dimanche 27 mars

Une parole adolescente superbement restituée

Grandir connectés. Les adolescents et la recherche d'information / Anne Cordier. - Caen : C&F Éditions, 2015. - 303 p. - (Les enfants du numérique). - ISBN 978-2-915825-49-7

Grandir connectésImaginaires, représentations, pratiques formelles et non formelles de la recherche d’information sur Internet : Le cas d’élèves de 6ème et de professeurs documentalistes. Tel est le titre de la thèse en Sciences de l’information et de la communication qu’Anne Cordier a soutenue à l’université de Lille3 en 2011[1]. L’ouvrage publié en 2015 et que nous lisons aujourd’hui en est un prolongement attendu. Il est intitulé Grandir connectés : Les adolescents et la recherche d’information. Le champ d’investigation s’est élargi : on passe des collégiens de 6ème aux adolescents qu’ils soient collégiens ou lycéens. L’écriture ne vise plus le même lecteur : on passe des membres du jury de thèse au public composite des parents, enseignants, professionnels de l’information et de la documentation et autres médiateurs. Le propos aussi a changé : il s’est à la fois allégé et élargi. On est passé de l’établissement d’un réseau d’hypothèses à consolider puis à éprouver à la relation quasi narrative d’une réflexion personnelle sur les pratiques sociales et éducatives. On est passé du ‘nous’ académique au ‘je’ personnel.

Le grand intérêt de cet ouvrage - en même temps que le grand plaisir de le lire - réside à coup sûr dans la restitution des paroles adolescentes. On entend les adolescents parler, on les voit dialoguer, on devine le non verbal qui accompagne les paroles. La lecture nous incite quasiment au désir de dialogue avec eux. De là à ce que l’auteure devienne le porte-voix des adolescents, il n’y a qu’un pas qu’elle franchit, au risque de la confusion des rôles. La “cause des adolescents”[2] est ici portée par une adulte qui s’est investie très personnellement d’une mission tout à la fois sociale, scientifique et pédagogique. On est alors témoin d’une sorte d’exhibitionnisme obligé du “chercheur impliqué”. On a l’impression de se trouver devant le carnet de bord d’une recherche ethnographique “engagée”, d’une exploration immersive où la chercheuse-actrice-formatrice devient vecteur voire instrument de formalisation de pratiques (formelles, informelles), où la pensée praticienne se donne des allures d’écriture scientifique et la pensée scientifique des airs d’écriture praticienne.

Bref, l’ouvrage d’Anne Cordier place son lecteur dans l’inconfort d’un tiraillement entre parole adolescente superbement restituée et structuration imposée par le regard de l’acteur qui restitue. Ce tiraillement, pour inconfortable qu’il soit, est vivifiant et fait germer dans l’imagination intellectuelle du lecteur comme des lueurs de compréhension des scènes adolescentes.

Au premier acte, les personnages principaux se présentent : la chercheuse et les adolescents avec leurs pratiques informationnelles sur le Net. Vient ensuite l’heure des “vérités et contre-vérités” sur ces pratiques - qui, troisième acte, sont contextualisées dans l’environnement informationnel et social des adolescents en question - dont, quatrième acte, les imaginaires et les pratiques d’information sur internet sont exhibés. Le tableau final nous propose de passer de l’analyse à l’action. Certes aux actes précédents, des pistes d’action (notamment pédagogiques) étaient esquissées voire dessinées comme en sous-texte. La trentaine de pages conclusives énoncent des pistes d’action tout en relativisant l’analyse qui y a conduit. Cela n’est pas sans réactiver la question du statut de l’ouvrage : recherche scientifique, narration réflexive, carnet de bord ethnologique, rapport d’exploration, bout de recherche-action… Reste que, malgré l’inconfort vivifiant mentionné plus haut et bien qu’on reste sur sa faim quant à la profondeur attendue de l’analyse (par exemple sur les tensions entre comportements “spontanés“ et comportements prescrits ou sur ce que les imaginaires adolescents font du “document” et de l’“information”), la lecture de l’ouvrage d’Anne Cordier est agréable et enrichissante, serait-ce uniquement pour le contact qu’il offre de la gent adolescente.

Note de lecture rédigée pour l'ADBS



[2] Clin d’oeil manifeste à Françoise Dolto.

Posté par brich59 à 21:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 11 janvier

Les ados et la recherche d'information

Anne Cordier présente son ouvrage :

Fruit d’une longue enquête auprès de lycéens et de collégiens, le livre «Grandir connectés» permet de mieux comprendre ce que ressentent les adolescents devant les injonctions qu’ils subissent quotidiennement. Catégorisés digital natives, ils et elles sont néanmoins de jeunes élèves, qui ont besoin de décrypter ce qui se joue derrière les écrans, de comprendre et d’évaluer l’information, de se construire comme les futurs adultes d’une société connectée.

cf. aussi son entretien au Café pédagogique

Posté par brich59 à 16:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 28 mai

Populismes droitiers, populismes ultra-libéraux

Ces élections européennes auront été riches d'enseignement sur la dictature des idées simplistes et fausses.

Par exemple l'idée selon laquelle l'immigration cr&ée le chômage. Le sophisme est le suivant : "s'il travaille, l'immigré nous prive d'un emploi ; s'il ne travaille pas, il profite d'une générosité que l'état de nos finances publiques ne nous permet plus. Dans tous les cas, un immigré de plus, c'est un chômeur supplémentaire. Il suffit d'inverser l'argument pour alimenter la folie nationaliste : refoulez les immigrés, et le chômage disparaîtra…" (Thibault Gajdos, "L'immigration aide l'emploi", Le Monde du 28 mai 2014)... Cela fait un bail qu'on a montré et démontré qu'il n'en était rien et que c'était même l'inverse. Et pourtant, le F-Haine continue de diffuser la contre-vérité qui permet aux chômeurs d'attribuer à l'Immigré la raison de leur état. Dans une économie mondialisée où le dumping social pénalise le salariat des pays dits "avancés", dans un pays où l'État diminue les effectifs de la fonction publique (les gens qui font tourner les services publics, c'est-à-dire les mécanismes qui globalement maintienne la solidarité à un certain niveau), dans une époque où la technique s'emballe à perdre haleine, s'évertuant à rendre l'intervention humaine de plus en plus inutile dans les process de production et de service, dans une course au profit maximal où les entreprises contraignent leurs salariés à toujours plus de productivité, COMMENT VOULEZ-VOUS QUE LE CHÔMAGE N'AUGMENTE PAS ? Pourquoi ces quatres raisons du chômage ne sont-elles quasiment jamais avancées, mises sur la place publique. Pourquoi Jean-Pierre Pernaut n'en parle-t-il pas au JT de TF1 ? Parce que c'est trop compliqué pour des cerveaux que la pub contamine et vérole ? Pourquoi les experts en tous genres mettent-ils tout ça sous le tapis ? Parce qu'ils sont effectivement les "nouveaux chiens de garde" du libéralisme ? Pourquoi la Commission européenne impose-t-elle au États de ne pas lutter correctemetn contre le chômage ? Parce que l'Europe est ultra-libérale, limite libertarienne ? Pauvres de nous !

Une des idées les plus dévastatrices qui soit en ces temps de montée du populisme ultra-libéral, c'est celle qui veut que le F-Haine ne soit pas (plus) raciste. C'était bon du temps de papa LePen. La vague bleu marine a refoulé le racisme au rang des accessoires pour l'histoire. Le problème c'est que les propos tenus pas la droite en général et l'extrême en particulier contredisent absolument cette idée, malgré Patrick Sébastien. Qu'à cela ne tienne, on trouvera toujours de couillons pour affirmer que si le F-Haine est raciste, les gens qui votent pour lui ne le sont pas fatalement (entendu à plusieurs reprises, notamment sur France Inter). C'est faire peu de cas de l'intelligence des électeurs : pour une personne respectueuse du visage-humain-en-général, voter F-Haine, c'est, quelle que soit la raison du vote, déchirer son âme. Or qui veut déchirer son âme ? Donc deux solutions : soit les non-racistes électeurs du F-Haine sont intellectuellement et psychologiquement suicidaires, soit ils n'ont pas d'âme. Ce qui est sûr, c'est qu'on a deux mouvement conjoints : d'un côté, l'élite médiatique ne fait que trop peu obstacle au déferlement des "idées" du F-Haine, alors que de l'autre les difficultés concrètes de vie - et notamment le chômage, on y revient - nourrissent à l'orgie les populismes de la haine.

Autre champ où le populisme dévastateur est la chose la mieux partagée (et encore plus que sur la question du rapport chômage/immgration) : celui de la formation et de la qualification. L'assertion se déroule en deux sophismes renvoyant l'un à l'autre. Premier sophisme : les emplois correspondent à des qualifications professionnelles, or la collectivité finance l'acquisition de qualifications (système scolaire - du primaire à l'université -, formation professionnelle continue, etc.), donc la collectivité, ce faisant, prépare (doit préparer) à l'emploi. Second sophisme : le chômage est dû à l'écart entre la demande de qualification et l'offre de qualification, or la collectivité finance l'acquisition de qualifications, c'est-à-dire construit de ses deniers l'offre de qualification, donc la collectivité est responsable du chômage (n'a pas construit la bonne offre de qualification). Le premier sophisme fait l'impasse sur tout ce qui n'est pas lié à la caractérisation de l'individu comme travailleur (ou demandeur d'emploi). C'est bien dommage, car les femmes et les hommes ne sont pas que des travailleurs - d'autant plus qu'ils luttent tous à leur manière contre la déshumanisation imposée par le travail. Le second sophisme oublie que le chômage n'est pas dû à un écart entre demande et offre de qualification, mais, restons simples !, à la raréfaction des emplois. Messieurs de l'économie réelle, commencez par créer des emplois, après on discutera qualification.

Pourquoi perpétuer tant d'idées fausses et surtout fallacieuses, portées par l'ensemble du monde politique et économique ? Juste pour détourner le regard de la vraie responsabilité pour l'orienter arbitrairement vers l'État en premier lieu, puis vers le chômeur en second lieu. Cette manoeuvre grossière (mais les mensonges les plus grossiers sont ceux qui passent le mieux) est inscrite dans les gènes du libéralisme, de l'ultralibéralisme, du libertarianisme. Il faut moins d'État et l'homme de la rue doit se soumettre au rythme de l'Entreprise elle-même conduite par la recherche du profit capitalistique.
Cette idée d'adéquation entre formation et emploi est de ces idées fausses mais tenaces qui peuplent notre idéologie : il y a un lien direct entre formation voire éducation et insertion voire emploi. Comme disait un copain d'il y a trente ans, la formation n'a jamais créé d'emploi, mis à part les emplois de formateurs ! Je passe sur les justifications théoriques et pratiques de ce que j'avance : il est trop clair qu'il n'y a aucun lien direct entre la formation et l'emploi. Tous ceux qui prétendent le contraire sont ignorants ou salauds (faisant porter la responsabilité du chômage à ceux qui n'y sont ni directement ni indirectement pour rien).


 

mardi 11 décembre

Obelix fait les gros yeux ?

lefigaro-cover
Terrible rapprochement à la Une du journal ultradroitier !

On dirait bien que l'écœurant Obelix inflige, par sa désertion fiscale, une sanction à Hollande...

Tous ces riches, enrichis par les Français (qui travaillent pour des salaires de misère chez les Mulliez, qui achètent à Auchan, qui vont au cinéma voir Obélix, etc.), tous ces riches qui seront éventuellement les premiers à entonner des leçons de patriotisme à l'adresse générale, tous ces riches ne sanctionnent pas Hollande, mais bien les Français...

Étonnant, non ?

 

 

leparisien-cover

Par ailleurs, le Une du Parisien est elle aussi troublante. Le rapprochement entre la question des thèmes possibles en collège et la financiarisation de la justice aux États-Unis interpelle, comme on dit.

Ce que je sais, c'est que ma fille - qui était au collège il n'y a pas très longtemps, est choquée par l'idée que les $$ puissent stopper net la recherche judiciaire de la vérité dans une affaire de viol présumé...

Alors, on peut parler de quoi au collège ?


lundi 10 décembre

Des profs ? pour quoi faire ?

lefigaro-cover
Mais pour éplucher les carottes et les patates que vos chères têtes brunes et blondes vont déguster à la cantine, cher éditorialiste de la f(r)ange (R-)UMP !



Et, j'espère, pour nettoyer les salades amères que votre droite franchouillarde et ultra-néolibérale balance au corps social depuis des lustres...

 

Ne faut-il pas déjà réparer les énormes dégâts, physiques autant que psychologiques, que vous avez fait subir au système public de l'éducation ?

 



samedi 02 juin

culture de l'information et culture numérique

cddp33_OlD
Une conférence

de l'ami Le Deuff

au CDDP de Gironde :

c'est .


jeudi 19 avril

Trouver sa place à l'école ou comment être « Un parmi les autres » ?

La FNAREN et l’AREN 59 ont le plaisir de vous présenter le film documentaire « Un parmi les autres », témoignage sur les aides rééducatives à l’école.

Jeudi 19 avril à 19h30, à Saint-André, Salle Wauquier au 65, rue du Général Leclerc.
Entrée gratuite

filmRéalisé par Pierre de NICOLA, produit pas la FNAREN - documentaire France 2011 - 1h18mn

Au sein de l’Education Nationale, des enseignants se sont spécialisés pour aider les enfants qui rencontrent des difficultés. Ce sont les psychologues scolaires, les maîtres d’adaptation (maîtres E) et les rééducateurs (maîtres G). Filmé pour la première fois en 2010/2011, le travail mené par les rééducateurs des RASED, fait découvrir un aspect surprenant et éclairant de cette réponse à la difficulté des enfants à l’école. Leur approche très particulière emprunte des voies détournées pour permettre à ces enfants de trouver et retrouver le chemin des apprentissages.
Le film suit trois rééducateurs dans leur travail en Tarn et Garonne : Jean-Michel, Julie, qui découvre ce métier et Christiane, qui va l’accompagner dans sa formation.
Pour certains enfants, l’école ne va pas de soi. Ce film leur est dédié.

La FNAREN (Fédération Nationale des Associations des Rééducateurs de l'Éducation Nationale) regroupe près de 1800 rééducateurs dans les 90 associations départementales (AREN) qui la composent. Elle oeuvre pour maintenir et promouvoir la place de l'intervention originale et pertinente que constitue la rééducation à l'école.
Cette association a pour objectifs : la recherche, la formation, l'innovation et l'information relatives aux pratiques et techniques professionnelles des rééducateurs.

La projection sera suivie d'un débat sur le thème : Quel avenir, à l'école, pour les élèves en difficulté ?

Organisé par l’Association des Rééducateurs de l’Education Nationale du Nord (AREN 59)


Posté par brich59 à 12:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 09 avril

Désintoxiquez-vous !

logo_4_carreUn collectif tient un blog dont le rôle est de restituer la réalité des chiffres généralement utilisés par la hiérarchie de l'Éducation Nationale dans sa communication. Ces chiffres sont des vues de l'esprit, et ce blog tient à se reporter aux données officielles pour recentrer les informations :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/blog/lesdechiffreurs/

Posté par brich59 à 16:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
vendredi 06 avril

Recherche-action et évaluation : la formation

À Lille1, dans la matinée du 28 mars, s'est tenue une manifestation autour de la problématique de l'évaluation en éducation.

Reportage vidéo en trois séquences :

Les enjeux actuels de l'évaluation en éducation.
Intervention d’Elisabeth CHATEL, maître de conférences HDR, ENS Cachan



L’évaluation est une recherche-action ? Regards critiques sur l’évaluation en formation d’adultes et propositions.
Interventions de Thérèse LEVENE et Marie-Renée VERSPIEREN, Maîtres de conférences en sciences de l’éducation, Université de Lille 1.



Table ronde : Les retombées sur le terrain des nouvelles donnes de l’évaluation
avec l'intervention de Stéphanie DEFFAUX, (doctorante Lille 1 et responsable prévention au Conseil Général du Val d'Oise), Christiane CATTIAUX, (directrice de l'institut de formation en soins infirmiers d'Arras) et Maurice MONOKY (reponsable de l'AFP2i d'Arras).

Je vais écouter toutes ces interventions ce WE, histoire de voir si mon analyse de 1992, Recherche-action de type stratégique. Problèmes taxinomiques, épistémologiques et politiques de l'évaluation ou De l'évaluation des politiques et des actions publiques à la recherche-action de type stratégique et retour (eh oui ! vingt ans déjà !) tient encore la route...


Posté par brich59 à 18:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
vendredi 30 mars

Learning Center : l'Institution promeut l'idée...


Posté par brich59 à 04:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,