentale est bien celle de la répartition des richesses. La FPC, là dedans, fait figure de figurante, pour amuser voire, dans le meilleur des cas, pour occuper les politiques et les petites gens que nous sommes. Un leurre dont la fonction idéologique est d'une évidence criante.

Efficacité de la FPC ou pas, le plein emploi est plouto-incompatible. Et la démagogie d'un Roi d'Maubeuge, ni, hélas, la qualité des analyses d'un Laurent Cordonnier par exemple, n'y peuvent rien. Encore moins le Grenelle de l'insertion !


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lundi 07 avril

au fond de la terre, au fond de la mine : souvenirs des colonies

Curieux ! Personne, à ma connaissance, n'a fait de rapprochement entre la profanation sacrilège répétée de Notre Dame de Lorette et, dans le même département du Pas de Calais, le mépris souverain que l'autorité économique des Houillères afficha à l'endroit des travailleurs marocains et algériens lors de la fermeture des mines du bassin lensois, mépris enfin reconnu par l'autorité judiciaire, ici représentée par la HALDE.

Moi, le parallèle, je le fais sans hésiter. D'un côté, les colonisés qu'on est allé chercher chez eux pour défendre la Patrie qu'on leur imposait ; de l'autre, les hommes en bonne forme physique qu'on est allé chercher chez eux pour vider les veines noires de la terre, leur ayant fait miroiter le paradis économique et social.

Quelle différence au fond ?

La discrimination appelle la discrimination.

Pour la réparation, ce sera une autre histoire, un autre enchaînement.
Qu'une institution se fasse taper sur les doigts est une chose - déjà un grand résultat.
Que tous les citoyens, comme une seule entité, mettent le "respect obligé" dans le magasin de leurs comportement en est sûrement une autre - pas gagnée !


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