vendredi 08 mai

Misère de la politique, politique de la misère

Un jeune adulte sur cinq est pauvre en France. C'est dans Le Monde du 6 mai. Un ménage sur deux vit avec moins de 2260 euros par mois. C'est dans Le Figaro du même jour. Le tout sur la base du document INSEE intitulé Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006 récemment publié mais utilisant donc des données 2006.

filetsOn comprend que tant de gens aient été pris dans les filets tendus, en 2006/2007, par l'UMP et son fringant et frétillant candidat à l'élection présiden­tielle ! Et qu'ils le regrettent aujourd'hui... Sauf qu'aujourd'hui le roi d'Maubeuge pourra toujours prétendre que c'est la faute à la crise : les mailles des nouveaux filets sont en train d'être fabriquées... Comme disait ce bon Charles de Secondat baron de la Brède et de Montesquieu (1689-1755), "dans une monarchie bien réglée, les sujets sont comme des poissons dans un grand filet, ils se croient libres et pourtant ils sont pris" (dans Mes pensées, posthume).



vendredi 04 juillet

Admirables politiciens et -ciennes

On pourrait en rire !
C'est d'ailleurs ce que les Français intelligents ont fait lorsque Sarkozy a péroré l'autre soir pour se féliciter de la libération d'Ingrid... Évidemment qu'il fait un coup médiatique ! Ce n'est pas le premier ! C'est même avec des coups comme ça qu'il a séduit les couillons Français ! Évidemment qu'il n'est pour rien dans la libération d'Ingrid ! Il fait juste un coup médiatique, quoi ! Histoire de rappeler qu'il s'est constamment inquiété du sort des otages de Colombie, dont Ingrid - comme tous les Français. Histoire de faire oublier les échecs passés de rapatriement etc. Bref, tout ceci pue la récupération politicienne à plein nez et il faut être complètement enrhumé pour ne rien en sentir !

Royal_regarde___gaucheMais pourquoi fallait-il que la Joconde de Poitou-Charente le dise ? Quel besoin de dire ce que tout le monde sait et, du coup, de donner au minable coup sarkomédiatique un éclairage dont il n'avait pas besoin ? On est vraiment dans la seconde zone ! Madame Royal a perdu une occasion de se taire...

Quoique !
L'intérêt de la sortie de la Joconde du Poitou-Charente, c'est que les Fillon, Raffarin et autres grands hommes politiques qui peuplent notre si beau pays, du coup, se ridiculisent encore plus que d'habitude. En épinglant la sortie de Madame Royal, en cherchant des poux dans ses cheveux lisses, ils se positionnent eux délibérément en troisième zone ! Qu'ont-ils donc à défendre pour être si virulents face à une petite bêtise proférée par une personne qui ne représentent plus aucun danger pour leur camp politique ? Pourquoi un tel acharnement gratuit ? Ils croient qu'on est toujours en campagne d'élections présidentielles - ce doit être ça !

Pauvres de nous !


mardi 01 mai

Travail

brinmuguetCe 1er mai d'entre deux tours d'une élection présidentielle dont la "campagne" nous abreuvent de "valorisation" du travail, on ne peut éviter de se demander ce que c'est que le TRAVAIL.

Tout d'abord, le travail, c'est ce qui entrave.
Le terme 'travail' vient en effet du terme de bas latin 'tripalium', instrument de torture romain, avant de désigner une machine dans laquelle on immobilise pour les assujettir les animaux (chevaux, bœufs, etc.). Tripalium signifie, quand on le décompose, quelque chose comme machin fait de trois pieux...

Ensuite, le travail, c'est une activité humaine exigeant un effort soutenu, qui vise à la modification des éléments naturels etc. Définition classique de la philosophie qui relève de l'imagerie ancienne, datant de l'époque agricole de l'Europe, où l'on voit l'agriculteur travailler la terre pour que la graine lève et produise ses fruits. Image très romantique de l'homme, manches retroussées, aux prises avec les éléments naturels... Et, si Monsieur Sarkozy m'autorise cette référence, Marx a très bien décrit tout ça, tout en reconnaissant en la matière sa dette auprès d'Hegel, faisant du travail l'acte par lequel l'homme se produit lui-même...

Du coup le travail, c'est ce qui confèrerait à l'homme sa dignité d'homme. Sans qu'on sache pourquoi d'ailleurs. Sans doute un stéréotype créé pour entraver la liberté fondamentale et assujettir l'homme productif selon les besoins de celui qui possède l'outil de travail... C'est ici que la rémunération entre en jeu.
Plutôt que de parler de dignité, en effet, parlons concret et disons "échange de valeurs" : en échange de son assujettissement, le travailleur reçoit de l'argent ou un substitut d'argent, bref une valeur. Mais l'échange est un échange de dupe : ce n'est pas le travailleur qui fixe la valeur de son travail, ni même qui le négocie. C'est celui qui possède l'outil de travail. Ce dernier intègre la valeur travail dans un ensemble plus grand qui intègre d'autres coûts, dont l'amortissement des machines, mais aussi la fameuse "plus-value".
L'ultime raison de l'investissement capitalistique étant la plus-value, le travail humain est compris positivement en termes de "productivité" (capacité à produire de la plus-value) et négativement en termes de coûts salariaux, et, l'unité de base du salaire étant l'heure travaillée, le temps de travail est un problème crucial pour celui qui attend la plus-value. D'où l'idée que la rationalité (capitalistique) du travail se décline en termes de productivité de l'heure travaillée. L'intérêt du gérant de l'outil de travail est d'exiger une productivité toujours plus grande ; l'intérêt du travailleur est d'exiger un salaire toujours plus important. On voit l'écartèlement de la situation, d'autant plus  que chaque partie tend vers le "toujours plus". On connaît aussi le déséquilibre du rapport de force, on sait que ce déséquilibre se dégrade gravement pour les travailleurs... - ceci justifiant l'existence des syndicats de travailleurs et exigeant qu'ils changent pour toujours mieux rétablir le rapport de travailSARKOZYforce.

Quand Monsieur Sarkozy parle travail, voilà, sur la droite, l'essaim conceptuel qui fonctionne :
on voit apparaître effectivement la valeur, mais aussi

 

  • la crise (les travailleurs ne travaillent pas assez, pas assez bien, il y en a même qui ne veulent pas travailler et qui ne pensent qu'à se lever tard, etc.);

  • la liberté, liberté d'assujettir toujours davantage;

  • le mérite, c'est-à-dire le jugement de valeur que l'autorité capitalistique assène sans discussion, comme de droit divin, dans un paternalisme d'un autre temps où l'homme de basse condition est traité comme un enfant (au hasard : "La République pour moi c’est le travail récompensé", discours du 12 octobre 2006 à Périgueux);

  • etc.

travailROYAL

 

Quand Madame Royal parle travail, voici, sur la gauche, l'essaim conceptuel qui fonctionne :
on voit apparaître effectivement la valeur, mais aussi

 

  • les conditions de travail, c'est-à-dire la réalité du travail...

  • les salariés eux-mêmes, c'est-à-dire ceux qui sont assujettis...

  • la précarité en face du capital, comme le mendiant posté au seuil de l'église à la sortie de la messe du dimanche...

Bon ! j'arrête ! Il faut aller défiler...


mercredi 14 mars

UMP & magistrats...

EnsembltoutdevLu sur le site du Monde interactif

Quand le parti politique du ministre-candidat - et de son aide de camp le Garde des Sceaux - appelle au ralliement des magistrats à la cause du  "ENSEMBLE TOUT DEVIENT POSSIBLE"avec Sarkozy, cela est si naturel que ledit parti ne s'en cache même pas (cf document ci-contre).

Quand un magistrat exprime son ralliement à la candidate socialiste, alors l'aide de camp du candidat UMP se fâche tout rouge en colère et menace du haut de son autorité ministérielle, demandant juste des "explications"...

C'est beau la justice, quand même !


Posté par brich59 à 22:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
vendredi 26 janvier

c'est çui qui l'dit qui y est

figaro2Lu dans Le Figaro du 22 janvier, la chronique de ce cher Alain-Gérard Slama, intitulé Les profs, victimes de leur idéologie.

Tissu de fiel mêlé à de la contre-vérité. Mais surtout, à partir du constat de la récente manifestation des enseignants, démonstration de la nécessité de voter Sarkozy.

alain_gerard_slamaEn fait, dit le chroniqueur sarkoziste, les enseignants n'ont pas à se plaindre de la dégradation de leurs conditions de vie personnelle et professionnelle. Elles ne sont dues qu'à leur refus obstiné de croire aux vertus de la méritocratie.

Si si ! Il est sérieux quand il écrit ça !

Le problème, c'est qu'il ne se demande pas vraiment pourquoi les enseignants ont une si piètre opinion de la méritocratie. Et s'il avait réfléchit un peu, ce brave chroniqueur libéral et savant, et surtout s'il ne prenait pas les enseignants pour des couillons, il aurait compris que si les enseignants refusent voire récusent la méritocratie, c'est tout simplement parce qu'il en ont constaté les dégâts sur la jeunesse dont il s'occupent, parce que, si la méritocratie devenait le modèle de fonctionnement de l'école, on en reviendrait aux plus grandes injustices sociales. En effet, pour fonctionner correctement et sans hypocrisie la méritocratie devrait s'exprimer sur un terreau égalitaire. Si les gens doivent être évalués en fonction de leur mérite, alors ils doivent tous avoir les mêmes chances de départ - ce qui n'est pas la réalité. Je pense que notre chroniqueur conviendra que les enfants de Neuilly-sur-Seine et les enfants de Neuilly-sur-Marne ne partent pas dans la vie avec les mêmes chances de réussite éducative par exemple... Lui qui cite Raymond Boudon, il aura sans doute lu les études sociologiques les plus récentes à ce sujet.

Second problème : qui évalue s'il y a mérite ou pas ? Monsieur notre chroniqueur ? Monsieur Sarkozy, pour qui il appelle à voter ? Qui donc ? Le "marché" peut-être ? Ou Dieu soi-même ? Le mérite serait un "principe laïque" - à ce que prétend Monsieur Slama ! Moi, j'ai toujours pensé que ça avait quelque chose de religieux : si tu es sage, tu mériteras le paradis ; ou alors Eve a pris la pomme donc les femmes méritent de souffrir quand elles enfantent ; etc. Et souviens-toi, lecteur fidèle, de mon billet "Dieu dans l'isoloir et Nicolas dans le confessionnal..."!

Figaro3Bref, je crois que notre chroniqueur savant s'est laissé aveugler par son idéologie, ou plutôt celle de son employeur, le Figaro, c'est-à-dire celle de son patron idéologique, Monsieur Sarkozy !