jeudi 31 décembre

2021, une année emplie de centenaires...

L'année 2020 s'est effacée, non sans laisser dernière elle quelques traces fâcheuses...

2021 sera l'année de deux événements importants : centenaire de la naissance d'Edgar Nahoum, dit Edgar MORIN, à Paris et cinquième centenaire de la mort de Josquin Lebloitte, dit Josquin DESPREZ, à Condé-sur-l'Escaut.

Quel rapport ? Peut-être une belle approche de la complexité, l'un avec les mots de la philosophie, l'autre avec les signes de la musique.

Tout au long de son écriture, Edgar Morin n'a eu cesse de refuser les cloisonnements intellectuels et les simplifications abusives. Son premier essai (1946), il le propose alors que, membre du Gouvernement militaire français dans l'Allemagne vaincue, il exhibe la complexité de ces "rumeurs" de haine que propagent les vainqueurs à l'encontre du pays de Goethe et de Nietszche. Ses dernières productions s'attacheronnt elles aussi à mettre en valeur la complexité, comme quand il promeut le cinéma en "art de la complexité" (2018). Au centre de tout ça, il y a les six volumes de La Méthode (1977-2004). À lire et relire...

Quant à Josquin Desprez, il suffit de se faire le plaisir esthétique autant qu'intellectuel d'en écouter les œuvres, pour être le bienheureux témoin de la complexité musicale. Les thèmes s'entrelacent savamment ; souvent, c'est même un thème unique qui se déplie en une multitude de variations, de diminutions, de déclinaisons, d'inversions et dont les plis s'entrelacent dans une ondoyante rectitude. L'intégrale des messes du franco-flamand à laquelle travaille Maurice Bourbon et ses ensembles vocaux Métamorphoses et Biscantor !  est sur le point d'être achevée, dans le cadre du projet Josquin l'Européen. Elle arrivera à temps pour les 500 ans de la mort du grand voyageur que fut le musicien : Venise, Cambrai, Rome, Rome encore, Ferrare, Milan, Condé-sur-l'Escaut, Saint-Quentin, Bruxelles..., jusqu'à l'Espagne où il ne se rendit jamais mais où sa musique résonna fort longtemps. N'hésite pas, chère lectrice, cher lecteur, à écouter les extraits que le site de La Chapelle des Flandres a mis en ligne au bout des liens ci-dessus. Tu comprendras comment "ce qui est tissé, tressé [-plexus] ensemble [com-]", comment le complexe musical est agréable à l'écoute.

D'autre part, comment ne pas rappeler enfin que 2021 est aussi :

  • l'année du septième centenaire de la mort de Durante degli Alighieri dit DANTE, aux vers si évocateurs : Nel mezzo del cammin di nostra vita / mi ritrovai per una selva oscura / chè la diritta via era smarrita. Ce début de l'Enfer m'a inspiré il y a quelques années...
  • l'année du bicentenaire de la naissance de Charles Pierre BAUDELAIRE, dont l'impassible rythme de L'Horloge depuis belle lurette me hante - que Julie Potvin avait illustrée d'un superbe flash sur www.perte-de-temps... et que j'ai un jour mis en musique.

Alors, BONNE ANNÉE 2021 !