lundi 20 novembre

Autour du Requiem de Gabriel Fauré

Ensemble Vocal COL CANTO, direction Bruno Richardot.

Solistes :

  • Anne Rousseau, soprane

  • Agnès André, mezzo-soprane

  • Jean-Jacques Steux, baryton-basse

  • Aurélien Fillion, orgue

  • Anne-France Dumoulin, violon

  • Solveig Meens, violoncelle

Vendredi 15 décembre à 20h30

Église du Sacré-Cœur de Marcq-en-Baroeul (Croisé-Laroche)

Tarifs : 10€/8€. Réservations : colcanto59@gmail.com

 

Le chef-d’œuvre emblématique de Gabriel Fauré est présenté dans sa version la plus intime et recueillie, par l’ensemble vocal COL CANTO et son nouveau chef Bruno Richardot, autour de l’orgue de l’église du Sacré-Cœur accompagné par le violoncelle et le violon. En harmonie avec ce temps fort du concert, choristes et musiciens interpréteront quelques œuvres que Fauré composa dans la première période de sa vie.

 

Ce concert, manifestation "associée" qui clôture en quelque sorte les Liaisons Musicales de Marcq-en-Baroeul, est donné à la mémoire de Paul DESCAMPS.

Présentation CONCERT COL CANTO-Flyer-

Première partie

Pelléas et Mélisande, op.80 : “Prélude” et “Sicilienne” (transcr. pour orgue et violon)

La “fête de la musique” n’existait pas encore. C’est le 21 juin 1898, à Londres, que Gabriel Fauré crée Pelléas et Mélisande, musique de scène pour la pièce de Maurice Maeterlinck. Les deux extraits qui en sont donnés aujourd’hui s’appuient sur la transcription que l’organiste Louis Robillard a récemment publiée (2015).

Cantique de Jean Racine, op.11  (4 voix mixtes et orgue)

Cette oeuvre chorale vaut à Gabriel Fauré un premier prix de composition à l’École Niedermeyer, dont il est pensionnaire depuis l’âge de 9 ans. Il a tout juste vingt ans et termine ses études musicales. Nous sommes en 1865. Publié onze années plus tard, le Cantique connaît un rapide succès. Marcel Proust, par exemple, y est très attaché. Ce succès ne se démentira jamais...

Ave Maria, sans n° d'opus (voix d'hommes et orgue)

Composé pour être chanté en août 1871 par le choeur de l'École Niedermeyer à l’hospice du Mont-Saint-Bernard, ce court motet pour trois voix d'hommes et orgue a été publié après la mort du compositeur. Beaucoup moins personnelle que le Cantique de Jean Racine, cette pièce dégage cependant un certain charme quelque peu désuet, témoin des compositions religieuses de l’époque.

Messe Basse, sans n° d'opus (soliste, voix de femmes et orgue)

André Messager et Gabriel Fauré, pour honorer leur villégiature estivale sur la côte normande, composent une petite messe pour les jeunes filles du Pays d’Auge. Il s’agit de la Messe des pêcheurs de Villerville. Nous sommes en 1881. Vingt-cinq ans plus tard, Fauré reviendra sur les pièces qu’il y a composées, les complètera pour en faire une Messe basse, quoique chantée, d’une belle facture. On retrouve dans cette partition la ferveur dépouillée du Cantique, en même temps que les alternances de pupitres du Requiem (chant antiphonique).

Deuxième partie

Après un rêve, op.7 n°1 (transcr. en ré mineur pour violoncelle & orgue)

Cette mélodie, composée en 1877, c’est-à-dire la même année que le Libera me du Requiem, est l’une des plus connues de Gabriel Fauré. Cette pièce est peut-être celle qui se diffusa le plus diversement : initialement composée pour mezzo (ou baryton) et piano, elle connut des adaptations pour violoncelle et piano (Pablo Casals en 1911), pour piano seul, voire pour orchestre seul, etc. Nous l’entendons transcrite pour violoncelle et orgue.

Requiem, op.48 (solistes, choeur, violon, violoncelle & orgue)

Doit-on présenter le Requiem ? C’est sûrement l'une des pièces chorales les plus chantées de par le monde, souvent en compagnie du Cantique de Jean Racine. Sa composition s’étale sur plus de dix années, du Libera me (1877) à l’Offertoire (1891). L’oeuvre connaît plusieurs orchestrations (1888, 1893, 1901). Col Canto la présente dans une forme peu courante, sinon inédite [?] : l’orgue accompagne le choeur tout au long (en appui sur la réduction d’orchestre de Jean Roger-Ducasse, l’un des élèves préférés de Fauré), le violoncelle et le violon venant soutenir l’ensemble et dessiner quelques volutes mélodiques. Seul le Pie Jesu, clé de voûte de l’oeuvre, n’est accompagné qu'à l'orgue.

 


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mardi 14 février

Notes sur le Requiem de Gabriel Fauré (suite)

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En lisant et relisant la partition du Requiem, qu'il s'agisse de la version 1993 ou de la version 1900, quelle que soit l'orchestration, on voit comment les dynamiques ont une belle cohérence avec le texte, comment elles sont sémantiquement pertinentes.

Ainsi le mot 'requiem' est toujours chanté piano (p) voire pianissimo (pp) ou pianississimo (ppp). Un seul passage semble faire exception, aux mesures 11 sqq. du Pie Jesu, où le mot 'requiem' est encore, à la mesure 14, dans le mf de ce qui précède (Pie Jesu Domine, dona eis...), sachant que les mesures suivantes qui répètent 'dona eis requiem' (15-16) demandent un decrescendo sur 'dona eis' (mes.15) pour aboutir sur un p pour le mot 'requiem' (mes.16, comme pour "corriger" le mf de la mes.14). Bref, la mort est un repos, voire une douceur (plusieurs fois la mention p est assortie d'un dolce, ou même d'un dolce e tranquillo). Sérénité de la mort. Le Requiem de Fauré n'est-il pas cette "sublime berceuse de la mort" qu'évoquait si bien Vladimir Jankélévitch, le terme même de 'Requiem' prenant principalement à sa charge cette sédative suavité ?

Par contre, les dynamiques f voire ff semblent réservées :

  • aux interpellations à l'adresse de Dieu, comme 'Pie Jesu' (mes.29 dudit Pie Jesu), ou 'quia pius es' (Agnus mes.66-69) ou 'dona eis' (Introït-Kyrie mes.33sq., Pie Jesu mes.13, 33-34, Agnus mes.26sqq. et Libera me mes.74sqq.), ou 'exaudi...' (dans l'Introït-Kyrie mes.50sqq.) ou encore le 'ad Te...' (encore dans l'Introït-Kyrie mes.54sqq.) et autres 'Kyrie', 'Agnus', 'Jesu' etc. ;
  • aux (rares) manifestations de crainte dans le Libera me (le 'Dies illa...', mes.54-68, mais déjà le '...terra Dum veneris judicare saeculum pet ignem.' mes.25sqq. - paroles reprises mes.114sqq.) et dans l'Offertoire (le 'de poenis inferni' des mes.84sqq.) ;
  • aux évocations du Paradis, comme l'éternité ('perpetua', aux mes.8 et 25 de l'Introït-Kyrie, 82 de l'Agnus et 79 du Libera me ; 'aeterna' à la mes.45 du In paradisum) ou encore Jerusalem (qui semble, à la mes.25 de l'In paradisum, figurer comme instance ou comme représentation biblique du Paradis) ;
  • aux cris de joie (classique !) du 'Hosanna in excelsis...' (Sanctus, mes.42sqq.).

Fauré n'était pas vraiment croyant mais il était poète et aimait la poésie - qu'il a si bien mise en musique. Le texte liturgique était pour lui poésie...


 

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mercredi 01 février

FAURÉ : Messe basse (documents de travail)

Voici quelques documents de travail pour travailler la Messe basse pour ensemble vocal féminin et orgue ou harmonium de Gabriel Urbain Fauré :

L'IMSLP consacre une page à cette oeuvre un peu oubliée, avec partition (l'édition princeps de 1907 chez Heugel à Paris) et enregistrement sonore (ensemble masculin [?] dont je laisse la qualité de la prestation à votre jugement). On pourra écouter cette messe basse par l'ensemble féminin Exaudio d'Igualada (Barcelone) sur YouTube ici (vidéo de concert) ou par les Cambridge Singers (John Rutter, direction ; Ruth Holton, soprano solo) ici (juste le son) ou là (partition déroulante).

Cette "messe brève" [plutôt que "messe basse" - qui est un office non chanté !], publiée en 1907 donc, a en fait été écrite bien avant, à savoir au début des années 1880. Plusieurs parties faisaient en effet partie de la Messe des pêcheurs de Villerville pour choeur de femmes et orchestre de chambre, que Fauré composa avec André Messager et dont l'exécution, par les dames et jeunes filles en villégiature à Villerville l'été 1881, fut donnée au profit de l'association locale de pêcheurs...

 


 

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mercredi 21 décembre

Notes sur le Requiem de Gabriel Fauré

De nombreux ensemble vocaux, de nombreuses chorales engagent un travail sur le Requiem de Gabriel Fauré, ce Requiem que ce dernier disait avoir composé sans raison, “pour rien… pour le plaisir”, bien qu’il en bouclât la première version - ce qu’il appelait son “petit requiem” - à l’époque du décès de ses parents.

Source: Externe

Fauré a composé une Messe des morts ni morbide ni violente. Quelque chose de plutôt confiant dans la vie comme dans la mort, quelque chose de serein. Je suis convaincu qu’il faut penser cette pièce à partir de sa fin, cet In Paradisum d’où émane une “paix lumineuse” comme disait son fils Philippe, voire une “mélodieuse suavité” comme dira le philosophe musicien Vladimir Jankélévitch (Fauré et l’inexprimable, 1974). Tout le Requiem va vers cette suavité, cette paix, cette lumière. Les passages tendus, dramatiques sont rares et il convient de les faire sonner comme il se doit. Mais pour le reste, il faut imaginer un paradis paisible et plein de voix harmonieuses...

La grande difficulté du Requiem réside en fait dans la nécessité de respecter scrupuleusement à la fois les tempi et les dynamiques indiqués par le compositeur* - d’autant plus scrupuleusement lorsque l'ensemble vocal est accompagné non à l’orchestre mais à l’orgue, instrument qui ne peut donner de nuances qu’en basculant brutalement d’un plan sonore à l’autre (surtout quand l'instrument ne dispose pas de pédale d'expression). L’orgue ne soutenant l'ensemble vocal que très très partiellement dans le respect des dynamiques, celui-ci incombera intégralement aux voix.

Le Requiem s’ouvre sur un pp aux voix et se ferme sur un ppp aux voix et aux instruments. Les ff pour les voix sont rares, avec trois passages, d’ailleurs plutôt brefs : le “Exaudi orationem meam” aux mesures 50-57 et le “Christe” des mesures 71 sqq. de la première section, et le “Dies illa, dies irae…” du Libera me. L’ensemble est donc globalement sous le signe d’une quiétude post-romantique, avec très peu d’affect et beaucoup de douceur.

* Même si l'établissement de l'édition n'est pas sans quelques incertitudes...

[à suivre]


 

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vendredi 23 septembre

Travailler le Requiem de Fauré

La littérature ne manque pas au sujet de cette oeuvre magnifique de poésie et de sérénité. Les enregistrements non plus. Ce serait l'oeuvre la plus chantée (?)...

Pour la travailler, voici un enregistrement qui laisse défiler la partition (éd.1900) :

C'est John Rutter, grand connaisseur de Fauré, qui dirige les Cambridge Singers, accompagnés des Members of the City of London Sinfonia, avec John Scott à l'orgue.

Pour entendre la première édition de l'oeuvre (1893), c'est ici :

 


 

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