vendredi 04 décembre

Télédon, la pêche au thon

Pardon ! C'est juste pour la contrepèterie !

Remontez les filets !


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samedi 05 septembre

J'agende, tu agendes, il agende, etc.

Lu sur le site d'un organisme de formation helvète : "Ce cours n'est pas agendé en ce moment".

Ce qui signifie qu'il va l'être prochainement... Mais qu'est-ce donc qu'un "cours agendé" ? On pourrait, à l'écoute de cette phrase, rétorquer "il est à qui alors, ce cours, en ce moment ?"...

'Agender' doit venir du terme 'agenda', substantif masculin, qui n'est autre que le neutre pluriel du participe futur passif du verbe latin agere, qui signifie tout simplement faire (transitif) ou agir (intransitif). Ce qui nous intéresse ici est le transitif, puisque nous avons affaire à une forme passive : 'agenda' = ce qui est à faire... Le latin médiéval avait déjà substantivé l'adjectif verbal en lui donnant l'emploi qui correspond à notre "ordre du jour" (première occurrence au XII° siècle) - ce que les anglophones ont maintenu. D'où la définition donné par exemple par l'excellentissime TLFi : "Petit carnet, réservant chaque page à un ou plusieurs jours de l'année dans l'ordre du calendrier pour inscrire ce que l'on a à faire ou ce qu'on a fait, et qui comprend éventuellement un répertoire d'adresses et divers renseignements pratiques." On est passé des choses à faire au document où elles sont consignées. Déplacement sémantique assez compréhensible, somme tout. Quelque chose comme une métonymie, comme LA métonymie documentologique par excellence (le document comme information et support)...

C'est donc à partir d'un substantif issu d'un verbe que nos amis helvètes forgent un nouveau verbe : 'agender' = mettre à l'agenda, inscrire sur l'agenda, porter au calendrier, etc. L'histoire des mots est souvent tortueuse... FAIRE => CHOSES À FAIRE => INSCRIRE LES CHOSES À FAIRE. Et cette inscription, on la dit comment ? Agendement, agendage, agendation ?


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mardi 25 août

Impressions de lecture estivale - 2

MaxJacob_Esth_tiqueEn 1949, René Guy Cadou compila les meilleurs extraits des lettres que Max Jacob lui avait adressées entre 1937 et 1944. Seghers publia l'ensemble en 1956 sous le titre Esthétique de Max Jacob. En 2001, les éditions Joca Seria (Nantes) proposent une nouvelle édition (postface d'Olivier Brossard), sous le titre Esthétique. Lettres à René Guy Cadou. C'est ce dernier volume que j'ai lu entre Nantes et Bordeaux.

Je pourrais relever les jugements esthétiques et globaux que le poète assène avec grâce et sarcasme quelques fois sur les poètes d'autrefois, de jadis et de son temps. Ce serait fastidieux. Juste ce passage :

J'ai eu une révélation, j'ai connu Alice au pays des merveilles. On m'avait dit : « C'est la bibliothèque rose des petits Américains ! ». « Dans toutes les familles à côté de la Bible, etc. ». Oh ! mais c'est bien mieux que ça ! bien mieux et même très bien. Ça a tout l'air du chef-d'œuvre et surtout l'universalité. Il y a là-dedans une caricature de la classe à l'école(p.82)

Je préfère évoquer l'impression poétologique que me laisse la lecture de l'ouvrage : au cœur du langage, il y a l'humain de l'homme.

Quelques extraits :

  • p.28 : La force du folklore est dans la surprise que la candeur nous occasionne aujourd'hui et d'autre part dans le fait du style humain qui l'a porté au travers des siècles (car cela seul qui est humain dure).

  • p.35 : Ne pas oublier d'être humain (c'est-à-dire le contraire de réaliste) humain c'est-à-dire tous les sentiments complets alors que le réalisme c'est l'absence de sentiments, mais surtout la sensiblerie courante et l'impersonnalité bébête de tous les jours.

  • p.37sq. : La poésie de Reverdy est un témoignage qu'on peut être à la fois un homme et un poète. Il y a l'Homme-poète, c'est même à cela qu'il faut tendre ; il faut humaniser la poésie, et poétiser l'homme en soi... [...] Et cet homme-là [l'Homme-Poète] a les qualités de l'homme : sentiment, sensibilité, intelligence, énergie. Et il a plus : invention, imagination...

A la lumière d'aujourd'hui, il est facile de constater la détérioration du langage produite par les experts en communication (politique, commerciale, peu importe) dans le courant du siècle dernier et jusqu'à aujourd'hui. Comme dit le postfacier, évoquant la question foncière de l'ouvrage, "il ne s'agit pas tant de savoir ce qu'est le beau que de savoir comment la poésie peut nous permettre de regagner confiance dans le langage". Pointer cette question-là est nécessaire, car "l'indifférence des hommes au langage, notre abandon des mots, notre ingratitude peut-être, sont la porte ouverte à tous les dangers" (p.93-94).

Je n'insiste pas, cher et assidu lecteur. Tu reconnais là mon obsession maladive du parler juste et ma haine viscérale des deux grandes rhétoriques de notre temps : la rhétorique politique et la rhétorique mercatique. Aux propos de Max Jacob et d'Olivier Brossard, je me donc permettrai d'ajouter l'idée que le documentaliste peut (doit) être la sentinelle langagière, vigile politique, vigie du grand bateau de la démocratie, alertant sur les manipulations rhétoriques qui soufflent dans l'air du temps et autorisent que les gens, les gens "d'en bas", se choisissent un "d'en haut" qui les malmène... Nous quittons ainsi, il est vrai, les rives de la poésie et de l'esthétique en général, mais nous sommes bien toujours au cœur du langage, c'est-à-dire de l'humain de l'homme.


samedi 08 août

Combien de fois devrai-je me le dire

Combien de fois devrai-je me le dire :
La mort n'est rien, la mort est rien !
Elle est partie, répétant le geste maternel,
Ombrageant à jamais l'avenir de ses amours.


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lundi 08 juin

Phèdre (Sénèque) mis en scène par Claude Coquelle

Claude Coquelle revient avec une nouvelle pièce : le Phèdre de Sénèque, qu'il interprétera aux côtés de Laurence Brassart, Isabelle Haas, Arnaud Lemaire, Sarah Pheulpin, et sous les lumières de Marion Coquelle et/ou Marie-Annick Boutry.

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samedi 11 avril

Patrick expose ses photos

Mon copain Patrick s'est associé à un copain pour exposer ses photos - ce qui donne un face à face entre des portraits de personnages très différents. C'est à voir à l'I.R.T.S. à Loos-les-Lille, du 4 au 15 mai...

Invitation_expo_IRTS

Cliquer sur la photo pour l'agrandir


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mercredi 25 mars

Triomphe ! Triomphe !

Daniel Percheron, parmi ses Bruits de langue du printemps 2004 (10/18, 2009 - Le Passage, 2007), nous propose un exercice : trouvez en fin de vers, chez Racine ou chez Corneille, le mot "triomphe"... Vous risquez de chercher longtemps, car rien ne rime avec ce mot. "Triomphe" est seul de son espèce : pas un autre mot ne se termine de la même façon. Voilà ce qu'on appelle savamment un "hapax" : quelque chose qui, dans la langue, est unique.

Me voilà fort surpris, moi qui pensais qu'un hapax était un mot dont on ne connaissait qu'une occurrence, offrant au lexicographe-lexicologue un toujours passionnant cas d'espèce, et montrant l'art de la création du dictionnaire sous un angle limite !
Par contre je savais que le triomphe ne rime à rien. Dans notre monde libéral, le triomphe de l'un est toujours l'exhibition de la déconfiture de l'autre. Voyez ces triomphes romains où les vaincus devaient parader, enchaînés et promis à un destin funeste sinon funèbre, derrière le char du vainqueur... Non, moralement, le triomphe ne rime à rien. Je l'ai toujours su ! Je le savais ... à donf !


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lundi 19 janvier

Magie de l'instant

Magie de l'instant
Arc-bouté au temps
Révolu,
Innocent
Et lointain.
-
Combien faudra-t-il
Attendre encore ?
Tenture du ciel
Hospitalier
Et vaporeux.
Rien qu'un instant,
Invisible
Néant
Ethéré.

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dimanche 04 janvier

Je suis là

Je suis heureux de ton "Merci d'être là",
même si je n'en mesure rien,
même si je n'en sais rien.

Je suis là et c'est tout.
Je suis là parce que tu m'as retrouvé.
Je suis là et je reste là parce que j'ai la folle envie qu'on se retrouve.
Toi avec tes ratages à l'évocation pénible.
Moi avec mes douleurs passées jamais vraiment éteintes.
Nous avec nos vies comme elles sont.
Nous avec nos envies ancrées dans un passé lointain, justifiées dans un avenir incertain.

Je suis là et je reste là
parce que j'ai la folle envie qu'on se retrouve
même si je ne sais pas
ce qu'on pourra faire de ses retrouvailles.


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samedi 15 novembre

Elle était belle dans la dureté de son air


Elle était belle dans la dureté de son air

Lissant ses traits sous l'œil noir,

Ignorant ses vingt ans et plaidant l'innocence.

Silencieusement, plus tard,

Amère madone de Lesbos et charmeuse d'enfantes,

Bourgeoise cachottière et immorale duègne,

Elle finit ... traîtresse,

Taisant sa félonie

Honteusement.


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