mardi 30 avril

Entrepreneuriat

image france-amerique.comL’entrepreneuriat (dont une variante orthographique très utilisée est entreprenariat) est l’action de créer de la richesse et/ou de l'emploi par la création ou la reprise d'une entreprise. C'est par cette définition que commence l'article "Entrepreunariat" de Wikipedia, initié par Loreleil (École supérieure de commerce de Bretagne, 2009).
Le mot n'est pas encore au dictionnaire officiel ; du moins je ne l'ai pas trouvé sur le portail lexical du CNRTL - en qui je mets toute ma confiance terminologique depuis qu'il existe. Du coup je vais voir s.v. Entrepreneur et je lis :

A.- Rare, vieilli. Celui qui entreprend, qui organise. [...]
B.- Économie
1. Personne qui engage des capitaux et utilise une main-d'œuvre salariée en vue d'une production déterminée. Synon. mod. industriel, chef d'entreprise
[...]

Bon ! Donc, quand le gouvernement français organise les Assises de l'Entrepreneuriat, il cause d'engagement de capitaux, d'utilisation de main-d'oeuvre et de production ? Peut-être. Mais il parle aussi de diffuser l’esprit d’entreprendre auprès des jeunes, des très jeunes !

Donc tous nos jeunes, d'ici quelques années, auront l'esprit d'entreprendre ! Magnifique. Mais s'il est vrai que l'entrepreneur est celui qui est capable d'engager des capitaux (certains au MEDEF et chez les pigeons appellent ça la prise de risque), cela veut dire que tous nos jeunes auront à leur disposition des capitaux (ils auront de quoi prendre des risques)... Merci Monsieur le Président !

Je ne sais pas vous, mais moi, cette rhétorique ne vaut rien qui vaille. J'ai déjà évoqué l'intrusion du libéralisme béat sur les tableaux noirs de la République. Sarko l'a rêvé, Hollande le fait !

Mais deux remarques :

  1. Quand tous nos jeunes auront-ils de quoi s'amuser à la prise de risque ? Quand disposeront-ils d'un capital à engager ?
  2. Le salarié ne court-il, lui, aucun risque à travailler pour l'entrepreneur qui l'utilise - et le jette à la rue dès que son risque ne lui rapporte plus assez, à lui ?

Bah !

Plutôt lire les mises en garde de Philippe Watrelot. ou Marjorie Galy.


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dimanche 30 décembre

Partage

<< Lorsqu’il s’agit de penser les cultures numériques, le mot partage est imparfait et irremplaçable.

  • Imparfait, parce que dans la plupart des langues, son étymologie renvoie au découpage en parts d’un gâteau de taille fixe. Or, dans l’espace numérique, partager c’est multiplier, créer de nouvelles copies, les donner à d’autres, les rendre disponibles, sans en être pour autant privés.
  • Irremplaçable, parce qu’historiquement et culturellement, c’est bien le partage de l’information, de la culture, des connaissances et de l’innovation qui est au coeur des pratiques numériques.

<< C’est bien aussi la guerre au partage qui est le fil conducteur des politiques qui tentent de retarder le moment où chacun sera, selon ses souhaits et ses goûts, un distributeur hors marché (sans but de profit) de la culture au sens le plus large.

<< Le partage est légitime, utile et compatible avec les conditions d’existence d’activités créatives de qualité, pour peu qu’on s’en donne les moyens. >>

Début dicode l'article 'partage' du tout récent Dictionnaire politique d'Internet & du numérique, diffusé par le Journal du Net, coordonnée par Christophe Stener, avec introduction par Fleur Pellerin et avant-propos de Neelie Kroes (vice-Présidente de la Commission européenne). L'article est signé Philippe Aigrain, co-fondateur de La Quadrature du Net.

À côté de cet article, le chaîne 'partage' connaît 47 occurrences dans ce dictionnaire. À les analyser, on verra vite que la valeur du partage n'est pas la chose la mieux ... partagée. À preuve, s'il en faut, les négociations en cours entre USA et Russie.


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mercredi 02 mai

L'apolitisme et le non-idéologique sont ... de droite

M'ont toujours fait marrer, ces gens qui font les Saintes Nitouches avec la politique et l'idéologie - en se trompant joyeusement d'ailleurs sur le sens profond du terme idéologie qu'ils n'emploient que dans la négative et le péjoratif.

Le problème (pour les Saintes Nitouches), c'est que l'idéologie est là, on ne peut en nier l'existence diffuse et la force souterraine. Les Saintes Nitouches de la politique sont schizophrènes, refusant de voir la réalité et vivant dans un monde, ou voulant nous faire croire qu'on vit dans un monde sans pensée politique, sans projet de vie, mais juste avec une technique naturelle qui fait la vie comme elle doit être etc.

Pour ma part, j'ai toujours penser que ceux qui prétendent se situer hors "idéologie" sont des menteurs hors classe, des APOLITIQUES DE DROITE !

On a récemment lu des prises de position politique de la part d'économistes de plus ou moins de renom, d'abord le 17 avril pour soutenir Hollande, puis aujourd'hui pour soutenir Sarkozy. Mais autant les premiers assument leur vision politique, autant les seconds font comme s'ils n'avançaient que des arguments techniques.

Les économistes qui assument leur vision idéologique sont une bonne quarantaine [Philippe Aghion (Harvard), Michel Aglietta (Paris-X Nanterre), Yann Algan (Sciences Po Paris), Rémi Bazillier (université d'Orléans), Maya Beauvallet (Telecom Paristech), François Bélorgey (Irest), Françoise Benhamou (Paris-XIII), Eric Brousseau (Paris-Dauphine, Institut universitaire européen), Julia Cagé (Harvard), André Cartapanis (IEP Aix-en-Provence), Gilbert Cette (université de la Méditerranée), Thomas Chalumeau (Sciences Po Paris), Mireille Chiroleu Assouline (Paris-I), Daniel Cohen (Ecole normale supérieure), Elie Cohen (Sciences Po Paris), Brigitte Dormont (Paris-Dauphine), Bernard Gazier (Paris-I), Jean Imbs (Ecole d'économie de Paris, CNRS), Marc Fleurbaey (Princeton, Collège d'études mondiales), Samuel Fraiberger (New York University), André Gauron, Jérôme Gautié (Paris-I), Patrice Geoffron (Paris-Dauphine), Tristan Klein, Jacques Le Cacheux (université de Pau et des Pays de l'Adour), Jean-Hervé Lorenzi (Paris-Dauphine), Philippe Martin (Sciences Po Paris), Jacques Mistral (Harvard Kennedy School), El Mouhoub Mouhoud (Paris-Dauphine), Pierre-Alain Muet (fondateur du Conseil d'analyse économique, député socialiste, et membre de l'équipe de campagne de François Hollande), Fabrice Murtin (Sciences Po Paris), Dominique Namur (Paris-XIII), Romain Perez (Paris-I), Thomas Philippon (New York University), Thomas Piketty (EEP et EHESS), Michel Rainelli (université Nice-Sophia-Antipolis), Lionel Ragot (université d'Evry-Val-d'Essonne), Romain Rancière (EEP), Katheline Schubert (Paris-I), Laurence Tubiana (Sciences Po Paris, Columbia), Joëlle Toledano (Supélec), Dominique Villemot].
Les économistes "apolitiques de droite" ne sont pas une vingtaine [Bernard Belloc, université de Toulouse-I ; Marc Ivaldi, Ecole d'économie de Toulouse et EHESS ; Philippe Mongin, CNRS et HEC ; Philippe Trainar, économiste ; Régis Bourbonnais, Paris-Dauphine ; Philippe Chalmin, Paris-Dauphine ; Eric Chaney, économiste ; Jacques Crémer (CNRS) ; David Encaoua, Paris-I ; Claude Gamel, Aix-Marseille ; Louis Lévy-Garboua, Ecole d'économie de Paris et Paris-I ; Philippe Gagnepain, Ecole d'économie de paris et Paris-I ; Jean-Pierre Laffargue, Paris-I ; Michel Moreaux, Toulouse ; Christian Morrisson, Paris-I ; Bertrand Munier, IAE Paris ; Emile Quinet, Ecole d'économie de Paris et Ecole des ponts ParisTech ; Dominique Roux, Paris-Dauphine ; Jacques Thépot, Strasbourg].
Je sais : la quantité ne prouve rien. Peut-être juste un indice pour penser que l'UMP s'y est prise un peu tard pour rassembler davantage.

Ceci dit, ce 2 mai, d'autres économistes - ceux qui appelaient à voter Front de gauche avant le premier tour des élections - publient un appel à battre Sarkozy. Ils sont plus de cinquante [Louis Adam, commissaire aux comptes ; Pierre Alary, maître de conférences, université Lille-I ; Bruno Amable, professeur des universités, université de Paris-I ; Renaut Baphèse, économiste ; Philippe Batifoulier, maître de conférences, université de Paris-X ; Nicolas Béniès, économiste, université populaire de Caen ; Eric Berr, maître de conférences, université de Bordeaux-IV ; Paul Boccara, maître de conférences honoraire, université de Picardie ; Frédéric Boccara, maître de conférences associé, université Paris-XIII ; Mireille Bruyère, maître de conférences, université Toulouse-I ; Pierre Causse, économiste ; Pierre Concialdi, économiste ; Laurent Cordonnier, maître de conférences, université Lille-I ; Gérard Coutureau, économiste, ENFA ; Yves Dimicoli, économiste, ancien membre du Conseil d'analyse économique ; Jean-Paul Domin, maître de conférences, université de Reims ; Ali Douai, maître de conférences, université de Nice ; Denis Durand, économiste ; Jean-Marc Durand, économiste ; Guillaume Etievant, économiste, expert auprès des CE ; David Flacher, maître de conférences, université Paris-XIII ; Maryse Gadreau, professeur émérite, université de Bourgogne ; Jacques Généreux, économiste, IEP, Paris ; Patrick Gianfaldoni, maître de conférences, université d'Avignon ; Jean-Pierre Gilly, professeur émérite, université de Toulouse-I ; Bernard Guibert, économiste ; Ozgur Gun, maître de conférences, université de Reims ; Jean-Marie Harribey, économiste ; Isabelle Hirtzlin, économiste, université Paris-I ; Michel Husson, économiste ; Andrée Kartchevsky, professeur des universités, université de Reims ; Pierre Khalfa, économiste ; Robert Kissous, statisticien-économiste, consultant de CE ; Dany Lang, maître de conférences, université Paris-XIII ; Pierre Le Masne, maître de conférences, université de Poitiers ; Philippe Légé, maître de conférences, université de Picardie ; Jean Magniadas, membre honoraire du Conseil économique et social ; Jérôme Maucourant, économiste, université de Saint-Etienne ; Philippe Méhaut, directeur de recherches, CNRS ; Catherine Mills, maître de conférences honoraire, université Paris-I ; Alain Morin, économiste ; François Morin, professeur, université Toulouse-I ; Bernard Paranque, économiste ; Jean-François Ponsot, maître de conférences, CREG, université de Grenoble ; Frédéric Rauch, économiste, rédacteur en chef de la revue Economie et Politique ; Jacques Rigaudiat, économiste, ancien conseiller social des premiers ministres M. Rocard et L. Jospin ; Robert Salais, économiste, ENS Cachan ; Richard Sobel, maître de conférences, université Lille-I ; Bernard Sujobert, économiste ; Bruno Tinel, maître de conférences, université de Paris-I ; Stéphanie Treillet, maître de conférences, université de Marne la Vallée ; Franck Van De Velde, maître de conférences, université Lille-I ; Sébastien Villemot, doctorant, Ecole d'économie de Paris] !


 

jeudi 11 novembre

J'avais dix-neuf ans...

Un espace de documentation dédié à la création d’un musée ouvert comme lieu de mémoire et d’hommage aux milliers de personnes enfermées, humiliées, torturées et exécutées dans le Stade National du Chili à Santiago suite au coup d’état militaire du 11 novembre 1973 qui a renversé le gouvernement socialiste de Salvator Allende pour instaurer une dictature sous le général Augusto Pinochet. L'accès à la documentation se fait en plusieurs langues.

Proyecto de memoria y educación en el Estadio Nacional de Chile: "Museo Abierto, Sitio de Memoria y Homenaje". Auteurs du projet : Marcelo RODRÍGUEZ y Claudia WOYWOOD - arquitectos, Asociación franco-chilena "Territorios Sustentables", Chile-Francia.



vendredi 22 octobre

NON AU BLOCAGE ...

... du vote des sénateurs !


lundi 11 octobre

Politique & libido

235880Selon Madame Lagarde, les femmes projettent "moins de libido"que les hommes en politique comme en affaires.

  • Pour la première partie de l'assertion, Madame la Ministre commente-t-elle les lapsus de Rachida qui aujourd'hui font date ?

  • Pour la seconde, il est clair que Madame la Ministre a bigrement raison : le pouvoir actuel confond la politique et les affaires !

Dieu que la politique est belle !


lundi 17 mai

Chacun son dû ?

Alain Minc a dit :
« Il y a un problème dont on ne parle jamais (...) c’est l’effet du vieillissement sur la hausse des dépenses d’assurance maladie et la manière dont on va le financer. (...) Moi j’ai un père qui a 102 ans, il a été hospitalisé 15 jours en service de pointe. Il en est sorti.
« La collectivité française a dépensé 100.000 euros pour soigner un homme de 102 ans. C’est un luxe immense, extraordinaire pour lui donner quelques mois ou, j’espère, quelques années de vie.
(...) Je trouve aberrant que quand le bénéficiaire a un patrimoine ou quand ses ayants droits ont des moyens que l’État m’ait fait ce cadeau à l’œil. Et donc je pense qu’il va bien falloir s’interroger sur le fait de savoir comment on récupère les dépenses médicales sur les très vieux en ne mettant à contribution ou leur patrimoine quand ils en ont un ou le compte patrimoine de leurs ayants droits ».

Non, je ne lis pas la prose d'Alain Minc (c'est moi qui souligne). Je devrais sûrement ! Je tiens ce propos d'une contribution de Sylvie Tissot. Je lis Sylvie Tissot !
Par contre j'ai juste une question à poser à Monsieur Minc, grand prêtre de la pensée unique : quand les ayant droits n'ont pas de patrimoine, on fait comment ? Tu auras noté, lecteur assidu et néanmoins attentif, que la relativisation par les moyens privés disponibles apparaît bien dans le propos, avant le "donc", mais disparaît avec le "donc", au moment où s'édicte, s'érige, s'éructe la nécessité ultralibérale...


mercredi 07 octobre

L'homme serait une chose...

Navrants, ces propos de ceux qui ont les clés de l'État, propos qui indique on ne peut plus clairement clairement ce qu'est l'homme dans l'idéologie néolibérale qui est la leur.

L'autre jour, à la radio, j'entends Brice de Neuilly parler de "stock de détenus", comme si la qualité de détenu rabaissait l'homme à n'être qu'une chose, voire une marchandise (usage économique du terme 'stock', usage majoritaire) ou un animal (usage biologique du terme, minoritaire). L'homme est ici compté comme on compte des boîtes de petits pois dans l'entrepôt d'une grande surface, ou des bottes de carottes dans la réserve du marchand de primeurs...

Aujourd'hui, je lis sur le site Miroir social, qu'on a entendu un haut représentant de l'État "déclarer à propos de la réforme de la Fonction publique et des nouvelles approches "managériales" qu'un fonctionnaire "ça doit tenir dans 12m2 ; c'est comme le brodequin du Moyen-Âge, je  suis parfaitement déterminé à le régler à la bonne taille.""

Alors là, c'est le pompon ! Un haut fonctionnaire qui avoue :

  1. que les fonctionnaires doivent être lotis comme des lapins, chacun son clapier, pas trop grand pour stériliser les pulsions de liberté (de mouvement, c'est-à-dire de pensée)

  2. que le travail, dans la fonction publique, est une torture particulière ; on savait que le travail en général était d'abord une entrave, mais là, s'agissant du travail au service de l'État, on franchit un cran supplémentaire dans la précision : il s'agit d'un supplice tout particulier, celui qu'on appelait "la torture des brodequins" (eh oui, c'est au pluriel, Monsieur le tortionnaire !), pour faire avouer en broyant les os des jambes ; on comprends dès lors que, les os broyés, le fonctionnaire n'ait pas vraiment besoin de place pour "travailler" : plutôt que 12m2, je verrais bien juste la place qu'une civière occupe au sol, non ?

Conclusion, l'humain est une chose, et, quand il veut être un homme ou une femme au service de l'État, ce dernier rêve de le ou la confiner en lapin(e) empêché(e) de bouger.
Joli spectacle, non ?


jeudi 17 septembre

Beaux jours du racisme...

dassierSi je me souviens bien (?), le fondement pratique du racisme tient dans la généralisation d'un trait de caractère d'un individu pour stigmatiser un groupe d'individus... Je crois pouvoir dire que c'est comme ça que Raymond Aron, qui n'était pas vraiment un penseur de l'extrême, définissait le racisme.

Quand le président d'un club de foot dit qu'il ne sera pas"un président à la libanaise ni à l'africaine", faisant référence à la nationalité ou à la nationalité des parents (je n'en sais rien, je ne connais pas ces hommes) des présidents qui l'ont précédé, il fait bien fonctionner cette mécanisme détestable de la stigmatisation outrancière. Il tient bien des propos de nature raciste.

Que le président en question ait été très récemment et longtemps le directeur de l'information de la chaîne privée de télévision amie des politiques en place ne peut qu'accentuer le trait ! D'abord le trait de la confusion entre sport et politique, concrètement (Sarkozy comme vrai patron de l'information) et idéologiquement (le sport et la politique comme exacerbation du mythe de la concurrence comme seul fonctionnement possible). Ensuite le trait du pétainisme ambiant de ceux qui tiennent la gouvernance de notre si beau pays. Les propos de Brice de Neuilly ne sont qu'un épiphénomène parmi tant d'autres. C'est bien globalement que nous baignons dans un racisme diffus mais d'autant plus prégnant quand il s'exprime dans le cadre de la médiatisation du sport et/ou de la politique...

Triste pays des Droits de l'Homme !


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